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Full text of "Oeuvres complètes de Christiaan Hugens"

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SOCIETE    HOLLANDAISE    DES    SCIENCES    DE    HARLEM. 


J*ai   l'honneur  de  vous  offrir,  de  la  part  des  Directeurs  de  la 
Société  hollandaife  des  Sciences,  le  quatrième  Volume  des 

ŒUVRES  COMPLÈTES  DE  CHRISTIAAN  HUTGENS 

publiées  par  cette  Société. 

Veuillez  m'obliger  par  un  avis  de  réception  et  agréer  Tajfurance 
de  ma  confédération  la  plus  di/linguée. 


J.    BOSSCHA, 

Harlem,  Novembre  1891.  , 

Secrétaire  Perpétuel. 


ŒUVRES  COMPLETES 


DE 


CHRISTIAAN    HUYGENS. 


Imprimerie  de  Joh.  ENSCHEDÉ  &  Imis,  Harlem. 


ŒUVRES  COMPLETES 


DE 


CHRISTIAAN  HUYGENS 


PUBLIEES    PAR    LA 


SOCIETE  HOLLANDAISE  DES  SCIENCES 

TOME  QUATRIÈME 

CORRESPONDANCE 

i 662 — 1 663 


LA    HAYE 

MARTINUS  NIJHOFF 

1891 


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CORRESPONDANCE 

1662     1663. 


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N2  948. 

P.  de  Carcavy  a  Christiaan  Huygens. 

/  I    JANVIER    1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  a  été  publiée  par  Ch.  Henry  dans  le  Bull,  di  Bibliogr.   T.  1 7. 


Ce   1  Janvier  1662. 


Monsieur 


Mon  abfcenfce  de  Paris  durant  quatre  a  cinq  moys  m'ayant  empefché  de  me 
donner  l'honneur  de  vous  efcrire,  agréez  s'il  vous  plaift  que  Je  vous  rende  aftheure 
ce  deuoir  et  que  Je  vous  fafTe  part  de  quelques  propofitions  *)  que  J'ay  receues  de 
Monfieur  de  Fermât.  Je  les  mets  dans  ce  pacquet ,  et  ne  doute  point  que  vous 
n'en  receuiez  beaucoup  de  fatiffaftion ,  il  me  demande  de  vos  nouuelles ,  et  de 
ces  belles  fpeculations  que  Je  luy  auois  fait  efperer  que  vous  donneriez  bientoft 
au  public ,  mais  comme  nous  auons  elle  longtems  fans  feauoir  mefme  le  lieu  ou 
vous  eftiez,  faiétes  moy  s'il  vous  plaifb  la  grâce  Monfieur  de  me  mander  ce  que 
ie  luy  en  dois  efcrire,  et  de  croire  que  J'auray  toute  ma  vie  le  refpecl:  que  ie  dois 
pour  voftre  mérite  et  pour  voftre  vertu  eftant  auec  paflion, 

Monsieur 

Voftre  très  humble  et  obeiflant  feruiteur, 
De  Carcauy. 

A  Monfieur  Monfieur  Hugens  Seigneur  de  Zulychem 

a  la  Haye  En  Hollande. 
12. 


')    Voir  les  Appendices  Nos.  949  et  950. 
Œuvres.  T.  IV. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


N-  949-  ■ 

P.   de  Fermât  a  Christiaan  Huygens. 

[décembre  1661  ?.] 

Appendice  I  au  No.  948  '). 

La  pièce  se  trouve  h  Leiden,  coll.  Huygei    . 
Elle  a  été  publiée  par  Ch.  Henry  dans  le  Bull,  ai  Bibliogr.  T.  17. 


E   [T 


Soit  la  courbe  de  Di- 
odes BCRG2)-ecBDF, 
de  l'autre  cofté  du  cercle , 
qui  a  cette  propriété  con- 
nue, qu'en  prenant  quel 
conque  point  au  cercle, 
comme  N,  ou  Q,  les 
quatre  lignes  AO,  ON, 
OB,  OM,  font  continuel- 
lement proportionelles,  et 
de  mefme  les  quatre  lig- 
nes AP,  PO  s),  PB,  PR. 
or  cette  courbe  s'eftend 
de  deux  coftes  a  l'infini 
et  la  droite  HAE,  qui 
touche  le  cercle  en  A ,  cil: 
fon  afymptote.  la  pro- 
position eft  que  tout  l'cf- 
pace  GRBDF,  compris 
entre  la  courbe  et  Faïymp- 
tote,  eftendue  à  l'infini  eft 
triple  du  cercle  généra- 
teur, ACBD.  J'ay  aufly 
la  mefure  des  fol  ides ,  des 
centres  de  grauite  des 
portions  et  de  tout  le 
refte. 

Moniieur  Frenicle  auoit 
propofé  à  Moniieur 
Wallis. 


Ces  deux  pièces  Nos.  945  et  <;.so  ont  été  pliées  dans  la  Lettre  N°.  948;  elles  sont  copiées 
de  la  main  de  I'.  de  Carcavy.  La  quadrature  de  la  Cissoïde  de  Diodes  a  été  publiée  par  Wallis 
en   1^59,  dans  le  livre  cité  dans  la  Lettre  N".  690,  note  3 ,  et  llnygens  lui-même,  qui  avait 


CORRESPONDANCE.     1662. 


Inuenire  in  numeris  duo  triangula  reélangula  ica  conftituta  ut  laterum  circa  an- 
gulum  reétum  differentia  fie  eadem,  et  quod  in  altero  eft  maius  duorum  laterum 

circà  rectum ,  fit  in  reliquo  hypothenufa. 

Monfieur  Wallis  refpondit  que  la  queftion  fe  reduifoit  a  trouuer  un  certain 
triangle  en  nombres  qu'il  ne  croyoit  pas  pollible,  Monfieur  Frenicle  luy  fift  ref- 
ponfe  que  ce  triangle  eftoit  pofiîble  et  le  luy  exhiba,  mais  que  pour  cela  la  queftion 
ne  feroit  pas  refolue. 


Ns  950. 

P.  de  Carcavy  à  Christiaan  Huygens. 

[décembre   1661.] 

Appendice  II  au  No.   948. 

La  lettre  se  trouve  à  Le'ulen ,  coll.  Huygens. 

Voicy  la  folntion  de  Monfieur  Fermât. 

premier  triangle 2150905. 

2 138 136. 

234023- 

le  fécond 2 1650 17. 

2150905. 
246792. 


Sa  méthode  luy  en  donne  un'  infinité  d'autres. 

Si  l'on  vouloit  la  mcfme  fomme  des  coftez  au  lieu  de  la  différence,  il  y  auroit 
aufly  jnfinis  triangles  qui  fatifïeroyent  à  la  queftion .,  les  plus  fimples  font  les  deux 
qui  fuiuent 

i5!7       i525 

1508    et   1517 

165        156 


trouvé  cette  quadrature  en  1658  ^consultez  les  Lettres  Nos.  475,  476  et  483),  avait  signalé 
cette  publication  à  l'attention  de  de  Carcavy  dans  sa  Lettre  ]N°.  735  du  27  mars  1660.  Il  est 
donc  bien  étrange  qu'en  décembre  1661  de  Carcavy  et  de  Fermât  ignoraient  le  fait  que  la 
quadrature  de  la  Cissoïde  était  déjà  découverte.  Comparez  la  note  6  de  la  Lettre  N°.  951. 

:)  La  Cissoide  n'est  pas  bien  tracée  ici,  ni  dans  la  figure  à  la  page  4;  les  distances  de  G  à  H  et 
de  F  à  E  doivent  être  beaucoup  plus  grandes. 

3)    Lisez:  PQ. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


M 


W  951. 

[P.  de  Fermât]  à   [P.  de  Carcavy]. 

[décembre   1661]. 

Appendice  III  au  No.  948.  ') 


La  copie  se  trouve  à  Laden,  coll.  Huygcns1*). 


Il      S 


Efto  yiïbis  EAPS  in  fcmicircnlo  LVABE,  cujus  centrum  H,  diameter  LE.  Pcr- 
pendiculus  ad  diametrum  radius  HA,  Afymptotos  infinita  yfTbidis  reéla  LR  ad  dia- 
metrum  perpenclicularis.  Ajo  fpatiura  contentum  fub  EL,  yflbide  infinita  EAPS, 
et  afympto2)  infinita  LR,  eflè  triplum  femicirculi  LAE;  ideoquc  il  altéra  femicir- 
culi  parte  eadem  fiât  conftructio  ambo  fpatia  culminantia  in  puntto  E  cfTe  tripla 
totius  circuli. 

Demonftratio  non  eft  opcrofa,imo  fatis  elegans.  Sumantur  duo  puntta  I  et  G  in 


')    Cette  copie  est  de  In  main  de  de  Carcavy. 
Lisez:  afymptota. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


diametro  utcumque  aequaliter  à  centro  diftantia,  ita  ut  reélae  HI,  HGfint  aequales, 
ideoque  reélae  LI ,  GE.  A  punétis  I  et  G  excitcntur  perpendiculares  occurrentes 
yfîbidï  in  punétis  P,  Y,  et  circulo  in  punétis  V  et  B.  Jungantur  radij  HV,  HB, 
et  a  punétis  V  et  B  ducantur  tangentes  VM  ,  BD ,  occurentcs  diametro  in  punétis 
M  et  D.  Sumatur  minima  quaeuis  ultra  punétum  I ,  reéta  IK ,  et  ultra  punétum  G , 
reéla  GF,  ipfi  IK  aequalis,  et  a  punélis  K  et  F  excitentur  perpendiculares  ad  dia- 
metrum  reélae  KN ,  FC ,  occurentes  tangentibus  in  punétis  N  et  C ,  à  quibus  de- 
mittantur  perpendiculares  NO ,  CQ ,  in  reéta  3)  VI ,  BG.  His  ita  conftitutis  patet 
fpatium  ylîbidale  aequari  omnibus  reétangulis  fub  PI ,  IK ,  et  fub  YG,  GF,  utcum- 
que ubilibet  fumptis,  bafes  ipfis  Kl,  GF  aequales  habentibus  et  altitudines  fingu- 
lis  reélis  ad  yflbidem  fimiliter  applicatis.  Eft  autem  de  natura  yffoidis  ut  VI  ad  IE  ita 
IE  ad  IP.  Sed  IE  eft  aequalis  reélis  IH,  et  HE  five  HV.  Ergo  eft  ut  IV  ad  fummam 
reélarum  HI,  HV,  ita  IE  ad  IP.  Sed  propter  fimilitudinem  triangulorum  HVI, 
VMI,  VNO,  eft  ut  IV  ad  fummam  reélarum  HI ,  H  V,  ita  reéla  NO  ad  fummam  rec- 
tarum  N  V,  VO-*).  Ergo  ut  NO,  fiue  Kl  eft  ad  NV  plus  VO,  ita  eft  reéla  IE.  ad  rec  • 
tam  IP.  rcélangulum  igitur  fub  IP,  IK,  aequatur  reélangulo  fub  IE  in  NVplus  rec- 
tangulo  fub  IE  in  VO.  Ex  aliâ  autem  parte  eft  ex  natura  yflbidis,  ut  BG  ad  GE  ita 
GE  ad  GY.  Sed  GE  eft  aequalis  reélae  HE,  fuie  HB  minus  HG.  Ergo  eft  ut  BG  ad 
BH  minus  HG.  ita  GE  ad  G  Y,  ut  autem  BG  ad  BH  minus  HG  ita  propter  fimilitu- 
dinem triangulorum  &  jam  demonftratis 5)  reéla  QC  fiue  GF  eft  ad  BC  minus  BQ, 
ideoque  reélangulum  fub  YG  in  GF  aequabitur  reélangulo  fub  GE  in  BC,  minus  rec- 
angulo  fub  GE  in  BQ.  Ex  conftruélione  autem  cum  reélae  HI,  HG,  fint  aequales, 
item  reélae  Kl,  GF,  patet  reliquas  aequari,  nempe  VN,  ipfi  BC,  VO  ipfi  BQ.  Unde 
patet  duo  reéttangula  correlatiua  fub  PI  in  IK,  et  fub  YG  in  GF,  fiue  in  eandem  IK, 
aequalia  efîe  reétangulis  fub  IE  in  N  V  plus  GE  jn  BC,  fiue  LI  in  N  V,  plus  IE  in  VO, 
minus  GE  in  BQ,  fiue  in  VO.  Reétangula  autem  duo  fub  IE  in  N V  et  fub  LI  in  NV, 
aequantur  unico  reélangulo  fub  diametro  LE  in  NV.  Reélangulum  vero  IE  in  VO 
minus  GE  in  VO  aequatur  reélangulo  fub  IG  in  VO  fiue  reélangulo  fub  IH  fiue 
VX  in  VO  bis.  Ergo  fummam  reélangulorum  fub  PI  in  IK  et  fub  GY  in  eandem  IK 
aequatur  reélangulo  fub  diametro  EL  in  VN,  et  reélangulo  fub  VX  in  VO  bis. 
Reétangula  autem  omnia  fub  diametro  et  portionibus  tangentium  VN  in  quadrante 
circuli  LVA  duétarum  repraefentant  reélangulum  fub  diametro  in  quadrantem 
LVA.  Hoc  eft  duplum  femicirculi  LAE.  Reélangula  autem  omnia  fub  VX  in 
VO  bis  five  duélâ  O3Q  parallelâ  diametro,  reélangula  omnia  fub  VX  in  X3  bis 
repraefentant  totum  femicirculum  LAE.  Ergo  fpatium  yfibidale  quod  aequatur 
duobus  illis  reélangulorum  feriebus ,  aequatur  triplo  femicirculi ,  ut  patet. 


3)  Lisez:  reélas. 

4)  Nous  avons  quelque  fois  dû  corriger  NO  en  VO. 
s)  Lisez:  demonftrata. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


'!)  De  Monfieur  de  Carcavy  qui  l'avoit  de  Monficur  de  Fermât.  J'ay  demonftrè 
cette  Proposition  4  6)  auparavant  [Chr.  Huygens]. 


N"  952. 

ClIRISTIAAN    HlIVGENS    à    [LODEWIJK    HlVGENs]. 
4    JANVIER    1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leider? ,  coll.   Huygens. 

le  4  Janvier   1662. 

Je  me  fens  de  la  mauuaife  difpofition  de  l'air  et  du  temps,  et  ne  me  porte  pas 
fort  bien  ny  hier  ny  aujourdhuy,  c'eft  pourquoy  je  feray  Laconique  cette  fois  en- 
core plus  que  de  coultume. 

Monficur  Chapelain  ')  devra  encore  avoir  patience,  et  pour  vos  fraternelles 
admonitions  il  n'en  fera  ny  plus  ny  moins.  Je  croy  que  je  ferois  mort  il  y  a  long- 
temps li  je  me  fuflè  mis  en  telle  d'eftre  puncluel  a  obferver  toutes  mes  correfpon- 
dences.  mais  quand  elles  ont  commence  a  fe  multiplier  j'ay  vu  qu'il  valoit  mieux 
de  m'arrelter  au  taliter  qualiter. 

J'ay  aufli  connu  ce  Monfieur  Cheauveau  2),  mais  je  n'ay  rien  vu  de  luy  d'extra- 
ordinaire. Il  en  va  des  affaires  de  Mon  Père  comme  Monfieur  d'Offenb.  3)  avoit 
prédit,  et  cela  pour  les  fantafies  de  noftre  dame  4)  qui  en  aura  tout  l'honneur.  J'ay 
donne  voitre  mémoire  au  frère  de  Zeelhem  qui  ne  comprenoit  pas  l'article  qui 
dit  que  madame  4)  donnerait  afîurance  pour  les  15000  livres.  Ils  voudront  que  ce 
foie  vous ,  et  en  effecl  vous  n'achèteriez  pas  trop  cher  une  charge  qui  donne  tant 
tic  revenu  a  ce  pris  là.  mais  il  vous  en  eferira  ou  à  Mon  Père.  Qu'eft  ce  que  Mon- 
fieur Thevenot  prétend  de  faire  avec  fa  Tinaja  5)  qui  n'eft  pas  tranfparente  ?  J'ay 
bien  penfc  auffi  de  faire  le  vuide  de  cette  manière  par  le  moyen  de  longs  fiphons, 
mais  maintenant  je  tiens  la  pompe  incomparablement  meilleure.  Que  fi  Monfieur 
Rohaut  en  veut  fabriquer  une,  je  pourray  luy  communiquer  deux  ou  3  chofes 

")    Huygens  veut  dire:  4  ans  auparavant. Consultez  les  Lettres  N<>s.  475  et  479 et  la  pièce  N°.  483. 


')    Chapelain  lui  avait  écrit  le  20  décembre  1661.  Voir  la  Lettre  N°.  930. 

2)  .Sur  François  Chauveau  consultez  la  Lettre  N°.  849 ,  note  3. 

3)  Peut-être  : 

Petrus  van  OfFenbergh ,  né  à  Haarlem  en  1596,  qui  était  parenté  à  la  famille  des  Aersscn 
et  habitait  le  Poitou. 
1  1    La  Princesse  Douairière. 
5)   Ce  mot  signifie:  cuvette  h  vin. 


CORRESPONDANCE.    l66l.  J 


importantes  qu'il  y  faut  obferver.  Je  n'ay  pas  encore  la  bouteille  qu'il  faut  pour 
faire  l'expérience  de  la  falade.  pour  les  petits  tuyaux  j'ay  trouuè  que  la  mefme 
chofe  leur  arrive  dans  le  vuide  que  dans  l'air ,  ce  qui  me  perfuade  que  c'eft  le 
mouuement  des  parties  de  l'eau,  qui  la  fait  monter,  et  non  pas  celuy  de  l'air, 
comme  croioit  Monfieur  *Rohaut  6).  Le  coufin  Zuerius  7)  Prefidcnt  de  Bolduc 
m'apportera  de  la  dans  2  ou  3  jours  quelques  verres,  qui  me  ferviront  a  faire  une 
notable  expérience ,  de  la  quelle  j'ay  défia  tant  vu  que  je  croy  qu'il  y  a  encore 
autre  chofe  a  confiderer  en  l'air,  dans  ces  phaenomenes,  que  fon  refîort  et  fa 
gravité. 

J'ay  efcrit  dernièrement  8)  a  Monfieur  Thevenot  que  je  tafcherois  de  lny  procu- 
rer les  relations  de  la  Chine ,  quand  Voffius  feroit  de  retour  d' Amfterdam. 

Je  le  remercie  du  Syfteme  de  Wren  9)  que  j'ay  lu  avec  plaifir.  vous  n'enten- 
dez gueres  le  mien  s'il  vous  femble  qu'il  n'eft  pas  fort  différent.  Je  renvoieray 
la  copie  la  fepmaine  qui  vient,  et  j'en  attens  une  autre  d'Angleterre  que  l'on  m'a 
envoyée  pour  retenir  s).  Dites  encore  je  vous  prie  a  Monfieur  Thevenot  que  j'ay 
en  fin  receu  le  livre  de  Monfieur  Viviani,par  un  gentilhomme  Irlandois  IO)  qui  eft 
venu  de  Florence  et  par  ordre  du  dit  Viviani  l'a  eftè  prendre  chez  un  marchand 
à  Amfterdam  pour  me  le  donner.  J'efcriray  IT)  à  Fautheur  pour  le  remercier. 
Ce  mefme  gentilhomme  qui  eft  parti  aujourd'huy  pour  l'Angleterre,  m'a  feeu 
dire  beaucoup  touchant  les  expériences  que  l'Académie  Florentine  eftoit  prefte 
d'envoyer  à  celle  de  Paris,  il  me  tarde  d'apprendre  qu'elles  foient  arrivées. 

Si  vous  vouliez  aller  veoir  Monfieur  le  Duc  de  Roanes  I2)  et  luy  prefenter  mes 
trefhumbles  refpeéts,  et  raconter  quelque  chofe  des  expériences  dont  je  vous  ay  fait 
part,  je  fuis  aflurè  qu'il  vous  recevroit  fort  bien.  Il  ne  s'eft  pas  attendu  a  mes  let- 
tres, et  vous  pouvez  auffi  luy  dire  que  je  n'ay  pas  ofè  me  donner  la  liberté  de 
luy  en  envoyer ,  que  je  n'oublieray  jamais  les  grâces  et  faveurs  qu'il  m'a  faites  &c. 

Je  fuis  ravi  qu'en  fin  Mon  Père  ait  vu  noftre  Marquis  de  Chambonière I3).  J'iray 
veoir  demain  Mademoifelle  Cafembroot  M)  pour  apprendre  ce  qui  s'eft  pafle  a 
cette  entrevue.  Adieu. 


6)   Peut-être  retrouve-t-on  dans  la  pièce  N°.  890  les  opinions  de  Rohault. 
")    Il  s'agit  ici  de  Martin  Christiaan  Suerins,  qui,  presque  régulièrement  à  tour  de  rôle  avec  Jacob 
Ferdinand  Suerins ,  fut  échevin  de  Bois-le-Duc  depuis  1656.  Voir  la  Lettre  N°.  238,  note  5. 

8)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  Thevenot. 

9)  Voir  la  pièce  N°.  934.   Elle  était  probablement  accompagnée  d'une  copie  de  la  Lettre 
N°.  933  ;  consultez  la  Lettre  N°.  963 ,  note  4. 

10)  Sir  Robert  Soutliwell.  Voir  la  Lettre  N°.  941 ,  note  1. 

")  Nous  ne  possédons  pas  dans  nos  collections  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  Viviani. 

12)  Consultez  la  Lettre  N°.  837,  note  1. 

13)  Sur  André  Champion  de  Chambonnière,  le  grand  épinettiste,  voir  la  Lettre  N°.  230,  note  ~. 

14)  Sophie  de  Casembroot,  fille  de  Reinier  de  Casembroot  et  de  Madeleine  de  Chantreines.  Elle 
épousa  Jacob  de  Sylle,  fiscal  de  la  cour  militaire. 


CORRESPONDANCE.     l66l. 


N-  953. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Morav. 

4    JANVIER     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
R.  Moray  y  répondit  le  13  mars  1662. 

A  la  Haye  le  4  Janvier  1662. 
Monsieur 

Je  vous  ay  efcrit  afTez  amplement  par  l'ordinaire  dernier  ')  touchant  ma  ma- 
chine pneumatique  et  autres  chofes ,  ce  qui  pourtant  n'empefcheroit  pas  que  je 
n'en  fifTe  encore  autant,  tant  j'appréhende  peu  de  vous  importuner  fi  je  n'avois  au- 
jourdhuy  d'autres  affaires  qui  m'en  oltent  le  loifir.  Celle  cy  donc  n'eft  que  pour 
accompagner  ce  Gentilhomme  ")  qui  m'a  fait  l'honneur  de  me  venir  veoir  en  paf- 
fant  par  icy ,  et  s'eit  chargé  volontiers  du  liure  2)  dont  je  vous  donnay  avis  par  ma 
précédente.  Au  refte  il  n'a  pas  befoin  que  je  vous  le  recommande  ayant  tant  de 
bonnes  qualitez  et  de  mérite  et  le  fçachant  faire  valoir.  Je  luy  ay  monftrè  exprès 
ma  fufdite  machine  et  quelques  expériences  des  plus  aifées ,  afin  qu'il  vous  en  pull 
faire  raport  et  a  Monfieur  Boile,  ayant  veu  avec  combien  de  facilité  je  m'en  fers 
pour  avoir  trouve  ce  ciment  mol,  dont  je  vous  ay  dit  les  ingrédients.  J'y  mis  devant 
luy  une  petite  veffie  toute  plattc  qui  en  tirant  trois  fois  l'air  s'enfle  comme  fi  elle 
eftoit  toute  pleine  d'air ,  mais  le  récipient  ou  je  l'enferme  eft  petit.  Il  a  auffi  vu 
bouillir  de  l'eau  chaude,  et  un  petit  oifeau  s'y  évanouir,  a  qui  pourtant  jeconfervay 
la  vie  en  tirant  vif  te  le  verre  du  ciment.  Nous  y  enfermâmes  auffi  une  de  ces  pier- 
res qui  fe  remuent  dans  le  vinaigre ,  qu'il  nomme  lapis  fïellaris  3),  et  remarquâmes 
qu'elle  engendroit  dans  le  vinaigre  qui  la  couuroit  une  infinité  de  petites  bulles  d'air: 
les  quelles  autrement  en  fortent  aufii  mais  en  petite  quantité,  et  c'efi:  ce  qui  caufe  le 
mouvement.  J'ay  efiayé,  mais  non  pas  cette  fois  là  ,  fi  le  fon  d'une  petite  cloche 
perifoit  dans  le  vuidc,  l'ayant  mife  fur  du  cotton,  et  je  trouvay  en  effet  qu'on  avoit 
de  la  peine  à  l'entendre,  quoy  qu'on  s'en  fuft  apperccu  afTez  clairement  tant  que 
l'air  demeuroit  dans  le  récipient,  car  les  petits  timbres  des  monftres  defquels 
Monfieur  Boile  s'eft  fervi  auffi  tofl  qu'ils  font  enfermez  ne  refonnent  quafi  point 
de  tout.  J'ay  quelques  fois  fait  tomber  des  plumes  dans  le  récipient  vuide ,  les 
quelles  defeendent  auffi  vites  que  du  plomb,  et  traverfent  en  un  moment  l'efpace, 
ou  dans  l'air  elles  feroit  par  3  fécondes.  Touchant  la  foudaine  lumière  que  Monfieur 


')   Voir  lfl  Lettre  N°.  940. 

<  l'esl  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  940,  note  13. 
•>)    Une  sorte  de  corail. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


Boile  appelle  Flafhes  ofLight'fay  trouuè  que  ce  n'eft  autre  chofe  qu'une  vapeur 
dans  le  récipient,  qui  ne  manque  jamais  a  moy  d'y  paroiltre  les  deux  premières 
fois  que  je  laiïïe  fortir  l'air  :  et  il  faut  que  l'obfcuritè  des  verres  de  Monfieur  Boile 
l'ait  empefchè  de  la  veoir.  Elle  tournoie  quelque  temps  de  tous  coftez  et  haie  un 
peu  le  dedans  du  récipient,  ce  qui  femble  l'efclairer  par  ce  qu'il  devient  plus  blanc 
qu'auparavant.  Si  on  efchauffe  un  peu  le  verre  devant  que  de  le  vuider  il  n'y 
vient  point  de  cette  vapeur ,  la  quelle  a  mon  avis  n'eft  autre  chofe  que  les  par- 
ties aqueufes  qui  volent  dans  l'air,  et  qui  s'afiemblent  plus  facilement  lors  qu'il  y 
a  moins  d'air  pour  les  agiter.  Et  il  faut  mefme  que  cet  air  foit  froid  pour  avoir 
moins  de  mouvement ,  de  forte  qu'apparemment  en  elle  ce  phaenomene  ne  fera 
point  obfervè.  Aux  petits  tuyaux  ouverts  qui  attirent  l'eau  j'ay  trouuè  que  la 
même  chofe  arrive  dans  le  vuide  que  dans  l'air.  De  mefme  les  larmes  de  verre  qui 
fe  brifent,  n'ont  aucun  refpecl:  pour  le  vuide,  car  j'y  en  ay  fait  rompre ,  mais  tou- 
teffois  je  ne  fcavois  pas  encore  tirer  fi  bien  l'air  du  récipient  comme  a  cet  heure. 
Voila  Monfieur  Southwel  qui  vient  me  dire  adieu.  C'ert  pourquoy  je  finis  après 
vous  avoir  dit  que  je  fuis  parfaitement 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefobeifTant  Serviteur 
Chr.  Hugens  de  Zulichem. 


")  Mr.  Southwell  [Chr.  Huygens]  3). 


3)   Voir  la  Lettre  N°.  941 ,  note  1. 
Œuvres.  T.  IV. 


IO  CORRESPONDANCE.     1662. 


Ns  954- 

ClIRISTIAAN    HUYGENS    à    LoDEWIJK    HUVGENS. 

1 1  janvier  166a. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

le   11   Janvier  1662. 

Monfieur  de  Vicqueforc  n'a  pas  apporte  avec  luy  le  pacquet  des  livres  que  vous 
luy  avez  commis  mais  il  m'a  fait  dire  qu'il  les  attend  au  premier  jour.  Le  Sieur 
de  Kcrckwijck  ')  m'a  prie  de  vous  demander  ce  qu'eft  devenu  un  livre,  (il  ne 
(cait  pas  s'il  eil  imprime  ou  manuferit)  qui  vous  auroit  elle  preftè  par  le  fecre- 
taire  de  Meteren  -),  lors  que  vous  failiez  refidence  a  Zulichem,  contenant  les 
droits  du  Bommelerweerdt 3).  Voyez  s'il  vous  en  fouvient  et  s'il  eil  peut  eilre 
entre  les  mains  de  van  Genderen  4). 

J'ay  depuis  trois  jours  un  mal  de  gorge,  mais  qui  s'eft  empiré  cette  nuicl  et  m'a 
empefchè  de  dormir,  maintenant  il  m'empefche  de  parler,  et  m'oile  mcfme  l'envie 
de  vous  entretenir  plus  longtemps,  j'ay  peur  qu'il  ne  faille  venir  aux  medicines 
puis  que  la  diète  ne  veut  pas  me  guérir.  Adieu. 

J'auray  foin  de  l'horologe  de  Monfieur  Chaife  a  qui  je  baife  les  mains. 


')   Richard  de  Rivière,  seigneur  de  Kerkwijk,  naquit  en  1610. 

2)   Ce  village,  ainsi  que  Kerkwijk,  se  trouve  dans  le  voisinage  de  la  seigneurie  de  Zuylichem. 

s)   De  ce  recueil  nous  connaissons  les  deux  éditions: 

Gereformecrde  Dyck-rechten  van  Thielre  ende  Bominelre-Wcerden.  Tôt  Arnhem.  By 

de  Weduwc  van  Joh.  Frederick  Hagen,  Ordina:  Druckfter  van  de  Ed.  Ilove  van  Gelder- 

landt,  Anno  1683.  in-40. 

Land-regt  van  Thielre- en  Bommelre-Weerden,  mitfgaders  Ilcrwaerden,  voorts  de  Ilecr- 

lijkheden  en  Gerigten  daer  onder  reforterende,  als  ooek  't  Ampt  van  Beeftcn  Renoy.  Te 

Arnhem,  By  Wilh.   Heggers,  Ordinaris  Drukker  van  den  Wel  lui.  Ilove  van  Gelder- 

landt,  1721.  in-40. 
4)    Jan  van  Genderen  était  administrateur  de  Zuylichem. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  II 


Ng  955- 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

l8    JANVIER    1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

le   18  Janvier  1662. 

Depuis  ma  dernière  :)  j'ay  pris  avis  de  noftre  Efculape  Libergen  2),  qui  m'a 
fait  purger  et  faigner,  ce  qu'eftant  fait  je  fuis  devenu  fi  fort  enrhumé  que  jamais  de 
ma  vie  je  ne  le  fus  tant,  tellement  qu'il  ne  faut  pas  feulement  que  je  garde  la  mai- 
fon,  mais  auffi  que  je  m'abftiene  de  lire  eferire  ou  méditer ,  par  ce  qu'auflitoft  la 
telle  m'en  fait  mal.  Mon  frère  3)  depuis  3  jours  n'eft  guère  mieux  que  moy;et 
aujourdhuy  s'eft  auffi  fait  faigner  par  ordre  dudit  Libergen. 

Cette  indifpofition  m'a  fervi  de  légitime  exeufe  pour  n'aller  pas  aux  nopees  4) 
chez  Monfieur  Bartelotti,  aux  quelles  j'eftois  prié  pour  eftrc  Paraninphc,  dont  je 
n'avois  aucune  envie.  Mon  frère  n'y  ira  non  plus  ny  perfonne  de  tout  le  parentage 
icy ,  tous  croyant  avoir  quelque  fubjecl  de  fe  formalifer ,  les  uns  de  ce  qu'ils  n'ont 
pas  eftè  appeliez  au  contract  de  mariage,  les  autres  de  ce  qu'on  n'a  pas  prié  tel 
nombre  de  leur  fils  et  filles  qu'ils  s'eftoient  promis.  Monfieur  Jacob  5)  ne  feait  ou 
fe  tourner  tant  il  a  par  tout  d'apologies  a  faire  et  a  foutenir  d'attaques. 

Je  croy  bien ,  que  celles  de  mes  expériences  que  vous  avez  communiquées  a 
Monfieur  Rohaut  ne  luy  eftoient  pas  fort  nouuelles  car  elles  fe  deduifent  afTez  fa- 
cilement des  deux  principes  qu'il  connoit,  mais  celle  pour  la  quelle  j'attends  des 
verres  de  Bolduc  ne  fera  pas  de  mefme.  Il  fera  bon  de  le  laiiïèr  faire  première- 
ment quant  a  la  conltruélion  de  la  machine,  jufqu'a  ce  qu'il  avoue  d'auoir  befoin 
de  mon  confeil.  Il  y  a  toufjours  un  peu  de  pédanterie  dans  fon  fait ,  comme  vous 
aurez  pu  remarquer.  Je  l'ay  veu  quelques  fois  aux  prifes,  ainfi  que  vous,  avec 
Monfieur  Auzout ,  qui  le  haifTbit  mortellement  et  le  faifoit  enrager. 

Mais  a  propos  je  voudrais  que  vous  allaffiez  veoir  ce  Monfieur  Auzout  qui  eft 
homme  de  grand  efprit  et  m'a  fait  grande  civilité,  et  quelques  fois  traité  très 
bien ,  de  forte  que  je  ferais  bien  aife  d'entendre  de  fes  nouuelles.  Je  fcay  bien 
que  le  lieu  de  fa  demeure  eft  fur  voftre  mémoire.  Si  vous  rencontrez  encore  Mon- 
fieur de  Clerfiller6),  demandez  luy  s'il  ne  reçoit  plus  de  lettres  de  Monfieur 
Ghifoni,  (c'eft  le  batiflèur  de  ma  piramide)  et  ou  c'eft  qu'il  fe  tient. 

:)    Voir  la  Lettre  N°.  954. 

2)  Diederik  van  Lieberghen  naquit  à  la  Haye  et  mourut  le  1  mai  1705  à  Amsterdam.  Il  devint 
étudiant  en  médecine  à  Utrecht  en  1647  et  reçut  le  grade  de  docteur  en  1648.  D'abord  méde- 
cin à  la  Haye,  il  passa  ensuite  à  Amsterdam.  Il  était  poète  en  langue  latine  et  hollandaise. 

3)  Il  s'agit  de  Constantyn  Huygens,  frère. 

4)  Consultez  la  Lettre  N°.  910,  note  3. 

5)  Jacobus  Bartelotti.  Voir  la  Lettre  N°.  790,  note  4. 

6)  Voir  la  Lettre  N°.  732,  note  11. 


12  CORRESPONDANCE.    1662. 


A  Monfieur  Petit  vous  direz  que  l'arc  du  pendule  de  mon  horloge  eir.  de 
\6  pouces.  A  Mademoifelle  fa  fille  que  je  fuis  fon  trefobeifTant  et  treffidelle  &c. 

Pafcal  :)  a  commencé  l'horologe  pour  Monfieur  Chaize.  Monfieur  de  Vicque- 
fort  ne  m'envoye  pas  encore  les  liures.  Voflius  n'efl:  pas  encore  de  retour  et  (e 
tient  a  Utrecht  pour  quelques  affaires.  Ce  qu'il  vous  plaira  de  dire  a  Monfieur 
Thevenot,  qui  ne  veut  pas  m'apprendre  le  fecret  de  fa  nouuelle  invention,  ne 
m'envoyant  point  de  refponfe  à  mes  doutes.  Adieu. 

Je  n'ay  point  trouuè  jufqu'icy  d'occafion  pour  vous  faire  tenir  de  ces  petits  ver- 
res, mais  j'entens  qu'il  partira  bientoft  quelques  uns  de  nos  franfle  kramers  8)  aux 
quels  je  pourray  commettre  le  pacquet.  J'en  avois  envoyé  une  douzaine  en 
Angleterre  a  J.  Vlitius  qui  arriuerent  tout  brifez  en  poudre,  ce  qui  m'apprit  qu'il 
ne  faut  pas  les  envoyer  par  la  porte. 

Voftre  penfee  eft  merveilleufe  de  vouloir  reveftir  ma  grande  lunette  de  23  pieds 
de  maroquin.  La  première  fois  que  j'eitois  a  Paris,  je  fis  faire  un  tel  tuyau  pour 
celle  de  1 2  pieds ,  et  je  n'ay  jamais  plus  mal  employé  mon  argent. 

A  Monfieur  Monfieur  L.  Hugens  de  Zulichem 
A  Paris. 


N°  956. 

J.  Hevelius  à  Christiaan  Huygens. 
21  janvier  1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  921.      Chr.  Huygens  y  répondit  le  25  juillet  1661. 

Nobiliflimo  ac  Clariflimo  Domino  Christiano  Hugenio 
J.  Hevelius  S.  P.  D. 

Quemadmodum  Mcrcurius  meus  totus  lactitia  exaltât,  fe  tandem  diu  expeftatam, 
amabilemque  Vcnerem  Horroxij  :)  hue  Gedanum  falvam  advenientem,  ambabus 


7)    Pasclial  était  un  horloger  à  la  Haye,  qui  a  beaucoup  travaillé  pour  Chr.  Huygens. 
x)   Traduction:  merciers  français. 


')   Voir  l'ouvrage  cité  clans  la  Lettre  N°.  872 ,  note  5. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  13 


manibus  amplecli  potuiiïè;  fie  et  mirificasTibi  agit  gratias,quodTuo  pcrmifïii  defide- 
ratifiimus  hic  congrefius  celebrari  detur,  auctorque  fis  ut  iam  pari  paflu  in  publicum 
prodire  queant.  Quod  cum  videam  pofTe  quadantenus  in  rei  Aftronomicae  vergere 
commodum ,  confiitui  penitus  nobiliffimam  et  rarifinnam  iftam  obfervationem  fimul 
cum  Mercurio  meo,  qui  iam  fub  praelo  fervet,  luci  exponere;  et  quidem  totum 
libellum,  uti  ab  Auctore  conferiptus,  omiffis  tantummodo  quibufdam  fuperfluis; 
rurfus  vero  additis  notis  nonnullis.  Quamprimum  id  faétum  fuerit,  curabo  quan- 
tocyus  ut  Te  Mercurius  cum  Venere  certo  quafi  foedere  iundli  rurfus  invifant. 
Interea  et  meo  et  publico  nomine  Tibi  iterum  iterumque  débitas  habeo  grates, 
pro  tanto  ergo  nos  affectu ,  quod  obfervationem  iftam  nobifeum  communicare  haud 
nolueris ,  experieris  me  viciffim  omni  tempore  promtum  paratumque.  Non  aegre 
feras  autem,  quod  delineationem  Pareliorum  nondum  tranfmitto;  fiquidem  eâdem 
ratione  nondum  il  Iam  adumbratam  habeo,  quâ  Tibi  eam  exhibere  vellem  ,•  brevi 
tamen,  antequam  Mercurius  lucem  videbit,  illam  habebis.  Vale  et  ut  annus  quem 
ingrefil  fumus  Tibi  ab  omni  parte  fit  felix ,  fauftufque  ex  animo  comprecor.  Dabam 
raptim  Gedani  anno  1662  ,  die  21  Januarij. 


Nobiliflimo  ac  Clarifïimo  Viro,  Domino 
Christiano  Hugenio 
amico  honorando. 
Hagam  Comitis. 


N°  957.  ■ 

ClIRISTIAAN    HUYGENS    h    LoDEWIJK    HUYGENS. 

25    JANVIER     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Iluygens. 

A  la  Haye  ce  25  Janvier   1662. 

Il  fcmble  donc  qu'il  y  a  quelque  apparence ,  vu  le  deffein  de  Monfieur  van  Beu- 
ningen,  que  la  Reine  Chriftine  pourroit  nous  venir  veoir,  quoy  que  Vofiius  et 
d'autres  afiurent  qu'elle  fe  prépare  pour  retourner  en  Italie.  Cette  propofition 
de  l'afiemblee  au  refte  eit  gagliarde  et  je  voudrais  bien  feavoir  fi  de  fait  il  luy  en 
a  eferit. 

L'horologe  de  Monfieur  Chaife  fera  achevée  plus  tort  qu'il  ne  croit,  par  ce 


14  CORRESPONDANCE.     1662. 


que  par  hafard  il  s'ert  rencontré  un  homme  qui  en  avoit  une  entre  les  mains  défia 
fort  avancée  lors  que  je  le  luy  commanday.  Qu'il  fonge  donc  a  donner  ordre  pour 
l'argent,  car  ces  gens  aiment  fort  qu'on  le  leur  conte  juxta  traditionem  eorum. 

Monfieur  Heinfius  dans  fa  dernière  ')  qu'il  m'a  efcrite  de  Stockholm  me  prie  de 
m'enquerir  de  vous  quelle  partie  d'Ovide  contenoient  les  manufcrits  que  vous  avez 
vus  en  la  Bibliothèque  de  PEfcurial. 

Fratrem  tuum  Ludovicum  (dit  il)  in  oculis  fero:  ita  enim  et  virtutes  ejus  meren- 
tur  egregiae,  et  fingularis  quo  me  compleétitur  affeftus.  Rogaveram  illum  &c. 

Le  reile  feroit  trop  long,  mais  en  fin  il  adjoulte  encore. 

Extat  Lutctiae  in  Bibliotheca  Régis  Chriftianiffimi  Ars  Amatoria  Julij  Firmici 
Altronomicis  annexa,  quo  nullum  vetuftius  Ovidij  cxemplar  alibi  in  manus  meas 
incidit.  Extat  ibidem  ex  legato  Puteanorum  fratrum  Epiftolarum  et  Amorum  cxem- 
plar non  multo  rccentius ,  notae  itidcm  praeftantiflimae.  Hos  codices  fi  fibi  exhiben- 
dos  a  cullode  Bibliothccac  curabit,  facile  poterit  arbitrari  an  manufcripta  Hifpa- 
nicac  horum  vctuftatem  aut  fupcrent  nec  ne. 

Il  ne  veut  pas  que  vous  preniez  la  peine  de  rien  collationner ,  et  mefme  il  eft 
marry  que  dans  l'Efcurial  vous  vous  y  foycz  occupé ,  mais  feulement  que  vous 
l'informiez  touchant  la  qualité  et  l'antiquité  des  livres.  Voicz  fi  vous  aurez  du 
loifir  pour  en  apprendre  quelque  chofe. 

J'ay  peur  qu'en  montant  de  nouueau  ma  lunette  l'on  n'ajuftera  pas  toutes  les 
pièces  comm'auparavant.  C'cft  pour  quoy  je  vous  prie  d'y  prendre  garde  ,  et  que 
du  moins  on  ne  change  rien  a  la  partie  qui  contient  le  convexe  oculaire  et  le  miroir. 

Il  arrive  fouuent  que  l'air  ou  vapeur  s'attache  tant  a  ce  verre  qu'a  l'autre ,  a 
quoy  il  faut  prendre  garde  et  les  nettoier  devant  que  de  monftrer  a  quelqu'un  la 
lunette. 

Je  regrette  fort  la  perte  du  bon  Monfieur  Conrard,  puis  que  vous  mandez  qu'il 
faut  le  tenir  pour  perdu.  Vous  ne  me  dites  rien  du  Duc  de  Roanes:  c'eft  a  dire 
de  la  vifitc  que  vous  aviez  refolu  de  luy  rendre. 

Je  11e  fais  encore  que  touflèr,  moucher  et  cracher  n'ayant  ny  odorat  ny  gouir. 
depuis  8  ou  10  jours,  et  un  continuel  bourdonnement  aux  oreilles,  qui  m'incom- 
mode le  plus  de  tout.  Je  fouhaite  meilleure  fanté  h  mon  Père  et  a  vous.  Adieu. 


Pour  mon  frère  Louis, 


')   La  Lettre  N  '.  922. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


l5 


W   958. 

J.    VAN    VLIET    h    ClIRISTIAAN    HuYGENS. 

25    JANVIER     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Laden,  coll.  Huygens. 

Nobiliflimo  Viro  Christiano  Hugknio  Janus  Vlitius  S.  P.  D. 

Iterum  ad  re,ceu  facram  anchoram,  confugio,  I^o^cûtuts  Hugeni.  Libellum  ada- 
giorum  Frifica  lingua  pridera  editorum,  et  a  me  cum  alijs  vicinarum  gentium 
comparatorum  fub  praelo  habeo  ').  Scd  cum  fingula  rurainor,  plurima  mihi  dccfTe 
comperior.  Pracrtiti  ante  aliquot  annos  five  Illnftri  Parenti  tuo  five  Ludovico  fra- 
tri  Adagia  Anglica  2)  in  8°.  ut  vocant ,  quibus  ex  adverfa  columna  rcfpondebant 
Latina.  Vchementer  ijs  nunc  indigeo.  Quapropter  obfecro  te,  ut  vel  in  Mufaeo 
paterno,  vel  fraterno,  vel  ctiam  bibliopolio  Brunoniano  3)  ea  mihi  nancifeari 
digneris.  Forfitan  et  indaganti  alia  id  genus  ocenrrent,  quibus  ftudia  haec  meapro- 
movere  multum  poflis.  Noli  credere  me  Boxhornios 4)  aut  Bccanos  s)  vclle  imitari. 
Alia  mihi  copia,  alia  adminicula  adfunt,  quae  imprimis  Clariflimo  Junio 6) 
debeo,  qui  folus  haec  optime  praeftare  poiïit,  fed  majoribus  intentus,  haec  mi- 
nutula  mihi  demandavit.  Quanti  ea  fint,  brevi  ut  fpero  videbis.  vSi  Wallius  te 
adeat,  roga  precor  et  illum,  et  quotquot  alios  invenies,  ut  fymbolam  conférant, 
patriae  linguae  amore.  Sed  tu  jam  caelellibus  tuis  ftudijs  inhaeres.  Sit  propitius 


J)  lîrcdaefche  Almanac  en  Chronijck  — Friefclie  Sprecckwoordcn.  Jaerfdagh  1664.  Door  Fokke 
Korft  (pfendonyme  de  Janus  Vlitius).  in-40. 

2)  J.  Clarke,  Pro  erbs  Englïsh  and  Latine  methodically  dispofed  according  to  the  common 
place-IIeads  in  Erasmus  bis  Adagies.  London  1639.  in- 12°. 

3)  Sur  H.  Bruno  consultez  la  Lettre  N°.  2 ,  note  1. 

4)  Sur  Marcus  Zuerius  Boxhorn  et  son  ouvrage  consultez  la  Lettre  N°.  23^  au  Tome  II  (Sup- 
plément), et  l'ouvrage  posthume  : 

V.  Cl.  Marci  Zuerii  Boxhornii  Epiltolae  &  Poemata.  Amflelodami  Ex  Officinâ  Cafpari 
Commelini.  cIoIocLxn.  in-120. 

5)  Johannes  Goropius  Becanus  naquit  le  23  juin  1518  a  Corp  près  de  Ililvarcnbeek  et  mourut 
le  28  juin  1572  à  Maastricht.  Ses  études  terminées  à  Louvain,  il  voyagea  beaucoup  et 
devint  le  médecin  de  Eleonora,  Reine  de  France,  et  de  Maria,  Reine  de  Hongrie.  Puis 
il  quitta  la  médecine  et  la  vie  de  cour  et  s'établit  à  Liège  pour  s'appliquer  à  ses  études  linguis- 
tiques. 

Consultez  l'ouvrage  : 

Joan.  Goropii  Becani,  Originum  Gentium  Libri  ix  in  quibus  Atvatica,  Gigantomachia, 
Nilofcopium,  Cronia,  Indo-Schytica,  Saxonica,  Goto-Danica,  Amaronica,  Venetica  &  Hy- 
perborea.  Antv.  1569.  in-folio. 
6~)   Sur  Francisais  Junius  voir  la  Lettre  N°.  903,  note  5. 


ï6  CORRESPONDANCE.     \66<1. 


eis  caelorum  Dominas,  et  hic  ipfe  annus.  Vale,  Vir  NobiliiTime,  et  favcrc  perge 
Vlitio  Tuo.  Dabam  xxv  Januarij  die  cIdIdclxii. 

Nos  horologium  magnum  jam  ad  methodum  tuam  redegimus,  parva  tamen  in 
fuperiore  oicilli  parte  differcmia.  Autor  eft  juvenis,  qui  Roterodamenli  fervivit 
fabro  ")  tuo  ifti  antagoniftae  quondam. 

Joannis  Scenaei 8)  de  Verborum  Significatione  liber9)  nuper  Londini  prodijc. 
Si  eum  Bruno  vel  affinis  ejus  habeat,  jubé  mittat,  vel  Londino  mitti  jubeat. 

Infercas  hafce  rogo  famulum  tuum  jubeas  ad  Bifdommerum  I0)  ferre,  ut  publico 
eant  vidulo. 

Ad  Ludovicum  refta  Pariiios  fcripfi. 

Mljn  Heer 

Jonkheer  Christiaen  Huygens  van  Zulichem  &c. 

Haghe. 
un. 


7)  Donw,  voir  la  Lettre  N°.  523  ,  note  1. 

8)  John  Skene  était  conseiller  du  roi  James  I.  Il  publia  plusieurs  ouvrages. 

9)  La  première  édition  de  cet  ouvrage  est  de  1597,011  en  trouve  l'édition  suivante: 

De  Verborum  Significatione.  The  Exposition  of'the  Termes,  and  difficult  Wordes  contai- 
ned  in  rlie  Coure  buikes  of  Regiam  Majestatem  and  others  in  the  Acts  ol'Parlaiment  Infestmcnt 
and  used  in  practique  of  tliis  kealmc  ,  with  diverse  rules,  and  commun  places  or  principalles 
of  the  Lawes,  Collected  and  Exponed  by  John  Skene,  and  now  reprinted  by  Ilis  Majesties 
specical  Command.  David  Lindsay.  Edinburgh.  1661.  in-folio. 

10)  Sur  Bisdotnmer  voir  la  Lettre  N°.  K63  ,  note  1 . 


CORRESPONDANCE.     1662.  17 


Ns  959- 

N.    HeINSIUS    à    ClIRISTIAAN    HuYGENS. 
28    JANVIER     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leîden ,  coll.  Huygens. 
Cfir.  ffuygens  y  répondit  le  6  mars   1 (56a. 

Nicolaus  Heinsius  Ciiristiano   Hugenio  Viro  Nobiliflimo 

S.  P.  D. 

Metus  eft  iuftiffimus  ,  ne  quid  mihi  fuccenfeas  ob  fidem  de  promiflis  phaenome- 
nis  *)  tanto  tempore  non  liberatam.  Quanquam  curas  iampridem  omnes  hue  con- 
verti, ut  ocius  confequereris,  quod  flagitaras.  Adumbratum  iam  habebam  rudi 
linea  phaenomenon ,  cum  timere  caepi,  ne  charta  complicata  poil  agitationem 
longi  icineris  minus  fideliter  referret,  quod  illi  a  piftore  erat  creditum.  Vivos  igi- 
tur  colores  adhibendos  duxi.  Rem  tantillam  et  minimi  laboris  procrallinat  quoti- 
die  pigerrimus  piclor,  etli  hortari  cunclantem  non  defino.  Moram  immodicam 
compenfabit  aliud  phaenomenon  anno,  ni  fallor,  faeculi  huius  quinquagefimo 
oclavo  hic  terrarum  obfervatum.  quod,  quia  opinabar  tibi  ignotum  effe ,  eadem 
opéra  depingendum  tradidi.  Utrumque  fimul  ad  te  veniet,  brevi.  nam  fi  differre 
fpes  noilras  perget  fupinus  piclor ,  ad  alium  ibo.  Tertij  Phaenomeni  fpes  facta  eil 
ab  eodem  amico,  qui  fecundum  mecum  communicavit.  Id  quale  fit,  tibi  iîgnifi- 
cabo,  cum  mihi  exhibebitur.  Nam  nunc  inveniri  a  le  haud  pofie  afieverat ,  quod 
inter  fchedas  fuas  lateat  alicubi.  Quartum  alius  fe  poflidere  nunciavit  Pragae 
annis  proximis  confpcétum  ,  in  quo  cruces  non  unae  appareant.  Sed  illud  fortailis 
aliunde  iam  naftus  fis.  Epirtolia  haec  rogo  ut  perferri  a  puero  tuo  cures  ad  illos, 
quibus  deitinata  funt.  Vlitio  inicriptas  literas  data  opéra  non  oblignavi ,  quod  ijs 
inferti  fint  verfus  genethliaci,  iam  quidem  ante  a  te  lecli,  fed  aliquanto  nunc  cafiiga- 
tiores.  Vale,  Vir  Nobilifilme.  Holmiae  Suecorum  A°.  cidioclxii.  xxviii  Januarij. 

Carolus  Datus  ultimis  literis  nunciabat  Principem  Etruriae  Leopoldum  praelo 
typographico  parafie  deferibendum  volumen  obiervationum  fuarum  naturalium 
primum.  An  Monachi  ifiri  duo ,  Euitathius  et  Faber ,  obmutuerint  fac  quaefo ,  in- 
telligam.  Nam  Datus,  a  quo  multis  menfibus  nullas  habueram,  de  illisnilom- 
nino  addit. 


')    Consultez  la  Lettre  N°.  922  ,  où  il  est  question  de  ces  parélies. 
(Euvres.  T.  IV. 


[S  CORRESPONDANCE.     1662. 


N=  960. 

\l.  Thevenot  à  [Christiaan  Huygens]. 
[janvier   1662]. 

La  lettre  se  trouve  i:  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Monsieur 

Je  fuis  bien  fafche  que  ma  dernière  lettre  ')  ne  nous  ait  point  elle  rendue  et  qu 
vne  autre  que  jecriuois  auffy  a  Moniteur  Volfius  ait  courru  la  mefme  fortune.  Je 
vous  enuoie  la  defeription  d'un  niueau  :)  que  vous  nie  demandes  3)  et  qui  a  félon 
mon  opinion  bien  des  auantages  fur  les  niueaus  dont  on  feft  ferui  jufques  a  prefent. 
Pour  ce  qui  eft  des  expériences  du  liphon  Je  feray  aufTy  bien  aife  daprendre  de 
vous  quel  cas  Ion  peut  faire  de  lhipothefe  cy  jointe  2)  que  Je  vous  en  enuoie,  mais 
cela  a  voftre  loifir  ou  dans  les  lettres  de  Monfieur  uoftre  Frère  3)  qui  me  faiéf  hon- 
neur de  me  communiquer  ce  que  vous  luy  efcriues,  car  Je  veus  quereller  Mon- 
iieur Chapelain  de  ce  quil  a  bien  ofé  appeler  parelTeus  vn  homme  qui  a  plus  fait 
luy  feul  a  lage  de  trente  ans  que  tant  de  millions  dautres  qui  ont  païïe  pour  fort 
diligentes  et  qui  ferlant  deuoues  à  leftude  n'ont  rien  fait  daprochant  de  vos  decou- 
uertes.  Je  vous  feray  lbuuenir  icy  des  Relations  que  vous  mauez  promifes.  Jattens 
rcfponcc  du  perc  Magnan  4)  fur  le  fuict  des  lunettes,  cependant  Je  vous  diray 
quil  met  fon  verre  fur  vne  poignée  de  bois  comme  ceus  du  meftier. 

Jay  eferit  a  Vcnife  pour  du  verre  et  Jay  fait  jetter  trois  de  ces  formes  pour  les 
microfeopes  que  Fefrier  5)  auoit  faites  et  quil  nous  aura  peut  eltre  monrtré. 

On  a  dccouuert  depuis  peu  vn  homme  qui  taille  la  pierre  en  forte  que  de  trente 
perfonnes  qui  l'ont  paflTees  par  fes  mains  il  ni  en  a  pas  en  deus  qui  ayent  eu  la  fîcurc. 
mais  Je  vous  en  ccriray  plus  amplement  lorfque  Jauray  la  refponcc  aux  lettres  que 
1  j'en  ay]  6)  écrites  en  languedoc  où  il  eft. 

J'attens  auec  beaucoup  d'jmpatience  les  expériences  que  Monfieur  le  prince 
I  ,eopold  m'a  fait  l'honneur  de  me  promettre.  J'ecriray  a  Moniieur  Vuiani  ce  que 
vous  me  mandes7)  de  l'on  Hure,  il  a  vne  extrême  curiolite  de  veoir  les  voftres  et  vos 


Nous  ne  possédons  pas  cette  lettre.  Thevenot  y  avait  donné  une  description  de  son  niveau 

et  de  ses  expériences  du  syplion.   Consulte/,  hi  Lettre  N°.  02H  ,  note  1  Q. 
Voir  l'Appendice  N°.  961. 
Lodewijk  Huygens,  qui  était  encore  à  Paris. 
1      ('cite  réponse  de  E.  Maignan  est  l'Appendice  d'une  lettre  de  janvier  1^162. 
Sur  Ferrier,  consultez  la  Lettre  N'  .  32  ,  note  1. 
(  'es  i\v\\\  mots  sont  coupés  en  bas  de  la  page. 
I  )ans  une  lettre  que  nous  n'avons  pas  trouvée  dans  nos  collections. 


CORRESPONDANCE.     1662.  10 


libraires  en  deueroient  enuoier  icy  et  a  Florence  ou  ils  difent  que  Ion  n'en  trouue 
point. 

J'atteps  que  Monfieur  Volïius  foit  en  vos  quartiers  et  a  la  Haye  pour  luy  écrire 
et  reparer  la  perte  de  ma  lettre.  Je  luis 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  très  obéi  liant  ferviteur 

Tiievenot. 


N2  961. 

[M.  Tiievenot]  à  [Christiaan  Huygens]. 

[1662]. 

Appendice  au  No.   160. 

La  pièce  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Le  niueau  dont  vous  me  demandez  des  nouuelles  ert  celuy-la  même  dont  je 
vous  parlay  au  voyage  que  vous  filles  en  France  et  il  réiïflit  l'y  bien  que  la  moin- 
dre inclination  de  plan  s'y  connoift,  En  fin  jl  cil  facile  et  mérite  bien  que  vous  en 
lafilez  faire  un  n'y  ayant  autre  chofe  a  faire  qu'a  fermer  par  un  bout  un  Tuyau  de 
verre  qui  ait  deus  ou  quattre  lignes  dediametre,dont  les  coftez  tant  internes  qu'exter- 
nes foient  bien  parallelles  entre  eux,  y  mettre  de  l'ëau  et  y  laiffer  plus  ou  moins  d'air 
ou  de  vuide  comme  on  parle  ordinairement,  félon  qu'on  veut  qu'il  foit  plus  ou 
moins  uifle.  L'on  ferme  après  l'autre  bout,  Hermétiquement  ou  de  quelque  autre 
manière  que  ce  foit,  cet  air  enfermé  lors  qu'il  fera  en  repos  et  non  point  attaché 
à  l'un  ou  à  l'autre  des  bouts  du  verre  marquera  le  niueau  du  plan  fur  lequel  il 
fera  mis. 

Pour  ce  qui  efr.  des  expériences  du  Syphon  je  vous  en  enuoyeray  une  Copie  l)  11 
refteàm'expliquer  fur  le  rapport  qu'il  y  a  entre  la  petite  phiole&  le  diaphragme2), 
dans  la  Phiole  pour  l'cffecl:  qu'on  y  ob férue  jl  faut  que  trois  choies  s'y  ren- 
contrent; La  Cauité  ou  Capacité  de  la  phiole,  le  Col  efixoict  &  la  challeur  qui 
a  efchauffé  l'air.  Pour  [a  première -le  coeur,  les  poumons,  le  Diaphragme  font 
des  cauites,  quand  nous  refpirons  la  bouche  fermée,  les  conduïcts  par  lefquels 


*)    Nous  ne  possédons  pas  cette  copie,  à  moins  que  ne  soit  la  pièce  N°.  890. 

z)  Pour  bien  comprendr  ce  qui  suit,  comparez  l'Appendice  N°.  928.  Il  est  clair  que  dans  une 
lettre  que  nous  ne  possédons  pas,  Chr.  Huygens  a  formulé  quelques  objections  contre  le  con- 
tenu du  N°.  928 ,  auxquelles  Thévenot  répond  dans  cet  Appendice. 


20 


COR  K ESPON I)  ANCE.     I  66 : 


l'air  pafle  l'ont  a  proportion  plus  eilroicts  que  le  Col  de  la  phiole  &  la  challeur 
qui  cil  la  troiliefme  circonftance  eft  celle  qui  eil  naturelle  aux  animaux.  Sy  la 
liqueur  qui  a  eftémife  pour  marquer  le  mouuement  faiét  de  la  peine  on  pourra 
dire  qu'il  n'y  a  pas  un  de  ces  petits  cortduïéts  dont  je  viens  de  parler  où  il  n'y  en 
ait  a  proportion  dauantagc  dans  le  corps  animal  que  dans  le  phiole.  il  y  a  vn  oyfeau 
nome  par  les  Zoographes  Querquedula  dont  le  poumon  eil  fort  femblable  a  vnc 
coquille  de  limaçon,  eil  dur  et  par  cette  raifon  a  grand  raport  a  la  phiole.  Ce  que  je 
viens  de  dire  du  Diaphragme  du  poumon,  du  coeur,  conuient  au  Cerueau,  aux  jn- 
teftins  &ca,  J'eftendrois  cette  explication  au  Punclum  Saliens  a  caufeque  c'eftune 
cauité  qui  fe  dilate,  mais  Implication  fe  verra  mieux  dans  le  Liure  Harueus  3)  que 
dans  une  lettre,  et  la  différence  qui  eft  entre  l'air  enfermé  dans  la  partie  de 
l'oëuf  qui  paroift  vuide  &  celuy  que  je  fupofe  enfermé  dans  le  Punclum  Saliens 
peut  faire  les  Diaftoles  &  lesSiftoles,  quand  mefmes  cet  air  enfermé  n'auroit 
point  de  communication  auec  l'air  libre. 

Pour  ce  qui  eft  de  Saturne ,  Comme  je  n'auois  point  entrepris  de  parler  de  fes 
mouuemens  mais  feulement  de  rendre  raifon  de  fes  apparences,  je  m'eilois  feruy 
d'une  expérience  dans  laquelle  on  le  void  toujours  dans  une  mefme  place,  ainfy 
fy  la  figure  que  prend  ce  Corps  liquide  que  vous  voyez  au  haut  de  voftre  boule 
peut  feruir  à  expliquer  toutes  ces  différentes  apparences  lors  qu'il  fera  tranfporté 
par  les  mouuemens  que  l'on  a  obferue.  je  penfe  que  J'auray  monftréce  que  j'auois 
entrepris. 

Je  voy  que  vous  vous  cites  feruy  de  la  boule  pour  les  deux  expériences  que  je 
propofois  fur  la  figure  que  prennent  lés  corps  liquides  dans  l'eau  pour  voir  celle 
qu'ils  prennent  lors  qu'ils  font  entourés  également  d'eau.  La  boule  n'y  eil  pas  fy 
propre  que  le  fera  un  Canal  de  verre  tenu  perpendiculaire  à  l'horizon ,  car  l'em- 
pliffant  d'eau  fy  on  laiflè  entrer  un  peu  d'air,  jl  montera  en  haut  a  peu  près  dans 
la  forme  que  marque  la  figure  cy-jointe  qui  elt  celle  que  je  fuppofe 
eltre  commune  aux  Atmofphércs  de  toutes  les  autres  planettes,  ce- 
pendant que  Saturne  a  raifon  de  fa  feituation  en  a  une  bien  différente  & 
femblable  a  celle  qui  fe  void  au  haut  de  la  boule  fur  laquelle  Je  voudrois 
feauoir  s'il  y  a  quelque  apparence  ou  Phafe  de  Saturne  qu'elle  ne  puïffe  pas  ex- 
pliquer. 

Jl  ne  lera  peut  eltre  pas  inutile  de  mettre  la  petite  phiole  de  verre  dans  l'autre 
machine  &  de  voir  ce  qui  en  arriuera.  car  pour  ce  qui  eil  de  ce  que  vous  en  auez 
oblcrué4)  dans  la  mort  de  cet  oyfeau  que  vous  y  auez  mis  Jay  une  autre  expérience 
qui  me  faiét  croire  que  ce  dernier  mouuement  qu'il  faiét  vienne  de  ce  que  l'air 
enfermé  fe  dilate  extr'ordinairement. 


I  lonsultez  l'ouvrage,  cite  dans  In  Lettre  N°.  ycK,  note  4. 
Consultez  In  Lettre  N°.  924. 


CORRESPONDANCE.     1662.  2  1 


Voicy  quelques  expériences  qu'on  pourroit  faire  dans  la  phiole.  C'eil:  de  Mon- 
fieur  Auzou  qu'elle  viennent  qui  le  tient  fort  obligé  à  l'honneur  que  vous  luy  faiftes 
de  vous  fouuenir  de  luy  &  qui  m'a  chargé  de  vous  en  faire  un  compliment. 

Faire  un  rêueïl-mattin  d'une  demie  heure  ou  tout  au  moins  d'un  quart  d'heure 
&  prendre  auec  un  Monocorde  fon  ton  dans  l'air  libre,  puis  l'enfermer  dans  le  vaze 
remply  d'air  &  voir  s'il  y  aura  différence  au  ton ,  ou  feulement  a  la  force  du  Son , 
puis  faire  ces  mefmes  remarques  pendant  qu'on  vuidera  d'air  le  vaze&  qu'il  fon- 
nera  &  quand  il  en  fera  vuidé  entièrement. 

Voir  s'il  y  aura  dans  le  vuide  différence  entre  la  force  du  poids  &  celle  du 
RefTort  ce  qui  fe  fera  en  pendant  à  un  refïbrt  a  boudin  fort  doux  un  poids  &  remar- 
quant s'il  le  tirera  ou  plus  ou  moins,  ou  également  dans  le  vuide  que  dans  le  plein. 

Mettez  une  montre  à  refïbrt  dont  on  vienne  d'efprouuer  la  vifteffe  par  le  moyen 
d'un  pendule  dans  le  vuide  &  l'y  laiffant  long-temps  voir  fy  elle  ira  plus  ou  moins 
vifte  qu'elle  n'alloit.  efprouuer  11  les  odeurs  y  pafferont. 

Sjl  s'y  peut  allumer  un  grain  de  poudre,  fy  le  fel  de  tartre  s'y  difïbudra  ou  non. 
y  mettre  de  l'eau  chaude  ou  pluftofr.  la  chauffer  depuis  que  le  vuide  efl  faiél 
pour  voir  fy  la  vapeur  montera,  y  mettre  de  Fefprit  de  vin,  voir  s'il  s'euaporera 
&  s'jl  s'en  retournera  en  liqueur  contre  les  parois,  y  biffer  des  fleurs  &  fruïcls 
tendres,  voir  s'ils  fe  faneront  ou  fe  rideront  pluftoit  et  s'ils  s'y  corrompent  pluftolï, 
ou  s'ils  s'enfleront  &  comme  s'il  y  auoit  de  l'air,  y  mettre  la  main  ou  le  bras 
d'un  homme  pour  voir  ce  qui  arriuera  et  ce  qu'il  reffentira.  y  mettre  un  infiniment 
à  Cordes  &  un  de  métail  de  mefme  fon  pour  voir  s'ils  fe  détonneront,  faire  un 
fuzil  qu'un  autre  RefTort  fera  débander  comme  faiclt  la  grande  roue ,  la  fonnerie 
ou  le  Rêueil  pour  voir  s'il  fera  des  eflincelles  &  fy  la  mèche  prendra  et  bruflera, 
fy  une  allumette  ou  du  fil  foulphré  ou  de  la  poudre  flambera  en  mettant  fur  la 
mèche.  Faire  les  expériences  des  liqueurs  qui  montent  dans  des  petits  tuyaux 
&  voir  s'il  y  aura  de  la  différence  à  ce  qui  arriue  dans  l'air. 


22  CORRESPONDANCE.     1662. 


N=  962. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

I     FÉVRIER     l662. 

Lu  Litre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens"^. 

1   Fébrier  1662. 

La  refponfe  de  Monfieur  Thevenot  ')  eft  ample  afTez.  Je  voudrois  qu'elle  fut 
atiffi  claire  pour  l'explication  de  fes  nouuelles  hypothefes.  Je  verray  entre  icy  et 
l'ordinaire  prochain ,  ce  que  j'en  pouray  comprendre.  Cependant  remerciez  le  de 
ma  part,  de  ce  qu'il  me  fait  la  faveur  de  me  communiquer  tant  de  belles  chofes  et 
li  diverfes. 

Pour  envoyer  la  description  de  Japan  :) ,  que  j'ay  icy  toute  prefte,  avec  vos 
verres,  je  ne  vois  point  de  meilleure  commodité  que  de  les  joindre  au  petit  ton- 
neau de  beure  que  mon  Père  ordonne  qu'on  envoyé  par  BrufTelles,  ce  qui  fe  fera 
la  lepmaine  qui  vient. 

Quand  je  parlay  dernièrement  a  Voirais  pour  faire  avoir  la  Relation  Chinoife 3) 
a  Monfieur  Thevenot,  il  helitoit  encore  et  ne  fçavoit  comment  faire,  fi  non  qu'ay- 
ant defTein  de  palier  au  premier  jour  en  Angleterre ,  il  vouloit  redemander  l'cf- 
crit  et  les  figures  a  Van  der  Does4)  qui  par  un  vray  tour  de  fripon  les  luy  a  em- 
portez. 

Mais  cette  voye  n'eftant  pas  bien  courte,  je  fuis  bien  aile  que  Monfieur  van 
Beuningen  ait  entrepris  de  procurer  cette  fatiffaction  a  noftre  amy,  par  ce  qu'il 
trouuera  aifement  quelqu'un  a  Amfterdam  qui  en  ait  foin.  Je  ne  fcay  pas  s'il  en 
a  eferit  Voflius,  au  moins  il  ne  m'en  a  rien  dit. 

Vicquefort  n'eft  pas  trop  homme  de  bien  pour  me  faire  croire  que  voftre  con- 
jecture touchant  nos  livres  foit  tout  a  fait  vaine.  J'y  envoyay  encore  hier. 

Vous  elles  heureux  de  ce  que  vous  vous  trouuez  juftement  la  au  temps  que  le 
grand  ballet 5)  fera  a  veoir,  au  quel  Monfieur  Petit  dif oit  que  quand  on  devroit 
venir  de  500  lieues  loin,  on  ne  plaindroit  pas  fa  peine.  Pour  moy  j'en  ferois  10 
ou  20  fans  plus. 

Je  vous  envoyé  icy  une  lettre s)  à  Monfieur  Chapelain,  la  quelle  fi  avanture 


I  ,es  Lettres  Nos.  960  et  </>  1 . 

L'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  924,  note  1. 

(  'onsultez  la  Lettre  1\'°.  052. 
*)   Consulte/  la  Lettre  N°.  833,  noie  6. 
•s)   C'était  le  ballet  wle  Mariage  de  Hercule  et  Venus",  exécuté  le  13  janvier  1662,  ou  toute  la 

Cour  figurait. 

Nous  n'avons  trouvé  ni  cette  lettre  de  Chr.  I  [uygens  a  J.  Chapelain ,  ni  sa  m  in  me. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


vous  luy  portez  vous  mefmes,  je  vous  prie  de  luy  dire,  qu'il  y  a  longtemps  que  j'ay 
déliré  de  vous,  que  vous  allaffiez  veoir  et  faluer  de  ma  part  Monlieur  Amprou  Con- 
feiller  au  Parlement  qui  demeure  proche  de  St.  Louis  en  l'Ifle  noile  Dame.  Je 
penfe  aulîi  que  je  vous  l'avois  dicTtè  pour  mettre  fur  voilre  mémoire  an  moins  je  le 
devois  faire,  car  c'eil  a  luy  que  j'ay  autant  d'obligation  qu'a  perfonne  dans  Paris 
pour  l'accueil  qu'il  m'a  fait  et  les  entrées  aux  ballets  qu'il  m'a  procurées.  C'ell 
pour  quelque  raifon  que  je  voudrois  que  vous  diffiez  cela  a  Monfieur  Chapelain 
quand  mefme  il  ne  feroit  pas  véritable ,  et  au  relie  quand  vous  ferez  dans  la  ditte 
Ifle  pour  viliter  Monfieur  Auzout  vous  me  feriez  grand  plaifir  de  luy  aller  porter 
de  mes  nouuelles;  vous  trouverez  que  c'eil  un  homme  de  bel  efprit  et  fort  éveillé , 
avec  cela  très  obligeant.  Il  efl  feparè  il  y  a  longtemps  d'avec  fa  femme,  et  croit 
qu'il  s'eil  prédit  toutes  fes  avantures  par  allrologie. 


")  A  la  rue  de  Touraine  au  faubourg  chez  Madame  Bonadas  un  .  .  .  7) 


N*  963. 

ClIRISTIAAN    HlJYGENS    à     [R.    MoRAV  |. 

3    FÉVRIER     1662. 
La  lettre  si-  trouve  h  Londres,  Royal  Society. 

A   la  Haye  le  3  février    1662. 
Monsieur 

Il  y  a  longtemps  que  je  devois  vous  donner  avis  que  Monlieur  Harel  m'a  ap- 
porté voilre  lettre  avec  un  fécond  exemplaire  du  Chymiite  de  Monfieur  Boile, 
mais  mon  indifpolition  qui  a  commencé  avec  la  nouuelle  année  et  m'a  duré  jufqu'a 
cet  heure ,  m'a  fait  différer  et  cela  et  pluiieurs  autres  choies  necelfaires.  Par  la  ref- 
ponce  ')  que  j'ay  faite  a  voilre  longue  lettre  du  1 3  Décembre 2)  vous  aurez  fçeu  que 
j'avois  receu  le  premier  exemplaire  du  dit  Chymiite,  ce  qui  pourtant  ne  diminue 
point  l'obligation  que  je  vous  ay  de  m'avoir  envoie  l'autre.  Je  vous  rends  grâces 
auffi  de  la  copie3)  du  Syileme  de  Monfieur  Wren  le  quel  j'ay  leu  avec  plailîr, 


7)  Probablement  ces  mots  donnent  l'adresse  de  Lodewijk  Huygens. 

')  La  Lettre  N°.  940. 

-j  La  Lettre  N°.  935. 

3)  La  pièce  N°.  934. 


24  CORRESPONDANCE.     1662. 


et  je  ra'eftonnerois  pourquoy  lors  que  j'eftois  a  Londres  il  ne  me  l'a  pas  commu- 
nique auffi  bien  qu'a  cer  heure,  ii  fa  lettre  qu'il  eferit  à  Monfieur  Neilc  ,dont  on 
m'a  envoyé  la  copie  4)  de  Paris,  ne  m'avoit  fait  veoir  qu'il  avoit  deffein  de  la  fup- 
primer,  et  qu'il  ne  l'a  produit  a  cet  heure  que  pour  montrer  a  Monfieur  Frenicle 
que  la  peniee  qu'il  vient  de  débiter  touchant  le  mouuement  de  Saturne  eltoit  délia 
vieille  et  condamnée  auprès  de  luy. 

Dans  ma  pénultième  5)  je  vous  ay  raconte  plufieurs  particularitez  touchant  ma 
machine  pneumatique  et  depuis  encore  quelques  expériences  dans  celle  rt)  dont 
Monfieur  Southwell  s'eft  voulu  charger.  Or  quoy  que  pendant  ma  maladie  j'aye  elle 
contraint  de  m'abftenir  d'en  faire  d'autres ,  il  y  en  a  pourtant  une  que  j'avois  défia 
faite  auparavant,  et  que  depuis  j'ay  parfois  répétée,  fans  que  jufqu'icy  j'aye  pu  me 
fatiffaire  entièrement.  Elle  mérite  que  je  vous  la  communique  et  que  vous  et  Mon- 
fieur Boile  m'aidiez  a  en  rechercher  les  véritables  caufes.  Je  vous  ay  dit,  pour  faire 
veoir  la  Juliette  et  perfection  de  ma  pompe,  qu'en  faifant  la  19e  expérience  de  Mon- 
fieur Boile,  je  faifois  defeendre  l'eau  dans  le  tuyau  jufqu'a  un  demy  pouce  près  de 
la  fuperficie  de  l'eau  qui  couvre  le  bout  ouuert ,  même  quelqueffois  elle  eft  ve- 
nue jufqu'a  eftre  de  niveau  avecque  l'eau  d'embas  a  fçavoir  quand  je  me  fuis  fervi 
d'eau  fraifehe.  Mais  ayant  rempli  le  tuyau  d'eau  purgée  d'air,  durant  24  heures 
ou  d'avantage,  j'ay  vu  avec  eftonnement  qu'elle  n'a  point  voulu  defeendre  quoy- 
que  j'euffe  vuidè  d'air  le  récipient  le  plus  exactement  qu'il  me  fut  poffible.  Toute 
fois  s'il  s'engendre  la  moindre  petite  bulle  d'air  au  bas  du  tuyau  par  dedans,  et 
qu'elle  viene  a  monter,  elle  fait  que  toute  l'eau  écoule  viftement  du  tuyau ,  et  qu'il 
n'en  demeure  qu'environ  la  hauteur  d'un  pouce,  et  cela  encore  qu'au  haut  du 
tuyau  il  y  ait  une  allez  grofïe  boule, qui  le  vuide  auffi  bien  que  le  refte.  que  fi  après 
cela  en  tournant  le  robinet  je  donne  entrée  libre  a  l'air  de  dehors,  l'eau  retourne 
a  occuper  la  place  qu'elle  avoit  quitée,  excepté  l'elpace  de  la  grandeur  d'un  petit 
pois  ou  grain  de  chenevis,  qui  contient  de  l'air ,  lequel  air  femble  ne  pouvoir  venir 
d'ailleurs  que  hors  de  l'eau,  et  auffi  quand  on  le  laifie  ainfi  un  jour  et  une  nuict  il  dif- 
paroit  derechef  citant  rentre  dans  l'eau  ,  car  de  percer  le  verre  il  ne  feauroit.  Mais 
ce  qu'il  y  a  encore  de  merveilleux  lors  que  la  petite  bulle  d'air  monte  dans  le  tuyau 
pour  en  chaflTer  l'eau,  c'eit  qu'eftant  parvenue  a  la  hauteur  d'un  pouce  par  deiiïus 
Peau  d'embas,  elle  commence  de  là  à  s'eltendre  vers  en  haut ,  fa  partie  baffe  de- 
meurant fixe  a  la  dite  hauteur,  qui  eft  toufjours  celle  ou  l'eau  du  tuyau  s'arreitera 
après  eftre  écoulée.  J'ay  fait  premièrement  cette  expérience  avec  des  tuyaux  d'un 
pied,  après  avec  d'autres  de  deux  pieds  et  un  peu  d'avantage;  dans  lefquels  par 


)    (.a  Lettre  N°.  933.   Il  résulte  de  ees  mots  „de  Paris"  que  eette  copie  n'a  pas  été  envoyée  di- 
rectement par  Moray ,  mais  probablement  par  rentremi.se  de  Thévcnot;  consultez  la  Lettre 
N°.  052,  note  y. 
La  Lettre  N  .  940. 
rt)    Voir  In  Lettre  ,\"  .  953. 


CORRESPONDANCE.     1662.  25 


fois  je  n'ay  point  fçeu  faire  defccndre  l'eau,  quoyque  je  les  laiflafTe  dans  le  récipient 
vuidè  d'air  par  plufieurs  heures.  Tout  cela  me  donne  bien  a  penfer,  mais  je  ne 
veux  pas  encore  vous  entretenir  de  mes  conjectures  et  raifonnements  parce  que 
j'efpere  de  le  pouuoir  faire  avec  plus  de  fondement  lors  que  j'auray  pourfuivy 
encore  d'avantage  cette  mefme  expérience. 

J'ay  receu  nouuelle  de  Monfieur  Hevelius  7)  que  le  traite  de  Horroxius  luy  a 
eftè  délivré  et  qu'il  le  va  faire  imprimer,  fon  obfcrvation  de  Mercure  eftant  prclque 
achevée.  Faites  je  vous  prie  mes  baifemains  a  tous  les  Illuitres  par  de  la  et  croyez 
que  je  fuis  entièrement 

Monsieur 

Voftre  très  humble  et  trefobeiflant  feruiteur 
Chr.  Hugens  de  Zulichem. 


N=  964. 

R.    MoRAV    à    ClIRISTIAAN    HuYGENS. 
3    FÉVRIER     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Laden ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  940.      Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.  976. 

A  Whitehall  ce  24  Janvier   1662. 
Monsieur 

De  peur  que  vous  n'attribuiez  le  retardement  de  ma  refponce  a  la  voftre  du 
30.  Décembre  a  ma  négligence,  ou  autre  caufe  reprochable ,  Je  ne  la  veux  plus 
diferer,  quoy  qu'a  la  vérité  toutes  les  chofes  que  Je  faifois  eftat  de  vous  enuoyer 
par  cet  ordinaire  ne  foyent  point  encore  preftes.  Je  deuois  vous  renuoyer  mainte- 
nant les  lettres  que  Monfieur  Frenicle  vous  a  eferites  *)  mais  noftre  Amanuenfis 
a  tant  eu  d'affaires  fur  les  bras  depuis  qu'il  a  eu  ordre  de  les  copier  qu'il  ne  l'a  pas 
feeu  faire.  Mais  Je  fuis  d'aduis  que  vous  n'en  ferez  pas  fafché,  pareeque  la  femaine 
qui  vien  J'ay  intention  de  vous  les  enuoyer  la  femaine  prochaine ,  accompagnées 
de  quelques  autres  que  Frenicle  a  eferit  a  Monfieur  Digby2).  dont  Je  ne  veux  rien 


7)    Voir  la  Lettre  N°.  956. 

')    Voir  les  Lettres  N«s.  901  et  927. 
:)    Voir  la  Lettre  N°.  969. 

Œuvres.  T.  IV. 


o6  CORRESPONDANCE.     1662. 


dire  que  vous  ne  les  voyiez.  Cependant  Je  vous  enuoye  icy  une  demonftration  3), 
qui  vous  confirmera  ce  que  Je  vous  ay  défia  dit  de  l'impatience  qui  nous  agite,  en 
attendant  la  publication  des  Traitez  que  vous  nous  auez  fait  efperer.  Monfieur 
le  Mylord  Bronker  s'y  eft  engagé  quafi  fans  y  penfer ,  en  cherchant  la  Mefure 
Vniuerfelle  dont  ma  dernière  4)  a  fait  mention.  Jl  vous  en  enuoye  la  première 
Copie.  Mais  J'ay  aufli  en  charge  de  vous  communiquer  de  fa  part  ce  que  d'abord 
il  a  trouué  pour  la  Mefure  Vniverfelle ,  et  une  autre  conclufion  dont  un  pafTage  de 
voftre  précédente  a  efte  caufe.  Jl  n'a  pas  voulu  diferer  fon  experiment  touchant 
la  mefure  Vniverfelle  affez  long  temps  pour  auoir  une  balle  faite  d'argent  fin.  Mais 
on  a  fait  faire  une  du  l'Argent  au  tiltre  de  la  monnoye  d'icy ,  iugeant  que  l'experi- 
ment  n'en  feroit  guère  moins  aifé  que  comme  fil  largent  eftoit  pur.  Le  moyen  donc 
qu'il  propofe  pour  auoir  cette  mefure  Vniverfelle  eft.  De  prendre  une  Balle  d'Ar- 
gent au  tiltre  de  la  monnoye  d'Angleterre ,  (c'eft  a  dire ,  dont  une  liure  de  1 2.  On- 
ces a  11.  onces  et  deux  deniers  d'argent  fin,  et  18.  deniers  de  Cuiure)  dont  le 
Diamètre  eft  a  la  longuer  du  fil  par  lequel  il  eft  fufpendu  comme,  un  à  54  5)  a  me- 
furer  du  centre  de  la  balle,  chaque  excurfion  ou  vibration  fera  faite  dans  l'efpace 
d'une  féconde,  (félon  fon  Horologe  a  pendule)  et  cette  longueur  là  peut  eftre  le 
fondement  Vniverfel  pour  toutes  fortes  de  mefures.  On  l'a  prié  de  faire  faire  une 
Balle  d'Argent  pur,  et  d'adiufter  fa  mefure  la  deftus.  Ce  qu'il  nous  a  promis  pour 
Mercredy  prochain.  L'autre  Axiome  qu'il  a  eftably  eft  touchant  la  vélocité  de  la 
defeente  des  corps  de  différente  matière.  Vous  auez  dit  dans  voftre  lettre  précé- 
dente ")  qu'on  peut  afligner  la  grandeur  d'une  balle  de  liège  dont  la  defeente  fera 
aufli  ville  que  d'une  balle  de  plomb  donne.  Et  il  trouue  qu'il  faut  que  le  diamètre 
de  l'une  foit  à  celuy  de  l'autre  comme  leur  pefanteurs.  Mais  véritablement  nous 
fommes  bien  plaifans  luy  et  moy  tous  deux;  parce  que  ny  l'un  ny  l'autre  s'eft  fou- 
uenu  de  ce  que  vous  auiez  dit.  Car  ayant  icy  releu  voftre  lettre,  Je  trouue  que 
vous  y  dites  la  mefme  chofe  mais  en  des  mots  un  peu  différents,  il  vous  fera  donc 
permis  d'en  rire  comme  Je  viens  de  faire.  Touteffois  il  y  a  agi  en  bonne  foy  :  ne 
fe  fouuenant  point  que  vous  auiez  fi  nettement  déterminé  la  chofe. 

Je  m'en  ^ray  maintenant  voir  ce  que  J'ay  a  vous  dire  fur  les  Articles  de  voftre 
dernière. 

Je  fuis  fort  aife  que  voftre  Machine  Pneumatique  eft  acheuec.  nous  courrons 
rifque  d'eftre  derechef  faifis  de  quelques  accez  de  impatience  fi  vous  diferez  long- 
temps a  nous  communiquer  les  experiments  que  vous  y  faites.  Monfieur  Boile  eft 
aufli  après  a  en  faire  des  nouueaux  dans  fa  nouuelle  Machine  dont  il  vous  fera  part 
aufli  toft  qu'ils  feront  prefts.  il  m'a  chargé  de  vous  dire  que  fon  Cylindre  eft  placé 


Voir  l'Appendice  N°.  965. 

Conduire/,  la  Lettre  N°.  935. 

VIoray  omet  ici  la  fraction  ;  ,  1  voir  In  Lettre  N°.  968). 


La  Lettre  N  .  ! 


CORRESPONDANCE.     1662.  1J 


dans  de  l'eau,  et  qu'il  fait  merueilleufement  bien,  feulement  l'eau  barbouille 
quelquefois  le  lieu  ou  les  experiments  fe  font.  Je  me  remets  a  la  femaine  qui 
vient  pour  ce  qui  touche  les  Hypothefes  de  Monfieur  Wren  et  de  Monfieur  Fre- 
nicle7).  Mais  il  faut  cependant  que  Je  vous  auouë  n'auoir  pas  iufqu'icy  auoir  eu  le 
loifir  de  lire  ce  qu'efcrit  le  dernier.  Je  fuis  rauy  de  l'efperance  que  vous  nous  don- 
nez que  vous  obferuerez  foigneufement  les  phafes  de  fo.  ces  deux  années  fumantes. 
Nous  tafcherons  auffi  fi  vous  le  trouuez  bon ,  d'y  engager  quelques  uns  des  noftres. 
Ne  doubtant  nullement  que  vos  hypothefes  n'en  foyent  confirmées.  Voftre  opinion 
du  Chymifte  fceptique  cft  celle  mefme  de  tous  ceux  qui  en  fçauent  iuger.  Mon- 
fieur Neile  eft  fort  fatiffait  de  ce  que  vous  auez  fait  pour  la  publication  du  Traitté 8) 
de  Monfieur  Horoxe. 

Ce  que  vous  dites  de  l'excurfion  des  Vibrations  du  pendule  pour  trouuer  la  mefure 
Vniuerfelle  ell  approuué  par  Monfieur  Mylord  Brunker  qui  n'y  afiîgne  que  4.  ou 
5.  degrez  au  plus.  Nous  auons  défia  donné  en  charge  a  4.  ou  5.  perfbnnes  d'en  faire 
feparement  des  efpreuues,  pour  voir  comment  la  chofe  reùfîira.  pour  ce  qui  eft  de 
l'égalité  du  mouuement  des  boules  de  diferentes  matières  et  grandeurs  Nous  auons 
veu  que  prennant  1.  balles  de  plomb  de  différente  grandeur,  la  petite  eftant  pendu 
a  un  fil  plus  long  que  la  grande  eftant  eleuees  a  pareille  hauteur ,  tandis  que  les  ex- 
curfions  eftoyent  larges  leur  viftefîe  eftoit  egalle,  mais  fur  la  fin,  les  excurfions  deue- 
nant  petites  la  plus  longue  alloit  plus  vifte  que  l'autre.  Je  n'ay  pas  aftez  de  temps 
pour  m'eftendre  fur  cecy  mais  une  autre  fois  vous  pourrez  auoir  le  refte  fil  eft  necef- 
faire  c'eft  a  dire  fi  vous  le  defircz.  Les  Expériences  que  nous  auons  faites  de  voftre 
ligne  9)  nous  ont  reufii  a  merveilles  de  forte  que  tout  le  monde  en  eft  bien  fatiffait. 
neantmoins  quant  a  l'exaétitude  precife  du  mouuement  du  pendule  de  l'Horologe  Je 
ferois  aife  de  fçauoir  fi  vous  pouuez  obferuer  qu'il  foit  toufiours  fi  égal  que  les  chan- 
gements qui  arriuent  dans  la  conftitution  de  l'air  n'y  apportent  nul  defordre.  Je 
fuis  cependant  bien  fatiffait  des  efpreuues  que  vous  auez  faites  de  fon  exactitude, 
à  l'égard  du  Soleil.  Si  vous  auez  la  commodité  de  me  faire  tenir  une  Copie  de  la 
table  que  vous  auez  calculée  pour  la  diference  des  iours ,  Monfieur  Mylord  Brun- 
ker eft  après  a  m'en  drefTcr  une,  mais  J'attends  la  voftre  plus  toft  puifqu'elle  eft  défia 
faite,  mais  Je  ne  veux  point  pourtant  épargner  fa  peine.  Je  trouue  cette  addition 
d'un  petit  morceau  de  plomb  a  voftre  pendule  for  iolie  et  commode,  cecy  me  donne 
lieu  de  vous  dire  que  l'Horologe  que  J'ay  eu  d'Hollande  n'eft  point  encore  afTez 
bien  adiuftee.  Je  ne  fcay  fi  Je  le  doibs  attribuer  a  la  figure  de  la  pièce  de  cuiure  qui 
doibt  régler  et  egalizer  les  excurfions,  que  Je  trouve  n'eftre  point  faite  félon  vos  rei- 
gles  comme  n'eftant  point  une  portion  de  Cycloide.  Mais  nous  auons  donné  ordre 
a  un  excellent  ouurier  qui  eft  icy  pour  nous  faire  quelques  horologcs  auquels  tou- 
tes chofes  feront  curieufement  faites. 


~)    Consultez  l'Appendice  N°.  970. 

8)  Voir  l'ouvrage ,  cité  dans  la  Lettre  N°.  885 ,  note  8. 

9)  C'est-à-dire  de  la  Cycloide. 


28  CORRESPONDANCE.     1662. 


Monfieur  Mylord  Brunker  et  moy  auons  courru  toutes  les  boutiques  du  Ceme- 
tiere  St.  Paul  cherchant  cette  copie  de  voflxe  Syfteme  de  fc  que  nous  auions  tous 
deux  veùe,  mais  n'en  auons  point  eu  de  nouuelles.  Si  Je  trouue  que  quelqu'un 
vueille  entreprendre  de  le  reimprimer  Je  vous  en  aduertiray.  Monfieur  Boile  trouue 
tout  ce  que  vous  auez  fait  pour  ladiultement  de  voftre  Machine  extrêmement  bon. 
feulement  il  craint  que  le  Robinet  eftant  une  fois  ufé,  vous  ne  trouuiez  ce  cuir 
dont  il  efl:  reueftu  incommode.  Voltre  Ciment  me  femble  plus  commode  que  le 
lien  de  beaucoup.  Monfieur  Boile  a  veu  Deufingius JO)  et  en  fait  les  inclines  Eloges 
que  vous,  ce  qui  fuffit  pour  m'ofter  l'enuie  de  vous  donner  la  peine  de  me  lenuoyer. 
ayant  maintenant  expédié  tout  ce  que  J'auois  a  vous  dire  a  prefent  des  chofes  con- 
tenues dans  la  voftre  Je  vous  entretiendrais  encores  quelques  moments  fort  volon- 
tiers de  quelque  petites  chofes  que  nous  faifons  mais  a  caufe  que  quelques  perfones 
viennent  dentrer  dans  ma  chambre  qui  ont  une  affaire  de  confequenec  a  depefeher 
il  faut  les  remettre  a  une  autre  fois:  ainfi,  cette  fois  icy,  Je  finiray  auec  quelque 
regrait  de  n'auoir  pas  allez  de  temps  pour  vous  lafTer  tout  a  fait  et  puis  acheuer  fans 
apologie.  Mais  me  voilà  arraché  en  me  difant 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefaffeétionné  feruiteur 

R.    MORAY. 


N=  965. 

W.  Brouncker  à  Christiaan  Huygens. 

[janvier    1662. J 

Appendice  au  No.  964. 

La  pièce  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  Demonftration  of  the  Equality  of  Vibrations  in  a 
Cicloid-Pendulum  ")• 

Imagine  the  Curve  H  X  C  ')  to  bee  made  vp  of  an  infinité  Number  of  equall 
fides  or  flxeight  lines  (as  Hb ,  bd,  df\  &c.)  fo  inclining  that  their  perpendicular  al- 
titudes (ab,  cd,  ef,  &c.)  are  in  an  arithmetical  progreflion  frorn  an  horizontall  to  a 
vertical  pofition.  I  fay  firft  a  bullet  moving  in  fuch  a  Curve  falls  from  ail  parts  the- 
rcof  in  equall  time.  (as  from/to  M,  b  to  H,  d  to  II,  x  2)  to  H,  &c,  ail  in  the  famé 

IO)  Voir  l'ouvrage  cite  dans  la  Lettre  N°.  940,  note  13. 

Con  ultez  la  planche  ci-contre. 
Lisez:  \. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


time.)  for  it  pafféth  every  following  line  or  fide  in  the  famé  fpace  of  rime  yt  it  doth 
the  firft  from  whencc  it  fell.  (as  being  let  fall  from  X ,  in  the  famé  time  that  it  paf- 
feth  from  X  to  H 3),  in  the  famé  it  paffeth  from  h  to/,  from/to  d,  from  d  to  £,  and 
from  b  to  H.)  Beeaufe  the  firft  velocity  is  alwayes  in  proportion  to  the  diftance. 
as  Xh  being  the  fifth  fide  from  H  X,  Xj  is  to  ba  as  5  to  1,  and  eonfeqnently  the  Bul- 
lets  velocity  at  X  being  let  fall  there,  is  to  the  Bullets  velocity  at  Z>,  if  thence  let 
fall ,  as  5  to  1 .  and  the  retardation  arifing  from  the  inclination  of  the  following 
lines  or  (ides ,  is  ftill  equall  to  the  accelleration  arifing  from  the  continuance  of 
the  motion,  (as  Xh  having  five  degrees  of  velocity,  A/has  but  foure  beeaufe  Xj  is 
to  hg  as  5  to  4,  and  fo  one  degree  of  velocity  is  loft  by  the  greater  inclination  of 
the  fide  hf:  but  beeaufe  there  is  one  moment  of  time  paft  fince  the  motion  begun , 
when  the  Bullet  is  fallen  to  h  from  X ,  therefore  one  degree  of  velocity  is  acquired 
from  that  continuance  of  motion  or  fécond  impulfe;  and  therefore  one  degree 
onely  being  loft  by  the  pofition  of  the  fide ,  and  an  other  got  in  lieu  thereof  by  the 
continuance  of  the  motion;  the  velocity  remaines  ftill  the  famé  at  h  that  it  had  at 
X,  and  the  like  of  ail  the  reft.)  And  fo  in  a  Circle  the  verfed  fines  of  fmall  arches, 
equally  increafing  are  fo  very  neare  that  they  may  well  bee  faid  to  hâve  the  pro- 
portion of  fquares;  and  therefore  their  différences  as  odd  numbers,  that  is  to  en- 
creafe  equally,  or  in  an  arithmeticall  progrefilon.  And  beeaufe  the  firft  différence, 
if  the  arches  bee  infinitely  fmall ,  or  lefie  then  any  affignable  quanrity,  is  not  onely 
abfolutely ,  but  in  refpecT:  to  thofe  arches  alfo ,  lefie  then  any  affignable  quanrity  or 
infinitely  fmall ,  as  is  eafie  to  demonftrate  and  hath  been  don  already  in  my  paper 
of  recoyling.  therefore  after  an  infinité  progreffion,  as  in  the  curve  II  X  C,  and  not 
before,  thefe  différences  do  equally  increafe  vnto  an  equallity  with  the  firft  arch. 
And  indeed  this  Curve  is  no  other  then  what  refults  from  the  continuance  of  that 
feries  vnto  which  at  the  beginning  of  the  quadrant  (where  the  vibrations  are  at 
leaft  phyfically  equall)  there  is  fo  great  a  neerenefie  that  in  refpecT:  to  themfelves 
the  différence  is  lefie  then  any  affignable  quanrity. 

I  proceed  therefore  and  fay  next  that  this  Curve  is  a  Cicloid  :  For  in  the  triangle 
MDE,  MD,  &  DE,  being  equall  to  DC  and  divided  into  as  many  equall  parts 
E^,  qs,  su  &c,  as  there  are  fides  in  the  Curve  HXC  and  the  Radiaus  of  the 
Quadrant  DPF,  which  is  alfo  equall  therevnto,  divided  in  the  famé  manner:  the 
fides  of  the  triangles  Epq ,  Ers,  Etu,  &c.  are  proportionall  to  the  triangles 
Hba ,  bdc ,  dfe ,  &c. ,  and  therefore  pq.  fxq  (=  Eq.j  :  :  Ha.  ab  and  rs.  As  (==  Es~) 
:  :  bc.  cd ,  &c.  fo  of  the  reft.  And  therefore  HI  =.  ab  -f-  cd  +  ef.  I/=  H#  +  bc 
+  de  :  :  /jt,q  +  As  +  v.u.pq  +  rs  +  tu  that  is ,  the  number  being  infinit,  HI  the 
intercepted  diameter  is  to  I/the  ordinate  :  :  as  the  refpeftive  triangle  Ex#,  to  the 
refpeftive   portion  FluE.  And  therefore    AH.   HI  :  :   A   EMD.  A  Ex«.    But 


')    Lisez:  h. 


3<D  CORRESPONDANCE.     \66l. 


A  EMD.  A  Ey.u  :  :  Ed x  E//+>  E« x E«.  And  Eu  x  E«  =EDxEr  (ED.  Eu.  Et 
■H5)  as  wlll  prefcndy  appeare)  Thcrefore  EMD.  Eku  :  :  ED  x  ED.  ED  x  Et  :  : 
ED.  Et.  Therefore  AH.  HI  :  :  ED.  Er.  But  AH  =  ED.  Therefore  HI  =  Et. 
and  Eu  the  fide  of  the  refpeclive  A  is  the  mcane  proportionall  between  AH 
and  III. 

Now  becaufe  Eu  is  the  meane  proportionall  betwccn  ED  and  Et;  therefore 
Et  x  i  ED  equals  the  A  Eku.  And  becaufe  DRE  is  a  femicircle,  therefore 
Do-E  is  a  re&angle  A-  And  becaufe  DE/  is  an  angle  common  to  both  A  (DEa- 
and  *E#;)  and  the  hypothermie  of  both  are  equall  QE  =  ED)  :  therefore 
Dcr  =  tu  and  E<r  =  Eu.  therefore  ED.  E<r  =  Eu.  Et.  are  in  continuall  pro- 
portion (as  was  faid  above).  And  the  two  reftangle  As  D<rE  and  tuE  are 
equall.  but  the  A  D<rE  =  ctx{  ED  ;  therefore  the  A  tuE  —  <rr  x  \  ED. 
And  becaufe  /F  =  the  arch  <r  E  ;  therefore  tF  x  |  ED  =  the  arch  <rEx  \  ED. 
but  tF  x  ^  ED  equals  the  Secter  /EF;  therefore  the  feéter  tEF  ■=.  the  arch  j-  E  x 
§  ED.  Therefore  the  portion  EFtu  (=  the  feéter  tEF  -+-  A  tuE~)  =  the  arch 
irEx|  ED  +  c-  r  x  §  ED.  therefore  A  Eku  is  to  the  portion  EFta,  as  Et  x 
i  ED  is  to  a-E  x  |  ED  +  o-t  x  ^  ED  :  :  Et.  <r  E  +  o-  t.  But  Et  z=  HI  the 
intercepted  Diameter,  therefore  r  cr  -+-  <r  E  z=  If  the  ordinate.  But  in  a  cycloid 
Et  being  the  intercepted  Diameter,  r  <r  +  cr  E  is  the  ordinate,  therefore  this 
Curve  is  a  Cicloide. 

But  if  the  Cheekes  of  a  Pendulum  bee  a  Cicloid  of  the  altitude  of  half  the  Pen- 
dulum ,  the  Bullet  vibrâtes  or  is  carried  in  a  Cicloid. 

For  Xh  being  infinitly  fmall  that  is  but  a  point,  X/z  continued  that  is  XM  is  the 
tangent  to  that  point,  that  is  to  ye  point  X  (and  becaufe  XV  is  to  XM  as  Xj  is  to 
X/z;  and  X;  is  to  X/z  as  the  fide  of  the  rcfpeétive  A  is  to  the  Diameter;  and  the  fide 
of  the  refpeftive  A  is  to  the  Diameter  as  the  intercepted  diameter  is  to  the  fide 
of  the  refpeétive  A  ->  that  is  as  XV  to  the  meane  proportionall  between  the  diame- 
ter &  it,  therefore  XM  is  the  meane  proportionall  betweene  the  diameter  and  it. 
that  is  XM  is  the  mcane  proportionall  between  AH  or  &  V  and  XV).  And  becaufe 
the  aggragate  of  ail  the  termes  ab,  cd,  ef\  &e.  vfque  ad/X  equals  XV  therefore  fo 
many  times  Xj  =  twice  XV,  and  therefore  as  raany  times  X/z  (that  is  the  Curve 
MX)  =  twice  XM.  (and  therefore  if  the  diameter  bec  divided  according  to  the 
odd  numbers  i.  3.  5.  7.  &c.  and  ordinats  drawne  through  thofe  points,  the  Cicloid 
I IXC  is  divided  by  thefe  ordinates  into  equall  parts,)  therefore  LM  being  a  tan- 
gent to  yc  curve  at  yc  point  L ,  MN  =  LM.  therefore  the  point  N  is  in  the  femi- 
circle MNF  =  MLB  and  becaufe  che  angle  HMN  is  equall  to  the  angle  VM\ 
which  is  the  Complément  of  the  angle  LBC;  and  I IM  =  AB  the  Complément  of 


Lisez:  EDxED. 

Cela  signifie  que  ED,  Eu,  Ei  sont  on  proportion  continuelle. 


CORRESPONDANCE.    \66l.  31 


BC  =  MD.  therefore  MN  cuts  ye  femicircle  at  the  interfeétion  thereof  with  the 
Cicloid.  therefore  N  is  in  ye  Cicloid  HNE.  therefore  ail  ye  vibrations  of  a  Cicloid 
Pendulum  fo  proportiond  as  before  are  of  equall  time.  Quod  &c. 


»)  fy  7Febr.  1662. 

Demonftratio  Domini  Brouncker  a  Domino  Moray  mifTa  Londino,  qua 
noftrum  inventum  aequabilis  motus  in  Cycloide  probare  conatus  eft ,  fed  nihil 
efFecit.  Vitiofa  enim  eft  omnis  haec  argumentatio  qua  aequalia  tempora  de- 
fcenfus  in  expolita  linea  ollendere  nititur ,  ipfa  vero  linea  quin  Cyclois  fit  non 
dubito,  etfi  et  in  hoc  demonftrando  aliquid  peccatum  fit.  [Chr.  Huygens.J 


N=  966. 

N.  Heinsius  à  Christiaan  Huygens. 
4  février   1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.  988. 

Nicolaus  Heinsius  Christiano  Hugenio  Viro  Nobiliffimo 

S.  P.  D. 

De  Phaenomenis  ne  fruftrari  viderer  expeftationem  tuam,  Vir  Nobilifîlme,  unius 
apographum  ')  hic  mitto.  Alterum  quoque  non  multum  diffimile,  quod  imprimis 
defiderare  te  teftatus  es,  mittendum  fore  certus  efto,  fimulatque  ex  lenta  picloris2) 
manu  poterit  avelli.  Tertium  pencs  me  fervatur,  quod  anno  huius  faeculi  vicefimo 
oftavo  hic  terrarum  apparuit ,  clafîem  navalem  referens ,  et  formam  virilem  dia- 
dema  regium  in  vertice  exhibentem.  Illud  quoque  quominus  ad  te  perveniat,  nil 
arbitrer  impedire ,  fi  iufieris.  De  quarto  cruces  nonnullas  oftendente ,  quod  Pragae 
fit  fpecfatum ,  piftor  ipfe  mecum  egit,  atquc  id  pênes  te  exflare  aïïeveravit  3). 
Percunftabor  et  alios  harum  rerum  curiofos,  fi  illi  quoque  forfan  ftudijs  tuis  pro- 
defîe  pofilnt. 

A  Capellano  reiponfum  4)  necdum  habui ,  ad  illam  epillolam ,  tuae  fidei  com- 


')   Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  planche  dans  nos  collections. 

2)  Ce  dessinateur  est  Ilendrik  de  Moucheron.  Consultez  la  Lettre  du  29  nars  1662. 

3)  Nous  n'en  avons  trouvé  aucune  trace  dans  la  correspondance. 

4)  Cette  lettre  de  Chapelain  est  datée  du  17  janvier  1662.  Consultez  les  „Lettres  de  Jean  Cha- 
pelain publiées  par  Ph.  Tamizey  de  Larroque.  Paris  1883",  Tome  II ,  p.  191. 


32  CORRESPONDANCE.     l66l2. 


mifïam  s) ,  qua  mittebam  epigraramatia  nativitati  Delphini  Gallici 6)  a  me  dedi- 
cata;  recle  tamen  curatam  fuiiïè  auguror.  Nuper  epillolas  nonnullas  ad  alios  ami- 
cos  cxaratas  cibi  curandas  commifi,  quod  literas  ad  rem  publicam  non  pertinentes 
ncgligentius  a  Bifdommero  haberi  fini  expertus.  quare  ad  te  confugiendum  mihi 
fuit  :  quod  et  ipfum  iterata  denuo  moleftia  nunc  fit  :  fed  mis  viciflîm  commodis  me 
invigilaturum  promitto.  Vale. 

Exarabam  Holmiae  Suecorum.  Anno  cïdidclxii.  a.  d.  iv  Februarii  Gregoriani. 

Nobiliffimo  fratri  tuo  falutem  plurimam  meis  a  te  verbis  dici  cupio.  Indigna- 
tus  fum  terfifiimae  eius  elegiae7),  quam  Nafoni  meo  dédit,  naevos  nonnullos  opera- 
rum  typographicarum  fupinitate  irrepfifîe. 


N°=  967. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

8    FÉVRIER     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leideit,  coll.  Huygens. 

le  8  févr.   1662. 

J'ay  envoyé  hier  vos  petits  verres  avec  le  livre  ')  de  Caron  pour  Monfieur 
Thevenot,  cnfemble  avec  le  petit  tonneau  à  Mademoifelle  van  der  Elft,  avec 
l'adrcfTc  de  voftre  logis  et  recommendation  bien  expreïïe  de  ne  laifTer  point  efchap- 
per  d'occafinn  pour  le  mettre  en  voye.  Si  elle  reuifïït  bien  nous  pourrons  nous  en 
fervir  encore  cy  après,  et  pour  quoy  chercher  d'autre  moyen  pour  faire  parler  Tho- 
rologe  de  Monfieur  Chaifc.  Il  n'y  a  que  cette  importunitè  des  douanes  qui  me  donne 
quelque  fcrupule. 


5)   Consultez  la  Lettre  N°.  959. 

!>ouis  de  Tous  Saints,  le  dauphin,  naquit  le  1  novembre  1661  et  mourut  le  1 4 avril  171 1. 

Il  était  fils  de  Louis  XIV  et  de  Maria  Theresia  d'Autriche.  Il  épousa  Maria  Anna  de  Bavière. 
7)   Dans  les  préliminaires  du  Tome  I  des  „P.  Ovidii  Nafonis  Opéra",  édition  de  1 65 8 — 1661 

(voir  la  Lettre  N°.  596",  note  9^  N.  lleinsius  avait  publié  un  poème  latin  de  Constantyn 

Huygens,  frère. 


')   Consultez  'a  Lettre  N°.  924,  note  1. 


CORRESPONDANCE.     1662.  33 


Quand  j'eftois  a  Paris,  Monfieur  de  Bautru  2)  me  parla  aufli  par  fois  de  choie 
femblable  a  ce  que  vous  l'avez  ouy  dire  a  mon  Père.  S'il  eftoit  a  la  cour,  je  ne 
fcay  comment  il  s'en  fouuiendroit,  du  moins  fcay  je  bien  qu'il  oublia  de  me  donner 
a  difner,  en  la  compagnie  de  plufieurs  perfonnes  illuftres,  quoy  qu'il  me  l'eiiil 
promis  a  toutes  les  fois  que  je  le  voyois. 

Pafcal  3)  n'attend  qu'après  la  boete  de  l'horologe  fufdit. 

J'ay  envoyé  la  lettre  a  Monfieur  de  Sgravemoer  4)  de  qui  il  y  a  la  refponfe  dans 
ce  pacquet,  par  la  quelle  Monfieur  Chaife  fçaura  s'il  accepte  fon  ordre  ou  non. 

Voicy  une  lettre  5)  a  Monfieur  de  Carcavy,  qui  demeure  en  l'hoftel  de  Lian- 
court.  Je  fuppofe  que  vous  envoyez  afTez  fouucnt  quelque  laquais  chez  Meflîeurs 
nos  AmbafTadeurs,  qui  ne  demeurent  pas  loin  de  là.  autrement  il  y  a  des  mefîagers 
que  pour  3  ou  4  fous  on  envoie  par  la  ville  la  ou  l'on  veut.  Ou  fi  vous  aviez  vous 
mefme  a  faire  au  Faubourg  vous  me  feriez  plaifir  en  la  rendant  vous  mefmc.  touf- 
jours  s'il  vient  vous  veoir  dites  luy  qu'il  y  a  long  temps  que  je  vous  ay  prie  de 
l'aller  faluer  de  ma  part.  C'ell  un  fort  honnelr.  homme,  et  qui  le  premier  me  fit 
avoir  connoiflance  au  Duc  de  Roancs.  Il  eil  aulfi  le  principal  correfpondant  de 
Monfieur  de  Fermât,  tellement  que  fi  vous  n'obtenez  pas  bientoft  de  Monfieur 
Petit  la  copie  de  la  lettre  qu'il  me  promet,  j'en  folliciteray  cet  autre. 

Les  dernières  nouuelles  que  j'ay  apprifes  touchant  Catrine  Smith  6)  c'eftoyent 
celles  que  Verbeeck  7)  m'apporta  a  feavoir  que  du  mariage  qui  avoit  fait  beau- 
coup de  bruit  et  donne  l'alarme  icy  aux  parents  de  Lely  8) ,  il  n'en  efiroit  rien.  Le 
voila  donc  hors  de  danger  d'eftre  fait  cocu  par  Monfieur  Chaife,  que  vous  ne 
devez  pas  croire  eftre  pour  rien  fi  curieux  des  nouuelles  de  cette  belle.  Agnofco 
veteris  veltigia  flammac. 

Nous  avons  efiè  fort  édifiez  de  veoir  combien  mon  Père  efi:  traite  honorablement 


-)  Guillaume  Bautru ,  comte  de  Serrant,  naquit  en  1588  à  Angers  et  mourut  à  Paris  en  1665.  Il 
accompagna  souvent  des  ambassadeurs  comme  interprête,  excellait  aux  épigrammes  et  fut 
un  des  premiers  membres  de  l'Académie  Française. 

3)  Paschal  était  horloger  à  la  Haye. 

4)  Adam  van  derDuyn,  seigneur  de  's  Gravemoer,  naquit  en  1639  et  mourut  le  18  décem- 
bre 1693.  11  était  le  fils  de  Nicolaas  van  der  Duyn,  seigneur  de  Rijswijk,  et  de  sa  seconde 
épouse  Beatrix  van  der  Bouchorst.  Il  épousa  Geertruid  Pieterson  et  fut  successivement  Lieu- 
tenant-Général ,  commandant  de  Geertruidenberg,  gouverneur  de  Bergen-op-Zoom,  „Hoog- 
heemraad"  de  Dellland. 

5)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  dans  nos  collections. 

6)  Catharina  Smitz,  fille  du  peintre  Caspar  Smitz,  dit  IVlagdalena  Smitz  (parce  qu'il  peignait 
souvent  des  Madeleines)  était  partie  avec  son  père  pour  l'Angleterre.  Celui-ci  s'établit  à 
Dublin,  où  il  mourut  en  1689. 

r)  Gerardus  Verbeeck ,  né  à  la  Haye,  était  graveur  et  devint  plus  tard  ingénieur  de  l'armée  des 
Pays-Bas. 

::)  Pieter  van  der  Faes,  dit  Lely,  fils  du  capitaine  Johannes  van  der  Faes  et  d'Abiguel  van  Vliet, 
naquit  à  Soest  en  1618  et  mourut  à  Londres  en  1680.  Il  demeura  quelque  temps  à  la  Haye 
et  passa  plus  tard  en  Angleterre;  Charles  II  le  nomma  son  chambellan  et  chevalier. 

Œuvres.  T.  IV.  c 


CORRESPONDANCE.     1662. 


dans  cette  cour  la.  Il  n'aura  pas  de  petites  chofes  à  raconter  à  fon  retour.  Ce 
ballet  que  vous  avez  vu  au  Louvre  doit  avoir  eftè  une  chofe  pompeufe  et  fplen- 
didc ,  et  l'autre  y)  des  machines  encore  plus.  Cependant  nous  autres  voyons  re- 
prefenter  nimium  patienter  la  Dido  IO)  de  van-der  Does  IX)  et  des  femblables  fot- 
tifes.  S'il  y  a  moyen  envoyez  moy  les  vers  de  la  Medée I2)  que  Monfieur  Corneille 
vous  a  promis  de  faire  veoir,  car  je  ne  doute  pas  qu'ils  ne  foient  défia  imprimez, 
et  je  me  fouuiens  qu'ils  eftoient  très  beaux. 

Vous  ferez  bien  de  vifiter  l'académie  de  Monfieur  de  Montmor,  de  qui  je  n'en- 
tends non  plus  parler  que  s'il  eftoit  mort.  Adieu. 


N°-  968. 

R.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 
9  février  1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Clir.  Huygens  y  répondit  par  le  No.  983. 

A  Whitehall  ce  30.  Janvier  1662. 

Monsieur 

Voycy,  félon  ce  que  Je  vous  ay  promis  dans  ma  dernière  '),  les  lettres  que  vous 
m'auez  enuoyees 2),  auec  copie  de  celles3)  que  nous  auons  eues  de  la  mefme  main. 
Dans  cellccy  il  femble  que  Monfieur  Wren  y  foit  afTez  interefTc  pour  y  faire  quel- 
que refponcc  :  Mais  il  n'en  a  point  d'enuie;  difant  que  tout  ce  qu'il  yak  dire,  eft 
que  Monfieur  Frenicle  s'eft  imaginé,  qu'il  a  des  opinions  qu'il  n'a  point.  Vous 
iugerez  ce  qui  en  cil:  en  lifant  ce  qu'il  dit.  Monfieur  Wallice  n'a  point  encor  veu 
ce  qui  le  touche:  mais  il  le  verra  dans  peu  de  iours ,  et  vous  fçaurez  la  refponce 
qu'il   y  fera.   Dans  ma  dernière,  J'oubliay  d'adioufter  au  nombre  de  54.  une 


9)  Voir  la  Lettre  N°.  962 ,  note  5. 

10)  Tragédie  ofte  onregelmatige  liefde  van  de  Koninginne  Dido  [Door  J.  van  der   Does]. 
Amst.  \66i. 

1  ')  Jacob  van  der  Does.  Voir  la  Lettre  N°.  807,  note  1 3. 
,25  Médée,  Tragédie  [Par  P.  Corneille].  Paris.  1636. 

(  onsultiv.  la  Lettre  N°.  964. 

Voir  la  Lettre  N°.  940. 

Voir  Ils  Appendices  Nos.  969  et  970. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  35 


fraclion  , de  |,  en  parlant  de  la  mefure  Vniuerfelle.  Mais  depuis,  Monfieur  le  My- 
lord  Brunker  a  fait  faire  des  balles  d'argent  pur  et  a  rendu  fa  reigle  bien  plus  fa- 
cile ,  pour  la  trouuer.  C'eft  qu'il  faut  faire  une  pendule  d'un  fil  de  foye  bien  déliée, 
&  une  balle  d'argent  pur ,  dont  le  diamètre  eftant  la  5ome  partie  de  la  longueur  du 
fil,  chaque  vibration  fe  puifle  faire  en  une  féconde ,  les  excurfions  n'excedans  point 
5.  degrcz  de  chaque  cofté.  alors  la  longueur  du  fil,  depuis  le  centre  de  la  balle,  en 
haut,  fera  la  mefure  uniuerfelle  defiree,  qui  fc  peut  faire  partout,  et  pourra  feruir 
de  fondement  pour  toutes  les  autres  mefures  dont  on  a  befoin.  Or  pour  faire  cette 
mefure  on  peut  prendre  une  balle  d'un  diamètre  moindre  que  le  poulce  d'un 
homme  ordinaire ,  et  l'ayant  attachée  a  un  fil  de  foye  de  la  longueur  requife  pour 
des  fécondes,  fi  elle  n'eft  pas  50.  fois  plus  grande  que  le  diamètre  de  la  balle,  il  en 
faut  prendre  une  autre  de  diamètre  plus  petite  ou  plus  grande  iufqu'a  ce  qu'on  ait 
rencontre  la  proportion  propofee.  Faites  en  une  Je  vous  prie  de  cette  façon ,  et 
enuoyez  nous  en  la  longueur  en  poulces  de  Rhynland,  a  finque  nous  la  puiflions 
comparer  auec  celles  que  4.  ou  5.  de  noitre4)  fe  font  chargez  de  faire.  Je  crois  vous 
auoir  dit  dans  ma  précédente  que  des  balles  de  plomb  de  différente  grandeur  ne 
font  pas  des  vibrations  egalles  en  temps ,  quelques  petites  qu'en  foyent  les  excur- 
fions, félon  ce  que  nous  auons  expérimenté,  quoy  qu'il  femble  que  vous  n'y  ayiez 
point  trouué  de  différence  ny  en  différentes  matières,  ny  en  différentes  grandeurs. 
Je  prétends  vous  enuoyer  dans  ce  pacquet  une  autre  iolye  chofe 5)  qui  vient  auffi  de 
Mylord  Brunker ,  fi  le  Copifte  me  tient  parole ,  dont  Je  crois ,  vous  ne  ferez  pas 
mal  fatiffait.  C'efl  une  demonftration  pour  prouuer,  qu'un  Cannon  commence  a 
reculer  deuant  que  la  balle  en  foit  fortic.  Vous  y  trouuerez  des  experiments  qui 
vous  furprendront  d'abord,  fi  Je  ne  me  trompe.  Ce  fera  la  première  Copie  qui  en 
a  eflé  donnée.  En  voylà  affez  pour  cette  fois  cy.  Mais  il  y  a  apparence  que  la  ref- 
ponce  que  vous  ferez  a  ma  dernière  me  donnera  fuiet  de  vous  entretenir  plus  long 
temps.  Vous  fçauez  que  Je  fuis  de  tout  mon  coeur 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  treiaffeétionne  feruiteur 

R.  Moray. 

pendant  que  J'achève  deferire  voyez  Mylord  Brunker  qui  entre,  et  m'apporte 
une  demonflration  de  la  proportion  qu'il  faut  aux  Corps  de  diferentes  matières 
pour  rendre  la  vélocité  de  leur  defeente  egalle.  Je  vous  ay  bien  dit  dans  ma  prece- 


4)  En  commençant  une  autre  page  de  sa  lettre,  Moray  omit  le  mot:  Société. 

5)  C'est  la  pièce  N°.  889,  que  nous  avions  considérée  erronément  comme  un  Appendice  à  la 
Lettre  N°.  888. 


36  CORRESPONDANCE.    \66l. 

dente6)  que  vous  ririez  de  ce  que  luy  et  moy  auions  tous  deux  oublié,  ce  que  vous 
m'en  auiez  mandé  (ce  que  je  ne  reconnus,  qu'après  auoir  releu  voftre  lettre)  ") 
Mais,  a  cette  heure  fi  vous  faites  comme  luy  et  moy  auons  fait,  vous  rirez  bien 
deray  heure  durant.  Il  fe  trouue  que  J'auois  oublié  les  termes  de  fa  propofition 
aufTi,  me  fouuenant  feulement  qu'au  fonds,  elle  s'accordoit  aucc  la  voftre  :  mais 
par  ce  papier  8)  qu'il  vous  enuoye,  auec  fes  baifemains,  vous  verrez  qu'il  y  a  de  la 
différence  entre  les  deux  propofitions ,  (ceft  a  dire  la  tienne  et  la  voftre)  non  pas 
feulement  en  ce  qui  regarde  les  termes ,  mais  auffi  en  ce  que  la  tienne  eft  plus  vni- 
uerfelle  que  la  voftre.  la  tienne  eftant.  Que  pour  faire  que  deux  Corps  de  diferente 
matière  tombent  en  me  fine  temps  de  pareille  hauteur,  il  faut  que  la  fuperficie 
de  Tune  [oit  a  la  fuperficie  de  P 'autre ,  comme  leur  pe fauteur  a&uelle  "),  au  lieu  que 
la  voftre  parle  de  la  proportion  des  Diamètres,  &  de  la  perfanteur  y)  fpecifique.  la 
voftre  eftant  vraye  feulement  des  Corps  folides;  et  la  tienne  comprenant  autfi  ceux 
dont  le  dedans  eft  vuide  (fi  cela  fe  peut  dire)  ou  plein  de  quelque  autre  matière. 
.Maintenant  je  crois  que  l'Apoftille  vous  agréera  autant  que  tout  le  refte.   A  Dieu. 

jl  me  fouuient  n'auoir  pas  eu  le  loifir  de  relire  ma  dernière  après  l' auoir  eferitte, 
ce  qui  fera  caufe  fans  doubte  que  le  fens  y  fera  bien  fouuent  embrouillé,  puis  qu'il 
m'eft  bien  ordinaire  d'oublier  des  paroles  qu'il  faudroit  eferire. 

A  Monfieur  Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 

A  la  Haye. 


")  Je  ne  pouuois  pas  ignorer  cela  puis  que  c'eft  le  principe  qu'il  faut  pofer  pour 
trouver  ma  règle ,  et  il  n'y  en  a  point  d'autre.  Cela  eft  fort  plaifant  que  Milord 
Ikouncker  produit  comme  un  Théorème  ce  qui  eft  fa  première  hypothefe.  [Chr. 
Huygens.] 


'   Voir  la  Lettre  N°.  964. 
"  Voir  la  Lettre  N°.  887. 

8)   Voir  l'Appendice  N°.  973. 

Lisez:  pefanteur. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


N=  969. 

B.  de  Frenicle  de  Bessy  à  [K.  Digby]  "). 

20    DÉCEMBRE     I 66 I . 

Appendice  I  au  No.  968. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  a  été  publiée  par  Ch.  Henry  dans  le  Bull,  di  Bibliogr.  T.  i 2. 

Paris  20  Décembre   1661. 

Monsieur 

La  principale  incommodité  que  m'ayt  apporté  mon  indifpofition  a  elle  celle  de 
n'avoir  pu  avoir  l'honneur  de  vous  rendre  mes  devoirs  ;  Je  vous  euïïe  pu  faire  en- 
tendre de  bouche  ce  qui  me  peut  iuftifier  de  ce  qu'on  m'impofe  fans  me  nommer , 
&  que  ce  n'a  point  elle  le  defïein  de  me  faire  de  fefle ,  ainfi  qu'on  prétend ,  que  ie 
vous  ay  envoyé  *)  vn  nouveau  fifteme,  ou  plus  toft  celuy  de  Monfieur  Huguenes 
augmenté  de  quelque  particularité  pour  rendre  raifon  des  apparences  bigeares  de 
Saturne;  ceux  que  i'ay  l'honneur  de  fréquenter  fçavent  aiïez  que  ce  n'eft  pas  cela, 
qui  me  pouffe;  &  i'eftime  que  vous  elles  vn  de  ceux  qui  en  pourroient  rendre  té- 
moignage ;  auflî  n'eft  ce  pas  pour  me  iuftifier  que  ie  vous  efcris  ;  mais  feulement 
afin  que  vous  fçachiez  ce  qui  m'a  induit ,  non  pas  a  faire  vn  nouveau  fifteme,  ni  a 
rejetter  celuy  de  Monfieur  Huguenes  pour  en  fubftituer  vn  autre  a  la  place,  mais 
bien  a  y  adjoufter  ce  que  i'ay  creu  neceflaire  en  fuite  de  ce  qu'on  a  defcouvert  de 
nouveau  par  les  obfervations  qu'on  a  faites  depuis  qu'il  la  donné.  On  m'acufe  pre- 
mièrement de  négliger  ce  qui  a  efté  déterminé ,  lavoir  le  fifteme  de  Monfieur  Hu- 
guenes ,  &  vous  pouvez  voir  que  ie  le  prens  pour  fondement ,  puis  que  ie  fuppofe 
comme  luy  que  l'anneau  qu'il  met  au  tour  de  Saturne  eft  la  caufe  de  fes  diverfes  ap- 
parences ;  de  plus  ie  le  fais  circulaire ,  &  de  la  mefme  grandeur ,  ainfi  qu'on  l'a  auflî 
obfervé  a  peu  près  a  Florence;  mais  parce  que  le  lailTant  de  cette  quantité,  i'ay  re- 
marqué que  le  feul  parallaxe  caufé  par  l'inclination  de  l'anneau  de  Saturne  a 
l'Ecliptique  23°!  ne  le  pourroit  pas  faire  paroiftre  avec  la  figure  qu'on  a  obfervée 
a  Florence  l'année  précédente  1660  aux  mois  d'Aouft  &  de  Septembre,  &  encore 
moins  en  la  forme  que  Monfieur  Huguenes  l'a  veu  cette  année  cy  :  puifque  des  la 
précédente  l'enceinte  extérieure  de  l'anneau  paroiflbit  advancée  iufques  fur  le  bord 
de  Saturne,  d'où  s'enfuit  qu'en  celle  cy  elle  doit  pafïèr  au  delà,  comme  aufi'y  on  la 
veu;  mais  parce  que  l'anneau  ne  pafie  pas  encore  de  toute  fa  largeur,  (a  lumière 
paroiil  iointe  au  corps  de  Saturne;  ce  qui  empefche  de  diftinguer  manifeftement, 
s'il  advance  au  de  la.  ou  non  :  &  a  caufe  que  l'année  paflee  il  le  rafoit ,  i'ay  eu  lieu 
de  iuger  qu'il  le  pafibit  celle  cy;  puis  qu'il  advance  encor  &  qu'il  ne  fera  en  fa  plus 

')    Voir  l«i  Lettre  N°.  894. 


^8  CORRESPONDANCE.    \66l. 


grande  largeur  que  dans  deux  ans  ou  environ  :  &  cela  m'a  confirmé  dans  la  pen- 
fée  que  i'eus  l'année  pafTée  après  avoir  veu  les  obfervations  de  Florence  ;  (bavoir 
que  l'anneau  de  Saturne  pouroit  bien  avoir  vn  mouvement  du  Nort  au  Sud;  &  ce 
n'eft  pas  vne  chofe  invfitée  parmy  les  Agronomes  d'adjouter  quelque  chofe  aux 
hvpothefcs  dans  la  fuite  des  temps  a  mefurc  que  les  obfervations  leur  donnent  de 
nouvelles  cognoiffances  ;  au  contraire  elles  ne  fe  font  que  pour  cela,  fçavoir  pour 
les  perfectioner ,  &  c'eft  par  la  que  l'aftronomie  parvient  au  point  ou  elle  eft  a 
prefent:  on  pourrait  donc  dire  que  Ptolomée  aurait  eu  grand  tort,  de  donner  vn 
mouvement  aux  fixes,  &  qu'il  s'ert  apliqué  inutilement  (comme  on  me  reproche 
d'avoir  fait)  a  changer  ce  qu'  Hipparque  en  avoit  etably  devant  luy;  &  Albategne 
a  reformer  l'obliquité  du  Zodiaque  que  ces  deux  Agronomes  avoient  trouvé;  or 
i'ay  eu  pareil  droit  ce  me  femble  de  reformer  quelque  chofe  dans  l'hypothefe  de 
Monfieur  Huguenes;  veu  mefme  que  n'ayant  obfervé  Saturne  que  pendant  vne 
année,  quand  par  la  fubtilité  de  fon  Efprit  il  a  pénétré  dans  la  vraye  caufe  de  fes 
diverfcs  apparences;  il  ne  l'a  pas  peu  mettre  d'abord  dans  fa  dernière  perfection, 
n'ayant  pas  eu  allez  dobfervations,  &  qui  fuïïent  au  (fi  certaines  que  celles  qu'on 
fait  a  prefent.  &  il  advouë  luy  mefme  que  la  mefure  qu'il  a  donnée  a  l'anneau,  faifant 
que  fon  diamètre  foit  a  ccluy  de  Saturne  comme  9.  a  4.  ne  peut  pas  fubfifter,  &  qu'il 
eft  obligé  de  la  changer ,  &  de  la  faire  triple  ou  de  17.  a  6.  or  il  ne  dit  pas  qu'il  ait 
obfervé  Saturne  de  cette  grandeur;  &  ainfy  ce  n'eft  que  par  conjecture,  &  pour 
établir  la  variété  des  phafes  de  cet  Aftre  fur  ce  feul  parallaxe,  qu'il  a  efté  induit  a 
ce  changement,  &  puis  qu'il  a  cité  necciTaire  d'y  changer  quelque  chofe,  pourquoy 
cela  ne  me  fera-il  pas  permis?  Enfin  ie  ne  penfe  pas  avoir  beaucoup  failly  de  vous 
avoir  fait  part  de  ce  qui  m'eft  venu  en  l'efprit  &  qui  ne  m'a  point  fait  perdre  de 
temps  pour  le  trouver,  comme  il  femble  qu'on  regrette,  n'en  ayant  employé  a  cela 
qu'autant  qu'il  en  a  falu  pour  Fefcrire;  &  puis  ie  n'afleure  pas  que  f}  doive  pa- 
roiftre  ainfy  que  ie  le  deferis :  mais  feulement  qu'on  le  doit  voir  de  cette  forte,  fup- 
pofé  le  diamètre  qu'on  obfervé  a  l'anneau;  &  que  s'il  ne  paroift  ainfy,  lanneau 
doit  eftrc  de  figure  Elliptique,  mon  principal  deflein  n'a  efté  que  de  mouvoir  Mef- 
fieurs  de  voftrc  Nation,  &  Monfieur  Huguenes  aufiy,  auquel  i'avois  eferit2)  peu  de 
iours  auparavant  fur  ce  mefme  fujet,  d'obfervcr  fj ,  pour  cognoiftre  fi  ma  penféc 
etoit  vraye  ou  non  ;  &  i'avois  eu  bien  plus  de  fatiffaclion  de  recevoir  quelque  chofe 
de  leurs  obfervations  de  cette  année,  pluftoll  que  des  cenfures,  inutiles  en  chofes 
qui  ne  regarde  point  le  fujet  dont  il  s'agit,  &  qu'vn  nouveau  fifteme  qui  ne  s'ac- 
corde pas  avec  les  apparences  ny  avec  les  voyes  de  la  nature  que  nous  aprouvons 
&  qui  par  confequent  eft  plus  capable  de  nous  abufer  &  nous  faire  reculer  dans  les 
cognoiffances,  que  nous  donnent  les  obfervations,  que  de  nous  aporter  de  nouvel- 
les lumières;  ce  que  vous  verrez  déduit  dans  l'efcrit  Latin  que  ie  vous  envoyé  3), 


:)   Voir  la  Lettre  N°. 901. 
3)    Voir  l'Appendice  N°.  970. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  39 


qui  montre  évidemment  que  cette  hypothefe  Elliptique  ne  pourra  iamais  faire  voir 
Saturne,  comme  il  y  eft  defcrit  en  la  5'«e  figure  en  la  quelle  il  eft  nommé  plein;  &  ie 
m'aflèure  que  cette  5111e  figure  n'a  efté  mife  qu'en  fuitte  de  l'obfervation  que  Mon- 
fîeur  Huguenes  a  fait  cette  année;  J'advouë  que  ie  me  ferois  bien  pafié  de  vous 
envoyer  ce  fifteme  fi  i'avois  efté  afleuré  d'en  apprendre  la  vérité  par  les  obferva- 
tions  qui  fc  feront  dans  vn  an  ou  deux  mais  de  peur  qu'on  ne  laiftaft  pafler  les 
années  prochaines  fans  en  faire ,  i'ay  creu  qu'il  eftoit  a  propos  de  vous  le  commu- 
niquer. 

Je  vous  envoyé  auffi  ma  refponfe  4)  a  la  Solution  de  Monfieur  Wallis  s),  qui  eft 
au  bas  de  fon  efcrit;  ou  vous  verrez  qu'il  n'eft  pas  impofïible,  ainfi  qu'il  foupfonne, 
que  le  nombre  qu'il  donne  puifTe  eftre  égal  a  vn  quarré;  puis  qu'il  y  en  a  vne  in- 
finité de  teles,  encore  qu'ils  ne  fatiffafïènt  pas  a  la  queftion;  Je  vous  l'aurais  don- 
née des  voftre  retour  de  Fontainebleau  fi  i'eufle  eu  aftez  de  bonheur  de  vous  ren- 
contrer en  cette  ville;  l'indifpofition  qui  m'eft  furvernue  incontinent  après,  &  celle 
de  Monfieur  Holden  rt)  en  fuite  m'ont  empefché  de  vous  envoyer  pluftoft  ces  ef- 
crits.  Je  vous  prie  de  vous  fouvenir  de  vous  informer  de  la  qualité  des  marées 
aux  environ  de  l'Ifle  de  la  Bermude,  qui  eft  au  milieu  de  l'Océan  d'entre  l'Europe 
&  l'Amérique,  &  aux  coftes  aufîy  de  Virginie,  ou  vous  avez  vne  habitation  favoir 
quel  eft  le  cours  de  la  marée  autour  de  cette  Ifle;  combien  la  Mer  monte  aux  plus 
grandes  marées ,  &  a  quelle  heure  elle  eft  haute  en  pleine  &  nouvelle  lune,  &  aufîy 
qu'elle  eft  la  variation  de  l'aymant  a  l'Ifle  de  la  Bermude,  &  fi  elle  décline  duNort 
a  l'Eft ,  ou  fi  c'eft  vers  Oueft.  Vous  m'obligerez  beaucoup  de  m'en  faire  partici- 
pant quand  vous  l'aurez  apris ,  &  a  demeurer. 

Monsieur 

Voftre  très  humble  &  très  obeiflant  Serviteur 
Frenicle. 

J'aurais  bien  peu  renvoyer  avec  advantage  l'efteuf  a  celuy  qui  me  le  iette, 
&  faire  voir  comme  il  m'impute  les  choies  en  quoy  il  manque  &  m'en  reprend; 
mais  i'ay  creu  que  ie  me  devois  contenter  de  vous  faire  cognoiftre,  ce  qui  m'a 
induit  a  adjoufter  au  fifteme  de  Monfieur  Huguenes. 


")  Lettre  de  Monfieur  de  Frenicle  à  Monfieur  Digby  [R.  Moray]. 


4)  Voir  l'Appendice  N°.  972. 

5)  Voir  l'Appendice  N°.  971.    ■ 

6")  Wiliam  Holden  naquit  en  1 61 5  au  Nottinghamshire  et  mourut  le  24Janvier  1697  à  Londres. 
En  1642  il  devint  recteur  de  Blackingdon  (Oxfordshire)  puis  chanoine  de  St.  Ely  et  de 
Sr.  Paul,  sous-doyen  de  la  Chapelle  Royale  et  scus-aumônier  du  Roy.  Il  était  musicien  et 
eut  une  polémique  avec  J.  Wallis  au  sujet  des  sourds-muets. 


40  CORRESPONDANCE.     l6Ô2. 


N=  970. 

[B.  de  Frenicle  de  Bessy]  ")  à  Chr.  Wren. 

[décembre   1661.] 

Appendice  II  au  No.  968. 

La  copie  se  trouve  à  Le'ulcn ,  coll.  Huygens. 

Ad  Clariffimi  Domini  Christophori  Wren  Aftronomiae  Profeflbris 
de  Corpore  h{  Hypothefin  Reflectiones  Quaedam. 

Infpicienti  mihi  Clariffimi  Domini  Wren  Hypothcfim  ')  Ellipticam  ad  Saturni 
phafes  cxplicandas  dubia  quaedam  mihi  adnata  funt,  qnac  hic  breviter  recenfebo. 

Primum  eft  circa  ipfam  Coronae  Satnrninae  figuram  Ellipticam;  quac  quidem 
talis  eft  vt  Saturni  Corpus  feu  globum  tam  a  fna  interiori  parte  tangar,  quarn  ab  ex- 
teriori ,  6k  ipfi  circumfcribatur:  haec  namque  Corona  ex  binis  formatur  Ellipfibus , 
idem  centrum  habentibus ,  &  eandem  tranfverfam  diametrum ,  quae  quidem  non 
differt  a  Saturni  diametro:  fed  major  diametervnius,  (quaenimirum  exteriorem  co- 
ronae ambitum  conltitult)  majorem  diametrum  alterius  Ellipfeos  (quae  nempe 
pro  interiori  ambitu  habetur)  exuperat  4a  parte  diametri  globi  Saturnini  :  &  haec 
eft  coronae  latitudo,  vbi  eft  latiflima,  nempe  verfus  polos  converfionis  ipfius;  vnde 
fit  vt'feniim  haec  latitudo  minuatur;  donec  globo  Saturni  adpofita,  omnino  evanef- 
cat:  neque  enim  illurri  vlla  fui  parte  corona  vel  fecat,  vel  fuper,  &  extra  illum  ex- 
tollitur;  fed  tantummodo  tangit.  Quae  quidem  hypothefis  rerum  naturae,  &  ob- 
fervationibus  adverfari  mihi  videtur.  Naturae  quidem  quia  haec  corona  vel  effet 
folida,  vel  fluida.  Ipfius  quidem  foliditatcm  author  ipfc  refpuit,  tanquam  naturae 
minus  convenientcm,  &  illam  potius  fluidam  efle  mavult;  nempe  materiam  efTe 
vapidam  a  quibufdam  Saturni  partibus  prodeuntem ,  corpore  reliquo  arido  per- 
manente. 

Sed  hic  percontari  libet  :  qui  fit  vt  Sol,  qui  ad  vapores  a  corporibus  attrahendos , 
&  elevandos  plurimum  valet,  vt  docct  cxperientia,  non  magis  minufve  agat  in  Sa- 
turni partem ,  quibus  eft  vcrticalis ,  quarn  quibus  eft  horizontalis;  ita  vt  quando  co- 
rona  plenè  (vt  minus  ferè)  confpicitur,  &  eft  foli  horizontalis,  non  magis  minufve 
attollatur,  &  a  Saturno  clongetur,  quarn  cum  Saturnus  eft  incrmis,  &  folitarius, 
\'cl  incipit  efle  cufpidatus;  nempe  cum  fideris  partes  illae  a  quibus  hi  vapores  coro- 
nam  ell'ormantes  nunquam  procul  abfunt,  fed  bis  femper proxime incumbunt Solem 
habent  verticalem,  vel  non  multum  a  vertice  remotum;  pracfertim  cum  non  paucis 
horis,  vt  in  terra  noftra,  fed  per  integros  annos  non  multùm  abfcedat;  &  in  eodem 
1ère  ftatu,  vel  faltem  non  multum  diflimili,  quafi  immotus  permaneat ,  & fimili 

')    Consultez  la  pièce  N°.  y.34. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  41 


pêne  modo  in  has  partes  radios  emittat  ?  Cur  ad  converfionis  coronae  polos  in  axe 
femper  &  longiffime  a  Saturno  diftrahuntur  vapores;  &  ad  magnum  ipfius  circu- 
lum  corpori  planetae  incumbant,  nec  vnquam  attolluntur,  etiam  quando  in  fideris 
margine  nobis  apparent,  &  in  circulo  illuminationis  Saturai,  vt  &  ipfi  poli  diutius 
immorantur;  &  eodem  prorfus  modo  radijs  folaribus  gaudent,  &  aeque  obli- 
quia  2)? 

Qui  fit  vt  partes  Saturai  a  Sole  averfae  quae  per  15  annos  circiter,  ipfius  calore 
&  lumine  orbantur  aequè,  &  ad  eandem  diftantiam  vapores  emittunt  ac  caeterae , 
quae  tantundem  a  Sole  illuftrantur ,  &  ipfius  calore  foventur;  haec  enim  omnia 
multum  diffimili  modo  in  ijs  terrae  partibus  quibas  Sol  multo  tempore  non  eft  con- 
fpicuus  &  non  oritur,  quam  in  alijs  evenire  deprehendimus.  Neque  etiam  tam  con- 
ftantem  efie  vaporum  habitudinem,  feu  confiftentiam  credibile  eft,  vt  femper  ean- 
dem  denfitatem  retinere  pofiint  &  talem  vt  eodem  modo  Solis  lucem  ad  nos  vfque 
refleciere  valeant;  &  a  fco  iuxta  eafdem  partes  aequaliter  digredi ,  &  eumdem  fem- 
per tenere  fitum. 

2.  Sed  nec  etiam  cum  obfervationibus  haec  hypothefis  congruere  videtur. 

i°.  Quia  fi  corona  nullam  haberct  prope  Saturnum  latitudinem ,  profeéto  nun- 
quam  ipfe  cum  figura,  qua  nunc  confpicitur,  apparere  poiïet;  neque  etiam  fient 
in  50  Schemate  hypothefis  Wrenianae  nempe  cùm  ipfe  planeta  plenus  eft;  fed  tali 
tune  afpeéhi  efTe  deberct  vt  nulla  globi  pars  a  corona  fecaretur  ;  vel  tangi  videtur, & 
ad  fummum  vt  in  figura  6a  vel  7a  hugueniani  fillematis  inter  paginas  34.  &  35.  videre 
eft:  cum  enim  latitudo  coronae  tam  exigua  fit  prope  Saturnum  vt  tandem  nulla  fit; 
prorfus  inconfpicua  foret  :  neque  luminis  diffufio  huic  inconvenienti  poteft  opitu- 
lari;  quia  extremitas  coronae,  vbi  eft  latifiima  &  proinde  lucidiffima,  procul  abeft 
ab  hac  tenui  parte  ;  vnde  fequeretur  hoc  non  a  reliqua  remota  parte  coronae,  fed  a 
Saturai  Globo  proximo  lumen  mutuari;  tune  vero  planetae  difeus  minime  rotundus 
confpiceretur,  nec  terminatus;  attamen  continué  talis  apparet,  nifi  forfitan  quando 
in  partibus  a  polis  converfionis  remotioribus  lumen  ipfius  coronae  globi  lumini 
jungitur. 

Sint  duae  Ellipfes  ABCD.  IBED.  illa  ambitum  coronae  exteriorem,  haec  in- 

teriorem   referens,  eundem  habentes  axem 
JZ~^L—_  tranfverfum  BD.  &  idem  centrum  O.  certum 

eft  &  evidens  partes  coronae  iuxta  punda  FH. 

pofitas,  tam  tenues  cfTe  vt  nullo  modo  a  terra 

confpici  pofiint  :  vnde  fpatia  BFK.  DHL.  in- 

^^^^ À"^5^^"  confpicua  erunt,  vtpote  tenebrofa;  nec  corona 

vnquam  globo  juncla  videri  poterit,  quando 
per  ambitum  exteriorem  ad  marginem  vfque  Saturai  nempe  ad  punéla  BD  proten- 


:)   Lisez:  obliquiis. 
Œuvres.  T.  IV. 


42  CORRESPONDANCE.     \66l. 


ditur;  fed  intervallo  facis  amplo  a  globo  corona  difjunéta  apparebit.  Contra  vero  ac- 
cidit,  hac  enim  alia  forma  anno  praeterito  1660.  menfibus  Augufti  &  Septembris 

a  SerenifTimo  Hetruriae  Principe  Leopoldo,  & 
Florentine  Aitronomis  Saturnus  eft  obfervatus 
nempe  anfarum  brachia  non  tennia,  fed  muknm 
lata  prope  globum,  vt  etiam  hoc  anno  1661  ab 
Illuftriffimo  Huguenio  confpecta  funt;  qnod  fane 
contingere  non  pofTet,  fi  partes  coronae  Satnrno 
circumftantes  tam  arctae  forent,  &  omni  pêne  latitudine  deftituerentur;  tune  enim 
nullum  lumen  accipere  &  reddere  poflbnt,  vel  fane  tam  cxiguum  vt  vifum  quan- 
cumvis  optimis  Telefcopijs  roboratum  omnino  effugerit. 

20.  Nunquam  in  Wreniana  Hypothefi  coronae  ambitus  exterior  globi  Saturnini 
margines  perltringere  poterit,  nifi  cura  ipfa  directe  &  pcrpendiculariter  Solares 
radios  excipit,  quanquam  tune  haec  phafis,  ob  harum  coronae  partium  (vt  diftum 
eft}  tenuitatem  nobis  apparere  non  pofTet;  fed  anno  1660.  in  praedittis  a  Serenil- 
firno  Principe  obfervatis  foi  Phafibus,  jam  deprehenfus  eft  exterior  coronae  ambi- 
tus, ad  Globi  margincm;  cum  tamen  a  fuo  Solftitio,  feu  plenitudine  planeta  mul- 
tum  adhuc  abeffet,  nempe  plufquam  43  gradus,  &  eontaétus  punétum  médium 
pêne  locum  inter  praccipuas  phafes  obtinerct,  nempe  cum  inermis  vel  plenus  ef- 
ficitur;  vnde  hoc  anno,  jam  folftitio  propior,  certe  debuit  talis  ambitus  hos  &  cef- 
fiffe  limites  :  necefTe  eft  igitur ,  fi  corona  motum  habeat,  &  ipfo  fuo  motu  fiât  quan- 
doque  cum  fuo  piano  radijs  folaribus  perpendiculari  &  ad  Saturni  marginem  ap- 
parcat  cum  aliqua  latitudine,  quando  planeta  verdis  fuura  Aphclium  verfatur 
nempe  cum  aoum  nrum  &  x?  ij  gradura  peragrat;  necefle  ell  inquam ,  ipfam  coro- 
nam ,  fideris  globum  exteriori  fuo  ambitu  excedere;  &  fuper  ipfum  attolli  :  &  om- 
nino impofllbile  eft  vt  ipfum  tangat,  nifi  foriitan,  cum  interiori  Ellipfi,  quam 
pofui  exteriori,  ad  fenfum  parallelam;  modo  futurac  obfervationes  oltendant, 
pofito  annuli  motu ,  ipfum  effe  non  pofTe  circularem. 

30.  In  praedidtis  Sereniffimi  Principis  obfervationibus  vmbra  globi  planctae  dc- 
prehenfa  ell  in  corona  prope  fideris  marginem ,  nempe  verfus  N  in  praecxlenti 
fchemate,  vbi  nempe  in  Wreniana  hypothefi  deberet  effe  arétiflima:  vnde  patet 
hoc  fpatium ,  feu  hanc  coronae  partem  verè  &  non  apparenter  tantùm  a  Sole 
illuminari  ;  nec  oculorum  efîc  fallaciam  :  igitur  haec  coronae  pars  acque  lata  cfi:  ac 
reliqua,  vel  ab  ipfius  latitudine  non  multum  aberrat;  nec  eft  infenfibilis  vt  in 
I  [ypothefi  Wreniana. 

8.  Dubiuni  eft  circa  pofitionem  coronae,  cujus  majorera  diametrum  Clariffimus 
Wren  in  orbitae  "jji  piano  conltituit;  cum  tamen  perfpicaciflimus  Huguenius,  &  ante 
ipfum  Galilaeus  &  alij  1ère  omnes  Saturni  obfervatorcs ,  in  piano  Acquatori  paral- 
lelo,  vel  infenfibiliter  diferepanti  ipiam  animadverterint:  &  Huguenius  quidem 
tam  nuiltis  &  certis  obfervationibus  hanc  fuam  pofitionem  comprobat,  vt  nullus 
jam  fuper  fit  dubitationis  locus:  ex  Wreniana  autem  pofitione  lequeretur  maximam 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


Ellipfis  Saturai  diametrum,  ad  motum  diurnum  mukum  efle  obliquam:  cum  tamen 
eumdem  exa&iffime  brachiorum  lineam  fequi  rcpetkis  obfervationibus  perfpicacif- 
fimus  infpexerit  Huguenius;  vt  ipfe  in  fuo  Saturai  fiitemate  paginis  17.  18.  51 , 
aflevcrat. 

4.  Illuftriflîmi  Huguenij  obfervationcs  fidem  faciunt,  Saturai  annulum,  non 
omnino  efle  latitudinis  fenfîbilis  expertem ,  vt  a  Clariffimo  Domino  Wren  ftatui- 
tur.  hoc  teftatur  vmbra  in  medio  difci  confpe&a,  cum  Saturnus  Solitarius  apparaît, 
&  fupra,  infraque  difci  centrum  cùm  cufpidatus,  in  modum  fafciae  fubobfcurae  pe- 
numbrae  fimilis,  &  piano  Acquatoris  parallelae,  quae  paulatim  ab  ipfo  centro  pro- 
greflii  temporis  abfcedere  vifa  eft;  donec  anno  1660.  penitus  evanuerit,  cum  exte- 
rior  annuli  pars  ad  Saturai  Marginem  acceflit  :  quamquidem  fafciam  nihil  àliud 
efle  fatis  verifimile  eft,  praeter  ipfam  exteriorem  annuli  partem,  ad  lumen  Solis 
refleclcndum  ineptam  ;  vt  fuptiliter  infert  Huguenius  &  paginis  61.  62.  fui  fiftema- 
tis  fufius  explicat:  nec  apparentia  illa  pro  maculis  afTumi  poteft;  nec  enim  anno 
1660.  adhuc  evanefcere  debuerat;  &  ab  ipfius  fafciae  motu  &  progrefTu  fatis 
deprehendi  poteft,  ipfam  multo  velocius  &  per  majus  (patium  fupra  Saturai  dif- 
cum  procedcre,  quam  requirat  Saturai  phafium  renovatio,  feu  30  circker  annorum 
periodus. 

5.  Quoad  baltheum  fi  verum  fit ,  et  non  ab  oculorum  fallacia,  vel  interioris  fen- 
fus  illufione  procédât,  maximi  fane  momenti  erit  ad  motus  globi  inveftigandos,  & 
vtrum  circa  feipfum  motum  habeat  ab  occafu  in  ortum,  ficut  ipfius  cornes,  vt  exilti- 
mat  Huguenius,  &  vt  etiam  opinor.  fed  mihi  fcrupulum  injicit  quod  addit  author 
de  variatione  Saturai  macularum  diflerens:  videtur  enim  fibi  ipfi  contradicere;cum 
dicit  fe  fufpicari  Saturai  difcum  non  mukum  variari,  &  ideo  coron am  a  globo  minus 
mobili  folutam,  converfiones  fuas  peragere:  &paulo  pofl:  innuit,  macularum  zonam 
folummodo  vapores  emittcre,  reliquo  globo  infoeliciter  arido;  &  non  totum  glo- 
bum  Atmofphaera  cingi,  fed  vapida  tantum  corona,  quae  nubis  inftar  Solis  fplendo- 
rem  ebibat ,  &  fubluftri  candore  confpicua  référât  viciflim ,  haec  finit  verba  autho- 
ris.  Contradiftio  autem  patet,  quia  fi  quaedam  tantum  Saturai  partes  vapores 
emittant ,  qui  efîiciant  coronam  ikam  circa  Saturnum  confpicuam ,  hi  fane  ad  par- 
tium  motum  a  quibus  originem  ducunt,  progredi  debent,  neque  ipfas  vnquam  defe- 
rere  ;  niii  forte  quia  velit  hos  a  ventis  circumferri  ;  fed  hoc  efle  impoflibile  conitans 
phafium  varietas  ék  reilitutio  fatis  evincit;  adde  quod  fpatium  intermedium  femper 
effet  ijfdem  vaporibus  refertum. 

6.  Infert  denique  Clariflimus  Wren  globum  Saturai  opacum  efle  propter  macu- 
las ibidem  apparentes  quae  quidem  illatio  nequaquam  mihi  neceflaria  videtur;  tum 
quia  de  macularum  habitudine  nihil  pro  reliquo  fideris  corpore  inferre  potefl:; 
tum  quia  videmus  corpora  liquida  &  tranfparentia  obfcuro  colore  caetera  tingere, 
quibus  infperguntur  ;  vt  experimur  in  aqua  fuper  terrain  effufa:  Sed  multo  certius 
argumentum  ipfius  opacitatis  habemus  ex  praediclis  obfervationibus  Sereniflimi 
Principis   Leopoldi  qui  vmbram   globi  Saturnini  fuper  annulum  prope  fideris 


s 


44 


CORRESPONDANCE.     IÔÔ2. 


marginem  deprehendit,  quo  certiflime  probatur  ipfum  Saturnum  elfe  et  opacum 
&  lumine  proprio  expertem;  adde  quod  nondum  fatis  confiât  an  iftae  maculae 
fint  aliud  quidpiam  diverfum  ab  vmbrofa  feu  obfcura  fafcia  fuper  hune  planetam  a 
Clariffimo  Huguenio  confpecta. 


")  Animadverfiones  Frenicli  jn  Hypothefin  fc.  olim  excerptatae  ac  repudiatae  à 
Domino  Chriftophoro  Wren  [R.  Moray] . 


N°  971. 

J.  Walli's  à  [B.  de  Frenicle  de  Bessy], 

[décembre   1661.] 

Appendice  III  au  No.  968. 

La  copie  se  trouve  à  Lciden  ,  coll.  Iluygens. 

Problema. 


Invenire  duo  Triangula  Reclan- 
gula  in  numeris  ita  conftituta,  vt 
laterum  circa  angulum  rectum 
differentia  fit  in  vtroque  eadem; 
&  quod  in  altero  eft  majus  duorum 
laterum  circa  angulum  rectum ,  fit 
in  reliquo  Uypothenufa. 


Solutio  Clariffimi  Domini  Wallifij. 

Efto  duorum  Triangulorum  alterum  BAC,  alterum  BCE.  Sitque  BC  ■==  s  +  .r, 
\)A  =  s  —  x  (vt  fit  s  femifumma,  x  femidifferentia  laterum  BC,  BA.).  Adeo- 
que  BC  q  =  s2  +  2  s  x  +  x:,  BA  q  =  s2  —  1  s  x  -+-  x2  &  horum  differen- 
tia AC  q  =  4  s  x.  qui  cum  numerus  quadratus  effe  debeat,  oportet  s  x  efle  inter 
fc,  vt  numeri  quadrati. 

Efto  igitur  s  =  a2,  x  =  e2.  Salcem  s  =  b  a2,  x  =  b  c2.  Ergo  BC  =  ba2  +  be2^ 
BA  =  ba2—  be2,  BCq  =  b2aA  +  0.  b2a2c2  +  b2c\  BA<y  =  b2a*  —  i  b2a2e2  -+- 
-\-b2e\  hfcoquc  ACq  =  $b2a2e-  lk  AC  =  2tozzAD,  V>Y)z=ba2  —  be2  —  i  bae= 


CORRESPONDANCE.     1662. 


45 


=  B  S,  S  C  =  a  be2  +  a  bae  =  CE  &  CE?  =  4  £:<H  +  g  £^3  +  £^v  1). 
Adeoque  BE?=z  Z>:#4  -+-  5  b2e4  4-  6  b2a2e2  +  8  b2ae%.  Qui  quum  numerus  qua- 
dratus  efle  debeat  (etiam  per  b2  divifus)  Quaerendum  reliât  Quomodo  inveftigandi 
erunt  duo  numcri  0,  <?,  ita  conftituti  vc  a4  -h  5  e4  +  6  a2e2  ■+■  8  tf<?3  fit  numerus 
quadratus.  Intérim  fufpicor  (propter  8  ae^  num  non  cafus  fit  impoffibilis.  Sed 
Nihil  pronuncio. 


N2  972. 

[B.  de  Frenicle  de  Bessy]  à  J.  Wallis. 

[20  décembre  1661.] 

Appendice  IF  au  No.  968. 

La  pièce  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Ad  Clariffimi  Domini  Wallisij  Solutionem 
Refponium  proponentis. 

Si  abfque  alia  conditione  proponantur  inveftigandi  duo  numeri  <r/,£,itacon- 
ftituti  vt  a4  +  5  e4  -+-  6  a2e2  +  8  aez  fit  numerus  quadratus;  facillima  erit  hujus 
Problematis  Solutio.  Sit  namque  a  quilibet  numerus  puta  2,  e  ■=.  2  a,  nempc  4. 
Erit  a4  -t-  5  e4  -+-  6  a2e2  +  8  ae3  =  2704,  numéro  quadrato  cujus  radix  52. 

Attamen  non  fufficit  quaeftioni  ad  quam  iblvendam  numerus  a  excedere  deberet 
numerum  <?,  in  quo  cafu  non  ita  faciles  funt  inventu  hi  duo  numeri  a,e.  In  his  au- 
tem  perquirendis  liât  omnis  quaellionis  nodus. 


:)   Lisez:  4  b2a2e2 


46 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


N=  973- 

W.  Brouncker  a  Christiaan  Huygens. 

[1661]. 
Appendice  V  au  No.  968. 

La  pièce  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 


I?    £ 


Let  the  fpecifick  weighc  of  K  to  I  be  as  1  to  2. 


Then 

Dia- 
meter. 

Super- 
ficies. 

Solidity. 

Weight. 

AB.  .  .  . 

1 

1 

1 

1 

CD  .  .  . 
EF.  .  .  . 

1 
2 

4 
4 

8 
8 

4 
8 

GII   .  .  . 
EF— GH 

Vc  4 

4 

4 
4 

4 

4 

Thercfore  the  Hollow  Bullet 
EF — G  H  as  wcll  as  the  other 
two  AB  and  CD,  defcends  or 
falls  in  the  famé  time. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  \"J 


The  fpecifick  weight  of  K  being  ro  the  fpecifick  weight 
ofl 

If  AB  the  Diameter  of  the  Bullet  I  be  to  CD  the  Diameter 
of  the  Bullet  K. 

Then  is  the  fupercies  ')  of  the  Bullet  I  to  the  fupercies  ')  of 
the  Bullet  K. 

and  the  Quantity  of  the  Bullet  I  to  the  Quantity  of  the  Bul- 
let K. 

and  the  aéhial  weight  of  the  Bullet  I  to  the  actual  weight  of 
the  Bullet  K. 


as  i  to  x. 


as  i  to  x. 


as  i  to  x 


as  i  to  x3 


x-> 

as  i  to  —  =  .%•-. 

x 


Therefore  the  Diameters  being  reciprocally  proportional  to  the  fpecifick 
weights,  the  fuperficies  are  direétly  proportional  to  the  aéhial  weights.  There- 
fore Monfieur  Zulichums  Hypothefis  and  mine  are  cquipollent.  Only  mine  ex- 
tends  more  imediatly  &  uniuerfally  ouer  ail  Bodies  fimple  or  mixt  either  Solid  or 
Hollow  2). 


N=  9/4- 

m.  thevenot  à  [lodewijk  huygens]. 
[février   1662.] 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Voyla  '^  ce  que  le  Père  Magnan  me  refcrit  fur  vne  queftion  que  Je  luy  auois 
faite  de  la  part  de  Monfieur  vollre  frère  2).  Je  prens  la  liberté  de  vous  enuoier 
vne  lettre  pour  Monfieur  Voflius  que  Je  vous  prie  de  faire  mettre  dans  vollre 
pacquet. 

Je  ne  vous  trouue  point  ches  vous  et  je  fuis  obligé  par  cette  raifon  de  mettre 
icy  vn  petit  difcours  de  la  culture  des  plantes  dont  Jay  pas  parle  h  Monfieur  vollre 


J)   Lisez:  fuperficies. 

:)    Voir  la  remarque  de  Huygens  dans  la  Lettre  N°.  981. 


')    Voir  l'Appendice  N°.  975. 

:)   Christiaan  Huygens.  Voir  la  Lettre  N°.  960. 


48  CORRESPONDANCE.     1662. 


père ,  Je  ne  lay  point  fait  tranfcrire  a  caufe  que  J'aprehende  que  mon  copifte  ny 
fafle  trop  de  fautes. 

J'y  ay  joint  aufTy  le  Hure  3)  de  Morin4)  de  la  culture  des  fleurs.  Lon  m'en  cher- 
che deus  autres  fur  le  mefme  fuiet  que  Je  vous  enuoiray  bien  tôt,  continues  moy 
Moniteur  l'honneur  de  voftre  5)  et  m'aides  a  me  conferuer  celle  de  la  voftre  maifon 
que  Je  uouderois  mériter  par  toute  forte  de  feruices. 


N°  975- 

[E.  Maignan]  à  [M.  Thevenot]. 

[février   1662.] 

appendice  au  No.  974. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens  '). 

Il  faudroit  qu'elle  fuft  polie  pour  reconnoiftre  s'il  y  a  des  ondes  a  caufe  que 
s'il  y  en  a  on  a  perdu  le  temps  de  le  trauailler  et  galle  la  forme;  quand  à  la  coul- 
leur  de  cette  matière  la  meilleure  c'eft  le  blanc  et  qui  aye  le  brillant  fort  vif.  Le 
Verdunculo  comme  dit  l'jtalien  et  Lauinatello  font  de  la  féconde  bonté  comme 
aufTy  le  Turquino,  pourueu  qu'ils  foient  peu  charges  de  coullcur,  et  qu'ils  brillent. 
Vous  pouuez  afeurer  à  Monfieur  Heugens  que  la  façon  de  faire  les  formes  que 
J'ay  expliquées  dans  la  Perfpecliua  Horaria  2)  eft  celle  dont  je  me  fuis  toujours 
feruy  et  me  fers  encore  et  qui  a  elle  jugée  par  cet  Autheur  Italien  3)  que  vous  me 
filles  voir  la  meilleure  et  la  plus  afeurée  qui  ait  efté  inuentée ,  fy  elle  comme  il 


5)    [L.  Morin]  Remarques  sur  la  culture  des  (leurs.  Paris  1661.  in  40. 

4)  Louis  Morin  naquit  le  11  juillet  1636311  Mans  et  mourut  à  Paris  le  1  mars  1 7 1 5-  En  1662 
il  devint  docteur  en  médecine,  et  eu  1699  membre  de  l'Académie  des  Sciences.  Il  vivait 
très-sobrement;  Tournefort  lui  dédia  une  plante  des  Indes,  la  Morina  Oricntalis  Carlinae- 
folia. 

5)  Ajoutez  :  amitié. 


')    11  y  a  lien  de  supposer  que  le  commencement  de  cette  lettre,  écrit  sur  un  autre  morceau  de 

papier,  s'est  égaré. 
3)  Consultez  sur  eut  ouvrage  la  Lettre  N°.  725,  note  8. 

Mancini.  Voir  la  Lettre  N°.  774,  note  10. 


CORRESPONDANCE.     IÔÔ2.  49 


adjoufte  pouuoit  réùffir  &  il  croid  qu'elle  ne  peut  pas  réùffir ,  par  ce  que  en  faifant 
l'eflay  ne  luy  a  pas  réùffy,  je  ne  fcay  pas  comment  il  s'y  eft  pris  mais  il  m'a  touf- 
jours  parfaitement  réufïy  à  moy  &  je  vous  diray  que  pour  degroffir  la  pièce  de  mé- 
tal quand  elle  eft  fur  le  tour  jl  faut  mener  le  tour  bellement  et  neantmoins  auec 
aflez  de  force  pour  emporter  quoy  que  lentement  le  plus  groffier,  car  il  eft  mani- 
fefte  qu'allant  fort  vifte  le  poinçon  d'acier  qui  doibt  trancher  s'êmoufle  en  s'efehauf- 
fant  et  de  plus  eft  rejette  par  la  vifteffe  et  dureté  de  la  platine ,  voire  mefme  la 
platine  fy  elle  n'eft  d'une  efpaifîeur  comme  d'un  poulec  fe  faufte  et  faict  le  coup  de 
poinçon  à  caufe  de  la  vifteffe  mais  allant  lentement  &  neantmoins  auec  une  force 
fuffifante  on  remédie  à  cet  inconuenient  et  puis  quand  la  forme  a  defjà  pris  fa 
figure  quoy  que  rude  par  ce  moyen  on  luy  ofte  les  rudefTes  &  la  rend  on  parfaite- 
ment unie  et  liftée  auec  l'égalité  qu'il  faut,  en  menant  le  tour  vifte  et  tenant  le 
poinfon  en  telle  forte  qu'il  prenne  fort  peu,  on  dira  que  cela  eft  long  et  je  dis 
qu'il  vaut  mieux  long  et  bon  que  court  et  mauuais.  J'ay  faiét  faire  a  Paris  des 
formes  que  le  frère  Ifaac  m'a  enuoyé  depuis  peu.  en  l'une  des  quelles  j'ay  remar- 
qué dans  fon  Creux  quatre  petites  efleuations  qui  prouiennent  de  la  fufdicte 
vifteffe.  voila  fincerement  la  façon  dont  j'ay  toufjours  ufé  pour  faire  mes  formes 
et  jmpreuue  fort  ceux  qui  pour  egaller  les  rudefTes  que  le  tour  y  a  laifTé  prennent 
un  grez  moins  grand  que  la  forme  et  la  frottent  auec  cela,  je  ne  trouucrrois  pas 
fy  mauuais  qu'on  y  appliquai!:  un  grez  qui  eft  4)  une  convexité  a  peu  près  pour  fe 
joindre  à  la  concauité  de  la  forme  pourueu  qu'il  y  fuft  plus  grand  qu'elle  ou  du 
moins  prefque  égal,  en  ma  façon  de  tourner  jl  n'y  refte  aucune  rudefte  qui  aye  be- 
foin  de  grez  ou  qui  puifte  nuire  a  la  perfection  du  trauail  du  Criftal. 


4)    Lisez:  ait. 
Œuvres.  T.  IV. 


5° 


CORRESPONDANCE.     1662. 


N2  976. 


Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 
10  février   1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 

La  minute  se  trouve  à  Leidert,  coll.  Huygens. 

Elle  est  Ut  réponse  au  No.  964.     R.  Moray  y  répondit  par  le  No.  995. 


A  la  Haye  le   10  Février   \66i. 


Monsieur 


Apres  avoir  examiné  la  demonftration  de  Monfieur  le  Mylord  Brouncker  '),  je 
m'aflèure  qu'il  ne  m'en  voudra  point  de  mal  fi  je  dis  ingenuement  ce  qui  m'en  Terri- 
ble, qui  eft  qu'elle  ne  prouue  nullement  mon  Théorème  de  l'egalirè  des  temps  des 
defeentes  dans  la  Cycloide ,  et  que  tout  Ton  raifonnement  qui  tend  a  cela  ne  con- 
tient rien  de  vray.  Car  ayant  conitruit  fa  courbe  HdX  des  droites  infinies  égales 


JV 


II£,  bd,df&LC.  en  forte  que  les  hauteurs  perpendiculaires  de  leur  inclinaifons  foient 
en  progreffion  arithmétique,  et  laifîant  rouler  fa  boule  depuis  X,  il  veut  que  les 
lignes  Xh,  hf,  fd,  db ,  MI  foient  parcourues  toutes  en  temps  égaux,  ce  qu'il 
n'a  pas  légitimement  demonftrè,  ny  ne  le  pourra  jamais  faire,  par  ce  qu'il  eft 
très  faux.  Il  en  fuivroit  qu'ayant  divifè  la  courbe  en  deux  parties  égales 
comme  en  L,  la  boule  emploierait  de  temps  égaux  a  parcourir  XL,  et  LU  en 
venant  de  X,  la  ou  j'ay  demonftrè  qu'en  divifant  également  le  diamètre  in- 
tercepté OI I  en  N  et  menant  l'ordonnée  NM  ,  les  temps  par  XM ,  et  MI  1  feront 
égaux,  dont  la  partie  XM  fera  touljours  plus  courte  que  MU.  Mais  pour  vous  faire 
veoir  en  quoy  il  s'eft  abufè,  c'eft  qu'il  fuppofe  que  le  temps  de  la  deicente  par  le 
plan  X//,  a  commencer  de  X,  eft  la  5e  partie  du  temps  par  b\  1 ,  a  commencer  la 


')    Voir  la  pièce  N°.  965. 


CORRESPONDANCE.    \66l.  51 


cheute  depuis  b,  par  ce  que  la  hauteur  de  la  perpendiculaire  Xj  eft  quintuple  de 
ba,  les  lignes  X/z  et  ba  -)  citant  égales.  Il  fuppofe  cette  confequencc  difje  fans  la 
prouuer,  et  auffi  n'eft  elle  point  véritable.  Quelque  peu  après  il  conclud  que  la 
boule  en  defcendant  du  point  X,  et  eftant  arrivé  en  /z,  elle  y  aura  la  me  fine  viftefle 
qu'elle  avoit  en  X  ,  ce  que  je  n'entens  pas  comment  il  peut  concevoir,  puis  qu'en 
X  elle  n'avoit  nulle  viftefle,  et  qu'en  defcendant  de  là  elle  pafTe  par  tous  les  de- 
grez  de  tarditè,  félon  les  principes  que  je  fuis.  Defquels  je  voy  qu'il  tombe  d'ac- 
cord, à  fçavoir  qu'en  temps  égaux  les  degrez  de  viftefle  s'augmentent  également, 
qui  eft  la  feule  chofe  que  je  fuppofe,  ou  que  je  demonftre  pluftoft,  car  ma  pre- 
mière fuppofition  eft  encore  plus  fimple.  Et  voyla  Monfieur,  pour  vous  faire  veoir 
que  tout  ce  qui  rcflèmble  a  des  demonftrations  mathématiques  ne  l'eft  pas  pour  cela. 
Lors  que  j'eftois  l'hyver  pafle  a  Paris,  Monfieur  Auzout  qui  eft  fort  bon  géomètre 
me  donna  auïïi  une  demonftration  du  mefme  Théorème  qui  eftoit  pareillement 
faillie,  de  forte  que  le  Mylord  Brouncker  verra  qu'il  n'eft  pas  le  feul  qui  s'y  foit 
trompé,  que  s'il  veut  continuer  a  chercher  la  véritable  il  apprendra,  foit  qu'il  la 
trouue  ou  non,  qu'elle  eft  aflez  mal  aifée.  Quant  à  l'autre  partie  de  fa  demonftra- 
tion qui  eft  pour  prouuer  que  la  ligne  propofée  eft  une  Cycloide  il  y  a  un  endroit 
ou  elle  me  femble  defeétueufe ,  ou  il  eft  dit,  and  therefore  3)  AH.  HI  :  :  A  EMD. 
A  Ex«,  car  je  ne  fcay  pas  d'où  il  tire  cette  confequence.  Pourtant  je  ne  doute 
pas  que  la  propofition  ne  foit  vraye  4).  La  propriété  de  la  Cycloide,  de  ce  que  par 
fon  évolution  ,  il  fc  deferit  une  courbe  pareille  n'eftoit  pas  difficile  a  demonftrer 
après  que  Monfieur  Wren  a  decouuert  la  dimenfion  de  cette  ligne ,  mais  a  trouuer 
méthodiquement  la  dite  propriété  comme  j'ay  fait,  il  y  avoit  plus  de  peine.  Il  me 
fafche  que  je  ne  fçaurois  encore  donner  au  public  le  traité  de  l'horologe  ou  j'ay 
eferit  de  toutes  ces  chofes. 

Les  expériences  du  vuide  et  la  conftruftion  de  la  machine  m'ont  emporté  beau- 
coup de  temps,  comme  encore  plufieurs  autres  chofes,  pour  vaquer  a  toutes  les 
quelles  il  faudroit  avoir  plus  d'un  corps.  J'efpere  que  Monfieur  Southwel  fera 
enfin  arrivé  a  Londres  et  que  par  luy  vous  aurez  receu  ma  lettre  5)  ou  j'ay  rap- 
porté quelques  unes  des  dites  expériences.  La  plus  confiderable  eft  celle  que 
je  vous  envoyay  l'autre  femainc  6),  de  la  quelle  je  ne  fçaurois  encore  veoir  la 
fin,  d'autant  que  je  n'ay  pas  des  tuyaux  de  4  pieds  et  d'avantage,  et  qu'il  feroit 
mefme  mal  aifé,  les  ayant,  de  m'en  fervir,  a  faute  de  ceux  la  j'ay  eflayè  avec 
l'argent  vif  s'il  demeureroit  fufpcndu  dans  le  tuyau  comme  l'eau  après  que  le  réci- 
pient eft  vuide;  mais  toufjours  je  l'ay  vu  defeendre  mefme  dans  des  tuyaux  qui 


2)  Dans  la  minute,  ba  se  trouve  corrigé  en  b\\. 

3)  Voir  la  planche  vis-à-vis  de  la  page  28. 

4)  Jusqu'ici,  plusieurs  mots  se  trouvent  soulignés. 

5)  Voir  la  Lettre  N°.  956. 

s)  Consultez  la  Lettre  N°.  963. 


53 


CORRESPONDANCE.     1662. 


n'avoient  que  la  hauteur  de  2  pouces  et  moins.  Je  doute  fi  ce  n'eft  pas  a  caufe 
que  je  ne  le  fcaurois  aflez  parfaitement  purger  d'air,  encore  qu'il  n'y  en  relie 
point  qui  ibit  vifible. 

Pour  eftablir  la  mefure  univerfelle,  il  cft  fuperflu  a  mon  avis  de  rechercher  la 
pureté  de  l'argent  ou  mefine  de  faire  quelque  différence  des  métaux,  parce  qu'il 
n'importe  pas  que  par  tout  on  fe  ferve  du  mefme.  Audi  n'eft-il  pas  neeeflaire  ou 
mefme  expédient  d'arrefter  une  proportion  precife  7)  entre  le  diamètre  de  la  boule 
et  la  longueur  du  pendule,  (comme  vous  dites  d'un  a  54)  cela  ne  pouuant  fcruir 
qu'a  rendre  la  pratique  de  cette  mefure  plus  difficile,  car  il  faudra  plus  d'une  fois 
refaire  voitre  boule.  Et  je  fcay  par  expérience  que  pour  avoir  un  pendule  dont 
chaque  vibration  foit  de  demie  féconde,  il  fuffit  de  faire  en  forte  que  le  diamètre 
de  la  boule  foit  moindre  feulement  que  la  6e  partie  de  la  hauteur  du  pendule,  et 
qu'il  elt  tout  un  fi  la  boule  ell  de  plomb,  d'y  voire  ou  de  criital,  quand  on  ne 
prend  que  les  petites  vibrations.  Ainfi  ce  feroit  aflez  au  (fi  de  déterminer  pour  la 
longueur  du  pendule  de  fécondes  que  le  diamètre  de  la  boule  n'en  excédait  pas  la 
2ome  ou  peut  eftre  le  iome  partie,  et  que  d'autre  code  il  ne  fut  pas  moindre  que 
le  ^ome  ou  6o»ie  partie,  afin  de  prévenir  qu'elle  ne  fut  trop  légère. 

Si  j'avois  un  copifte  a  la  main  je  vous  envoyerois  maintenant  la  table  pour 
l'équation  du  temps.  Tous  les  jours  y  font  marquez  ce  qui-fait  qu'elle  demande 
plus  de  loifir  a  ertre  copiée  que  je  n'en  ay  a  prêtent.  Ce  fera  donc  pour  l'ordinaire 
prochain  s'il  vous  plaift,  e:  alors  je  vous  feray  auflî  part  des  divifions  qu'il  faut 
marquer  fur  la  verge  du  pendule,  pour  en  h  au  (Tant  ou  baillant  le  petit  plomb  mo- 
bile accélérer  ou  retarder  fon  mouuement  d'une  quantité  donnée,  comme  d'une 
minute  ou  2,  ou  autant  de  fécondes  par  jojr,  ce  qui  eft  fi  neeeflaire  pour  ajufter 
l'horologe  que  fans  cela  je  le  croy  impoflible.  Je  fuis 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefobeiffant  Seruiteur 
Christian  Hugens  de  Zulichem. 

For  Mr.  Blair,  Marchand  at  the  Sign 

of  S.  Andreu  in  Rood  Lane. 

To  deliuer  to  Sir  Robert  Moray. 

8d. 

London. 


7)  Ici  finit  la  minute. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


53 


N^  977. 

Christiaan  Huygens  a  [Lodewijk  Huygens]. 

15    FÉVRIER    1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leitlen,  coll.  Huygens. 

le   15  Février  1662. 

Je  rends  grâces  a  Monfieur  Thevenot  de  la  refponfe  du  Père  Maignan  ').  Elle 
regarde  principalement  la  manière  de  préparer  les  formes  de  fer  fur  le  tour,  dont 
je  ne  me  fuis  jamais  guère  meflè ,  mais  feulement  pour  après  cela  les  perfe&ioner, 
en  quoy  fi  le  dit  Père  eu  11  jamais  eflaiè  ma  méthode  avec  l'efmeril ,  je  ne  croy  pas 
qu'il  feroit  fi  grand  eftat  de  la  fiene ,  qui  eft  beaucoup  plus  pénible. 

Vous  avez  donc  vu  à  la  fin  Monfieur  le  Duc  de  Roanes  et  receu  de  luy  l'acceuil 
que  je  vous  avois  prédit,  cela  me  rejouit  quand  je  recois  ainfi  dans  vos  lettres  des 
nouuelles  de  mes  ancienes  connoifïances  et  partant  vous  m'obligerez  de  vous  fou- 
uenir  encore  de  ces  autres  perfonnes  que  je  vous  ay  nommées,  feavoir  Meffieurs 
Auzout,  Ampiou  et  de  Carcavy.  Pour  ce  qui  regarde  le  vuide  de  ma  phiole  dont 
vous  vous  elles  entretenu  dans  cette  première  conférence ,  voicy  une  expérience 
qui  y  appartient  et  que  vous  pourez  luy  communiquer  comme  aufïï  a  Monfieur 
Thevenot  et  autres  car  elle  eft  confiderable. 

Je  vous  ay  envoyé  cydevant  celle  ou  la  boule  A  avec  fon 
tuyau  eftant  pleine  d'eau,  et  ce  tuyau  plongé  par  en  bas 
dans  l'eau ,  toute  l'eau  defeendoit  hors  de  la  boule  et  du 
tuyau,  après  que  l'air  avoir  elle  tiré  hors  du  vafe  E,  jufques 
a  ce  que  l'eau  dans  le  verre  CF  et  dans  le  dit  tuyau  arrivaf- 
fent  a  mefme  hauteur.  Cela  fe  faifoit  avec  de  l'eau  fraifche 
etnouuelle.  mais  y  ayant  depuis  employé  celle  qui  avoit  elle 
quelques  24  heures  dans  le  vuide,  et  par  là  s'eftoit  tout  a 
fait  purgée  d'air,  tellement  qu'il  n'y  montoit  plus  aucune 
bulle,  j'ay  trouuè  qu'elle  n'a  aucunement  voulu  defeendre 
quelque  peine  que  je  priffe  a  bien  vuider  le  vafe  E  d'air  et 
cela  mefme  quand  la  hauteur  de  AB  eftoit  de  2  pieds  et 
d'avantage.  Mais  l'air  eftant  ainfi  vuidé  et  la  boule  A 
avec  fon  tuyau  reliant  pleine  d'eau ,  s'il  arrive  que  d'en  bas 
la  moindre  petite  bulle  viene  à  monter  dans  le  tuyau ,  celle 
là  eftant  parvenue  en  F ,  (que  je  pofe  cftre  la  hauteur  d'un 
pouce  par  deflus  la  fuperficie  de  l'eau  BB)  elle  s'eftend 
fubitement  de  là  vers  en  haut,  la  partie  inférieure  demeu- 
rant toufjours  en  F,  jufques  a  ce  qu'elle  ait  occupé  toute 


')    Voir  la  Lettre  N°.  975. 


54 


CORRESPONDANCE.     l6Ô2. 


la  boule  A  et  (on  tuyau  defquels  l'eau  découle  vifte  entre  la  bulle  qui  s'eftend  et 
les  coftez  du  tuyau,  et  demeure  juftement  a  la  hauteur  F  ou  la  bulle  avoit  com- 
mencé a  s'eltendre.  Que  fi  après  cela  on  laifie  rentrer  l'air  par  le  robinet ,  l'eau 
remplit  derechef  tout  ce  qu'elle  avoit  delailTè,  excepté  une  petite  bulle  d'air  que 
l'on  trouue  au  haut  de  la  boule  A,  de  la  grandeur  d'un  petit  pois,  qui  elr.  de 
l'air  tire  hors  de  l'eau,  car  la  bulle  qui  a  monte  n'en  ciloit  pas  la  ioome  partie, 
et  auili  rentre  t  il  dans  l'eau  après  qu'on  l'a  laide  par  24  heures.  Il  feroit  trop 
long  de  vous  dire  icy  les  confequences  que  je  tire  de  cet  experiment,  feulement 
vous  remarquerez,  que  félon  les  principes  du  refîort  de  l'air  et  de  l'équilibre, 
il  eil  évident,  que  ce  peu  d'air  qui  relie  dans  le  vafe  E  après  cftre  vuidè,  prefTe 
encore  fi  fort  fur  la  fuperficie  de  l'eau  BB,  qu'elle  tient  par  la  fufpendue  toute 
l'eau  du  tuyau  BA  quoy  de  la  hauteur  de  1  pieds  et  peut  élire  encore  beau- 
coup plus ,  car  je  n'ay  pas  encore  eu  le  moyen  de  faire  l'eflay  avec  des  tuyaux 
plus  longs. 

J'ay  fait  en  forte  maintenant  que  je  puis  retirer  de  la  machine  une  grande 
phiole  après  l'avoir  vuidée,  et  par  la  je  pouray  faire  cette  expérience  des  plan- 
tes et  des  graines ,  et  plufieurs  autres  dont  je  vous  rendray  compte  cy  après. 
Monfieur  Thevenot  trouuera  de  la  befogne  avant  que  d'avoir  fait  la  fiene  avec 
la  Tinaja. 

Voicy  la  copie  de  ma  table  2)  de  l'équation  du  temps,  et  comment  il  s'en 
faut  fervir  3).  Vous  en  pourrez  faire  part  a  Martinet  4)  l'horologer  et  d'autres 
qui  la  délireront. 


2)  Voir  l'Appendice  N°.  979. 

3)  Consulte/  l'Appendice  N°.  978. 

4)  Sur  Martinet  voir  la  Lettre  N°.  920,  note 


4 
CORRESPONDANCE.     \66l.  55 


N°=  978. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huvgens. 

[1662.] 
Appendice  I  au  No.  977. 

La  pièce  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Méthode  de  fe  fervir  de  la  Table  fuivante. 

Pour  fe  fervir  de  cette  Table  il  faut  vcoir  combien  de  minutes  et  fécondes  il  y 
a  marquées  au  jour  que  l'horologe  aura  eftè  ajuftee  avec  le  foleil  ou  heure  du 
quadrant,  et  aufli  combien  il  y  en  a  au  jour  que  Ton  veut  feavoir  leur  différence. 
Et  s'il  y  a  d'avantage  au  premier  jour  qu'à  l'autre,  il  fera  plus  tard  a  l'horo- 
loge qu'au  quadrant,  mais  s'il  y  a  d'avantage  au  dernier  jour  il  fera  plus  tard  au 
quadrant  qu'a  l'horologe,  et  ce  d'autant  de  minutes  et  fécondes  que  fera  la  diffé- 
rence entre  les  deux  dites  équations.  Par  exemple,  ayant  ajuftè  l'horologe  avec 
le  quadrant  le  5e.  Mars,  au  quel  jour  la  Table  donne  pour  équation  3',  1 1",  et  vou- 
lant fçavoir  combien  il  s'en  faudra  de  l'un  à  l'autre  le  18  Octobre,  ou  l'équa- 
tion eil  30',  45";  vous  ofterez  la  moindre  équation  de  la  plus  grande  ainfi 

3°'-    45" 
3-     " 

n~7-    34 

Reftent  27'.  34"  defquclles  il  fera  plus  tard  au  quadrant  qu'a  l'horologe,  parce 
que  l'équation  du  dernier  jour  excède  celle  du  premier. 


56 


CORRESPONDANCE.     1662. 


N-  979- 

Christiaan  Huygkns  à  Lodewijk  Huvgens. 

[1662]. 
Appendice  II  au  No.  yyj. 

La  pièce  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden  ,  coll.  Huygens. 

Table  de  l'équation  du  Temps. 


Januarii. 

Februarii. 

Mardi. 

Aprilis. 

Maji. 

Junii. 

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40 

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0 

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10 

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24 

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28 

I  I 

37 

18 

39 

18 

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3 

9 

41 

O 

18 

0 

42 

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56 

18 

46 

17 

51 

4 

9 

13 

O 

13 

2 

56 

12 

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18 

53 

'7 

41 

5 

8 

45 

O 

9 

3 

1 1 

12 

34 

18 

59 

17 

3° 

6 

8 

17 

O 

6 

3 

26 

I  2 

53 

19 

4 

17 

19 

7 

7 

5° 

O 

3 

3 

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12 

19 

9 

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8 

8 

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O 

1 

0 

56 

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19 

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16 

57 

9 

6 

58 

O 

0 

4 

12 

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1 0 

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19 

18 

16 

46 

10 

6 

34 

O 

0 

4 

29 

H 

6 

19 

22 

16 

35 

1 1 

6 

10 

O 

0 

4 

46 

H 

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19 

25 

16 

24 

12 

5 

47 

0 

2 

5 

4 

H 

39 

19 

28 

16 

13 

13 

5 

24 

O 

4 

5 

22 

H 

55 

19 

29 

16 

1 

H 

5 

0 

O 

8 

5 

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15 

10 

19 

29 

15 

49 

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4 

41 

O 

12 

5 

58 

15 

25 

19 

29 

15 

37 

16 

4 

21 

O 

16 

6 

16 

15 

39 

19 

28 

15 

24 

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4 

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21 

6 

33 

15 

53 

19 

16 

15 

1 1 

18 

3 

44 

0 

26 

6 

51 

16 

7 

19 

24 

H 

58 

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3 

27 

0 

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9 

16 

21 

19 

21 

14 

45 

20 

0 
.^ 

1 1 

0 

40 

7 

27 

16 

34 

19 

18 

14 

32 

21 

2 

55 

0 

48 

7 

45 

16 

47 

19 

15 

H 

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22 

2 

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0 

57 

8 

3 

16 

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19 

1 1 

H 

6 

23 

2 

a  3 

6 

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22 

17 

1 1 

19 

7 
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13 

53 

24 

2 

7 

16 

8 

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17 

22 

19 

2 

13 

40 

25 

1 

52 

26 

9 

1 

17 

0  <■> 

18 

57 

13 

27 

26 

1 

38 

37 

9 

21 

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43 

18 

51 

'3 

15 

27 

1 

s  5 

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53 

18 

45 

13 

3 

28 

1 

*3 

2 

2 

10 

1 

18 

3 

18 

39 

1  2 

52 

29 

1 

2 

10 

2 1 

18 

13 

18 

33 

1  2 

41 

30 

0 

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10 

40 

18 

a  3 

18 

26 

1  2 

3° 

3' 

0 

4' 

10 

59 

18 

18 

CORRESPONDANCE.     \66l. 


57 


S 

Julij. 

Augufti. 

Septembres. 

Odtobris. 

Novembris. 

Decembris. 

I 

12 

19 

10 

4 

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0  0 
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16 

3° 

31' 

55 

25 

34 

2 

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16 

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31 

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25 

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10 

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1 

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24 

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4 

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24 

20 

5 

1 1 

38 

10 

23 

17 

41 

27 

43 

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23 

55 

6 

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28 

10 

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23 

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7 

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7 

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10 

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3° 

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H 

10 

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29 

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3° 

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9 

3° 

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3° 

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4 

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10 

Œuvres.  T.  IV. 


58  CORRESPONDANCE.    \66l. 


N=  980. 

S.  de  Sorbier e  à  Christiaan  Huygens. 

15    FÉVRIER     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Laden,  coll.  Huygens. 

A   Paris  le   15.  fébrier  1662. 
Monsieur, 

eftant  fort  en  peine  de  la  famé  de  Monfieur  Renaud  mon  beaupere  '),  &  de  fa 
famille,  dont  je  ne  reçois  point  de  nouuelles,  encore  que  je  leur  aye  efcrk,  je 
prens  la  liberté  de  vous  en  demander.  Il  loge  fi  près  de  vous,  que  je  puis  efperer 
que  vous  me  ferés  la  grâce  de  vous  en  informer  fans  que  vous  en  receuiès  beau- 
coup d'incommodité.  Commandes  moy  en  reuanche  de  vous  aller  rendre  quelque 
feruice  d'icy  au  bout  du  fauxbourg  St.  Victor  &  je  le  feray  tout  incontinent  de 
grand  coeur. 

J'accompagnay  l'autre  jour  Monfieur  uoftre  père  chez  les  Jefuites,  et  fi  j'eftois 
capable  de  le  feruir  en  ce  pays,  je  luy  ay  fouuent  offert  toutes  mes  habitudes ,  mais 
il  y  a  preiïè  à  qui  le  feruira ,  &  les  cordons  bleus  2)  s'eftiment  fort  honorés  de  le 
mener  chez  tous  nos  curieux.  Il  m'a  dit  que  vous  trauailliés  aux  expériences  de 
Monfieur  Robert  Boyle.  ô  l'admirable  homme,  qu'il  eft  judicieux ,  qu'il  eft  exact, 
qu'il  eft  bien  intentionné!  I'irois  volontiers  en  Angleterre  pour  le  noir,  &  je  vous 
enuie  le  bonheur  que  vous  auès  eu  de  le  conuerfer  à  uoftre  retour  de  Paris.  Nous 
n'auons  icy  que  des  curieux  à  noftre  mode ,  de  la  plus  part  defquels  j'auois  honte 
lors  que  je  nous  uoyois  chez  Monfieur  de  Montmor.  Mais  à  cela  il  n'y  a  point  de 
remède. 

Je  me  referre  dans  mon  petit  cabinet  où  je  ne  manque  pas  de  bons  liures, 
&  d'honneftes  gens  qui  me  uifitent;  &  j'efpcre  de  m'y  entretenir  le  refte  de 
mes  jours  agréablement,  en  repafïant  dans  ma  mémoire  ce  que  j'ay  ueu  &  re- 
marqué en  ma  jeunefîe.  Voila  où  jen  fuis.  Dieu  uueille  que  les  nouuelles  que 
vous  m'apprendrés  de  Monfieur  Renaud  ne  m'obligent  pas  d'en  fortir ,  quoy  je  ne 
délire  plus  de  uoir  la  Haye,  qu'a  caufe  de  vous,  qui  eftes  Bataui  gloria prima  foli. 
J'ay  oublié  de  mettre  cefte  Epigramme  dans  ma  relation3);  mais  fi  elle  ne  fe  rcim- 


')    Samuel  Sorbière  avait  épousé,  en  1646,  lors  de  son  second  voyage  en  Hollande: 

Judith    Renaud,   fille   de   Daniel    Renaud,  qui  était  née  à  Amboise,  et  demeurait  à  la 
Haye. 

2)   Chevaliers  du  Saint-Esprit.  Consultez  la  Lettre  N°.  484. 

Lettres  et  Difcours  de  M.  de  Sorbière,  fur  diverfes  Matières  Cnrieufes.  A  Paris,  chez  Fran- 
çois Clovfier,  dans  la  Court  du  Palais,  près  l'Hoftel  de  Mr.  le  Premier  Préfident.  m.dc.lx. 
Avec  Privilège  dv  Roy.  in-40. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


59 


prime  pas,  il  efcherra  ailleurs  de  la  faire  uenir  fur  les  rangs ,  &  de  vous  tefmoigner 
non  feulement  mon  eftime ,  mais  la  paffion  auec  laquelle  je  fuis , 


Monsieur, 


Voftre  très  humble  et  très  obehTant  feruiteur 
Sorbiere. 


Rue  des  petits  champs  chez 
Monfieur  la  Porte  chirurgien. 


A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens 

A  la  Haye. 


N=  981. 


Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 

[17    FÉVRIER     1662  ')]. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  968.      R.  Moray  y  répondit  par  les  Nos.  994  et  997. 

Monsieur 

Je  receus  hier  la  voftre  et  avec  elle  les  lettres  de  Monfieur  Frenicle  que  je  vous 
avois  preftees,  les  autres  a  Monfieur  le  Chevalier  Digby  ,  que  vous  croiez  y  avoir 
adjouftees  font  demeurées  derrière  2).  Pour  ce  qui  regarde  la  mefure  univerfelle 
j'en  ay  parlé  affez  dans  ma  précédente 3),  et  je  puis  afïùrer  que  mes  expériences  fur 
le  pendule  de  la  demie-feconde  avec  des  boules  de  diverfe  matière  et  grandeur  ont 


')    Cette  date  résulte  de  la  Lettre  N°.  993. 

2)  Voir  les  pièces  Nos.  969,  970,  971  et  972.  Celles-ci  n'ont  donc  pas  été  envoyées  avec  la 
Lettre  N°.  968. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  976. 


6o  CORRESPONDANCE.     1662. 


eftè  très  exactes,  les  quelles  toutefois  je  veux  repeter  encore  par  ce  que  vous 
dites  avoir  trouuè  le  contraire  de  ce  qui  m'eft  arrivé.  Je  vous  rends  grâces  des  expe- 
riments 4)  de  Milord  Brouncker,  a  une  partie  des  quels  je  me  fouuiens  d'avoir  eftè 
prefent  dans  une  galerie  de  Grefham  Collège  mais  non  pas  a  ceux  qui  concernent 
ce  phénomène  extra-ordinaire  au  quel  la  balle  va  de  l'autre  coftè  et  non  pas  vers 
celuy  qu'elle  devroit  fuivant  le  reculement  du  canon.  Quand  je  confidere  la  ligne 
courbe  que  defcrit  la  balle  eftant  dans  le  canon,  et  que  par  la  continuation  du  mou- 
uement  de  cettui  cy  après  qu'elle  en  eft  fortie ,  il  doit  neceffairement  arriver  que 
la  balle  demeure  encore  après  dans  la  ligne  droitte  du  Canon  et  ainfi  tout  droit  de- 
vant la  bouche ,  (car  au  moins  il  y  a  fi  peu  a  dire  que  rien)  je  ne  puis  m'accorder  a 
la  caufe  que  My  Lord  Brouncker  en  donne.  Pour  en  deviner  quelque  autre  il  fau- 
drait avoir  eftè  prefent  et  vu  toutes  les  circonftances. 

Quand  je  cherchay  deux  boules  de  différente  matière  qui  tombaffent  par  l'air  de 
vifteffe  égale,  mon  principe  eftoit  que  leur  fuperficies ,  auquelles  l'air  refifte ,  dé- 
voient avoir  entre  celles  la  mefme  proportion  que  leur  gravitez  actuelles,  et  je  m'af- 
fure  que  My  Lord  Brouncker  s'eft  auffi  fervi  du  mefme.  Ayant  fuppofè  cela,  je 
trouuay  après  quelle  eftoit  donc  la  proportion  de  leurs  diamètres,  qui  en  refulte, 
comme  celle  de  la  pefanteur  des  matières  prife  au  contraire.  Voila  donc  qui  eft 
plaifant  que  vous  m'envoiez  comme  un  nouveau  théorème  ce  qui  m'a  fervi  de 
principe,  car  fans  pafler  par  la  il  m'eftoit  impoffible  de  rien  déterminer. 

Voicy  la  table  que  je  vous  avois  promife  pour  l'équation  du  temps  s),  et  com- 
ment il  en  faut  ufer.  Je  vous  envoyé  auffi 6)  les  divifions  pour  marquer  fur  la  verge 
de  voftre  pendule,  les  nombres  a  coftè  a  main  droite  font  les  diftances  prifcs  du 
point  en  bas  que  j'appelle  centrum  ofcillationis,  et  font  des  centièmes  de  nos 
pouces,  ceux  a  main  gauche  montrent  de  combien  de  minutes  par  jour  voftre  ho- 
rologc  ira  plus  vifte,  que  lors  qu'il  n'y  auroit  point  de  plomb  mobile,  lors  que  vous 
le  haufîez  jufques  là.  mais  il  faut  que  ce  plomb  mobile  foit  ^ïï  du  grand  plomb  du 
pendule,  et  que  la  verge  pefe  aufli  juftement  autant,  le  grand  plomb  doit  tenir  ferme 
a  la  verge,  tellement  qu'il  ne  puiffe  aucunement  branficr.  L'on  peut  facilement 
fubdivifer  encore  ces  divifions,  mefme  jufqu'en  1 5  parties  chacune,  qui  alors  feront 
la  différence  d'une  féconde  par  jour,  en  mouvant  le  petit  plomb  de  l'une  à  l'autre. 
Mlles  ne  montent  pas  plus  haut  que  jufques  a  la  moitié  de  la  verge ,  parce  que  cela 
feroit  inutile,  car  le  petit  plomb  eftant  appliqué  en  diftances  égales  du  point  d'en- 


4)  Voir  l'Appendice  N°.  889  à  la  Lettre  N°.  888.  De  plus,  consultez  la  Lettre  N°.  968. 

5)  Cette  table  est  apparemment  la  même  que  celle  des  Appendices  Nos.  978,  970,  envoyés 
à  Lodewijk  I  luygens  avec  la  Lettre  N°.  977. 

Cette  table  ne  l'ut  pas  jointe  à  cette  lettre,  mais  l'ut  envoyée  le  24  lévrier  avec  la  Lettre 
V.  984.  L'original  s'étant  perdu,  nous  avons  copié  des  Adversaria.  Voir  la  pièce 
N<\985. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  6\ 


bas ,  c'ett  a  dire  du  centrum  ofcillationis ,  ou  du  point  de  fufpenfion  du  pendule  en 
haut,  le  fait  aller  d'égale  viftefle.  Je  fuis  de  tout  mon  coeur 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefobeiffant  Seruiteur 

CHR.    HUGENS    DE    ZULICHEM. 


N=  982. 

J.  Chapelain  à  Christiaan  IIuygens. 
17  février   1662. 


La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  IIuygens. 
Chr.  IIuygens  y  répondit  en  mai  1662. 


Monsieur 


il  n'y  a  eu  autre  mal  dans  le  retardement  de  voftre  Refponfe  ')  que  celuy  de  fa 
caufe.  Cette  maladie  de  trois  femaines  eft  vnc  chofe  fafcheufe  en  vn  homme  de  qui 
tous  les  momens  font  fi  neceflaires  a  l'auancement  des  hautes  connoifTances  et  des 
Arts  les  plus  vtiles  et  les  plus  curieux.  Quelque  plaifir  que  m'apportent  vos  let- 
tres je  les  aurais  volontiers  attendues  trois  mois  encore  et  que  vous  n'euffiés  pas 
eu  vne  fi  pertinent  exeufe  du  filence  quelle  vous  a  fait  garder.  Dieu  (bit  loué  que 
vous  en  foyés  quite  a  fi  bon  marché  dans  vne  faifon  où  nous  ne  voyons  point  de 
maux  de  petite  durée.  Quant  a  Monfieur  voftre  Père  il  me  paroift  toufjours  de 
plus  en  plus  digne  de  louange  et  juftifie  bien  auprès  de  tout  noftre  monde  la  belle 
réputation  qu'il  y  auoit  deuant  que  d'en  eftre  auffi  particulièrement  connu.  Je  me 
fais  violence  de  ne  vous  en  faire  pas  vn  plus  grand  article,  pour  n'attirer  pas  de 
nouuelles  réprimandes  de  voftre  modeftie.  Je  vous  diray  feulement  que  vous  vous 
faites  grand  honneur  l'vn  a  l'autre  et  que  vous  auriés  tous  deux  grand  tort  de  vous 
entredefauouer.  Monfieur  Theuenot  auffi  bien  que  moy  a  prefque  fait  tomber 


')   Cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  J.  Chapelain  manque  dans  nos  collections.  Elle  doit  avoir 
été  la  réponse  à  la  Lettre  N°.  930. 


62  CORRESPONDANCE.     l6Ô2. 


d'accord  Monfieur  Frenicle  de  la  bonté  de  voftre  fol  ut  ion  fur  la  difficulté  qui  l'ar- 
reftoit  dans  voftre  Syfteme  de  Saturne  et  quand  nous  l'auons  prefTé  la  deffus  il  nous 
a  refpondu  auec  difcretion  et  comme  vn  homme  qui  auoit  vne  très  auantageufe 
opinion  de  vous.  Il  n'eft  pas  fi  fatifïait  à  beaucoup  près  de  Monfieur  Wren  et  il 
le  propofe  bien  de  combattre  2)  a  fer  émoulu  ce  que  cet  Anglois  doit  publier  fur  la 
mefme  matière;  car  il  s'eft  tenu  fort  defobligé  de  la  manière  dont  il  l'auoit  traitte 
dans  la  lettre  3)  dont  vous  m'aués  enuoye  lExtrait,  et  qu'il  y  a  plus  dvn  mois  qu'il 
auoit  veue  par  la  voye  de  Monfieur  Digby.  A  eux  deux  le  débat  lequel  ne  fe 
peut  efchauffer  qu'à  voltre  auantage.  J'entre  fans  peine  dans  voftre  fens  que  vous 
deues  pluftoft  mefprifer  que  releuer  vne  objection  comme  celle  qui  vous  auoit  efté 
faitte  puifqu'elle  tombe  d'elle  mefme ,  et  que  vous  la  rendriés  confiderable  fi  vous 
tefmoigniés  d'en  faire  cas.  Monfieur  de  Neuré  ne  me  parle  plus  de  la  prière  quil 
vous  faifoit  par  fon  Epiftre  latine  4)  qui  a  ce  que  je  voy  feft  donc  perdue  par  les 
chemins  auec  celle  5)  dont  je  l'auois  accompagnée.  Je  fcauray  de  luy  s'il  a  encore 
befoin  de  voftre  affiftance  pour  cela  et  vous  en  rendray  conte.  C'eil  vn  homme 
d'importance  et  voftre  grand  admirateur.  Je  feray  auffi  loffice  que  vous  mordonnés 
auprès  de  Monfieur  Ampiou  et  il  apprendra  de  moy  le  reffentiment  que  vous  con- 
ferues  des  marques  qu'il  vous  a  données  de  fon  amitié  et  de  fon  eftime.  Il  a  fait 
fureter  par  tous  nos  bureaux  de  pofte  et  de  meffagerie  le  paquet  que  je  l'ay  aïïliré 
fur  voftre  lettre  que  vous  luy  auiés  adrefie  d'Angleterre  et  il  la  fait  inutilement. 
La  mauuaife  Fortune  vous  a  maltraittes  également  en  cela,  puifque  vous  n'aués 
pas  non  plus  receu  le  fien.  Je  commence  a  eftre  en  peine  de  celuy  que  Monfieur 
Theuenot  et  moy  vous  auons  enuoye  par  loccafion  de  Monfieur  de  Vicquefort 
voyant  celle  de  Monfieur  de  Thou  incertaine.  Monfieur  voftre  Frère  mit  ce  paquet 
entre  les  mains  de  Mondit  Seigneur  de  Vicquefort  pour  faire  partie  de  fon  balot 
lequel  deuroit  bien  eftre  arriué  depuis  le  temps 6).  Faites  luy  je  vous  prie  feauoir 
noftrc  inquiétude  et  la  voftre  afin  que  des  l'inftant  qu'il  laura  receu  il  vous  face 
porter  ce  qui  y  eft  enfermé  pour  vous  et  que  vous  puifliés  fatiftaire  voftre  impa- 
tience touchant  ce  Hure7)  de  Dioptrique  Italien.  Vous  naures  guère  moins  de  fujet 
den  auoir  touchant  le  Dialogue  8)  que  j'y  auois  joint  pour  vous  et  pour  Monfieur 
Voflius  de  la  part  de  fon  Authcur  Monfieur  Muet,  tant  la  matière  de  la  Traduction 
y  eft  élégamment  et  feauammant  maniée.  Jefpere  que  vous  m'en  mettrés  l'efprit 
en  repos  par  vos  prochaines  lettres  et  que  les  premières  nouuelles  que  j'auray 


:)  Consultez  la  Lettre  N°.  970. 

3)  Voir  l'Appendice  N°.  934. 

4)  Voir  l'Appendice  N°.  913. 

5)  Voir  les  Lettres  Nos.  911  et  9 1 2. 
rt)  Voir  la  Lettre  N°.  930. 

7)  Il  s'agit  du  livre  de  Mancini,  décrit  dans  la  Lettre  N°.  774,  note  1.  Consultez  la  Lettre 
N°.  911,  note  2. 

8)  Voir  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  908,  note  1. 


CORRESPONDANCE.    l66l.  63 


de  vous  feront  que  le  tout  vous  aura  efte  rendu  et  que  voftre  cabinet  en  fera  d'au- 
tant plus  riche.  Continues  je  vous  conjure  a  m'aimer  et  a  croire  qu'on  ne  fcauroit 
eftre  plus  que  je  fuis 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefobeiffant  feruiteur 
Chapelain. 

De  Paris  ce  17.  Feurier  1661. 

A  Monfieur 
Moniteur  Christianus  Hugens  de  Zulikum 
Gentilhomme  Hollandois 

A  la  Haye. 


N-  983. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huvgens. 

22    FÉVRIER    1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leidett,  coll.  Huygens. 

11  février  1662. 

Monfieur  de  's  Gravemoer  ')  m'eft  venu  conter  l'argent  il  y  a  5  ou  6  jours ,  à 
feavoir  193  livres  15  fous,  car  félon  noftre  compte  cela  fait  232  livres  10  fous, 
argent  de  France,  à  compter  les  efeus  pour  autant  de  Ryxdalers. 

Pafcal  me  promet  que  l'horologe  fera  faite  demain  laquelle  je  fuis  bien  d'avis 
d'envoier  par  Bruxelles  mais  il  fera  bon  de  veoir  premièrement  comment  le  beure 
aura  pafTè  2).  Demandez  a  Monfieur  Chaife  ce  qu'il  veut  que  je  faffe  du  refte  de 
fon  argent  après  que  la  dite  horologe  en  aura  eftè  payée.  La  Signora  Catherine  3) 
eft  icy  de  retour  depuis  10  ou  12  jours,  et  encore  n'ay  je  pas  elle  pour  la  veoir; 
qu'il  juge  de  là  fi  je  n'en  fuis  pas  bien  amoureux. 

Monfieur  Vicquefort  me  dit  il  y  a  15  jours  qu'il  avoit  receu  nouuelle  que  la 


!)    Adam  van  der  Duyn.  Voir  la  Lettre  N°.  967,  note  4. 

=)   Consultez  la  Lettre  N°.  962. 

3)    Il  s'agit  de  Catbarina  Smitz.  Consultez  la  Lettre  N°.  ç>6~  ,  note  6. 


64  CORRESPONDANCE.     1662. 

baie  ou  il  avoir  mis  mes  liures  eftoit  en  fin  partie  de  Paris,  que  fon  coffre  eftoit 
venu  avec  luy  ,  mais  qu'il  n'y  avoit  pas  pu  mettre  les  dits  livres.  Je  ne  fcay  qu'en 
croire,  mais  c'eft  toufjours  contre  la  promefTe  qu'il  vous  a  faite. 

Nous  dinames  hier  chez  ma  tante  de  Sint  Annalandt 4)  ou  arriva  auflî  pendant 
le  difner  Monfbur  van  Leeuwen  5),  tellement  que  de  3  de  vos  lettres  6)  ouuertes 
tout  a  la  fois  j'ay  appris  amplement  toutes  les  circonrtances  de  ce  que  vous  me 
dites  en  paflant,  touchant  vos  divertiflements  de  quarefme  prenant.  Je  doute  fort 
li  ce  qui  vous  fait  prendre  tant  de  plaifir  a  ces  mafquerades  et  courfes  de  bal ,  n'eft 
pas  pluftofi:  la  compagnie  dans  la  quelle  vous  y  allez ,  que  la  beauté  et  diverfitè 
des  habits  que  vous  rencontrez.  Van  der  Honart  7)  fçaura  ce  que  vous  me  mandez 
touchant  (es  platfonds.  Belletie  8)  fera  baifée.  Vos  livres  font  en  bon  eftat.  Mon- 
fieur  Sorbiere  me  donne  une  plaifante  commiflion  y)  de  m'informer  comment  fe 
porte  la  famille  de  fon  beauperc.  feroitce  bien  peut  élire  que  fa  belle  foeur  IO) 
defire  que  je  l'aille  veoir.  Si  vous  le  rencontrez  chez  Monfieur  de  Montmor  ou 
ailleurs  dites  luy  que  je  luy  en  manderay  des  nouuelles  la  prochaine  fois. 

Par  ma  dernière  JI)  je  vous  ay  fait  part  d'une  expérience  aflez  confiderable,  qui 
vous  aura  fait  veoir  que  ma  machine  ne  demeura  pas  tout  a  fait  fans  employ.  Et 
j'y  ferais  plus  affidu  fi  ces  belles  chofes  ne  m'emportoyent  pas  trop  de  temps. 
J'ay  mefurè  ces  jours  païïez  le  poids  de  l'air  par  le  moyen  de  la  phiole  que 
je  retire  de  la  machine  après  que  l'air  en  eft  dehors.  Elle  contenoit  environ 
120  onces  et  un  quart  d'eau  de  pluijc,  et  j'ay  trouuè  que  l'air  qui  la  remplit 
pefe  juftement  £  d'once,  l'ayant  premièrement  pefée  pleine  d'air ,  et  aufli  après 
qu'il  en  avoit  elle  tire.  De  la  je  conclus  que  la  gravité  de  l'air  eit  a  celle  de 
l'eau  comme  1  a  962,  ou  1  a  960,  ayant  par  pluficurs  fois  trouuè  toufjours  fort 
près  la  mefme  proportion.  Et  puis  qu'un  pied  cubique  d'eau  pefe  63  de  nos  livres 
comme  l'a  expérimenté  Snellius,  il  s'en  fuit  que  le  pied  cubique  d'air  pefe  1  once 
et  ^6.  Par  ou  vous  pouucz  aifement  calculer  combien  de  poids  d'air  il  y  a  en  quel- 
que chambre  dont  vous  feachez  les  mefures,  comme  icy  dans  la  miene  il  y  en  doibt 
avoir  environ  184  livres.  Monfieur  Hoilc  n'a  pas  fait  cette  recherche  li  exaéte- 
ment  ni  par  la  mefme  manière,  quoy  que  pourtant  la  proportion  qu'il  met  d'un 
•a  938  s'accorde  afiez  bien  avec  la  miene. 


4)  Gccrtruid  Hliygens,  mariée  à  Philips  Doublet,  père.   Voir  In  Lettre  N°.  197,  note  6. 

5)  Voir  la  Lettre  N°.  237,  note  1. 

6)  Nous  ne  connaissons  aucune  de  ces  trois  lettres. 

")   J.  van  den  I  lonert.  Voir  la  Lettre  N°.  803 ,  note  1 1 . 
8)    Probablement  il  s'agit  ici  de  Isabella  van  Aerssen. 

I  lonsultez  la  Lettre  N°.  980. 
lo)  Mademoiselle  Renaud,  qui  demeurait  à  la  Haye. 

'  !onsultez  la  Lettre  N°.  çjy. 


CORRESPONDANCE.     l66)2. 


65 


Pafcal  vient  de  me  montrer  l'horologe  de  Monfieur  Chaife  qui  eit  Tort  bien  et 
proprement  travaillée  et  je  n'y  ay  trouuè  a  redire  que  le  timbre  qui  n'eftoit  pas 
clair  a  mon  grè ,  et  partant  je  le  luy  fais  changer. 


N°  984. 


Christiaan  Huygens  a  R.  Morav. 

24    FÉVRIER     1662. 

La  lettre  se  trouve  h  Londres,  Royal  Society. 
R.  Moray  y  répondît  /"■'"  le  No.  997. 


A  la  Haye  le  24  février   166,1. 


Monsieur 


Voicy  les  divifions  du  pendule  *)  que  j'oubliay  d'enfermer  dans  ma  précédente 2), 
par  une  nonchalance  d'autant  plus  lourde  que  je  venois  de  remarquer  la  voltre 
en  pareil  cas.  Vous  entendrez  donc  ce  que  fignifient  les  nombres  mis  a  colle  de 
la  ligne,  et  comment  il  faut  approprier  le  pendule,  de  ce  que  dans  la  dite  lettre 
j'en  ay  eferit.  Pour  vous  enquérir  fi  les  platines  ont  la  forme  re- 
quife  de  Cycloide,  il  en  faut  avoir  une  platte  limée  exactement 
de  la  forme  qui  le  doit  ajuller  entre  les  deux  platines  courbes, 
ainfi  l'horologer  3)  me  dit  qu'il  a  obfervè  la  vraye  figure  le 
plus  exactement  qu'il  a  pu,  mais  je  vous  en  crois  plultolt  fi 
vous  trouucz  le  contraire.  Apres  que  voftre  horologe  fera  mile 
une  fois  au  point  qu'il  faut,  ne  craignez  pas  que  le  changement 
de  l'air  en  altère  le  train ,  au  moins  je  ne  me  fuis  aucunement 
apperceu  de  cela  dans  la  miene  ,  qui  a  marche  a  cet  heure  plus 
de  4  mois  fans  manquer  d'une  minute.  Cette  grande  jultefic 
m'a  donne  envie  d'effaier  avec  une  plus  petite  horologe,  h  la 
quelle  on  travaille  maintenant,  fi  eftant  fufpendue  et  agitée  elle  fera  quelque 
chofe  d'approchant,  pour  veoir  ce  qu'il  en  faut  efperer  pour  les  Longitudes. 


')    Voir  l'Appendice  N°.  985. 

2)  Consultez  la  Lettre  N°.  98  1  du  17  février. 

3)  Pascbal ,  horloger  à  la  Haye. 

Œuvres.  T.  IV. 


GG  CORRESPONDANCE.    iGGï. 


['attens  avec  impatience  ce  que  Monfieur  Boile  aura  dit  de  l'expérience  que 
je  vous  av  envoiée4),  touchant  l'eau  qui  ne  defeend  point.  La  dernière  que  j'ay 
laite  a  elle  pour  trouuer  la  pefanteur  de  l'air,  dans  la  quelle  je  me  fers  d'une 
phiole  qui  peut  tenir  environ  130  onces  d'eau,  et  que  je  puis  ofter  facilement 
de  la  machine  après  qu'elle  eft  vuidée.  J'ay  trouuè  la  proportion  de  la  pe- 
fanteur de  l'air  a  celle  de  l'eau  affez  près  la  mcfme  que  Monfieur  Boile  a  feavoir 
comme  1  à  060,  c'eft  a  dire  environ,  car  la  très  jufte  mefure  on  ne  feauroit  l'avoir, 
ii  ce  n'eft  que  par  un  autre  moyen  plus  pénible,  que  je  me  fuis  imagine.  Mandez 
moy  je  vous  prie  ce  que  vos  géomètres  jugeoient  de  la  demonltration  5)  de  Mon- 
fieur  Milord  Brouncker,  et  ce  que  luy  mcfme  en  penfe  après  avoir  vu  mes  re- 
marques 6). 


Je  fuis 

Monsieur 


Voflre  très  obeiflant  feruiteur 

ClIR.    HUGENS    DE   ZuLICHEM. 


Je  baife  très  humblement  les  mains  a  Monfieur  Bail  r)  et  me  fouuenant  touf- 
jours  de  l'accueil  qu'il  me  lit  chez  luy,  je  fouhaite  avec  pafiion  de  luy  pouuoir  ren- 
dre fervice,  et  témoigner  la  grande  eltime  que  j'ay  pour  fa  perfonne. 

A  Monfieur 
Monfieur  Robert  Moray 
Chevalier  &c.  demeurant  dans  Whithall 
du  collé  du  Jardin 
A 
8  il.  Londres. 


Consultez  la  Lettre  N°.  963. 
'  'on  mitez  la  pièce  N°.  965. 
<  'om  ultez  In  Lettre  N°.  p  6 
.   Peter  Bail,  le  père.  Voir  la  Lettre  N°.  49-,  note  2. 


CORRESPONDANCE.     1662.  07 


N=  985. 

Christiaan  Huygens  a  R.  Moray. 

[février   1662.] 

Appendice  au  No.  984. 

La  puce  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens  ')• 
Plumbum  mobile  efl  \  ponderis  virgae  aeneae,  haec  vero  -ï-  ponderis  appenfi. 

temporis  partes  quibus  anticipabit  divifiones  virgae  penduli  38  polliciim  fecunda 

peiidulum  fimplex  in  24  horis.  fcrupula  (ingulis  vibrationibus  facientis. 


2.0" 

15,661 

</ï 

!'-55" 

i4,i54 

*4-> 

i'.5o" 

12,813 

3 

i'-45' 

11,639 

O 
E- 

i'.4o" 

10,630 

<v 

ï'-35* 

9,788 

0    . 

r.30" 

9,112 

El.    £ 

l:25l 

8,421 

2     § 

\'  .10 

7,762 

l'.mlK 

7,J39 

ii  s 

i'.io" 

6,534 

2  ° 

l:5', 

5,965 

S  "a 

1  '.0  " 

5,426 

"2  "5c 

55" 

4,904 

S  J2 

5°" 

4,398 

a.  2 
.2   2 

45" 

3,9°8 

40" 

3,433 

3  '— 

a.  .S 

35" 

2,973 

30" 

2,529 

3 

25l 

2,102 

"> 

16' 

1,678 

-5 

15* 

!,255 

3 

10" 

0,834 

5" 

0,416 

■- 

0  centrum  ofci 

llationis 

o,224ccntrum 

gravitatis 

plumbi. 

a  pundto  fufpenfionis  hic  ulque 

funt  38  pollices  pedis  Rhenolandici. 

ab  hoc  vero 

punéto ,  nempe  centro 

ofcillationis ,  diuifiones  virgae  fecundum 

adfcriptos  nume- 

ros  fumendae  funt,  qui 

millefimas  pollicum  fign 

ficafit. 

')  Quoique  cette  table  ne  réponde  pas  exactement  aux  indications  données  par  I  [uygens  dans  la 
Lettre  N°.  08 1 ,  nous  avons  cependant  cru  pouvoir  l'insérer  à  cette  place.  Voir  la  note  6  de 
la  Lettre  N°.  981. 


68  CORRESPONDANCE.    \66l. 


N=  986. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

28    FÉVRIER    1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  t murent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

le  29  Février   1662  '). 

Je  voudrois  que  vous  ne  fuffiez  pas  fi  grand  courreur  de  bal  et  que  mes  lettres 
fufTent  délivrées  la  ou  il  faut.  Monficur  de  Carcavy  fera  eilonnc  de  quoy  je  ne 
luy  envoyé  pas  de  refponfe,  et  vous  euflîez  pu  luy  faire  porter  la  lettre  -)  (ans  y 
aller  vous  mefme.  En  fin  vous  avez  vu  qu'on  y  peut  gagner  des  rheumes ,  et  fi  le 
voltre  vous  traite  de  mefme  que  le  mien  m'a  traite,  il  poura  rabattre  un  peu  des 
plaifirs  que  vous  venez  de  goûter,  mais  je  vous  fouhaite  plus  de  bonheur  et  que 
du  moins  les  relies  du  rheume  ne  vous  fafïènt  pas  l'affront  qu'ils  font  a  moy,  car 
ils  m'ont  caufè  une  vilaine  inflammation  au  nez ,  tellement  que  6  jours  durant 
j'en  ay  eu  la  phifionomie  ridicule,  et  elle  contraint  de  garder  la  maifon.  aujourdhuy 
cela  commence  a  pafler,  et  mon  nez  a  reprendre  fa  figure  accoutumée  que  vous 
connoifTez. 

Monfieur  Frenicle  le  plaint  des  Anglois,  comme  m'eferit  aulfi  Monficur  Cha- 
pelain 3),  et  eux  fe  plaignent  encore  plus  de  luy,  de  forte  qu'apparemment  il  en 
naillra  quelque  fanglante  guerre,  de  la  quelle  je  n'ay  point  de  tout  d'envie  de  me 
méfier,  mais  feray  neutre. 

Infifiez  je  vous  prie  auprès  de  Monficur  Tetit  pour  avoir  la  lettre  de  Monfieur 
Fermât 4).  S'il  m'a  eferit  de  la  manière  de  porter  les  pendules  par  mer,  fa  lettre  5) 
s'eft  efgarée,  car  je  n'ay  rien  receu  depuis  peu  de  fa  part.  La  penfée  de  mon  Père 
fur  ce  fujcét,  qu'il  m'a  envoyée rt)  cil  bonne  en  effccl:  et  la  mefme  que  j'ay  eue  il  y  a 
long  temps,  a  feavoir  de  fufpendre  l'horologe  au  bas  d'un  pendule  grand  et  pe- 
lant, mais  il  y  faut  encore  autre  choie  pour  la  guarantir  du  choc  de  haut  en  bas , 
dont  je  croy  auffi  maintenant  de  feavoir  l'invention. 

Madame  du  Portail7)  cfl:  une  dame  de  refpecr,  et  d'authoritè  tout  ce  qui  fe  peut, 
et  je  m'eltonne  que  vous  ayez  oublie  que  je  vous  le  dis  a  voltre  départ.  Il  n'y  avoit 
point  de  caroiïè  lors  que  j'y  ellois ,  et  je  n'ay  pas  feeu  mefme  qu'il  y  en  eut  un  cy 


')    Ici  Huygens  s'est  trompé  de  date:  c!i  lévrier  nous  paraît  plus  probable  que  le  1er  mar<. 
-  ;    Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  a  I'.  de  Carcavy. 

<  lonsultez  la  Lettre  N°.  9S2. 
4;    Voir  la  Lettre  N°.  98p. 

s)   Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  de  1'.  Petil  a  Christiaan  Huygens. 
'•  1    Nous  ne  possédons  pns  cette  lettre  de  Constantyn  I  (uygens,  père. 
')    Nous  conjecturons  que,  dans  la  lettre  de  Lodewijk  Huygens  a  laquelle  celle  de  Christiaan 

sert  de  réponse,  le  nom  du  Portail  a  été  donné  a  Madame  Petit. 


CORRESPONDANCE.     l6Ô2.  69 


devant.  La  chère  Marianne8)  a  ce  que  je  vois  fait  encore  la  mefme  vie  qu'alors 
je  veux  dire  qu'elle  chaflè  et  reprend  des  fervantes  et  qu'elle  gouuernc  toute  la 
mai  Ton.  C'elloit  la  plus  plai  faute  chofe  du  monde  de  l'entendre  quand  elle  exami- 
noit  de  ces  petits  garçons  qui  venoient  offrir  leur  fervice  en  qualité  de  Bafque;  et 
quand  elle  commandoit  h  Louifon  de  laiflèr  vcoir  fou  &c. 

Ces  expériences  de  Monfieur  Rohaut  font  belles  principalement  parce  que  fa 
pierre  d'aimant  eft  très  excellente  la  quelle  je  voudrois  que  vous  et  mon  Père  vif- 
(îez.  autrement  je  ne  feache  pas  qu'il  m'ait  rien  fait  vcoir  d'extraordinaire. 

Monfieur  de  Brienne  le  fils  y)  lors  que  je  le  vis  l'hyver  pafTè  me  paruft  eftre 
d'un  cfprit  trefmediocre ,  de  forte  que  je  crois  qu'il  y  a  bien  des  chofes  plus  faciles 
et  claires  que  mon  traiétè  de  quadratura  circuli  IO)  que  le  bon  fire  n'entend  pas. 
Adieu. 


N2  987. 

Christiaan  Huygens  à  N.  Heinsius. 

6    MARS     1662. 

La  lettre  se  trouve  a  Leiden  ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  aux  Nos.  959  et  966.     N.  Heinsius  y  répondit  par  le  No.  1000. 

Illuftri  Viro  Domino  Nie.  Heinsio  Chr.  Hugenius  S. 

Binas  tuas  accepi,  quarum  priores  tantum  adhuc  fpem  faciebant  de  phaenome- 
nis,  alterae  picïuram  elegantem  attulcre  illius  quod  anno  1658  fuit  obfervatum; 
qua  profecto  non  mediocriter  gauifus  fum,  magnique  muneris  inftar  habebo  quae- 
cunque  alia  hujus  generis  mihi  impertiueris.  Praecipue  autem  illius  quod  in  tcmplo 
extat  parelij  formam  cognofeere  defidero  atque  co  nunc  magis,  quod  ifti  quod  nu- 
per  accepi  non  multum  diflimile  elfe  feribis.  Sunt  enim  in  co  quaedam  adeo  ab 
omnibus  alijs,  quac  ufquam  ôbfervata  feiam,  diuerfa,  ut  vix  ad  rei  veritatem  de- 
feripta  mihi  perfuadeam  nifi  cadem  etiam  alias  apparuifle  conftiterit.  Pigerrimo 


8)  Marianne  Petit.  Voir  la  Lettre  N°.  878,  note  1. 

9)  Henri  Louis  de  Loménie,  comte  de  Brienne,  fils  du  comte  Henri  Auguste  de  Loménie  et 
de  Ironise  de  Luxembourg,  naquit  à  Paris  en  1635  et  mourut  à  l'abbaye  de  St.  Séverin  de 
Château  Landon  le  17  avril  169R.  Après  avoir  beaucoup  voyagé,  il  épousa  en  1656  Henriette 
Bouthillier,  et  devint  secrétaire  d'État.  En  1663,  après  la  mort  de  sa  femme,  il  se  retira  à 
l'oratoire,  qu'il  quitta  en  1670;  depuis,  il  mena  une  vie  dissipée,  de  sorte  que,  en  1673,1! 
fut  séquestré  comme  aliéné  à  St.  Lazare,  d'où  il  ne  sortit  qu'en  1692. 

10)  Voir  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  191 ,  note  1. 


7° 


CORRESPONDANCE.    1662. 


itaque  piriori  ')  faepe  non  optima  praecari  foleo  qui  in  re  tantilla  tamdiu  nos  fuf- 
penfos  tenet. 

Ludovicus  frater  fuo  nomine  quam  diligentiffime  tibi  lalutem  dicere  jufîit :).  ad 
ea  vcro  quae  ab  ipfo  perieras3)  rcfpondit,  cum  primum  poïïet  Bibliothecam  regiam 
fe  aditurum  quaeque  ibi  extent  Ovidij  exemplaria  recogniturum.  In  Coenobio  au- 
cem  Sanéli  Laurentij  Metamorphoefos  codicem  antiquiffimum  atque  optimum  fuo 
judicio  cum  tua  editione  contuliïïe,  quanquam  obiter  tantum;  annotafîe  autem  prae- 
terea  quinam  alij  illic  fuperfînt  quafque  operis  partes  iinguli  compleétantur.  Scd 
fcedulam  in  qua  haec  defcripférit  repofuifïe  in  locum  undc  depromi  nifi  ab  ipfo  ne- 
queat.  Ejus  itaque  ubi  e  Gallia  redierit  copia  tibi  fiet,  quanquam  fane  non  adhuc 
fcio  quam  brevi  id  futurum  fperare  debeam.  Literas  tuas  ad  Capcllanum  Vlitium 
caeterofque  omnes  optime  curatas  elfe  ne  dubita.  Illum  vero  nihil  hucuique  referip- 
iiile,  maximi  cum  materiam  praebeant  clegantiflimi  verius  tui 4),  quibus  Delphini 
natales  celebrafti,  nefeio  quid  caufa  efle  dicam ,  qui  iciam  quam  alioqui  ibleat  in 
bis  eife  officiofus. 

Ab  Illuftriffimo  Monmorio  nuper  dono  accepi  Patris  Mambruni ,  E  Societate 
Jefu,  poemata5J),  quae  Virgilij  fcilicet  exemplo  trifariam  divifa  funt,  ut  pars  prima 
Eclogas  contineat,  altéra  de  cultura  animi  libros,  ftylo  Georgicôn  feriptos,  ultima 
denique  Epicum  carmen,  Idololatria  debellata  feu  Conftantinus  inferiptum.  Ex 
omnibus  minime  placent  Bucolica.  In  heroico  aliquanto  melius  fucceffit  quanquam 
optima  quaeque  ex  Virgilio  cxprefla  ac  tranflata  animadvertam.  Vellem  de  his  ju- 
dicium  tuum  intelligere  liceret.  Zelemius rt)  te  refalutat ,  de  naevis  illis  typogra- 
phicis  faepe  antea  mihi  queftus  eft,  fed  quid  remedij  nifi  ut  altéra  forfan  editione 
expurgentur.  Vale. 

Dabam  Hagae  comitis  6  Martij   1662. 

Mijn  Hccr 
Mijn  Heer  Nie.  Heinsius 
Refident  van  wegen  H  are  H  00g  Mogenden 

in  Swedcn 

Tôt 

Stockholm. 


')  Munnickhove.  Voir  la  Lettre  N°.  922. 

2)  Nous  ne  possédons  pas  cette  lettre  de  Lodewijk  I  [uygens. 

3)  Consultez  les  Lettres  Nos.  ^22  et  957. 

4)  Il  s'agil  ici  du  poème,  inséré  dans  son  wElegiarum  Liber  IV:" 

Genethliacon  Filio primogenito  Ludovici  XIV  Régis Chriftianilïïmi. 

;  Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  908,  note  1  1. 

rt)  Constantyn  Huygens,  frère. 


CORRESPONDANCE.     ]66l. 


Ns  988. 

Christiaan  Huvgens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

8    MARS    1662. 
La  lettre  et  la  copie  ne  trouvent  à  Leiden,  col/.  Huygens. 

le  8  mars   1661. 

Je  vous  remercie  de  l'adrelTe  de  mes  lettres  et  des  voyages  faits  a  ma  follicitation. 
En  revanche  nous  aurons  foin  de  vos  recommandations  en  recevant  bien  les  pèle- 
rins J)  qui  font  en  chemin ,  a  quoy  auffi  nous  obligent  les  ordres  de  mon  Père. 

Monfieur  Petit  s'eilonne  peut  élire  que  les  nombres  de  ma  table  des  aequations 2) 
font  différents  de  ceux  qu'il  trouue  dans  quelques  autres,  mais  il  doit  feavoir,  que 
cette  diuerlitè  n'empefche  pas  que  l'cffeél  n'en  foit  tout  le  mefme,  et  que  de  la 
miene  j'en  pourois  former  plufieurs  autres  qui  auraient  les  nombres  tout  diffé- 
rents, et  qui  ferviroient  pourtant  de  mefme  qu'elle,  qu'il  cfTaye  donc  li  l'effect  de 
fes  autres  tables,  lors  qu'il  s'en  fert  félon  las  règles  que  les  autheurs  preferiuent, 
ne  s'accorde  pas  avec  celuy  de  la  miene.  que  fi  cela  n'arrive  point,  je  puis  l-'afïurer 
qu'elles  ne  font  pas  calculées  fur  un  bon  fondement,  car  je  n'ay  pas  feulement  la 
dcmonllration  pour  moy  mais  auffi  l'expérience;  le  cours  de  mon  horologe  qui  con- 
tinue d'aller  depuis  44  mois,  vérifiant  exactement  le  calcul  de  ma  table.  Vous  avez 
pris  bien  de  la  peine  a  me  copier  la  longue  lettre  3)  de  Monfieur  de  Fermât,  et  je 
vous  en  fuis  oblige,  parce  qu'a  cet  heure  j'ay  contenté  ma  curiofitè  ,  quoy  que  je 
ne  trouue  guère  de  fatiffaction  dans  fa  doctrine.  Il  fuppofe  bien  des  choies  touchant 
la  nature  de  la  lumière  et  de  celles  des  corps  diaphanes,  defquelles  il  n'y  a  point 
de  certitude;  et  après  cela  encore  ce  pitoyable  axiome,  que  la  nature  opère  touf- 
jours  par  les  voyes  les  plus  courtes,  par  lequel  je  n'ay  jamais  veu  qu'on  aye  bien 
demonilrè  aucune  vérité.  Pour  faire  donc  l'accord  entre  luy  et  Monfieur  des 
Cartes  je  dirais  que  ny  l'un  ny  l'autre  a  prouve  le  théorème  fondamental  des  ré- 
fractions, et  qu'il  n'y  a  que  la  feule  expérience  qui  nous  en  rende  certains. 

Quelque  opinion  qu'ait  Monfieur  Petit  de  la  capacité  de  Monfieur  le  Duc  de 
Roancs  pour  les  chofes  de  Mechanique,  je  vous  afîiire  qu'il  en  a  plus  que  luy , 
et  vous  verrez,  quand  vous  luy  communiquerez  quelqu'une  de  mes  dernières  ex- 
périences, s'il  n'en  raifonne  pas  plus  fubtilement  que  l'autre. 

Il  me  tarde  de  veoir  le  feigneur  Chaife  qui  nous  feaura  raconter  par  le  menu 
l'hiftoire  de  tous  vos  pafïètemps  et  mafquerades  de  Paris.  Son  horologe  eil  entre 
mes  mains  depuis  4  jours ,  et  apprend  a  aller  jufle  auprès  de  la  miene,  qui  le  feait 


*)    Chieze,  Buysero  et  Amato.  Voir  la  Lettre  N°.  996. 
:)    Voir  la  Table  N°.  979. 
3)    Voir  l'Appendice  N°.  990. 


72 


CORRESPONDANCE.     l66"2. 


en  perfection.  Celle  que  j'ay  t'aie  faire  pour  le  deïïein  des  longitudes  fera  achevée 
dans  8  ou  10  jours.  Adieu. 

D'où  vient  que  jufqu'icy  je  ne  vous  ay  point  ouy  faire  mention  de  Monfieur 
l'Abbè  Charles4).  Je  penfe  vous  avoir  enfeignè  fa  demeure  à  feavoir  vis  a  vis  du 
Louvre  et  du  quartier  que  tenoit  Monfieur  le  Cardinal.  Mais  j'ay  quelque  doute 
que  peuteftre  il  fera  demeuré  au  lieu  de  l'on  bénéfice  5)  ou  il  eltoit  allé  faire  un 
voyage,  car  allurement  il  n'auroit  pas  ignore  ii  long  temps  que  mon  Père  eft  a 
Paris  et  l'auroit  elle  trouuer.  C'eft  le  meilleur  homme  et  le  plus  candide  que  faye 
jamais  vu ,  et  que  j'aime  tout  a  fait.  Partant  mandez  moy  de  fes  nouuelles,  ii  vous 
en  feavez. 


N°  989. 

P.    PKTIT    h    ClIRISTIAAN    HUYGENS. 

8    MARS     \662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  cuil.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  le  25  mai   1662. 

A   Paris  le  8me  Mars    1662. 

Monsieur  &c. 

Jay  lhonneur  de  voir  fi  fouucnt  Monfieur  voftre  frère  quil  me  femble  que  vous 
ne  foyez  point  abfent  &  fa  prefence  me  rend  en  quelque  façon  parefieux  de  vous 
eferire.  Mais  comme  jl  cil  pourtant  jmpoffible  de  fe  priuer  fi  longtemps  de  cette  la- 
tiffaétion  particulièrement  quand  quelque  occafion  fen  prefente  je  m'entretiendray 
auec  vous  par  ce  papier  fur  la  table  ')  que  vous  auez  cnuoyé  delEquation  des  jours 
laquelle  montant  prefque  jufques  a  32',  Je  ne  fcay  fur  quel  fondement  vous  huiez 
calculée  car  vous  ne  pouuez  pas  lauoir  entièrement  faitte  fur  vos  obferuations  du 
pendule  ny  ayant  pas  encores  vue  année  que  vous  les  auez  commencées,  de  lauoir 


4)  Charles  de  Bryas,  fils  du  gouverneur  du  roi  d'Espagne  a  Marienbourg,  naquit  à  Saint  Ghislain 
en  [625  et  mourut  à  Douai  le  23  lévrier  \6%6.  Etant  devenu  carmélite,  il  changea  son  nom 
en  celui  de  „('harles  de  PAssompticn".  Il  voulut  se  consacrer  aux  missions  de  la  l'erse,  ce  qui 
ne  lui  fut  pas  accordé.   Il  enseigna  la  théologie  a  Douai  ci  y  devint  provincial  de  son  ordre. 

s)   Douai,  où  alors  il  était  prieur  du  couvent. 


'j   Voir  l'Appendice  N".  97p. 


CORRESPONDANCE.     l6Ô2.  ~3 


aufli  prife  de  celles  de  Tycho,  Kepler,  Bouillaud  &  autres  je  ny  vois  pas  le  rapport 
tout  entier  quand  mefmes  vous  auriez  voulu  adjoufter  lequation  dun  jour  a  celle 
dvn  autre  &  ainfi  de  fuitte  jufques  a  la  plus  grande,  de  façon  que  ne  (cachant  point 
le  fondement  de  voftre  dite  table  Je  nen  puis  parler  que  par  foy  a  ceux  qui  men 
demandent  mon  auis.  Mais  Je  vous  prie  de  me  lexpliquer  &  me  dire  fi  ceft  en  partie 
par  les  obferuations  du  pendule  &  en  partie  par  le  Calcul  Géométrique  fuiuant  les 
pofitions  de  tel  ou  tel  Aftronome  que  vous  l'auez  ainiî  rédigée  ,  et  fi  vous  entendez 
comme  quelques  vns  l'ont  penfé  en  voyant  voftre  dite  table ,  que  le  15.  jour  par 
exemple  du  prefent  Moys  foit  plus  long  de  5'  58"  que  le  10e  jour  de  feurier  ou  jl 
ny  a  point  d'équation,  ceft  a  dire  que  le  foleil  employé  precifement  24  heures  dvn 
midy  a  laùtre;  fi  cela  eftoit  ainfi  voftre  table  ne  feroit  compofee  que  de  la  différence 
des  jours  apparens  les  vns  aux  autres,  adjouftee  de  jour  a  jour  et  ne  feroit  que  pour 
lvfage  d'une  horloge  a  pendule.  Mais  pour  lauoir  ainfi  trouué  par  lexperience  jl 
faut  fuppofer  que  voftre  Pendule  foit  bien  rectifie  &  que  les  jnegalitez  que  vous 
trouuez  dun  midy  a  l'autre  par  exemple  ne  procèdent  point  de  voftre  Machine  ny 
daucune  jnegalite  de  lair  ce  qui  eft  bien  difficile  a  prouuer  &  laiftera  toufjours  du 
doubte  jufqua  ce  que  par  plufieurs  foys ,  &  par  diuers  pendules ,  en  diuers  temps , 
&  par  diuers  obferuateurs,  lexperience  aye  efte  bien  confirmée.  Ce  que  je  ne  fuis 
pas  encores  en  eftat  de  pouuoir  faire  ne  pouuant  faire  cheminer  mon  grand  hor- 
loge de  3  pieds.  Mais  jefpcre  que  j'en  viendray  a  bout  au  premier  loifir  que  mon 
ouurier  aura  dy  refaire  la  Roue  de  Rencontre  &  la  mettre  horizontalement  pour 
ofter  le  pignon  des  Palettes  &  la  Roue  qui  mené  la  Maniuelle.  Cepandant  Jatten- 
dray  vne  plus  ample  explication  de  voftre  dite  table. 

Pour  vos  expériences  fur  le  vuide  elles  me  donnent  beaucoup  de  fatiffa&ion 
quand  Je  les  voys  dans  vos  lettres  a  Moniteur  voftre  frère.  Mais  comme  je  croy  que 
vous  en  retenez  le  memoyre  &  le  journal  jefpere  que  vous  aurez  bien  la  bonté  de 
men  faire  faire  vn  de  ces  jours  quelque  Copie,  nous  ne  pouuons  point  icy  y  trauail- 
ler  faute  de  verrerie  &  de  curieux,  me  trouuant  feul  avec  Monfieur  Ofo:)  &  quel- 
que peu  Monfieur  Theuenot  qui  foyons  pour  les  expériences.  Je  ne  doute  point 
que  vous  nayez  veu  le  Hure  3)  de  Francifcus  Linus  contre  celles  de  Monfieur 
Boyle  jmprime  a  Londres  qui  ne  parle  pas  comme  vn  homme  bien  jntelligent  en 
cette  matière  auffi  nempefchera  til  pas  comme  je  croy  le  cours  de  vos  Obferuations. 
J'enuie  le  bonheur  de  Monfieur  le  Marquis  Durazzo  4)  qui  vous  doit  voir  a  la 


2)  Petit  désigne  ici  Adrien  Auzout. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  884,  note  3. 

4)  L'un  des  trois  fils  de  Guy  Aldonce  de  Durfort,  marquis  de  Duras,  et  d'Elisabeth  de  la 
Tour: 

a)  Jacques  Henri  de  Durfort,  duc  de  Duras,  né  en  1622  et  mort  en  1704.  Il  devint  maréchal 
de  France. 

Œuvres.  T.  IV.  10 


74  CORRESPONDANCE.     l66l. 


Haye  au  premier  jour  a  ce  quil  m'a  mandé  de  Londres  &  Monfieur  de  Gabian 5)  Ton 
coufin  partilt  hyer  dicy  pour  lallcr  trouuer  en  flandres  &  de  la  en  Hollande.  Jl  me 
mandé  quil  vous  porte  le  liure  de  Baliani  6~)  de  Motu  Pendulorum  7)  mais  Je  croy 
quil  ne  vous  fera  pas  nouucau  &  que  ce  ne  fera  quvn  tefmoignage  de  la  bonne  vo- 
lonté de  ce  noble  gentilhomme.  Je  leur  auois  promis  délire  du  voyage  &  fans  quel- 
ques affaires  que  jay  au  Palais  Je  leur  eufle  tenu  parole  mais  le  ncceïïaire  &  le 
domeftique  lemportera  fur  le  plaifir  &  la  curiofité  a  mon  très  grand  Regret. 

Au  furplus  Je  vous  diray  que  Jay  fait  vne  trefexcellente  lunette  de  16  pieds  de 
longeur  qui  fuiuant  voltre  Calcul  approche  autant  que  la  voltre  de  24  pieds  puis 
quelle  porte  fort  nettement  vn  connexe  oculaire  de  2  pouces  de  diamètre,  celt  a 
dire  quil  vnit  les  Rayons  du  Soleil  a  2  pouces.  Mais  vous  mobligerez  bien  fort  de 
Menuoyer  la  prenne  de  cela  que  vous  mauez  autreffoys  promis  8)  car  je  ne  voys 
point  comment  vous  pouuez  conclure  cet  approchement  ou  grofliiïement  des  ob- 
jets par  cette  multiplication  des  forces  de  km  &  lautre  des  verres  Oculaire  &  Ob- 
jectif. Je  lattendray  donc  fil  vous  plait  cepandant  que  le  beautemps  viendra  pour 
mettre  en  vfage  ma  dite  lunette  a  voir  Venus  fi  Elle  a  des  montagnes  &  Saturne  & 
fa  lune  fi  faire  fe  peut,  mais  defpuis  trois  moys  jl  fait  icy  vn  temps  defefperé  &  le 
plus  jnconltant  pluuieux  &  tempellueux  que  jaye  jamais  vue.  Jl  ma  renuerfé  pour 
ma  part  ma  grande  Cheminée  qui  eltoit  fur  ma  galerie  et  nous  ofte  tous  les  moyens 
de  faire  aucunes  obferuations. 

Je  prie  Dieu  quil  vous  raffermiffe  voltre  fante  affin  que  vous  puiffiez  continuer 
les  voftres  &  trauailler  pour  le  public  fi  vtilement  comme  vous  faites.  Ma  femme 
&  ma  fille  font  la  mefme  prière  mais  pour  vne  autre  fin  &  fans  autre  Confideration 
que  de  voltre  propre  perfonne  comme  je  fais  auffi.  Elles  vous  faluent  de  toute  leur 
affection  &  vous  alïeurent  de  leur  feruice  comme  moy  qui  feray  éternellement 

Monsieur 

Voltre  trel"humble  et  très  obeiffimt  feruitcur 

P.  Petit. 

/;)  Guy  Alphonse  de  Dnrfort-Duras,  Duc  de  Lorges,  né  en  1628  et  mort  en  1702.  Il  devint 

maréchal  aussi, 
c)   Louis  de  Durfort-Duras,  comte  de  Feversham,  né  en  1641  et  mort  le  8  avril  1709.  11 
passa  en  Angleterre  au  service  de  Charles  1er  et  devint  vice-roi  d'Irlande.  C'est  proba- 
blement de  lui  qu'il  s'agit  dans  la  lettre  de  Petit. 
5)  Gabian  Durfort-Duras  était  le  fils  du  premier  fils  de  Guy  Aldoncc  de  Durfort,  nommé  dans 

la  note  4. 
'•  )    Giovanni  Battista  Baliani  naquit  à  Gènes  en  1  586  et  y  mourut  en  1666.  Il  était  gentilhomme 

et  fut  nommé  commandant  de  la  forteresse  Savona. 
"  )    Petit  désigne  probablement  l'ouvrage: 

De  motu  naturali  folidoruni  et  liquidorum.  A 11 1.  G.  B.  Baliani,  Genuae,  ex  Typographia 
Jo:  Marine  l'arroni ,  Nicolai  Pefagnij  &  Pétri  Francifci  Barberij ,  Soc.  MDCXLVI.  in-40. 
Cet  ouvrage  est  écrit  contre  le  système  de  Galilei. 
8)    Nous  ne  possédons  pas  la  lettre  de  Chr.  I  luygens  où  il  donna  celte  promesse  à  P.  Petit. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  75 


Joublyois  a  vous  remercyer  des  vos  armes  du  Prince  d'Orange  &  a  vous  dire  que 
Jay  donné  a  Monfieur  voftre  père  vne  lettre  8)  de  Monfieur  Fermât  touchant  la 
refra&ion  pour  vous  enuoyer.  Je  ne  fcay  pas  comment  vous  en  ferez  fatiffait  mais 
Jy  defirerois  encores  quelque  choie  et  cette  analyfe  ne  me  contente  pas  ny  la  Con- 
itruftion  dvn  triangle  de  temps  &  de  lignes  comparez  parapres  les  vns  auec  les 
autres,  il  vous  men  dites  voftre  aduis  cela  mobligera  a  vous  en  mander  le  mien  car 
je  ne  icaurois  trauailler  que  forcé. 

A  Monfieur 

Monfieur  Huggens  Seigneur  de  Zulichem 

.  A  la  Haye. 


N=  990. 

P.  de  Fermât  à  [M.  Cuzeau  de  la  Chambre")]. 

[1   janvier]    1662. 

Appendice  I  au  N°.  989  '). 

Vne  copie  se  trouve  il  Leiden,  coll.   llttygens. 
La  lettre  a  été  publiée  par  Clerselier  dans  les  ^Lettres  de  Monsieur  des  Cartes." 

A  Toulon  de  l'an,   1662. 
Monsieur 

Il  eft  julle  de  vous  obéir  &  de  terminer  en  fin  par  voilre  entremife  le  vieux  de- 
meilé  qui  a  efté  depuis  fi  long  temps  entre  Monfieur  Des  Cartes  &  moy  fur  le 
fuject  de  la  réfraction  et  peuteftre  feray  je  aifez  heureux  pour  vous  propofer  une 
paix  que  vous  trouverez  auantageufe  à  tous  les  deux  partis. 

Je  vous  ay  dit  autrefois  dans  ma  première  Lettre  que  Monfieur  Des  Cartes  n'a 
jamais  demonftré  fon  principe;  car  qu'outre  que  les  comparai fons  ne  feruent  guère 
à  fonder  des  demonftrations  il  employé  la  fienne  a  contrefens  et  fuppofe  mefmc  que 
le  paiTàge  de  la  lumière  eft  plus  ayfé  par  les  corps  durs  que  par  les  rares,  ce  qui 
eft  apparemment  faux.  Je  ne  vous  dis  rien  du  défaut  de  la  demonftration  en  elle- 

8)   Voir  l'Appendice  N°.  990. 


')  De  ces  trois  Appendices  Nos.  990,  991 ,  992,  la  copie  qui  se  trouve  à  Leiden  n'est  pas  de  la 
main  de  Lodewijk  Huygens,  comme  il  suivrait  de  la  Lettre  N°.  988,  mais  de  celle  de  de  Car- 
cavy,  qui  a  sauté  quelques  mots;  dans  notre  texte  nous  avons  suivi  la  copie  de  la  Bibliothèque 
Nationale  à  Paris,  qui  est  plus  exacte  que  celle  de  Leiden. 


76 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


mefme,  quand  bien  la  comparaifon  dont  il  le  fert  feroit  bonne  et  admiflîble  en  celle 
matière ,  pour  ce  que  j'ay  traitté  tout  cela  bien  au  long  dans  mes  lettres  2)  à  Mon- 
fieur  Des  Cartes  pendant  la  uie ,  ou  dans  celles  que  j'ay  efcrit  à  Moniteur  Clair- 
lillier  ■')  depuis  fa  mort.  J'adjouftc  feulement  qu'ayant  veu  le  mefme  principe  de 
Moniteur  Des  Cartes  dans  plufieurs  autheurs  qui  ont  efcrit  après  luy,  leurs  de- 
monilrations  non  plus  ne  me  paraiflènt  point  recevables  et  ne  méritent  point  de 
porter  ce  nom.  Herigone  4)  fe  fert  pour  le  dcmonftrer  des  equiponderans  et  de  la 
rai  ion  des  poids  fur  les  plans  inclinez,  le  Pcrc  Maignan  s)  y  veut  parvenir  d'une 
autre  manière;  mais  il  ell  ayfé  de  voir  qu'ils  ne  demonftrent  ni  l'un  ni  l'autre, 
et  qu'après  auoir  leu  et  examiné  auec  foin  leur  demonilrations ,  nous  fommes  auffi 
incertain  de  la  vérité  des  principes  qu'après  auoir  leu  Moniteur  Des  Cartes. 

Pour  fortir  de  cet  embaras  et  tafchèr  de  découvrir  la  véritable  raifon  de  la  ré- 
fraction je  vous  indiquay  dans  ma  lettre  que  fi  nous  voulions  employer  dans  celte 
recherche  ce  principe  fi  commun  &  fi  eilably  que  la  nature  agit  touljours  par  les 
voyes  les  plus  courtes,  nous  pourrions  y  trouver  facilement  noitre  compte,  mais 
parce  que  vous  doutantes  d'abord  que  la  nature  en  conduifant  la  lumière  par 
les  deux  collez  d'un  triangle  puiffe  jamais  agir  par  une  voye  auffi  courte  que  fi 
elle  la  conduifoit  par  la  bafe  ou  par  la  fouilendante ,  Je  m'en  vay  vous  faire  voir 
le  contraire  de  voilre  fentiment  ou  plulloil  de  vofrre  doutte  par  un  exemple  aile. 
Soit  en  la  figure  à  part,  le  cercle  ACBG,  duquel  le  diamètre  foit  AOB,  le  centre 

O,  et  un  autre  diamètre  COG.  des  points  C. 
&  G.  foyent  tirez  les  perpendiculaires  fur  le 
premier  diamètre  GH.  DC.  Suppofons  que  le 
premier  diamètre  AOB  fepare  deux  milieux 
differens,  dont  l'un  qui  ell  celuy  de  deflbubs 
AGB,  foit  le  plus  dénie  et  celuy  de  defliis  ACB 
foit  le  plus  rare ,  en  telle  forte  par  exemple  que 
le  paflàge  par  le  plus  rare  foit  plus  ayfé  que 
par  le  plus  denfe  en  rai  Ion  double.  Il  fuit  de 
cette  fuppofition  que  le  temps  qu'employé  le 
mobile  ou  la  lumière  de  C  en  O  cil  moindre 
que  celuy  qui  les  conduit  de  O  en  G.  Et  que 
le  temps  du  mouvement  de  C  en  O.  qui  fe  fait  dans  le  milieu  le  plus  rare ,  n'cll 
que  la  moitié  du  temps  du  mouvement  de  O  en  G.  Et  par  confequent  la  inclure 


2)   Voir  dans  les  ^Lettres  de  Monsieur  des  Cartes,"  Tome  III ,  1 66- ,  les  lettres  Nos,  37  a  55.  La 
lettre  du  texte  est  la  51111e  de  cette  collection. 

r)    Il  s'agit  de  ('lande  ( 'lerselier.  Voir  la  Lettre  N°.  732,  note  22. 

onsultez  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1 39,  note  4. 
5)  Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  498 ,  note  8. 


CORRESPONDANCE.     1662.  .      yj 


du  mouvement  entier  par  les  deux  droittes  CO  &  OG.  peut  élire  reprefentee  par 
la  fomme  de  la  moitié  de  CO  et  de  la  totale  OG.  de  mefmc  fi  vous  prenez  un  autre 
point  comme  F.  le  temps  du  mouuement  par  les  deux  droittes  CF  et  FG.  peut 
élire  reprefenté  par  la  fomme  de  la  moitié  de  CF  et  de  la  totale  FG.  Suppofons 
maintenant  que  le  rayon  CO.  foit  10.  et  par  confequent  le  diamètre  total  COG. 
fera  20.  que  la  droitte  HO.  foit  8.  la  droitte  OD.  foit  auffi  8.  et  qu'enfin  la  droitte 
OF.  ne  foit  que  1.  Je  dis  qu'en  ce  cas  le  mouvement  qui  fe  fait  par  la  droitte  COG. 
fe  fera  en  un  temps  plus  long  que  celuy  qui  fe  fait  par  les  deux  collez  du  triangle 
CF.  FG.  Car  fi  nous  prouvons  que  la  moitié  de  CO.  jointe  a  la  totale  OG.  con- 
tient plus  que  la  moitié  de  CF.  jointe  à  la  totalle  FG.  la  conclufion  fera  manifefle 
puifque  ces  deux  fommes  font  jullement  la  mefure  de  ces  deux  mouvemens,  or 
la  fomme  de  la  moitié  de  CO.  et  de  la  totale  OG.  fait  jullement  15.  Et  il  eft  évi- 
dent par  la  conflruftion  que  la  droitte  CF.  eft  efgalle  à  la  racine  quarrée  de  117. 
Et  que  la  droitte  FG.  efl  efgalle  à  la  racine  quarree  de  85.  Mais  la  moitié  de  la  pre- 
mière racine  jointe  à  la  féconde  fait  moins  que  ---•   et  ^  font  encore  moindres 

4  4 

que  1 5.  donc  la  fomme  de  la  moitié  de  CF.  et  de  la  totalle  FG,  efl  moindre  que  la 

fomme  de  la  moitié  de  CO.  et  de  la  totale  OG.  et  partant  le  mouvement  par  les 
deux  droittes  CF.  FG.  fe  fait  en  moins  de  temps  que  par  la  bafe  ou  fouflen- 
dante  COG. 

Je  fuis  venu  jufques  la  fans  beaucoup  de  peine  mais  il  a  fallu  porter  la  recherche 
plus  loin,  et  parce  que  pour  fatiffaire  à  mon  principe  il  ne  fuffit  pas  d'auoir  trouvé 
un  point  comme  F.  par  ou  le  mouvement  naturel  fe  fait  plus  ville,  plus  aifement 
et  en  moins  de  temps  que  par  la  droitte  COG.  mais  il  faut  encor  trouver  le 
point  qui  fait  la  conduite  en  moins  de  temps  que  quelqu'autre  que  ce  foit  pris  des 
deux  collez,  il  m'a  elle  necefïaire  auoir  recours  en  celle  occafion  à  ma  méthode  de 
maximis  et  minimis  tf)  qui  expédie  cefle  forte  de  queflions  auec  affez  de  fuccez. 

Des  que  j'ay  voulu  entreprendre  celle  analyfc  j'ay  eu  deux  obftacles  à  fur- 
monter,  le  premier  que  bien  que  je  fuffe  affeuré  de  la  vérité  de  mon  principe, 
et  qu'il  n'y  ayt  rien  de  fi  probable  ni  de  fi  apparent  que  celte  fnppofition ,  que  la 
nature  agift  toufiours  par  les  moyens  les  plus  ayfez,  c'eft  à  dire  ou  par  les  lignes 
les  plus  courtes  lors  qu'elles  n'emportent  pas  plus  de  temps ,  ou  en  tout  cas  par 
le  temps  le  plus  court  afin  d'accourcir  fon  trauail  &  de  venir  plaftoft  à  bout  de  fon 
opération  (ce  que  le  précèdent  calcul  confirme  dautant  plus  qu'il  paroift  que  la 
lumière  a  plus  de  difficulté  à  traverfer  les  milieux  denfes  que  les  rares  puifque  vous 
voyez  que  la  refraétion  vife  vers  la  perpendiculaire  dans  mon  exemple  ainfi  que 
l'expérience  le  confirme,  ce  qui  pourtant  efl  contraire  a  la  fuppofitionde  Monfieur 
Des  Cartes;)  neantmoins  j'ay  elle  adverty  de  tous  coflez  et  principalement  par 


rt)    Voir  dans  la  collection  (décrite  dans  la  Lettre  N°.  22 1 ,  note  1)  le  mémoire  : 
Methodus  ad  difquirendam  maximam  &  inhumain. 


78       .  CORRESPONDANCE.     \66l. 


Monfieur  Petit  que  i'eftime  infiniment,  que  les  expériences  s'accordent  exacte- 
ment auec  la  proportion  que  Monfieur  Des  Cartes  a  donné  aux  réfractions  et  que 
bien  que  fa  demonftration  foit  fautive  il  eft  à  craindre  que  je  tenteray  inutile- 
ment d'introduire  une  proportion  différente  de  la  fienne  et  que  les  expériences 
qui  fe  feront  après  que  j'auray  publié  mon  invention  la  pourront  détruire  fur 
l'heure.  Le  fécond  obftacle  qui  s'eft  oppofé  a  ma  recherche  a  elle  la  longueur  et 
la  difficulté  du  calcul ,  qui  dans  la  refolution  du  problème  dont  je  vous  parlay  dans 
ma  lettre,  et  que  je  vous  temoignois  n'ertre  pas  des  plus  ayfez,  prefente  d'abord 
4  lignes  par  leur  racine  quarrées  et  engage  par  confequent  en  des  afymmetrics  qui 
aboutifïent  à  une  trefgrande  longueur. 

Je  me  fuis  défait  du  premier  obftacle  par  la  connoiffance  que  j'ay  qu'il  y  a  in- 
finies propofitions  différentes  de  la  véritable  qui  approche  d'elle  fi  infcnfible- 
ment  qu'  elles  peuuent  tromper  les  plus  habiles  et  les  plus  exactes  obfervateurs. 
Ainli  n'y  ayant  que  le  fécond  obftacle  à  vaincre,  je  m'eftois  refolu  très  fouvent 
d'employer  la  bien-aymée  Géométrie  (C'eft  ainli  que  Plutarque  l'appelle)  pour 
nous  fatiffaire  et  pour  me  fatiffaire  moy-mefme;  mais  l'apprehenfion  de  trouver 
après  une  longue  et  pénible  opération  quelque  proportion  irreguliere  et  fantafque 
et  la  pente  naturelle  que  j'ay  vers  la  parefîe  ont  laiffé  la  chofe  en  cet  eftat  jufqu'h 
la  dernière  femonce  que  Monfieur  le  Prcfident  de  Miremont  vient  de  me  faire  de 
voftr'e  part,  que  je  prens  pour  une  loy  plus  forte  que  ni  mon  apprehenfion  ni  ma 
pareil é,  fi  bien  que  je  me  fuis  refolu  de  vous  obeïr  fans  autre  retardement. 

J'ay  donc  procédé  fans  remife  en  vertu  de  l'obédience,  comme  parlent  les  moi- 
nes, a  l'exécution  de  vos  ordres;  et  j'ay  fait  l'entière  analyfe  en  forme  dans  la  quelle 
le  defir  paffioné  que  j'ay  eu  pour  vous  fatiffaire  m'a  infpiré  une  route  qui  a  abrégé 
la  moitié  de  mon  travail ,  et  qui  a  réduit  les  quatre  afijmmetries  que  i'avois  eu  en 
veue  la  première  fois  à  deux  feulement ,  ce  qui  m'a  notablement  foulage. 

Mais  le  prix  de  mon  travail  a  elle  le  plus  extraordinaire,  le  plus  impreveu  et 
le  plus  heureux  qui  fut  jamais,  car  après  avoir  couru  par  toutes  les  équations,  mul- 
tiplications, antithefes  et  autres  opérations  de  ma  méthode,  et  avoir  enfin  conclu 
le  problème  que  vous  verrez  dans  un  feuillet  feparé  :),  j'ay  trouvé  que  mon  prin- 
cipe donnoit  juftement  ôkprecifement  la  mefine  proportion  de  réfraction  que  Mon- 
fieur Descartes  à  eftablie. 

J'ay  efté  fi  furpris  d'un  événement  fi  peu  attendu,  que  j'ay  peine  à  revenir  de 
mon  eftonnement;  j'ay  réitéré  mes  opérations  Algébriques  diverfes  fois  et  ton f- 
jours  le  fucces  a  efté  le  mefme,  quoy  que  ma  demonftration  fuppofeque  le  paflage 
de  la  lumière  par  les  corps  den l'es  l'oit  plus  malayfé  que  par  les  rares  ce  que  voy 
tref-vray  et  indifputable,  et  que  neantmoins  Monfieur  Des  Cartes  fuppofe  le  con- 
traire. 


7)  Consultez  l'Appendice  N  .  99s 


CORRESPONDANCE.    \66l.  79 


Que  devons  nous  conclure  de  tout  cecy?  ne  fuffira-il  pas,  Monfieur,  aux  Amis 
de  Monfieur  Des  Cartes  que  je  luy  laifle  la  poffeffion  libre  de  Ton  théorème? 
N'aura-t'il  pas  affez  de  gloire  d'auoir  connu  les  démarches  de  la  nature  dans  la 
première  veuë  et  fans  l'ayde  de  la  demonflration  ?  Je  luy  cède  donc  la  victoire  et 
le  champ  de  bataille,  et  je  me  contente  que  Monfieur  Clairfiller  me  laifTe  entrer 
du  moins  en  la  focieté  de  la  preuve  de  celle  vérité  fi  importante,  &  qui  doibt  pro- 
duire des  confequences  fi  admirables. 

J'adjoufle  raefme  en  faveur  de  fon  amy  qu'il  femble  que  celte  grande  vérité 
naturelle  n'a  pas  ofé  tenir  devant  ce  grand  génie,  &  qu'elle  s'eil  rendue  &  dé- 
couverte à  luy  fans  s'y  laiiTer  forcer  par  la  demonftration ,  à  l'exemple  de  ces 
places  qui  quoy  que  bonnes  d'ailleurs  et  de  difficile  prife  ne  biffent  pas  fur  la  feule 
réputation  de  celuy  qui  les  attaque ,  de  fe  rendre  fans  attendre  le  canon. 

Je  vous  annonce  donc ,  Monfieur,  j'annonce  à  Monfieur  Clairfiller  et  à  tous  les 
amis  de  Monfieur  Des  Cartes  qu'il  ne  tiendra  plus  a  l'incrédulité  des  Géomètres 
qu'on  ne  doiue  attendre  les  merueilles  que  Monfieur  Des  Cartes  a  fait  efpercr  auec 
raifon  de  fes  lunettes  elliptiques  et  hyperboliques,  pourveu  qu'on  puifie  trouver 
des  ouvriers  affez  habiles  pour  les  faire  et  pour  les  adjufler. 

Il  refteroit  encore  vue  petite  difficulté  que  la  comparaifon  de  Monfieur  Des 
Cartes  feulle  produit,  c'cll  qu'il  ne  paroifl  pas  encore  pourquoy  la  balle  qui 
eft  pouffee  dans  l'eau  n'approche  pas  de  la  perpendiculaire,  ainfi  que  la  lumière, 
mais  outre  qu'on  pourroit  foubçonner  que  la  reflexion  fe  méfie  dans  cet  exemple 
à  la  réfraction  et  que  la  figure  ou  la  granité  peuuent  contribuer  à  la  différence  de 
ce  mouuemcnt,  je  n'ay  garde  d'entrer  dans  une  matière  purement  Phyfique.  Ce 
feroit  entreprendre  fur  vous ,  Monfieur ,  qui  en  elles  le  Maiilre  &  faire  irruption 
dans  voflre  domaine.  Je  finis  donc,  après  vous  auoir  déclaré  que  je  confens  fi 
vous  le  trouvez  à  propos ,  que  l'accommodement  entre  les  Cartefiens  &  moy  foit 
publié  dans  les  Académies,  et  après  vous  auoir  conjuré  de  recevoir  au  moins 
l'effet  de  ma  prompte  obeifTance  pour  une  preuve  certaine  et  plus  que  demon- 
flrative  auec  laquelle  ie  fuis , 

Monsieur  , 

Voftre  tref-humble  &  tref-obeiffant  ferviteur 

Fermât. 


7)  Rf>  de  mon  frere  Louis,  qui  l'avoit  de  Monfieur  Petit  s)  a  qui  elle  efl  eferite 
par  Monfieur  de  Fermât.  [Chr.  Huygcns.] 


8)   Chr.  lluygens  ignorait  que  cette  lettre  ne  fut  pas  adressée  directement  à  P.  Petit. 


8o  CORRESPONDANCE.     \66l. 


W  991. 

P.  de  Fermât  à  [M.  Cuzeau  de  la  Chambre]. 

[janvier   1662.] 

Appendice  II  au  No.  989. 

La  copie  se  trouve  à  Laden ,  coll.  Huygens. 

Si  vous  perfiftez  toufiours  à  n'accorder  pas  un  mouvement  fucceffif  à  la  lu- 
mière et  à  fouftenir  qu'il  fe  fait  en  un  inftant,  vous  n'auez  qu'à  comparer  ou  la  fa- 
cilité, ou  la  fuitte  et  refiftance  ')  plus  ou  moins  grandes  en  différents  milieux  ,  et 
ce  en  une  proportion  diuerfe,  à  mefure  que  les  milieux  différent  d'auantage,  elles 
pourront  élire  confiderées  en  une  raifon  certaine  et  par  confequent  tomber  dans 
le  calcul  aufTi  bien  que  le  temps  du  mouvement,  et  ma  demonltration  y  fervira 
toufiours  d'une  me  fine  manière. 

Je  n'ay  pas  eftendu  mon  opération  toute  entière  et  il  n'a  pas  elfe  neceflaire 
puifque  ma  méthode  cft  imprimée  fort  au  long  dans  le  6me  tome  du  cours  mathéma- 
tique d'Herigone  :),  et  que  j'en  ay  affez  dit  pour  élire  entendu;  fi  vous  m'ordon- 
nez de  parcourir  tous  les  deftours  de  l'analyfe  en  forme ,  je  le  feray  ;  et  je  n'auray 
pas  mcfme  beaucoup  de  peine  à  faire  la  demonltration  par  compofition,  c'efta 
dire  en  parlant  le  langage  d'Euclide. 


')   Consultez  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1 39,  note  4. 

2)   Dans  la  copie  de  I'.  tic  Carcavy,  celle  de  la  Bibliothèque  de  Lcidcn,  se  trouvent  encore 
les  mots: 

Plus  ou  mains  grande  \\  mefure  que  les  milieux  changent  par  cette  facilité  ou 
cette  refiftance. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


N=  992. 

P.  de  Fermât  à  [M.  Cuzeau  de  la  Chambre]. 

[janvier  1662]. 

Appendice  III  au  No.  989. 

La  copie  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Analyfis  ad  refraéHones. 

Efto  circulus  ACBI,  cujus  diameter  ADEB  ')  feparet  duo  média  diuerfae  natu- 

rae  quorum  rarius  fit  ex  parte  ACB,  denfius  ex 
parte  AIB.  Ponatur  centrum  circuli  punétum 
D,  in  quod  incidat  radius  CD  ,  à  punéto  dato. 
Qnaeritur  radius  diaclafticus  DI ,  hoc  eft  punc- 
tnm  I ,  ad  quod  vergit  radius  retraduis. 

Ducantur  ad  diametrum  perpendiculares 
reétae  CF ,  IH.  Cum  datum  fit  punétum  C  et 
diameter  AB,  nec  non  et  centrum  D,  datur  pa- 
riter  punétum  F ,  et  reéta  FD.  Sit  ratio  medio- 
rura  fine  ratio  refiftentiae  medij  denfioris ,  ad 
refiftentiam  medij  rarioris ,  ut  reéta  data  DF, 
ad  datam  extrinfecus  reétam  M,  quae  qui- 
dem  minor  erit  reéta  DF ,  cum  refiflentia 
medij  rarioris  fit  minor  refiftentiâ  medij  den- 
fioris ex  axiomate  plufquam  naturali. 

Menfurandi  igitur  veniunt  motus  qui  fiunt  per  reétas  CD  et  DI,  beneficio 
reclarum  M  et  DF.  hoc  eft  motus  qui  fit  per  duas  reclas  repracfentatur  compa- 
ratiue  per  fummam  duorum  recliangulorum ,  quorum  unum  fit  fub  CD  et  reétâ 
71/,  et  alterum  fub  reéta  DI  et  rectâ  DF.  Eo  itaque  deducitur  quaertio,  ut  ita  fece- 
tur  diameter  AB  in  punclo  H,  ut  ducla  ab  eo  perpendiculari  HI,  et  junfta  DI , 
fumma  duorum  reélangulorum  fub  CD  et  M,  et  fub  DI  et  DF  contineat  mini- 
mum fpatium.  Quod  ut  fecundum  noftram  methodum  quae  jam  apud  Geome- 
tras  invaluit  et  ab  Herigono  in  curfu  fuo  mathematico  ante  annos  plus  minus 
viginti  relata  eft,  inveftigemus,  Radius  CD  datus  vocetur  iV;  radius  DI  erit 
item  iV,  recl:a  DF  vocetur  Z>,  et  ponatur  reéta  DH  efîe  A,  oportet  igitur 
N.  M+  NB  efie  minimam  quantitatem.  Intelligatur  quaeuis  refta  DO,  ad  libitum 
fumpta  efTe  aequalis  ignotac  E,  &  jungantur  reétae  CO,  01.  Quadratum  reétae 
CO,  in  terminis  analyticis  erit  N2  ■+-  E"  —  1  BE.  Quadratum  vero  reétae  10 


M 


')    Lisez:  ADFB. 

Œuvres.  T.  IV. 


1 1 


82  CORRESPONDANCE.     \66l. 


cric  N2  +  E2  +  i  AE.  Ergo  reétangulum  fub  CO  in  M,  cric  in  ijfdem  tcrminis 
radix  quadrata  M2  N2  -+-  M2  E2  —  i  M2  BE.  Reétangulum  vero  fub  10  in  J3, 
crie  Radix  Quadrata  B2  N2  -+-  B2  E2  +  i  B2  AE.  Haec  duo  rectangula  debent 
ex  praeceptis  artis  adaequari  duobus  rectangulis  MN  et  BN.  Ducantur  omnia 
quadraticè  uc  collatur  afymmetria  :),  deinde  ablatis  communibus  et  cermino  afym- 
metro  ex  unâ  parte  collocato,  fier,  novns  duétus  quadraticus.Quo  peraéto  etdemptis 
communibus  et  reliquis  per  E  diviiis ,  ac  tandem  elifis  homogeneis ,  ab  E  affectis 
iuxta  praccepta  methodi  quae  dudum  omnibus  innotuit,  et  fado  parabolifmo, 
fit  tandem  fîmpliciffima  aequatio  inter  A  et  M.  Hoc  cil  a  primo  ad  ultimum; 
et  ruptis  omnibus  afymmetriarum  obicibus,  reéto.  DH,  in  figura,  fit  acqualis 
reftae  M.  Undc  patet  punclum  diaclafticum  ita  inveniri.  fi  duétis  réélis  CD  et  CF 
liât  ut  refiftentia  medij  denfioris  ad  refiftentiam  medij  rarioris,  iive  ut  B  ad  /If,  ita 
reéta  FD  ad  reelam  DU,  et  à  puncto  H  excitetur  recta  III,  ad  diametrum  perpen- 
dicularis  et  circulo  occurrens  in  puncto  I,  quo  refraétio  verget;  idcoque  radius  à 
medio  raro  ad  denfum  pertingens  frangetur  verfus  perpendicularem.  Quod  con- 
gruit  omnino  et  generalitcr  invento  et  Theoremati  Cartefiano ,  cujus  accuratiffi- 
mam  demonnVationem  à  principio  noftro  deriuatam  exhibet  fuperior  analyfis. 


Ns  99?,. 

R.    MoRAV    h    ClIRISTIAAN    HUYGENS. 
13    MARS     1662. 

La  lettre  se  trouve  h  Laden,  coll.  Huygens. 
Eli    1  u  la  réponse  au  No.  963. 

A   Whitehall  ce  3.  Mars   1662. 

Monsieur 

Vous  aurez  peut  cftre  de  la  peine  à  croire,  que  tout  un  mois  durant ,  Je  n'ay 
pas  eu  la  commodité  de  vous  eferire,  n'ayant  point  de  charge  ny  d'employ  pour 
m'en  empefeher.  |1  cil  pourtant  vray.  mais  ce  (croit  trop  perdre  du  temps  que  VOUS" 
en  déduire  mes  iultifications  en  détail.  Je  vous  diray  donc  feulement  en  gros  que 


.    De  Fermai  a  en  vue  la  réduction  en  Forme  rationnelle. 


CORRESPONDANCE.     1662.  83 


depuis  le  matin  iufques  à  Minuit,  Je  ne  me  vois  guère  feul.  Et  fi  d'aduenture  Je 
trouue  un  moment  le  iour  de  loifir  alors  il  me  manque  ou  quelque  chofe  que  Je 
doibs  auoir  deuant  que  de  me  mettre  a  efcrire ,  (comme  des  papiers  que  J'attends 
dun  cofté  ou  d'autre)  ou  bien  ayant  prefté  vos  lettres  on  ne  me  les  a  pas  rendues 
lors  que  J'en  ay  befoin,  pour  y  faire  refponfe.  Mais  maintenant  Je  me  fuis  auifé  de 
commencer  h  vous  efcrire  4.  Jours  deuant  que  lordinaire  parte,  afin  de  pouuoir, 
d'une  façon  ou  d'autre,  dérober  tantoft  un  moment,  tantoft  un  autre,  pour  ne 
point  manquer  à  vous  dire  quelque  chofe  fur  chaque  point  de  chacune  de  vos  let- 
tres, ayant  en  mon  pouuoir  h  prefent  les  papiers  que  Je  faifois  eftat  de  vous  enuoycr. 
Mais  quand  Je  regarde  vos  lettres  Je  trouue  que  J'en  ay  5.  deuant  moy  pour  lef- 
quelles  vous  deuez  attendre  un  volume  entier,  pour  le  moins.  Celle  qui  m'a  efté  ren- 
due la  première  eft  datée  le  3.  de  Feurier  *).  les  autres  du  1  o 2)  du  1 7-3)  et  du  24. 4) 
Et  la  dernière  5)  qui  m'a  efté  rendue  ce  matin  par  Monfieur  Southwell ,  eft  du 
4.  Janvier.  Je  fais  eftat  de  les  parcourir  toutes,  félon  leur  dates,  feulement  Je  laifle- 
ray  celle  du  4.  Januier  la  dernière.  Vous  iugerez  par  cette  préface  que  Je  ne 
m'épargne  pas  en  vous  efcriuant ,  puifque  Je  dis  li  peu  de  chofe  en  une  grande 
page,  et  vous  trouuerez  auffi  que  Je  ne  crains  pas  que  vous  vous  plaigniez  de  la 
longueur,  non  plus  que  du  peu  de  diuertiflement  que  vous  receliez  en  la  leéture  de 
ma  lettre. 

J'eftois  en  peine  de  Monfieur  Harel 6)  iufqu'a  ce  que  je  fçeu  qu'il  vous  a  rendu 
cette  autre  Copie  du  Chymifte  Sceptique  '•').  Mais  en  lifant  voftrc  lettre  Je  me  fuis 
refiouy  d'y  apprendre  que  vous  vous  eftiez  remis  d'une  indifpofition  qui  vous  auoit 
tenu  fi  longtemps.  J'ay  fait  voir  a  Monfieur  Wren  ce  que  vous  dites  du  plaiiïr  que 
vous  euftes  en  lifant  fon  Syftemc  s)  que  Je  vous  auois  enuoyé  fans  le  confuher.  Jl 
croyoit  vous  en  auoir  dit  aflez  lors  que  vous  eftiez  icy.  Mais  vous  auez  bien  veu 
la  raifon  pourquoy  il  ne  fe  faifoit  pas  fefte  de  vous  en  difeourir  amplement,  par  la 
lettre  9)  quil  efcriuit  à  Monfieur  Neile.  Je  vous  enuoye  icy  un  billet  I0)  que  m'a 
eferit  Monfieur  Boile,  par  lequel  vous  verrez  que  nous  auons  bien  parlé  de  cette 
expérience  fi  furprenante  et  jollie,  dont  vous  dites  n'auoir  point  encore  trouue 
de  raifon  qui  vous  fatiftafTe.  Vous  y  verrez  qu'il  ne  fe  halle  pas,  non  plus  que  vous , 


')  Voir  la  Lettre  N°.  963. 

:)  Voir  la  Lettre  N°.  9-6. 

■■>)  Voir  la  Lettre  N°.  981. 

•H  Voir  la  Lettre  N°.  984. 

5)  Voir  la  Lettre  N°.  953. 

rt)  Sur  Arel,  consultez  la  Lettre  N°.  935. 

")  Consultez  la  Lettre  N°.  932. 

8)  Consultez  la  Lettre  N°.  934. 

y)  Voir  l'Appendice  N°.  933. 

IO)  Cette  lettre  de  R.  Boyle  à  R.  Moray  manque  dans  nos  collections. 


o'4  CORRESPONDANCE.     l66'2. 


a  en  déterminer  la  caufe  iufqu'a  ce  qu'il  en  i'affe  des  nouueaux  experiments.  Jl 
s'arrefte  premièrement  a  la  matière  du  fait,  la  précaution  qu'il  confeille,  pour 
fçauoir,  fi  l'Air  cil  cftendu  à  un  mefme  degré,  en  différentes  opérations,  ert  eon- 
(iderable,  et  il  femble  eftre  à  propos  de  l'obfcruer,  ou  par  les  moyens  qu'il  propofc, 
ou  par  d'autres  qui  ne  vous  feront  point  dificiles  a  inuenter,  ainfi  il  n'y  reftcra  plus 
de  fcrupule  pource  qui  eft  du  fait.  Je  ferois  aile  pourtant  que  vous  fiffiez  cet  ex- 
perimcnt  dans  les  Tubes  plus  longs.  Toiuelfois  quant  à  moy  J'ay  grande  enuie 
de  croire  que  cette  expérience  reuffira  touiiours  de  mefme ,  et  ainfi,  que  celle  dont 
vous  nous  informez  a  efté  deuement  faite,  feulement  fi  l'Air  n'eft  point  bien 
tiré  de  l'eau  au  préalable ,  il  y  peut  arriuer  ce  que  vous  auez  marqué  de  l'afcentc 
de  quelque  petites  bullules,  principalement  fi  l'air  n'eft  point  tiré  auffi  bien  de 
cette  eau  dans  laquelle  le  bout  d'embas  du  Tube  eft  mife,  comme  de  celle  qui  eil 
dans  le  Tube,  a  laquelle  l'autre  peut,  ce  me  femble,  communiquer  quelque  petite 
particule  de  l'air  qu'elle  contient.  Mais  quelque  enuie  que  J'aye  de  me  laiffer  aller 
à  quelque  conieéture  de  la  raifon  de  ce  phénomène  fans  attendre  d'autres  expé- 
riences, jugeant  les  voftres  fuffifantes,  Je  veux  pourtant  m'en  empefcher  auffi  bien 
que  vous  autres,  iufques  a  ce  que  vous  ou  luy  en  ayiez  fait  d'autres,  au  relie  vous 
nous  auez  preuenu  en  faifant  cet  experiment.  nous  y  auions  penfé  il  y  a  quelque 
temps  et  depuis  la  receipte  de  voftre  lettre,  nous  en  auons  chargé  IJ)  Monfieur 
Goddard  i:)  et  Monfieur  Rook  I3).  Mais  noftre  Machine  eftant  moins  adiuftée  que 
la  voftre  on  n'y  a  rien  fait  encore  qui  vaille.  Je  ne  crois  pas  qu'il  foit  neceffaire 
de  vous  prier  de  continuer  à  examiner  cette  chofe  au  fonds,  pendant  que  noftre 
Machine  n'eft  pas  en  eftat  :  mais  Je  vous  recommanderay  la  répétition  de  cette 
mefme  expérience  dans  d'autres  liqueurs  que  de  l'eau  :  comme  du  laict,  de  l'eau 
de  vie,  l'efprit  de  vitriol,  et  autres  eaux  et  cfprits  diftillez,  huile  de  Tartre,  &  au- 
tres huiles  :  mefme  dans  du  mercure  :  duquel  s'il  le  peut  tirer  de  l'air  par  le  mefme 
moyen  que  vous  le  tirez  de  l'eau ,  peut  eftre  trouuerez  vous  auffi  de  la  différence 
dans  fa  defeente,  auffi  bien  que  dans  celle  de  l'eau.  Mais  en  tout  cas  pendant  que 
vous  faites  ces  expériences,  longez  toufiours  au  moyen  d'eftre  afïèuré  que  le  degré 
de  l'atténuation  ou  extcnfion  de  l'air  dans  le  vaiffeau ,  foit  égal.  Jl  me  vient  main- 
tenant en  la  penfee  de  vous  informer  d'une  expérience  faite  par  Monfieur  Boile, 
et  d'autres,  dont  il  ne  me  fouuient  pas  vous  auoir  parlé  auparauant.  C'eft  que  pren- 
nant  un  Tube  de  verre  de  la  figure  icy  deferitte  dont  le  bout  d'enbas  foit  feelé  her- 


'  le  qui  a  eu  lieu  probablement  dans  la  séance  du  20  lévrier  1662. 

Jonathan  Goddard  naquit  vers  162-  à  Greenwich  et  mourut  le  24  mars  [674 à  Londres. 
Après  avoir  l'ait  ses  études  de  médecine  a  Cambridge  et.  a  <  )xford  ,  il  devint ,  sous  le  règne  de 
Cromwell,  principal  de  Morton's  Collège,  et  conseiller  d'Etat;  il  fut  destitué  par  Char- 
les II.   Il  était  membre  de  la  Société  Royale. 
'3)  Sur  Lawrence  Rooke,  voir  la  Lettre  N°.  933,  note  4. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


metiqnement ,  verfez  y  au  commencement  du  ^ ,  allez ,  pour  em- 
plir l'endroit  qui  eft  courbé,  en  forte  que  fans  comprimer  l'air 
qui  eft  dans  le  bout  feelé ,  il  n'ait  plus  de  communication  auec  ce- 
luy  de  l'autre  cofté.  puis  en  y  verfant  du  ^  autant  qu'il  en  de- 
meure dans  le  Tube  lorsqu'on  fait  l'experiment  de  Torricellius, 
vous  y  verrez  monter  l'air,  iufqu'a  la  moitié  du  petit  bout,  en  y  ver- 
fant puis  après,  la  mefme  quantité  de  Q  lair  montera  à  la  moitié 
de  l'efpace  qui  refta,  et  ainfi  de  fuitte  s'obferue  toufiours  la  mefme 
proportion  a  l'infini.  Jl  en  eft  aufïï  de  mefme  de  l'extenfion  de 
l'air,  defchargez  de  l'air,  qui  eft  enfermé  dans  un  Tuyau,  (mais 
demeurant  dans  fa  conftitution  ordinaire)  de  la  compreflion  de 
l'air  du  dehors,  et  il  s'eftendra  de  la  mefme  façon.  Je  crois  que 
vous  comprendrez  aviez  bien  par  cette  courte  defcription  que  cecy 
en  veut  à  l' Atmofphere ,  mais  comme  que  cen  foit  J'ay  trop  de 
befogne  de  refte,  pour  m'y  arrefter  plus  long  temps,  touteffois 
pour  fuppleer  a  ce  défaut ,  Je  vous  en  enuoyeray  fi  vous  voulez  la 
table  qui  contient  toutes  les  particularitez  des  expériences  et  ob- 
feruations  qu'en  a  fait  Monfieur  Boile. 

Tout  ce  que  J'ay  a  vous  dire  d'auantage  fur  la  voftre  du  3. 
Feuvrier  eft,  que  Monfieur  Neile  eft  bien  fatiffait,  comme  auflî 
tous  nous  autres,  que  Monfieur  Heuelius  va  mettre  au  iour  ces 
deux  traittez  M).  Je  m'en  vay  maintenant  à  la  féconde.  Mais  en  regardant  ma 
monftre  Je  trouue  qu'il  eft  défia  fi  tard  que  Je  n'auray  peut  eftre  pas  5.  heures 
pour  me  repofer;  eftant  demain  un  iour  de  Nauigation  en  laquelle  il  faut  accom- 
pagner Sa  Maierté,  de  forte  qu'il  faut  remettre  cette  tafche  à  une  autre  fois. 


N*-  994. 

II.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 

14    MARS    [1662]. 

La  lettre  se  trouve  à  Leidcn,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  aux  Nos.  976  et  981. 

Ce  4  Mars. 
Me  voylà  derechef  la  plume  a  la  main ,  pour  quelque  moments.  Jl  n'eft  pas  ne- 
cefTairc  que  Je  m'engage  dans  ce  qui  touche  la  demonftration  de  la  Cycloidc.  Je  le 


I4)  Hevelius  publia  dans  son  „Mercurius  in  Sole  visus"  le  traité  de  Horrox  „Venus  in  Sole 
visa'1.  Consultez  les  Lettres  Nos.  872  et  885. 


86  CORRESPONDANCE.    1662. 


laifTe  entièrement  à  My  Lord  Brunker  et  vous  à  defmeflcr  entre  vous.  Seulement 
J'obferue  que  vous  dites ,  que  vous  auez  demonftré ,  Qu'en  diuifant  également  le 
Diamètre  intercepté  OH.  s)  en  N,  et  menant  l'ordonnée  NM ,  les  temps  par  XM , 
et  MH,  feront  égaux,  i ans  pourtant  nous  en  communiquer  la  demonftration.  ce  qui 
me  fait  penfer  que  voftre  Hure  qui  trairte  du  mouuement  &c.  eft  foubs  la  prefïe. 
Mais  s'il  ne  l'eft  point  encore,  depefehez  le  Je  vous  prie,  afinque  les  gens  Curieux 
en  puifTe  auoir  la  fatiffaétion  qu'ils  attendent  de  vous  en  un  fi  beau  fuiett.  Cepen- 
dant vous  auez  icy  le  papier  2)  que  My  Lord  Brunker  vous  enuoye ,  que  Je  n'ay 
point  encore  eu  le  temps  de  confiderer.  Je  trouue  que  vous  auez  défia  cflayé  ii  le 
<J.  peut  demeurer  fufpendu  dans  le  Tube  comme  l'eau  fans  fuccez.  Mais  il  ne  fem- 
ble  pas  que  vous  foyez  aftèuré  en  auoir  efpuifé  l'air  qu'il  y  peut  auoir,  deuant  que 
le  mettre  dans  le  Tube,  ce  qu'il  femble  pouuoir  eftre  fçeu ,  li  vous  couurez  le  ^  de 
l'eau  dont  l'air  aura  efté  tiré,  alors  s'il  en  forte  du  corps  du  ^.  il  y  a  apparence  que 
vous  le  verrez  monter  a  trauers  l'eau,  mais  quand  cela  fera  fait,  et  que  vous  ayiez 
tiré  de  l'air  du  ^ ,  Je  m'imagine  que  cela  ne  feruira  pas  de  beaucoup,  parce  que 
en  verfant  le  ^  dans  le  Tube  pour  en  faire  l'cxperiment  la  comminution  ou  fepa- 
ration  de  fes  parties  qui  arriue  ordinairement  quand  on  le  verfe  d'un  vaifTeau  en 
un  autre  donne  lieu  a  quelque  nouuelles  particules  d'air  pour  s'y  fourrer.  Voyez 
ii  cecy  vaille  la  peine  d'eftre  confideré. 

Pour  ce  qui  eft  de  la  Mcfure  Vninerfelle,  la  méthode  propofee  par  My  Lord 
Brunker  me  femble  allez  facile.  Jl  eft  vray  que  la  proportion  de  la  longueur  du 
pendule  au  diamètre  de  la  Balle  d'Argent,  peut  eftrc  autre  que  celle  qu'il  auoif^ 
choifie  au  commencement ,  6:  partant  il  l'a  depuis  changée ,  a  50  pour  un ,  comme 
citant  plus  commode  que  l'autre.  Car  prennant  au  Commencement  une  Balle  dont 
le  diamètre  eft  plus  petit  que  le  poulce  d'un  homme,  et  l'attachant  au  un  fil  de 
foye  de  la  longueur  qu'il  faut  pour  faire  chaque  vibration  d'une  féconde,  la  50111e 
partie  de  la  longueur  de  ce  pendule  là,  fera  à  peu  près  ce  qu'on  demande  :  Et  s'il 
faut  repeter  encore  une  fois  ou  peut  eftre  d'auantage,  ce  trauail,  ce  n'eft  pas 
grande  choie,  puifque  la  fatiffaction  qu'on  en  tire ,  vaut  bien  la  peine.  Au  refte  les 
expériences  que  vous  auez  faites,  desquelles  vous  concluez  qu'il  n'importe  pas 
de  quelle  matière  la  balle  foit  faite,  ny  de  quelle  grandeur  pourueu  qu'elle  n'excède 
point  la  6'nc  partie  de  la  longueur  du  pendule,  ont  efté  faites  dans  des  pendules  dont 
les  vibrations  n'ertoyent  que  de  demie  féconde,  il  eft  vray  que  dans  ceuxlà  la  dife- 
rence  eft  fi  petite  quelle  n'eft  pas  fi  facile  à  obfcruer  comme  dans  des  plus  longs, 
au  lieu  que  ii  vous  voulez  prendre  la  peine  d'examiner  s'il  y  en  a  dans  les  pendu- 
les d'une  féconde  entière  comme  nous  auons  fait ,  vous  trouuerez  que  non  feule- 
ment les  diferentes  matières  mais  aufli  la  diferente  grandeur  des  Balles  de  mefme 
matière  requièrent  des  longueurs  dont  les  diferences  font  coniiderables.   Et  qu'il 


')   Consulrcz  la  ligure  vis-à-vis  tic  la  page  28t 
=)    Voir  l'Appendice  N°.  yy.s- 


CORRESPONDANCE.     \66l.  87 


en  doibt  eftre  ainfi  vous  n'auez  qu'a  faire  refleétion  fur  vos  propres  principes  tou- 
chant la  viftefTe  de  la  defcente  des  corps  de  diferente  matière  dont  nous  nous  fom- 
mes  défia  entretenus ,  dans  nos  précédentes 3).  Mais  auec  tout  cecy ,  il  refte  encore 
une  autre  difficulté  qui  eft  plus  infuperable  que  les  autres  :  c'eft  le  moyen  de  trou- 
uer  la  longueur  precife  de  la  durée  d'une  féconde,  il  eft  vray  qu'un  Horologe  par- 
faitement bien  adiufté  comme  le  voftre,  et  comme  le  mien  eft  à  prefent,  y  fera 
merueilles.  Mais  ne  les  ayant  pas,  Je  crois  que  le  expédient  le  plus  feur,  fera 
d'obferuer  l'application  de  deux  Eftoiles  proche  la  ligne  aequinoéïiallc ,  et  d'une 
dirtance  connue  à  un  méridien  par  le  moyen  de  deux  perpendiculaires  de  fil.  Si  les 
Eftoiles  ne  font  diftantes  que  7.  ou  8.  degrez ,  l'ofcillation  d'un  pendule  de  la  lon- 
gueur requife  pour  une  féconde  durera  afTez  long  temps  pour  la  mefurer  quoy  que 
les  premières  excurfions  ne  foyent  que  de  5.  ou  6.  degrez  de  chaque  cofté  du  per- 
pendiculaire. Et  fi  le  pendule  cil  une  fois  fi  bien  adiufté  qu'il  ne  manque  qu'une 
féconde  en  demy  heure  la  diference  eft  fi  inconfiderable  qu'il  n'eft  pas  necefîaire 
de  ladiufter  d'auantage.  Je  ne  me  ferois  pas  fi  long  temps  arrefté  fur  un  fuiet  que 
vous  feauez  bien  mieux  que  moy  n'eftoit  que  me  trouuant  une  fois  en  train  il  m'a 
elté  plus  facile  de  continuer  prefque  que  de  l'interrompre. 

Maintenant  Je  prends  voftre  troifiefme  lettre  en  main ,  ou  Je  trouue  d'abord,  ce 
qui  me  confole  en  ce  qui  touche  la  faculté  que  J'ay,  d'oublier  quelques  fois  de 
mettre  dans  mes  lettres  des  chofes ,  que  J'ay  intention  d'y  mettre ,  et  choies  fem- 
blables.  mais  dans  voftre  quatriefme  vous  recompen fez  abondamment  ce  qui  man- 
quoit  dans  ceftecy ,  en  m'enuoyant  les  diuifions  du  pendule  que  J'attendois ,  dont 
Je  remets  mes  reflétions  a  lsur  propre  lieu.  Je  vous  fais  à  cette  heure  réparation 
auffi  de  la  faute  que  J'auois  faite,  en  vous  enuoyant  les  copies4)  des  autres  papiers 
de  Monfieur  Frenicle  dont  Je  vous  auois  parlé,  il  n'eft  pas  befoin  que  Je  vous  en- 
tretienne dauantage  fur  ce  qu'ils  contiennent.  Je  vous  diray  feulement  qu'on  a 
enuoyé  a  Monfieur  le  Doftor  Wallis  la  Copie  de  ce  problème,  et  vous  fçaurez  ce 
qu'il  en  dit. 

Quant  a  l'experiment  du  Cannon  5),  tout  ce  qui  touche  la  matière  du  fait  eft  vray. 
Le  Roy  6k  la  Cour  l'ont  veu  auffi  bien  que  nous  autres,  fi  vous  iugez  après  auoir 

bien  confideré  la  raifori  qu'en  donne 

l  Ç^cr~  ' ♦     Milord  Brunker  faites  nous  feauoir  la 

"  °  faute  que  vous  y  trouuez.  remarque/: 
bien  ce  qu'il  dit  de  l'experiment  du  Cannon  dont  la  bouche  fut  coupée  en  biais 
comme  cette  ligure  lequel  tournant  a  main  droitte  rendit  la  balle  de  l'autre  cofté  du 
Noir,  et  vous  ne  doubterez  plus  du  refte.  icy  il  faut  coupper  pour  auiourd'huy. 


3)  Consultez  les  Lettres  Nos.  886,  887,  902  ,  964  et  968. 

4)  On  voit  par  le  post-scriptnm  de  la  Lettre  N°.  997  que  Moray  n'a  pas  envoyé  ces  pièces, 
savoir  les  Nos.  ç6g,  970  et  972 ,  avec  cette  lettre.  Consultez  la  Lettre  N°.  98 1 ,  note  2. 

s)    Consultez  la  Lettre  N°.  889. 


88 


CORRESPONDANCE.     1662. 


N°  995. 

W.  Brouncker  à  Christiaan  Huygens. 

[1662]. 

Appendice  au  No.  994. 

La  pièce  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  à  la  Lettre  No.  976. 

That  a  Bullet  let  fall  from  any  two  points  aflign'd  in  the  Curue  HC.  :)  defcends 
thercon  to  H  in  the  famé  fpace  of  time  j  f  hall  prefently  demonftrate.  But  firft  j  afke 
that  it  be  granted  to  me  That  the  encreafe  of  the  velocity  of  the  famé  body  2)  is  al- 
wayes  in  proportion  to  the  power  of  the  vveight.  As  for  inilance ,  that  (becaufe 
the  power  of  the  weight  is  in  proportion  to  the  perpendicular  altitude  of  the  incli- 
nation of  the  plaine,  as  in  Steuin  Hure  i.  de  la  flanque  3)  propofition  19.  corol- 
laire 2.)  AB  and  DE  being  the  famé  length,  and  EF  to  BC  as  1.  to  a.  The 

encreafe  of  the  velocity  of  a  Bullet  in 
defcending  BA,  be  to  the  encreafe  of 
the  velocity  of  the  famé  Bullet  in  de- 
fcending ED;4)  as  a  to  i.andconfe- 
quently  that  the  time  it  defcends  EDbe  to 
the  time  it  defcends  BA;  as  1.  toVtf s). 
For  if  the  encreafe  of  the  velocity 
upon  BA,  be  to  the  encreafe  of  the 
velocity  upon  ED  ;  as  a  to  1  :  or  as 
GII  to  KL.  IG  and  MK  being  equal 
as  reprefenting  the  famé  fpace  of  time; 
thcn  drawing  NO  parallel  to  the  bafe , 
fo  as  the  triangle  NOI  be  equal  to 
the  A  LKM;  that  the  A  LKM  reprefenting  the  fide  DE,  NOI  may  reprefent 
the  fide  AB,  and  then  the  time  of  the  Bullets  defcent  upon  AB  to  the  time  of 
the  Bullets  defcent  upon  DE,  will  be  as  10  to  IG.  But  becaufe  1  IG  is  to  LK  as 
a  to  1 ,  thereforethe  A  IIGI  is  to  the  A  NOI  =  a  LKM;  as  a  toi.  And  becaufe 
the  A  I IGI  is  to  the  A  NOI  ;  as  the  fquare  of  the  lide  GI,  to  the  fquare  of  the  fide 
Ol,  therefore  the  fquare  of  GI  isjo  the  fquare  of  OI  ;  as  a  to  1.  therefore  GI  is  to 

01;  as  i/Y/,  to  1  ;  or  as  1 .  to\/  ' . 

v    a 

')   Consultez  la  planche  vis-à-vis  de  la  page. 

Brouncker  parle  de  l'accélération  dans  l'unité  de  temps. 

3)  Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  354,  note  2. 

4)  Lisez:  V"  a  to  1. 

Par  le  signe;  Jirouneker  sépare  les  deux  membres  d'une  proportion. 


CORRESPONDANCE.    \66l. 


89 


Now  bccaufe  X;  6) ,  is  to  ba  ;  as  XH  is  to  b\\  :  chat  is  (putting  x  for  the 
number  of  the  fides)  as  x  to  1.  therefore  the  power  of  the  weight  at  X  is  to  the 
power  of  the  weight  at  h  :  :  x.  1.  therefore  the  timc  of  its  defcent  from  X 
to  //,  being  let  fall  at  X ,  is  to  the  time  of  its  defcent  from  b  to  H,  being  let 

fall  at  /;  ;  as  \/  -  to  1 .  now  becaufe  Xj  is  to  hg\  as  XI I  is  to  h\\  :  that  is ,  as  x  to 

x—  1.  Therefore  ABC  reprefenting  the  fpace  Xh,  and  AB  the  proportionable 

time  the  Bullct  is  defccnding  that  fpace  found  as  be- 

forc  to  be  \/  - ,  let  a  be  put  for  BG,  the  time  that  the 

faid  Bullet  being  let  fall  at  X  is  paflîng  from  h  to /, 
and  let  y  be  put  for  CB  the  velocity  that  the  Bullet 
hath  acquired  at  h  in  its  defcent  from  X  then  becaufe 

AB.  BC  :  :  CF.  FD.  that  is  \/-:  y  :  :  a.  ay  1    x.  the- 
refore ])F  equals  ay  V  x.  then  becaufe  Xj.  hg  :  :  DF. 
FE:)  (by  the  Pétition  aboue  mentiond,  That  the  encreafe  of  the  velocity  is  in  pro- 
portion to  the  power  of  the  weight;  or  [which  is  the  lame  thing]  to  the  perpendicu- 

lar  altitude  of  the  inclination  of  the  fide.)  that  is  x.  x  —  1  :  :  ày  \/x. 


E     F 


x 


*Y~    I 

Therefore   '  — —  ay  }    x  =  EF.  therefore  &  CEF  equals 


a2yi 


ay\    x. 
v  s)  and 


the  Parallelogram  FCBG  =  ay.  and  the  A  CBA  = 


y 


1 1      X 


liut    ECBG    = 


.r—  [ 


CBA  (becaufe  kf=  Xli)  therefore  -       -  ay  1   x  s)  +  ay  =  —•—7  ■>   therefore 


x —  1  a2  y  -+-  2  ay  1    x  =  y.   therefore  .r —  1  a-  +  2  a  \    x  =  1.  therefore 

y)  which  is  therefore 


a 


i\/x  1        ,       -  \, 

-  a  =  -     —  theretore  a  =  - 
x  —  1  x  —  1 


1 


the  time  that  the  Bullet  falling  from  X  defeends  the  fide  hf.  Aftcr  the  famé  manner 


the  time  the  Bullct  defeends  the  third  iide  is  found  tobe 


I 


I 


2  x- 


1: 


and  univerfally  the  time  is  found  to  be  l     :  /  +  1  x 


r-  + 1 


X—  2 

I     :  Ix 


V--1 


x  —  l 


r'~)   Consultez  la  planche  vis-a  vis  de  la  page  2 H. 

r)    Brouncker  représente  par  GE  la  vitesse  avec  laquelle  un  corps,  dont  la  chute  commence 
en  X  ,  atteint  le  point/*. 


x 


1    Lisez: 


2  X 


a-  v  1    x. 


^)    La  notation  y:  2  <i  -    1  :  désigne  la  racine  |    (jia       1). 

Œuvres.  T.  IV. 


1  2 


9° 


CORRESPONDANCE;     1662. 


/  being  pur  for  the  number  of  fidcs  defcended.  now  thc  aggregatc  of  ail  thefe  times 


arc  1 


x 


abatinff  tbîs  feries  -?—    -  1/  • 

S'   -+-  .s' 


'-  :  sbeinffput  for 


1,2,3,4  &c.  untill  it  equal  x.  as  is  euident  by  induction  chus. 


1      •  '  /J 

il  x  —  1.  thc  cime  is  - 

1 

ît  x  :=  s.  thc  times  arc  -    — h  - 

2  ï 


1      •  1/3 

il  .v=r  ■2.  thc  unies  arc  — - 


1/5— i/q      i   6—1/5         . 

=1  6-11/5 


1 


=  Vi.. 

=  1/3  —àv 
&i 


.     .  1/4      1/7-K4  ,   K9-^V7  ,   1-10—1/9 

it  .r=  4.  thc  times  arc  -+-  — l—  +  --^—    — *-  +  -  — -  = 

432  1 

=  1     10-^1    9  —  ^  1    7-A1/-4- 

,      .  1    S        1/9  —  1/5    ,    1     12—1/9        I/14  — l/ia 

it  .y  =  5.  thc  times  are   — ^  +  -  — -  +  -  — -   -h  - 

5  4  3  2 


1/15-1/14  = 
1 

&c. 

Then  becaufe 


1     15-il     14  — ê-1     i--/,l    9~,'nl     5- 


l     :  '      '  '    —  ■' -  :  are  thc  ordinates  of  an  Ellipfis 

s-  -+-  s  2  2 

diuided  by  a  feries  of  triangular  numbers,  therefore  ABC  reprefenting  that  Ellip- 
fis, and  AC1)  thc  feries  of  triangular  numbers, 
^-  —1  "s  and  ACEB  a  Parallelogram  upon  thc  lame  bafe 
and  altitude  vvith  the  ellipfis;  becaufe  che  feries 
of  ordinates  in  the  Parallelogram ,  diuided  by 
the  feries  of  triangular  numbers  refpecliuely 
equals  twice I<?)  AB  (thc  feries  being  infinit)  or 


7; 



jf 

'::::::  t. 

/~ 

f 

:::y1:.\ 

S 

.../-•-- 

^r 

1/ 

^^T- 

? 

\/  :  '         -  :  and  becaufe  if  from  the  feries  of 


ordinates  in  the  parallelogram  ACEB  bc  fub- 
ducted  the  feries  of  ordinates  in  the  Ellipfis  ACB  refpecliuely ,  there  remaincs  the 
feries  of  ordinates  in  the  Complément  of  thc  Ellipfis  I^CE  :  therefore  thc  feries  of 
ordinates  in  the  Complément  of  the  Ellipfis  diuided  by  the  feries  of  triangular 
numbers  rcipcctiuely  is  the  aggregatc  of  ail  the  times.  But  this  aggregatc  is  llill 
thc  lame,  becaufe  x  is  Irill  the  lame,  the  number  of  fides  (for  which  it  is  put) 
being  alwayes  infinit. 

Therefore  the  Bullet  defeends  from  ail  points  of  this  Curve  in  the  famé  time 
Quod&c.    1. 


Il  faui  biffer  ce  moi  :  t\\  ice. 


CORRESPONDANCE.     1662.  01 


")  Je  n'entens  pas  cette  demonilration  depuis  now  the  aggregate  of  ail  thefe  fîmes 

«/•£!     :  -         -  :  abattue  t fus  lertes    ,         -  l/:  — —  -:     )  &c. 

1  °        J  s    +   s  2  2 

Je  voy  que  les  temps  et  leur  foraraes  l'ont  telles  qu'il  les  met  dans  l'induction, 
mais  je  ne  comprens  pas  ce  qu'il  veut  prouuer  par  cette  induction ,  et  par  conie- 
quent  je  n'entens  pas  le  relie  de  la  demonilration.  Je  le  prie  donc  de  me  l'ex- 
pliquer plus  clairement  depuis  cet  endroit  la,  a  fin  que  je  puifle  juger  fi  elle 
prouue  la  proposition.  [Chr.  HuygensJ. 

Que  toute  la  demonilration  depuis  le  commencement  cil  auffi  très  obfcure. 

L'induction  n'ell  point  demonilration. 

Que  c'ell  une  nouuelle  demonilration  et  qu'il  a  abandonne  la  première. 

Que  je  rie  feaurois  luy  envoicr  la  demonilration  de  ce  que  j'ay  dit  fans  l'en- 
voier  toute  entière  ce  qui  leroit  trop  long  parce  qu'il  y  a  pluiieurs  propofitions. 
[Chr.  Huygens.] 


N=  996. 

Christiaan  Huvgens  à  [Lodewijk  Huygens]. 
15  mars   1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Lelden,  coll.  Huygens. 

le  15  mars  1662. 
Monlieur  Chaife  nous  fut  veoir  hier  n'ellant  arrive  que  le  jour  d'auparavant, 
et  nous  raconta  comme  il  avoit  demeure  malheureufement  3  jours  dans  le  batteau 
d'Anvers,  après  avoir  couru  en  24-  de  Paris  a  Bruflelles.  Nous  le  quellionames 
un  heure  durant  fur  toutes  choies,  après  quoy  il  s'en  alla  trouuer  Monlieur  Bulero, 
et  je  ne  l'ay  pas  vu  depuis,  mais  je  crois  qu'il  diinera  aujourd'huy  avecque  nous 
chez  ma  Tante  de  St.  Annalandt  ')  ou  il  nous  dira  le  relie  et  aura  ailuremcnt  la 
queilion  extraordinaire,  le  jeune  Bulero  :)  avec  Monfieur  Amat  3)  font  demeurez 
a  Bruxelles  pour  attendre  leur  hardes.  Le  Seigneur  de  Zeelhem  4)  les  attend  avec 
impatience. 


r'~)    Huygens  a  mis,  par  erreur,  un  /pour  un  s. 


')   Geertruid  Huygens.  Voir  la  Lettre  N°.  197,  note  6. 

:)    Adriaan  Buysero,  le  (ils  de  Laurentius  Buysero  (voir  la  Lettre  N°.  97 ,  note  1  ),  mourut  le 

28  août  16H0.  Il  était  secrétaire  du  Prince. 
■")    Vincenzo  Aniato  naquit  en  1629  en  Sicile.  II  était  musicien. 
4)   C'est-à-dire  Constantyn  Huygens,  frère. 


02  CORRESPONDANCE.     1662. 


Je  prevoiois  bien  que  ma  lunette  feroit  confifquée  fi  elle  venoir.  au  Louvre  et 

maintenant  je  m'imagine  que  je  profiteray  autant  avec  celle  cy  qu'avec  les  deux 
autres  que  j'ay  données  au  Roy  d'Angleterre  et  a  fa  Churfûritlichc  Durchleuch- 
tichkeyt  de  Brandebourg  s).  Toute  fois  une  chaifne  d'or  convertie  en  ducats  feroit 
fort  mon  fait  en  l'eftat  ou  font  a  prefent  mes  finances. 

Je  feray  refponfe  6)  a  Monfieur  Petit  la  prochaine  fois  fur  ce  qu'il  demande  r) 
touchant  la  méthode  du  calcul  de  ma  table.  Ce  carofie  que  vous  voyez  fous  fa  porte 
n'y  eftoit  point  de  mon  temps ,  ce  qui  me  fait  croire  que  c'efi:  quelque  fiacre  qu'ils 
y  ont  mis  et  qu'ils  n'ont  jamais  eu  ces  chevaux  que  la  belle  difoit  eitre  boiteux  et 
je  vous  allure  que  j'ay  bien  ris  en  penfant  a  cette  belle  invention. 

Voffius  m'a  dit  que  l'on  copioit  a  Amllerdam  la  relation  Chinoife 8)  avec  les  figu- 
res, par  ordre  de  Monfieur  van  B.  y)  et  non  pas  comme  s'il  y  avoit  contribué 
rien  de  fa  part;  de  forte  que  Monfieur  van  13.  ne  doit  avoir  jaloufie  de  perfonne, 
car  ce  ne  fera  qu'a  luy  que  Monfieur  Thevenot  en  aura  toute  l'obligation. 

Dans  le  gros  pacquet  du  Prince  Leopold  il  y  avoit  avec  fa  lettre  IO)  un  livre'1) 
que  Euftachio  Divini  avec  le  Père  Fabri  Jefuite  ont  fait  imprimer  pour  réplique 
a  la  refponfe  que  je  leur  avois  envoyée.  Or  il  y  a  un  an  que  ce  Hure  a  elle  mis 
au  jour,  et  9  mois  que  le  Prince  m'a  adrcfTè  le  pacquet,  ce  qui  me  fafche  fort, 
et  je  ne  manqueray  pas  de  l'efcrire  ,:)  à  Son  Altefle,  a  fin  qu'une  autre  fois  il  y 
mette  meilleur  ordre.  Au  refte  je  luis  d'avis  d'eferire  a  ce  mefme  Prince  mes  re- 
marques fur  le  dit  livre  dans  une  lettre,  la  quelle  il  fera  imprimer  s'il  le  trouue 
à  propos,  ou  feulement  en  donnera  copie  a  ma  Partie  et  a  les  Académiciens. 

J'ay  aufli  receu  après  une  longue  attente  ,;>)  un  livre  de  Poefies  latines  M)  du 
Père  Mambrun  que  m'a  donné  Monfieur  de  Montmor,  a  qui  il  eit  dediè.  Si  vous 
venez  chez  luy  je  vous  prie  de  le  luy  faire  feavoir  et  que  je  luy  en  eferiray I5)  après 
l'avoir  un  peu  examiné,  pour  luy  rendre  grâces,  et  en  mefme  temps  en  dire  mon 
fentiment  en  tant  que  j'en  fuis  capable.  Mon  Père  n'a  t'il  pas  vu  ce  livre ,  et  quel 
eftat  en  fait  il'? 

Les  bonnes  nouuclles  touchant  fa  negotiation  me  rejouiflènt  fort.  Adieu. 


Friedrich  Wilhelm,  électeur  de  Brandebourg;  voir  la  Lettre  N°.  [26,  note  1. 

(  'onsultez  la  Lettre  Y  .  1014. 

Consultez  la  Lettre  N  '.  989. 

Consultez  la  Lettre  N°.  052. 

Koenraad  van  Beuningen.  Consultez  la  Lettre  N°.  062. 

1        La  Le'tre  N    .  862. 

1   esl  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  X  '.  Nf>; ,  note  1. 

\.iiis  ne  possédons  pas  cette  lettre  de  Chr.  I  luygens  au  Prince  Leopoldo  de  Medicis. 

(  'onsultez  les  Lettres  Nos.  uoK  et  030. 

1  h\\  rage  cité  dans  la  Lel I re  N°,  908 ,  noie  1  1 . 

Mous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  a  de  Monmor. 


CORRESPONDANCE.    1662. 


Je  ne  me  hafte  pas  fore  d'eferire  a  Monfieur  de  Montmor  parce  qu'il  ne  m'a  pas 
refpondu  a  la  lettre  l6)  que  vous  luy  avez  portée. 

Je  ne  vous  dis  rien  touchant  le  duel  du  Coufin  Dorp  I?)  avec  le  petit  Tail- 
lefer  lR)  pour  n'empiéter  pas  fur  ce  qui  eft  de  l'office  du  frère  de  Moggerfhil  Iy). 


N°  997. 

R.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 

l6    MARS     [1662]. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  aux  Nos.  981,  984  et  953. 

ce  6  mars 

A  cette  croifîefme  reprife,  il  faut  finir  tout  ce  que  J'ay  a  dire  fur  le  relie  de  vos 
lettres,  de  peur  que  cellecy  ne  nous  donne  a  tous  deux  trop  de  peine,  c'efl  a  dire, 
plus  qu'elle  ne  vaut,  pource  qui  eft  de  la  proportion  des  corps  defeendants,  a  leur 
poids,  Je  m'en  remets  a  ce  qu'en  dira  Mylord  Brouncker.  Je  fuis  extrêmement  fa- 
tiflait  de  la  Table  ')  que  vous  m'auez  enuoyé  pour  lequation  du  temps,  les  mefûres ;) 
pour  la  verge  du  pendule  me  plaifent  suffi  bien  fort,  il  y  a  de  petites  remarques  qui 
l'e  peuuent  faire  fur  les  effets  de  ce  petit  plomb  dont  vous  vous  fervez  pour  reigler  le 
mouuement  de  voftre  pendule,  mais  il  ne  vaut  pas  la  peine  d'en  parler,  puifque  par 
expérience  vous  trouuez  qu'il  reùflit  a  merueillcs.  Je  crois  aifement  que  le  chan- 
gement de  l'air  ne  fait  rien  du  tout  fur  le  mouuement  de  voftre  Horologe,  la  figure 
du  grand  plomb  eftant  faite  telle ,  qu'elle  le  perce  facilement.  J'entends  par  ce 
que  vous  dites  de  la  iuilefle  de  voftre  Horologe,  qu'il  s'accorde,  non  pas  auec  le 
Soleil  mais  auec  voftre  Table,  et  en  vérité,  Je  luis  rauy  d'aprendre  qu'il  n'a  pas 
manqué  d'une  minute  en  fi  long  temps,  faites  moy  feauoir  Je  vous  prie  au  bout  de 
6.  mois  quelle  différence  vous  y  aurez  trouué. 

Je  me  fuis  toufiours  imaginé  que  vous  auiez  défia  tafché  de  faire  reuffir  voftre 
Horologe  fur  Mer.  Et  croyois  que  vous  ne  nous  en  difiez  rien  parce  que  vous 
l'auiez  trouué  inutile  pour  la  nauigation.  lors  que  J'eftois  a  paris  il  y  a  deux  ans, 


I<5)  Voir  la  Lettre  N°.  904. 

K  )  Lodcwijk  Wolphard  van  Dorp,  fils  cadet  de  Arend  van  Dorp  et  de  fda  van  Baerle,  naquit  le 

12  mars  163 1.  Il  épousa  Àdriana  van  Rossum. 
,8)  Le  fils  du  colonel  Louis  Taillefer  de  Mariacq  et  de  Petronella  van  Oldenbarneveld. 
I9)  Huygens  désigne  son  beau-frère  Philips  Doublet. 


')    Voir  les  Appendices  Nos.  978  et  979. 
2)    Voir  l'Appendice  ^.985. 


^4 


CORRESPONDANCE.    1662. 


Martïnat  3)  l'Horologer  qui  demeure  au  louure  crauailloit  à  cela  :  mais  outre  les 
difficukez  que  Je  luy  propofois  dans  la  chofe,  Je  luy  difois  auffi,  que  fans  doubte, 
ii  la  choie  fe  pouuoic  faire,  vous  lauriez  faite.  Mais  maintenant  que  vous  vous  y 
appliquez  J'ay  grande  enuie  de  croire  que  vous  y  reulîirez  li  la  choie  le  peut  faire, 
mais,  il  cil  a  foupfonner,  que  quand  un  vaiffeau  eil  fur  la  grande  Mer  fort  agité, 
la  variété,  la  grandeur,  et  l'irrégularité  qui  lé  rencontrent  dans  fon  mouuement 
mettront  auffi  en  defordre  celuy  du  pendule.  Mais  iln'elt  pas  beibin  de  vous  en 
dire  des  particularité/.,  puifque  vous  les  fçauez  bien ,  fans  doubte.  pourfuiuez  Je 
vous  prie  cette  expérience  que  vous  vous  propoléz  pour  mieux  trouuer  la  propor- 
tion de  la  pefenteur  de  l'air  a  celle  de  l'eau  que  par  le  moyen  dont  vous  vous  cites 
défia  feruy,  et  mandez  moy  ce  que  vous  y  trouuez. 

Me  voyla  a  cette  heure  au  bout  de  vos  4.  lettres,  relie  feulement  celle4)  que  m'a 
apporté  Monfieur  Southwell  que  je  defpecheray  en  peu  de  mots.  C'eft  que  nous 
faifons  eltat  de  refaire  tous  ces  experiments  que  vous  nous  communiquez  dans 
noftre  Machine  quand  elle  fera  adiuftee  auffi  bien  que  toutes  les  autres  que  Mon- 
fieur Boile  a  faites;  et  d'auantage  nous  auons  refolu  de  faire  une  Machine  de  telle 
grandeur,  qu'un  homme  y  puiflé  entrer,  afin  d'y  faire  plufieurs  nouueaux  experi- 
ments, dont  les  petits  vaifféaux  ne  font  pas  capables.  A  ne  point  mentir,  Je  crois 
que  fans  faire  tort  a  la  bienfeance ,  Je  puis  maintenant  finir  cette  Epiftre.  puifque 
vous  ne  fçaurez  élire  fi  iniufle  que  de  ne  point  aduouer  que  ce  que  Je  vous  deuois, 
eft  payé  auec  quelque  ufure.  Mais  il  ne  faut  pas  nous  accouftumer  a  des  fi  furieulé- 
ment  longues  lettres  comme  celle  cy:  autrement  dans  peu  de  temps  nous  irons  a 
l'infini.  Je  vous  rends  grâces  du  Hure  ?)  que  ma  apporte  Monfieur  Southwell.  J'en 
ay  trois  a  vous  enuoyer ,  dont  deux  partiront  auec  la  première  commodité ,  l'autre 
bientoll  après,  l'un  des  deux  elt  la  refponce  rt)  que  Monfieur  Wallis  a  fait  a  1  Iob- 
bes  qui  vous  fera  bien  rire  iï  Je  ne  me  trompe,  quoy  qu'il  pique  Monfieur  Ilobbes 
dune  façon  bien  poignante,  l'autre  elt  un  trefioly  recueil  d'obferuations  r)  fur 


3)  Martinet.  Voir  la  Lettre  N°.  920,  note  2. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  953,  du  4  janvier  \66i. 

I. 'ouvrage  de  A.  Deusing,  cité  dans  la  Lettre  N°.  940,  note  10. 
<*)  Hobbins  Heauton-Timorumenos.  Or  a  Confideration  of  Mr.  Ilobbes  bis  Dialogues.  In  an 
Epiftolary  Difcourse,  addrefled  to  the  Honourable  Robert  Boyle,  Efq;  By  John  Wallis. 
I).  I).  Profeflbr  of  Geometry  in  Oxford.  Oxford,  Printed  by  A.  II.  L.  Lichlicki.  for  Samuel 
Thomfon,  at  the  Bifhops-head  in  S.  Pauls  Church-yard.  London  1662.  in-8°. 
Cet  ouvrage  a  été  publié  en  janvier  1662.  Déjà  le  20  juin  1665  la  Société  Royale  en  or- 
donna la  quatrième  édition  : 

Natural  and  Political  Obfervations,  mentioned  in  a  folowing  Index  and  made  upon  the 
Bill  of  Mortality.  By  Capt.  John  Graunt  Fellow  of  the  Royal  Society.  With  référence  to 
the  Governmeni ,  Religion,  Trade,  Growth,  Air,  Difeafes,and  the  lèverai  Changes  of  the 
laid  City.  Non,  me  ut  miretur  Turba,  laboro,  Contentns  paucis  Leétoribus.  The  fourth 
linpreflion.  Oxford,  Printed  by  William  Hall,  for  John  Martyn,  and  James  Alleftry,  Prin- 
ters  to  the  Royal  Society,  mdclxv  in  8 


CORRESPONDANCE.     \66l.  95 


The  weckely  bills  of  Mortalitie,  qui  nous  a  donne  enuie  de  penfer  a  des  chofes  qui 
pourront  eftrc  fort  utiles,  dont  Je  vous  aduertiray  quand  elles  feront  meures,  le 
troifiefme  eil  la  refponce  8)  que  Monfieur  Boile  fait  a  Monfieur  Hobbes,  qui  vous 
donnera  peut  eftre  autant  de  fatiffaftion  comme  les  autres.  Enfin  il  faut  auoir 
quelque  compafiion  de  vous,  de  peur  que  vous  ne  vous  imaginiez  que  Je  ne  vous 
entretiens  fi  long  temps  que  pour  vous  faire  faire  pénitence  comme  cftant  agréable 
a  cette  faifon  de  Quarefme.  Mais  fçachez  que  Je  vous  crois  fi  robufte  que  de  pou- 
uoir  fupporter  toute  cette  incommodité  fans  vous  lafler.  Et  Je  vous  déclare  aufïi 
que  Je  ne  m'ennuye  pas  en  vous  efcriuant.  Et  pour  figne  que  Je  crois  que  vous 
n'eftes  pas  mal  fatiffait  de  moy  Je  me  foubfigne 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trelaffeétionné  feruiteur 

R,  Moray. 

Venant  a  fermer  mon  pacquet  Je  trouue  que  en  y  mettant  les  papiers  de  Mon- 
fieur Frenicle  9)  ils  le  groffiroyent  tant  qu'il  ne  vaudroit  pas  le  port  qu'il  vous  cou- 
fteroit.  Je  les  ay  donc  adreffé  au  Secrétaire  des  Ambaflàdeurs  d'Hollande  pour 
vous  les  faire  tenir  auec  les  deux  Hures  dont  Je  vous  ay  parlé,  vous  aurez  aufïï  le 
troifiefme  dans  peu  de  temps. 

Si  vous  rencontrez  des  erreurs  Typographiques,  pardonnez  les  parce  qu'il  m'eit 
prefque  impoiîible  de  relire  ce  que  Je  viens  deferire  auec  quelque  peu  de  halte. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 
x\x.  à  la  Haye* 


SN)    Voir  l'ouvrage  cite  dans  la  Lettre  N°.  909,  note  1 1. 

v)   Probablement  les  pièces  Nos.  969,  970,  971  et  972,  mentionnées  dans  la  Lettre  N°.  994 . 


et  que  nous  avons  classées  comme  Appendices  à  la  Lettre  N°.  96 


" 


p8 


q6  CORRESPONDANCE.     1662. 


N=  998. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Muygens]. 

2  2    MARS     1662. 
/.,/  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

le  22  mars   1662. 

Hier  le  Sieur  Chaife  me  fut  veoir  a  qui  je  communiquay  une  partie  de  voflre 
lettre  ')  et  particulièrement  ce  qu'il  devoit  fcavoir  et  de  voftrc  part  et  de  celle  de 
la  belle  Mare2).  Il  dit  qu'il  vous  a  efcrit  d'icy  au  long,  et  ne  doute  pas  que  voftre 
cholere  ne  ibit  défia  appaifee  pourveu  que  vous  ayez  rcceu  fa  lettre.  Les  particu- 
larité/ du  ménage  de  la  dite  incomparable  m'ont  fort  rejoui,  et  il  faut  avouer  que 
c'eft  un  original.  Je  ne  fcaurois  trouucr  dans  voftre  chambre  le  petit  tableau  que 
vous  luy  avez  deftinè ,  peut  eftre  l'aurez  vous  enferme  quelque  part.  Mon  Père  me 
promet  3)  qu'il  me  communiquera  fon  invention  de  Chandeliers  4),  et  je  fuis  fort 
defireux  de  veoir  ce  traite  avec  figures ,  que  vous  dites.  Il  a  eu  aufli  la  bonté  de  me 
mander  ce  qui  s'eftoit  paffè  chez  Monfieur  de  Montmor  lors  qu'on  y  examina  mes 
dernières  expériences,  des  quelles  je  ne  m'eftonne  point  fi  ces  Mefiieurs  fe  font 
trouvez  empefehez  d'en  dire  les  véritables  caufes  car  elles  ne  font  pas  manifeftes 
du  tout  :  au  moins  je  n'ay  pu  m'y  fatiffaire  encore  moy  mefme.  Je  vous  deduiray 
pourtant  mes  raifonnements  s)  jufques  ou  ils  vont;  mais  non  pas  cette  fois,  parce 
qu'il  faut  que  je  m'abftiene  de  tout  exercice  de  cervelle.  Une  petite  fleure  tierce 
m'a  eftè  veoir  par  3  fois  et  a  cette  dernière  fa  vifite  a  elle  plus  longue  et  plus  fa- 
fcheufe  que  les  2  autres  a  caufe,  comme  je  croy,  que  j'avois  hier  pris  médecine. 
L'on  me  fait  efperer  que  j'en  feray  quite  avec  6  ou  7  accès ,  et  je  le  veux  croire 
parce  que  le  commencement  n'a  pas  eftè  avec  cette  violence  que  je  fentis  a  une 
femblable  fieure  il  y  a  o  ans.  Il  n'en  faut  rien  dire  à  Mon  Père  parce  que  peut  eftre 
cela  le  mettrait  en  peine.  L'horloge  que  j'ay  fait  faire  n'eft  pas  encore  achevée, 
mais  il  ne  s'en  faut  guère.  Vos  2  quaiflès  ne  parohTent  pas  encore,  peut  eftre  les 
2  pèlerins6)  les  apporteront  avec  eux  ,  que  nous  attendons  de  jour  a  autre.  Mais 
c'efl  une  honte  de  ce  pacquet  ")  de  Vicquefort ,  qui  a  la  mine  de  ne  devoir  arriver 
jamais.  Je  ne  fcay  qu'en  dire. 

Nunquam  (i  credis  amavi  hune  hominem. 


')  Nous  ne  possédons  pas  les  lettres  de  Lodewijk  1  luygens  de  cette  époque 
:)   Marianne  Petit. 

Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Constantyn  1  luygens,  père. 

Voir  l'Appendice  N°.  1002. 
5)   Con  Llltez  la  Lettre  N°.  999. 

Buysero,  le  fils ,  et  Amato. 
")    Voir  les  Lettres  X"\  930,  954,  yf>2  ,  98 


CORRESPONDANCE.     \GGl. 


97 


w  999. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

29    MARS     1662. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

le  29  mars   1662. 

Si  j'avois  le  moindre  foupçon  que  je  me  pourrais  eftre  trompe  dans  les  expérien- 
ces *)  dont  vous  parlez,  à  fçavoir  celles  ou  l'eau  de  la  phiole  qui  eft  dans  le  vuide 
demeure  fans  defcendre,  je  les  irois  repeter  afin  d'ofter  tout  lu j cet  a  ces  Meilleurs 
par  de  là  d'en  douter,  car  cela  ne  me  courte  point  de  peine,  mais  je  croy  qu'il 
leur  fuffira  fi  je  les  affure  que  je  les  ay  réitérées  non  pas  par  3  ou  4  fois,  mais  plus 
de  30.  qu'il  plaife  donc  à  Monfieur  van  B.  2)  et  a  ceux  qui  fe  conformoient  a  fon 
avis,  de  méditer  quelque  fubtile  raifon  pour  expliquer  ces  obfervations  au  lieu  de 
les  rendre  fufpectes. 

Pour  moy  fi  j'eufle  elle  de  l'aficmblee  chez  Monfieur  de  Montmor  lors  qu'on 
y^agitoit  cette  matière ,  voicy  en  fomme  ce  que  j'aurois  dit.  Premièrement  pour  ce 
qui  eft  de  la  iufpenfion  de  l'eau  dans  la  boule  et  tuyau  AD; 
que  c'eft  la  petite  quantité  d'air  qui  refte  dans  le  vafe  S  après 
ion  évacuation ,  qui  a  encor  afiez  de  force  pour  contrebalan- 
cer par  fon  reffort  le  poids  de  l'eau  AD ,  et  que  pour  cela  elle 
ne  delcend  point.  Mais  fi  la  mefme  chofe  arrivait,  lors  que  la 
hauteur  AD  ferait  de  4  ou  8  pieds,  et  d'avantage,  comme 
lors  qu'elle  eft  de  2 ,  que  je  croirois  alors  qu'il  faudrait  cher- 
cher quelque  autre  principe  que  celuy  dudit  reflort  de  l'air. 

Que  dans  l'extenfion  de  la  petite  bulle  D  qui  montant  d'en 
bas  remplit  après  tout  l'efpaceAD,  excepté  le  demy  pouce 
DE,  il  y  a  ces  3  chofes  a  confiderer:  fa  grande  eftendue;  le 
lieu  ou  l'extenfion  commence  fubitement;  et  ce  que  l'on  re- 
marque que  la  partie  bafie  de  cette  bulle  qui  s'eftend  de- 
meure attachée  a  ce  lieu;  la  ou  d'autres  bulles  qui  s'agran- 
difient  en  montant  montent  tout  entières.  Que  quant  a  la  grande  extenfion  de  la 
bulle  infiniment  petite,  il  eft  certain  que  ce  n'eft  pas  le  feul  air  qu'elle  contient 
qui  s'eftend,  mais  principalement  celuy  qui  s'y  adjoufte  et  qui  ne  peut  venir  que 
hors  de  l'eau  ;  car  quand  on  laide  entrer  l'air  par  le  robinet,  qui  fait  remonter  l'eau 
jufqu'en  A,  l'on  trouve  qu'il  y  refte  une  bulle  d'air  comme  un  grain  de  chenevis, 
qui  eft  plus  de  100  fois  plus  grande  que  la  petite  bulle  D  qui  eftoit  montée,  d'où 
eft  évident  que  l'air  s'eft  augmenté  d'autant,  et  il  femble  que  l'eau  le  doive  avoir 


J)   Consultez  sur  ces  expériences  la  Lettre  N°.  çj~. 

:)    K.  van  Beuningen  (voir  la  Lettre  N°.  743  ,  note  4)  ;  consultez  la  Lettre  N°.  1 009. 

Œuvres.  T.  IV.  1  3 


(j8  CORRESPONDANCE.     1662. 


fourny,  parce  qu'en  le  laiflànt  la  environ  24  heures,  il  rentre  dans  l'eau  et  difparoic. 

L'on  peut  aufii  remarquer  icy  l'eftrange  force  du  reflbrt  de  l'air,  car  cette 
bulle  de  la  grolïéur  d'un  grain  de  chenevis,  n'eftant  pas  la  millième  partie  du  con- 
tenu de  la  boule  A ,  il  eft  évident  que  ce  peu  d'air  citant  efpandn  par  toute  la  dite 
boule  et  Ton  col  encore  preflbit  tout  aufli  fort  ou  mefme  plus  fort  fur  la  fuperficie 
de  l'eau  en  E,  que  l'eau  qui  eftoit  auparavant  contenue  dans  AE  a  la  hauteur  de 
2  pieds,  parce  que  l'on  voit  que  la  force  de  l'air  reftè  en  S  ,  qui  tenoit  fufpendue 
l'eau  en  AE  et  en  euft  peut  élire  fufpendu  d'avantage,  demeure  contrebalancée 
par  le  reflbrt  de  l'air  en  AE ,  en  forte  qu'elle  ne  peut  pas  faire  monter  l'eau  plus 
haut  qu'en  E. 

Touchant  le  lieu  ou  commence  l'extenlïon  de  la  bulle,  je  dirois,  qu'il  faut  que 
l'air  d'une  bulle  qui  eft  dans  l'eau ,  n'eftant  prefle  que  d'une  certaine  petite  force 
déterminée,  commence  alors  de  receuillir  encore  d'autre  air  de  celuy  qui  cil  caché 
dans  l'eau  ou  dans  le  quel  l'eau  (bit  convertible;  et  qu'ainiî  la  petite  bulle  D  eftant 
venue  a  certaine  hauteur  E ,  (qui  eft  plus  grande  ou  plus  petite  félon  que  l'air  de 
S  a  eftè  peu  ou  beaucoup  vuidè)  elle  s'augmente  alors  par  l'acceflion  de  l'air  aqua- 
tique. En  quoy  pourtant  j'admire  ce  commencement  (i  fubit,  et  fi  juftement  a 
l'endroit  ou  demeurera  la  fuperficie  de  l'eau  après  qu'elle  fera  efcoulée. 

Finalement  pour  ce  qui  regarde  l'attachement  de  la  partie  baflé  de  la  bulle  en 
ce  mefme  endroit,  j'advouerois  que  je  ne  comprens  pas  bien  pourquoy  toute 
l'eau,  qui  defeend  de  la  boule  A  et  de  fon  col ,  le  va  mettre  juftement  deflbus  la 
fuperficie  E,  fans  jamais  la  faire  haulîèr;  mais  que  je  crois  que  le  peu  de  largeur 
du  tuyau  contribue  a  cet  erTeél,  et  que  s'il  eftoit  aufli  large  que  la  boule  A ,  je  penfe 
que  l'on  verroit  monter  toute  la  bulle  en  forme  de  fphere,  quoyque  devenue  fubite- 
ment  grande  en  l'endroit  E ,  ou  la  fuperficie  de  l'eau  le  viendroit  mettre  toft  après. 
C'ecy  le  devroit  expérimenter  et  principalement  ce  qui  arriverait  avec  des  tuyaux 
plus  longs  de  4  ou  8  pieds,  mais  a  prefent  je  n'ay  ny  le  temps  ny  les  verres  que 
cela  requerroit. 

Euftachio  Divini  dans  ce  dernier  livret3)  s'efforce  fur  tout  de  prouucr  qu'il 
peut  veoir  avecque  (es  lunettes  le  fatellite  de  Saturne,  et  allègue  pour  cela  le  tel - 
moignage  de  pluiieurs  perfonnes,  entre  autres  aufli  Moniieur  de  Monconis 4).  11 
voioit  que  fi  l'on  eut  creu  le  contraire  les  lunettes  auroient  perdu  toute  leur  eftime 
et  lui  fon  gain,  au  refte  il  tefmoigne  d'eltrc  fort  talc  hé  de  ce  que  je  l'ay  nommé 
Vitrarius  artifex  s)  et  le  redit  a  chafque  page,  et  pour  s'en  venger  il  me  donne  plu- 
iieurs beaux  titres  '')  par  Ironie.  Mais  la  plus  grande  partie  vient ,  comme  la  pré- 


voir l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  862 ,  note  1. 
Voir  la  Lettre  \" .  765,  note  8. 
(  Consultez 1,1  wBrevis  Assertio",  à  la  page  12. 
■  ;    De  Divinis,  dans  son  écrit  ,,1'ro  sua  Annotatione",  à  la  page  3,  appelle  Chr.  II  ny  gens: 
Aftronomorum  hujus  temporis  facile  Principem  &  Opticorum  Coryphaeum, 


CORRESPONDANCE.     1662.  99 

miere  fois ,  du  Pcrc  Fabri ,  qui  après  s'efire  allez  mal  défendu  contre  ce  que  je  luy 
avois  objecté  de  ion  ignorance  en  Aftronomic  et  Optique,  adjoufte  a  la  fin  l'entière 
explication  de  ion  plailant  Syitcme  de  Saturne  avec  force  figures,  et  fait  tourner 
derrière  le  globe  de  cette  planète  4  boules  luyfantcs  et  1  noires,  de  différentes 
grandeurs,  pour  expliquer  les  phaics  des  anies.  Mais  il  ne  donne  point  les  périodes 
de  ces  boules ,  et  ce  qui  eil  admirable  il  ne  les  fait  pas  tourner  en  des  cercles,  mais 
au  lieu  de  chafque  cercle  il  iubrtitue  ainii  deux  paraboles  et 
fouillent  que  les  planètes  autour  de  Jupiter  cheminent  par  des 
lemblablcs  figures,  et  qu'elles  demeurent  auiîi  toufjours  der- 
rière cet  aftre,  qui  font  des  chimères  ridicules,  au  m"  ne  s'y  fie 
t'il  pas  fort,  mais  il  cfpcre  dit  il  Summopere  et  ex  animo  que 
mon  Syfteme  puiffè  citre  le  véritable ,  et  enfin  il  m' allure  qu'il  m'eftime  beaucoup. 

Monfieur  Amat  ")  avec  ion  conducteur  Chaife  me  furent  veoir  avant  hier,  mais 
comme  des  petits  relies  de  ma  maladie  ne  m'ont  pas  encore  permis  de  fortir  quoy- 
que  la  fièvre  m'ait  quitè ,  je  n'ay  pu  jufqu'icy  luy  rendre  fa  vifite.  le  frère  de  Zeel- 
hem 8)  après  l'avoir  eftè  chercher  plufieurs  fois  chez  luy  fans  le  trouucr  le  rencontra 
hier  chez  la  tante  de  St.  Annalandt.  C'cil  un  bon  garçon,  comme  vous  dites,  et 
qui  femble  encore  un  peu  niais.  Demain  ou  après  demain  nous  faifons  eilat  de  leur 
donner  à  difner  et  aux  Buferos  pere  et  fils 9)  ainfi  que  mon  Père  l'a  ordonné.  Mon 
indifpofition  me  vient  trcfmal  a  point  en  cette  occafion. 

Monfieur  Sorbiere  ne  m'oblige  point  du  tout  de  monflrer  la  lettre  IO)  que  je  luy 
ay  eferit  chez  Monfieur  de  Montmor,  a  qui  elle  pourra  déplaire. 

Si  Monfieur  de  Fermât  avec  Monfieur  Petit  me  fufïènt  venu  veoir  j'en  aurois  eu 
grande  joye ,  et  je  fuis  marry  que  ce  voyage  n'a  point  fuccedè. 

Pour  ces  Meffieurs  IX)  dans  rifle  vous  avez  amplement  fatiffait  et  il  faut  qu'ils 
vienent  aufîi  vous  chercher  a  leur  tour.  La  conclufion  de  noftrc  traictè  i:)  eil  af- 
feurement  une  grand'  affaire  et  dont  on  avoit  deija  defefperè  icy,  ayant  efte  refolu 
de  révoquer  les  Ambaffadeurs. 

Mon  Pere  me  demande  une  lunette  d'approche  à  miroir  pour  Monfieur  le  Ma- 
refchal  de  Grammont  I3),  mais  feulement  de  8  ou  10  pouces,  ce  qui  ne  peut  rien 


r)    Voir  'a  Lettre  N°.  996 ,  note  3. 

8)  Constantyn  Iluygens,  frère. 

9)  Sur  Lau rendus  Buysero  voir  la  Lettre  N°.  97,  note  1,  et  sur  son  fils  Adriaan  Buyserola 
Lettre  N°.  996,  note  1. 

10)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  dans  nos  collections.  Probablement  elle  était  la  réponse 
à  la  Lettre  N°.  980. 

")  Auzout  et  Ampiou,  qui  tous  les  deux  demeuraient  dans  l'Isle  Notre  Dame.  Consulte/  la 
Lettre  N°.  962. 

12)  Le  traité  avec  Louis  XIV,  concernant  surtout  le  commerce  et  la  pèche,  qui  lut  signé  le 
27  avril  1662. 

13)  Antoine,  d'abord  comte  de  Guiche,  puis  duc  de  Gramont,  fils  d'un  père  de  même  nom, 
vicomte  d'Aster  et  de  Louvigny,  et  d'une  nièce  de  Richelieu,  naquit  en  1604 et  mourut  à 


IOO  CORRESPONDANCE.    1662. 


valoir  comme  je  fçay  par  l'expérience  que  cy  devant  j'en  ay  faite.  Dites  luy  donc 

je  vous  prie  qu'a  fin  de  ne  travailler  pas  inutilement  j'en  feray  une  d'environ 
18  pouces  la  quelle  on  pourra  pourtant  porter  a  la  pochette  en  l'enfonçant  et  la 
faifant  de  3  pièces,  une  de  8  pouces  n'augmenteroit  pas  plus  les  objefts  que  fa  pe- 
tite noire  et  ne  monftreroit  pas  auilî  guère  plus  d'objecls  a  la  fois,  et  outre  cela  ferait 
mal  aifée  à  tenir;  car  il  cil  neccflaire  que  ces  lunettes  à  miroir  l'oient  appuiees  par 
devant  a  fin  de  ne  point  branfler.  et  pour  cette  confideration  je  croy  qu'il  vaudrait 
encore  mieux  de  la  faire  de  la  grandeur  qu'eft  celle  du  Roy.  Mais  puis  qu'il  faut 
qu'elle  foit  de  pochette  j'eiTaieray  cette  moienne  longueur  que  j'ay  dit.  Je  me 
trouue  cependant  depourveu  de  miroir  d'acier  au  moins  d'un  qui  foit  bon  et  c'eft 
une  choie  que  l'on  ne  feauroit  recouvrer  pour  de  l'argent.  Demandez  a  Moniteur 
Petit  s'il  n'a  pas  quelque  petit  morceau,  ou  s'il  fçait  ou  l'on  en  pourrait  avoir. 
Vous  me  le  pourriez  faire  tenir  ailement  dans  une  lettre. 
Adieu. 


N=     IOOO. 
N.  Heinsius  à  Christiaan  Huygens. 

29    MARS    1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  987.     Chr.  Huygens  y  répondit  le  26  juin  1662. 

Nicolaus  Heinsius  Christiano  Hugenio  Viro  Nobiliilimo 

S.  P.  D. 

Phacnomenon  illud,  quod  proxime  mittebam  '),  non  difplicuific  tibi,  cquidem 
lubens  intelligo,  Hugeni  Nobiliffime.  Amiens,  a  quo  id  utendum  accepi,  vir  et 
probus  eft  et  fide ,  fi  quis  alius ,  omnino  dignus.  Illi  Henrico  Moucheronio  2)  no- 
men  inditum.  Quis  obfervator  fit  phaenomeni,  ex  illo  ut  refeifeam,  opéra  a  me 
dabitur.  Nam  cum  traderet,  ab  amico  quodam  fuo  obfervatum  afTeverabat,  cuius 
nec  nomen  ego  fum  edoftus,  nec  indagavi.  Nunc  alterum  illud  mitto  •') ,  quod 


Bayonne  le  12  juillet  1678.  Militaire  fougueux,  il  dut,  pour  une  affaire  d'honneur,  passer 
hors  de  France  les  années  de  162-  à  [633;  en  1635  il  fut  nommé  maréchal  de  camp,  en  1641 
France  et  en  1 663  duc  et  pair. 


'     Consultez  la  Lettre  N°.  y66. 

llcndrik  de  .Moucheron  était  probablement  un  fils.de  Balthasar  de  Moucheron  (né  à  Arne- 
muiden  en  1587)  négociant  a  Amsterdam,  où  il  épousa  eu  16*19  Corneliavan  Broeckhovede 

Sch ihoven.  Son  grand  oncle  était  le  même  Balthasar  de  Moucheron  qui  a  donné  l'impul- 

ioil  &  la  première  recherche  du  passage  septentrional  aux  Indes,  et  a  la  fondation  de  la  com- 
ignie  île--  Indes  I  >rientales. 
.Nous  n'avons  pas  trouvé  celte  pièce  dans  nos  collections. 


CORRESPONDANCE.     1662.  IOl 


cum  minus  exaéte  primo  expreflum  effet,  denuo  ut  defcriberetur ,  et  quidcm  vivis 
eoloribus,  tuae  in  ipcm  gratiae,  effcci. 

Vlitium  noftrum  nil  reipondere  compellationi  meae  haud  miror.  Tanti  enim 
vix  funt  verfus,  quos  mittebam ,  et  ut  maxime  cffcnt,  locus  tamen  ijs  haud  erat 
apud  hominem  barbarae  antiquitatis  unicc  nunc,  ut  fcis,  ihidioium.  Si  lingua 
Angloiaxonica,  aut  Gothica  conicripti  eïïent  verficuli,  plaufum  ab  amico  noftro 
certiflimum  ijs  polliceri  poteram.  Nunc  cum  Romanum  iermonem  prac  ie  ferant, 
quem  ille  iampridem  eiuravit,  quid  praeter  contemptum  et  faftidium  delicatiflimi 
viri  ab  ijs  expeclandum  fit,  vix  video.  Sed,  omifîb  ioco,  ut  agam  ferio  tecum,  de 
Mambrunij  poematis 4)  cum  percunéleris  quid  ientiam,  velim  deiiderijs  tuis  fatif- 
fieri  a  me  poiïet.  At  vero,  quod  libellus  ilte  oculos  meos  fruflretur  hactenus  ac 
fugiat,  de  re  parum  comporta  meum  non  eft  iudicare.  Serenifîîmum  Etruriae  Prin- 
cipem  Leopoldum  Mediceum  Obfervationes 5)  fuas  naturales  praelo  typographico 
iam  commiiifTe  ex  eo  ipib  forfan  intellcxeris.  Phaenomcna  tua  quando  lucem  fpe- 
rare  debeant  fac,  quaeib,  intelligam.  Non  pauca  eius  notae  congefiit  Lycofthe- 
nes  fl)  in  commentario  7),  quem  de  prodigijs  conicripiit.  Exilât  et  Phaenomenum 
trini  iolis  uno  codemque  vifi  tempore  in  vernacula  Novae  Zemblae  defcriptione ,  a 
nantis  noftratibus  édita  8).  Aliud  hic  tcrrarum  ante  feptennium  ,  ni  fallor,  è  villa 


4)  Consultez  la  Lettre  N°.  908  ,  note  11. 

5)  Saggi  di  Natvrali  Efperienze  fatte  nell'  Accaderaia  del  Cimento  ibtto  la  protezione  del  Sere- 
niflimo  Principe  Leopoldo  di  Tofcana  e  deferitte  dal  Segretario  di  efla  Accademia.  In  Fi- 
renze.  Per  Ginfeppe  Cocchini  ail'  Infegna  délia  Stella,  mdclxvii.  Con  Licenza  de  Svperiori. 
in-folio. 

rt)  Conrad  Wolffhart  (dit  Lycosthenes)  naquit  le  8  août  151 8  à  RufFah  (Alsace)  et  mourut 
d'apoplexie  à  Bàle  le  25  mars  1561.  Neveu  de  Conrad  Pellican ,  il  se  fit  protestant  et  fut  créé 
en  1539  magister  artium  à  Heidelberg.  En  1 542  il  devint  professeur  de  grammaire  et  de  dia- 
lectique à  Bàle,  en  1545  diacre  de  l'église  de  Saint  Léonard. 

")  Prodigiorvm  ac  Oftentorvm  Chronicon ,  Quae  praeter  naturae  ordineni,  niotum,  et  operatio- 
nem,  et  in  fvperioribns  &  bis  inferioribus  mundi  regionibus,  ab  exordio  mundi  ufque  ad  haec 
nortra  tempora,  acciderunt.  Quod  portentorum  genus  non  temerè  eu^nire  folet,  fed  humano 
generi  exhibitum,  feueritatem  iramq;  Dei  aduerfus  feelera,  atq;  magnas  in  nmndo  uiciffitu- 
dines  portendit.  Partim  ex  probatis  fideq;  dignis  authoribus  Graecis,  atque  Latinis  :  partim 
etiam  ex  multorum  annorum  propria  obferuatione,  fnmma  iîde,  Ihidio,  ac  fedulitate,  adjeftis 
ctiam  rerum  omnium  ueris  imaginibus,  conferiptum  per  Conradvm  Lycofthenem  Rvbea- 
qvenfem.  Cum  Caefareae  Maielt.  gratia  &  privilégie  Bafileae,  per  Henricvm  Pétri,  in-folio. 
[Menfe  Augulto  Anno  .m.d.lvii.] 

8)  VVaerachtighe  Befchryvinghe  van  drie  Seylagien ,  ter  werelt  noyt  foo  vreemt  ghehoort,  drie 
jaeren  acbter  malcanderen  deur  de  Hollandtfche  ende  Zeelandtfche  fchepen  by  noorden 
Noorweghen,  Mofcovia  ende  Tartaria,  na  de  Coninckrijcken  van  Cattbai  ende  China,  fb 
niede  vande  opdoeminghe  vande  Weygats,  Nova  Sembla,  ende  van 't  Landt  op  de  80.  gra- 
den,  dat  men  acbt  Groenlandt  te  zijn,  daer  noyt  menfeh  geweeftis,  ende  van  de  felle  ver- 
febenrende  Beyren  ende  ander  Zee-monders  ende  ondraechlijcke  koude,  ende  hoc  op  de 
laetfte  reylé  tfchip  in  't  ys  befet  is,  ende  tvolck  op  ~6.  graden  op  Nova  Sembla  een  huys  ghe- 


102  CORRESPONDANCE.     1662. 


l'ua  fibi  ac  fororibus  fpcftatum  Allonia  Spiringij  '■>)  privigna  aliquando  mihi  narra- 
vit;  de  quo,  fi  tanti  eit ,  ipfam  mira  aïïèverantem  licet  audias.  Ad  Wallium  alia 
occafione  literas  dabo.  Vale,  Vir  Eximie,  et  fi  quid  praeterea  in  rem  tuam  videbor 
pofle,  id  ne  me  lacent ,  da  operam.  Amicos  omnes,  nobiliflimum  Zelemium  impri- 
mis,  iubeo  falvere. 


Holmiae  Suecorum  A°.  cIoioclxii  a.  d.  -     -  Mardi. 

xxix  J 


N=   1001. 

Christiaan  Huygens  a  [Lodewijk  Huygens]. 

5    AVRIL    1662. 
La  hUn  et  la  copie  se  fi     1  /.  :         coll.  Huygens. 

A  la   Haye  le  5  avril    1662. 

Voila  encore  une  autre  commiflion  que  mon  Père  me  donne,  de  luy  ajuiter  une 
lanterne  avec  2  ou  3  diverfes  peintures  dont  elle  face  la  reprefentation.  Je  n'ay 
rien  a  luy  refpondre  finon  que  je  feray  ce  qu'il  délire,  et  le  plus  promptement 
qu'il  me  fera  poffible  ;  mais  a  vous  j'avoucray  bien  que  ces  commiffions  m'incom- 
modent ibrt,  et  que  tout  autre  que  mon  père  me  demanderoit  en  vain  des  chofes 
femblables.  Vous  ne  feauriez  croire  avec  quelle  peine  je  m'occupe  a  des  telles  ba- 
gatelles qui  me  font  défia  toutes  vieilles ,  outre  que  j'ay  honte  que  l'on  feache  par 
de  là  qu'elles  vienent  de  moy.  L'on  y  cft  afîez  complailant  pour  faire  femblant  de 
les  admirer,  mais  après  on  s'en  mocquera  et  non  pas  fans  raifon.  Pour  l'avenir, 
s'il  y  a  aucun  moyen  détournez  moy  je  vous  prie  des  pareilles  corvées. 

Je  n'ay  pas  encore  vu  la  defeription  ')  des  petits  chandeliers  par  ce  que  mon 


timmert  ende  10  maenden  haer  aldaer  onthouden  hebben,  ende  daer  nae  meer  als  350.  mylen 
met  open  cleyne  fchuyten  over  ende  hmi^lis  der  Zee  ghevaren.  Ailes  met  feer  grooten 
perijckel,  moeyten  ende  ongelooffelijcke  fwarigheyt.  Ghedaen  deur  Gerrit  de  Veer  van 
Amftelredam.  Ghedruckt  t'Amftelredam,  by  Cornelis  Claefz.  op  *r  Water,  in  't  Sctarijf- 
boeck.  Anno  159--  in -4  oblong. 
Peut-être  s'agit-il  de 

Louis  Spierings,  né  en  1633  à  Anvers,  où  il  mourut  en  [691.  Ll  était  peintre,  voyagea 
beaucoup,  puis  habita  Paris, où  il  travailla  pour  Louis  XIV. 

')   Voir  la  Lettre  V.  1002. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


103 


frère  2)  devant  que  de  me  la  monftrer  l'a  elle  porter  a  Monfieur  de  Somerdyck  3). 
J'entens  pourtant  a  peu  près  par  le  crayon  qu'il  m'en  a  lait ,  en  quoy  confîfte  l'ex- 
cellence de  l'invention. 

Quel  cil  ce  verre  en  Ovale,  ou  a  quoy  lert  il  que  vous  dites  avoir  trouve  chez 
l'Abbè  Charles?  4)  car  je  ne  me  fouviens  pas  de  l'avoir  vu. 

Je  verray  ce  que  je  pouray  taire  avec  Vicquefort  5)  ou  par  le  moyen  de  Ion 
frère  s)  ou  en  l'allant  trouuer  moy  mefme  comme  j'ay  délia  fait  une  fois. 

Voftrc  Sire  Araat  le  divertit  icy  allez  bien  fans  qu'il  ibit  befoin  que  nous  y  con- 
tribuions beaucoup  ou  mcfme  que  nous  y  puiffions  contribuer,  parce  qu'il  eft  per- 
pétuellement a  jouer  aux  dez  et  au  verkeer"),  avec  les  jeunes  gens  d'icy,  et  cela 
citant  la  pallion  dominante,  on  l'importune  quand  on  l'en  empcfchc  de  quelque 
façon  que  ce  loir.  Le  frère  de  Moggerfhill i!)  l'a  traittè  la  femaine  palfée  en  poillbn 
comme  il  vous  fera  fçavoir  fans  doute,  nous  autres  ayant  diffère  noltre  fellin  jul- 
qu'apres  Pafqucs ,  puis  qu'aullî  bien  il  n'a  pas  deilein  de  partir  encore  fi  tort. 

Monfieur  de  Maefdamy_)  elt  dangereufement  malade,  ce  qui  fait  longer  le  frère 
de  Zeelhem  de  renouuellcr  la  follicitation  IO)  et  prefentement  il  elt  allé  trouuer  le 
coufin  Dedel  1X)  à  fa  maifon  de  champs.  J'ay  veu  ce  que  vous  mandez  de  nouuelles 
au  beau  frère  s).  A  Monfieur  Petit  je  ne  refpons  pas  encore  par  ce  que  je  veux 


:)   Constantyn  Huygens. 

3)  Cornelis  van  Aerssen,  fils  du  diplomate  François  van  Aerssen  et  de  Petronella  van  Borren, 
naquit  en  1601  et  mourut  en  1662.  Il  était  seigneur  de  Sommelsdijk ,  Plaàt,den  Bommel 
et  Spijk  et  épousa  Lucia  Walta,  qui  lui  donna  huit  enfants,  déjà  mentionnés  par  nous  (les 
„vieilles  demoiselles  van  Aerssen;"  voir  la  Lettre  N°.  829,  note  10).  11  fut  colonel  de  cava- 
lerie, ami  intime  du  Stadhouder  Willem  II;  depuis  165  1  il  vivait  retire. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  990 ,  note  2. 

s)   Sur  Joachim  van  Wicquefort,  voir  la  Lettre  N°.  829,  note  16. 

6")  Abraham  van  Wicquefort,  fils  de  Caspar  van  Wicquefort,  riche  négociant  à  Amsterdam, 
naquit  en  cette  ville  en  1598  et  mourut  à  Zelle  le  23  février  1682.  Destiné  d'abord  par  son 
père  à  l'étude  de  la  théologie,  dont  il  semble  ne  pas  avoir  eu  le  goût ,  il  ne  fut  inscrit  comme 
étudiant  en  philosophie  à  l'Académie  de  Leiden  qu'en  1621.  De  1626  à  1658  il  fut  résident 
de  l'Electeur  de  Brandebourg  à  Paris,  puis  devint  résident  du  duc  de  Brunswic-Lunebourg  à 
la  Haye.  Il  entretint  souvent  des  correspondances  secrètes,  entre  autres  avec  Johan  de  Witt, 
ce  qui  lui  attira  plusieurs  fois  des  emprisonnements.  Il  fut  nommé  Historiographe  des  Pro- 
vinces-Unies. 

7)    Le  jeu  de  trictrac. 

y)    Philips  Doublet ,  mari  de  Susanna  1 1  uygens. 

y)  Frederik  van  Dorp,  seigneur  de  Maesdam  (voir  la  Lettre  N°.  267,  note  3),  était  alors 
membre  du  Conseil  de  Hollande,  dont,  en  1666,  il  devint  le  président;  il  ne  mourut 
qu'en  1679. 

IO)  Constantyn  Huygens  aurait  aimé  à  entrer  dans  le  Conseil  de  Hollande. 

")  Johan  Dedel,  fils  de  Mr.  Willem  Joosten  Dedel  et  de  Ida  Bruins/.  van  der  Dussen,  mourut 
le  22  mars  1665.  Depuis  1621  membre  du  Conseil  de  Hollande,  il  en  devint  le  président  le 
28  octobre  1653. 


104  CORRESPONDANCE.    1662. 


m'abftenir  de  toute  méditation  mathématique  jufques  a  ce  que  je  me  porte  tout  a 
fait  bien.  Adieu. 


N2   1002. 

CoNSTANTYN    HUYGENS,    père,    h    [CORNELIS    VAN    AeRSSEN  ?]  '). 

IO    MARS     1662. 

appendice  au  N°.   1004. 

La  ,  trouve  à  Amsterdam,  Académie  Royale  des  Sciences ,  fonds  Huygens^). 

Paris    10  mars   1662. 

Monsieur; 

Si  c'ell  tout  de  bon  que  vous  délirez  faire  connoiflancc  avec  mes  fuperbcs  Chan- 
deliers, dont  la  nouueauté  le  trouue  délia  avoir  faic^  du  bruict  dans  Paris;  en  voijci 
toute  la  belle  Théorie,  et  la  Prattiquc  enfemble. 

Je  dis,  qu'à  la  refervc  du  Soleil,  toute  grande  Lumière  de  loing  faicl  moins 
d'efFccl:,  que  toute  petite  de  près. 

On  crt  donc  moins  fervi  de  plufieurs  groiïes  Bougies  a  diftance,  que  d'une  me- 
nue proche  de  la  main. 

Et  voijci  les  avantages  de  la  menue  fur  les  grofles  : 

1 .  J'en  fuis  mieux  efclairé. 

2.  J'en  confume  moins  de  cire. 

3.  J'en  fens  moins  de  fumée. 

4.  J'en  ay  moins  d'embaras. 

5.  Ma  lumière  eft  moins  agitée ,  et  pour  article  capital , 

6.  Je  n'ai)  que  faire  de  moucher  ma  chandelle. 

Si  vous  en  voulez  eftre:  conlîderez  la  (Implicite  des  deux  petites  Machines  in- 
nocentes, que  je  VOUS  reprefeme:  La  première  me  fert  fur  la  Table  de  mon  Ca- 
binet, l'autre  auprès  du  feu  ,  au  lict  et  par  tout  ailleurs. 

Première.  Dans  le  tuijau  d'un  petit  Chandelier  de  Cabinet,  foit  rond,  oétan- 


')    Voir  la  Lettre  N°.  1001. 

2)   Il  existe  plusieurs  copies  différentes  de  cette  pièce,  une  entre  autres  à  la  Société  Royale, 
ou  elle  se  trouve  classée  parmi  les  lettres  île  Chr.  I  luygens. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


IO^ 


gulaire  ou  d'autre  figure  d'or,  d'argent, 
de  cuivre  doré  ou  d'acier,  comme  on 
les  faict  joliment  h  Paris,  j'ajulte  une 
bobefche  de  mefme  eflorfe,  courbée 
par  le  millieu,  comme  celle  figure,  c'elt 
à  dire  à  un  angle  d'environ  150  degrez, 
pour  parler  félon  l'art,  en  matière  li 
fublime;  le  bout  A  efl  ouvert:  à  celuij 
de  B,  il  ij  a  une  poinfte  d'Acier  qui 
efgale  BC  à  CA,  je  plante  le  bout  BC 
dans  le  Chandelier,  et  lors  CA  où  je 
mets  la  Bougie  entière,  par  confequent 
de  ce  que  defîus  s'efcarte  de  perpendicle 
environ  a  30  degrez,  qui  n'ell  pas  trop 
de  pente. 

Quand  la  Bougie  ell  con fumée  jus- 
qu'à vers  A,  je  tourne  la  bobefche,  et 
plantant  A  dans  le  tuijau ,  je  fiche  la  pointe  B 
dans  le  bout  d'embas  de  celle  Bougie,  et  lai ife 
ainfi  brufler  ma  Cire  jufqu'à  rien,  la  pente  de- 
meurant la  mefme. 

Par  celte  panure  induflrie,  voijci  comme  je 
prouffite  les  6  avantages  que  je  vous  aij  promis. 
1.  Je  fuis  beaucoup  plus  efclairé,  que  je  ne 
le  fcauroij  élire  de  deux  gros  flambeaux  ou  mefehes  de  lampes,  par  ce  que  mon 
feu  ell  tout  proche  de  mon  papier. 

2.  Je  confume  peu  de  cire,  par  ce  que  ma  Bougie,  pour  trefbien  efclairer 
de  fi  près,  n'a  que  faire  d'cltre  que  de  36  à  la  livre,  fur  la  longueur  de  7  pou- 
ces de  Rhinlande,  et  une  mefche  de  quatre  fils  doublez,  et  je  confume  tout  fans 
rien  perdre. 

3.  Je  ne  fuis  incommodé  d'aucune  fumée  de  confideration. 

4.  Je  n'aij  point  d'embaras  de  grands  Chandeliers  fur  ma  table. 

5.  Ma  lumière  efl  coije  et  vifue,par  ce  que  la  flamme,  qui  monte  ton  (jours 
droicl,  fe  defgage  du  lumignon,  et  n'en  ell  ni  agitée  ni  obfcurcie,  comme  font 
celles  des  Bougies  droiétes. 

6.  Et  finalement,  Je  n'aij  que  faire  de  Mouchcttes ,  qui  cil  un  fale  et  fâcheux 
infiniment  fur  toute  table,  quoij  que  gardé  dans  quelque  placque;  celte  Bougie 
penchante  fe  mouchant  fucceffivement  elle  mefme ,  par  le  petit  bout  qui  fort  de  la 
flamme;  qui  me  femble  une  délivrance  de  beaucoup d'importunité  pour  qui  a  d'au- 
tres penfees. 

Seconde,  devant  le  feu  et  ailleurs  voici)  la  Machine,  qui  me  lért  à  bien  moins 

Œuvres.  T.  IV.  14. 


io6 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


de  façon,  faifant  qu'un  feu!  doigt  me  vault 
beaucoup  plus  qu'un  Lacquaij  ou  un  Gué- 
ridon. 

Ce  terrible  chandelier  n'a  gueres  plus 
de  Diamètre  qu'un  efeu  blanc.  Contre  l'on 
tuijau  il  y  a  un  Anneau  fondé,  qui  ne 
touche  point  embas  au  pied.  Jl  eft  fort 
mollement  poli  par  dedans,  et  large  à  ij 
pafler  tel  doigt  qu'il  vous  plaift,  jufques 
par  deftu:~,  la  joinéture.  Celuij  de  devant, 
ou  bien  le  grand  du  millieu  ij  font  les  plus 
propres.  En  iuitte  le  Chandelier,  tourné 
vers  le  creux  de  la  main  (qui  eft  le  plus 
ailé)  pafle  avec  partie  de  fon  pied  fous  le  doigt  qui  le  porte,  lequel  l'empefche  de 
tourner,  quoij  qu'aucun  autre  doigt  ne  le  ferre:  tout  le  relie  pouvant  fervir  a 
d'autres  ufages. 

Dans  le  Tuijau  j'ajulle  une  Bobefche  droicte,  ouverte  d'un  collé  et  poinélée  de 
l'autre,  pour  le  mefme  ufage  que  defius;  l'ans  qu'elle  aijt  befoin  d'eftre  courbée 
comme  l'autre,  par  ce  que  pour  dégager  la  Haine  du  lumignon  ,  on  biaile  la  bou- 
gie de  la  main  autant  qu'on  veut. 

Cefte  bobefche  droicte  eft  de  la  mefme  hauteur  que  le  Tuijau,  de  forte  que 
quand  fon  collé  ouvert  eft  embas,  il  n'ij  a  que  la  pointe  qui  forte  dehors:  quand 
il  cil  en  haut,  elle  fort  du  Tuijau  autant  que  la  pointe  eft  longue,  et  cefte  fail- 
lie fert  à  la  retirer  aiiément. 

Si  vous  trouvez  encor  trop  de  façon  a  tout  cecij ,  voijci 
mon  dernier  expédient,  qui  en  effeét  me  fert  tout  autant 
que  la  Bobefche,  Je  n'ai)  faiét  mettre  qu'un  petit  bout  de 
Tuijau  fur  le  Pied  du  Chandelier,  en  achevant  le  relie  de 
la  hauteur  qui  m'aggrée  par  la  pointe  d'Acier,  ou  je  fiche 
ma  bougie  tres-aijfement  et  très  ferme,  comme  icij. 

Quelque  forte  de  ces  deux  que  vous  choififfiez,  lâchez 
qu'en  un  befoin  la  mefme  main  qui  eferit  porte  aifément 
fa  chandelle,  en  ne  tournant  que  le  chandelier  en  de- 
hors, et  pall'ant  le  doigt  du  millieu  par  l'autre  collé  de 
l'anneau. 

Mais  notez  que  ce  bout  de  tuijau  eft  ouvert  par  embas, 
pour  fervir  a  efteindre  la  Bougie,  comme  font  autrement  les  bobefehes,  par 
ou  les  mefehes  eftouffées  con fervent  leur  longueur,  de  forte  que  rallumées, 
d'abord  elles  font  autant  de  Haine  qu'il  en  faut  pour  tenir  la  bougie  lèche,  et  fans 
degoufter. 


Car  lois  aufïï,  je  lifche  la  pointe  en  tel  endroict  de  la  bougie  et  avec  autant 


CORRESPONDANCE.     1662. 


IOT 


de  pente  que  je  veux,  et  cela  peut  au  beibin  valoir  une  bobefche  courbée  comme 
vous  voijez. 

Que  s'il  vient  à  point  de  planter  foudainement  le  Chandelier  fur  quelque  table 
ou  ailleurs,  je  tourne  la  pointe  embas ,  et  l'ij  fiche  tant 
qu'il  me  plailt,  (bit  tout  droiét  ou  de  biais,  et  mets  la 
Bougie  dans  cette  dite  ouverture  du  pied ,  qui  lors 
renuerfé  fert  de  chandelier  ainfi. 

Encor  depuis  auons  nous  trouvé  moijen  de  garder 
le  Tuijau  du  Chandelier,  qui  peut  venir  à  point,  et  de 
nous  palier  de  toute  Bobefche.  Ccft  que  contre  le  cofté 
dudit  Tuijau  je  faij  fonder  la  Poinéte  d'Acier  à  telle 
eminence  qu'il  me  plailt,  et  ainfi  je  n'ai]  plus  à  faire 
qu'à  une  pièce,  et  ne  fuis  fubjecl  à  rien  tourner,  comme 
fe  void  en  celle  figure. 

Il  ij  a  du  mijfrcre  à  ce  que  jaij  dit,  que  l'anneau  ne 

touche  pas  au  pied  du  Chandelier:  c'eft  qu'eftant  un 

peu  efievé  il  fert  à  ij   paiïer  le  bout  fondu  de  la  Cire 

d'Efpagne ,  fans  toucher  à  rien ,  dont  on  fe  trouve  embaraffé  en 

cachettant  des  Lettres. 

Vous  m'allez  faire  deux  objections  d'apparence.  Mais  je  les  fon- 
drai] aifement. 

1.  Vous  craignez  qu'une  Bougie  de  Biais  ne  dégoutte:  La  defliis 
je  vous  apprens,  que  comme  on  l'allume,  s'il  ne  fort  beaucoup  de 
Mefche  hors  de  la  Cire',  elle  elt  iubjecle  à  laiffer  tomber  quelque 
goûte  :  par  ce  que  fon  petit  feu  faifant  fondre  plus  de  cire  qu'il  n'en 
feauroit  manger,  le  furplus  découle  neceflàirement  un  peu,  fi  on 
ne  tient  la  Bougie  fort  coije  et  droicte.  Mais  dès  que  la  flamme  a 
prins  fon  eltendue,  qui  arrive  dans  un  moment  après,  elle  devient 
la  maiitreffe.  Le  haut  de  la  bougie  fe  feiche  tout  à  faict ,  et  ainli 
elle  fe  confume  jufqu'au  bout,  fans  que  rien  dégoutte,  quand 
mefme  on  lui)  donne  beaucoup  plus  de  penchant  que  deffus,  qui  elt 
chofe  très  vérifiée. 

2.  Vous  appréhenderez,. peut  eltre,  que  le  feu  fi  proche  ne  vous  jncommode 
la  Veuë.  Pour  moy,  vous  fçavez  que  je  l'aij  auffi  tendre  que  Perfonne ,  Mais 
pourtant  je  vous  affeure  que  je  n'en  feus  aucun  inconvénient,  car  en  effect,  je  mets 
ton  (jours  le  bord  de  mon  chapeau  entre  deux,  et  ainfi  la  flame  et  moij  nous  ne  nous 
voyons  point. 

Voila  bien  du  prone  fur  peu  de  fubject.  Mais  vous  feavez  qu'il  ne  faudrait  pas 
moins  de  dilcours  fur  la  véritable  Anatomie  d'une  Mouche,  que  fur  celle  d'un 
Eléphant;  et  puis  il  a  fallu  vous  obéir,  puis  que  je  fuis. 


Io8  CORRESPONDANCE.     1662. 


N2-   1003. 

H.  Oldenburg  à  Christiaan  Huygens. 

8    AVRIL     1662. 
La  lettre  se  trouve  à  Leideu,  coll.  Huyg 

Monsieur 

Celuy  qui  vous  rend  celle-cy,  Moulicur  Colhans  '),  Docteur  eu  médecine,  s'en 
retournant  en  Allemagne  ,  et  fouhaitant  de  pouuoir  voir  les  perfonnes  fcavanr.es  et 
curieufes  de  la  Haye,  i'ay  crû  devoir  vous  l'addreflèr,  et  vous  fupplier  de  le  rece- 
uoir  auec  la  mei'me  humanité,  que  vous  auiez  la  bonté  de  me  tefmoigner,  quand 
Pavois  l'honneur  de  vous  voir  Telle  pafTé.  Il  fera  très  aile  de  voir  voftre  Machine 
Pneumatique,  et  vos  Lunettes  d'approche;  et  s'il  vous  plaifoit  de  luy  monitrer 
quelques  vues  de  ces  Expériences,  que  vous  auez  communiquées  à  noilre  Société 
de  Grefham  ,  luy  et  moy  vous  en  ferions  très  obligés.  Entre  autres ,  celles  la ,  que 
vous  auez  faites  fur  l'eau,  qui  ne  defeend point, et  pour  trouuer  lapefanteur  de 
l'air,  et  la  viftefle  de  la  cheute  des  plumes,  le  raviront.  Je  cheriray  toutes  les  oc- 
cafions,  que  vous  me  ferez  naître,  pour  vous  témoigner  ma reconoi (Tance pour 
les  faveurs,  que  ce  mien  amy  recevra  de  voftre  generofité.  Touchant  les  choies, 
qui  paffent  parmy  nos  Philofophes  icy,  ie  fcay  que  vous  en  auez  de  bien  meilleurs 
advis  par  le  moyen  du  Chevalier  Mourray,  que  ie  ne  vous  en  feauray  donner. 
C'elt  pourquoy  ie  ne  vous  diray  rien  de  nouueau  de  ces  quartiers  icy  ;  mais  au  lieu 
de  cela  ie  vous  feray  part  de  ce  que  Moulicur  Thevenot  m'envoya  de  Paris,  il  n'y  a 
pas  long  temps,  touchant  cette  def'couuertc  -),  dont,  ce  me  femble,  ie  vous  parlay 
l'clté  précèdent  3).  Apres  auoir  dit,  qu'il  fait  citât  d'en  mettre  le  traité  en  meilleur 
ordre,  il  me  dit  en  peu  de  mots,  que  toute  cette  defcouuerte  cil  d'un  Mouuement 
dans  l'air  mefme  par  lequel  il  croit  de  pouuoir  mieux  expliquer  la  caufe  du  mou- 
uement du  Punctum  Saliens  dans  l'œuf,  du  diaphragme ,  des  poulinons,  du  cœur, 
du  cerveau  ,  que  par  les  hypothefes  qu'on  en  a  données  iniques  à  cette  heure.  Et 
il  adjoute,  que  ce  que  luy  en  donne  meilleure  opinion  ,  c'elt  que  lors  qu'on  vient 
a  expliquer  la  choie  mefme  mechaniquement,  fans  y  employer  autre  agent  que 
ceux,  qui  lé  rencontrent  afîuremcnt  en  nous,  l'on  fait  les  diaitoles  et  les  fyltoles 


Johann  Christoph  Kohlhans  naquit  le  [6  juillet  i6o4àNeustadtan  der  Haide,etmourutà 
Cobourg  le  9  septembre  1677.  En  1633  il  devint  professeur  de  mathématiques  à  Cobourg. 
En  164;  il  s'enfuit .  à  cause  de  la  guerre,  à  Gôttingen  ,  mais  il  retourna  en  1653  à  sa  chaire  de 
Cobourg.  ("était  un  hébraïste  renommé. 
(  lonsultez  la  Lettre  N°.  ! 
Consultez  la  Lettre  N°.  881. 


CORRESPONDANCE.    1662.  1  OO 


qu'on  obferue  dans  ces  parties,  dont  il  vient  de  parler,  auec  toutes  les  circonstan- 
ces, que  nous  y  remarquons.  C'efttout  ce  qu'il  m'en  mande,  qui  elt  afTez  impar- 
fait :  et  peut  eltre  qu'il  vous  en  a  délia  communiqué  plus  departicularitez,  comme 
aufïi  la  machine,  dont  il  fe  fert  pour  ce  mouuement.  Mais  Monfieur  Colhans 
vient  juftement  pour  me  dire  Adieu,  et  eftant  prefîë  ie  fuis  obligé  de  finir  abrupte- 
ment ,  vous  priant  de  vouloir  croire,  que  ie  fuis  parfaitement 

Monsieur 

Yoftre  très  humble  et  trefobeifTant  feruiteur 

H.  Oldenburg. 

A  Londres  le  29  Mars   \66i. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Huygens  de  Zultchem 

à  la 

Haye. 


N2   1004. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk   Huygens]. 
12  avril   1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  h  Leiden,  coll.  Huygens. 

le    12  avril   1662. 

En  débitant  mes  railbnnements  derniers  ')  ne  laifîez  pas  d'y  adjoufter  que  je 
n'en  fuis  pas  bien  fatiffaict  moy  mefme,  et  que  je  doute  ton fj ours  s'il  n'y  a  pas 
quelqu'autre  principe  a  confidercr  en  cette  matière  outre  ceux  de  la  pefanteur  et 
du  reflbrt  de  l'air,  par  lefquels  feuls  j'ay  tafchè  de  rendre  rai fon  des  phaenome- 
nes  propofez. 

Puis  que  l'on  a  donne  un  nouuel  habit  a  ma  lunette  je  voudrais  qu'on  m'envoiafl: 
celuy  qu'elle  vient  de  quiter,  puis  qu'il  reliera  là  inutile;  cela  le  ponrroit  ou  par 
la  voye  de  lkufîelles  ou  par  celle  de  Rouen.  Les  verres  pour  la  lanterne  et  pour  la 


')   Consultez  la  Lettre  N  .  pyy. 


I  IO  CORRESPONDANCE.     l6Ô2. 


lunette  de  Monfieur  le  Marefchal  de  Grammont  :)  font  délia  laits  et  feront  bien- 
tôt!, mis  en  oeuvre,  mais  je  fuis  en  peine  du  petit  miroir ,  car  celuy  que  vous  m'avez 
envoie  cil  un  morceau  d'un  miroir  concave  et  pour  cela  inutile,  et  j'appréhende 
que  ceux  que  vous  me  promettez  tout  polis  ne  foient  de  mefme.  Il  eft  mefrae  fi 
mince  que  je  ne  icaurois  luy  donner  une  fuperficie  platte.  au  relie  l'efioftc  cil 
très  bonne  et  blanche. 

Comment  peuvent  eltre  faites  ces  horologes  de  Thuret  3)  des  quelles  mon  Père 
donnerait  10  ou  12  piitoles  de  retour  par  deflus  la  fiene  ?  fi  nous  en  fçavions  la 
forme  elle  pourrait  fervir  d'inhxuction  aux  mailtrcs  d'icy. 

Je  vous  demanderais  encore  la  defeription  des  caroiïes  de  la  nouuelle  façon ,  ii 
je  ne  croiois  que  le  frère  de  Moggerfhill  m'a  délia  prévenu.  Monfieur  Amat  en 
dit  beaucoup  de  bien,  mais  il  me  femble  qu'il  n'en  feait  rien  que  par  ouy  dire. 
Nous  luy  donnons  aujourd'huy  a  difner  et  avons  encore  prie  (outre  il  Signor 
Chaife  et  Bufero)  Glefer,  van  Leuwen  et  Armainvilliers  pour  rendre  le  feftin  plus 
honorable.  Maiftre  Jaque  4)  en  a  la  direction ,  de  quoy  pourtant  il  n'elt  pas  befoin 
que  vous  difiez  rien  à  mon  Père. 

J'ay  veu  et  j'ay  mefme  apporté  avec  moy  ces  lettres  que  vous  dites  de  Moniteur 
Petit  et  du  Ilamel  5).  pour  celle  de  Monfieur  Fermât â)  ne  prenez  pas  la  peine  de 
me  la  faire  copier  fi  ne  c'ell  que  Monfieur  Petit  croije  qu'elle  le  mérite. 

Monfieur  de  Maefdam  revient  de  fa  maladie  r). 

Vous  me  feriez  grand  plaifir  de  me  mander  quelque  choie  des  intrigues  de  Père. 
Cela  demeurera  entre  nous ,  je  vous  le  promets.  Adieu. 


:)   Voir  la  Lettre  N°.  999,  note  13. 

-1)   Thuret  était  un  habile  horloger  et  mécanicien  à  l'avis,  qui  plus  tard  eut  une  querelle  très 
vive  avec  Christiaan  Huygens  an  sujet  de  l'octroi  que  celui-ci  demanda  pour  ses  nouvelles 
horloges. 
Le  cuisinier  qu'employait  Constantyn  Huygens,  père.  Consultez  la  Lettre  N°.744. 

s)  Jean  Baptiste  Duhamel  naquit  en  1624  a  Virrcf  Normandie) et  mourut  à  Paris  le  6  août  1 -06. 
Il  entra  à  l'Oratoire  en  1643  el  en  sortit  en  1653  ,  pour  devenir  cure  de  IVenilly  sur  Marne: 
en  1656  il  devint  aumônier  du  roi  et  en  1666  secrétaire  perpétuel  de  l'Académie  des  Scien- 
ces; com me  tel  il  eut  pour  successeur,  en  [697  ,  le  Bouyer  de  Fontenelle.  Il  était  astronome 
et  physicien. 

rt)    Il  s'agit  ici  îles  pièces  Nos.  940  et  95  1 .  Consulte/,  la  Lettre  N°.  1005. 

")   Consultez  la  Lettre  N°.  1001,  note  y. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  III 


N2  1005. 

ClIRISTIAAN    HUVGENS    h     [LODEWIJK    HuY.GENS], 

19    AVRIL     1662. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à   Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  le   19  avril   1662. 

Puis  que  j'ay  promis  d'envoier  la  lanterne  il  faut  qu'elle  aille,  car  aulîi  bien 
ne  fcatirois  je  inventer  d'excufe  valable  pour  l'efquiver.  Mais  lors  qu'elle  fera 
arrivée  fi  vous  le  trouvez  a  propos  vous  ferez  aifement  qu'elle  ne  puifTe  point 
fervir,  en  oltant  un  des  2  verres  qui  font  proche  l'un  de  l'autre,  de  forte  qu'il  en 
demeurera  encore  2  de  relie ,  car  il  y  en  a  3  en  tout.  Je  feray  lemblant  d'ignorer 
ce  qui  y  manque,  et  parmy  ces  eclaircifiements  il  le  parfera  du  temps  autant  qu'il 
en  faut.  Et  tout  cecy  pour  le  mieux;  parce  qu'il  me  femble  que  où  •jrpeTei  à  mon 
Père  de  faire  jouer  de  telles  marionettes  au  Louvre,  et  que  je  fçay  bien  que 
vous  ne  feriez  pas  bien  aife  de  l'y  fervir  comme  le  coufin  Micheli  au  Seigneur 
d'Aumale. 

Ces  3  verres  le  font  cafïéz  heureufement  dans  voftre  poche,  mais  pourquoy  en 
aviez  vous  plus  d'un?  ou  aviez  vous  peut  élire  deffein  de  redreffer  la  peinture? 
Pour  les  planches  je  ne  voy  pas  pourquoy  elles  vous  font  fi  grande  peur ,  car  du 
moins  il  n'en  fera  pas  prefent  au  Roy.  Je  fçay  qu'il  a  leu  autrefois  le  pafTage 
de  Balfac  et  apparemment  il  ne  l'aura  pas  oublié.  Il  me  tarde  de  veoir  quelles 
auront  elle  les  penfees  du  bon  Monlieur  Chapelain  touchant  mon  expérience. 
Celle  de  Monlieur  Thevenot,  de  la  caufe  de  la  defeente  plus  facile  de  l'eau 
fraiiche  que  de  celle  qui  a  eux  purgée,  quoy  qu'elle  foit  fubtile  n'eft  pourtant 
pas  véritable,  car  ce  qui  fait  que  l'eau  fraiiche  defeend  touljours  c'efl  que  dans 
cellecy  il  ne  manque  jamais  quantité  de  petites  bulles  qui  montent  vers  en  haut, 
defquelles  il  n'en  faut  qu'une  feule  pour  faire  efcouler  toute  l'eau  de  la  boule  de 
verre,  auili  bien  quand  c'ell  de  l'eau  purgée  que  quand  elle  cil  fraiiche,  à  fça- 
voir  quand  on  a  tiré  prefque  tout  l'air  hors  du  récipient. 

Quant  a  voftre  autre  difficulté,  comment  l'air  eftant  raréfié  100  ou  1000  fois, 
peut  avoir  encore  alïéz  de  force,  pour  par  l'on  reffort  contrebalancer  2  pieds  d'eau; 
je  croy  qu'il  ne  faut  point  admettre  que  ledit  refibrt  s'afrbiblit  à  mefure  que  l'air 
s'cllend;  ce  qui  n'a  point  auffi  elle  vérifié  jufqu'icy ,  et  fi  l'on  le  trouue  ainii  (dont 
je  vous  feauray  bientoll  dire  de  nouuelles,  après  que  j'auray  appris  les  particula- 
rité/- d'une  expérience  que  Monlieur  Boile  a  faite  fur  ce  fujecY)  je  révoque  tout 
ce  que  j'ay  eferit  des  caufes  de  ces  derniers  phaenomenes. 

Le  problème  de  Monlieur  Fermât  m'avoit  elle  délia  communiqué  par  Moi1.- 


112  CORRESPONDANCE.    \66l. 


lieur  de  Carcavy  '),  quoy  que  fans  demonftration,  a  qui  j'ay  refpondu2)  qu'il  y  a  3 
ou  4  ans  que  je  l'ay  trouvé  le  premier,  et  communiqué  3)  a  Monfieur  Wallis  entre 
autres,  qui  l'a  inferè  dans  un  lien  traite  4)  imprimé  en  l'an  1659.  ^a  demoniïra- 
tion eft  encore  beaucoup  plus  claire  et  plus  parfaite  que  celle  de  Monfieur  de 
Fermât. 

J'ay  trouuè  a  la  fin  un  morceau  de  miroir  fort  bon  pour  ajurter  dans  la  lunette 
de  Moniteur  le  Marefchal  de  Grammont,  qui  eft  trefexcellente  pour  fa  grandeur. 

Monfieur  d'Amat  et  Chaife  font  encore  a  Amsterdam. 

On  dit  que  Bruno  eft  mort  5);  la  nouuelle  vient  de  Bufero  le  cadet,  qui  eitoit 
de  les  difciples  en  Poelie. 


N°=   1006. 

].  Chapelain  à  Christiaan  Huygens. 

24    AVRIL     1662   '). 
La  copie  se  trouve  à  Parts,  Bibliothèque  Nationale. 

A  Monfieur  Christianus  Huggens  de  Zulichem,  à  La  Haye 

en  Hollande. 

Monsieur 

Ayant  eu  communication  par  Monfieur  voftre  Frère  de  voftre  dernière  lettre  -) 
ou  vous  inuités  ceux  qui  s'afTèmblent  chés  Monfieur  de  Monmor  pour  les  queftions 
naturelles  de  méditer  et  chercher  la  raifon  qui  peut  faire  que  lorfque  vous  aués 
tiré  tout  L'air  du  grand  Récipient  qui  enferme  le  baquet  et  la  phiole  à  long  goulot 


')    Voir  les  pièces  Nos,  049  et  95  1 . 

.Vous  n'avons  pas  pu  trouver  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  F.  de  Carcavy. 

3)  Voir  la  Lettre  N°.  512. 

4)  C'est  l'ouvrage  „Tractatns  II  De  Cycloide  et  Epiftolaris."  Voir  la  Lettre  N°.  690,  note  3. 

I    llenricus  Bruno  ne  mourut  qu'en  avril  1664. 


')    Evidemment  cette  lettre  n'a  pas  été  expédiée,  mais  n'est   que  l'av.int-projer  de  la  Lettre 
N°.  1008. 

("est  la  Lettre  N°.  999.  Consultez ,  pour  la  description  détaillée  de  l'expérience ,  la  Lettre 
N°.  977- 


CORRESPONDANCE.     \66l.  I  1 3 


renuerfée  la  pointe  en  bas  dans  le  fond  de  l'eau  de  la  phiole ,  y  deicend  toute ,  et 
que  cette  mcfme  eau  y  eftant  toute  remontée  auec  impétuofité  lorfque  vous  aués 
redonné  de  l'air  au  grand  Récipient,  qui  peut,  dis-je  caufer  que  le  tirant  une  féconde 
fois  par  la  pompe  de  ce  Récipient  l'eau  de  la  phiole  demeure  fufpendùe  dans  la 
phiole  et  n'en  peut  eftre  tirée  en  bas  qu'auec  une  très  grande  [?]  3)  peine  et  lors  feu- 
lement qu'une  bulle  d'air  s'éleuant  du  fond  de  l'eau  du  baquet  monte  vers  l'eau  fuf- 
pendùe et  s'eftendant  le  long  des  parois  du  goulot  entre  l'eau  et  les  parois  la  détache 
et  la  fait  tomber.  C'eft  ainfi,  Monfieur,  que  j'ay  conceu  voftre  propofition  et  ces 
autres  Meilleurs  aufii.  Or  comme  vous  n'eftes  pas  fatiffait  de  vos  raifonnemens  fur 
cette  Merveille  et  que  je  ne  le  fuis  pas  non  plus  des  conjectures  de  ces  Meilleurs, 
je  hazarde  les  miennes  fur  voftre  fornication  et  quoyque  tout  a  fait  inférieur  à  vous 
et  à  eux  en  ces  matières  je  ne  laiffe  pas  de  vous  les  expofer  afin  que  vous  en  jugiés, 
et  je  ne  les  expofe  qu'à  vous  devant  qui  je  ne  crains  point  de  monftrer  ma  foiblefie 
et  de  qui  je  fuis  affuré  d'eftre  excufé  fi  je  n'en  fuis  loué.  Vous  fcavés  que  de  tou- 
tes les  opinions  anciennes  touchant  la  matière  du  Monde  je  trouue  celle  de  Démo- 
crite  la  plus  receuable  et  que  fa  pofition  des  atomes  pour  cela  rit  plus  a  mon  efprit 
que  celle  de  tous  les  autres  Philofophes  qui  ont  ruminé  la  deiïus.  C'eft  fur  cette 
doclrine  des  Atomes  que  je  fonde  l'explication  de  ce  Phaenomcne  que  vous  nous 
avés  propofé.  Et  auant  que  d'y  venir,  il  eft  nécefTaire  que  je  vous  die  que  de  ces 
Atomes  ceux  qui  compofent  l'Elément  du  feu  doiuent  auoir  plus  de  mobilité  et 
par  confequent  de  vigueur  que  ceux  qui  compofent  l'air,  et  ceux  qui  compofent 
l'air  plus  que  ceux  qui  compofent  l'eau,  et  ceux  qui  compofent  l'eau  plus  que 
ceux  qui  compofent  la  terre,  ce  qui  eft  caufe  de  leur  feparation  mutuelle  et  des 
differens  eftages  qu'ils  tiennent  dans  l'Univers,  quoy  qu'ils  ne  fe  puiffent  pas  tel- 
lement feparer  que  de  chacun  d'eux  dans  chacun  d'eux  il  ne  fe  trouve  des  parties 
méfiées  et  engagées  qui  fcruent  par  ce  moyen  aux  afièmblages  qui  font  les  généra- 
tions et  aux  detachcmens  qui  font  les  corruptions.  Dans  cet  ordre  de  différente 
forte  de  mobilité  d'Atomes  je  fuppofe  que  le  feu  qui  eft  le  plus  mobile  n'eft  excité 
par  aucun  autre  Elément  à  fe  mouuoir,  au  contraire  que  ce  qu'il  y  peut  auoir  d'eux 
en  luy  ne  fert  qu'a  reprimer  et  a  retenir  fon  impétuofité.  Pour  l'air  je  fuppofe  qu'à 
la  grande  mobilité  que  luy  donne  la  nature  de  lès  atomes  il  s'y  en  adjoufte  une 
nouuelle  par  les  Atomes  du  feu  qui  font  engagés  dans  fa  mafie  et  qui  luy  fait  auoir 
un  plus  rapide  mouuement  encore  qu'il  n'auroit  s'il  en  eftoit  tout  purgé.  Je  dis  la 
menue  choie  de  l'Elément  de  l'eau  qui  eftant  beaucoup  moins  mobile  par  la  nature 
de  fes  Atomes  que  les  deux  autres  Elemens  par  les  leurs,  double,  triple  et  quadruple 
fa  mobilité  par  celle  des  Atomes  d'air  et  de  feu  qui  font  engagés  et  femés  dans  fa 
mafie  pouuant  y  entrer  et  en  fortir  par  les  voyes  du  petit  uide  femé  entre  eux.  Il 
en  eft  de  mcfme  de  l'Elément  de  la  Terre  a  l'égard  des  trois  autres  Elemens  qui 


3)    Ici  la  pnge  est  déchirée. 
Œuvres.  T.  IV. 


I  14  CORRESPONDANCE.    \66l. 


Ce  trouuant  méfiés  auec  les  Atomes  moins  mobiles  qui  la  compofent  par  les  leurs 
plus  agites  en  eit  aidée  dans  les  productions  diuerles  qui  font  autant  de  mouue- 
mens  qu'elle  l'ait ,  et  quelques  lois  emeùe  et  ébranlée  lors  qu'il  y  en  a  une  trop 
grande  quantité  amafTee  dans  quelque  lieu  de  les  entrailles.  Je  me  figure  auffi  la  fi- 
gure de  Tes4)  Atomes  diuerfe  l'une  de  l'autre  félon  l'Elément  qu'ils  conftituent; 
ceux  du  feu  l'ont  conceus  par  moy  comme  ronds ,  ceux  de  l'air  comme  courbes  ou 
triangulaires,  ceux  de  l'eau  comme  droits,  et  ceux  de  la  terre  comme  rameux  et  cro- 
chus de  tous  collés;  ce  qui  fait  que  l'Elément  de  la  terre  demeure  uni  en  luy  mefme 
et  fi  difficile  a  Ce  détacher  d'une  partie  plus  ou  moins  aifée  a  Ce  i'eparer  et  mouuoir 
félon  que  l'es  Atomes  font  plus  ou  moins  fermes  crochus  et  rameux.  Ce  qui  fait 
d'autre  cofté  que  l'Elément  de  l'eau  coule  fi  facilement  a  caufe  que  fes  Atomes 
font  droits  et  que  ne  trouuant  rien  dans  l'a  maffê  qui  les  retienne  ils  glifTent  fans 
peine  et  le  meuuent  du  collé  dont  ils  l'ont  pou  (Tes  par  leur  propre  mouuement  et  par 
celui  des  Atomes  d'air  et  de  feu  qui  y  font  méfiés.  La  figure  courbe  et  triangulaire 
que  j'attribue  a  ceux  de  l'Air  jointe  a  la  plus  grande  mobilité  que  je  fuppofé  qu'ils 
ont  de  leur  nature  les  rends  plus  propres  auffi  à  lé  méfier  parmi  ceux  qui  forment 
l'eau  et  la  terre  pour  les  mouuoir  en  les  feparant  et  en  les  pouffant,  fans  que  cette 
figure  courbe  ou  triangulaire  pui fié  feruir  a  les  faire  s'entrelier  eux  mefmes  dans 
leur  propre  malle  Elémentaire  ni  dans  les  deux  autres  ou  ils  lé  trouuent  engagés, 
ou  du  moins  qui  fert  a  les  détacher  ai  Cernent  les  uns  des  autres  s'ils  (attachent  en- 
femble  quelques  fois.  Pour  ceux  de  feu  la  forme  de  globe  que  je  leur  donne  em- 
pefche  tout  accrochement  entre  eux,  leur  conferue  toute  la  mobilité  fouueraine 
qu'ils  ont  par  leur  nature  et  leur  fert  a  redoubler  et  accroiflre  celle  des  Elemens 
moins  mobiles  dans  lefquels  ils  le  trouuent  engagés.  Sur  cette  fuppofition  dont 
l'explication  eiloit  neceflairc  pour  celle  de  mon  opinion  fur  la  queftion  propofée; 
et  qui  ne  s'ell  pu  faire  plus  fuccinctement ,  Je  dis  que  la  caufe  de  cette  fufpen- 
fion  de  l'eau  dans  la  phiole  après  qu'on  a  tiré  l'air  du  Récipient  pour  la  féconde 
fois  vient  d'une  part  de  la  figure  de  l'eau,  droite  comme  des  aiguilles  fur  des  piliers 
carrés  ou  a  trois  faces  qui  le  peuuent  facilement  approcher  les  uns  des  autres  du 
haut  en  bas  et  toucher  en  tous  les  points  de  leurs  fuperficies;  Et  de  l'autre  de  la 
figure  eftroitte  du  col  ou  goulot  de  la  phiole.  Car  la  première  fois  qu'en  pompant 
on  vuide  l'air  du  grand  Récipient  l'eau  de  la  phiole  qui  eiloit  fufpendïie  dans  la 
bouteille  et  dans  l'on  col  par  le  refibrt  de  l'air  du  Récipient  lorfqu'il  y  eiloit  en- 
core, n'ellant  plus  foullcnuc  par  ce  refibrt  tombe  en  bas  par  l'on  poids  et  la  mo- 
bilité naturelle  et  par  l'aide  de  celle  de  l'air  qui  eiloit  engage  et  méfié  auec  elle 
dont  la  partie  la  plus  fubtile  prefiée  en  tombant  par  les  parois  du  col  s'en  efchappe 
et  monte  a  la  place  de  l'eau  de  la  phiole  qu'elle  remplit  en  partie  au  moins  fi  elle 


4     Lisez:  ces. 


CORRESPONDANCE.    1662.  I  I  5 


ne  la  remplit  tout  a  fait,  ce  que  je  croy  plus  vrayfemblable  a  caufe  de  cette  raré- 
faction inconceuable  fans  l'admiflïon  du  uide  entre  les  parties  raréfiées.  Mais 
quand  l'air  a  elle  redonné  au  Récipient  et  que  l'eau  eft  remontée  impetueufement 
dans  la  phiole  le  mefme  col  ertroit  de  la  phiole  empefche  en  prefTant  l'eau  dans  fon 
afcenfion  d'emporter  auec  elle  tout  l'air  qu'elle  auoit  méfié  dans  fa  maïïe  lors 
qu'elle  eft  defcendùe  par  ce  qu'elle  en  a  déformais  moins  a  caufe  que  cet  air  méfie 
dans  fa  mafTe  et  tombé  auec  elle  dans  le  baquet  ne  fe  trouuant  plus  contraint  par  le 
reffort  de  l'air  auant  qu'il  euft  efté  redonné  au  Récipient,  s'eftoit  dégagé  de  l'eau 
du  baquet  par  les  pores  de  fa  furface  et  s'eftoit  femé  et  efpandu  dans  la  capacité 
du  Récipient  uide  d'air  par  la  pompe  la  première  fois ,  deforte  qu'il  n'en  monte 
point  vers  le  haut  de  la  phiole  par  le  dedans  du  goulot ,  ce  qui  fait  que  quand  l'eau 
y  efl:  montée,  elle  efl  bien  plus  preffée  et  condenfée  en  elle  mefme  qu'elle  n'eftoit 
auant  que  d'en  eftre  defcendiie  et  que  prix  pour  prix  il  y  a  plus  de  matière  aquée 
qu'il  n'y  en  auoit  et  dans  le  baquet  moins;  ce  qui  fe  pourroit  juftifier  fi  en  cafTant 
prontement  les  verres  on  pefoit  l'eau  du  baquet  et  celle  de  la  phiole  feparement  et 
que  l'on  en  comparait  les  poids  aux  poids  feparés  de  leurs  maflès  qu'on  auroit  ob- 
ferués  et  marqués  auant  que  de  les  enfermer  chacun  dans  leurs  vafes  la  première 
fois.  En  cet  eftat  des  choies  lors  que  l'eau  efl  remontée  impetueufement  dans  la 
phiole  après  l'air  redonné,  on  voit  vers  le  haut  de  la  phiole  une  bulle  d'air  de  la 
groffeur  d'un  grain  de  Cheneuis,  laquelle  félon  moy  n'eft  point  de  l'air  que  l'eau 
en  remontant  y  a  entraifné  auec  elle,  ce  quej'ay  monflré  ne  pouuoir  élire  à  caufe 
du  preffis  de  l'eau  afeendante  plus  propre  a  en  faire  fortir  l'air  par  en  bas  qu'aie  5) 
faire  monter  l'air  par  le  haut.  Cette  bulle  donc,  comme  je  croy  n'eft  autre  chofe 
que  l'air  qui  eftoit  demeuré  dans  la  phiole  exprimé  de  l'eau  a  fa  defeente  par  le 
preffis  du  canal  et  eftendu  dans  l'efpacc  abandonné  de  l'eau ,  lequel  air  comprimé 
par  la  mefme  eau  lors  qu'elle  remonte  auec  impetuolité,  fé  ramaffe  en  un  petit  ef- 
pace  et  forme  la  bulle  qui  paroift  en  un  inftant  et  qui  difparoift  enfuite  mais  long- 
temps après  et  fans  doute  peu  a  peu  et  en  degroffiffant  par  ce  que  l'eau  remontée 
rempreigne  comme  auparauant  et  le  boit  entièrement.  Mais  quand  on  tire  l'air  du 
Récipient  la  féconde  fois  par  la  pompe,  cet  effort  ne  tire  pas  feulement  l'air  qui  y 
eftoit  rentré  mais  encore  une  fort  grande  partie  de  celuy  dont  l'eau  du  baquet  et 
de  la  phiole  eftoit  demeurée,  ce  qui  le  pourroit  juftiffier  par  le  notable  abbaiffe- 
ment  de  l'eau  du  baquet  cette  féconde  fois  que  l'on  pompe  en  comparaifon  de  la 
première,  par  ou  on  jugeroit  que  l'air  intérieur  qui  la  fouftenoit  en  feroit  forti. 
Ce  que  l'on  doit  auffi  prefumer  de  l'eau  de  la  phiole  d'où  l'air  dont  elle  eftoit  im- 
prégnée auroit  auffi  efté  tiré  par  cette  féconde  pompe,  d'où  il  arrive  non  pas  que 
feau  de  la  phiole  en  foit  plus  légère  et  ne  defeende  pas  par  cette  raifon ,  citant  au 


5)    Il  faut  biffer  ce  mot  „le. 


I  I  6  CORRESPONDANCE.     1662. 


contraire  plus  pelante  par  fa  conden fanon;  mais  qu'a  force  d'eftre  conden fée  et 
preiïee  par  l'extraction  de  l'air  qui  y  cftoit  enfermé,  les  atomes  de  la  m  a  fie  d'eau 
s'approchent  et  fe  joignent  les  uns  aux  autres  de  toutes  leurs  longueurs  et  fe  pref- 
fant  dans  le  canal  s'cmpefchent  les  uns  les  autres  de  couler  et  de  defcendre  comme 
feraient  des  ballons  unis  qui  s'entreprefTeroient  dans  un  paflage  eftroit  et  plus  ils 
feraient  chargés  par  un  fardeau  fuperieur  ou  par  des  coups  de  marteau  plus  ils  fe 
ferreraient  et  moins  ils  fe  renuerroient.  Cela  fe  preuve  encore  plus  clairement  par 
une  grande  foule  de  fuyards  qui  bouchent  le  pafTage  de  leur  fortie  à  force  de  fe 
prefler  pour  fortir  et  par  un  exemple  encore  plus  femblable  a  l'cfpece  prefente 
lors  qu'on  renuerfe  une  bouteille  pleine  de  liqueur  d'eau  ou  de  vin  ne  fe  vide  point 
ou  ne  fe  vuide  qu'à  peine  quoy  que  dans  cette  liqueur  il  y  ait  de  l'air  méfié  qui  luy 
peut  feruir  a  en  tomber  plus  facilement.  Que  s'il  monte  du  baquet  par  le  goulot 
quelque  bulle  d'air  par  le  haut  de  la  phiolc  et  que  par  fon  actiuité  et  fubtilité  coule 
entre  l'eau  ou  les  parois  du  goulot  ou  mefme  dans  la  malle  condenfée ,  alors  cette 
eau  aquerant  de  l'aifancc  a  le  mouuoir  par  le  meflange  de  l'air  qui  s'y  eft  meflé  et 
dont  elle  s'elt  rempreignée,  fent  détacher  fes  atomes  droits  les  uns  des  autres  et 
fe  meut  vers  le  bas  ou  leur  pefanteur  naturelle  les  porte,  ce  qui  n'arriueroit  pas 
s'il  ne  montoit  point  de  bulle  d'air  par  le  goulot  et  que  cet  air  de  la  bulle  ne  s'infi- 
nuaft,  point  entre  les  atomes  droits  de  l'eau  entaffée  par  fa  puilïante  actiuité.  C'eft 
là  la  raifon  que  j'ay  cren  pouuoir  rendre  par  mes  principes  de  cette  fufpenfion 
d'eau  a  la  féconde  extraction  de  l'air  du  Récipient  qui  fe  trouucroit  encore  plus 
certaine  fi  l'on  mettoit  dans  le  baquet  une  phiole  de  petite  capacité  pour  fon  globe 
et  de  grande  pour  fon  goulot  et  que  l'on  la  remplit  d'eau  comme  l'autre;  car  il  ar- 
riueroit  que  dans  la  première  extraction  de  l'air  toute  l'eau  de  la  phiole  tomberait 
de  mefme  dans  le  baquet  et  qu'elle  tomberait  auffi  dans  la  2e  a  caufe  que  la  largeur 
du  canal  en  emprefferoit  le  preffis.  C'eft  ce  que  je  penfe  de  la  queflion,  vous  ï'ef- 
prouuerés  et  en  jugerés.  Je  fuis,  Monfieur,  Voftre, 
De  Paris,  ce  xxime  avril  mviclxii. 


CORRESPONDANCE.     î66: 


il7 


N=  1007. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

26    AVRIL    1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  le  26  Avril   1662. 

Par  ce  que  vous  nie  mandez  de  voltre  vifite  chez  Monfieur  de  Montmor  je  voy 
clairement  que  les  conférences  y  vont  encore  du  mefme  train  que  lors  que  je  les 
frequentois.  J'y  ay  entendu  fouvent  cet  Ariilotelicien  '),  qui  diiputc  avec  tant  de 
furie ,  et  s'il  euft  dépendu  de  moy ,  je  l'aurois  banni  de  l'a. 

J'ay  peur  que  vous  n'ayez  mal  expliqué  ce  qu'il  y  avoit  d'ambigu  dans  ma  lettre 2) 
touchant  la  deicente  de  l'eau,  car  elle  demeure  afTuremcnt  fans  tomber  la  plus  part 
du  temps,  et  il  arrive  rarement  qu'il  y  monte  une  petite  bulle.  Le  raifonnement 
de  Monfieur  Chapelain  touchant  cette  bulle  eft  fubtil  et  il  a  raifon  de  trouver 
eftrange  que  l'eau  ayant  a  peine  produit  cette  petite  quantité  d'air,  en  p  ni  fie  fournir 
après  beaucoup  plus  en  un  moment.  Il  femble  qu'il  faut  pofer  que  ce  font  les  par- 
ticules mefmes  de  l'eau  qui  acquièrent  icy  la  forme  d'air,  et  qu'elles  s'elevent  plus 
facilement  de  la  fuperficie  qui  termine  la  bulle  commencée,  qu'elles  ne  fe  feparent 
de  l'eau  dedans  fa  malle,  pour  commencer  a  former  la  dite  bulle.  Car  pour  recevoir 
l'opinion  de  Monfieur  Chapelain  ,  il  faut  non  feulement  admettre  une  extenfion  de 
l'air  immenfe,  plus  grande  que  d'un  a  1 000000,  mais  outre  cela  que  l'air  eftant  fi 
fort  ellendu,  prefîè  encore  alors  par  fon  reflbrt  fur  la  fuperficie  de  l'eau  autant  que 
la  hauteur  de  2  pieds  d'eau ,  ainfi  que  dans  une  de  mes  lettres  3)  j'ay  demonftrè,  ce 
qui  pourtant  n'eft  pas  concevable.  Ce  n'eft  pas  auffi  l'air  que  l'on  laide  entrer  par 
le  robinet  qui  contribue  a  aggrandir  la  petite  bulle,  car  on  le  laiffe  venir  fort 
lentement,  de  forte  qu'on  remarquerait  facilement  s'il  en  montoit  quelque  bulle 
vers  la  boule  a  travers  de  l'eau.  Mais  voila  afTez  de  philofophie. 

Il  y  a  3  jours  que  Monfieur  Vicquefort  m'envoya  les  livres  tant  attendus,  dont 
j'ay  fait  auffi  toit  la  diitribution.  Le  Roman  de  Pharamond  4)  avoit  la  mine  d'avoir 
eftè  lu  bien  de  fois,  mais  je  veux  croire  que  c'aura  efté  par  vous  et  vos  amies  devant 
que  de  l'envoier.  Dans  le  pacquet  pour  moy  il  y  avoit  un  livre  Italien  5)  de  l'art 


r)   Antoine  Potcria.  Consultez  la  Lettre  N°.  808. 
:)    Voir  la  Lettre  N°.  9--. 
3)    Voir  la  Lettre  N°.  $j~. 

4      Faramond  ou  l'Histoire  de  France  par  la  Calprenede.  Paris  166] .  12  Vol.  in-83. 
L'auteur  de  ce  roman  est 

Gauthier  de  Costes,  seigneur  de  la  Calprenede,  né  à  Tolgou  (Cahors)  et  mort  à  Paris  en 
octobre  1663.  Il  fut  officier  et  devint  en  1650  gentilhomme  de  la  chambre;  il  a  écrit  beau- 
coup de  romans  et  de  tragédies. 
s)    C'est  l'ouvrage  de  Mancini,  cité  dans  la  Lettre  N°.  774,  note  y. 


I  I  H  CORRESPONDANCE.     1662. 


des  Telefcopes  pour  le  quel  je  vous  prie  de  remercier  de  ma  part  Monfieur  The- 
venot.  Il  n'en  feigne  pas  grand  chofe,  et  je  ne  puis  pas  me  plaindre  qu'il  m'ait 
prévenu  en  rien  de  ce  que  j'ay  efcrit  fur  cette  matière. 

Il  y  avoit  encore  les  2  exemplaires  du  livre  rt)  de  Monlieur  Huet,que  Mon- 
fieur Chapelain  y  a  mis  avec  un  petit  billet  ")  de  fa  part,  auquel  je  diffère  de  faire 
refponfe  jufqu'a  l'autre  femaine  par  ce  qu'aujourdhuy  c'elt  icy  un  jour  de  dévo- 
tion. Meffieurs  Chaife  et  Amat  font  encore  abfens,  peut  élire  que  d'Amfterdam 
ils  feront  paflèz  dans  la  Nort  hollande  et  Frife. 

Les  2  gros  pacquets  de  lettres  les  attendent  chez  eux. 

Les  pièces  de  miroir  font  fort  bonnes ,  et  il  y  en  auroit  pour  plus  de  6  lunettes 
M  Ton  pouvoit  les  couper  par  quelque  moyen.  Avis  a  Monlieur  Petit  ;i).  Je  l'eclair- 
ciray  9)  fur  ce  qui  regarde  l'aequation  du  temps  par  l'ordinaire  prochain.  Voyons 
je  vous  prie  les  efchantillons.  Adieu. 


N°    1008. 

J.  Chapelain  à   [Christiaan  Huygens]. 

30  avril   1662  r). 


La  lettre  se  trouve  à  Le'tden,  coll.  Hi    ■:      ■ 
Huygens  y  répo    it  par  le  No.   1021. 


MONSIKUR 


J'ay  eu  communication  de  voftre  dernière  lettre  :),  par  laquelle  vous  inuités  cens 
qui  s'affemblent  chés  Monfieur  de  Monmor  pour  y  agiter  les  Queftions  naturelles, 
à  chercher  la  raifon  qui  peut  faire  que  que  quand  on  a  tiré  par  la  pompe  tout  l'air 


Voir  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  90K .  note  1. 

Nous  n'avons  pas  trouvé  ce  billet. 

Voir  la  Lctl  re  N°.  1 01 2,  où  Petit  indique  la  manière  de  tailler  les  miroirs. 

9)    Consultez  la  Lettre  N°.  1015. 


')   Voir  la  Lettre  N°.  [  006,  avant  projet  de  cette  lettre  ci. 

3)    Consultez  la   Lettre  N°.    999,0t.  pour  la    description  détaillée  de  l'expérience   la   Lettre 


CORRESPONDANCE.     1662. 


119 


du  Récipient  dans  lequel  eft  enfermé  vn  baquet  auec 
vn  ou  deux  pouces  d'eau  au  fond  et  vue  phiole  a  long 
col  renuerfée  ayant  le  col  plongé  dans  l'eau  du  ba- 
quet, elle  raefrae  pleine  d'eau,  du  haut  en  bas,  quelle 
raifon ,  dis  je,  peut  faire  que  de  la  première  fois  que 
l'air  a  cité  tiré  du  Récipient  toute  l'eau  de  la  phiole 
defcend  dans  le  baquet ,  et  qu'après  que  l'air  a  efté 
redonné  au  Récipient,  l'eau  defcendiïe  dans  le  ba- 
quet eftant  remonté  dans  la  phiole ,  à  la  féconde  ex- 
tracl ion  de  Pair  l'eau  de  la  phiole  y  demeure  fu  (pendu  e, 
fans  en  pouuoir  eftre  tirée  en  bas  jufques  a  ce  que  du 
fond  de  Peau  refiée  dans  le  baquet  il  s'eletie  y n  petite 
bulle  d'air7'')  qui  le  groflît  en  montant,  et  qui  eftant 
montée  dans  le  col  de  la  phiole  a  vne  certaine  hauteur 
comme  d'vn  pouce  au  deflus  de  la  fuperficie  de  leau 
du  baquet  fans  le  difloudre,  s'eftend  et  le  joint  aux 
deux  parois  du  col,  puis  fa  baie  tenant  touijours  ferme 
à  cette  hauteur  fe  diiïbut  et  perd  fa  figure  de  bulle,  et 
les  parties  difïbutcs  montant  vers  le  haut  de  la  phiole  et  s'infinuant  entre  Peau  du 
cul  et  [es  parois  4)  et  peut  eftre  dans  la  maflTe  de  l'eau  fufpendùe  la  font  defeendre 
dans  le  baquet  quoy  qiPauec  beaucoup  de  peine  et  de  temps.  C'eft  ainfi ,  Monfieur , 
que  j'ay  conceu  voftre  Propofition  par  la  leéture  de  voftre  lettre,  par  l'inlpection 
de  la  reprefentation  de  la  Machine  et  par  le  fecours  que  Monfieur  voftre  Frère  5) 
m'y  a  donné  en  me  l'expliquant.  Or  comme  vous  n'eftes  pas  fatiffait  de  vos  pro- 
pres conjectures  fur  cette  merucille,  et  qu'elles  ne  me  contentent  pas  tout  a  fait, 
beaucoup  moins  encore  celles  qui  daillcurs  l'ont  venues  a  ma  connoifiance,  je 
hazarde  icy  les  miennes  fans  les  opiniaftrer  et  fans  en  relpondre,  puifquc  je  fuis 
l'vn  des  inuité.s,  quoy  que  le  plus  foible  de  tous  en  ces  matières,  vous  les  expofant 
afin  que  vous  en  jugiés ,  et  je  ne  les  expofe  qu'a  vous ,  deuant  qui  je  napprehende 
point  de  monilrer  ma  foiblefTe ,  et  par  qui  fi  je  n'en  fuis  loue ,  je  fuis  du  moins  cer- 
tain den  eftre  exeufé. 

Vous  feaués  defja  fans  que  je  vous  le  die,  que  de  toutes  les  opinions  anciennes 
touchant  la  matière  du  Monde,  celle  de  Democrite  m'a  toufjours  femblé  la  plus 
plaufiblc,  et  que  fa  pofition  des  Atomes  a  plus  ri  a  mon  imagination  que  celle  de  tous 
les  autres  qui  ont  médité  la  deflus.   C'eft  aufll  fur  cette  doctrine  que  je  fonde  mon 

:1)  Ces  lignes,  et  plusieurs  autres  dans  la  suite  de  cette  lettre,  sont  soulignées  au  crayon  par  Clir. 
Huygens;  nous  les  avons  indiquées  par  des  caractères  italiques.  Ce  sont  les  passages  aux- 
quels se  rapportent  les  notes  de  Huygens  a  la  lin  delà  lettre:  l'objection  i  a  rapport  à  cette 
phrase-ci. 

4     Voir  l'objection  6. 

5)    11  s'agit  de  Lodewijk  Huygens.  Consulte/  la  Lettre  .V  .  100-. 


I  20  CORRESPONDANCE.     1662. 


explication  du  Phaenomene  que  vous  nous  aués  donné  a  confiderer.  Mais  auant 
que  d'en  venir  a  cette  explication,  j'ay  befoin  que  vous  m'accordiés ,  félon  mes 
principes  que  des  Atomes  ceux  qui  compofent  l'Elément  du  Feu  doiuentauoir  plus 
de  mobilité  et  d'aétiuité  auffi  bien  que  de  ténuité  que  ceux  qui  compofent  l'Elé- 
ment de  l'Air,  et  ceux  qui  compofent  lElement  de  l'Air  plus  que  ceux  qui  com- 
pofent l'Elément  de  l'Eau ,  et  ceux  qui  compofent  lElement  de  l'Eau  plus  que 
ceux  qui  compofent  lElement  de  la  Terre,  ce  qui  caufe  leur  mutuelle  feparation, 
et  les  differens  eftages  qu'ils  tiennent  en  lVniucrs,  bien  qu'ils  ne  fe  puiffent  pas 
tellement  deprendre  que  de  ebacun  d'eux  en  chacun  d'eux  il  ne  fe  trouue  des  par- 
ties méfiées  et  engagées ,  les  quelles  féruent  par  ce  moyen  aux  affcmblages  qu'on 
nomme  générations  et  aux  dilfipations  qu'on  appelle  corruptions.  Dans  ces  diuerfes 
mobilités  d'Atomes  je  fuppofe  encore  que  le  Feu  qui  eft  le  plus  actif  de  tous  les 
Elemens  n'elt  excité  a  fe  mouuoir  que  par  luy  mefme,  et  qu'au  contraire  ce  qu'il 
y  peut  auoir  des  autres  Elemens  niellé  auec  le  fîen  fert  pluftoft  a  retenir  et  dimi- 
nuer l'on  impetuofité  qu'a  l'accroiftre.  Pour  l'Air  je  fuppofe  qu'a  la  grande  mobi- 
lité que  luy  donne  la  nature  de  fes  Atomes  il  s'y  en  adjoufte  vne  nouuelle  par  les 
Atomes  de  Feu  qui  font  engagés  dans  fa  mafTe  et  qui  luy  font  prendre  vn  plus  ra- 
pide mouuement  qu'il  n'auroit  s'il  en  eitoit  entièrement  purgé.  Je  fuppofe  la 
mefme  chofe  de  l'Elément  de  l'Eau,  qui  citant  beaucoup  moins  mobile  par  la  na- 
ture de  fes  Atome*  que  les  deux  autres  Elemens,  triple  et  quadruple  fa  mobilité 
par  celle  des  Atomes  d'Air  et  de  Feu  engagés  et  femés  dans  fa  maflé,  y  pouuant 
entrer  et  fortir  par  les  voyes  du  vuide  qu'elle  contient.  Il  en  eft  de  mefme  de 
l'Elément  de  la  Terre,  à  l'égard  des  trois  autres  Elemens  qui  fe  trouuant  méfiés 
dans  la  mafïc  des  Atonies  qui  la  compofent,  l'aident  par  les  leurs  plus  agités  que 
les  liens  dans  lés  différentes  productions,  et  quelquefois  mefme  le  branflent,  lors 
qui!  y  en  a  vne  trop  grande  quantité  aflémblée  en  quelque  endroit  de  fes  entrailles. 
Je  m'imagine  auffi  la  configuration  de  ces  Atomes  diuerfe  félon  l'Elément  que 
ebacun  d'eux  conflituc.  Je  conçoy  ceux  du  Feu,  comme  de  petits  globes;  ceux  de 
l'Air  comme  de  petits  arcs  ou  des  petites  Pyramides;  ceux  de  l'Eau  comme  de 
petites  aiguilles  droittes  ou  de  petites  colonnes  ou  de  petits  prifmes,  et  ceux  de 
la  Terre  comme  de  petits  plumacbes  a  barbes  déliées  ou  de  petits  heriûons  a  poin- 
tes recourbées  et  crochues;  d'où  il  arriue  que  l'Elément  terreftre  demeure  vni  et 
ramaffé  en  luy  mefme,  comme  lil  eftoit  immobile,  et  a  fa  mafié  fi  malaiféc  a  diflbudre 
furtout  dans  lés  parties  les  plus  voilines  du  centre  ,  et  a  proportion  qu'elles  en  ap- 
prochent ou  les  Atomes  de  l'Air  et  du  Feu  pénètrent  auec  moins  de  facilité  et  félon 
que  les  liens  font  plus  pleins  de  crocs  et  plus  engagés  les  vus  dans  les  autres.  D'où 
il  arriue  auffi  que  lElement  de  lEau  coule  li  facilement  par  la  figure  directe  de  lés 
Atomes,  qui ,  ne  trouuant  rien  dans  leur  malle  qui  les  retienne,  gliflènt  (ans  peine 
et  fe  meuuent  du  collé  où  ils  fout  pondes  l'oit  par  leur  mouuement  propre,  (bit 
par  ecluy  des  Atomes  dAir  et  de  Feu  qui  y  l'ont  niellés.  La  figure  d'arc  ou  de  py- 
ramide que  j'attribue  a  ceux  de  l'Air  jointe  a  la  plus  grande  mobilité  quils  ont  de 


CORRESPONDANCE.     \66l.  121 


leur  nature  félon  ma  fuppofirion  ,  les  rend  auffi  plus  propres  a  fe  méfier  parmi  ceux 
qui  compofent  l'Eau  et  la  Terre  pour  les  mouuoir  en  les  (eparant  et  en  les  pref- 
fant,  ou  pour  mieux  dire  afin  de  redoubler  le  mouuement  de  lvne  et  de  lautre  par 
celuy  quils  ont  plus  violent  par  leur  nature.  Et  cette  figure  courbe  ou  pyramidale, 
ou  ne  leur  permet  pas  de  s'entrelacer  enfemble  jufqifa  en  former  des  corps  (im- 
pies qui  tombent  fous  les  fens ,  ou  du  moins  fert  a  les  détacher  ailement  les  vns 
des  autres,  s'ils  viennent  par  fois  a  fentrelier.  Pour  ceux  de  Feu  la  figure  fphe- 
rique  que  je  leur  donne  empefche  toute  forte  daccrochement  entre  eux,  leur  con- 
ferue  l'extrême  mobilité  qu'ils  ont  de  leur  nature,  et  leur  fert  à  augmenter  celle 
des  Elemens  plus  tardifs  dans  la  maffe  defquels  ils  fe  trouuent  engagés.  Sur  vne 
telle  fuppofition ,  l'explication  de  laquelle  eftoit  neceffaire  pour  l'intelligence  de 
mon  opinion  touchant  la  Queftion  propofée  ,  et  que  je  n'ay  peu  faire  en  moins  de 
paroles  ; 

le  dis  que  la  caufe  de  la  fufpenfion  de  l'eau  dans  la  phiole  après  quon  a  tiré 
lair  de  la  capacité  du  Récipient  pour  la  féconde  fois,  eft  d'vn  cofté  la  figure  droitte 
des  Atomes  de  leau ,  qui  fe  peuuent  facilement  approcher  les  vns  des  autres ,  et 
s'ajufter  les  vnes  contre  les  autres  de  toute  leur  longueur;  Et  de  l'autre  la  figure 
longue  et  ejîroitte  aujjî  bien  qu  égale  ")  du  col  de  la  phiole  rentier  fée.  Car  la  première 
fois  que  par  la  pompe  on  vuide  l'air  du  Récipient ,  l'eau  de  la  phiole  qui  eftoit 
fouftenuë  par  lair  du  Récipient  deuant  qu'il  fuft  vuide,  neflant  plus  déformais 
fouftenuë  de  cet  air  qui  en  a  efte  tiré  tombe  par  fon  poids  dans  le  baquet  aidée 
par  la  mobilité  de  l'air  engagé  dans  fa  maffe ,  la  plus  fubtile  partie  duquel  dans  la 
cheute  de  l'eau  comprimée  par  les  eflroittes  parois  de  la  phiole  s'efehappe  de  fa 
maffe  vers  le  fond  de  la  phiole  a  la  place  de  l'eau  tombée ,  et  le  remplit  en  fe  dila- 
tant; quoy  qu'il  y  ait  plus  de  vrayfemblance  qu'il  ne  le  rempliffe  pas  entièrement; 
a  caufe  de  l'incomprehenfibilité  de  la  raréfaction,  comme  l'enfeigne  lEfchole, 
prétendant  qu'vn  corps  fans  addition  de  fubftance  et  fans  admiffion  de  vuide ,  oc- 
cupe vn  plus  grand  efpace  quand  il  eft  raréfié  que  quand  il  ne  l'eit  pas.  Mais  lors 
que  l'air  a  efté  redonné  au  Récipient  et  par  l'effort  de-cet  air  l'eau  elt  impetueufe- 
ment  remontée  dans  la  phiole ,  le  col  de  la  phiole  preffant  l'eau  dans  fon  afeenfion 
l'empeiche  d'emporter  auec  elle  tout  l'air  qu'elle  auoit  dans  fa  maffe,  de  forte 
quil  s'en  efchappe  la  meilleure  partie  par  en  bas  et  fe  va  méfier  auec  l'eau  du 
baquet  qui  eft  moins  contrainte ,  et  qui  s'en  empreigne  plus  facilement,  pour  auoir 
perdu  beaucoup  de  l'air  méfié  dans  fa  maffe  lors  que  le  Récipient  en  eftoit  def- 
poùillé,  et  que  ce  vuide  le  retenoit  moins  d'en  fortir.  Cela  fait  que  quand  l'eau 
du  baquet  eft  retournée  dans  la  phiole,  ayant  moins  d'air  en  fa  maflë,  elle  fe 
trouue  plus  refferrée  en  elle  mefme  qu'elle  ne  l'eftoit  auant  fa  defeente,  et  que 
prix  pour  prix  il  y  a  plus  de  matière  aquée  dans  la  phiole,  et  moins  dans  le  baquet. 
Lon  pourroit  vérifier  ce  que  je  dis  fi  en  caftant  les  verres  prontement  on  pefoit 

:)    Voir  l'objection  i. 

Œuvres  T.  IV.  16 


122  CORRESPONDANCE.    l66l. 


leau  du  baquet  et  celle  de  la  phiolc  feparement  et  que  Ion  en  comparai!;  les  poids 
aux  poids  de  leurs  mafles  obferués  feparement  auant  que  de  les  mettre  chacun 
dans  les  mefmes  vaiflèaux.  Mais  quand  l'eau  eil  remontée  dans  la  phiole  on  y  voit 
vers  le  haut  de  Ion  fond  vne  bulle  d'air  de  la  grofîeur  d'vn  grain  de  cheneuis,  la- 
quelle n'eft  point  de  lair  que  l'eau  ait  entraifné  auec  elle  en  remontant ,  mais  de 
celuy  qu'en  defcendant  elle  auoit  laïfTé  efchapper  de  fa  mafle  par  le  prelTement 
des  parois  du  col  de  la  phiole  et  qui  auoit  occupé  cet  èfpace  abandonné  par  l'eau; 
lequel  air  comprimé  par  l'eau  dans  fon  afcenfîon  impétueufe*^)  et  réduit  au  petit  pied 
forme  cette  bulle  qui  paroilt  en  vn  initant  et  qui  difparoilt  enfuite,  longtemps 
après  et  peu  a  peu  fans  doute  en  le  degrolïiffant ,  par  ce  que  cette  eau  remontée 
et  defpoûillée  dvne  partie  de  fon  air  fe  rempreigne  de  celuy  de  la  bulle  et  le  boit 
entièrement.  Maintenant  lorfque  Ion  tire  vne  féconde  Ibis  l'air  du  Récipient,  cet 
effort  ne  tire  pas  feulement  celuy  qui  y  eltoit  rentré,  mais  encore  vne  fort  grande 
partie  de  celuy  dont  leau  du  baquet  et  de  la  phiole  eltoit  demeurée  empreignée. 
Ce  qui  fe  pourrait  juftifier  par  le  remarquable  abbaijj'ement  de  leau  ,y)  du  baquet  à 
la  féconde  pompe,  en  le  comparant  à  la  hauteur  qu'elle  auoit  a  la  première;  par 
où  on  jugeroit  que  l'air  qui  luy  feruoit  à  occuper  vn  plus  grand  efpace  en  eltoit 
forti.  On  doit  prefumer  la  mefme  choie  de  l'eau  de  la  phiole  d'où  l'air  aurait  cité  tiré 
par  la  féconde  pompe,  ce  qui  ferait  non  pas  que  cette  eau  en  fuit  plus  légère  et  par 
cette  raifon  ne  defeendilt  pas,  déliant  au  contraire  eitre  plus  pelante  par  faconden- 
fation;  mais  qu'a  force  d'eltre  condenfée  et  p reliée  par  l'extraction  de  l'air  qui  y 
eltoit  renfermé,  les  atomes  de  la  mafTe  de  cette  eau  s'approchant  dauantage  les 
vns  des  autres  et  le  joignant  près  a  près  dans  toute  leur  longueur,  fe  prefïent  dans 
le  canal  et  s'empefehent  de  couler  et  de  defeendre,  comme  feraient  de  petits  bal- 
cons droits  qui  coulant  auec  liberté  dans  vn  large  ruilîèau,  fans  lé  toucher  les  vns 
les  autres ,  viendraient  a  lé  joindre  dans  vn  pafTage  eftroit  où  la  contrainte  du  lieu 
les  arrelteroit,  et  où  plus  ils  feraient  poulies  par  ceux  qui  viendraient  enfuite, 
plus  ils  lé  ferreraient  et  plus  ils  trouueroient  de  difficulté  à  fe  mouuoir.  Cela  fe 
prouue  encore  plus  clairement  par  vne  foule  de  fuyards  qui  bouchent  le  pallagc 
de  leur  fortie  a  force  de  lé  prefîer  pour  fortir,  et  par  vn  exemple  encore  plus  fem- 
blable  a  la  prefente  efpece  ,  lors  qu'on  renuerfe  perpendiculairement  vne  bouteille 
pleine  de  quelque  liqueur,  laque/le  ne  tombe  point  ou  ne  le  fait  qif  auec  bien  de  la 
'peine  lo),  bien  que  dans  cette  liqueur  il  y  ait  de  l'air  niellé  qui  luy  pourrait  feruir  a 
defeendre  plus  facilement,  que  ii  du  fond  du  baquet  il  monte  par  le  col  de  la  phiole 
quelque  bulle  d'air,  d'abord  petite,  et  dans  fon  progrès  plus  grollé  jufques  h  vne 
certaine  hauteur  d'où  elle  s'eflale  vers  le  haut,  et  fe  glijfant  entre  les  parois  du 


Voir  l'objection  3. 

Voir  l'objection  4. 

'    1  Voir  l'objection  s- 


CORRESPONDANCE.     l66l.  1 23 


verre  et  Veau  qu'il  contient  '  '),  s'infinuë  dans  fa  maffe,  l'eau  alors  aquicrt  par  la  mo- 
bilité de  cet  air  plus  de  facilité  a  fe  mouuoir ,  aidée  par  cet  autre  air  de  la  bulle 
den  haut  duquel  elle  fefloit  rempreignée,  et  fent  détacher  Tes  atomes  les  vns  des  au- 
tres, qui  par  ce  moyen  fe  meuuent  vers  le  bas ,  pou  (Tes  par  ceux  qui  font  au  defïiis; 
ce  qui  n'arriueroit  point  fil  ne  montoit  pas  de  bulle  d'air  par  le  col  de  la  phiole  et 
que  cet  air  ne  s'infirmait  point  parmi  les  atomes  droits  de  leau  fufpendue,  après 
s'eftre  glifie  entre  elle  et  le  verre  du  col.  Si  Ion  demande  auffi  pourquoy  la  bulle 
qui  dabord  eft  petite  fe  groffit  en  montant,  jufqu'a  remplir  tout  le  trauers  du  col, 
on  peut  croire  que  cela  vient  de  ce  que  l'air  qui  reftoit  dans  l'eau  du  baquet  fuy- 
uant  la  trace  de  cette  petite  bulle  qui  eltoit  montée  et  fe  joignant  à  luy  en  rend  la 
maffe  plus  grande  laquelle  s'eleue  vnie  à  vne  hauteur  d'vn  pouce,  ou  trouuant  vn 
milieu  plus  libre  pour  s'eftendre,  fe  dilate  et  ne  paroift  plus  bulle  que  par  fa  bafe, 
laquelle  eft  encore  méfiée  de  parcelles  d'eau  et  par  là  retirée  en  bas  vers  fa  furface 
ou  du  moins  retenue  en  ce  lieu,  fans  qu'elle  fe  puifle  eleuer  comme  le  refte ,  fi 
Ion  ne  vouloit  penfer  que  cet  arreft.  de  la  bafe  de  la  bulle  à  cette  hauteur  dvn  pouce 
au  defïiis  de  l'eau  fuit  lhorizon  et  le  milieu  où  l'air  et  l'eau  s'entrebalancent  dans 
la  capacité  du  Récipient  et  de  la  phiole,  qui  ne  fonffriroit  pas  que  l'air  de  la  bulle 
ni  montait  plus  haut  ni  defeendift  plus  bas.  Ceft  là,  Monfieur,  la  raifon  que  j'ay 
creu  pouuoir  rendre  félon  mes  principes  de  la  fufpenfion  de  l'eau  dans  la  phiole  à 
la  féconde  extraction  de  l'air.  Et  ma  conjecture  feroit  bien  confirmée,  fi  au  lieu  de 
faire  le  col  de  la  phiole  efitroit  et  fa  panfe  large  on  en  faifoit  le  col  large  et  la  panfe 
de  petite  capacité,  et  quon  la  rempli!!  d'eau  comme  l'autre.  Car  fi  ma  raifon 
efitoit  la  véritable  on  en  verrait  auffi  bien  defeendre  l'eau  à  la  féconde  extraction 
de  l'air  qu'à  la  première,  fans  qu'il  fuit  befoin  qu'il  montait  de  bulle  d'air  pour 
luy  aider  à  tomber,  à  caufe  que  la  largeur  du  col  ne  la  tiendrait  pas  ferrée,  et  que 
l'eau  fuperieure  de  la  panfe  eftant  en  petite  quantité  ne  contribuerait  point  par  fa 
mobilité  et  par  fon  poids  a  faire  refferrer  en  elle  mefme  celle,  qui  feroit  contenue 
dans  le  col.  Vous  ferés  toutes  ces  efpreuues  fi  vous  croyés  que  mon  explication 
en  vaille  la  peine ,  et  de  quelque  manière  que  ce  foit  vous  en  ferés  luge  fouuerain , 
car  perfonne  ne  refiftera  jamais  moins  a  vos  lumières  et  a  vos  decifions 

Monsieur  que 

Voftre  trefhumble  et  trefobeillant  feruiteur 
Chapelain. 
De  Paris  ce  30.  Auril  1662.  ") 

")    Sur  l'extérieur  de  cette  lettre  Chr.  Huygens  a  annoté  au  crayon  12): 
[1].  Non  pas  la  2e  fois ,  mais  quand  elle  eit  purgée. 
[2].  Col  n'eit  pas  eftroit.  je  l'ay  fait  avec  un  tuyau  droit  fans  boule. 
[3].  Je  laiffe  remonter  l'eau  doucement. 


ir)  Voir  l'objection  6. 

i:)  Nous  avons  ajouté  les  chiffres  i  à  7. 


124  CORRESPONDANCE.    \66l. 


[4].  L'eau  du  baquet  ne  s'abbaille  pas. 

[5].  La  bouteille  pleine  ne  laide  pas  tomber  l'eau  a  caule  du  prefïèment  de  l'air 

par  en  bas. 
[6].  L'air  ne  glillè  pas  entre  les  parois  du  verre  et  l'eau  qui  eit  dedans. 
[7].  J'ay  elïaye  avec  le  mercure. 


N--   1009. 

M.  Thevenot  à  [Christiaan  Huyoens]. 
[avril   1662.] 

La  lettre  se  trouve  a  L-.iUen^  coll.  Huygens. 

Monsieur 

Jay  mille  remercimens  a  vous  faire  de  la  relation  de  Monfieur  Caron  ')  et  fi  il 
auoit  la  bonté  de  permettre  que  Ion  copia  cette  traduction  qu'il  a  faite  de  la  meil- 
leure des  Japonois  et  quil  voulut  adioulter  mille  autres  belles  Remarques  quil  a  fai- 
tes en  ces  pays  la  il  obligeroit  fort  les  honnefies  gens  de  ce  pays  qui  ont  eu  vn  plai- 
lir  indicible  a  en  entendre  parler  quelquefois  Monfieur  de  Zuylichem  voltre  père. 

je  nay  point  encore  la  Tinaja2),  elle  eft  en  chemin,  Je  lattens  pour  faire  des  ex- 
périences du  vuide  que  vous  ne  fauries  faire  dans  vos  veffies.  pour  celle  de  tirer  la 
phiole  vuide  dair  Je  ne  la  conçois  pas  pour  jmpofllble  dans  la  Tinaja,  vne  veflie 
attachée  au  col  de  la  phiole  et  de  l'autre  bout  au  bondon  qui  ferme  le  récipient 
dans  la  machine  de  Monfieur  Boyles  pouuant  ce  me  femble  fu  frire  a  cette  expé- 
rience, mais  J'écris  fy  mal  que  Jay  creu  plus  a  propos  de  vous  enuoier  3)  d'une 
autre  main  ce  que  Jauois  a  vous  dire  fur  ces  matières  et  aufly  la  manière  de 
tailler  les  pieres 4)  que  vous  maues  demandée.  Je  fuis 

Monsieur 

Voltre  tres-humble  et  tres-obeillant  feruiteur 

Theuenot. 

Nos  Meilleurs  de  ches  Monfieur  de  Montmor  ne  douteront  jamais  de  la  uerite  de 
lexperience  que  vous  aues  faite,  et  ce  fut  le  feul  Monfieur  van  beuning  ?)  qui  mit 
fur  le  tapis  ce  doute  du  quel  J'auois  taché  de  le  guérir  ches  luy  un  jour  que  Je  luy 
rendis  vilite  et  que  je  luy  parlé  de  voltre  expérience,  jay  creu  eftre  obligé  de  faire 

Voir  la  Lettre  N  .  924,  note  1. 

<  ïonsultez  la  Lettre  N,J.  952 ,  note  5. 

Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  pièce  dans  nos  collections. 

Consultez  la  Lettre  1\1°.  060. 
Consultez  la  Lettre  i\".  090. 


CORRESPONDANCE.     1662.  1,2' 


cette  iullice  a  nos  Meilleurs  et  que  ce  doute  fera  bien  plus  excufable  dans  la  per- 
ibnne  de  Moniieur  van  Beuning  que  dans  celles  de  nos  philofophes  qui  fcauent 
et  connoifïènt  la  folidite  de  voltre  elprit. 

Je  fuis  en  peine  de  nauoir  point  eu  refponce  de  Moniieur  Voffius,  agrées  iil  vous 
plaiil  que  je  luy  face  icy  mes  très  humbles  baifemains. 


N=  1010, 

Christiaan  Huygens  à  [Lodevvijk  Huygens]. 

3    MAI     l662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.   Huygens. 

Sommaire.  Delcription  de  Monconis.  Tafcheray  de  recouurer  un  exemplaire,  tableau  trouve 'j.  Angloismef- 
croiants.  Point  glorieux  d'efcrire  contre  Eultaclrio  et  l'uuftrir  fes ...  Nouvelle  du  Traite.  Chaile  à 
Amlterdnm  mais  receu  voftre  lettre.  Petit  pour  ce  refponfe.  Broer  van  huys.  Chaile  Amfterdam. 
Amb.  part.  50000  livres.  Somerdijck. 

le  3  may   1662. 

Il  n'y  a  guère  de  chofes  dans  cette  dernière  que  je  recois  de  vous  qui  demande 
refponfe.  Vous  ferez  de  la  Lanterne  2)  comme  le  ciel  vous  inipirera  :  la  défaite  la 
mieux  fondée  liera  celle  de  la  longueur  des  jours ,  car  tant  que  le  jour  dure  il  eil 
iinpoffible  de  faire  ces  reprefentations  quoy  qu'on  le  mette  dans  une  chambre 
obfcure;  ce  qui  vient  de  l'impreiTion  que  la  lumière  a  faite  dans  les  yeux,  qui  ne 
s"en  efface  pas  qu'après  un  alTez  long  temps. 

Je  tafcheray  de  retrouvrer  l'exemplaire  de  mon  Anti-Divinis  3)  que  vous  me 
demandez  pour  Moniieur  de  Monconis. 

Je  voudrois  avoir  veu  fa  lunette  a  5  verres,  de  la  quelle  je  pouray  juger  a  peu 
près  ce  qu'elle  doibt  faire  aux  aftres,  quand  je  icauray  la  difbance  a  la  quelle  le 
verre  objectif  aifemble  les  rayons,  et  partant  je  vous  prie  de  vous  en  informer.  Si  ce 
n'eftoit  pas  trop  de  peine  à  Monfieur  de  Monconis  je  le  fupplierois  de  me  donner 
auffi  la  dite  diitance,  (qui  eft  la  mel'me  du  focus)  en  chacun  des  autres  verres,  et 
leur  diitance  entre  eux  ,  car  ainil  je  connoilrrois  fa  lunette ,  comme  il  je  l'avois  vue 
et  la  comparerais  avec  d'autres  de  l'ordonnance  de  Wifelius 4),  dont  j'ay  la  def- 
cription. 

Je  ne  voy  pas  a  quoy  ferviroit  de  faire  imprimer  en  ce  païs  ma  refponfe  a  la 
dernière  lettre  d'Euftachio  5),  puis  qu'il  n'y  a  perfonne  que  moy  qui  l'ait  viie,  et 


J)    Voir  la  Lettre  N°.  1016. 

2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1001. 

3)  Huygens  désigne  ici  sa  „Brevis  Assertio."  Voir  la  Lettre  N°.  782  ,  note  3. 
+)   Johan  Wiessel.  Voir  la  Lettre  N°.  206,  note  1. 

')    Il  s'agit  de  l'ouvrage  de  Eu<r.  de  Divinis  „Pro  sua  annoratione."  Voir  la  Lettre  N°,  862 
note  1. 


126  CORRESPONDANCE.     1662. 


d'ailleurs  il  ne  me  femble  pas  qu'il  me  (oit  fort  glorieux  d'avoir  a  faire  a  un  homme 
de  fa  forte,  car  encore  que  ce  fok  le  Père  Fabri  qui  efcrive  contre  moy,  tout 
le  publie  pourtant  fous  le  nom  de  l'autre,  qui  cil  une  vraye  invention  de  Jefuitc. 

La  nouvelle  de  la  conclufion  du  Traité  6)  arriva  icy  dimanche.  Le  porteur,  a 
ce  qu'on  m'a  dit,  a  eu  4  ou  500  francs,  Comme  afîez  médiocre.  Monfieur  Chaife 
eft  allé  de  nouveau  a  Amfterdam,  il  partit  hier  a  midy,  après  avoir  receu  voflre 
lettre.  Monfieur  Amat  eft  avec  luy ,  qui  nc_ccfle  de  remuer  le  cornet  tant  qu'il  ert 
a  la  Haye,  et  perd  plus  fouuent  qu'il  ne  gaigne,de  forte  que  ces  petits  voyages 
luy  l'ont  fort  profitables. 

Je  fuis  fort  marry  de  l'indifpofition  de  Monlieur  Petit,  et  honteux  d'avoir  de- 
meure fi  long  temps  fans  luy  faire  refponfe-").  Mais  côufjours  il  me  furvient  quelque 
empefehement  lors  que  je  me  le  fuis  propofé,  comme  encore  aujourdhuy  que  j'avois 
deltinè  l'aprefdifnee  pour  achever  la  lettre  que  j'ay  eferite  ce  matin,  la  Tante 
Dewilm(;)  me  fait  prier  a  diluer,  pour  me  faire  connoirtre  certain  perfonnage. 
Mon  frère  '-1)  eft  allé  aujourdhuy  en  commiffion  vers  Breda  pour  affilier  a  certains 
comptes  qui  fe  doivent  faire  a  Terheij ,  et  comme  il  a  négligé  d'eferire  hier  a  Mon 
Père  difant  qu'il  n'en  avoit  pas  le  temps  vous  ne  recevrez  rien  de  fa  part  cette  fois. 

Monfieur  de  Somerfdijck  IO)  a  ertè  fort  mal  avant  hier  et  demeura  longtemps 
dans  un  evanouifïcment;  apparemment  il  ne  pourra  pas  relilter  longtemps.  Tous 
les  gens  de  bien  ainlî  que  Mon  Père  regrettent  cette  perte.  Adieu. 


N^    1011. 

P.  Petit  à  Christiaan  Huygens. 
5  mai   1662. 

La  lettre  se  trouve  à   Lelden ,  coll.   Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  pur  le  No.  1015. 

A    Paris  le   5   May    1662. 
Je  fupplye  trefhumblement  Monfieur  I  luygens  de  me  faire  la  faueur  de  Rcf- 
pondre  a  la  lettre  ')  que  je  luy  ay  eferit  jl  y  a  quelque  temps  &  de  me  Mander  en 


'■  )  Le  traité  indiqué  se  rapportait  principalement  à  la  pêche  libre  et  aux  droits  d'entrée  et  de 
sertie  en  France  de  l'huile  de, 'taleine.  11  fut  signé  par  Louis  XIV  et  les  Etats-Généraux  le 
27  avril  i6()2  a  Paris. 

~  j   A  sa  Lettre  N°.  080. 

8)   Constantia  I  luygens. 

y)    Constantyn. 

1  )  Sur  Comelis  van  Aerssen  voir  la  Lettre  N°.  iooi,  note  3. 

')    Voir  la  Lettre  N".  y8y. 


CORRESPONDANCE.    \66l.  \1J 


outre  fi  la  Verge  des  Palettes  de  Ton  pendule  de  3  pieds  eft  fufpendue  par  vn  filet 
comme  Ion  fait  icy  dordinaire  celles  des  grands  horloges,  ou  bien  fi  elle  porte  fur 
des  piuots  comme  aux  petites  Montres.  Parce  que  la  mienne  de  Mon  grand  pen- 
dule eft  fufpendue  de  la  forte  &  ne  porte  point  fur  aucun  piuot  mais  feulement 
tourne  dans  des  trous  ronds  &  lequel  jl  croit  le  Meilleur,  de  plus  Je  demande  fon 
fentiment  fcauoir  fi  les  palettes  citant  percées  a  jour  font  Pires  ou  Meilleures  que 
fi  elles  eftoient  plaines  a  lordinaire.  Et  fil  croit  que  le  deifault  de  Mon  pendule  qui 
ne  va  point  puilTe  encore  venir  de  la.  Enfin  ne  pouuant  trouuer  par  quelle  Caufe  jl 
ne  va  point  Je  ny  fcaurois  apporter  de  Remède  &  je  feray  peuteftre  Contraint  de 
luy  remettre  vn  balancier. 

Nous  auons  Maintenant  dexcellentes  lunettes  de  16  pieds  fans  en  auoir  pour- 
tant fait  aucunes  obferuations  fur  Saturne,  Monfieur  Defpagnet  -)  les  a  faites  et 
eïïayees  fur  terre  auec  vn  Oculaire  Conuexe  moindre  que  3  pouces  de  focus,  Mef- 
fieurs  Theuenot,  Auzout  &  Moy  en  auons  effaye  beaucoup  de  12  &  15  pieds  fur 
Venus  de  fort  bonnes  mais  fans  auoir  jamais  pu  defcouurir  aucune  dentelure  ny 
Eminence. 

Je  nay  point  veu  ce  quon  a  eferit 3)  d'jtalie  contre  vous  ny  ce  que  vous  y  auez 
refpondu  4).  Vous  Mobligerez  de  men  faire  Part  ce  fujet  méritant  bien  deftre  ef- 
claircy  &  vos  obferuations  garanties  de  tout  reproche. 

Je  vous  ay  enuoyé  s)  deux  Morceaux  de  Miroirs  polys.  Je  fouhaitte  quils  vous 
puilTènt  feruir  a  ce  que  vous  defirez. 

Monfieur  le  Marquis  Durazzo  rt)  &  fa  compagnie  M'ont  fait  lhonneur  de  Mef- 
crire  quils  vous  auoient  veu  &  M'ont  enuoyé  la  felenographie  7)  dHeuelius  que  je 
leur  auois  demande,  mais  jl  y  a  quelques  autres  petits  traittez  que  jeufTe  bien  fou- 
haitte qui  y  eufient  efté  joins  comme  le  Syiteme  de  Saturne  8)  et  l'eclipfe  9)  de 
165610)  le  Mercurius  &  luna  in  foie I:)  dont  ils  m'ont  enuoyé  feulement  les  titres, 
fi  vous  trounez  quelque  occafion  de  me  les  faire  tenir  par  les  libraires  Vous  Mobli- 
gerez. Jattendray  a  faire  relier  le  gros  liure  que  jaye  ramaffe  tous  ces  petits. 


:)    Jean  d'Espagnet  de  Bordeaux,  physicien  et  alchimiste,  était  président  au  parlement  de  Bor- 
deaux et  avait  orné  sa  maison  d'images  énigmatiques  et  de  devises  pieuses. 
Nous  le  rencontrerons  plusieurs  fois  au  cours  de  cette  correspondance. 

3)    Petit  parle  des  ouvrages  de  Enst.  de  Divinis ,  ouvrages  cités  dans  les  Lettres  N°.  765 ,  note  ï 
et  N°.  862,  note  1. 

4^   Petit  désigne  ici  l'ouvrage  de  Huygens  „Brevis  Assertio."  Voir  la  Lettre  N°.  782 ,  note  3. 

5)    Consultez  les  Lettres  Nos.  999,  roo4et  1007. 

tf)   Consultez  la  Lettre  N°.  989,  note  4. 

7)   L'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  40,  note  2. 

s)    L'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  302 ,  note  2. 

v)    L'ouvrage  mentionné  dans  la  Lettre  N°.  317,  note  5. 

IO)  Lisez:  1654. 

")  L'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  872  .  note  =;. 


I  2S  CORRESPONDANCE.     1662. 


Nous  attendons  aufli  tous  les  jours  auec  jmpatience  la  Continuation  de  vos  Ex- 
périences ,  cepandant  Ma  femme  Ma  fille  &  Moy  vous  a  fleuron  s  de  noftre  grand 
feruice. 


P.  Petit. 


Pour  Monfieur  Huggens  de  Zulichem 
A  la  Haye. 


N=    roi  2. 

P.  Petit  à  Christiaan  Huygens. 

II     MAI     1662. 

La  lettre  se  trouve  a  Leidei? ,  coll.   Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  finr  le  No.   10 15. 

De   Paris  le    1  te  May    1662. 

Jattends  toujours  Refponfe  aux  demandes  que  Je  vous  ay  t'ait,  jeu  aurois  bien 
dautres  encores  a  vous  faire  fur  les  expériences  du  vuide  fi  Je  nefperois  que  la  fuitte 
de  vos  obferuations  defcouurira  ce  que  nous  ne  feauons  pas  et  refoudra  nos  dou- 
tes. Monfieur  Chappellain  ma  dit  vous  en  auoir  eferit1)  &  Monfieur  de  Roberual 
&  Moy  nous  fommes  fort  entretenus  ce  Matin  de  la  Caufe  qui  pouuoit  empefeher 
leau  de  defeendre  la  féconde  fois  que  vous  vous  en  feruez  après  auoir  fouffert  le 
premier  vuide.  Si  vous  la  defcouurez  et  en  fuitte  la  raifon  de  quelques  autres  ex- 
périences nous  defcouurirons  beaucoup  de  chofes  vtilcs  touchant  la  nature  de  Tair. 
(  'epandant  nous  faifons  toufjours  quelque  chofe  fur  les  lunettes.  Je  fuis  bien  ayfe 
que  les  petits  miroirs  que  je  vous  ay  enuoyez  fe  trouuent  bons:).  Jl  eft  facile  de  les 
tailler  &  fendre  auec  de  petites  limes ,  Jeu  fais  de  telle  figure  que  je  veux  ,  fi  vous 
en  délirez  dauantage  vous  n'aurez  qu'a  me  le  mander.  Je  vous  en  enuoyeray  Polys 
ou  non  comme  vous  le  délirerez. 

Monfieur  de  Gabian  Durazzo  ma  Enuoyé  d'Amfterdam  vn  Heuelius  comme  je 
len  auois  Prie.  Mais  comme  il  me  manque  plufieurs  petits  traittezde  cet  autheur  Je 
ne  le  feray  pas  relier  que  je  ne  les  aye  tous  cnfemble,  jeu  ay  veu  icy  entre  les  mains 


')   Consultez  la  Lettre  N°.  1008. 

:;    Consultez  la  lettre  N°.  1007. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  I  29 

de  mes  amys  quelques  vns  que  je  nay  pas  ny  les  libraires  aufli  pour  les  pouuoir 
achepter.  Je  vous  fupplye  donc  de  prendre  la  peyne  de  les  faire  tous  chercher  &  de 
me  les  enuoyer.  Ceux  que  jay  délia  font  : 

Selenographia  cum  appendice  ?-). 

Epiftola  de  Motu  lunae  libratorio  4). 

Epiftola  de  vtriufque  luminarium  defeéhi  anni  1654  5). 

Et  ceux  qui  me  manquent  &  que  je  vous  fupplye  de  me  faire  tenir  par  les  pre- 
miers Marchands  libraires  ou  autre  qui  viendront  de  voftre  pays,  font. 

Vn  traitté  du  Syfteme  de  Saturne  rt)  auec  quelques  obferuations  de  24.  fi  me 
femble  &  des  Macules  du  foleil. 

Mercurius  &  Venus  in  foie  vifi  an.  1661  &  1659  7). 

Et  généralement  tout  ce  quil  y  aura  djmprimé  de  cet  autheur  in  folio  outre 
ce  que  jay  défia,  affin  de  le  faire  relier  tout  enfcmble.  Vous  Mobligerez  de  Me 
lenuoyer.  Jen  rendray  les  frais  a  Monfieur  voftre  frère  8).  Et  de  tout  ce  qui  def- 
pendra  de  nous  vous  en  pouuez  difpofer  comme  d'vne  Perfonne  qui  eft  entière- 
ment a  vous  &  voftre  très  humble  &  très  obeifFant  feruiteur 


P.  Petit. 


A  Monfieur 
Monfieur  Huggens  de  Zulichem 
A  la  Haye. 


*)  L'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  40,  note  2. 

4)  L'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  317,  note  5. 

5)  Consultez  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  317,  note  5. 
G)  L'ouvrage  mentionné  dans  la  Lettre  N°.  302 ,  note  2. 
r)  L'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  872 ,  note  5. 

8)  C'est-à-dire,  à  Lodewijk  Huygens,  qui  alors  se  trouvait  encore  à  Paris  avec  son  père. 

Œuvres.  T.  IV.  17  - 


130 


CORRESPONDANCE.     1662. 


N=   1013. 

R.  Moray  h  Christiaan  Huygens. 

16    MAI     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   \oii. 


A  Whitehall  ce  6.  May   1662. 


Monsieur 


Sçachez,  que  fi  Je  n'eftois  tant  foit  peu  imbu  de  la  philofophie  iloicienne,  Je 
n'aurois  pu  m'empcfcher  de  vous  efcrire  deux  mois  durant,  il  eft  vray  que  Je  me 
fuis  imaginé,  que  vous  ne  manqueriez  point  à  faire  quelque  refponce  à  ma  der- 
nière '),  plus  tort  :  Et  ainfi  il  m'a  efté  plus  aifé  de  diferer  l'importunité  que  celle 
cy  vous  donnera.  Mais  n'ayant  point  Cu  de  vos  nouuelles  de  fi  long  temps,  Je  com- 
mence à  auoir  quelque  apprehenfion ,  qu'on  ma  dernière  ne  vous  aura  pas  efté 
rendue,  ou  quelque  indifpofition,  ou  peut  eftre  des  occupations  affidues  et  indif- 
penfables,  vous  empefchent  de  m'efcrire.  Comme  que  c'en  foit,  Je  vous  fais  ce  mot 
pour  accompagner  ce  petit  traitté  De  Reftitutione  Corporum  2).  Et  pour  fçauoir 
fi  les  deux  derniers  3)  qui  vous  ont  elle  adreiïez  par  Monlieur  Odyk  vous  ont  efté 
renduz.  Vous  deuez  croire  auffi  que  J'attends  quelque  petit  mot  fur  chacune  de 
ces  particularitez  que  vous  aurez  trouué  dans  ma  dernière  en  cas  qu'elle  ne  foit 
point  perdue.  Mais  auffi  Je  vous  laiflè  la  liberté  entière  d'en  dire  plus  ou  moins 
à  voftre  plaifir  :  parce  qu'il  feroit  iniulle  de  vous  engager  à  pourfuiure  tant  de  ma- 
tières, tout  au  long ,  dont  quelques  unes  pourront  produire  des  Traittcz  entiers  et 
d'autres  feront,  comme  Je  m'imagine ,  traittées,  dam  ceux  que  nous  attendons  de 
voftre  main,  auec  beaucoup  d'impatience.  Jl  eft  vray  que  J'attends  de  vous  quel- 
que mot  de  refleclion  fur  ces  Obferuations  de  Monlieur  Graunt 4).  Je  crois  que 


')    Voir  les  Lettres  Nos.  993,  994,  997. 

2)  Tracta  tus  de  reftitutione  corporum  in  quo  Expérimenta  Torricelliania  &  Boyliana  expli- 
cantur  &.  rarefaftio  Cartefiana  defunditur.  Per  modum  refponfionis  epiftolicae  ad  virum 
doctiifimum  Francifcum  Linum.  De  infeparabilitate  corporum.  Acccflit  Appendix,  quo 
Problemata  quaedam  Boyliana  fub  experimento  35,  in  gratiam  viri  Honorabilis  &  gratitudi- 
nis  ergo  refolvuntur.  Una  cum  refponfione  ad  Clariflimi  T.  Hobbii  Dialogum.  Authore 
Gilberto  Clerke,  aliquando  Socio  Sidneiano.  Londini.  Excùdebat  J.  W.  pro  S.  Thorafon  ad 
[nfigne  Epifcopi  in  Caemeterio  Paulino.  i66a.in-8°. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1022;  ce  sont  les  ouvrages  cités  dans  la  Lettre  N°.  997 ,  notes 
6  et  7. 

John  Graunt  naquit  le  24  avril   1620  a  Londres,  où  il  mourut  le   îS  avril   1674.   Il  était 
marchand  mercier  et  devint  membre  ^\\  Comrnon  Council  et  major  de  la  milice  de  Lon- 


CORRESPONDANCE.     \66l.  131 


vous  n'en  ferez  point  mal  fatiffait.  Si  l'on  tenoit  compte,  dans  toutes  les  villes  de 
l'Europe,  des  Maladies  dont  on  meurt,  auec  les  autres  chofes  qui  s'obferuent 
dans  les  Weekely  Bills  of  Mortality,  qui  fe  font  depuis  plufieurs  années ,  à  Lon- 
dres, et  qu'il  s'y  adiouftail  d'autres  remarques  qu'on  tafehera  dé  faire  obferucr  icy 
(dont  vous  fçaurez  les  particularitez  dans  quelque  temps)  ce  feroit  une  chofe  de 
grande  utilité  en  plufieurs  égards,  faites  moy  fçauoir,  s'il  fe  fait  de  telles  obferua- 
tions  du  nombre  des  Morts  &c.  en  vos  villes  d'Hollande  ou  non.  Je  ferois  aife  de 
fçauoir  s'il  y  a  efperance  que  vos  Horloges  à  pendule  reufiident  fur  mer.  Nous 
auons  icy  un  Jndien  4)  ,  né  à  Malabar,  d' extraction  portugaife,  qui  prétend  cflre 
grand  philofophe  et  Mathématicien ,  lequel  pour  preuue  de  fa  feience ,  nous 
va  enfeigner  une  inuention  pour  trouuer  la  longitude  &  3.  ou  4.  autres  chofes 
femblables.  Je  vous  laide  à  penfer  ce  que  nous  en  efperons.  Hier  nous  fismes 
une  expérience  dans  la  Machine  de  Monfieur  Boile  que  vous  ne  ferez  pas  fafché 
de  repeter.  C'eftoit  que  Mylord  Brouncker,  et  quelques  autres,  qui  auoyent 
les  bras  propres  pour  cela,  mirent  les  mains,  l'un  après  l'autre,  dans  le  réci- 
pient par  un  trou  qui  y  eftoit  approprie,  pendant  qu'on  en  tiroit  l'air.  Je  ne 
vous  en  comteray  point  toute  l'hilloire;  afin  de  vous  donner  plus  d'enuie  d'en 
faire  l'epreuue.  Je  vous  diray  feulement,  que  le  Récipient  eft  le  plus  grand 
de  ceux  que  vous  auez  veu  icy  :  Et  que  Monfieur  Brouncker  y  ayant  laifle  de- 
meuré fa  main,  jufqu'à  ce  qu'on  euft  fait  7.  exfudions  de  l'air,  il  y  feutift  une 
enfleur  infupportable,  auec  un  roideur  qui  l'empelchoit  de  flefehir  les  doigts;  et 
y  ayant  laide  rentrer  l'Air,  la  doleur  et  la  roideur  de  la  main,  cédèrent  aufiî  toft; 
mais  l'ayant  tirée  du  Récipient  tout  le  defliis  en  eftoit  picoté  de  petits  points  rou- 
ges comme  la  rougeole.  En  forte  qu'a  ce  qu'il  en  croit,  s'il  l'euft  laide  demeurer 
pendant  deux  ou  3.  exfuctions  dauantage  le  fang  luy  euft  forti  par  les  pores.  Je  ne 
m'arrefte  pas  à  vous  marquer  la  fueur  qu'on  a  veu  fortir  de  fon  Bras  a  chaque  coup, 
ny  la  vapeur  qui  en  fortoit  en  mefme  temps  comme  une  fumée,  encore  moins  à 
vous  parler  de  la  conftriction  qu'il  fentoit  à  l'endroit  ou  fon  bras  entroit  dans  le 
vaideau.  Je  me  contenteray  de  vous  en  auoir  fait  ce  petit  narré,  fans  y  adioufter 
autre  chofe,  quelque  enuie  que  cecy  vous  donne  d'en  apprendre  d'auantage.  Je 
vous  enuoye  donc  icy  un  traitté  que  Je  n'ay  point  encore  fueilleté,  fi  ce  n'eft  pour 
voir  comment  il  fe  prend  a  l'affaire  qu'il  s'y  efl:  propofé.  Mais  par  ce  que  J'ay 


dres.  Elevé  dans  le  puritanisme,  il  se  déclara  socinien  et  devint  enfin  catholique.  En 
1662  il  fut  élu  membre  de  la  Société  Royale,  sur  le  désir  exprès  du  Roi.  Son  livre  cité 
(voir  la  Lettre  N°.  997,  note  7)  est  le  premier  ouvrage  de  statistique  mortuaire  publié  en 
Europe. 
4)    Peut-être  s'agit-il  ici  de 

Berchenshah,  dont  un  ouvrage  fut  soumis  à  une  commission  de  la  Société  Royale,  le 
16  avril  1662. 


I  3-  CORRESPONDANCE.    I  66: 


trouuc  d'abord  Je  ne  fçay  fi  vous  y  trouuerez  grand  fuiet  de  m'en  remercier. 
Voylà  une  lettre  bien  plus  longue  que  Je  ne  me  fuis  propofé  mais  vous  n'eftes 
pas  accourtumé  de  reprocher  de  femblables  fautes  à 

Monsieur 

\roftrc  trefhumblc  et  trefaffectionné  feruiteur 

R.  Moray. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 

A  la  Haye. 


N=   1014. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  HuygensJ. 

l8    MAI     [1662]. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  h  Laden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  le   18   Maji 

Le  frère  de  Moggeri'hil  ')  ne  manquera  pas  de  vous  eferire  comment  par  vortre 
mcfgarde  la  lettre  que  vous  luy  adreiïicz  eft  tombée  entre  mes  mains  et  la  miene 
s'eft  trouvée  dans  fon  pacquet.  Voila  des  belles  machinations  om  ons  op  den  oven 
te  fetten  :),  et  pour  ne  m'en  avoir  pas  voulu  confier  le  fecret  je  pourois  vous  rendre 
des  mauvais  offices,  mais  je  veux  laiflèr  faire  aux  frères  rivaux.  Cependant  fi  vous 
n'obtenez  rien ,  ne  vous  en  affligez  pas  trop ,  car  affurement  cette  I  lelcne  n'ert  pas 
une  créature  fort  defirable  ny  pour  la  beauté  ny  pour  l'efprit  ny  pour  l'extraction. 
De  l'argent  il  ert  vray  qu'elle  en  aura,  et  c'eft  ce  qui  caufe  vos  foupirs,  mais  penfez 
dat  wij  ooek  gecn  bedclaers  en  fijn  3),  comme  dit  Mccfter  Jacob  Swccrts  4). 

Si  Monfieur  Chaife  ne  part  pas  dans  8  jours  je  vous  envoyeray  par  la  porte  les 


')    Philips  Doublet. 

Traduction  :  pour  nous  mettre  fur  le  four, 
a)   Traduction:  que  nous  ne  fommes  pas  non  plus  des  mendiants. 
4)   Sur  Jacobus  Suerius  voir  la  Lettre  N°.  7  8,  note  1. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


verres  de  la  lunette  avec  la  pièce  ou  eft  le  miroir,  et  un  peu  d'inilruétion  pour  le 
refte  de  la  fabrique  du  tube. 

Voicy  un  mot  de  lettre  5)  pour  Moniteur  Petit  qui  me  fait  dix  mille  queftions 
a  la  fois.  Le  difeours  que  j'ay  eferit  pour  l'efclaircir  touchant  les  équations  du 
temps  fuivra  par  l'ordinaire  prochain  ,  parce  que  je  n'ay  pas  encore  eu  le  loifir  de 
le  copier  eftant  un  peu  long. 

Moniteur  Chapelain  en  faifant  les  raifonnements rt)  fur  mon  Expérience  du 
vuide,  n'a  pas  eftè  bien  inftruit  du  fait,  croyant  qu'on  ne  pouvoit  plus  faire  def- 
cendre  l'eau ,  après  la  première  fois,  car  cela  n'arrive  que  lors  qu'eftant  delcendue 
on  la  laifTe  par  24  heures  dans  le  vuide  le  purger  d'air,  et  que  puis  après  on  en 
remplifïè  une  féconde  fois  la  boule  avec  fon  tuyau.  Mais  je  luy  en  eferiray  7) 
bientoft  amplement. 

Il  faut  avouer  que  l'affaire  de  Mon  Père  s'avance  lentement,  et  je  crains  pour 
vous  fi  vous  ne  revenez  bientoft.  car  la  jeune  merveille  ne  poura  pas  refifter  long 
temps  a  l'ardente  paffion  de  noftrc  aifnè8).  Avanthier  chez  Monfieur  van  Leeuwen 
nous  eûmes  tout  loifir  de  la  confiderer.  Adieu. 

Monfieur  Bufero  nous  traite  a  ce  midy  avec  Menteurs  vos  Pèlerins y). 


N=  1015. 

Christiaan  Huygens  a   [P.    Petit], 

[l8    MAI     1662]. 

La  minute  ci  la  copie  se  trouvent  à  Leidtn,  coll.  Huygens. 
La  lettre  ex!  h:  réponse  eux  Nos.  9P9,    1011    cl    1012. 

Monsieur 

Je  n'aurois  par  elle  li  longtemps  fans  repondre  a  celle  que  vous  m'avez  fait 
l'honneur  de  m'eferire  du  8  Mars,  li  pour  ce  faire,  il  n'euft  pas  fallu  entreprendre 
a  efclaircir  l'explication  d'une  matière  qui  eft  des  plus  obfcures  et  intriquecs  en 


5)  Voir  la  Lettre  N°.  1015. 

rt)  Consultez  la  Lettre  N°.  100H. 

r)  Voir  la  Lettre  N°.  1021. 

x)  Constantyn  Huygens. 

9)  Buysero,  fils,  et  Amat.  Consultez  la  Lettre  N°.  998,  note  7. 


134 


CORRESPONDANCE.     1662. 


toute  l'Aftronomic,  a  fcavoir  celle  de  l'Equation  du  temps.  Je  me  fouviens  que 
j'ay  eu  de  la  peine  devant  que  de  la  pouvoir  entendre  a  tonds,  et  maintenant  je  n'en 
ay  pas  eu  moins,  à  la  traiter  en  forte  qu'elle  vous  pull:  élire  intelligible.  Vous  ver- 
rez par  le  difconrs  cy  joint  ')  que  ma  Table  n'a  pas  elle  ballie  fur  les  obfervations 
faites  par  le  moyen  de  mes  horologes,  mais  fur  des  fondements  très  folides ,  ces 
obfervations  n'ayant  fervi  qu'a  me  rendre  certain  de  la  jufteiTe  des  pendules, 
comme  en  effect  j'en  luis  afTurè  par  l'efpreuve  de  5  mois  de  fuite,  en  compa- 
rant les  nombres  de  la  Table  avec  les  inegalitez  obfervees  entre  les  jours  appa- 
rents et  ceux  de  mon  horologe.  Je  fouhaite  que  vous  en  puiffiez  faire  L'expérience 
de  mefme  que  moy  avec  vollre  pendule  de  3  pieds  qui  comme  j'entens  par  vollre 
dernière :)  ne  veut  pas  encore  cheminer;  mais  après  que  vous  aurez  vu  celuy  qu'em- 
porte Monfieur  Bouillant3)  qui  eft  femblable  au  mien,  et  que  vous  aurez  remarqué 
en  quoy  ils  différent,  vous  pourez  plus  facilement  le  corriger  que  jufqu'icy  par 
toutes  les  inftruélions  que  j'ay  feeu  vous  donner  fur  ce  fujet.  cependant  je  vous 
diray  fur  ce  que  vous  me  demandez  touchant  la  verge  des  palettes,  qu'elle  n'y  ell 
point  fufpendue  par  un  filet,  mais  appuiée  fur  le  pivot  d'en  bas. 

J'ay  tout  a  fait  bonne  opinion  des  Lunettes  de  Monfieur  d'Efpagnet 4)  par  ce 
que  vous  m'en  raportez,  mais  je  m'ellonne  qu'il  ne  les  cflàye  pas  fur  Saturne, 
que  l'on  obfcrve  facilement  depuis  quelques  fepmaines. 

J'envoyeray  a  Monfieur  Frenicle  5)  ainfi  que  j'ay  promis  mes  dernières  obfer- 
vations de  cette  Planète,  qui  s'accordent  parfaitement  avec  mon  Syfteme.  Auprès 
de  Monfieur  de  Monconis  vous  pourez  veoir  le  livre  6)  que  Euftachio  Divinis 
avec  le  Père  Fabri  ont  publié  dernièrement  contre  mon  dit  Syfteme.  Ce  n'a  elle 
qu'un  an  après  qu'il  eft  parvenu  a  moy ,  le  pacquet  du  Prince  Leopold  ayant  elle 
9  mois  en  chemin ,  et  il  ne  me  femble  pas  digne  de  refponfe. 

Je  vous  rends  grâces  des  morceaux  de  miroir  r)  que  j'elîaieray  de  couper  de  la 
manière  que  vous  dites,  mais  il  me  femble  que  ces  petites  limes  doivent  eftre  extrê- 
mement dures. 

Je  fuis  bien  aife  d'entendre  des  nouvelles  de  Monfieur  le  Marquis  de  Durazzo, 
n'en  ayant  point  eu  de  luy  depuis  que  j'eus  l'honneur  de  le  veoir  en  cette  ville.  Je 
fus  marry  qu'en  Angleterre  il  s'elloit  défait  du  Livre8)  de  Baliani,  qu'il  avoit 
deiïèin  de  m'apporter. 


')  Consultez  la  pièce  N°.  1017. 
:)    Consultez  la  Lettre  N°.  loi  i. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1022. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  ion,  note  2. 

5)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Chr.  I  luygens  à  île  Frenicle  de  Bessy. 
'•)   C'est  son  ouvrage  „Pro  sua  annotatione."  Voir  la  Lettre  N°.  86a ,  note  t. 

Consultez  les  Lettres  Nos,  100-  et  ion. 

Sur  i  et  ouvrage  voir  la  Lettre  N°.  yKy,  note  7. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  I  3  5 


J'efcriray  y)  touchant  les  expériences  du  vuide  a  Monfieur  Chapelain  en  ref- 
pondant  au  difeours  I0)  qu'il  m'a  envoyé  touchant  cette  dernière  qui  eft  fi  difficile 
a  expliquer.  Je  voy  que  ni  luy  ni  vous  n'eftes  pas  bien  inftruits  du  fait  de  la  dite 
expérience,  en  ce  que  vous  croyez,  que  l'eau  ayant  de feendue  une. fois,  ne  veut 
plus  descendre  après;  ce  qui  n'eft  pas,  fi  non  alors  qu'ellant  defeendue,  on  la  laide 
ainfi  dans  le  vuide  environ  24  heures,  car  par  ce  moyen  toutes  les  bulles  d'air  en 
fortent  peu  a  peu ,  en  forte  qu'après  l'on  n'en  voit  plus  naiftre  aucune  et  alors 
ayant  laiffè  remonter  cette  eau  dans  la  boule  de  verre  et  l'en  ayant  remplie  exacte- 
ment, elle  ne  defeend  point  du  tout  après  cela,  quoy  qu'on  vuide  le  récipient,  fi 
ce  n'eft  qu'il  y  naifïè  encore  une  petite  bulle,  ce  qui  arrive  rarement ,  car  alors  elle 
defeend  toute  en  moins  de  rien. 

J'efpere  que  je  trouveray  chez  nos  libraires  le  Syftemc  de  Saturne  ")  de  Heve- 
lius  avec  les  Eclipfes,  pour  vous  l'envoyer.  Pour  les  obfervations  de  ^  et  des 
tafehes  du  0 ,  je  ne  les  ay  pas  vues,  fi  c'eft  autre  chofe  que  l'appendix  Seleno- 
graphiae  i:).  Le  Mercurius  et  Venus  in  Sole  IS),  je  l'cay  qu'il  eft  défia  imprimé 
avec  une  obfervation  remarquable  de  Parelies,  et  j'attens  avec  impatience  l'exem- 
plaire qu'il  m'en  a  promis,  s'il  m'en  vient  plus  d'un ,  je  vous  en  feray  part ,  ou  au- 
trement fi  toft  que  je  le  trouveray  a  vendre,  et  me  croiray  heureux  quoy  que  ce  foit 
en  chofe  de  petite  importance  de  pouvoir  procurer  voftre  latiffaclion  ,  cftant. 

Je  baife  trefhumblement  les  mains  a  Madame  voftre  femme  et  a  Mademoifelle 
Mariane  et  leur  fuis  trop  obligé  de  ce  qu'elles  m'honorent  encore  de  leur  fou- 
venir. 


y)    Consultez  la  Lettre  N°.  1 02  1 . 

I0)  Voir  la  Lettre  N°.  1008. 

")  Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  302,  note  2. 

I2)  Consultez  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  40,  note  2. 

'3)  L'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  872 ,  note  5. 


136  CORRESPONDANCE.     \66l. 


W  1016. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

25    MAI     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent   à  Leideit,  coll.   Huygens. 

le  25  maji  1662. 

Quand  je  ne  vous  eferivis  point  par  l'ordinaire  devant  le  dernier,  c'eftoit  que 
j'eitois  occupé  a  quelque  devoir  de  la  Kermeiïe,  comme  amener  l'une  ou  l'autre 
des  Tantes  aux  marionettes  ou  femblable  honnefte  employ.  autrement  vous  fea- 
vez  que  je  fuis  trefexafte  dans  la  correfpondence  quant  a  vous.  Pour  ces  autres 
bons  amis,  il  faut  qu'ils  m'exeufent  fi  je  ne  les  fatiffais  pas  fi  promptement  qu'ils 
fouhaiteroient,  fur  tout  quand  ils  me  demandent  des  lettres  raifonnees  comme 
Monfieur  Chapelain  ')  fur  la  dernière  ,  et  Monfieur  Petit  -)  fur  la  difficulté  qu'il 
trouve  en  l'Equation  du  temps. 

Ce  font  des  pauvres  Philofophes  et  des  pauvres  Aftronomes,  et  les  reputant  tels, 
(ce  que  pourtant  je  ne  voudrois  pas  qu'ils  fçeufïcnt)  vous  pouvez  bien  juger  quel 
plaifir  j'ay  dans  ce  commerce  qui  me  confie  de  la  peine  et  ne  m'elt  utile  a  rien. 

Je  ne  fcay  comment  j'ay  oublié  par  deux  ou  trois  fois  de  vous  dire  que  j'ay 
trouve  vofire  petit  tableau.  Je  l'ay  empacquetè  aujourdhuy  comme  aufli  la  lunette 
pour  Monfieur  de  Grammont,  et  les  ay  donne  al  Signore  Chaîfe  qui  en  chargera 
le  bon  fils  perdu  3),  après  qu'il  l'aura  conduit  jufqu'a  BrufTelles.  11  y  a  2  ou  3  jours 
qu'il  luy  a  procure  fur  fon  crédit  et  celuy  de  Monfieur  Bul'ero  6000  livres  pour 
payer  fes  debtes  a  ceux  qui  luy  avoient  gaignè  au  jeu,  et  a  fin  qu'il  n'y  retourne 
plus,  et  qu'une  fois  il  en  l'oit  délivré,  il  a  trouvé  cet  expédient  de  le  mener  par 
quelques  ambages  et  prefquc  (ans  qu'il  le  feache  jufques  là,  ou  il  le  fera  par  des  bon- 
nes remontrances  monter  fur  des  chevaux  de  polie  et  prendre  la  route  de  Paris  vers 
fa  chère  mania  ,  a  qui  ce  voyage  reviendra  a  quelques  1  2000  livres  pour  le  moins. 

Si  vous  faites  monter  autrement  la  lunette  je  vous  recommande  de  bien  ajulter 
le  miroir  4)  et  fur  tout  de  n'y  en  mettre  point  d'autre,  car  il  elt  fort  excellent,  et 
ceux  de  Monfieur  Petit  s)  n'ont  pas  la  figure  fi  parfaite,  c'clt  a  dire  le  plat,  d'où 
dépend  la  diftincte  vifion. 

Voicy  l'inllruction  s)  pour  le  dit  Seigneur  Petit  qui  la  femaine  paflée  demeura 
derrière  7).  Je  ne  recois  pas  encore  la  lettre  2de  8)  de  Monfieur  Fermât  que 
—    -  / 

')    Consultez  la  Lettre  N°.  100H. 

2)  Consultez  les  Lettres  Nos.  p8p ,  loiietioic. 

s)  Amat. 

4)   Consultez  la  Lettre  N°.  1004. 

Consultez  les  Lettres  Nos.  1007  et  101c. 
rt)    Voir  la  pièce  N°.  loi". 
'  i   Consultez  la  Lettre  .\°.  1014. 

Probablement  la  Lettre  N  .  992. 


CORRESPONDANCE.     1662.  1 37 


vous  m'avez  promife,  ce  qu'il  a  jugée  mériter  que  je  la  vifle.  Pour  fa  nouvelle  in- 
vention en  la  Dioptrique,  je  dis  de  Monlieur  Petit,  je  n'en  efpere  pas  beaucoup, 
parce  que  je  icay  qu'il  elt  un  peu  hétérodoxe  en  ce  qui  regarde  la  refraétion. 

J'ay  confiderè  ce  matin  avec  le  frère  de  Moggerfhill7)  le  defTeindu  Caroffc  qu'il 
a  receu  de  vous ,  fur  lequel  auffi  nous  vifitames  le  noftre  dans  l'Efcurie,  mais  trou- 
vâmes qu'il  n'y  pourrait  pas-  reuffir  a  caufe  qu'on  n'y  feauroit  appliquer  des  ref- 
forts  affez  longs,  et  ce  n'eft  qu'à  ceux  qui  font  à  la  Francoife  que  cette  invention 
peut  citre  adjoultéc.  vollre  peintre  devroit  avoir  marque  les  mefures  a  fin  que  l'on 
fecut  precifement  refpefïeur  du  refïbrt,  ou  des  3  refïbrts,  (car  il  femble  qu'il  y  en 
ait  3  couchez  l'un  fur  l'autre)  et  auffi  la  longueur. 

Je  n'avois  pas  feeu,  ni  perfonne  icy,  que  l'accident  de  Mon  Père  a  fa  jambe 
cltoit  fi  fafcheux ,  et  qu'il  l'empefchoit  mefme  de  fe  mettre  en  carotte  comme  j'ap- 
prens  par  vollre  dernière.  Mais  grâces  a  Dieu  que  ce  danger  efr.  patte. 

Pour  ce  refus  qu'auroit  fait  Mademoifelle  Mariane  8),  je  fuis  auffi  preft  que 
vous  a  l'en  croire,  a  quelle  haute  fortune  feroit  ce  donc  qu'elle  s'attend? 

Vous  me  demandiez  par  quelqu'une  de  vos  précédentes  9)  fi  le  frère  de  Zeel- 
hem  IO)  voioit  toutes  mes  lettres  que  vous  m'envoiez.  C'eftoit  peut  élire  dans  le 
dettein  de  me  faire  part  de  quelque  fecret,  comme  de  vos  negotiations  touchant 
la  R.  JI)  mais  quoyque  ce  foit ,  feachez  que  je  luy  en  lis  autant  qu'il  me  femble  a 
propos,  et  comme  jufqu'icy  vous  ne  m'avez  point  eferit  que  des  chofes  indifféren- 
tes, excepté  dans  quelques  unes  de  vos  premières  durant  les  amours  de  Zeelhcm  :o) 
et  Mademoifelle  Grat.  I2)  je  luy  ay  prefque  toufjours  fait  lecture  entière,  adieu. 

Enveloppez  ces  feuilles  4)  d'un  papier  et  envoyez  les  a  Monlieur  Petit. 


r)    Philips  Doublet. 

8)  La  (illc  de  Pierre  Petit  (voir  la  Lettre  Np.  H78 ,  note  1  ). 

9)  Nous  regrettons  toujours  que  les  lettres  de  Lodewijk  1  [uygens  à  son  frère  Christiaa.n  ,  écrites 
à  cette  époque,  se  soient  perdues. 

10)  Constantyn  Iluygens. 

1X)  Peut-être  une  demoiselle  Ryckaert.  Voir  la  Lettre  N°.  820,  note  14. 
'")  Nous  ne  savons  de  quelle  personne  il  s'agit  ici. 

Œuvres.  T.  IV.  18 


38  CORRESPONDANCE.    1662. 


N°  1017. 

Christiaan  Huygéns  à  [P.  Petit]. 

[25    MAI     1662]. 

Appendice  au  No.   10 16. 

La  minute  gt  h:  copis  se  trouvent  î:  Laden,  cuil.  Huygens 

A  Monfïeur  Pktit,  Sur  l' Aequation  des  jours. 

Si  le  foleil  au  lieu  d'aller  par  l'Ecliptique  fuivoit  toufjours  l'aequateur ,  et  que 
dans  cemiicy  il  cheminait  d'un  mouvement  égal  le  parcourant  dans  le  meime  efpace 
de  temps  qu'il  achevé  maintenant  l'Ecliptique,  c'eft  a  dire  dans  le  temps  d'un  an 
tropique,  il  eft  certain  que  tous  les  jours  d'un  midy  a  l'autre  feroient  neceflaire- 
ment  égaux,  et  que  chacun  d'eux  feroit  d'une  converfion  entière  de  l'equateur  et 
encore  d'une  partie  de  l'aequateur  que  le  foleil  y  avanceroit  journellement,  qui  fe- 
roit de  59'  8"  20".  puis  que  d'autant  eft  fon  mouvement  moyen  dans  l'Ecliptique 
de  forte  que  le  temps  d'un  jour  médiocre,  et  la  jufte  mefure  de  24  heures,  cil 
celuy  dans  lequel  parlent  les  360  de  l'equateur  avec  59'  8"  20".  On  n'auroit 
donc  pas  belbin  alors  d'aucune  aequation  du  temps  et  l'horologe  eftant  une  lois 
ajuftéc  a  la  longueur  des  tels  jours  moyens  ou  médiocres  s'accorderoit  perpétuelle- 
ment avec  les  quadrants.  Mais  le  mouvement  du  foleil  eftant  dans  l'Ecliptique 
qui  eft  oblique  a  l'equateur,  et  ce  mouvement  eftant  de  plus  inégal  a  raifon  de 
l'excentricité  du  grand  orbe ,  c'eft  pour  ces  deux  caufes  que  l'on  y  trouve  prefque 
toufjours  de  la  différence  et  qu'on  ne  feauroit  examiner  la  juftefle  des  horologes 
par  le  moyen  des  quadrants  qu'en  le  fervant  de  la  dite  aequation  pour  laquelle  je 
vous  ay  donné  une  table  ')  avec  la  méthode  :)  pour  en  ufer.  Mais  pour  vous  faire 
veoir  le  fondement  du  calcul  de  cette  table  et  comment  on  la  conftruit  facilement 
par  le  moyen  des  Ephemcrides.  prenons  par  exemple  qu'au  io*--  d'avril  1660  le  fo- 
leil eftant  au  méridien  de  Paris,  en  mefme  inftant  l'horologe  ajuftée  au  temps  mé- 
diocre defïiis  dit,  montre  aulli  midy;  et  que  je  veuille  feavoir  H  10  jours  après  a 
feavoir  le  20  avril  il  fera  encore  midy  a  l'horologe  quand  il  le  fera  au  foleil  ou 
quelle  fera  la  différence. 

Soit  de  la  fphere  ACBD  les  pôles  A ,  B  ;  CD  l'equateur ,  EF  l'ecliptique ,  le 
principe  d'Aries  en  G.  Et  que  H  foit  le  lieu  du  0  à  midy  du  10  avril.  1 1  eft  donc 
félon  les  Ephemerides  d'Eichftadt.  le  210  20'  45",  de  Y,  dont  l'afcenfion  droite 


Voir  la  pièce  N°.  979. 
-     Voir  la  pièce  N°.p78. 


CORRESPONDANCE.    1662. 


1 39 


GK  elt  de  190  42',  et  le  point  K  eil  au  méridien 
en  mefme  temps  que  H.  Le  20"ie  au  midy  le  fo- 
leil,  félon  les  mefmes  Ephemerides ,  fera  par- 
venu au  i°.  5'.  15".  de  V  qui  foit  L,  et  l'on  af- 
cenfion  droite  GM  fera  de  280.  56'.  Et  il  fera 
midy  lors  que  le  point  L  de  l'ecliptique  et  en- 
femble  le  point  M  de  l'equatcur  feront  au  méri- 
dien de  Paris,  de  forte  que  la  durée  des  jours 
apparents  entre  le  midy  du  10  avril  et  le  midy  du 
20  du  melme  mois  eit  à  10  converfions  entières 
de  l'equatcur  et  encore  de  l'arc  KM.  Or  fi  l'arc 
KM,  que  l'on  trouve  en  oltant  l'afcenfion  droite 
GK  de  GM,  eltoit  de  10  fois  59'  8"  16"  ou  9.  51  1  i" ■'),  ce  feroit  alors  autant  comme 
fi  le  foleil  avoit  chemine  dans  fequateur  et  de  fon  mouvement  moyen ,  et  partant 
le  temps  entre  les  dit  deux  midis  feroit  égal  a  10  jours  du  temps  moyen,  fuivant 
ce  que  j'ay  dit  au  commencement.  Mais  l'arc  KM  n'ell  icy  que  de  90.  14'.  de 
forte  que  la  différence  elt  de  37'.  Et  partant  le  lieu  du  foleil  M  fera  parvenu  au 
méridien  de  Paris  auparavant  que  l'horologe  marque  midy,  et  la  différence  du 
temps  fera  d'autant  qu'il  en  faut  pour  que  les  dites  [37'?]  paffent  le  méridien,  c'elt 
a  dire  de  2  minutes  28  fécondes,  car  par  la  règle  de  proportion  puis  que  les  360 
degrés  et  59'.  8".  20  "  de  l'equateur  (en  omettant  ces  59'.  8".  20'"  parce  qu'ils  ne 
font  pas  confideres)  paffent  en  24  heures,  les  370  pafferont  en  2  .  28 "5.  Ces  mi- 
nutes et  fécondes  donc  font  l'équation  qu'il  faut  ofter  du  temps  apparent  pour 
avoir  l'heure  du  temps  moyen  le  20  avril  1660,  lorsqu'on  a  poi e  le  midy  du  10 
jour  du  mefme  avril  pour  epoche  ou  commun  commencement  de  l'un  et  l'autre 
temps.  Et  fuivant  cette  méthode  l'on  peut  fur  la  mefme  epoche  fupputer  l'aequa- 
tion  qui  convient  a  tous  les  jours  de  l'année  pour  en  compofcr  une  table. 

Or  il  faut  fcavoir  que  les  nombres  de  cette  table  ayant  pour  epoche  le 
10  d'avril  fufdit,  feroient  autres  que  de  celle  que  vous  avez  de  moy,  qui  a  pour 
Epoche  le  10  de  Février  mais  en  efteét  les  équations  que  l'on  tireroit  de  l'une  et 
l'autre  feroient  toutes  les  mefmes.  Comme  fi  par  cette  dernière  je  veux  enquérir 
combien  l'horologe  doit  différer  du  foleil  au  midy  du  20  d'avril,  ayant  elle  accor- 
dée avec  luy  le  midy  du  10  avril,  il  faut  fuivant  la  règle  que  j'ay  donnée  avec  la 
table  ofter  du  nombre  appartenant  au  20  avril ,  qui  elt  16',  34",  le  nombre  appar- 
tenant au  10  avril ,  qui  elt  14',  6",  dont  il  relie  2'  28"  de  temps  que  le  midy  appa- 
rent devancera  celuy  de  l'horologe  parce  que  le  nombre  du  20  avril  eit  plus  grand 
que  celuy  du  10.  Ou  vous  voyez  que  c'elt  la  mefme  équation  que  nous  avions 
trouvée  cy  deffus.  N'importe  quelle  foit  l'Epochc  que  regardent  les  nombres  de 
la  Table  puis  que  neceffàirement  les  mefmes  aequations  en  provienent.  J'ay  pris 


3)    Lisez:  90  51'  23" 


I40  CORRESPONDANCE.     1662. 

toutefois  dans  la  miene  pour  Epoche  le  10  febrier  (pouvant  encore  prendre  le 
1  de  novembre)  parce  que  en  commençant  de  quelque  autre  jour  il  euft  fallu 
diftinguer  dans  la  table  les  aequations  additives  et  fubtractives ,  ce  qui  en  cull 
rendu  l'ufage  moins  facile.  Elle  pourra  fervir  aflèz  longues  années  fans  faute  no- 
table, parce  que  le  changement  de  l'apogée  du  foleil  qui  feul  la  peut  altérer  eft 
très  lent  a  feavoir  d'environ  i  degré  en  60  ans.  Au  refte  cette  manière  d'aequation 
n'eft  autre  que  celle  qu'a  en  feigne  Ptolemée  et  après  luy  Copernicus  et  plufieurs 
autres,  fervant  a  comparer  enfemble  quelque  cfpacc  du  temps  apparent  avec  le 
temps  égal,  et  a  durement  c'eft  l'unique  et  la  véritable. 

Quelques  uns  toutefois  le  font  imaginez,  comme  nofirre  amy  Monfieur  Bouillant 
dans  Ion  Aftronomia  Philolaica  4)  qu'il  falloit  une  aequation  pour  réduire  le  mo- 
ment du  temps  apparent  au  temps  moyen ,  et  ceux  la  fans  avoir  égard  a  l'Epoche 
veulent  qu'a  chafque  jour  de  l'année  conviene  une  équation  certaine,  les  quels 
pour  cela  trouveroient  eftrange  que  l'une  table  auroit  d'autres  nombres  que  l'au- 
tre. Mais  leur  aequation  prétendue  eft  fans  aucun  fondement  et  ne  lignifie  rien , 
car  de  quelque  moment  que  l'on  veuille  l'on  peut  commencer  a  conter  enfemble 
le  temps  égal  et  apparent  comme  d'un  commun  principe,  et  ils  ne  peuvent  différer 
l'un  de  l'autre  que  dans  quelque  efpace  de  temps.  Ainfi  nous  venons  de  veoir 
que  les  10  jours  du  temps  apparent  depuis  le  midy  du  10  avril  jufqu'au  midy  du 
20  avril  font  plus  courts  que  10  jours  du  temps  égal  ou  médiocre;  mais  qui  de- 
manderoit  au  midy  apparent  du  10  Avril  combien  il  y  a  encore  au  midy  du  temps 
moyen ,  ou  de  combien  il  eft  palTè ,  je  dirois  que  fa  demande  eft  ridicule ,  fi  ce  n'eft 
qu'il  ait  égard  a  quelque  epoche  auparavant  d'où  l'on  fuppofe  que  le  compte  du 
temps  moyen  et  du  temps  apparent  ait  pris  commencement,  et  félon  que  l'on 
pofera  cette  epoche ,  le  midy  du  temps  moyen  fuivra  ou  devancera  le  midy  du 
temps  apparent,  ou  fe  rencontrera  jurtement  en  mcfme  temps. 

Devant  que  finir  je  vous  diray  encore  icy  les  remarques  que  l'on  peut  faire  en 
prenant  garde  dans  la  table  des  aequations,  comment  les  nombres  y  croifTent  et  di- 
minuent. C'elt  premièrement  que  la  moyene  ou  médiocre  longueur  des  jours  appa- 
rents revient  quatre  fois  l'an,  h  feavoir  vers  le  10  Février,  le  15  May,  le  25  Juillet 
et  le  1  Novembre  ce  qui  eft  évident  parce  qu'en  prenant  quel  qu'un  de  ces  jours  la 
pour  epoche,  il  n'y  a  point  d'équation  ou  très  petite  h  faire  les  2  ou  3  jours  fui- 
vants.  En  quoy  pourtant  il  y  en  a  qui  fe  font  trompez  croyants  que  cette  médio- 
crité des  jours  ne  revient  que  deux  fois  l'année. 

I  )epuis  le  10  Février  jufqu'au  15  May  les  jours  apparents  font  plus  courts  cha- 
cun que  les  médiocres,  et  que  les  plus  courts  vers  le  dernier  de  Mars. 

Qu'au  contraire  depuis  le  15  May  jufqu'au  25  Juillet  les  jours  apparents  font 
plus  longs  chacun  que  les  jours  médiocres  et  que  les  plus  longs  vers  le  20  Juin,  que 


4)    Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  156,  note  ~ 


CORRESPONDANCE.     \66<1.  I  4  I 


derechef  depuis  le  25  Juillet  jufqu'au  1  Novembre  les  jours  apparents  font  plus 
courts  que  les  médiocres ,  et  que  les  plus  courts  vers  le  1 8  Septembre. 

Et  qu'au  contraire  du  1  Novembre  au  10  Février  les  apparents  lurpaflent  les 
médiocres,  et  que  les  plus  longs  font  vers  le  24  Décembre  qui  font  auffi  les  plus 
longs  de  toute  Tannée,  excédant  un  jour  médiocre  de  31  fécondes. 

Ainfi  ayant  accorde  l'horologe  avec  le  foleil  au  midy  du  10  Février  il  montrera 
le  1  Novembre  1 1  heures  28'.  5".  quand  le  foleil  fera  défia  au  méridien,  ce  qui  fait 
veoir  que  les  jours  apparents  de  cet  efpace  n'égalent  pas  autant  de  jours  médio- 
cres, mais  qu'ils  font  plus  courts  de  31'.  55".  Mais  ayant  accordé  l'horologe  avec 
le  foleil  le  1  Novembre  il  marquera  au  10  Février  31.  55"  après  midy  quand  le 
foleil  fera  au  midy.  d'au  il  s'enfuit  que  les  jours  apparents  du  1  Novembre  juf- 
qu'au 10  Février  font  plus  longs  de  31'.  55".  qu'autant  de  jours  médiocres. 

Je  pourois  encore  remarquer  icy  l'erreur  de  Ptolemee ,  de  Copernicus  et  d'au- 
tres qui  les  fuivent  qui ,  confiderants  ces  deux  termes  entre  les  quels  il  y  a  la  plus 
grande  différence  des  jours  apparents  aux  médiocres,  et  que  les  apparens  du  der- 
nier efpace  furpafTent  autant  les  médiocres,  que  les  appareils  du  premier  efpace 
en  font  furpaffez  (car  de  part  et  d'autre  il  y  a  31'.  55"  de  différence)  concluent 
que  les  apparens  donc  du  dernier  efpace  furpaffent  les  apparens  du  premier,  de 
deux  fois  31'.  55",  qui  fait  une  heure,  et  3'.  50".  Ce  qui  a  mon  advis  eft  tout  a 
fait  hors  de  raifon,  et  je  ne  puis  concevoir  de  quelle  façon  ils  veulent  comparer 
les  jours  du  dernier  efpace  avec  ceux  du  premier  qui  font  beaucoup  moins  en 
nombre.  La  confequence  aufTi  qu'ils  en  tirent  eft  très  faillie  a  feavoir  qu'en  négli- 
geant l'aequation  du  temps  l'on  fe  pouroit  parfois  mefeonter  au  mouvement  de  la 
lune  de  plus  d'un  demy  degré ,  fon  mouvement  moyen  dans  le  dit  temps  d'une 
heure  et  3'.  50",  cftant  d'environ  34'. 

Je  dis  qu'ils  fe  trompent  en  cela  de  la  moitié  puis  que  l'aequation  du  temps  ne 
va  jamais  qu'aux  31'.  55".  de  forte  qu'au  lieu  de  la  lune  il  y  peut  avoir  feulement 
faute  d'environ  17',  la  quelle  toutefois  eit  afîez  importante  pour  rendre  l'ulagc  de 
l'équation  neceffaire. 

Devant  5)  que  finir  je  vous  diray  encore  que  ma  table  que  vous  avez  n'eft  pas 
pour  fervir  toufjours,  mais  feulement  pour  quelque  100  ans  d'icy  en  avant  fans  er- 
reur notable,  et  que  par  confequentee  n'eft  pas  par  elle  auffi  que  l'on  peut  réduire 
un  efpace  du  temps  apparent  de  plufieurs  fiecles,  au  temps  médiocre,  comm'  il  eft 
requis  au  compte  du  mouvement  Lunaire  quand  on  fuppofe  l'Epochc  fort  reculée. 

La  caufe  eft  dans  le  changement  de  l'aphélie  du  foleil  qui  avance  peu  a  peu 
dans  l'Ecliptique  quoyque  d'un  mouvement  très  lent  faifant  environ  un  degré  en 
60  ans.  Il  faut  donc  dans  ces  grands  efpaces  de  temps  fe  fervir  de  la  régie  qu'a 
donné  Ptolemee,  qui  eft  très  bonne  et  n'a  point  d'autre  fondement  que  celuy  du 
calcul  de  noftre  Table. 


s)    La  minute  de  ce  qui  suit  se  trouve  sur  une  feuille  a  part. 


[j.2  CORRESPONDANCE.     l66z. 


Je  ne  diray  pas  icy  comment  il  faut  rappliquer.  Vous  comprenez  facilement 
comment  il  faut:  fe  fervir  dans  le  calcul  de  la  Lune,  car  il  ne  faut  que  réduire 
Pefpace  du  temps  apparent  entre  l'Epoche  et  le  moment  donne  au  temps  mé- 
diocre. 


N=   1018. 

J.  Hevelius  à  Christiaan  Huygens. 

2*7    MAI     1662. 

I.,:    ettre  se  trouve  à  Leiden,  vu!/.  Huygens. 
("/.-.  Huygens  y  répondit  par  !c  No.   10;,". 

Nobilifïimo  Christiano  Hugenio  J.  Hevelius  S. 

Percepifti  Une  dubio,  amice  multùm  honorande  miferandam  cladem  meam 
domefticam  ')  ,  ob  quam  ,  profecto,  citius  promillis  ftare  haud  potui  :  hineque  non 
lolum  facile  me  exeufabis,  fed  et  condolebis  vicem  meam  :  cum  optime  intelligas, 
quid  adverli  exinde  rébus  meis  tamiliaribus,  ltudijlque  ("ubortum  fuerit.  Mcrcu- 
rium  meum  inter  tôt  variafque  animi  lollicitudines  nunc  tandem  prognatum  ,  Vc- 
neremque  llorroxij  féliciter  bono  publico  exortum  (fed  e  contra  occidente,  et 
quidem  magno  meo  damno,  meà  dulciffimâ  Vencre)  Tibi  nuper  per  doctorcm 
Pekzium  2~)  tranlmifî,  quos  aequi  bonique  conl'ulas  rogo,  donec  aliquid  dignius 
habeam ,  quod  Tibi  exhibere  pollim.  Tibi  autem  cumprimis  référendum  habet 
(  )rhis  eruditus,  quod  Venus  1  Iorroxij  lucem  viderit 3),  et  tali  praelhmti  et  gratiflimo 
munere  cum  donare  haud  nolueris;  profefto  et  fera  Poileritas  id  débita  gratiarum 
actione  agnofeet.  Quae  cum  perlegeris,  rogo  fentenriam  Tuam  de  ijs  omnibus 
nobis  libère  exponas,  faciès  non  folùm  rem  gratillimam,  fed  me  viciflim  nunquam 
non  expericris  'fui  Studioiiffimum.  Valetudinem  Tuam  tac  cures  diligenter,  ut 
quantocyus  quaedam  de  praeclaris  Tuis  lucubrationibus  denub  obtineamus.  Dabam 
Dantifci  Anno  1662  die  i~  Maij. 

Nobiliflîmo  Christiano  Hugenio 
araico  honorando 

I  lagam  Comitis. 


1      Le  1  1   mars  1662  mourul  l.i  femme  de  Hevelius,  Catharina  llebeschka    d'une  famille  riche 
le  Dantzig,  Il  Pavait  épousée  le  ,;  1  mai   1635.  Bientôt  après,  il  se  remaria  avec  Elisabeth 
Koopmann. 
sur  Philippe  Pels  voir  la  Letl  rc  N  .  921 ,  note  .;. 

(   m:   niiez  la  I. elde  \    .  885. 


CORRESPONDANCE.     1662.  1 43 


N£   10 19. 

N.  Heinsiûs  h  Christiaan  Huygens. 

30    MAI     1662. 

La  lettre  se  trouve  à   Leiden ,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.  io?fl. 

Nicolaus  Heinsius  Christiano  Hugenio  Viro  N'obiliffimo 

S.  P.  D. 

Alterius  Phaenomeni  eftypon,  quale  defiderabas,  Martio  menfe  ad  ce  mifi  '),  Vir 
Nobiliffime.  nec  tamen  cognoiïe  datur  haétenus,  an  id  in  manus  tuas  pervenerit. 
quae  res  valde  follicitum  me  habet,  cum  nihil  optem  impenfius,  quam  ihidijs  cuis 
prodefïe.  Quarc  aliud  eétypon  deferibi  enrabo,  fi  eius,  quod  iam  mi  (Tu  m  eft,  con- 
fpeclu  fîniftra  fortuna  ce  fraudavit.  Apollonij  Pergaei  Arabici  =)  cria  exemplaria 
Sereniffimus  Princeps  Leopoldus  ab  Etrùria  Amfcelodamum  ad  Elzevirios  micci 
curavic,  quorum  duo  priora  cibi  ec  Hevelio,  cercium  mihi  munus  deftinetur.  Cla- 
riffimi  Voffij  de  Luce  Commencarium  3)  ab  ijfdem  Elzevirijs  expeéto  :  quapropeer 
ihidijs  Philofophicis  iam  mme  me  coepi  accingere.  Mirum ,  ni  crabones  mox  in- 
furgant ,  ec  lucem  hanc  illi  cercacim  involent  infeftis  alis. 

Parencem  muni,  Virum  Uluftrem  ,  re  féliciter  confefta4),  brevi  reducem  vobis 
fiftendum  fore  auguror.  Domino  Friqtieto  s),  fi  etiamnum  Hagae  aecacemagic, 
plurimam  meis  verbis ,  ubi  oporcunum  eric,  falutem  uti  dicas  obfecro,  etiam  ami- 
ciflimo  Wallio6).  cui  feribam  proxime,  ii  nunc  id  fieri  peroccupaciones  non  licebic. 
llinc  quod  nunciarc  poilim  nihil  nunc  occurrit.  Vale,  Nobiliffime  Ilugeni. 

Holmiac  Succorum  cIdidclxii.  a.  d.  xxx.  maij  Gregor. 


')  Consultez ia  Lettre  N°.  1000. 

:)  Voir  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  536,  note  2. 

•>)  Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  note  4  de  la  Lettre  N°.  907. 

A)  Heinsius  fiiit  allusion  au  voyage  de  Constantyn    Huygens,  père,  à  Paris,  pour  les  affaires 

de  la  principauté  d'Orange. 

5)  Voir  la  Lettre  N°.  "6,  note  16. 

û)  Sur  Adrianus  van  der  Walle  voir  la  Lettre  N'J.  522 ,  note  \i. 


'44 


CORRESPONDANCE.     1  662. 


N=   1020. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

I     JUIN     1662. 
La  lettre  et  la  copie  se  tn>/:rc;//  a  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  le   1    Juin    1662. 

L'on  ne  m'avoit  pas  encore  envoyé  d'Angleterre  le  récit  de  l'expérience  ')  que 
Monfieur  Thevenot  vous  a  racontée  qui  ell  notable,  quoyque  l'on  ait  bien  pu 
s'imaginer  a  peu  près  l'efFect  qu'elle  a  produit,  car  il  n'y  avoit  rien  de  ii  certain  , 
que  cette  enflure  de  bras  dans  le  vuide,  ou  il  cil  hors  du  prefiément  ordinaire  de 
l'air  d'alentour,  et  dans  les  vantoufes  l'on  en  avoit  délia  veu  l'eflày. 

Voicy  ma2)  refponfe  au  dil'cours  de  Monfieur  Chapelain  qui  n'a  pas  elle  fort 
bien  inftruit  de  l'Expérience  qu'il  a  tafchè  d'expliquer ,  ce  que  je  croy  eftre  arrivé 
parce  que  je  ne  vous  en  ay  pas  fait  l'hiftoire  dans  une  lettre ,  et  de  fuite ,  mais  par 
pièces.  En  (in  je  l'ay  mieux  inftruit  maintenant,  et  monftrè  que  fa  conjecture  n'eft 
pas  fort  vraylémblable.  La  rai  ion  pourquoy  je  n'ay  pas  encore  fait  l'expérience  de 
la  falade  et  quelques  autres ,  efl:  que  la  pompe  dans  ma  machine  s'eft  mile  en  del- 
ordre  pour  avoir  elle  quelque  temps  fans  employ,  et  parce  qu'il  y  a  un  peu  de 
façon  a  la  reparer  j'ay  négligé  jufqu'icy  d'y  mettre  la  main  ,  mais  j'ay  envie  de  la 
mettre  en  ordre  bien  toft,  quand  ce  ne  (croit  qu'a  fin  de  vous  fournir  matière  de 
difeours,  avec  Meilleurs  les  beaux  efprits,  Je  ne  feaurois  me  fouvenir  défaire 
l'eflay  avec  le  garnaet  ■')  ,  pour  avoir  peut  eftre  la  mémoire  als  een  garnaet 4),  auffi 
n'eft  il  pas  de  confequence,  et  li  vous  croyez  le  contraire  il  y  a  longtemps  que 
vous  l'auriez  pu  faire  avec  une  de  ces  petites  ecrevifies. 

Je  fuis  après  au  jourdhuy  a  faire  une  machine  pour  tailler  les  verres  des  gran- 
des lunettes,  fans  que  Ton  y  employé  la  main  autrement  que  pour  tourner  une 
roue,  de  forte  que  nos  valets  déformais  feront  les  meilleurs  verres  du  monde  et 
j'ay  envie  de  vous  en  envoier  quelque  jour  de  la  fabrique  de  David.  Il  y  a  2  jours 
que  le  frère  de  Zeelhcm  et  moy  en  (ifmes  un  modelle  qui  fucceda  fort  bien,  en 
fuite  de  quoy  nous  la  faifons  conftruire  avec  la  perfection  requife  et  elle  fera 
achevée  encore  ce  foir.  Elle  n'eft  pas  de  grand  volume ,  mais  portative ,  de  forte 
qu'on  la  peut  mettre  fur  une  table  la  ou  on  veut,  et  fi  je  ne  me  trompe  elle  abbre- 
gera  de  deux  tiers  le  temps  que  nous  avions  accouftumè  d'employer  a  faire  un  de 
ces  grands  verres.  Voila  de  quoy  vous  entretiendrez  Monfieur  Petit  et  Monfieur 
Thevenot  qui  feront  bien  ailés  d'apprendre  un  jour  cette  ftructure. 

Adieu,  nous  allons  mettre  enfemble  les  pièces  que  l'on  vient  d'apporter. 


I   (  wii  iiiu/  la  Lettre  IV  .  1013. 
:)   Voir  la  Lettre  IV  .  1021. 
)  crevette. 
i  raduction  :  c<  mime  une  crevette. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


'45 


N=   1021. 

Christiaan  Huygens  à  [J.  Chapelain]. 
[juin   1662]. 

La  minute  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
La  lettre  est  la  réponse  aux  Nos.  982  et  1008.      J.   Chapelain  y  répondit  par  le  No.   1024. 

Sommaire.  Pardon  d'uitftel.  00c  heb  ick  het  pacquet  van  ')  Vicquefort.  dioptrique  de  l'Italien.  Huct,  latin  excel- 
lent, remercier,  dans  la  mefme  lettre  que  Monfieur  Freniclc  eftoit  rclblu  de  refpondre  a  Wren.que 
j'ay  vu  cette  lettre  a  Digby  et  les  reflexions  fur  le  f'ylteme  de  Wren,  ou  le  vérifie  ce  que  vous  dites. 
il  me  fait  honneur  et  Wren  de  mefme.  que  leur  débat  finira  aflurement  quand  ils  auront  vu  la  véri- 
table pliafe  de  cette  année  car  elle  ne  favorile  non  plus  l'une  que  l'autre  de  leur  hypothefes  mais  con- 
vient parfaitement  a  la  miene  eftant  telle  que  voyez.  Je  viens  a  voflre  raifonnement  touchant  mon 
expérience  qui  quoy  que  beau  et  fubtil  ne  me  met  pourtant  pas  encore  en  repos  touchant  la  caufe  de 
l'effrange  effeft.  mal  informé  mais  qui  n'ont  pas  beaucoup  nuy  a  fon  difeours.  elle  refufe  dedefeendre 
eftant  purgée,  car  autrement  elle  defeend  Couvent  la  se  fois.  En  defeendant  l'air  ne  gliffe  pas  entre 
l'eau  et  les  parois  du  verre,  mais  l'eau  glifTe  contre  les  dites  parois  prefque  imperceptiblement  laiffant 
l'air  au  milieu.  Je  laide  remonter  l'eau  doucement. 

Monsieur 

Je  vous  demande  pardon  de  ce  que  je  refpons  fi  tard  a  deux  des  voftres.  quand 
la  première  m'arriva  je  n'avois  pas  encore  receu  le  paquet  dont  elle  parle,  et  ce 
ne  fut  que  bien  long  temps  après,  comme  je  croy  que  vous  aurez  feeu  par  mon 
frère  2).  J'y  trouvay  le  livre  de  Manzini  3)  de  la  manière  de  fabriquer  les  Telefco- 
pes,  qui  n'enfeigne  nullement  les  fecrets  de  cette  art,  je  ne  fcay  fi  c'en:  par  igno- 
rance ou  envie  de  l'autheur,  mais  il  y  a  grand  apparence  a  ce  que  vous  dites 4),  qu'il 
femble  eftre  mis  an  jour  pour  faire  valoir  la  marchandife  del  Signor  Euftachio 5).  des 
1  exemplaires  qui  ertoient  dans  ce  mefme  pacquet ,  du  livre  6)  de  Monfieur  Huet , 
j'ay  fait  tenir  l'une  a  Monfieur  Voffius,  qui  comme  moy  trouve  et  le  Mile  et  le 
langage  de  ces  dialogues  très  excellent  outre  que  le  fuject  y  eft  traité  judicieufe- 
ment  et  de  la  bonne  forte.  Vous  faifiez  mention  dans  la  dite  première  lettre  de 
la  refponfe  que  Monfieur  Frenicle  eftoit  refolu  de  faire  à  Monfieur  Wren,  la 
quelle  depuis  je  crois  avoir  vue  ayant  pour  titre  Ad  ClariJJimi  Virl  Chrif- 
tophori  Wren  de  fc  corpore  hypothefin  reflexiones  qitaedam  7).  Cet  eferit  et  encore 
une  lettre  8)  de  Monfieur  Frenicle  au  Chevalier  Digby  m'ont  eftè  envoyé  de 
Londres,  et  vérifient  ce  que  vous  m'eferiviez,  que  le  débat  entre  ces  deux  feavan- 


')  Traduction:  Pardon  du  délai,  j'ai  auffi  le  paquet  de  Viquefort. 

2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1007. 

3)  L'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  744,  note  9. 

4)  Consultez  les  Lettres  Nos.  894  et  9 1 1 . 

5)  Eustachio  de  Divinis. 

6)  L'ouvrage  est  cité  dans  la  note  1  de  la  Lettre  N°.  908, 
")  Voir  la  pièce  N°.  970. 

8)  Voir  la  pièce  N°.  969. 

Œuvres.  T.  IV.  19 


1^.6  CORRESPONDANCE.     \66l. 


tes  perfonnes  ne  fe  pouvoit  efchauffer  qu'a  mon  avantage ,  car  en  effeét  il  y  en  a 
d'eftre  cité  par  eux,  et  de  tous  les  deux  partis  avec  éloge  «>).  Je  devrois  les  prier  et 
particulièrement  Monfieur  Frenicle  d'en  eftre  moins  libéral;  mais  je  prevoy  que  le 
combat  le  terminera  bien  toit  après  qu'ils  auront  connu  la  véritable  phafe  de  fj  qui 
eft  a  prefent,  ou  par  leur  propres  observations ,  ou  en  adjoutant  foy  aux  mienes; 
car  elle  ne  favorife  non  plus  l'une  que  l'autre  de  leur  hypothefes,  mais  confirme 
entièrement  la  miene  eftant  telle  quevoicy,  et  je  la  peindray  un  peu  mieux  que 
de  couftume,  a  fin  qu'elle  ne  caufe  pas  des  abus  IO)  comme  celle  IX)  de  l'an  patte. 

Les  anfes  comme  vous  voiez  font  bien  lar- 
ges aux  endroits  ou  elles  font  attachées  au 
globe,  contre  ce  qui  devroit  eflxe  félon  Mon- 
lieur  Wrcn,  qui  les  fuppofoit  là  fort  eftroites. 
Vous  voyez  auffi  qu'il  s'en  faut  encore  beau- 
coup que  l'intérieure  ellipfe  des  anfes  ne 
paffe  par  deflùs  le  globe  et  par  deffous  fans  le 
toucher,  comme  Monfieur  Frenicle  l'avoit  attendu,  ou  du  moins  qu'il  s'en  fau- 
droit  très  peu. 

Je  viens  a  voftre  difeours I2)  fur  mon  expérience  pneumatique,  qui  quoy  que  beau 
et  fubtil ,  ne  me  met  pas  encore  en  repos  touchant  la  caufe  des  eftranges  effets  qui 
s'y  découvrent.  Pour  ce  qui  eft  de  voftre  hypothefe  des  quatre  elcmens  et  de  leur 
qualitez  je  veux  bien  en  admettre  icy,  ce  qui  fait  au  prefent  fujeél,  c'eft  a  dire  ce 
que  vous  fuppofez  touchant  l'air  et  l'eau.  La  figure  que  vous  donnez  aux  particu- 
les de  ccllccy  eft  la  me  fine  que  Monfieur  Des  Cartes  luy  attribue,  et  quant  au 
meflange  de  cet  élément  avec  celuy  de  l'air  il  eft  évident  par  ce  qu'on  en  voit 
dans  cette  mefme  expérience,  quand  on  la  fait  avec  de  l'eau  fraifehe.  Toutefois 
il  ne  femble  pas  qu'il  y  ait  telle  quantité  d'air  dans  l'eau  que  vous  penfez,  parce 
que  quand  elle  en  eft  toute  purgée  l'on  n'appercoit  pas  que  fa  quantité  en  foit 
devenue  moindre.  Au  refte  je  fuis  marry  d'avoir  eftè  caufe  en  nem'cxpliquantpeut 
eltre  pas  allez  clairement,  que  vous  n'ayez  pas  feeu  au  vray  l'hiftoire  de  mon  ex- 
périence. Car  premièrement  c'eft  feulement  l'eau  qui  a  cité  purgée  d'air  dans  le 
récipient  vuide  pendant  toute  une  nuiét  qui  refufe  après  de  defeendre  de  la  phiole, 
et  non  pas  l'eau  fraifehe  après  avoir  defeendu  une  fois  comme  vous  avez  cru. 
Secondement  dans  l'eau  purgée  il  n'y  vient  pas  toufjours  une  petite  bulle  qui 
face  defeendre  celle  de  la  phiole,  mais  quelque  fois,  et  quelquefois  point.  Et 
quand  la  dite  eau  defeend  a  mefure  que  cette  bulle  fe  dilate  cela  ne  fe  fait  pas 
avec  beaucoup  de  peine  et  de  temps,  mais  prefque  en  un  moment.   Lt  l'air  de  la 


9)  Consulte/,  les  Lettres  Nos.  033,  060  et  yo. 

10)  Consultez  la  Lettre  N°.  027. 
")  Consultez  la  Lettre  N°.  873. 
"5  Voir  la  Lettre  N°.  1008. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  147 


bulle  ne  s'infinue  pas  entre  l'eau  du  col  et  Tes  parois  mais  c'ell  l'eau  qui  defcend 
le  long  de  ces  parois,  laiflant  le  chemin  du  milieu  libre  a  l'air.  En  fin  ce  n'ell  pas 
toufjours  avec  précipitation  que  l'eau  remonte  dans  la  phiole  quand  je  donne  en- 
trée a  l'air  dans  le  récipient,  mais  quand  je  veux  je  la  fais  monter  petit  a  petit. 
Vous  devriez  avoir  elle  informe  de  toute  ces  particularités,  qui  fans  doute  au- 
roient  apporte  quelque  changement  dans  vollre  raifonnement.  Et  lî  de  plus  vous 
eulîiez  feeu  que  je  n'ay  pas  fait  feulement  l'expérience  avec  une  phiole  a  long 
col ,  mais  auffi  avec  des  tuyaux  fîmples  fermez  par  defl lis  et  allez  larges ,  et  touf- 
jours avec  mefme  ifïue,  vous  n'auriez  jamais  attribue  la  caufe  de  la  fufpenfion  de 
l'eau  a  l'cmpefcliement  que  s'entredonnent  les  particules  de  l'eau ,  en  voulant  for- 
tir  a  la  foule  vers  en  bas,  car  vous  avez  fort  bien  vu  vous  mefme  que  fi  en  ce 
cas  elle  demeuroit  fufpenduc  comme  auparavant,  vollre  conjecture  ne  fubfilleroit 
pas.  Or  quand  mefme  c'ell  une  phiole  avec  un  col  ellroit,  je  ne  fcay  fi  vous  avez 
raifon  de  croire  que  pour  cela  les  petites  anguilles  de  l'eau  s'y  rengent  de  leur  lon- 
gueur pour  ainfi  le  preiïer  entre  elles,  car  ce  col  quoy  qu'il  ne  fuil  que  d'une 
ligne  eil  toufjours  extrêmement  large  a  proportion  de  ces  petits  corps,  comme 
la  tour  de  Nollre  Dame  a  une  aiguille  et  bien  plus  encore,  de  forte  que  ces  parties 
de  l'eau  ont  la  liberté  de  s'y  tenir  en  quelque  fens  que  ce  foit.  Mais  fuppofè 
qu'elles  fulTent  ainfi  ferrées  dans  le  col  comme  vous  voulez  il  femble  que  l'eau 
qu'elles  compofent  ne  feroit  plus  liquide  mais  comme  glacée,  ce  qui  ne  le  trouve 
point,  dans  l'expérience  en  fin  que  vous  apportez  de  l'eau  d'une  phiole  renverfee 
qui  n'en  tombe  point,  la  raifon  pour  quoy  cela  arrive  cil  manifelle  à  feavoir  le 
preflement  de  l'air  contre  l'ouverture  d'en  bas,  au  lieu  que  félon  vous  ce  feroit 
encore  l'empefchement  que  fe  donnent  les  parties  de  l'eau  en  voulant  forcir  par 
cette  ouverture  ellroite.  Voila  Monfieur  ce  que  j'avois  a  vous  dire  touchant  vollre 
recherche,  qui  comme  j'ay  advouè  ne  me  fatiffait  pas  tout  a  fait,  mais  vous  fup- 
pliant  de  me  faire  feavoir  en  revanche  les  diffkultez  que  vous  avez  trouvées  dans 
ce  que  j'en  ay  eferit  a  mon  frère  13),  et  vous  obligerez 

Monsieur 


Vollre  &c. 


I3)  Consultez  la  Lettre  N°.  999. 


I48  CORRESPONDANCE.     l66l. 


N=  1022. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 

9    JUIN     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,   Royal  Society. 
Elle  est  la  réponse  aux  Nos.  993,  994,  997  et  1013.     R.  Moray  y  répondit  par  le  No.   1034''). 

A  la  Haye  ce  9  Juin   1662. 
Monsieur 

J'ay  honte  quand  je  regarde  a  la  date  de  voilre  longue  lettre  ')  n'ayant  point  de 
prétexte  légitime  pour  juftifier  un  fi  long  filence,  car  bien  que  je  fuïïe  faifi  de 
la  fièvre  tierce  lors  qu'elle  me  fut  rendue,  je  ne  puis  dire  avec  vérité  qu'elle  m'ait 
empefchè  long  temps  de  vous  efcrire,  par  ce  que  j'en  fus  quite  avec  le  7e  accès. 
mais  il  m'eft  arrive,  ce  qui  m'cft  allez  ordinaire,  que  pour  avoir  trop  de  chofes  de 
quoy  vous  entretenir  j'ay  eu  très  grand'  peine  a  m'y  mettre,  voyant  qu'il  n'y  faloit 
pas  moins  d'un  jour  entier;  car  de  fuivre  vofire  exemple  et  d'efcrire  a  diverfes  re- 
prifes  c'ell  a  quoy  je  pourois  encore  moins  me  refoudre.  Auffi  quand  je  confide- 
re  combien  en  ce  faifant  vous  vous  elles  donné  de  peine  je  croy  facilement  que 
vous  n'aurez  pas  efiè  marry  d'eftre  quelque  temps  fans  recevoir  de  mes  lettres, 
puis  que  cela  vous  a  délivre  de  l'importunitè  des  refponces.  Je  fcay,  quoy  que  vous 
n'en  falfiez  pas  femblant,  que  vous  elles  chargé  d'affaires,  et  moy  qui  n'en  ay 
point,  j'ay  pourtant  des  petites  occupations  qui  fouvent  je  ne  quite  qu'avec  regret. 
c'eft  pourquoy ,  pour  mieux  faire  fubfiiter  noftre  commerce,  je  trouve  fort  a  pro- 
pos que  nous  ufions  du  ftyle  de  Lacedemonc,  ou  du  moins  ayons  la  liberté  d'en 
nier,  car  quant  a  vos  lettres  elles  me  font  d'autant  plus  chères  qu'elles  font  lon- 
gues ,  et  fi  j'eferivois  avec  tant  de  plaifir  que  j'en  ay  en  les  lifant ,  il  ne  m'eufi  point 
fallu  maintenant  de  tout  ce  prologue. 

Il  n'y  a  que  4  jours  que  Monfieur  d'Odyck  -)  m'a  fait  tenir  vofixe  dernière  du 
6  May  :,J  avec  le  traité  de  Rcftitutione  corporum4) ,  que  j'ay  parcouru  et  ne  trouue 
pus  qu'il  nous  apprenne  rien  de  nouueau.  J'ay  vu  cy  devant  l'autre  traité  de  ce 
mefme  autheur  5)  de  Plénitude  Mundi 6)  qui  m'a  fait  connoiltre  a  peu  près  de 


')    Voir  les  Lettres  Nos.  993  ,  994  et  997. 

Willem  Adrianus  van  Nassau  (voir  la  Lettre  N°.  909,  note  8),  qui  alors  se  trouvait  auprès 
de  l'ambassade  à  Londres.  ('Consulte/,  la  Lettre  N°.  885  ,  note  5). 
La  Lettre  N°.  IOI 3. 

4)  Cet  ouvrage  est  cité  dans  la  Lettre  N°.  1013,  note  2. 

Gilbert  Clerke,  (ils  d'un  maître  d'école,  naquit  à  Uppingham  (Rutlandshire)  en  1626 et 
mourut  vers  169-  a  Stamford  Bacon  (  Nortliamptonsbire  ).  Devenu  l'ellow  of  Sidney  Sussex 
Collège  a  Oxford  en  1648,  il  quitta  cette  institution  en  1655,  à  cause  de  scrupules  reli- 
gieux. Depuis,  vivant  tranquillement  d'un  legs  de  40  Livres  Sterling,  il  se  voua  aux  sciences 
mathématiques,  pures  et  appliquées. 

rt)   De  Plénitude  Mundi.  Brevis  &  Philofophica  diflertatio.  tn  qua  defenditur  Cartefiana  Phi- 


CORRESPONDANCE.     1662.  I49 


quelle  force  il  eiloit:  mais  courre  les  chimères  de  Francifcus  Lin  us  c'ell  allez 
que  d'un  tel  adverfaire.  En  recompenfe  de  ce  prefcnt  j'ay  envie  de  vous  faire 
celuy  du  livre  de  Voffius  de  Luce  7)  nouuellement  imprime,  qui  ell  tout  plein  de 
paradoxes  et  contient  toute  une  autre  doctrine  touchant  la  réfraction  que  celle 
que  nous  avons  tenu  jufqu'a  prefent.  Mais  je  croy  que  vous  m'aurez  plus  d'obli- 
gation fi  je  ne  vous  l'envoyé  point  puis  que  je  fcay  certainement  qu'il  ne  vaut 
rien.  Je  vous  remercie  fort  des  autres  deux  livres  que  le  Secrétaire  8)  de  nos  Am- 
baffadeurs  m'a  adreffez,  a  Icavoir  les  Obfervations  iJ)  de  J.  Graunt  IO)  et  le  Hob- 
bius  Heautontimorumenos  XI)  de  Monfieur  Wallis.  Ce  n'eft  que  du  fel  et  du 
vinaigre  tout  ce  que  ce  dernier  contient,  et  il  faut  avouer  qu'il  raille  plaifamment 
fon  homme;  fur  tout  la  ou  il  parle  de  fa  nouuelle  opinion  que  les  lignes  ont  de  la 
largeur,  et  s'offre  a  prouuer  qu'elles  doivent  donc  élire  plus  larges  que  Cheapfide. 

Le  difeours  de  Grant  elt  très  digne  de  confideration  et  me  plait  fort,  il  raifonne 
bien  et  nettement  et  j'admire  comment  il  s'eft  avifè  de  tirer  toutes  ces  confequen- 
ces  hors  de  ces  fimples  obfervations,  qui  jufqu'a  luy  ne  femblent  avoir  fervi  de 
rien,  dans  ce  pais  icy  l'on  n'en  fait  point,  quoy  qu'il  feroit  a  fouhaiter  qu'on  eull 
cette  curiofitè  et  que  la  chofe  foit  allez  aifée ,  principalement  dans  la  ville  d' Am- 
ilcrdam,  qui  ell  tout  diuilee  en  quartiers,  et  dans  chafeun  il  y  a  des  prefecls  qui 
feavent  le  nombre  des  perlbnnes  et  tout  ce  qui  s'y  paffe. 

Si  j'avois  une  verrerie  a  la  main  pour  faire  faire  un  récipient  de  la  forme  qu'il 
faut  pour  repeter  l'expérience  dernière  de  Monfieur  Boile  je  ne  ferois  pas  long- 
temps fans  la  mettre  en  exécution ,  pour  avoir  le  plaifir  de  veoir  arriver  les  fympto- 
mes  que  vous  m'en  racontez  et  les  autres  que  vous  taifez.  Pour  l'enflure  du  bras  je 
n'eufle  point  douté  qu'elle  n'en  deuil  fuivre  a  mefure  que  l'on  olte  le  prelTement 
ordinaire  de  l'air  qui  nous  environne,  de  la  roideur  des  nerfs  je  n'en  fcay  pas 
la  caufe  de  mefme  :  la  conltriétion  que  l'on  fent  a  l'embouchure  du  vafe  vient 
comme  je  croy  de  ce  que  l'enflure  commence  en  cet  endroit  du  bras,  et  pour  cela 
la  peau  y  ell  plus  tendue  qu'au  relie  de  la  partie  qui  eft  dans  le  vafe.  la  lueur  au 
relie  et  le  fang  prelt  a  fortir  font  chofes  fort  remarquables,  mais  qui  le  peuvent  ex- 
pliquer facilement  par  l'hypothefe  de  Monfieur  Boile  dans  l'expérience  que  vous 
m'avez  fait  la  faveur  de  me  communiquer  dans  la  première  lettre  i:),  et  que  j'ellime 


lofopliia.  Contra  Sententias  Francifci  Baconi  Baronis  de  Verulamio,  Th.  Hobbii  Malmef- 
burienns  &  Sethi  Wardi  S.  T.  D.  Authore  Gilberto  Clerk  A.  M.  Londini.  Apud  Jo.  Martin , 
Jo,  Allcrlbny  &  Th.  Dicas.  In  Coemeterio  D.  Panli.  1660.  in-8°. 
")    L'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  907,  note  4. 

8)  Samuel  van  Huis. 

9)  Cet  ouvrage  se  trouve  ciré  dans  la  Lettre  N°.  997 ,  note  8. 

10)  Consultez  sur  J.  Graunt  la  Lettre  N°.  1013,  note  4. 

")  Cet  ouvrage  est  décrit  dans  la  note  7  de  la  Lettre  N°.  097. 
")  Voir  la  Lettre  N°.  993. 


150  CORRESPONDANCE.     \66l. 


très  importante,  je  voudrais  que  vous  m'efclaircifliez  ce  doute,  a  icavoir  fi  a 
chaque  t'ois  en  verfant  d'avantage  de  ~Q  dans  le  tuyau  vous  entendez  qu'on  y  en 
mette  encore  autant  qu'il  y  en  a,  ou  fi  l'on  y  adjoute  feulement  a  l'infmy  la  quan- 
tité qui  demeure  dans  l'experimcnt  de  Toricellius.  C'eft,  ce  que  je  n'ay  pas  pu 
comprendre  par  ce  que  vous  m'en  avez  eferit,  et  qui  m'a  empefchè  de  raifonner 
plus  avant  fur  ce  fondement.  Cependant  de  quelque  façon  que  ce  foit  des  deux 
je  ne  voy  pas  encore  qu'il  foit  fort  aifè  d'en  déduire  la  hauteur  de  l'athmofphere, 
mais  je  croy  qu'on  auroit  befoin  encore  d'autres  expériences,  comme  celles  qu'on 
a  fait  en  France  fur  les  montagnes  d'Auvergne  I3). 

Si  Monfieur  Boile  n'a  pas  encore  eflayè  ce  que  je  vous  ay  mande  cy  devant I4)  de 
l'eau  purgée  d'air  qui  refufe  de  defeendre  de  la  phiole  mife  dans  le  récipient,  et 
plongée  dans  l'eau  par  le  bout  d'en  bas,  vous  pouvez  l'aflurer  que  j'ay  fait  cette 
expérience  plus  de  30  fois  et  que  j'ay  connu  très  clairement  que  le  récipient  eftoit 
vuide  d'air  autant  qu'il  le  pouvoit  eftre  par  le  moyen  de  ma  pompe,  non  feulement 
en  y  attachant  par  dedans  des  petites  veflies,  mais  aufiï  en  y  mettant  en  mefme  temps 
des  tuyaux  pleins  d'eau  non  purgée  (ainli  que  dans  l'expérience  19e  de  Mon- 
fîeur  Boile15)  )  la  quelle  defeendoit  jufqu'auniueau  parfois  de  l'eau  du  bacquet  d'en 
bas,  pendant  que  l'eau  purgée  demeurait  fufpcndue  dans  un  femblable  tuyau  ou 
dans  une  phiole  a  long  col.  L'on  m'a  envoyé  de  Paris  des  difeours  l5)  entiers  fur  ce 
phénomène,  mais  les  caufes  qu'on  en  allègue  me  femblent  peu  vraifemblables,  et 
aufli  celles  que  je  me  fuis  imaginées  ne  me  fatiffont  pas  abfolument.  Il  feroit  ne- 
ceffaire  de  pourfuivre  la  mefme  expérience  avec  des  tuyaux  plus  longs  que  n'ont 
elle  les  miens  qui  n'avoient  que  2  pieds  et  autant  de  pouces  mais  je  ne  puis  pas, 
comme  je  vous  ay  dit,  recouurer  facilement  les  verres  qu'il  me  faut.  Monfieur 
Boile  a  plus  de  commodité  pour  cela,  c'eft  pourquoy  je  fouhaiterois  qu'il  en  vou- 
lue prendre  la  peine,  car  auffi  bien  il  n'appartient  qu'a  luy  a  mon  avis,  de  para- 
chever tout  ce  qui  regarde  ces  belles  obfervations  et  d'en  initruire  le  monde,  après 
l'avoir  li  bien  et  11  dignement  commencé.  Je  vous  allure  que  cette  conlideration 
me  rend  nonchalant  pour  ce  que  l'on  pouroit  encore  faire  d'expériences  de  cette 
forte,  me  femblant  toufjours  que  c'eft  empiéter  fur  l'ouvrage  d'autruy,  et  que 
toute  la  gloire  en  doit  revenir  fur  les  premiers  inventeurs  Meilleurs  Boile  et 
Gericke 

J'ay  leu  la  lettre  ,;!)  de  Monfieur  Frenicle  et  lés  reflexions  fur  le  fylteme  de 


expérieno     fureni  par  Périer,le  beau-frére  de  151.  Pascal.  Consultez  la  Lettre 

N    655,  note  0. 
(  onsultez  la  Lettre  N  .9 

Consultez  l'oi  nentionné  ilans  la  Lettre  N°.  873,  note  4. 

f 'onsultez  la  Lettre  de  J.  Chapelain  N°.  1008. 

la  Lettre  N°.  940,  note  9. 
Voir  la  I   îttre  N°.  970. 


CORRESPONDANCE.     1662.  I  <Z  I 


Moniteur  Wrcn.  Il  ne  faut  pas  s'eltonner  fi  le  fentant  un  peu  piqué  par  la  let- 
tre I9)  de  ce  dernier  a  Moniteur  Neil  il  a  tafchè  de  fe  défendre  le  mieux  qu'il  a 
pu.  au  relie  je  croy  que  ny  l'un  ni  l'autre  ne  le  mettra  plus  en  peine  de  foultenir 
fon  hypothefe  après  qu'ils  auront  appris  la  véritable  phafe  de  fc  comme  elle 
paroit  cette  année,  car  elle  leur  elt  également  contraire.  Je  l'ay  obferuè  ces  jours 
partez  fort  fouvent  et  encore  hier  au  foir  avec  Moniteur  Bullialdus,  qui  vit 
clairement  comme  moy  qu'il  avoit  cette  figure  que   voicy,  laquelle   s'accorde 

parfaitement  avec  mon  Syltemc ,  et  demon- 
llrc  contre  Monfieur  Frenicle  que  le  globe 
ne  fe  va  pas  feparant  du  circuit  intérieur 
de  l'ellîpfe  comme  il  avoit  prognoftiquè.  et 
contre  Monfieur  Wren ,  que  cette  ellipfe 
n'cft  pas  eilroite  la  ou  elle  touche  au  globe, 
ou  pour  mieux  dire ,  que  l'extérieure  et  l'in- 
térieure ellipfe  qui  terminent  la  couronne  de  fc  n'ont  pas  un  mefme  axe  mineur. 

J'obferve  aufTi  le  fatellite  de  fc  et  remarque  qu'il  parcourt  une  ellipfe  fembla- 
ble  a  celle  que  reprefente  la  couronne  ainfi.  Hier  au  foir  je  le  trouvay  avec  Mon- 
iteur Bouillant  dans  cette  fituation ,  et  encore 
en  ce  mefme  lieu  le  1 6e  jour  d'auparavant. 

Hevelius  m'efcrit  2°)  que  les  exemplaires 
qu'il  m'envoie  de  fon  Mercurius  in  Sole  avec 
le  traité  de  Horroxius  2I)  font  défia  en  chemin, 
de  forte  qu'ils  feront  bientolt  icy. 
Je  fais  encore  tous  les  jours  des  elfais  avec  une  horologe  a  petit  pendule ,  et  je 
trouue  que  fon  cours  elt  aïïez  jufte  eftant  en  repos  pour  pouuoir  fervir  aux  Longi- 
tudes, et  auiïi  qu'elle  fouffre  fans  s'arrefter  le  mouuement  que  je  luy  donne  en  ma 
chambre  ou  elle  eft  fufpendue  par  des  cordes  de  5  pieds  de  long,  mais  je  n'ay  pas 
encore  fait  l'efpreuve  fur  l'eau,  pour  la  quelle  il  faudroit  eltre  dans  un  vaiifeau  de 
raifonnable  grandeur  et  dans  la  mer  mefme  qui  fut  agitée,  a  quoy  je  ne  fcay  pas 
quand  je  pourray  parvenir.  Je  n'ay  pas  grande  opinion  des  promeiTes  de  voftrc 
Indien  22)  li  ce  n'ell  qu'il  ait  trouvé  des  horologes  fans  pendule  auffi  exaétes  que 
celles  qui  en  ont,  car  je  croy  fermement  qu'il  n'y  a  point  d'autre  méthode  prati- 
quable  pour  les  Longitudes  que  par  des  horologes  julles.  Voila  comme  je  croy  tout 
ce  que  j'ay  eu  a  vous  dire,  et  fi  non  je  le  fuppleeray  une  autre  fois,  car  pour  celle 


I9)  Consultez  la  Lettre  N°.  933. 
2°)  Consultez  la  Lettre  N°.  1018. 

21)  Consultez  les  Lettres  N°.  885,  note  8  etN°.  872,  note  5. 

22)  Consultez  la  Lettre  N°.  1013,  note  4. 


152  CORRESPONDANCE.     1662. 


cy  je  n'oie  plus  rien  adjoufter  a  cette  lettre  de  peur  qu'en  mefme  temps  je  n'aye 
a  vous  demander  pardon  pour  m'eftre  trop  feu  et  pour  avoir  trop  parlé.  Je  fuis 
avec  paffion 

Monsieur 


j 

Votre  très  humble  et  très  obeiffant  ieruiteur 
Chr.  Hugens  de  Zuliciikm. 


N-    1023. 

CHRISTIAAN    HUYGENS    h    [LODEWIJK    HUYGENS]. 

15    JUIN     1662. 

La  lettre  et  la  enfin-  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens, 

A  la  Haye  ce   15  Juin   1662. 

J'oie  dire  fans  me  vanter  que  la  machine  pour  tailler  les  verres  ell  aulli  bien 
inventée  qu'elle  fcauroit  élire,  et  vous  le  verrez  a  voltre  retour  ;  fa  feule  faute 
cil  que  par  la  célérité  du  mouvement  qu'elle  donne  au  verre,  le  fable  lé  brife  trop 
ville  et  le  fait  reluire  devant  qu'il  fuit  bien  net  et  uni.  J'en  fis  hier  la  dernière  ef- 
preuve  et  fuis  afTuré  maintenant  qu'il  n'y  a  point  de  machine  qui  puhTe  fervir 
en  cette  affaire,  fi  non  celle  du  ballon  avec  la  pointe ,  qui  proprement  n'ell  pas  une 
machine  mais  dont  la  manière  efl  fort  feure  et  commode  ainfi  que  nous  l'avons 
ajullé  maintenant.  Je  ne  fcay  pas  ce  que  peut  faire  ce  verre  de  Monlïeur  Petit 
de  16  pieds,  mais  quand  je  fus  dernièrement  a  Paris  je  me  fouviens  qu'il  n'en 
avoit  que  de  fort  médiocres.  Il  efl  plaifant  avec  fes  pauvres  d'Amllerdam  et  je 
le  prendrois  apurement  au  mot  s'il  clloit  auffi  aifè  d'exécuter  cette  gageure  que 
de  la  propofer.  Prefïèz  le  je  vous  prie  qu'il  vous  face  veoir  Saturne  avec  fou 
compagnon  que  nous  obfervons  icy,  prefque  tous  les  loirs ,  et  très  diflinélement. 
Sa  peur  efl  ridicule  qu'avec  des  Lunettes  de  50  ou  de  [00  pieds  l'on  ne  verroit 
pas  peut  élire  une  eltoile  a  la  fois  et  s'il  fe  fert  d'une  lentille  convexe  je  m'ef- 
tonne  qu'il  n'en  connoifl  pas  mieux  l'effect.  Afiurez  le  qu'avec  ma  lunette  de 
22  pieds  je  voy  toute  la  Lune  a  la  fois,  non  pas  pourtant  avec  une  (impie  lentille 
auprès  de  l'oeil ,  mais  par  cette  manière  nouvelle  dont  j'ay  fait  mention  cy  devant; 
de  forte  que  s'il  me  procure  un  bon  verre  de  100  pieds,  nous  verrons  encore  pour 
le  moins  le  quart  du  diamètre  de  la  Lune.  11  n'y  a  que  la  difficulté  de  pouvoir  drefïèr 
de  (i  longues  lunettes  qui  m'ofte  l'envie  d'y  travailler  car  en  effecl  elle  feroit 
grande  et  il  y  faudrait  une  belle  depenfe. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  1 53 

Pour  ce  qui  eft  des  horologes ,  les  efpreuves  que  jufqu'icy  j'en  ay  pu  faire  dans 
ma  chambre  me  donnent  allez  bonne  efperance,,  mais  nour  la  principale  efpreuve 
qui  feroit  de  veoir  comment  elles  fouffriroient  l'agitation  de  la  mer  dans  un  grand 
vaiïïeau  il  ne  m'eft  pas  facile  de  la  faire ,  et  il  faudrait  y  eftre.  car  d'en  vouloir 
juger  par  ce  que  l'on  verrait  arriver  dans  une  pinque  '),  l'on  s'y  tromperait  afîure- 
ment,  par  ce  que  fans  doute  les  fecouïïes  en  feraient  trop  rudes  mais  celles  d'un 
vaifTeau  peut  eflrc  point. 

J'ay  donne  voftre  lettre  a  Moniteur  Chiefe  qui  cil  icy  de  retour  depuis  3  jours 
après  avoir  mené  Amat  jufqu'a  Bruxelles  et  un  peu  plus  avant,  du  quel  il  s'efton- 
noit  qu'il  n'eftoit  pas  encore  arrivé  a  Paris  lors  que  vos  dernières  partirent.  Le  dit 
Sieur  Chiefe  a  ce  qu'il  m'a  dit  fe  prépare  aufli  a  vous  aller  trouver  bientoft. 

Il  y  a  7  jours  que  Moniteur  van  Beuningen  arriva,  et  aufTi  toit  que  je  le  feeus 
j'allay  pour  le  faluer,  mais  l'ayant  manqué  par  deux  fois,  il  vint  icy  me  veoir  avant 
hier,  et  eufraes  allez  longue  conférence.  Il  me  dit  grand  bien  de  Monfteur  The- 
venot  et  venant  a  parler  la  delïiis  de  la  relation  de  la  Chine  2)  il  tefmoigna  qu'il 
eftoit  marry  qu'après  l'avoir  entretenu  fi  long  temps  d'efperance ,  il  ne  pouvoit 
pas  luy  procurer  cette  fatiffaclion  ,  la  caufe  citant  que  Melfieurs  de  la  Compagnie 
des  Indes  ne  vouloient  pas  que  cet  eferit  fut  divulgué.  Qui  eft  pourtant  un  feru- 
pule  de  rien,  et  je  fuis  feulement  marry  de  n'en  avoir  pas  pris  copie,  quand  je  l'eus 
entre  mes  mains. 

Voyla  que  ma  Coufine  Dorp  m'envoye  cette  lettre  pour  vous ,  qui  vous  man- 
dera almrement  la  nouvelle  de  la  mort  du  grand  Capelle  3),  tué  en  duel  par  le 
commandeur  de  Cronenburg  4) ,  et  fi  l'amie  en  a  efté  touchée  ou  point,  ce  que  je 
ne  fçay  pas  encore.  Pour  le  moins  elle  dira  T'is  j animer  5),  comme  font  tous  ceux 
qui  l'ont  connu.  Adieu. 


')  Pink  est  le  nom  hollandais  des  bateaux  de  pêche  à  fond  plat,  en  usage  sur  les  côtes  de  la 
Mer  du  Nord. 

2)  Consultez  les  Lettres  N°s.  962  et  996  et  voir  la  pièce  N°.  1039. 

3)  Hendrik  van  der  Capellen  ,  iils  du  diplomate  orangiste  Alexander  van  der  Capellen,  seigneur 
de  Aartsbergen,  Boedelhof,  Masvelt  &.c. ,  et  de  Emelia  van  Zuylen  van  Nyevelt,  naquit  le 
1 3  janvier  1634  et  fut  tué  dans  un  duel  à  Copenhague  en  juin  1662.  11  était  seigneur  de  Rijs- 
selt,  et  entra  au  service  du  roi  de  Danemarc. 

4)  Le  commandant  de  la  forteresse  Kronenborgh  près  d'EIseneur. 

5)  Traduction  :  c'elt  dommage. 

Œuvres.  T.  IV.  20 


'54 


CORRESPONDANCE.     1 662. 


N=    1024. 

J.  Chapelain  à  Christiaan  Huygens. 

15    JUIN     ]C)62. 

La  !  :  re  Si     1  <uv    à  1 1  idi  n  ,  1  oll.  Huyi 

ait  No.    1021.     Chr.  Huygens  y  répondît  ptn   le  Nb.   1033. 

Monsieur 

ne  me  faites  point  d'exeufe  du  retardement  de  voftre  Refponce.  Je  ne  vous  ef- 
cris  pas  pour  en  tirer  de  vous  li  ce  n'elt  lors  que  je  croy  vous  pouuoir  eftre  vtile, 
et  toutes  les  fois  que  vous  gardés  le  filence  a  mon  égard,  je  m'en  eonfole  dans  la 
penfée  que  vous  employés  vollrc  loiiir  a  des  choies  bien  plus  nobles  et  plus  necef- 
laires  pour  voftre  gloire  et  pour  l'auantage  du  Publie.  11  efl  vray  que  j'ay  eu  quel- 
que impatience  de  feauoir  fi  vous  auiés  receu  le  paquet  que  je  retiray  ')  de  chés 
Monlieur  de  Thou  pour  le  donner  a  Moniieur  de  Viquefort,  afin  qu'il  vous  fuit 
plulroft  rendu;  a  caufe  des  Liures  qu'il  contenoit  et  dont  j'auois  à  rendre  conte  a 
Meilleurs  Thcuenot  et  Muer  qui  m'en  auoient  chargé  pour  vous.  Audi  des  que 
Monlieur  voftre  Frère  m'eut  appris  quils  eftoient  venus  en  vos  mains  mon  in- 
quiétude s'appaifa,  et  je  ne  fouhaittay  plus  rien  linon  que  vous  ne  retombafliés 
point  malade,  comme  Monlieur  voftre  Père  irfauoit  dit  que  vous  Tauiés  elle. 
Maintenant  que  je  fcay  par  vous  mefme  que  vous  vous  portés  bien ,  et  que  vos  ef- 
tudes  fe  Tentent  de  vodre  conualefcence,  j'ay  le  principal  de  ce  que  je  délire  de 
vous ,  et  vous  laïfle  en  toute  liberté  pour  le  relie.  Monlieur  Thevcuot  fe  doutoit 
bien  que  le  Traitté  2)  de  la  Fabrique  des  Telefcopcs  n'eftoit  pas  grand  cas  et  qu'il 
ne  vous  donneroit  pas  grande  jaloulie.  Cela  n'cmpefcha  pas  qu'il  ne  vouluft  vous 
le  faire  voir,  du  moins  pour  vous  monftrer  quelle  différence  de  Génie  il  y  a  entre 
vous  et  les  Italiens  d'à  cette  heure.  Quand  ces  gens  là  feront  informés  de  la  Ma- 
chine que  vous  aués  compofée  pour  fabriquer  feurement  et  facilement  des  verres 
de  telle  grandeur  qu'on  voudroit  ils  en  auront  vue  mortification  qui  ne  fera  pas 
petite,  et  verront  bien  a  qui  ils  fe  jouent  quand  ils  fe  inclurent  auec  vous.  Je  vou- 
drois  que  vous  vous  refohilliés  a  donner  ce  que  vous  aués  eferit  fur  cette  matière  li 
vous  en  cftes  aufli  content  que  vous  me  tefmoignaltes  de  l'eltre  de  voftre  Syfteme 
de  Saturne  quand  je  vous  confeillay  4)  de  le  publier.  Je  voudrois  aufli  que  vous 
donnalliés  ce  que  vous  aués  adjoufté  a  cette  merucilleufe  Inuention  du  Pendule  li 
l'Addition  en  eft  aufli  folide  que  ce  que  vous  en  aues  defja  fait  voir.    Monlieur 


')    Consultez  la  Lettre  N°.  930. 

L'onvrage  de  Mancini,  cité  dnns  la  Lettre  N".  774,  noie  9. 

Consultez  les  Lettres  No».  i"\  .  278,  467,  4K0,  484,  543  et  606. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  I  55 


Huet  fera  treffenfible  aux  louanges  dont  vous  et  Monfieur  Voffius  aués  elle  ii  li- 
béraux à  fes  Dialogues  5),  et  je  croy  que  vous  m'auouerés  bien  tous  deux  du  remer- 
ciment  que  je  luy  en  feray  de  voftre  part.  Je  n'ay  point  veu  la  Refponfe  6)  de 
Monfieur  Frenicle  à  Monfieur  Vren  laquelle  félon  que  vous  m'en  parlés  doit  ef- 
tre  vue  Réplique.  Je  la  veux  demander  a  Monfieur  Theuenot  et  je  verray  com- 
ment il  s'y  eïl  pris  pour  l'Examen  de  voftre  Syfteme.  11  faut  eilre  bien  judicieux 
pour  fe  méfier  de  juger  d'vn  homme  de  voftre  force.  Je  leur  fcay  bon  gré  a  tous 
deux  du  bien  qu'ils  reconnoiffent  en  vous  et  des  éloges  quils  vous  donnent.  S'ils 
ont  de  bonnes  Lunettes  et  qu'ils  voyent  Saturne  en  leftat  ou  les  voftres  vous  le 
font  voir,  leur  différent  fe  terminera  a  voftre  feul  honneur  puilque  la  phafe  pre- 
fente  -de  cette  Planette  11  éloignée  deftruit  leurs  hypothefe  et  cftablit  la  voftre.  Je 
vous  fuis  obligé  de  lauis  que  vous  men  donnés,  et  de  la  peinture  que  vous  men 
aues  faitte,  laquelle  je  communiqueray  à  nos  Amis  de  deçà,  car  je  me  pique  d'eftre 
icy  voftre  Tenant,  et  le  Promoteur  dvne  réputation  ï\  jufte  que  la  voftre.  Quant 
a  ce  que  vous  aucs  pris  la  peine  de  refpondre  a  la  lettre  ')  que  je  vous  auois  ef- 
critte  fur  voftre  dernière  expérience  de  l'eau  purgée  d'air  et  lufpcnduë  dans  le 
vuide ,  je  m'en  fens  fort  honnoré  et  ne  pretens  point  y  contredire.  Je  l'efcriuis  par 
forme  de  tentatiue  fur  ce  que  vous  conuyiés  vos  Amis  de  longer  a  la  caufe  de  ce 
Phénomène,  pluftoft  que  par  ambition  ni  auec  efperance  de  la  trouuer.  Il  eft  pof- 
fible  que  j'aye  mal  compris  le  fait  et  que  par  là  mon  raifonnement,  fuit  il  bon  d'ail- 
leurs ne  fatifferoit  point  a  laQueftion  propofée.  Ce  que  je  vous  puis  afîurer  c'eft 
que  je  n'ay  point  ajufté  le  fait  fur  le  raifonnement  mais  le  raifonnement  fur  le  fait. 
Il  faut  que  de  mon  collé  je  me  fois  mal  explique  dans  la  figure  que  j'ay  prétendu 
donner  aux  Atomes  de  lcau,  puifquc  vous  croyés  que  c'efr  la  mefme  que  celle 
que  leur  a  donné  Monfieur  Defcartes;  qui  fuppofe  que  les  corps  qui  la  compofent 
font  comme  autant  de  petites  anguilles  qui  le  ployent  fans  fe  diuifer  pour  fe  lier 
et  fe  dellier  facilement.  Cependant  mon  intention  a  elle  de  leur  donner  la  forme 
de  petites  colonnes  a  quatre  faces  ou  de  prifmes  ou  d'aiguilles,  et  toutes  rigides  et 
inflexibles  de  la  forte  que  l'Efchole  de  Democrite  fuppofe  les  Atomes  pour  leur  con- 
feruer  l'infecabilité,  laquelle  elle  croiroit  deftruitte  par  la  flexibilité  de  ces  corps. 

Pour  les  autres  Articles  de  vos  Refponfes  je  penfe  que  j'en  ferois  dauantage 
conuaincu ,  fi  j'eltois  au  lieu  où  vous  eftes.  Car  comme  j'y  aurois  plus  de  moyen 
de  vous  expofer  mes  fcrupules,  caufés  apparemment  par  la  dureté  de  mon  in- 
telligence, je  pourrois  auffi  plus  commodément  entendre  ce  que  vous  y  replique- 
riés  et  de  quelle  forte  vous  vous  expliqueries.  L'Article  où  vous  m'affurés  d'auoir 
fait  la  mefme  Expérience  auec  vn  Tuyau  fimple  fans  bouteille  au  bout  et  affés 
large  dans  lequel  l'Eau  remontée  demeure  fufpenduë  après  que  l'air  a  elle  vuide 


•s)    Voir  l'ouvrage  cite  dans  la  Lettre  N°.  908  ,  note  1. 
rt)    Consulte/,  la  pièce  N°.  970. 
")    Voir  la  Lettre  N°.  1008. 


1*6  CORRESPONDANCE.     1662. 


la  féconde  fois;  cet  Article  difje  a  efte  mieux  entendu  de  moy  qu'aucun  autre  et 
m'a  paru  le  plus  fort  contre  mon  hypothefe  et  mon  raifonnemcnt ,  lequel  me  fem- 
ble  ne  pouuoir  eftre  jufte  et  fubfifter,  fi  l'expérience  du  Tuyau  (impie  et  large  dans 
lequel  l'eau  demeure  fufpendue  après  que  lair  a  efte  vuidé,  fe  trouue  véritable 
comme  je  la  croij  maintenant.  Prenés  donc  ,  Monlîeur,  tout  ce  que  je  vous  en  ay 
dit  comme  vn  fonge  fuyui,  mais  compofe  par  vne  fantaifîe  maleclairée  et  qui  a  au 
moins  cela  de  bon  quelle  n'aime  point  aueuglement  fes  fantofmes  et  qu'elle  les 
Ibuffre  diiïiper  fans  peine  par  la  lumière  de  la  Raifon.  Quand  vous  aures  trouué  la 
refolution  du  Problème  vous  men  ferés  part  fil  vous  plaift,  afin  de  me  confirmer 
dans  cette  deffiance  de  mes  productions  propres ,  et  dans  l'eftime  ou,  pour  mieux 
dire  l'admiration  des  voftres,  qui  portent  toufjours  auec  elles  la  certitude  de  la  vé- 
rité. Il  y  a  apparence  que  vous  n'aués  pas  jugé  la  nouuelle  Inueftiue  8)  d'Eufta- 
chio  de  Diuinis  ou  de  fon  Secrétaire  digne  d'eftre  releuée,  puis  que  vous  la  laifies 
fans  la  releuer.  Si  elle  tombe  d'elle  mefme  vous  faites  bien  d'en  vfer  ainfi,  mais  fi 
elle  auoit  vne  couleur  moins  ridicule  que  la  première,  je  ne  fcay  fi  elle  deuroit  eftre 
négligée  à  caufe  de  la  nouueaute  de  voftre  Syfteme ,  qui  pourroit  eftre  efbranfié 
auprès  des  foibles,  mefme  auec  de  foibles  Machines,  tant  qu'il  ait  dafles  profondes 
racines  et  que  le  Temps  l'ait  affermi.  Mais  vous  eftes  trop  fage  pour  auoir  befoin 
de  confeil.  Cert  mon  affection  et  non  pas  ma  raifon  qui  vous  parle.  Vous  ne  con- 
fidererés  ce  que  je  vous  dis  que  fur  ce  pied  la  et  je  feray  toufjours  afîes  fatiffait  de 
vous  quand  vous  me  croirés 

MONSIEUR 

Voftre  trefhumblc  &  trefobeifïant  feruiteur 
Chapelain. 

Ayes  la  bonté  de  faire  rendre  lenclufe  a  Monficur  Voflius  et  de  lafilirer  de  mon 
feruice. 

De  Paris  ce  15.  Juin   1662. 

A  Monficur 
Monficur  Ciiristianus  Huygkns  de  Zuliciiem 
A  la  Haye. 


L'ouvrage  „Pro  sua  Annotatione."  Voir  In  Lettre  N°.  862,  note  1 


CORRESPONDANCE.     l66l.  157 


N°=  1025. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

22    JUIN    1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Sommaire.  Mariane.   Tlievenot   voyage,   demonftration  de  Fermât.  J'attends  avec  impatience.  Chambonière. 
Caroffes  ')• 

le  22  Juin   1662. 

Je  fuis  bien  aile  de  l'arrivée  de  la  Lunette  et  de  Monfieur  Amat.  Monfieur 
Chieze  n'avoit  pas  encore  eu  de  Tes  nouvelles  quand  je  le  luy  appris,  et  eut  beau- 
coup de  joie  d'entendre  comment  il  s'évertue  a  faire  une  relation  fi  exacte  de  fon 
voyage.  Afin  que  vous  connoiffiez  encore  mieux  avec  combien  de  foin  il  remar- 
qua toutes  choies ,  faites  luy  raconter  ce  qui  le  pafTa  le  jour  qu'il  fut  veoir  Honfe- 
lerdyck  avec  le  frère  de  Moggerfhil :),  fi  ce  n'eft  que  cettuicy  vous  en  ait  fait  défia 
l'hiftoire.  Le  dit  Sieur  Chieze  trouua  auffi  bien  que  moy  la  penfee  de  donna  Ma- 
riana 3)  admirable  touchant  la  figure  du  petit  tableau  et  encore  autant  celle  du  finge 
qu'elle  defire  qu'il  porte  en  croupe  pour  luy  en  faire  prefent.  Si  la  chofe  efi:  fai- 
fable  vous  pouvez  l'afiurer  qu'il  n'y  manquera  pas. 

Je  vous  remercie  des  particularitez  de  la  Lunette  de  Monfieur  de  Monconis , 
toutefois  a  fon  retour  je  fouhaiterois  que  vous  luy  demandafiiez  les  diftances  et  les 
focus  des  verres  car  c'efi:  ce  que  je  voudrais  feavoir  fur  tout. 

Si  j'eufie  voulu  j'eufTe  pu  faire  groflîr  d'avantage  les  objeéls  a  ma  petite  lunette, 
mais  elle  en  eufl:  eftè  plus  obfcure ,  et  je  trouve  que  pour  s'en  fervir  a  la  campagne 
il  faut  cette  clarté  qu'elle  a.  Il  efi;  vray  que  fi  j'eufie  eu  du  verre  fort  blanc,  j'eufie 
fait  la  lentille  un  peu  plus  convexe,  mais  je  n'ay  feeu  en  trouver,  les  grains  qui 
y  font  ne  nuifent  point  a  la  vue,  parce  que  le  convexe  efi:  fi  près  de  l'oeil  qu'il  ne 
peut  aucunement  les  apperceveoir.  En  fin  j'attens  comment  voftre  prefent  aura 


')  Ce  sommaire  se  trouve  sur  l'enveloppe  d'une  lettre  de  Lodewijk  Huygens  à  Christiaan  Huy- 
gens, sur  laquelle  celui-ci  avait  écrit  en  partie  la  minute  de  la  Lettre  N°.  1028.  Cette  enve- 
loppe, où  Lodewijk  avait  tracé  les  mots  : 

Crudele  faetta  da  pêne  et  aftanni. 

Da  pêne  et  affanni. 
porte  les  armes  de  Huygens  modifiées  que  voici: 


:)    Philips  Doublet,  fils,  mari  de  Susanna  Huygens. 
3)   Marianne  Petit. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


reuffi,  mais  avec  plus  d'impatience  quelle  fera  la  refpon le  du  Roy  aux  dernières 
remonftrances  4j)  del  Signor  Padrc  que  pour  vous  dire  la  vérité  je  ne  me  figure  pas 
fort  favorable,  puis  qu'une  fois  ils  ont  avancé  ce  prétexte  de  l'intereil  de  la  Re- 
ligion. 

Monfieur  Voffius  m'ellant  venu  veoir  hier  et  devant  partir  incontinent  après 
pour  Utrccht  ou  il  a  des  affaires  me  dit  que  fans  cela  il  fe  feroit  donné  l'honneur 
d'eferire  a  Monfieur  Thevenot  pour  luy  apprendre  qu'il  fait  copier  pour  luy  -s) 
un  voyage  des  Indes  Orientales  ")  d'un  nommé  Pelfer  r)  qui  y  a  demeuré  fort 


4)  Il  s'agit  delà  restitution  de  la  principauté  d'Orange;  voir  les  Lettres  N°.  812,  note  21,  et 
N°.  1030,  note  5. 

5)  En  effet,  Thevenot  a  inséré  un  extrait  de  ce  voyage  dans  son  ouvrage: 

Relations  de  divers  Voyages  evrievx,  qvi  n'ont  point  efté  pvbliees;  ov  qvi  ont  elté  tra- 
dvites  d'Haclvyt,  de  Purchas,  &  d'autres  Voyageurs  Anglois,  llollandois,  Portugais,  Alle- 
mands, Efpagnols;  et  de  qvelqves  Perfans,  Arabes, et  avtres  Auteurs  Orientaux.  Enrichies 
de  Figures  de  Plantes  non  décrites,  d'Animaux  inconnus  à  l'Europe  &  de  Cartes  Géographi- 
ques de  Pays  dont  on  n'a  point  encore  donné  de  Cartes.  Première  [2*  et  3e]  Partie.  A  Paris, 
De  l'Imprimerie  de  Jacqves  Langlois,  Imprimeur  ordinaire  du  Roy,  au  Mont  Sainte  Gene- 
uiefue;  Et  en  la  Boutique  à  l'entrée  de  la  grande  Sale  du  Palais,  à  la  Reyne  de  Faix.  Chez 
Gafpard  Metvras  Père  &  Fils,  à  la  Trinité,  Simon  Piget,  à  la  Prudence,  Emanvel  Langlois, 
à  la  Reyne  du  Clergé,  rue  Saint  Jacques.  Thomas  Iolly,  dans  la  Gallerie  des  Merciers,  à  la 
Palme,  &  aux  Armes  de  Hollande,  &  Lovys  Billaine,  au  second  Pilier  de  la  grand'  Salle,  à 
la  Palma  &  au  Grand  Cefar,  au  Palais,  mdci.xiii.  Avec  Privilège  dv  Roy  III  Vol.  in-folio. 

Le  Volume  II  eft  de  1664,  le  Volume  III  de  1666. 
rt)   Dans  le  Vol  II  de  l'ouvrage  mentionné,  on  trouve 

Tres-hvmbles  Remonftrances  qve  François  Pelfart,  principal  fadeur  de  la  Compagnie  Hol- 
landoife  des  Indes  Orientales,  pre  t'en  te  aux  Direftcurs  de  cette  mefme  Compagnie,  fur  le 
fujet  de  leur  commerce  en  ces  quartiers  là;  auec  fou  aduis  de  la  manière  dont  ils  le  doiuent 
continuer  à  l'aduenir  fondé  fur  la  connoiffanec  qu'il  a  acquife  de  ce  pays  en  fept  années  de 
voyage  de  temps  qu'il  y  a  demeuré  Ck  fait  leurs  affaires. 

On  ne  connaît  pas  d'édition  hollandaise  de  cet  écrit.  Du  reste,  Thevenot  a  encore  public, 
dans  le  même  recueil,  un  extrait  d'un  autre  voyage  de  Pelsaert,  dont  le  titre  hollandais  est: 

Nieuwe  en  vermeerderde  Ongeluckige  Voyagie  van  't  Schip  Batavia  nac  de  Ooft-Indien. 
(  îeblcven  op  de  Abrolhos  van  Frederick  I  Ioutman  ,  op  de  hooghte  van  28V3  £raet?  by-Zuy- 
den  de  Linie  Aequinoctiael.  Uytghevaren  onder  den  B.  Francoys  Pelfaerr.  Vervatende ,  foo 
't  verongelucken  des  Schips,  als  de  grouwelijcke  Moorderyen  onder 't  geberghde  Scheepf- 
volck ,  op  't  Eylandt  Bataviaes  Kerckhof  voorgevallen ,  nevens  de  Straffe  de  I  [andtdadighers 
overghekomen.  Gefchiedt  in  de  jaren  1628  en  1629.  Als  mede  de groote  Tynmnye  van  Abas, 
Koninck  van  Perfien,  Anno  1045.  begaen  aen  fijn  grootfte  Heeren  des  Rjjcks,  in  fijn 
Konincklijk  I  lof  tôt  Efpataan  Ailes  dooreen  Liefhebber  uyt  verfcheyde  Schriften  tefamen 
ghellelt,  ende  tôt  waerfchouwinghe  aller  derwaerts  varende  Perfoonen,  in  't  lichtgegeven; 
ooek  met  veel  fchoone  kopere  Platen  verrijekt.  lui  nu  in  defen  tweedeu  Druck,  wel  cen 
derde  deel  verraeerdert.  Tôt  Amfterdam.  Voor  Jan  Janfz.  Anno  1648.  in-40. 
François  Pelsaert,  natif  d'Anvers,  ét-iit  capitaine  de  vaisseau  de  la  Compagnie  des  Indes 
Orientales,  dont  plus  tard  il  devint  le  principal  facteur. 


CORRESPONDANCE.     l66l 


159 


long  temps  et  deferit  très  particulièrement  tout  le  dedans  du  pais;  ne  pouvant 
recouurer  la  Relation  Chinoife,  non  plus  que  Monfieur  van  Beuningen. 

Voicy  la  demonitration  8)  de  Monfieur  Fermât  que  je  vous  renvoie  qui  eil  fort 
bonne  et  fubtile,  mais  les  principes  qu'il  fuppofe  pour  la  réfraction ,  qui  ne  regar- 
dent pas  la  géométrie  mais  la  phyfique  ne  font  point  du  tout  certains ,  fed  plane 
precaria. 

Qu'aprenez  vous  touchant  le  livre9)  de  Voflius,  je  dis  de  ces  Cartefiens,  qui 
tefmoignoient  avoir  fi  grande  envie  de  le  réfuter?  Je  voy  qu'il  elt  fort  empefchè  de 
quelque  14  ou  15  objections  que  Monfieur  de  Wit  le  Pcnfionnaire  luy  a  mifes  par 
eferit ,  aux  quelles  il  fera  obligé  de  refpondre  de  mefme  et  s'embarafîèra  aflure- 
ment  de  plus  en  plus. 

Je  viens  de  recevoir  un  nouveau  livre  IO)  de  Hevelius  qui  contient  fon  obfer- 
vation  de  Mercure  dans  le  0.  et  celle  d'un  Anglois  Jeremias  Horroxius  de  Venus 
dans  le  0  que  je  luy  ay  fait  avoir,  de  plus  quelques  obfervations  de  Parelies  et 
Parafelenes  pour  les  quelles  j'avois  extrêmement  defirè  de  l'avoir.  Je  m'enquer- 
ray  s'il  y  a  défia  des  exemplaires  chez  les  libraires  a  Amfterdam  pour  en  achepter 
pour  Monfieur  Petit  ")  car  a  moy  il  n'en  a  envoyé  qu'un.  Adieu. 

Monfieur  Chapelain  m'eferit  la  plus  douce  et  obligeante  lettre  I2)  du  monde , 
et  entre  autres  fait  mention  de  ma  machine  pour  les  verres ,  il  faut  donc  que  vous 
luy  en  ayez  parlé,  dont  je  fuis  marry.  Nous  croions  maintenant  eftre  afliirez  de 
noftre  art  fans  cette  aide. 


8)  Voir  la  pièce  N°.  992. 

9)  „De  lucis  natnra  et  proprietate."  Voir  la  Lettre  N°.  907 ,  note  4. 

10)  Mercnrius  in  Sole  visus.  Voir  la  Lettre  N°.  872 ,  note  5. 
")  Consultez  la  Lettre  N°.  1012. 

I2)  Voir  la  Lettre  N°.  1024. 


l6o  CORRESPONDANCE.     \66l. 


N=   1026. 

M    Thevenot  à  [Christiaan  Huygens]. 

11   JUIN    [1662.] 
La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

ce  11  Juin. 
Monsieur 

Lon  ma  rendu  auant  hier  la  lettre  cy  Jointe  *)  que  Monfieur  Ricci  vous  écrit. 
elle  eftoit  accompagnée  d'vne  autre  du  mois  de  Janvier,  c'eft  vne  choie  allez  ordi- 
naire aus  lettres  d'italie  de  courrir  ces  fortunes. 

Je  ne  fcay  fi  la  dernière  2)  que  Je  me  fuis  donné  l'honneur  de  vous  écrire  il  y  3) 
quelques  fix  femaines  en  a  couru  vne  femblable  mais  touiiours  Je  vous  fuppliray 
icy  de  me  dire  ce  que  ceft  qu'vn  difcours  de  la  médecine  de  ceus  du  Japon  que 
Monfieur  Pifo  4)  dit  auoir  ueu  entre  les  mains  de  Monfieur  Caron  s)  et  fi  on  ne 
fcauroit  auoir  de  communication  de  ce  difcours  et  d'vn  nombre  infiny  de  belles 
chofes  de  cette  nature  quil  en  a  raporté. 

Toute  voftre  maifon  receuera  de  frequantes  Importunites  de  moy  fur  ces  ma- 
tières mais  ie  vous  ferois  ces  prières  encore  plus  hardiment  fi  vous  me  failles  lhon- 
neur  de  m'emploier  icy  dans  les  chofes  de  voftre  feruice  cftant 


Monsieur 


Voftre  Très  humble  &  très  obeiflant  feruiteur 

Theuenot. 


')    Voir  l'Appendice  N°.  1027. 
:)    Voir  la  Lettre  N°.  1009. 

3)  Intercalez:  a. 

4)  Willem  Piso,  (ils  de  Hermanus  Piso,  organiste  de  l'église  de  St.  Paneras  à  Leiden,  et  de  Cor- 
nelia  van  Liesveldt,  né  à  Leiden  en  161 1  et  mort  à  Amsterdam  en  novembre  1678,  fut 
inscrit  comme  étudiant  en  médecine  à  Leiden  en  1623.  Créé  docteur  en  médecine  le 
4  juillet  1633  à  Caen,  il  fut  envoyé  en  1637  par  la  Compagnie  des  Indes  Occidentales  au 
Brésil  comme  médecin  ordinaire  du  Gouverneur  Joan  Maurits  van  Nassau  ,  et  comme  chef  du 
service  médical  des  Indes  Occidentales.  Retourné  en  Européen  1644,11  fut  inscrit  de  nouveau 
à  l'Université  de  Leiden ,  en  mars  1645,  sous  le  titre  de  „Med.  Dr.  inserviens  Comiti  II- 
luftriffimo  Mauritio."  En  164H  il  s'établit  comme  médecin  à  Amsterdam,  où  il  épousa, 
le  Kr  septembre  1648,  Constantia  Spranger,  fille  du  riche  négociant  Uommaert  Spranger. 
De  1655  à  i(>7o  il  fut  inspecteur  du  Collcgiuni  Medicum,  et  enrichit  le  Theatrum  Ana- 
tomicum  de  plusieurs  raretés  Brésiliennes.  Il  est  célèbre  pur  ses  travaux  sur  l'histoire  natu- 
relle et  la  médecine  des  Indes  Occidentales. 

5)  Sur  François  Caron  voir  la  Lettre  N°.  924,  note  2. 


CORRESPONDANCE.     l66l.  l6l 


Moniteur  Ricci  menuoie  vne  autre  copie  de  lapollonius  5)  de  Florence  je 
m'attribue  tous  cens  que  le  prince  m'auoît  envoiez  mais  celuy  de  Monfieur  Ricci 
fera  pour  uous  fi  uous  nen  auez  receu , 

Je  nay  plus  aucune  nouuelle  de  la  continuation  de  l'aparence.  Jay  peur  que  vous 
ne  me  voulies  punir  de  l'incrédulité  de  la  dernière  7)  ce  feroit  bien  iniuftement 
car  ie  fus  de  ceux  qui  fouilinrent  quil  falloit  que  la  chofc  fut  telle  que  vous  lauies 
écrite  et  Monfieur  van  beuning  qui  eft  maintenant  ches  uous  nous  doit  faire  a  tous 
cette  iuftice  de  nous  en  rendre  témoignage  car  ce  fut  luy  prefque  tout  feul  qui  en 
douta  et  il  eft  trop  galant  homme  pour  ne  nous  pas  rendre  cet  office  et  ce  témoig- 
nage tout  enfemble. 

On  vous  aura  écrit  d'Angleterre  vne  nouuelle  manière  de  Pompe.  Je  ne  fcay 
fi  elle  n'auroit  point  de  raport  auec  celle  que  Je  vous  difois  par  le  moien  de  la 
poudre. 


N=   1027. 

M.  A.  Ricci  à  [Christiaan  Huygens]. 

30    JANVIER     1662. 

Appendice  au  No.   1026. 

La  lettre  se  trouve  à  Lciden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  843. 

Illuftriflîmo  Signore  Mio  e  Padrone  Colendiffimo 

Quand'  io  credeuo  di  riceuer  la  nuova  che  foflero  le  mie  lcttere  capitate  à  Voftra 
Signoria  Illuftriflîma,  e  che  quivi  auefle  ueduta  l'efibizione,  che  le  faceuo,  délia  mie 
diuotiflima  fervitù;  fento  dal  Signor  Teuenot  mio  riueritiflimo  Signore,  che  '1  cor- 
rifpondente  di  Parigi  le  abbia  fmarrite  infieme  col  piego  del  medefimo  Signor  Te- 
uenot ,  al  quale  per  maggior  ficurezza  le  aueuo  indirizzate.  Cofi  mi  duole  gran- 
demente  di  ueder  andato  in  nulla  il  mio  difegno,  e  con  la  lunghezza  del  filentio 
d'auer  data  occafione  a  Voftra  Signoria  Illuftriflîma  di  ragioneuolmente  dubitare 
di  qualche  mia  trafeuraggire.  Spero  tuttauia  nella  benignità  fua;  e  per  la  cogni- 
zione  che  le  auranno  data  di  mè  i  Signori  Teuenot,  Slufio,  e  Ghiflbni  ') ,  mi  per- 


6)    Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  536,  note  2. 
■)    Voir  la  Lettre  N°.  999. 


')    Pierre  Guisony.  Voir  la  Lettre  N°.  655 ,  note  3. 

Œuvres.  T.  IV.  01 


\6l  CORRESPONDANCE.     1662. 


fuado,  che  Voftra  Signoria  IlluftriiThna  aura  interpretato  in  buona  parte  qùefto 

accidente:  impercio  che  non  è  perfona  al  mondo  più  di  mè  riuercnte  ail'  altrui 
virtù,  e  che  nutriica  lï  grati  fentimenti  di  ofTequio  uerfo  gli  amoreuoli miei  Pa- 
droni,  che  mi  fanno  grazia  et  onore,  corne  Voftra  Signoria  llluitriflima;  e  pero 
fono  molto  lontano  dal  commettere  un  cal  mancamento.  Sb  la  uiuacità  dcl  iuo  in- 
gegno;  fo  la  di  Ici  gentilezza,  la  fua  condizione,  e  la  fua  dottrina  dclla  t'ama  non 
meno  che  dalT  atteftazione  dei  fudetti  ce  altri  Signori;  fî  che  mi  lento  eccitare 
nell'  animo  un  ambizîofo  defiderio  d'auer  l'onore  di  eflère  Iuo  Servitore  accetto;  c 
perche  Voftra  Signoria  lllultrilïima  me  lo  t'eee  fperare  con  la  gentilifiima  fua 
lettera :),  io  fono  à  rendergliene  le  douute  grazie,  et  à  fupplicarla  dclla  continua- 
zione  de"  Iuo  fauori,  cioc  de"  fuoi  comandamenti,  nell'  efccuzione  de1  quali  io 
pofla  far  apparire  la  t'orza  délia  mia  grata  et  umile  ofleruanza  verfb  di  Ici. 

La  fupplico  anche  taluolta  di  qualche  raguaglio  de'  fuoi  ihidj ,  tanto  più  che  mi 
accenna  il  Signor  Tevenot  un  non  fô  che  di  nuouo  da  Voftra  Signoria  Illuftriffima 
oiTèruato  in  Saturno.  A  Fiorenza  que'  Signori  follecitano  la  ltampa  degli  cfperi- 
menti3)  naturali  fatti  nell1  Accademia  del  Sereniffimo  Signor  Principe  Lcopoldo, 
e  ftimo  che  tarderanno  poco  ad  ulcirc  in  luce.  Altro  non  mi  occorre  per  ora, 
ma  fenza  più  mi  conferrao 

Del  Voftra  Signoria  [lluftriflima 

Devotillimo  et  Obbligatillimo  Servitore 
Michel  Angelo  Ricci. 

Konm  le  30  Gennaio   1662. 


(  on  ultez  in  Lettre  N' .  843, 

<  'et  ouvrage  c^r  décrit  dans  la  Lettre  N°.  1000,  note  5. 


CORRESPONDANCE.    1662.  I  63 


N=  1028. 

Christiaan  Huygens  à  N.  Heinsius. 

26    JUIN     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Burman, 

La  minute  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Elle  est  la  réponse  aux  Nos.   1000  et  1019.     Heinsius  y  répondit  le  13  novembre  1662. 

Sommaire:  Rcuiiingen.  Soror.  parclien  ah  Hevelio.  Apollonius.  Vollius. 

Nicolao  Heinsio  Viro  Jlluftriflimo  Chr.  Hugenius  S. 

Sura  profeéto  in  referibendo  aequo  fegnior  mi  Heinfî,  ac  praefertim  ubi  femel 

procraftinare  coepi.  cur  vero  non  illico  ad  tuas  illas  priores  29  Martij  datas  rel- 
ponderim,  ipfae  caufam  pracbuere,  dum  non  bene  intelleclo  paucorum  fenfu  ver- 
borum,  aliam  e]'ufdem  Holmenfis  phaenomeni  piéturam  brevi  me  expeétare  tejuf- 
fiiïe  credidi.  De  illa  enim  quam  mittebas  piéhira  diétum  videbatur  minus  exaétè 
expreiTam  e(Te,  ac  proinde  aliam  denuo  vivis  coloribus  te  deferibendam  mandaflè. 
Et  fane  vivos  colores  in  circulis  et  circulorum  partibus  defiderabam ,  quos  in  phae- 
nomeno  obfervatos  fui  (Te  credibile  eit.  Nunc  autem  opinor  prae  vetuftate  in  pro- 
totypo  obliteratos  evanuiflè,  vel  forfan  Ilolmenfes  ilti  Parrhafij  ')  minima  hacc  imi- 
tari  non  curant.  Caeterum  tibi  quantum  debeam  pro  navata  bac  in  re  opéra  femper 
grata  recordatione  compleclar ,  neque  id  indictum  iinam  in  bis  quae  de  argumento 
illo  prae  manibus  habeo ,  ubi  cum  reliquis  febematibus  etiam  baec  bina  quae  a  te 
habeo  erunt  exbibenda.  Utinam  vero  certior  fieri  poflem  nunquid  in  ijs  imperite 
atque  incuriofe  ab  obiervatoribus  deferiptum  iit.  Nam  in  priore  quod  Mouche- 
ronio  2)  acceptum  fers  vix  dubito  quin  pofitum  colorum  perverterint  in  binis  ar- 
cubus  quorum  alter  lunulam  tangit,  alter  illo  paulo  bumilior  circulo  albo  incum- 
bit.  Puniceus  enim  in  utroque  inferiorem  occupare  marginem  debuerat  uti  mea 
fert  opinio.  Roga  itaque  illum  quaefo  ut  ab  obfervatore  ipib,  fi  in  vivis  eit,  re- 
feifeat  an  talem  fui  (Te  colorum  difpoiitionem  liquido  illi  conilet,  nam  plurimum 
hac  in  re  eft  momenti.  Tertium  porro  phaenomenon  Pragae  animadverfum  in 
quo  cruces  aliquot  apparuere  fi  a  piclore  petieris  magnopere  me  demereberis; 
cupio  enim  conferre  cum  illo  Heveliana  quaedam  quae  nuper  nunc  edidit  una 
cum  Mercurio  in  Solis  difeo  fpeclato,  quem  librum  3)  nefeio  an  adbuc  videris. 
Voiïij  de  Luce  dilfertatio  4)  paucos  omnino  approbatores  habet,  jamque  Carte- 
fiani  aliqui ,  ut  iple  mibi  retulit,  magno  animo  adverfum  infurgunt  ac  refuta- 
tionem  moliuntur,  alij  ne  bac  quidem  dignam  cenfent.   Plurimum  vero  negotij, 


')  Huygens  applique  aux  peintres  de  Stockholm  le  nom  du  peintre  grec  Parrhasius 

:)  Voir  la  Lettre  N°.  1000,  note  2. 

J)  Mercurius  in  Sole  Visns.  Voir  la  Lettre  N°.  872  .  note  5. 

4)  Ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  907  ,  note  4. 


164  CORRESPONDANCE.    1662. 


ut  video,  ci  praebcnt  objeftiones  aliquot  a  Domino  de  Wit  Penfionario  noftro 
in  chartam  conjeclae,  nec  profefto  video  quomodo  le  expediturus  fit.  Antepau- 
cos  dies  Amftelodamum  proficifcenti  dedi  in  mandatis  ut  apud  Elievirium  in- 
quireret  de  Apollonij  Conicis  5)  quorum  exemplaria  a  Sereniflimo  Principe  Leo- 
poldo  nobis  donata  fcribis,  an  autem  falva  pervenerint  necdum  icio.  Magno 
cquidem  videndi  ejus  operis  dcfiderio  teneor  at  majore  etiamnum  ut  in  lucem  pro- 
deat  volumen  obiervationum  naturalium  6)  quod  ab  eodem  Sereniflimo  Principe 
promitti  è  tuis  primum  literis :)  didici.  De  Ampliflimi  Beuningij  reditu  ipfe  icio  te 
certiorem  reddidit.  mihi  femel  tantum  adhuc  cum  illo  colloqui  contigit,  ac  paulo 
poft  Amftelodamum  difceflit.  Dignum  admiratione  ac  laude  in  hoc  viro  quod 
maximis  in  republica  obitis  muneribus  negotijfque  nihilo  inrlatior  inde  revertitur , 
fed  ut  ante  comis,  facilis  hilarifque  ac  plane  idem  femper  apparet.  Quemnam 
exitum  habiturum  fit  negotium  parenti  meo  commifTum  adhuc  non  liquet,  nifi 
quod  détériora  fere  auguramur  pollquam  contenderc  Rex  caepit  ut  Praefefhim 
Araufionenfem  qui  Romanae  fidci  addiftus  fit  Princeps  conltituat;  quandiu  enim 
hoc  fui  e(Te  arbitrij  volet,  perinde  eft  ac  fi  reftituere  ablatam  pofTeflïonem  abnuat 8). 

De  forore  carifllma  recentcm  luctum  9)  intempeftiva  interpellatione  renovare 
metuo  quem  profefto  graviflimum  contigifle  fatis  exiftimare  potui  quod  et  unica 
et  abfens  interijt.  Faxit  Deus  ut  quam  diutiflîmè  illi  fuperftes  vivas ,  falvufque  no- 
bis aliquando  ab  exilio  ifto  revertare. 

Vale.  Ad  Wallium  IO)  literas  tuas  deferri  curavi,  caetcrum  neque  illum  nec 
Clariffimum  Friquctium  ")  jam  diu  non  vidi.  Zelemius  frater  ::)  te  falvere  jubct 
plurimum. 


Dabam  16  Junii  1662. 


l  luvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  536,  note  2. 
Cet  ouvrage  est  mentionné  dans  la  Lettre  N°.  1000,  note  5, 
<  lonsultez  la  Lettre  N°.  1000. 
x)   Consultez  les  Lettres  N°.  812,  note  21,  et  N°.  1030. 

''  )    Elisabeth  Heins,  fille  de  Daniel  Ileinsius  etd'Enngard  Ru tgers,  naquit  le  27  août  1618  et 
mourut  au  commencement  de  1662  à  la  I  [aye.  Elle  épousa 

Willem  Goes,  né  à  Leiden  en  1601  et  mort  à  la  Haye  le  1 5  octobre  1686.  Il  futfonseiller 
de  Leiden  et  plus  tard  de  la  Cour  de  Hollande.  Jurisconsulte  de  talent,  il  avait  une  grande 
influence  politique. 

1  sur  Adrianus  van  der  Walle,  voir  la  Lettre  N°.  522,  note  8. 
1  1  Voir  la  Lettre  N°.  776,  note  16. 
I2)  Constantyn  Huygens. 


CORRESPONDANCE.    1662.  165 


N=   1029. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

29    JUIN     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Le  29  Juin    1662. 

Je  puis  juger  a  peu  près  maintenant  de  la  force  des  lunettes  de  Monfieur  Petit , 
et  je  vous  aïïure  que  la  miene  de  1 2  pieds  vaut  bien  d'avantage.  La  me  fine  figure 
de  Saturne  que  vous  me  peignez  a  elfe  obfervee  par  GafTendi  et  autres ,  et  j'ay 
expliqué  dans  mon  fyfteme  comment  elle  le  raporte  a  l'hypothefe  de  l'anneau , 
a  feavoir  en  fubllituant  au  lieu  des  2  taches  qui  font  dans 
l'ovale,  deux  demilunes  ainlî.  car  alors  cela  fait  la  phafe  que 
j'obferve  maintenant.  Le  fatellitc  fe  voit  afTez  difficilement, 
me  fine  avec  mes  grandes  lunettes ,  c'efl:  pourquoy  je  ne 
m'eftonne  pas  que  le  dit  Sieur  le  cherche  en  vain  avec  les 
fienes.  11  ne  s'eclipfe  pourtant  jamais  derrière  Saturne  en  ce  tems  icy ,  parce  qu'il 

._  parcourt  a  l'entour  de  luy  une  ellipfe  comme  cela. 

La  grande  ouverture  que  nous  donnons  a  ces  longs 

(  eau  ;       telefcopes  ne  diminue  rien  de  leur  multiplication,  de 

y'        forte  que  l'on  y  voit  la  lune  tout  entière  et  de  la  gran- 

deur  qu'auparavant. 

J'iray  veoir  le  couiin  Caron  ')  exprès  pour  feavoir  ce  que  c'efl:  que  ce  livre  de 
la  médecine  de  Japan  pour  le  quel  il  2)  tefmoigne  avoir  tant  de  curiofitè.  La  let- 
tre Italienne3)  eftoit  un  compliment  d'un  Monfieur  Ricci  a  qui  j'avois  eferit  4) 
eftant  a  Paris.  Monfieur  Thevenot  m'offre  5)  l'exemplaire  d'Apollonius,  qu'il  luy 
envoie,  mais  je  l'en  remercieray,  parce  qu'avant  hier  j'ay  receu  celuy  que  le 
Prince  Leopold  m'a  adrefTè. 

Voila  derechef  un  bel  embaras  dans  l'affaire  d'Orange,  il  faut  que  ce  foit  une 
mefehante  canaille,  et  ces  Meilleurs  du  Parlement  font  aufîl  de  bonnes  belles  de 
vouloir  faire  les  protecteurs  de  la  Religion  dans  la  conjoncture  prefente.  Il  y  a  de 
l'apparence  a  ce  que  dit  Monfieur  Chaife,  qu'ils  font  tout  cela  exprès  pour  exciter 
de  nouvelles  brouilleries. 

Je  ne  puis  m'imaginer  ce  que  vous  voulez  dire  par  cette  commiflîon  que  m'au- 


x)  Voir  la  Lettre  N°.  924,  note  2= 

-)  Huygens  parle  ici  de  M.  Thevenot.  Consultez  la  Lettre  N°.  1026. 

*)  Voir  la  Lettre  N°.  1027. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  843. 

•s)  Consultez  la  Lettre  N°.  1026. 


1  66  CORRESPONDANCE.     1662. 


roit  donne  Mademoifelle  de  Niveen  6)  touchant  Mademoi Telle  Ide  r).  Je  n'en  ay 
point  receu  ou  bien  j'ay  perdu  tout  entièrement  la  mémoire.  Je  Tcauray  pourtant 
bientoft  ce  qui  en  ell. 

Nous  allons  difner  a  Hofwijck  avec  les  i  Tantes  et  il  Signor  Chiefe ,  qui  ell 
icy  preTentcment  a  mon  cofte  a  vous  eferire  et  le  fera  court  comme  moy  s'il  luy 
plaît  car  ma  Coufine  8)  crie  délia  qu'on  viene. 


N=   1030. 

Christiaan  Huygens  a  [Lodewijk  Huygens]. 

6    JUILLET     1662. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  ce  6  Julii  1662. 

La  nouvelle  que  vous  me  mandez  de  la  mort  du  jeune  Monbrun  ')  n'eft  pas  au- 
thentique a  ce  que  m'a  dit  Monfieur  de  La  Lecke  2)  qui  vient  nouvellement  de  ce 
pais  la ,  et  dit  qu'il  y  a  eu  un  bateau  renverfè  près  de  Hampton  court  ou  il  y  au- 
roit  péri  du  monde ,  mais  que  Monbrun  n'y  a  pas  elle. 

Que  voudriez  vous  que  je  vous  enfle  eferit  de  ma  commiflion  de  Zulichem,fi 
non  que  je  regrettafîe  que  vous  n'eftes  pas  icy  pour  y  aller  en  ma  place,  vous 
qui  connoiflez  mieux  et  les  affaires  et  les  perfonnes  en  ce  quartiers  là  que  moy. 

Ne  croyez  pas  pourtant  que  je  m'y  en  aille  pour  faire  long  Tejour,  car  ce  n'ell 
que  pour  ces  affaires  du  procès  dont  on  nous  menace,  et  pour  veoir  fi  par  la  confé- 
rence nous  potirons  l'éviter.  De  la  j'iray  a  Bolduc,  ou  j'ay  a  faire  dans  la  verrerie3), 
et  aufli  pour  veoir  le  Haenwijck  4)  ou  je  n'ay  pas  eftè  depuis  que  la  fontaine  y  eft. 

Elisabeth  Maria  Musch. 
r)    Ida  van  Dorp,  que  Ton  rencontre  souvent  dans  cette  correspondance. 
a)    Catharina  Suerius. 

')  Montbrun  de  Sous-Carrière  était  fils  naturel  de  Roger  de  Saint-Lary  et  de  Termes ,  duc  de 

Bellegarde  (1563 — 1646).  Il  naquit  vers  1630,  et  introduisit  les  chaises  à  porteurs. 
2)    Maurits  Lodewijk  van  Nassau  la  Lecq  (voir  la  Lettre  N°.  863,  note  8). 

Ce  fil!  en  1656  que  Willem  van  Bree  et  Henry  Bouchon  demandèrent  et  obtinrent  des  Ma- 
gistrats de  Bois-le-Duc  octroi  et  privilège  pour  la  fondation  d'une  verrerie,  qui  continua 
de  travailler  pendant  plus  d'un  siècle:  elle  fournit  à  la  ville  quantité  de  bocaux  destinés  à 
être  offerts  à  des  personnes  illustres. 

Willem  van  Bree  était  marchand  établi  a  Bois-le-Duc. 

Henry  Bouchon  venait  de  l'étranger,  et,  à  l'occasion  du  susdit  octroi,  le  Boortcrschap 
(droit  de  bourgeoisie)  de  la  ville  lui  fut  donné. 
I  laenwïjck  .  alors  la  maison  de  campagne  de  la  famille  Suerius,  est  située  près  de  Bois-le  \ï\\<:. 


CORRESPONDANCE.    1662.  I  6" 


Monfieur  Chieze  s'eftonne  fort  que  vous  no  luy  eicrivez  rien  après  que  par 
voftre  dernière  vous  luy  avez  donne  tant  d'inquiétude  par  la  nouuelle  du  voiage  de 
ces  dames,  et  croit  qif  afTurement  on  luy  a  voulu  jouer  pièce. 

Monfieur  d'Armainvilliers  ?)  avoit  nouuelles  la  femaine  paflee  de  Monfieur  Ton 
frère  qu'il  ne  doutoit  pas  que  la  reftitution  d'Orange  ne  fe  fit  dans  peu  de  jours rt) , 
ce  qui  ne  s'accorde  point  de  tout  avec  ce  que  vous  m'en  efcrivez  a  cet  heure.'  Je 
croy  que  cet  article  de  la  Catholicité  du  gouverneur  aura  de  la  peine  a  paflèr 
auprès  de  Monfieur  l'Elecleur  de  Brandebourg,  car  enfin  ce  n'eft  pas  rendre  au 
Prince  la  fouverainetè  que  de  la  rendre  avec  cette  contrainte.  J'entens  qu'on  parle 
icy  d'y  mettre  un  Lieutenant  au  lieu  de  Gouverneur,  (bus  prétexte  de  ménage, 
mais  il  y  en  a  qui  croient  qu'on  a  d'autres  viiees.  Adieu. 

Je  fouhaite  que  vous  foiez  derechef  a  Paris  par  ce  que  là  vous  avez  plus  ample 
matière  de  nouvelles. 


N?  103 1. 

CllRISTIAAN    HUYGENS    h    [LODEWIJK    HuYGENs]. 

13    JUILLET    1662. 

I.a  lettre  et  lu  cnf>ie  ne  trouvent  h  Laden ,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  ce   13  Julii   1662. 

Je  trouve  vollre  petit  voyage  fort  agréable  après  en  avoir  vu  chez  Sus  :)  toute 
la  relation.  Voila  bien  de  belles  chofes  que  vous  avez  vues  en  3  jours ,  et  qui 


;)    Maximilien  de  Berringau.  Voir  la  Lettre  N°.  744,  note  17. 

')  Cette  restitution  n'eut  lien  que  le  21  mars  1665,  quoiqu'elle  eut  été  décidée  le  31  décembre 
1664  entre  Louis  XIV  et  Constantyn  Huygens,  père  ,  après  une  opposition  sans  tin.  Mais, 
durant  cette  période,  les  Catholiques  et  surtout  les  Jésuites  s'emparèrent  du  pouvoir  et  firent 
subir  aux  habitants  bien  des  injustices  et  cruautés.  A  ce  sujet  a  paru  l'écrit  : 

Les  Larmes  de  Jacques  Pineton  de  Chambrun  Pasteur  de  la  Maison  de  Son  Altesse  Sere- 
nissime  de  l'Eglise  d'Orange,  &  Professeur  en  Théologie.  Qui  contiennent  les  Persécutions 
arrivées  aux  Eglises  de  la  Principauté  d'Orange,  depuis  l'an  1660.  La  chute  &  le  relèvement 
de  l'Auteur.  Avec  le  Rétablissement  de  S.  Pierre  en  son  Apostolat,  ou  Sermon  sur  les 
paroles  de  Nôtre  Seigneur  Jesus-Christ  selon  S.Jean  Ch.  xxi.v.  xv.  A  la  Haye,  chez  Henry 
van  Bulderen,  Marchand  Libraire  dans  le  Pooten,  à  l'Enseigne  de  Mezeray.  mdclxxxviii. 
in-id°. 


')    Sus(zuster)  signifie:  sœur.  C'est  Madame  Susanne  Doublet.  Voir  la  Lettre  N°.  197,  notc 


l68  CORRESPONDANCE.    1662. 


fans  douce  vous  caulent  un  grand  mefpris  pour  tout  ce  qu'il  y  a  de  choies  de 
cette  forte  dans  la  Patrie.  J'euflè  voulu  veoir  madame  Louife  -)  dans  Ion  habit 
clauitral  et  faifant  la  charge  de  Portière  :>).  Au  refte  la  converfation  fur  le  fujeét 
du  pendule  a  eftè  tort  plaifante.  voila  des  mauvais  pas  ou  le  met  le  bon  Signor 
Padre  pour  en  prefeher  avec  tant  d'affection  les  vertus.  De  Saturne  il  n'en  eft  pas 
de  mefrae,  car  il  en  peut  parler  en  toute  lecuritè  fans  craindre  des  (emblables  in 
convenients.  Ce  parentage  ne  luy  eft  aucunement  a  charge,  et  luy  fait  honneur, 
comme  vous  avez  pu  juger  par  la  révérence  du  Sieur  Thaumaftc  4)  l'Anglois. 

J'attens  encore  des  nouuelles  de  chez.  Madame  de  Brederode  s),  pour  feavoir 
quand  je  me  doibs  rendre  a  Zulichem.  Il  me  femble  que  de  fon  collé  on  ne  prefTe 
pas  fort  l'affaire ,  et  du  noftre  je  ne  voy  pas  auffi  fujedl  de  la  hafter,  pourveu  qu'ils 
s'abftienent  de  rebaftir  l'ouvrage  que  nous  avons  démoli.  J'ay  eferit  a  van  Gende- 
ren  6)  d'y  prendre  garde  et  de  nous  en  advenir.  Mon  Père  aura  ri  fans  doute 
que  j'ay  nommé  Dirck  Janfz  r)  le  Secrétaire  pour  un  des  médiateurs  de  noftre 
cofté ,  qui  eft  en  l'autre  monde  il  y  a  plus  d'un  an ,  comme  j'ay  apris  depuis.  C'eft 
en  effecT:  eftre  bien  informé  des  affaires,  mais  vous  feaurez  que  le  Sieur  de  Zeel- 
hem  s)  y  a  eftè  trompé  aufli  bien  que  moy. 

Je  luy  ay  communiqué  voftre  apologie  touchant  la  defpenfe  comme  il  m'a  auffi 
fait  part  cy  devant  de  ce  que  Mon  Père  luy  en  a  eferit,  en  quoy  n'ayant  jamais 
trouve  qu'il  eut  grand  fuject  de  fe  plaindre  j'ay  mis  ces  remonftrances  au  rang  de 
celles  que  tant  de  fois  nous  avons  écoutées  en  cas  pareil.  En  tenant  bon  compte, 
comme  jufqu'icy  vous  avez  fait,  cela  vous  juftifiera  toufjours  affez,  et  le  frère  dit 
que  délia  il  en  a  eferit  a  Mon  Père  pour  luy  faire  comprendre  qu'il  n'y  avoit  pas 
encore  a  redire  a  voftre  defpenfe.  Pour  moy  je  ne  trouverais  pas  hors  de  raifon 
qu'il  vous  donnait  quelque  chofe  d'avantage  eftant  a  Paris,  veu  que  le  crédit  n'y 
eft  pas  li  bon  qu'icy,  et  les  14  mille  voyes  qu'il  y  a  là  de  def  pendre  Ion  argent. 


-N)    Peut-être  s'agit-il  de 

Françoise  Louise  de  la  Baume  le  Blanc,  duchesse  de  la  Vallière,  fille  du  chevalier  Laurent 

de  la  Baume  le  Blanc,  seigneur  de  la  Vallière,  et  de  Françoise  le  Prévost.  Elle  naquit  le 

-  août  1644  à  Tours,  et  mourut  le  6  juin  [710  dans  le  couvent  des  Carmélites  du  faubourg 

Saint-Jacques. 
3)    D'un  couvent  à  'l'ours.   Voir  la  Lettre  N".  1038. 
!      Nous  ne  savons  pas  qui  esi  cei  Anglais  en  extase. 
s)    Maria  van   lloorn  van   Leent,  fille  du   Dr.  YVouter  C.overse  van   lloorn  et  de  Johanna  de 

Grave.  Elle  mourut  en  [670,  comme  veuve  de 
Cornelis  van  Brederode  van  Wieringen,  seigneur  de  Hedderik,  né  en  septembre  1 591  et 

mort  a  Amsterdam  le  1-  septembre  1661.  Il  épousa  Margeriet  Valckenburg,  et, en  secondes 

noces,  Maria  van  lloorn  van  Leent. 

Jan  van  Genderen.  Consultez  la  Lettre  N°.  920,  note  7. 

Dirck  Jansz.  était  secrétaire  de  Zuylichem  et  mourut  en  1661. 

Constantyn  Huygens,  frère. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  1 69 


Je  ne  fcay  quelle  nouuelle  on  peut  avoir  là  de  la  prife  de  Formofa.  Les  vaifîèaux 
des  Indes  qui  nous  en  doivent  apporter  ne  font  pas  encore  arrivez ,  mais  on  les  at- 
tend bientoih  On  a  bien  feeu  que  les  Chinois  eftoyent  dans  l'Ifie  et  qu'ils  tenoient 
Taiwan  afiiegée,  ou  commande  Monfieur  Coijety),  mais  qu'ils  l'auroient  em- 
portée, de  cela  on  ne  feait  encore  rien,  quoy  qu'il  y  en  ait,  et  entre  autres  le  Coufin 
Caron  IO)  qui  l'appréhendent  fort.  Je  le  fus  veoir  dimanche  pafTè  pour  luy  demander 
ce  que  c'ertoit  de  ce  livre  de  médecine  Japonoife  dont  Monfieur  Thevenot  m'a 
eferit  JI).  Il  me  dit  que  ce  devoit  élire  un  abus  de  Pifo  I2),  parce  que  jamais  il  n'a 
eu  le  dit  Livre  ni  ne  luy  en  a  parlé,  mais  bien  fouvent  de  la  manière  dont  ces  Infu- 
laircs  exercent  la  medicine.  J'efcriray  I3)  a  Monfieur  Thevenot  ce  qu'a  ce  propos 
il  m'en  a  raconte,  mais  ce  ne  poura  pas  eftre  aujourdhuy.  En  recompenfe  je  veux 
auffi  luy  envoier  un  Extrait  I4)  du  Voiage  en  la  Chine,  que  j'en  ay  tiré  lors  que 
je  l'eus  entre  mes  mains,  je  dis  cette  Relation  qu'il  a  fi  fort  defiré  d'avoir  IS).  Je 
ne  feavois  pas  moy  mefme  que  j'avois  cet  Extrait,  mais  je  viens  de  le  trouuer 
parmy  d'autres  papiers. 

Hier  je  fus  au  Rôle  entendre  plaider  la  caufe  du  Sieur  Borri  Iô)  cet  homme  li 
renommé ,  et  ce  fut  la  première  fois  que  je  le  vis.  On  l'a  icy  cité  pour  comparoiltre 
en  perfonne,  Monfieur  le  Procureur  General  ir)  s'efiant  joint  avec  l'Officier 
d'Amfterdam  l8),  et  ainfi  fon  Excellence  eftoit  là  telle  nue  dans  une  grande  con- 


y)  Frederik  Coyet,  fils  du  général  russe  Julius  Coyet,  naquit  à  Stockholm.  En  1644  il  fut  mis 
à  la  tête  de  rétablissement  hollandais  au  Japon,  et  après  diverses  aventures  il  devint  en  1656 
gouverneur  de  Formosa;  quand,  le  1er  février  1662,  il  dut  rendre  cette  île  au  pirate  chinois 
Coxinga,  il  fut  banni  à  l'île  de  Banda,  mais  en  1674,  il  rentra  dans  les  Pays-Bas.  En  juillet 
1645  il  avait  épousé  Snsanna  Boudaen  (voir  la  Lettre  N°.  772 ,  note  5),  qui  mourut  en  1649. 

I0)  Consultez  la  Lettre  N°.  924,  note  2. 

")  Consultez  la  Lettre  N°.  1026. 

12)  Voir  la  Lettre  N°.  1026,  note  4. 

13)  Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  à  M.  Thevenot. 

14)  Voir  la  pièce  N°.  1039. 

15)  Consultez  les  Lettres  Nos,  952,  962  et  1025. 

16)  Consultez  la  Lettre  N°.  881,  note  2.  Né  à  Milan,  où  habitait  son  père,  Brando  Borri .  il 
vint  à  Rome,  où  il  se  fit  connaître  comme  libertin;  il  y  prépara  des  poisons  et  y  fonda  une 
société  religieuse  secrète,  de  sorte  qu'en  1655  il  fut  obligé  de  s'enfuir  et  de  retourner  à 
Milan.  Le  2  janvier  1662  il  fut  excommunié;  voir  le  pamphlet: 

Sententie  en  Executie  gewefen  en  gedaen  overzijne  Excellentie  Francifco  Jofeph  Boni, 
Door  de  Heylige  Inquifitie  tôt  Romen.  Waer  in  klaerlijck  en  oprechtclijk  getoont  wort 
I.  Sijn  Opkomft  en  Geboorte.  2.  Sijn  Leven  en  Bedrijf  3.  Sijn  Leere.  4.  De  Executie  over 
zijn  Beeldt.  Ailes  uyt  de  origineele  Italiaenfche  Tael  getrouwelijck  vertaelt.  In 's  Graven- 
hage.  Bij  Ilendrick  de  Svvarf.  Boeckverkooper.  [28  September]  1662  in-40. 

On  comprend  pourquoi  cette  sentence  a  été  publiée  en  hollandais  à  cette  époque-là. 
'")  Cornelis  Boey.  Voir  la  Lettre  N°.  803,  note  18, 

I8)  Lambert  Reynst,  fils  de  Hendrik  Reynst  et  d'Elisabeth  Prince  van  Houwerton,  naquit  en 
1628  à  Amsterdam,  où  il  mourut  en  i<\~y.  Elu  membre  du  conseil  municipal  en  1649,  il 

Œuvres.  T.  IV.  22   . 


I/O 


CORRESPONDANCE.     1662. 


fluence  de  monde,  l'affaire  eft  que  les  héritiers  d'un  marchand  d'Amrtcrdam 
nomme  Déminer  I9),  ayant  trouve  une  efpece  d'obligation  2°)  par  la  quelle  Borri 
luy  promettoit  que  dans  i  ans  il  luy  paicroit  ioo  mille  francs  pour  un  certain 
fecret  que  ce  Demmer  luy  auroit  enfeignè,  et  la  dite  obligation  ayant  pour- 
tant de  claufules21)  qui  la  rendoit  invalide,  Ton  a  commencé  de  foubçonncr  le 
Sieur  Borri  qu'il  auroit  emprunte  quantité  d'argent  du  deffunct,  et  que  puis  après 
il  l'auroit  depefchè  par  belle  medicine,  car  il  luy  avoit  fervi  dans  fa  maladie,  et 
cet  homme  ayant  eftè  allez  accommodé  durant  fa  vie,  l'on  ne  trouua  prefque  rien 
après  fa  mort.  Borri  fut  d'avis  de  demander  mandement  de  purge  a  Amfterdam  , 
pour  faire  ceffer  ce  mefehant  bruit,  et  l'Officier  dat  hij  foude  op  Articulen  ge- 
hoort  werden  22).  En  quoy  Borri  ayant  triomphé  il  a  appelle  l'Officier  devant  la 
Cour  icy,  et  demandé  derechef  a  fe  purger.  Monfieur  Boy  23)  qui  s'eft.joint  au  dit 
Officier,  a  plaidé  de  mefme  qu'il  fut  interrogé  fur  des  articles  et  c'eft  ce  de  quoy 
on  difpute  encore,  fans  qu'on  ait  encore  touché  aux  informations. 

Le  Faifeur  de  Cartes  P.  Meffert 24),  auprès  de  qui  il  Signor  Borri  avoit  aufli 
tout  crédit ,  eft  encore  mort  allez  fubitement  et  pauvre  quoy  qu'on  l'ait  touf  jours 
tenu  fort  riche ,  ce  qui  augmente  fort  les  foupeons  contre  le  dit  Borri  -5). 


devint  échevin,  officier-en-chef  et  bourgmestre  d'Amsterdam;  il  fut  destitué  en  1672  a 

cause  de  ses  opinions  politiques,  comme  partisan  de  de  Witt.  Il  épousa  Alida  Bicker,  fille 

de  Cornelis  Bicker  van  Swieten. 

(  îerard  Demmer  était  un  riche  négociant  d'Amsterdam ,  directeur  de  la  Compagnie  des  Indes 

(  orientales  et  co  directeur  de  la  colonie  de  Guiane. 
:o)  Cette  obligation  était  datée  du  28  avril  1662. 
2I)  Ces  clausules  contenaient  que  Borri  n'aurait  rien  à  payer  aux  héritiers,  si  Demmer  mourait 

avant  deux  ans. 

Traduction:  qu'il  ferait  interrogé  fur  Articles. 

Voir  la  Lettre  N°.  803 ,  note  18. 

l'ieter  Meffert,  allemand  d'origine,  s'établit  en  1627  à  Amsterdam  comme  imprimeur  de  car- 
i  jouer;  ses  cartes  eurent  une  telle  réputation  .  que  souvent  elles  lurent  contrefaites.  Il 

demeurait  dans  la  Reguliersbreestraat  et  appartenait  à  l'élite  de  la  garde  municipale  à  cheval. 

Nous  le  trouvons  sur  le  laineux  tableau  de  van  der  Ilelst   „Schuttersmaaltijd."    Il  épousa 

Geertruy  de  Haes,qui  lui  survécut;  il  eut  rlendrik  Sluyer  pour  successeur. 

Borrhi  fut  condamné ,  en  janvier  io'o's,  à  payer  5000  florins,  s'il  voulaii  affirmer  par  serment 

qu'il  n'avait  pas  de  Demmer  reçu  la  somme  de  1 00000  florins,  on  a  payer  les  1 00000  florins 

s'il  refusait  de  se  décharger  par  serment. 


CORRESPONDANCE.     l6Ô2.  I  7  I 


N=  1032. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 

14    JUILLET     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
R.  Moray  y  répondit  par  le  No.  1055,  et  R.  Boyle  par  le  No    1056. 

A  la  Haye  le   14  Juli    1662. 
Monsieur 

J'efpere  que  vous  aurez  receu  ma  dernière  T)  que  je  me  fuis  donné  l'honneur  de 
vous  efcrire  il  y  a  2  ou  3  fepmaines.  Celle-cy  eft  principalement  pour  vous  prier 
de  remercier  en  mon  nom  Monfieur  Boilc  du  prefent  qu'il  vient  de  me  faire  de 
Ton  dernier  livre  2)  qui  me  fut  rendu  avanthier  non  pas  par  celuy  3)  qu'il  en  avoit 
chargé,  mais  par  un  autre  de  fa  part,  fes  affaires  ne  luy  permettant  pas  de  venir 
encore  à  la  Haye.  Je  fus  eftonné  d'abord  de  veoir  qu'il  avoit  pris  la  peine  d' ef- 
crire un  fi  gros  livre  contre  les  objections  fi  frivoles  que  celles  de  fes  deux adverfai- 
res4),  mais  ayant  commencé  a  le  parcourir  et  voyant  que  parmy  fes  réfutations 
il  a  inferè  quantité  de  nouuelles  dccouuertes  et  obfervations  non  encore  vues,  j'ay 
fouhaitè  qu'il  fut  encore  beaucoup  plus  long.  J'ay  efiè  fur  tout  bien  aife  d'y  trouucr 
les  deux  expériences  touchant  la  condenfation  et  raréfaction  de  l'air,  qui  prouvent 
affez  clairement  cette  propriété  remarquable  a  fçavoir  que  la  force  de  fon  refiort 
fuit  la  proportion  contraire  des  efpaces  ou  il  efi:  réduit.  Quand  je  confidere  cecy, 
je  trouve  plus  de  difficulté  que  jamais  a  rendre  raifon  de  ce  qui  fe  voit  dans  mon 
expérience  de  l'eau  purgée  d'air  qui  ne  defeend  point  de  la  phiole  renvcrlee  bien 


*)    Peut-être  la  Lettre  N°.  1022,  du  y  juin  1662:  consultez  pourtant  la  note  1  delà  Lettre 

N°.  1034. 
:)  A  defence  of  the  Doctrine  touching  tlie  Spring  and  Weight  of  the  Air,  propos'd  by  Mr. 
R.  Boyle  in  his  New  Physico-Mechanical  Experiments.  Against  the  objections  of  Fran- 
cisais Linus,  Wherewith  the  Objector's  Funicular  Hypothesis  is  also  examin'd.  By  tlie 
Autlior  of  those  Experiments.  London.  Printed  by  J.  G.  for  Thomas  Robinson,  Bookseller 
in  Oxon.  1662.  in-40. 

Ou  peut-être  son  avant-coureur: 

Defenfio  Doclrinae  de  Elatere  et  Gravitate  Aeris.  propofitae  ab  Honoratiflïmo  Roberto 
Boyle  in  Novis  Ipfius  Phyfico-Mechanicis  Experimentis  adverfusObjectiones  Francifci  Lini. 
Ubi  etiam  Objeftoris  Funicularis  Hypothefis  examinatur,  eàque occafione quaedam Expé- 
rimenta adduntur.  Ab  Avtore  fupra-diclorum  Experimentorum.  Londini.  1662.  in-4  • 

3)  Probablement  Huygens  désigne-t-il  ici  Samuel  van  Huis. 

4)  Francis  Hall  et  Thomas  Hobbes. 


I~2 


CORRESPONDANCE.     1 66: 


que  le  Récipient  ou  elle  eft  (bit  vuidè  d'air.  Je  vous  en  ay  eferit  cy  devant  5),  mais 
fans  beaucoup  de  circonftanccs,  par  ce  que  je  croiois  que  vous  les  apprendriez  af- 
lez  en  la  faifant,  mais  puis  que  je  n'encens  pas  encore  que  vous  en  ayez  pris  la  peine 
je  vous  en  envoie  icy  toutte  Fhiftoire  rt)  ou  vous  verrez  quelque  chofe  de  furpre- 
nant  et  qui  mérite  d'eftre  confiderè.  Pour  n'avoir  encore  que  parcouru  le  livre  de 
Monfieur  Boile  je  n'ay  pu  remarquer  toutes  les  belles  chofes,  qu'il  contient,  mais 
aux  endroits  que  j'ay  leu  je  voy  paroiftre  beaucoup  d'efprit  et  de  modeftie,  avec 
cette  retenue  ordinaire  qui  l'empefche  de  parler  définitivement,  ainfi  que  font  la 
plufpart  des  philofophes  d'aujourdhuy.  Il  a  très  bien  juge  que  le  premier  argument 
de  Linus  eftoit  la  principale  chofe  qu'il  y  a  dans  fon  livre,  et  re fout  pourtant  folidc- 
ment  ce  que  l'autre  oppofe  de  l'attraction  du  doigt  dans  le  liphon  ouvert  des  deux 
coftez:  mais  il  me  refte  une  difficulté  dans  cette  expérience  a  la  quelle  je  ne  voy  pas 
que  ni  l'hypothefe  de  Linus  ni  celle  de  Monfieur  Boile  fatifface,  qui  eft,  pour  quoy 
le  fiphon  demeure  attache  au  doigt,  en  forte  qu'il  faut  quelque  peu  de  force  pour 
l'en  tirer,  car  je  concoy  bien  que  le  doigt  eftant  prefle  par  en  haut  du  poids  de  l'at- 
mofphere  et  le  mercure  par  en  bas,  ils  doivent  par  cette  raifon  demeurer  joints  cn- 
femble;  mais  non  pas  ce  qui  empefche  au  fiphon  mefme  de  defeendre  (s'il  eft  vray 
que  cela  arrive),  bien  qu'il  foit  de  verre  fort  mince  et  peu  immerge  dans  le  mer- 
cure; car  il  n'eft  pas  prefle  plus  fort  par  en  basque  par  en  haut  mais  de  tous  cof- 
tez  également,  d'où  vient  donc  qu'il  faut  le  tirer  pour  luy  faire  quiter  le  doigt? 
car  on  ne  peut  dire  que  cettuicy  la  retient,  ni  auflî  l'argent  vif. 

L'IIypothefe  des  reffbrts  de  l'air  eft  fort  ingenieufe  et  fatiffait  a  la  plufpart 
des  phénomènes,  il  n'y  a  que  cettuicy  que  je  ne  fcay  comment  on  y  pourroit  rap- 
porter a  icavoir  que  l'air  quoy  que  comprime  dans  un  vafe  retient  fa  fluidité,  car 
quand  on  s'imagine  ce  vafe  plein  de  tels  reflorts  fe  touchant  les  uns  les  autres,  et 
un  grand  poids  par  deflus  qui  les  prefic,  il  femble  qu'ils  ne  pouroient  plus  cède 
facilement  a  quelque  corps,  qui  y  voudroit  paflér.  Si  c'eft  le  mouvement  circu- 
laire interne  que  Monfieur  Boile  fuppofe  leur  élire  donné  qui  leur  eonferve  l'agi- 
tation ,  il  faut  prefque  qu'il  foit  tel  qu'il  ne  puifle  eftre  arreftè  par  aucun  moyen , 
qui  eft  un  peu  de  dure  digeftion.  Mais  je  fcay  qu'il  ne  donne  cette  hypothefe  que 
comme  un  project,  et  principalement  pour  apporter  un  moyen  poflible  de  l'ex- 
panfion  de  l'air. 

Je  fuis  marry  que  dans  l'expérience  qu'il  a  faite  au  haut  de  l'Eglife  de  Weft- 
minfter,  il  y  a  cet  inconvénient  du  chaud  et  du  froid  qui  en  empefche  l' exacti- 
tude, il  faudroit  veoir  \]  on  ne  pourroit  pas  l'éviter  en  environnant  la  phiole  AB 
d'eau,  ou  elle  (croit  enfoncée  jufqu'au  col,  car  dans  ce  peu  de  temps  qu'il  faut 


Voir  la  Lettre  N  . 

Voir  la  pièce  N°.  1 


CORRESPONDANCE.     1662.  I73 


pour  la  defcendre  cette  eau  ne  feauroit  changer  de  degré  de  chaleur;  et  fî  Ton 
pouvoit  ainfi  parvenir  a  quelque  juftefTe  dans  cette  expérience  elle  feroit  d'im- 
portance. Vous  me  direz  peut  eiïre  pourquoy  je  ne  la  fais  pas  moy  mefme ,  avec 
quantité  d'autres  de  cette  nature.  Je  vous  ay  dit  la  raifon  dans  ma  précédente  ") 
et  neantmoins  pour  ma  propre  curiofitè  je  pourrois  bien  en  faire  quelques  unes 
bientofr.  car  j'ay  affaire  dans  une  de  nos  villes  8)  ou  il  y  a  une  belle  verrerie,  la 
ou  je  pouray  me  pourveoir  de  vafes  de  toute  forte. 

Vous  aurez  défia  vu  fans  doute  le  Hure  de  Moniieur  Hevelius  y)  de  Mercure 
dans  le  ©  avec  le  traité  de  I  Iorroxius.  c'efr.  pourquoy  je  n'en  dis  rien  et  finis  fans 
aller  a  l'autre  feuille,  puis  que  je  n'ay  rien  a  adjoufter  acclle-cy  finon  que  je  fuis 


Voftre  trefhumble  et  trefobeiflant 
Chr.  Hugens  dk  Z. 


7  )    Consultez  la  Lettre  N°.  1022. 

8)    Bois-le-Duc,  où  il  voulait  aller  pour  cette  besogne.    Voir  la  Lettre  N°.  1030. 

y)    Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  872  ,  note  5. 


'"4 


CORR  ESPON  DANCE.     I  66  2 , 


N"  1033. 

Christiaan  Huygens  h  J.  Chapelain  et  a  R.  Moray. 

[juin   1662J. 
Appendice  au  No.    1034. 

La  pièce  se  trouve  à  Londres,  Raya!  Society 
Ld  minute  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens*). 

Experiment.  Envoiee  à  Moniteur  Chapelain  2)  et  a  Monfîeur 

Moray  en  Angleterre. 

AB  eft  le  Récipient  de  verre ,  environ  de  la 
hauteur  d'un  pied  ouvert  par  en  bas  et  attaché 
avec  du  ciment  dans  Fefcuelle  de  cuivre  CD  qui 
tient  a  la  machine,  dans  ce  récipient  eft  enfermé 
le  baquet  EN ,  qui  contient  de  l'eau  fraifche  juf- 
qu'en  F ,  et  la  phiole  de  verre  GL1 1  a  long  col  , 
remplie  de  mefme  eau  et  enfoncée  avec  le  bout 
ouvert  dans  celle  du  baquet. 

Jl  arrive  donc  après  que  par  3  ou  4  fois  j'ay 
remue  la  pompe  et  fait  fortir  l'air  du  récipient 
AB,  que  plufieurs  petites  bulles  d'air  montent 
vers  le  fonds  de  la  phiole  G ,  qui  s'y  aflemblent, 
et  la  bulle  qu'elles  compofent  enfemblc  s'eftend 
a  chaque  fois  que  l'on  continue  a  faire  fortir 
l'air,  mais  notablement  a  la  ~£  fois  (ce  qui  dé- 
pend pourtant  de  la  proportion  du  cylindre  de  la 
pompe  a  la  capacité  du  récipient)  car  l'eau  def- 
cend  alors  jufqu'a  la  moitié  de  la  boule  G.  et  a 
la  8e  fois  elle  quite  le  relie  de  cette  boule  et  en- 
core une  partie  du  col.  Et  continuant  toufjours  a 
tirer  l'air,  elle  arrive  en  fin,  quand  la  pompe  cil 
bien  ajuftée,  jufqu'au  niveau  de  l'eau  du  baquet 
devenu  quafi  plein,  et  qui  a  toutes  les  parois  rem- 
plies de  petites  bulles.  Que  li  je  laide  après  ren- 
trer l'air  par  le  robinet  dans  le  récipient,  l'eau 
remonte  dans  la  phiole  et  retourne  a  la  remplir  linon  qu'il  y  demeure  une  petite 


CC 


Nous  avons  suivi  la  minute,  qui  en  quelques  endroits  est  un  peu  plus  détaillée  que  la  pièce 
de  la  Société  Royale.  En  tête  de  celte  dernière  pièce,  on  trouve  les  mots:  Expérience 
faite  au  mois  de  Février  1662. 

Consultez  les  Lettres  Nos.  100H,  1021  et  1024.  L 'envoi  à  J.  Chapelain  est  peut-être  en 
réponse  a  la  dernière  de  ces  lettres. 


CORRESPONDANCE.     1662.  I  7 5 


bulle  d'air  en  haut  de  la  groiïeur  d'un  pois.  Et  il  n'importe  qu'on  face  entrer  l'air 
ville  ou  lentement.  Et  voila  ce  qui  advient  avec  de  l'eau  fraifche,  qui  comme  il 
eft  évident  par  ces  bulles  contient  quelque  peu  d'air.  Pour  faire  la  mefme  expé- 
rience avec  de  l'eau  purgée  d'air  je  laifTe  tout  une  nuict  le  récipient  vuidè  d'air 
après  que  j'ay  fait  defcendre  l'eau  de  la  phiolc,  de  la  façon  fufdite.  Et  le  lendemain 
l'eau  du  baquet  ne  rejette  plus  aucune  bulle  d'air.  Alors  ayant  donné  entrée  a  l'air 
tout  doucement ,  et  par  là  fait  remonter  l'eau  dans  la  phiole  qui  la  remplit  a  la 
petite  bulle  près,  je  retire  la  phiole  hors  du  Récipient,  a  fin  de  la  remplir  tout  a 
fait,  en  oftant  la  dite  bulle;  et  citant  pleine  je  l'y  remets  comme  auparavant.  Il 
arrive  donc  après  cela,  que  bien  que  je  tire  l'air  du  récipient  AB,  et  que  je  con- 
tinue de  remuer  la  pompe ,  je  le  vuide  tant  que  je  puis,  l'eau  de  la  phiole  G  ne  def- 
cend  aucunement  mais  demeure  fufpendue.  Et  je  l'ay  laide  par  fois  ainfi  des  heures 
entières.  Toutefois  j'ay  auiïî  obfervè  fouuent  qu'eftant  dans  cet  eilat  il  y  naiiïbit 
encore  quelque  petite  bulle  d'air  au  bas  du  col  par  dedans  comme  icy  en  M,  la 
quelle  citant  accrue  a  la  groiïeur  d'un  grain  de  chenevis  ou  moindre  encore,  le 
détache  et  monte  vers  en  haut,  mais  eftant  parvenue  jufqu'à  K  environ  un  demi 
pouce  au  deiïus  de  l'eau  du  baquet ,  s'eftend  delà  fubitement  vers  le  haut  de  la 
phiole  fa  bafe  demeurant  toufjours  en  K ,  l'eau  cependant  de  toute  la  phiole 
s'ecoulant  viflement  du  long  des  parois  du  col;  la  quelle  en  fin  s'arreite  auffi  à  la 
dite  hauteur  de  K,  et  on  ne  peut  pas  a  force  de  pomper  la  faire  defcendre  plus 
bas,  quoy  que  en  faifant  l'expérience  avec  de  l'eau  fraifche  elle  parviene  jufqu'au 
niveau  de  l'eau  du  baquet  ainfi  qu'il  a  eftè  dit.  Laiffant  après  rentrer  l'air  dans  le 
récipient  et  l'eau  venant  a  remplir  la  phiole,  il  y  demeure  une  petite  bulle  d'air 
environ  comme  un  grain  de  chenevis.  En  la  quelle  il  y  a  à  remarquer  qu'elle  con- 
tient incomparablement  plus  d'air  que  celle  qui  y  cftoit  montée ,  parce  que  celle 
cy  eltoit  faite  d'air  dilaté ,  et  qui  auparavant  n'eftoit  pas  feulement  vifiblc.  En 
fin  cette  dernière  bulle  fi  on  la  laifTe  ainfi  dans  la  phiole  pendant  quelques  24  heu- 
res, decroit  peu  a  peu  et  au  bout  de  ce  temps,  ou  encore  plus  tofr.  difparoit  tout 
a  fait. 

J'ay  fait  auffi  cette  expérience  avec  des  tuyaux  fimples  fermez  par  en  haut ,  au 
lieu  de  la  phiole  a  long  col ,  des  quels  le  plus  long  a  eftè  de  2.  pieds  et  autant  de 
pouces ,  et  toufjours  le  fucecs  a  elle  le  mefme. 


I~6  CORRESPONDANCE.     1662. 


N=  1034. 

R.  Moray  a  Christiaan  Huygens. 

17    JUILLET     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1022.      Chr.   Huygens  y  répondit  par  lé  No.   1046. 

A  Whitehall  ce  7.  Juillet    16^2. 

Monsieur 

Ces  crois  femaines  panées,  J'ay  elle  (i  règlement  empefché  de  Vous  eferire, 
tous  les  Vendredis,  comme  Je  me  le  fuis  propofé,  que  J'ay  creu  qu'il  y  a  eu  du 
forcilege.  Et  maintenant  ce  mot  que  Je  vous  fais  ne  feruira  pas  de  refponcc  a 
Voftre  dernier  '),  puifque  Je  n'ay  pas  encore  eu  de  Monfieur  Brouncker  l'efclair- 
ciirement  de  la  demonflration  2)  que  vous  m'auez  demandé,  il  eft  a  prefent  tant  oc- 
cupé a  voir  ballir  un  Batteau  pour  le  Roy  d'une  nouuelle  méthode  qu'il  n'a  pas 
le  loifir  d'y  peniér.  C'eir.  Monfieur  Kilpatrick  3)  qui  m'a  fait  la  faucur  d'entre- 
prendre de  vous  rendre  cellecy  en  main  propre  auec  deux  liures  4)  dont  vous  ne 
ferez  pas  mal  fatiffait.  l'un  vous  fera  voir  que  fon  autheur  cil  allez  curieux,  l'au- 
tre ii  Je  ne  me  trompe,  vous  fera  rire  plus  d'une  fois,  deuant  que  vous  l'ayiez 
tout  parcouru  ce  que  Je  vous  prie  de  faire;  et  de  donner  le  contentement  à  Mon- 
fieur Hobbcs  d'eferire  voftre  fentiment  au  libraire,  de  fes  deux  propofitions, 
comme  il  vous  en  coniure.  mais  efcriucz  moy  en  auffi  une  copie,  de  peur  que  Mon- 
fieur Hobbes  ne  nous  celé  ce  que  vous  en  direz.  Je  vous  enflé  enuoyé  aulfi  une 
copie  du  dernier  liure  5)  de  Monfieur  Boile,  n'eftoit  qu'il  m'a  dit  vous  en  auoir  luy 
mefme  délia  adreffé  une  par  un  amy.  Et  pour  vous  faire  voir  que  Je  n'oublie  pas 


Dans  la  Lettre  N°.  1022  il  n'est  pas  question  d'un  éclaircissement  de  la  démonstration  de 
W.  Brouncker.  Il  semble  donc  que  Chr.  Huygens  ait  écrit  entre  le  9  juin  (N°.  1022)  et 
le  14  juillet  (N°.  1032)  une  lettre  à  R.  Moray,  que  nous  ne  possédons  pas. 

2)  Consultez  la  pièce  N°.  995. 

3)  Peut-être  désigne-t-il  : 

John  Kirckpatrick  .  seigneur  de  Poederoyen  ,  qui  servait  comme  colonel  dans  l'armée  des 
Pays  Bas  et.  en  1670,  succéda  au  Prince  de  Tarentc  comme  gouverneur  de  Bois-le-Duc. 

4)  Ce  sont: 

<i j  [J.  Evelyn]  Sculpture:  or  the  Hiftoryand  Art  of  Chalcography  and  Engraving  in  Cop- 
per.  With  an  ample  enumeration  of  the  mol!  renowned  Mafters ,  and  their  Works.  To 
which  in  annexed  a  new  manner  of  Engraving,  or  Mezzo  Tinto,  communicated  by  his 
Highness  Prince  Rupert  to  the  Author  of  this  Treatife.  London,  Printedby  J.  C.  for 
G.  Bcedle  and  T.  Collins,  at  the  Middle  Temple  Gâte,  and  J.  Crook  in  St.  Paul's 
Cliurch-Yard.  i6f>2.  in-40. 

ii'  Th.  Hobbes.  Problemata  Physica  una  cum  Magnitudine  Circuli,  Londoni,  106..,  in  .)  . 

<  >u\  rage  mentionné  dans  la  Lettre  .\     1  <;,2. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  IJJ 

ce  que  vous  recommandez,  Je  vous  enuoye  icy  la  Table  fi)  de  la  comprefîîon  de 
l'air  dont  Je  vous  auois  parlé  dans  mes  précédentes  7) ,  quoy  qu'elle  foit  imprimée 
dans  ce  liurc  comme  auffi  l'autre  de  fa  dilatation.  Vous  m'en  direz  Voitrc  opinion 
a  Voftre  commodité.  Je  médite  un  voyage  pour  8.  ou  10.  Jours  en  Hollande  ou 
Je  me  propofe  le  contentement  de  vous  voir  comme  un  des  plus  grands.  Mais 
que  cela  ne  vous  cmpefche  pas  de  m'efcrirc  fi  vous  en  auez  le  loifir,  parce  que 
ce  ne  fera  pas  encore  d'un  mois  au  pluftoll.  Et  Je  fais  clbit  aufli  de  taire  une  ref- 
ponce  exadle  comme  a  l'autre  a  Voftre  dernière.  Cependant  vous  fauez  que  Je 
fuis  de  tout  mon  coeur 

Monsieur 

Voftre  trcfhumblc  et  trefobeiflant  feruiteur 

R.    MORAY. 

A  Mon  fleur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 

A  la  Haye. 

auec  deux  Hures 

par  amy. 


ô)    Voir  l'Appendice  N°.  1035. 
")    Voir  la  Lettre  N°.  993. 

Œuvres.  T.  IV.  23 


[78 


CORRESPONDANCE.     \6C)2. 


48 

4* 

44 

42 

40 

36 

34 

3  2 

30 
28 
26 
24 

*3 

22 

21 
20 

<9 

18 

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16 

15 

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13 

12 


1  2 
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4i  A 

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63 

71 
78 
88/, 


00 

01/ 

02 

°4t65 

06A 


°71£ 


N=  1035. 

II.  Morav  h  Christiaan  Huygens. 

Appendice  au  No.   1034. 
[juillet  1662]. 

table  se  traître  dans  II.  Boylc.  Defence  of  the  Doctrine.  1661  '). 

Tabula  Condenfationis  Aeris  *)• 

A  A.  Numéros  aequalium  fpatiorum  in 
breviori  crure,  quod  continebat  ean- 
dem  portionem  Aëris  diverfimodè  ex- 
cenfi. 

B.  Altitudo  Cylindri  Mercurialis  in 
longiori  crure,  qui  Aërem  compri- 
mebat  in  iftas  dimeniiones. 


C.  Altitudo  Cylindri  Mercuriales,  qui 
aequi  ponderabat  preflioni  Atmo- 
fphaerae. 

D.  Aggregatum  duarum  proximarum 
columnarum  B  &  C ,  prellionem  cx- 
hibens  ab  inclufo  Acre  fuftentatum. 

E.  Quanta  illa  preffio  elledebebatjuxta 
Hypothejîn,  quae  fupponit,  Preflîo- 
nes  &  expanfiones  m  proportione 
elle  reciprocas  3). 


C 

D 

E 

29T5 

29/5 

3°T95 

3°A 

3  Ht 

3HI 

33A 

33f 

35t55 

35 

3^|| 

39t45 

38* 

4i|§ 

4ifV 

> 

44t35 

43H 

g- 

47ts 

46f 

r-t 

5°t5? 

50 

PS 

54t5s 

53ïf 

cH1  3 

5°T* 

58| 

00(m 

61/5 

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63A 

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6>t3 

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7°iè 

7° 

74t2«t 

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77i£ 

77Ï 

8HI 

82/. 

«7t4, 

87I' 

93t* 

93i- 

IOO/y 

99f 

i°7t§ 

107/7 

»7A 

u6| 

Comme  la  pièce  que  R.  Moray  envoya  à  Chr.  Huygens  ne  s'est  point  retrouvée  dans  nos 

collections,  nous  avons  reproduit  ici  la  table  de  l'ouvrage  de  Boyle,  que  Moray  avait  copiée. 
Celte  table  contient  les  résultats  des  expériences  que  Boyle  lit  avec  son  tube  bien  connu  à 
^\l-\\s  branches  verticales.  A  la  branche  fermée  il  avait  appliqué  une  échelle  dont  chaque  di- 
s  ision  était  la  quatrième  partie  d'un  pouce  anglais.  On  trouve  dans  la  première  colonne  A  le 

nombre  de  divisions  et  dans  la  deuxième  colonne  le  nombre  de  pouces  qu'occupa  successive- 
ment l'air  comprimé. 
Nous  avoiu  corrigé  quelques  l'auies  d'impression  dans  les  colonnes  1)  et  E. 


CORRESPONDANCE.    1662.  1 79 


N=  1036. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 
20  juillet   1662. 

La  lettre  et  lu  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  le  20  Julii  1662. 
Vous  voyez  que  je  date  encore  mes  lettres  de  la  Haye  et  ce  a  cauie  que  je  n'en- 
tens  rien  de  chez  Madame  de  Bréderodc  ')  quoy  que  Ton  petit  Secrétaire  m'ait  pro- 
mis que  dans  peu  il  viendrait  m'advertir.  Nous  croyons  de  noftre  coftè  qu'il  faut 
les  biffer  faire,  puis  que  cependant  le  temps  propre  a  travailler  fe  païïe.  J'avife- 
ray  avec  van  Gendcrcn  2)  fur  les  Pcrfonnes  que  vous  propofez,  defquels  il  ne  faut 
pas  craindre  que  noftre  Partie  puifTe  excepter  contre  pas  un  puis  qu'il  n'eft  pas 
question  d'arbitrage  mais  feulement  de  plaider  la  caufe.  Je  puis  bien  vous  afTurer 
défia  que  l'année  eft  bonne  et  fertile  en  ces  quartiers  du  Bommelerweerdt,  mais 
quel  avantage  en  pouvons  nous  attendre  11  l'abondance  met  les  chofes  a  un  fi  bas 
prix,  comme  le  Receveur  du  Monnickelandt 3)  nous  mande  que  le  foin  la  au  tour, 
fe  vend  a  un  ryxdaler,  qui  par  fois  courte  des  1 2  et  14  francs.  C'eft  dommage  qu'on 
ne  la  feauroit  porter  la  ou  vous  elles.  A  Hofwijek  4)  il  y  a  auffi  quantité  de  fruit, 
pommes,  cerifes  et  melons,  dont  hier  nous  mangeâmes  le  premier.  Je  croiois  que  ma 
Coufine  5)  informoit  Mon  Père  de  tout  cela  par  fes  miffives.  Je  fus  hier  avec  Don 
Sebartien0)  et  2  coufinesDe  Wilm7)  chez  la  Tante  de  St.  Annalandt 8)  en  fa  mai- 
fon  aux  champs  ou  il  y  a  une  prodigieufe  quantité  de  cerifes  et  encore  d'avantage 
chez  Monfieur  van  Leeuwen.  Nous  y  leumes  les  vers  de  voftre  Poète  {})  a  15  fous 
le  cent,  dont  l'hiftoire  eft  plaifante  IO). 


')    Voir  la  Lettre  N°.  103 1 ,  note  4. 

2)  Sur  Jan  van  Genderen  ,  fils,  administrateur  de  Zuylichem  ,  voir  la  Lettre  N°.  920  ,  note  7. 

3)  Gysbert  Jansz.  Verzijl;  voir  la  Lettre  N°.  828  ,  note  1. 

4~)  Hofwijk,  près  de  Voorburg,  dans  las  environs  de  la  Haye ,  était  la  maison  de  campagne  de 
Constantyn  Huygens,  père;  celui-ci  avait  acheté  le  terrain,  d'une  superficie  de  six  arpents, 
par  parties  successives,  pour  environ  9500  florins. 

5)   Catharina  Suerins. 

")    Sébastian  Chieze.  Voir  la  Lettre  N°.  863 ,  note  4. 

~)    Constantia  le  Leu  de  Wilhem  (voir  la  Lettre  N°.  1 96 ,  note  1  o)  et 
Aegidia  le  Leu  de  Wilhem ,  qui  mourut  le  1  mai  1690. 

8)  Geertruid  Huygens. 

9)  Probablement  il  s'agit  de 

Gaston  Jean  Baptiste,  duc  de  Roquelaure,  fils  d'Antoine,  Baron  de  Roquelanre;  il  naquit 
en  1627  et  mourut  le  io  mars  1688;  il  devint  lieutenant-général  en  1646  et  était  poète  popu- 
laire facétieux. 

10)  C'étaient  des  vers  souvent  assez  scabreux,  imprimés  sur  le  recto  d'une  feuille  de  papier, 
quelquefois  ornée  de  quelque  mauvaise  figure  sur  bois,  et  que  l'on  distribuait  à  bas  prix. 


l8o  CORRESPONDANCE.     1662. 


Je  m'eftonne ,  que  ce  bon  duc  de  Roanes  1])  ait  eftè  fi  longtemps  fans  vous  ren- 
dre la  vifite.  il  me  venoit  veoir  3  et  4  fois  la  fepmaine  quand  j'ellois  à  Paris. 
Pour  ce  qui  ert  de  la  proposition  qu'il  fait  que  je  demandaffe  a  Amfterdam  le 
mefme  privilège  qu'ils  ont  là  pour  les  carofïes,je  croy  premièrement  qu'on  n'y 
trouueroit  pas  fon  conte  comme  a  Paris ,  parce  que  les  rues  y  font  allez  nettes  et 
aîfees;  et  quelle  magilîrat  ne  permettroit  pas  auffi  ce  tracas  par  la  ville,  ayant  a 
peine  concède  a  la  fin  aux  particuliers  d'avoir  des  carottes 12).  Et  quand  il  n'y  auroit 
aucun  obftacle ,  ce  feroit  une  belle  affaire  pour  moy  de  m'embaraficr  dans  un  parti 
comme  cettui  là,  et  d'avoir  le  divertifTement  de  quelques  procès.  Il  faut  eftre  fort 
avide  d'argent  et  eilimer  peu  le  temps,  pour  entreprendre  des  chofes  de  cette  nature. 

Je  fuis  bien  aife  du  defiein  qu'a  fait  Monfieur  Thevenot,  mais  pourquoy  choifit 
il  plultoft  l'hyver  que  l'eftè  pour  fe  mettre  en  voyage  ! 

....  ce  jeune  homme  I3)  dont  vous  me  parlez,  c'eft  Monfieur  Thevenot  neveu 
du  confeiller  au  Parlement,  mais  qui  a  vendu  la  charge,  comme  je  fcay.  Il  m'a 
t'ait  de  C\  grande  amitié  pendant  que  j'ellois  à  Paris  I4)  que  j'auray  de  la  peine  de 
«l'acquitter  de  ce  que  je  luy  doibs.  Je  fçavois  bien  qu'il  eftoit  en  voyage  et  c'elt 
pour  quoy  je  ne  vous  ay  jufqu'icy  propofè  de  le  vifiter,  mais  quand  il  fera  de  re- 
tour alors  il  faudrait  que  vous  fufiiez  luy  donner  une  vifite,  vous  le  trouuerez 
fort  bien  IS). 

Je  voy  que  les  affaires  del  Signor  Padre  avancent  encore  fort  peu ,  ce  qui  appa- 
remment le  chagrine  et  rend  de  mauvaife  humeur ,  et  d'autant  plus  que  du  com- 
mencement tout  fembloit  aller  a  fouhait.  Je  fuis  bien  aife  que  Chieze  le  va  retrou- 
ver dans  peu,  car  il  me  femble  qu'il  regrette  fa  compagnie  il  y  a  long  temps.  Adieu. 


'  '    Sur  Arthur  Gouflier,  duc  de  Roanes,  voir  la  Lettre  N°.  837,  note  1. 

Il  était  défendu  à  Amsterdam,  sous  peine  de  cent  florins  d'amende,  de  se  promener  en 
carrosse;  on  faisait  seulement  exception  dans  des  cas  tout  particuliers.  C'est  ainsi  que  Con- 
stantyn  Huygens,  père,  obtint  en  1660  l'autorisation  pour  deux  jours;  et  que  le  professeur 
en  médecine  Nicolaas  Tnlp,  étant  bourgmestre  d'Amsterdam,  avait  la  permission  de  tenir 
un  carrosse,  qu'il  faisait  stationner  dans  le  souterrain  de  sa  belle  maison  du  Iveizersgracht, 
près  du  Westermarkt. 

Cène  lut  qu'en  [735  que  la  permission  devint  générale,  moyennant  un  impôt  sur  les  voitures. 

I3)  Jean  de  Thevenot,  neveu  de  Melchisedec  Thevenot,  naquit  à  Paris  le  6  juin  1633  et  mourut 
a  Aliana  en  Arménie  le  28  novembre  1667.  Il  eut,  comme  son  oncle,  de  très-bonne  heure  le 
goût  des  voyages.  Dès  1651  il  parcourut  l'Europe:  après  son  retour,  il  partit  en  1655  pour 
l'Egypte?  on  le  retrouve  à  Paris  en  1662,  mais  en  1664  il  partit  de  nouveau  pour  l'Asie.  Il 
était  fort  érudit  dans  les  langues  orientales,  les  mathématiques  et  la  géographie. 
1  En  1055  ou  de  1660  à  1661.  La  dernière  période  est  la  plus  probable,  parce  que,  en  1655, 
Lodewijk  Huygens  se  trouvait,  lui  aussi,  à  Paris:  mais,  dans  ce  cas,  il  faut  que  Jean 
Thevenot ,  soit  rentré  à  Paris  plus  tôt  qu'en  1662. 

Tout  cei  alinéa  avait  été  bille  par  Huygens,  comme  n'étant  plus  de  saison  quand  la  lettre 
fut  e.\pédiée(voir  la  Lettre N°.  1038);  cependant,  il  nous  a  été  possible  de  le  déchiffrer  pour 
la  plus  grande  partie. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  I  8  I 


N=   1037. 

Christiaan  Huygens  à  J.  Hevelius. 

25    JUILLET     1662. 

Lu  lettre  se  trouve  à  Paris,  Bibliothèque  Nationale. 

La  minute  et  la  copie  se  trouvent  h  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Elle  est  lit  réponse  au  No.   ioiij.     Hevelius  y  répondit  le  i<;  février   1663. 

Sonia/aire.  Hevelio.  literas  et  librum  accepi.  gratias.  quid  mihi  gratias  deberi  dicat.  ipfi  potius.  methodum  dime- 
tiendi  diainctros  planetarum  in>n  probo.  Quid  putat  difturum  Ricciolum  aliofqucde  Parelio  quem 
anfelucem  vocat. 

An  prope  horizontem  aequali  cum  0  altitudine.  Machinam  cclcftem  cdat. 

Ampliflimo  Clariflimoque  Viro  Domino  Johanni  Hevelio 

ClIRISTIANUS    HUGENIUS    S.    P. 

Primum  literae  tuae  deinde  aliquo  poil  tempore  et  volumen  ')  novarum  obfer- 
vationum  recle  ad  me  perlata  fuere.  Et  jamdiu  gratias  agere  debuiffèm  de  tam 
eximio  munere,  fed  varijs  rébus  impeditus  non  prius  hoc  ofhcio  defungi  potui. 
Infortunium  ingens  lectifiimae  conjugis  morte  oblatum  ex  Clariflimo  Bullialdo  2) 
intellexeram,  eoque  verebar  ne  diutius  opus  hoc  quod  prae  manibus  erat  mora- 
retur:  fed  recte  habes  quod  privatum  damnum  utilitati  publicac  obefïè  pafTus  non 
es.  Quam  bene  autem  de  ftudijs  aftronomicis  meritus  fis ,  tam  accuratâ  pulcher- 
rimae  obfervationis  deferiptione,  haud  facile  dixerim,  pro  qua  quidem  dignas 
gratias  omnis  tibi  poiteritas  rependet. 

Jam  de  Horroxij  quoque  polthumo  opufculo  3)  in  lucem  protracto  plus  tibi 
quam  mihi  acceptum  ferri  aequum  ell,  quum  egregiam  nitidamque  ejus  editi- 
onem  tua  cura  adornaveris  commentarijfque  iniuper  auâtiorem  reddideris.  Porro 
quia  libère  de  (ingulis  a  te  traditis  fententiam  meam  me  dicere  poftulas ,  fate- 
bor  ingénue  non  aeque  certain  mihi  atque  à  te  praedicatur  methodum  hanc 
novam  videri,  qua  planetarum  diametros  ex  Mercurij  diametro  colligere  doces  4) 
ac  primo  quidem,  quod  in  ipfâ  Mercurij  diametro  dimetienda  facillime  aber- 
rari  potuerit,  cum  imagines  per  tubum  opticum  exceptac  non  exquilitam  pror- 
fus  circumferentiam  terminatam  habeant ,  uti  faepe  maculas  folares  obfcrvando 
animadverti,  quodque  ita  efTe  vel  ingens  illa  inter  te  ac  GafTendum  diferepan- 
tia,  circa  Mercurij  amplitudinem,  confirmât.  Deinde  quod  etiamli  optime 
de  hac  conftaret,  comparatio  tamen  illa  oculo  judice  inita,  qui  non  femel  fed 
feorfim  duos  Planetas  intuetur,  plane  fallax  fit  ac  lubrica:  quippe  qua  et  Exi- 


:)    I/ouvrage  „Mercurius  in  Sole  Visus"  est  eité  dans  la  note  5  de  la  Lettre  N°.  H72. 
:)    Lors  du  voyage  de  Ism.  Boulliau  à  la  Haye.  Consultez  la  Lettre  N°.  1022. 

3)  Le  traité  posthume  de  Jer.  Horrox  „Vcnus  in  Sole  Visa"  fut  ajouté  par  Hevelius  a  son 
ouvrage  de  la  note  première.  Il  avait  reçu  le  manuscrit  par  l'intermédiaire  de  Chr.  Huygens. 
(Consultez  la  Lettre  N°.  885). 

4)  Consultez  „Mercurius  in  Sole  visus1',  page  90. 


I  8  2  CORRESPONDANCE.     \66l. 


mius  ille  Ricciolus  ufus,  longe  majorem  verâ  diametrum  Venerisreperit ,  nempe 

4 ',  8" 4  j  qiuini  tibi  fie  i',  6"  5),  mihi  autem  i',  25"  rt).  Dicés  credo  et  Jovcm  cujus 
comparatione ,  ut  eu  Mercurio,  utebatur,  jufto  majorem  ipfum  feciflê,  ideoque 
et  in  9  neceffàrio  errare  debuiflè;  fed  hoç  nunquam  opinor  illi  perfuadebis ,  cum 
via  longe  certiore,  in  vicinia  fixam,  ex  intervalle)  motuque  Jovis  apparente,  ipfum 
metitus  fit.  Nimium  vero  cum  in  hoc  planeta,  tum  in  Saturno  quoque  ab  illius 
viri  accuratillimis  obfervationfbus ,  quae  meis  etiam  qualibufeunque  confirmantur , 
menfura  tua  recedit,  fiquidem  Jupiter  in  minima  diftantia  tibi  cil  24",  22'"  5),  dun- 
taxat  qui  illi  eft  68"4)'ac  mihi  64" r).  Satiirnus  autem  tibi  19",  40" 5)  qui  illi  72" K), 
mihi  vero  68' r).  Miror  cum  tam  infigne  diterimen  hic  cerneris,  non  fuifie  fufpec- 
tam  hanc  quam  adhibueras  methodum;  fed  erit,  fcio,  aliquando,  ubi  maturius  eam 
expenderis. 

Pareliorum  obfervationibus  tuis  ac  Parafelenarum  plurimum  gavifusfum,  quum 
raro  accurace  adeo  atque  ex  fide  relatas  invenire  fit.  Praecipua  autem  illa  folium 
fimilis  eft  in  multis  illi  quam  Scheinerus  habuit  Romae  Anno  1630,  in  quâ  item  So- 
les 7  cujufque  figuram  ex  epiftola  ipfius p),  quae  in  Gafîèndi  operibus  extat,  reftitui. 
Abeft  tamen  parelius  ex  adverfo  oppofitus  Soli  vero,  nec  non  bini  illi  per  quadran- 
tem  1ère  circuli  a  Sole  disantes.  Rara  plane  cil  illa  crucis  per  Lunam  tranfeuntis 
oblcrvatio  tua,  atque  etiam  Antelij  in  decuïïatione  arcuum  coloratorum  ,  de  cujus 
caula  invenienda,  cum  reliquorum  omnium  eeneam,  difpero,  li  aeque  humilis  ap- 
paruit  atque  Sol  ipfe ,  quemadmodum  Schéma  prae  fe  ferre  videtur.  Rogo  itaque 
ut  hâc  unà  de  re  verbulo  certiorem  me  iacias;  quod  fi  quas  invicem  oblervationum 
a  me  eolleclarum  defideras,  ad  meteora  haec  pertinentium,  lubens  earum  copiam 
faciam.  De  Itudijs  meis  non  mukum  eft  quod  feribam.  Dioptricen  jam  diupro- 
miflàm  typis  committere  paro,  fed  nefeio  quomodo  identidem  inde  revocormodo 
negotijs  aliis,  modo  novis  fpeculationibus  intervenientibus. 

Subjungam  autem  illi  quae  de  parelijs  meditatus  fum  propter  nonnullam  argu- 
menti  limilitudinem.  Tuam  vero  coeleftem  machinam IO)  quando  fperare  nos  jubés? 
Quam  ut  ad  finem  defîderatum  perducere  poflis,  vitam,  otium,  et  profperam  vale- 
tudinem  ex  animo  tibi  comprecor.  Vale. 

Dabam  Hagae  Comitis  25  Julii  1662. 

1     Consultez  son  Almagestum   Novnm  (ouvrage  décrit  dans  In  Lettre  N°.  qRo,  note  7), 
Tome  I ,  page  ~i  !. 

Consultez  son  (,Mercurîus  in  Soie  visns",  page  101. 
Voir  le  „Systema  Saturnium",  page  83. 
Consultez  le  „Systema  Saturnium",  page  84. 
('onsuiie'/  „!' Almagestum  Novum",  Tome  I,  page  ~  1 2. 

Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  \  .  235,  noie  1  p,  où,  dans  le  Tome  V,  aux  pages  400     40:, 
on  trouve  la  lettre  de  G.  Scheiner  a  Gassendi .  datée  3  décembre  1631. 
La  ^Machina  Coeleftis"  dej.  Hevelius  (voir  la  Lettre  N°.  872,  note  6.  dont  le  premier 
volume  parut  en  1672  e!  le  second  volume  en  1676. 


CORRESPONDANCE.     1662.  183 


N=   1038. 

Christiaan  Huygens  h  [Lodewijk  Huygens]. 

27    JUILLET     1662. 

La  lettre  ne  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

le  27  Julii    1661. 

Apres  avoir  cfcrk  a  Mon  Père  ')  et  a  vous  2)  je  fus  extrêmement  fafchè  la  fep- 
mainc  paffée  que  mon  pacquet  arriva  d'un  moment  trop  tard  a  la  Pofte ,  et  d'au- 
tant plus  qu'il  y  avoit  encore  une  lettre  de  ma  foeur ,  la  quelle  groffira  maintenant 
ce  pacquet  icy.  J'y  joins  auiïi  celle  que  je  vous  eferivis  après  y  avoir  effacé  un  ar- 
ticle 3)  qui  n'eftoit  plus  de  faifon.  Pour  celle  de  Mon  Père  elle  n'eft  pas  a  mon  grè 
pour  avoir  elle  eferite  trop  a  la  halle  ,  et  je  croiois  aujourdhuy  luy  en  faire  une  a 
loifir  mais  le  temps  m'a  elle  derobbè  premièrement  par  des  gens  qui  me  font  venu 
veoir  le  matin ,  et  après  diner  par  le  couiin  Martin  Zuerius  4)  qui  eft  arrive  au- 
jourdhuy et  a  difnè  céans  avec  fa  leur  s)  Hamel  et  fon  mary  6).  De  plus  j'ay  ef- 
crit  une  longue  lettre  ")  a  Monfieur  Thevenot  que  je  luy  envoie  icy  avec  l'Ex- 
trait8)  de  la  relation  Chinoife.  n'ayant  donc  point  de  temps  de  refte  je  fuis  bien 
aife  qu'il  n'y  a  pas  des  chofes  importantes  dans  voftre  lettre  fur  les  quelles  il  faille 
beaucoup  raifonner  ou  méditer  pour  y  rc (pondre.  Je  vous  remercie  des  nouvel- 
les, des  quelles  celle  de  la  foeur  y)  cachée  a  Tours  m'a  le  plus  furpris.  Mais  dites 
moy  un  peu  comment  vous  eftes  maintenant  avec  la  Signora  Mar  IO).  y  allez  vous 
encore  ou  elles  vous  exclus  depuis  que  ce  Seigneur  Comte  y  règne. 

Je  feavois  trefbien  qui  eftoit  Madcmoifelle  de  l'Enclos  IX),  et  Moniieur  de 
Boifrobert  I2)  m'a  plus  de  trois  fois  promis  de  m'y  mener,  mais  toufjours  il  y 
eft  venu  quelque  empefehement.  Il  me  monitra  un  tableau  ou  elle  eftoit  peinte 
toute  nue,  lors  qu'elle  eftoit  encore  raifonnable,  mais  a  cet  heure  elle  eft  pailée, 


')    Nous  ne  possédons  pas  dans  nos  collections  cette  lettre  à  Constantyn  Huygens,  père:  au 

reste,  elle  n'a  pas  été  expédiée. 
-)   Consultez  la  Lettre  N°.  1036. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1036,  note  10. 

4)  Martin  Suerius,  fils  de  Jacob  Suerius  et  de  Johanna  Lopes.  Voir  la  Letrre  N°.  78  ,  note  4. 

5)  Sara  Suerius.  Voir  la  Lettre  N°.  78 ,  note  2. 

6)  Gérard  Hamel  Bruyninx.  Voir  la  Lettre  N°.  919,  note  5. 

:)    Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  à  M.  Thevenot. 

8)    Voir  l'Appendice  N°.  1039. 

y)    Consultez  la  Lettre  N°.  1 03 1 . 

IO)  Marianne  Petit. 

")  Anne,  dite  Ninon  de  l'Enclos,  fille  d'un  gentilhomme  Tourangeau,  grand  joueur  de  luth, 
naquit  en  1 61 5  à  Paris,  où  elle  mourut  le  17  octobre  1705.  Elevée  par  son  père  dans  la  phi- 
losophie épicurienne,  elle  entra  en  1631  dans  sa  longue  carrière  galante,  qu'elle  poursuivait 
encore  en  1690. 

I2)  Sur  François  le  Metel ,  seigneur  de  Boisrobert,  v  oir  la  Lettre  K°,  604,  note  14. 


I  ,S 4  CORRESPONDANCE.     ï6C)2. 


et  converfe,  a  ce  qu'on  dit,  avec  les  femmes  honneftes  après  que  l'âge  luy  a  fait 
quiter  Ton  premier  meftier.  Mon  Père  la  voit  aflurement  pour  l'amour  de  la  mu- 
fique  et  je  n'en  veux  point  avoir  d'autre  penfee  I3}. 

Hier  nous  difnafmes  chez  la  Tante  de  St.  Annalandt  I4)  ou  ma  foeur  fit  lecture 
de  voftre  lettre.  Quand  on  y  voit  ces  deferiptions  de  beaux  lieux  que  tous  les  jours 
vous  allez  vifiter,  l'on  juge  que  vous  pafîèz  le  temps  le  plus  agréablement  du 
monde,  ce  encore  vous  vous  plaignez.  Adieu,  vous  aurez  de  l'argent  bientôt!  puif- 
que  el  Signor  Padre  nous  envoie  une  lettre  de  change  de  800  ffi. 


N=  1039. 

CllRISTIAAN    HUYGENS    à    [M.    ThEVENOTJ. 

Appendice  au  No.   1038. 
[juillet   1662.] 

La  copie  se  trouve  à  Leiden  ,  coll.  Huygens. 

Ex  itinerario  Chinenfi  Hollandorum  Anno  1656.57  ')• 
Nankin  de  2de  hooftltad  in  China  32  graden  altitudinis  poli  25  mylen  vande  zee. 
5  uren  gaens  wel  betimmert  maer  den  omringh  van  haer  mueren  6  duytfche  mylen, 


Traduction  : 

Nankin,  la  2dc  capitale  de  la  Chine,  32  degrés  de  hauteur  polaire,  à  25  milles  de  la  mer, 
bien  bâtie  fur  une  longueur  de  5  lieues,  mais  la  circonférence  de  l'es  murs  elt  de  6  milles 


'3)  Arago,  dans  son  esquisse  biographique.de  Christiaan  Huygens  (voir  les  Œuvres  Complètes 
de  François  Arago  par  J.  A.  Barrai,  1855, in-8°,  Tome  III,  page  321),  dit  :  „IIuygens  clans 
un  de  ses  voyages  à  Paris,  connut  Ninon  de  Lenclos,  et  lui  adressa  des  vers  peu  irréprochables 
sous  le  rapport  de  la  pensée  et  de  la  forme.  Voltaire  a  eu  la  malice  de  nous  les  cou  server,  et 
ils  sont  souvent  eités  par  ceux  qui  prétendent  établir  l'incompatibilité  du  génie  en  matière 
de  sciences  et  du  talent  poétique.  Une  telle  conclusion,  il  faut  favouer,  est  peu  logique  lors- 
qu'elle a  pour  base  quatre  mauvaises  rimes  mises  en  balance  avec  ce  que  l'esprit  humain  a  pro- 
duit de  plus  ingénieux."  Cette  défense  d'Arago  est  superflue,  car  il  est  prouvé  aujourd'hui 
que  les  vers  en  question  ne  sont  pas  de  Christiaan  Huygens,  mais  de  son  père  Constantyn. 
L'erreur  vient  deFontenelle  qui,  dans  ses  ^Mémoires  sur  la  vie  de  Mademoiselle  de  Lenclos", 
attribue  le  quatrain  à  Christiaan  Huygens;  celui-ci  l'aurait  écrit  pendant  le  séjour  qu'il  lit  a 
Paris,  „lorsqif  ileut  été  nommé  ambassadeur  des  Ktats-C.énéraux  en  France  de  \66\  à  1665." 
Or,  cet  ambassadeur  est  Constantyn  Huygens,  père. 

'4 1  Geertruid  Doubler,  née  I  luygens. 

Cette  relation  de  voyagea  été  publiée  plus  tard  sous  le  titre: 

llet  Gezantfchap  der  Neérlandtfche  Ooft-Indifche  Compagnie,  aen  den  Grooten  Tar- 
tarifeben  Cham,  den  tegenwoordigen  Keizer  van  China:  waer  in  de  gedenkwaerdighfte  Ge- 
fchiedeniflen ,  die  onder  het  reizen  door  de  Sineefche  Landtfchappen,Quantung,  Kiangfi, 
Nanking,  Xantung,  en  Peking,  en  aan  het  Keizerlijke  I  lof  te  Pékin:1;,  federi  den  jare  1655. 


CORRESPONDANCE.    1662.  185 


behalven  de  voorfteden  daer  't  eijnde  van  te  foecken  is.  ftraeten  meert  recht  uijt, 
28  treden  breed  en  met  fteenen  beleydt.  borgers  huyfen  flecht  gebouwt,  hebben 
ganfch  geen  gerief.  doch  de  winckels  feer  net  en  vol  komanfchappen.  10  duyfend 
mael  duijfend  menfchen  dat  is  10  millioen.  land  rontom  feer  vruchtbaer.  een  fyde 
van  't  palleijs  20000  treden  lang.  daer  hanght  een  klock  boven  een  der  poorten 
van  2  mans  lenghten  hoogh  ,  32  vadcm  in  't  rond.  |  cl  dick.  doch  flecht  van  klanck. 
Buijten  de  ftadt  aen  de  fuydfijde  is  de  groote  pagode  Paolinxi.  1000  priefters: 
hebben  daer  een  gebouw  daer  juijft  10000  beelden  in  fijn.  In  't  midden  van  de 
plaets  ftaet  een  tooren  van  porceleijn  die  over  700  jaer  van  de  Tartaren  getimmert 
is.  heeft  9  verwulfde  verdiepingen,  is  184  trappen  hoogh.  andere  vind  ick  leegher. 
aen  aile  hoecken  van  't  dack  hangen  kopere  klockjes.  Jefuiten  hebben  te  Nankin 
een  kerck. 

Pékin  de  hooftrtad  daar  den  Keijfer  refideert.  is  het  rechtc  Cambalu  en  gelegen 
in  Cathaya.  Leydt  een  weijnigh  landwaert  in ,  op  de  hooghde  van  40  graden.  de 
muren  vande  binnefladt  dicht  vol  bollcwercken  en  een  rivier  voor  een  gracht.  (an- 
dere fteden  van  China  meeft  fonder  grachten.)  de  ftraten  niet  geplaveijt.  Somers 
fchrickelijck  ftof.  van  de  heuvelen  aen  de  flinckerfydc  in  't  uijtkomen  van  de  lhdt 


allemandes,  outre  les  faubourgs,  dont  on  chercherait  en  vain  les  limites.  Les  rues  pour  la 
plupart  toutes  droites,  larges  de  2  S  pas  et  recouvertes  de  pierres,  les  maifons  des  habitants 
mal  bâties,  ne  font  pas  commodes  du  tout,  mais  lesmagafms  très  propres  et  pleins  de  mar- 
chandifes.  10  mille  fois  mille  perfonnes,  c'eïl-à-dire  10  millions,  le  pays  alentour  très-fer- 
tile. Un  côté  du  palais  eft  long  de  20000  pas,  une  cloche  y  eft  fufpendue  au  dessus  d'une 
des  portes,  haute  de  2  hauteurs  d'homme,  32  brafles  de  circonférence,  épahTeur  i-  d'aune, 
mais  d'un  mauvais  ton.  En  dehors  de  la  ville  du  côté  fud  cfl:  la  grande  pagode  Paolinxi. 
1000  prêtres:  ont  là  un  édifice  où  fe  trouvent  exactement  10000  ftatues.  Au  milieu  de  la 
cour  eft  une  tour  en  porcelaine,  qui  a  été  bâtie  par  les  Tartares  il  y  a  700  ans.  a  9  étages 
voûtés,  eft  haute  de  184  marches  d'efcalier.  je  trouve  les  autres  plus  balles.  A  tous  les 
coins  du  toit  pendent  de  petites  cloches  de  cuivre,  les  Jéfuites  ont  une  églife  à  Nankin. 

Pékin  la  capitale  où  réfide  l'Empereur,  elle  eft  le  vrai  Cambalu  et  fe  trouve  dans  Cathaya. 
eft  fituée  à  quelque  diftance  de  la  mer,  à  la  latitude  de  40  degrés,  les  murs  de  la  ville  in- 
térieure tout  garnis  de  baftions  et  une  rivière  pour  folle,  (d'autres  villes  de  la  Chine 
font  pour  la  plupart  fans  foffés).  les  rues  ne  font  pas  pavées.  Daps  l'été  pouffière  ter- 
rible, des  collines  du  côté  gauche  en  fortant  de  la  ville,  on  peut  voir  la  grande  muraille 


tôt  1657,  zijn  voorgevallen  ,  op  het  bondigfte  verhandelt  worden.  Beneffens  een  Naukeurige 
Befchryving  der  Sineefche  Steden,  Dorpen ,  Regeering,  Wetenfchappen,  Hantwerken, 
Zeden,  Godfdienften,  Gebouwen,  Drachten ,  Schepen ,  Bergen,  Gewaflen,  Dieren,  &c.  en 
Oorlogen  tegen  de  Tarters.  Vcrciert  met  over  de  150.  Afbeeltfels,  na  't  leven  in  Sina  gete- 
kent.  En  befehreven  door  Joan  Nienhof;  toen  eerfte  Hofmeefler  des  Gezantfchaps,  tegen- 
woordig  Opperhooft  in  Coylan.  t'Amftefdatn,  By  Jacob  van  Meurs,  Boekverkooper  en 
Plaetfnijder,  op  de  Keyzers-Graft,  fcluiyn  over  de  Wefter-marct,  in  de  Stadt  Meurs. 
Anno  1665. 1)  Dl.  in-folio. 

Œuvres.  T.  IV.  24 


1 86  CORRESPONDANCE.     1662. 


kan  men  de  groote  muer  lien  hoc  die  over  de  bergen  loopt.  het  paleijs  midden  in 
de  ftadt  recht  vierkant ,  begrijpt  binnen  de  sde  muer  1 1  ly  2)  dat  is  |  uijrs. 

Tamerlan  3)  heeft  defe  ftadt  vermeeftert  gehad  en  80  jaer  in  gehouden.  Nadcr- 
handt  van  den  Roover  Lij  4)  ingenomen,  0111  van  welcken  verloft  te  fijn  de  Chi- 
nefen  den  Tartar  haer  onderworpen  hébberi ,  die  nu  ailes  in  China  befit.  Is  niet 
den  grooten  Cham  5),  maer  een  van  de  kleynfte  Koningen  uyt  Tartaria.  Dacr 
fynder  8  verfcheyden  waer  van  ieder  fouverain  is.  Komen  bij  defen  om  van  hem 
befehoncken  te  worden  ,  fynde  aile  arm. 

Den  rijxraedt  van  China  plagh  voor  defen  te  beftaen  uijt  6  perfonen»  hier  van 
haddc  elck  buyten  defen  racdt  fijn  eygen  bedieningh.  en  tôt  de  felve  fijn  particu- 
lieren  raedt  daer  in  hy  prefideerde.  d'eene  was  over  den  itaec  van  't  rijck  ofte 
faecken  van  ftaet.  de  ade  over  de  kryghfmacht.  de  3de  opper  bouw  heer  en  hooge 
heemraedt.  de  4de  over  de  tollen  en  fchattingen  des  Coninx.  de  5de  over  het  hais 
gericht.  de  6de  over  de  officiel!  in  Politic  die  hy  aile  vergaf.  defe  regeeringh 
heeft  den  Tartar  onverandert  aldus  gelaten,  alleenlijck  een  Tartar  by  ijder  by- 
voegende,  die  mede  fijn  eygen  raedt  magh  houden.  In  den  voorfeyden  eerften 
raedt  fijn  ooek  de  Nederlandfche  faecken  verhandelt.    Beftaet  uyt  Ooft  Tarta- 


comme  elle  paffe  par  les  montagnes,  le  palais  au  milieu  de  la  ville,  parfaitement  carré, 
comprend  audedans  du  2d  mur  12  lij  2)  c'efl-à-dire  i  de  lieue. 

Tamerlan  3)  s'eft  rende  maître  de  cette  ville,  et  l'a  occupée  !io  années,  plus  tard  prife 
par  le  brigand  Lij 4).  pour  être  délivrés  de  lui,  les  Chinois  lé  font  fournis  au  Tartare,  qui 
maintenant  poffède  tout  en  Chine.  Ce  n'eu;  pas  le  grand  Cham  s),  mais  un  des  plus 
petits  rois  de  Tartarie.  11  y  en  a  8  divers,  qui  font  chacun  fouverains.  Etant  tous  pau- 
vres ils  viennent  chez  celui-ci  pour  recevoir  des  cadeaux. 

Le  (  'onfeil  de  l'empire  de  la  Chine  avant  ce  temps  était  formé  de  6  membres,  dont  cha- 
cun, hors  de  ce  (  'onlèil,  avait  l'on  propre  1er  vice;  et  pour  cela  ion  (  'onfeil  particulier,  qu'il 
préfidait.  L'un  était  pour  l'état  de  l'empire  on  les  affaires  d'état,  le  fécond  pour  l'armée,  le 
3e  était  architecte  et  infpecteur  en  chef  des  digues,  le  4e  était  pour  les  droits  et  taxes  du 
R.oi.  le  5e  pour  la  juftice  criminelle,  le  6e  pour  les  offices  de  police,  qu'il  difhibuait 
tous.  Les  Tartares  n'ont  pas  changé  cette  adminiftration,  mais  ont  feulement  adjoint  à 
chacun  un  Tartare,  qui  lui  auffi  peut  avoir  l'on  confeil  particulier.  Dans  le  premier  con- 
léil  fufdit  on  a  traité  les  affaires  néerlandaifes.  Il  cft  compofé  de  Tartares  tant  de  la  Tar- 


2)    Un  Lij  équivaut  a  environ  37]  mètres. 

•>)  Timour  (appelé  aussi  Timour-Leng,  Tamerlan),  fils  du  chef  de  tribu  Taragai,  naquit  en 
1  336  a  Kesch  et  mourut  àOtrar  en  1  405.  Il  devint  chef  des  Tartares,  soumit  l'Asie  Mineure, 
s'établit  a  Samarcamle  et  avait  résolu  d'envahir  la  Chine,  lorsqu'il  périt  par  le  froid. 

A)    Licungzu     appelé'   Lij  ),  lit  irruption  dans  la  Chine  en  1041  ,  la  pilla,  la  dévasta,  et  enfin 
lit  empereur. 
I  i.aiu    Khan    est  le  nom  des  chefs  des  Tartares. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  187 


ren,  Weil  Tartaren  en  Chinefen.  Befluytcn  met  eenparicheijt  van  ftemmen.  ge- 

lijck  oock  in  aile  d'andere  Collégien. 

Als  de  Keyfer  uyt  rijdt  kan  men  van  wegen  de  ketel-trommels  crompetten 
Gommen  &c.  hooren  noch  fien.  2000  Tarcarifche  ridders  vergefclfchappen  hem. 
rijdt  neftens  noch  4  andere  heeren.  Heefc  in  tijne  haven  10000  fchepcn  ieder 
niet  min  als  van  50  lait,  geniet  het  5^e  deel  van  al  't  porceleijn.  een  toll  van  aile 
inkomende  fchcpen  in  Canton. 

Heefc  nu  geen  vyanden  als  den  See  Rover  Coxinja5)  die  inde  Provincie  Sincheo 
fomwylen  invallen  doet.  Sijn  vadcr  Iquam  r)  fit  te  Pékin  in  fijn  eygen  huijs  gemet- 
felt  en  aen  kettingen  0111  hais  en  beenen,  die  gedurende  het  aenwcfen  onfer 
gefanten  3),  verfwaert  wierdcn  tôt  15  toc,  op  feeckere  quacde  tijdingh  van 
fijn  foon. 

Sij  vonden  dacr  een  ambafîadeur  uyt  Mofcovien,  die  in  6  maenden  gereijfl: 
quam  te  lande  en  in  de  fomer  in  4  maenden  fonde  konnen  overkomen.  en  maeck- 
ten  het  te  bonty),  en  wierd  den  I4feptember  1656  ledigh  en  onverhoort  wegh 


tarie  orientale  que  de  l'occidentale,  et  de  Chinois.  Dédiions  prifes  à  l'unanimité,  comme 
aufli  dans  tous  les  autres  Collèges. 

Quand  l'Empereur  fe  promène  à  cheval,  on  ne  peut  entendre  ni  voir  à  caufe  des  tim- 
bales, tambours,  trompettes  et  gongs.  2000  chevaliers  Tartares  l'accompagnent,  à  fon 
côté  font  encore  4  autres  feigneurs  à  cheval.  Il  a  10000  navires  dans  fon  port,  dont 
aucun  ne  jauge  moins  de  50  lafts.  La  5e  partie  de  toute  la  porcelaine  lui  eit  duc. 
un  droit  de  tous  les  vaiffeaux  qui  abordent  à  Canton. 

N'a  d'autres  ennemis  maintenant  que  le  Pirate  Coxinja  6) ,  qui  quelquefois  fait  des 
invafions  dans  la  province  Sincheo.  Son  père  Iquam  r)  cft  muré  dans  la  propre  maifon 
à  Pékin  et  attaché  parle  cou  et  les  pieds  à  des  chaînes,  qui  durant  la  préfence  de  nos 
ambaifadeurs  8)  furent  augmentées  jufqu'à  15,  fur  certaines  mauvailes  nouvelles 
de  fon  fils. 

Ils  y  trouvèrent  un  Ambalfadeur  de  Mofcovie,  qui  était  arrivé  après  un  voyage  de 
6  mois  par  terre,  et  en  été  pourrait  faire  le  trajet  en  4  mois,  il  montra  trop  de  raideur  9) 


6)    Coxinga,  le  fameux  pirate  Chinois,  s'était  alors  niché  dans  cinq  petites  îles  de  la  rivière 

Kiang,  près  de  Nankin.  En  1640  il  avait  mis  à  mort  le  pasteur  Antonius  Ilambroek,  lors  du 

siège  de  l'île  Formose. 
r)    Iquam,  né  dans  la  province  Chinoise  Fohien,  servit  d'abord  les  Hollandais  à  Formose,  mais 

ensuite  il  devint  pirate  et,  comme  tel ,  inspira  beaucoup  de  terreur  aux  Chinois.  Enfin,  il  fut 

attiré  par  trahison  à  Peking,  et  mis  en  prison. 
8)    Ces  ambassadeurs  étaient  : 

Pieter  de  Goyer  et  Jacob  de  Keyzer,  tous  les  deux  facteurs  en  chef  à  Batavia. 

Us  avaient  été  envoyés  le  14  juin  1655,  sur  l'ordre  du  gouverneur-général  Johan  Mae;  - 

suycker. 
y)    Il  refusait  avec  dédain  de  se  soumettre  à  l'étiquette  de  la  cour  Chinoise. 


I  88  CORRESPONDANCE.     I  662. 


gefonden.  deden  de  onfe  adieu  feggen.  De  Tartars  quaemen  bij  ons  nae  de  gele- 
gentheijt  van  de  Mofcoviten  ondervragen. 

Den  voornaemfte  van  de  ïartarifche  Koningen  die  in  de  itad  Samercando  fijn 
hof  hout  hadde  deien  Mofcoviter  30  perfonen  by  gevoeght  0111  hem  te  gcleyden , 
die  met  fchenkagien  weer  om  gefonden  wierden. 

De  moren  hebben  over  lange  jaeren  getracht  de  Mahometacnlche  Religie  in 
China  in  te  voeren.  defe  komen  uyt  het  lant  vanden  grooten  Mogol.  den  Tartari- 
fchen  Kcijfer  vcrnomen  hebbende  dat  iij  in  feeckere  ftadt  inde  provincie  Xenfi  feer 
machtigh  wierden  en  aile  met  Chineiche  vrouwen  getrouwt  waeren,  geboodt 
haer  uijt  het  landt  te  vertrecken  fonder  eenighe  van  haere  vrouwen  mede  te  mo- 
gen  nemen.  de  moren  haar  daer  tegen  ftellende  wierden  meeft  doot  geflagen. 

Evenwel  in  't  jaer  1 656  den  3  Auguftus  quam  tôt  Pékin  weder  ecn  Ambafladeur 
van  den  Mogol  met  gefchenken,  als  300  gemeene  pacrden.  2  perfiaenfchc  paerden. 
10  picol  Coldrijnfteen  :o).  2  rtruyfvogels.  200  moorfehemcfTèn.  4  drommedarifen. 
2  arenden.  2  Alcativen  II).  4  boghen.  1  zadel  met  fijn  toebehooren.  8  Rhinocéros 
horens. 

daer  komen  oock  jaerlijx  om  haer  tribuijt  te  betalen  gefanten  uyt  de  quar- 
tieren  van  Tartaria  aen  de  Noordzij  gelegen  ontrent  Efo.  defe  brengen  aller- 


et  fut  renvoyé  le  14  feptembre  1656  fans  audience,  ni  réponfe.  lit  faire  l'es  adieux  aux 
nôtres.  Les  Tartares  vinrent  auprès  de  nous  pour  nous  interroger  fur  les  affaires  des 
Mofcovites. 

Le  principal  des  rois  Tartares,  qui  tient  fa  cour  dans  la  ville  de  Samarcande,  avait 
donné  à  ce  Mofcovitc  une  efeorte  de  30  perfonnes,  qui  furent  renvoyées  avec  des 
cadeaux. 

Les  Maures  depuis  longues  années  ont  taché  d'introduire  la  Religion  Mahométane 
en  Chine,  Ceux-ci  viennent  du  pays  du  grand  Mogol.  L'empereur  Tartare  ayant  ap- 
pris qu'ils  devenaient  très  puilfants  dans  certaine  ville  de  la  province  Xenfi,  et  que  tous 
avaient  époufé  des  femmes  Chinoifes,  il  leur  ordonna  de  fortir  du  pays,  fans  pouvoir 
emmener  avec  eux  aucune  de  leurs  femmes,  les  Maures  ayant  fait  réiiltance,  ils  lurent 
afTommés  pour  la  plupart. 

Pourtant  dans  l'année  1656,  le  3  août,  il  vint  de  nouveau  à  Pékin  un  ambafladeur 
du  grand  Mogol  avec  des  cadeaux,  à  lavoir  300  chevaux  ordinaires,  2  chevaux  perfans, 
10  picols  de  pierre  coledrine  I0),  2  autruches,  200  couteaux  maures,  4  dromadaires, 
2  aigles,  2  alcatifs  ")■>  4  arcs,  1  Celle  avec  acceflbires,  8  cornes  de  rhinocéros. 

Annuellement  aulli  il  y  vient  pour  payer  leur  tribut  des  amballadeurs  des  quartiers 
de  Tartane  fitués  du  côté  feptentrional  près  de  Efo.  (  cux-ci  apportent  toutes  fortes  de 


°)  Cettj  pierre  était ,  disait-on,  un  préservatif  contre  les  poisons,  en  présence  desquels  elle 

se  brisait  tout  de  suite. 

<  !es  alcatifs  sont  de  petits  tapis  persans,  qu'on  étend  sur  les  dalles,  pour  s'y  accroupir. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  I  89 


hande  pelterijen.  Daer  waerender  doenmaels  aengekomen  met  300  arme  huyi- 
gefinnen,  aile  met  vifch  vellen  bekleedt,  om  in  Canton  en  elders  verplaetfl  te 
werden. 

Word  oock  jaerlijx  begroet  uyt  Corea. 

de  doden  werden  bijnae  met  fulcke  cerimonien  als  in  Europa  begraven.  het 
lijck  van  veele  gevolght  werdende,  die  in  oude  fwarte  kleederen  gekleedt  fijn. 

De  Keyfer  hadde  tôt  noch  toe  1 1  vrouwen  gehadt.  doch  door  aenftoockingh 
van  fijn  raden  was  gereiblveert  dit  getal  te  vergroten  tôt  op  107,  gelyck  altijdt 
de  Chinefche  Koningen  gehad  hebben.  die  fijn  dochter  de  Keyfer  gceft,  mach 
rekeningh  maecken  van  die  noyt  weer  te  fien ,  om  de  naeuwe  bewaering.  die 
hem  niet  aen  en  ftaen  moeten  dien  felven  nacht  gedoot  werden. 

De  Jefuiten  hebben  te  Pékin  en  elders  kercken  daer  fij  haer  godfdienft  oeff'e- 
nen.  feggen  dat  de  Keyfer  daer  oock  felfs  eens  in  geweeft  is.  T'  is  altijdt  fee- 
cker  dat  fij  over  al  in  China  feer  gefien  fijn.  Den  Jefuit  Adam  Schall  i:)  is  foo 
gemeen  met  de  Keyfer  dat  hij  by  hem  magh  komen  alft  hem  luft  ").  Doch  onder 
de  oorfaecken  waerom  fij  foo  veel  vryicheydt  in  China  genieten  is  defe  oock 
wel  een  van  de  voornaemlte ,  dat  fij  inde  Sterrekunde  ende  den  loop  des  hemels 


fourrures.  Il  en  était  arrivé  alors  avec  300  familles  pauvres,  toutes  vêtues  de  peaux  de 
poiffons,  pour  être  tranfférées  à  Canton  ou  ailleurs. 

Il  efl  auffi  falué  annuellement  de  la  part  de  la  Corée. 

Les  morts  font  enterrés  prefque  avec  les  mêmes  cérémonies  qu'en  Europe,  le  cadavre 
étant  fuivi  de  beaucoup  de  perfonnes,  qui  font  habillées  de  vieux  habits  noirs. 

L'empereur  avait  eu  jufqu'ici  21  époufes,  mais,  à  l'inftigation  de  fes  confeillers,  on 
avait  réfolu  d'augmenter  ce  nombre  jufqu'à  107,  comme  les  Rois  Chinois  avaient  tou- 
jours eu.  Celui  qui  donne  fa  fille  à  l'Empereur,  doit  compter  ne  plus  jamais  la  re- 
voir, à  caufe  de  la  garde  févère.  Celles  qui  ne  lui  plaifent  pas  doivent  être  tuées  la 
nuit  même. 

Les  Jéfuites  ont  à  Pékin  et  ailleurs  des  églifes,  où  ils  pratiquent  leur  religion;  ils  difent 
que  l'Empereur  lui-même  y  a  été  une  fois.  Toujours  eft-il  certain  que  partout  en 
Chine  ils  font  très-bien  vus.  Le  Jéfuite  Adam  Schall I2)  efl  il  familier  avec  l'Empereur, 
qu'il  peut  venir  chez  lui  quand  bon  lui  femble  ")•  Mais,  parmi  les  caufes  pour  lefquelles 
ils  jouiffent  de  tant  de  liberté  en  Chine ,  une  des  principales  eft  bien  celle-ci  qu'ils  font  très 


'-)  Johann  Adam  Schall  naquit  à  Cologne  en  1 591  et  mourut  en  Chine  le  15  août  166 1.  Entré 
chez  les  Jésuites  en  161 1,  il  partit  comme  missionaire  avec  le  Père  Nicolas  Trigaut  pour  la 
Chine,  où  il  devint  président  du  tribunal  des  mathématiques  sons  l'Empereur  Chien-talie, 
mais  plus  tard  il  tomba  en  disgrâce.  Sous  le  nom  Thang-Jowang  et  le  surnom  Tao  wei  il  a 
publié  23  ouvrages  en  Chinois,  tant  de  religion  que  de  sciences  mathématiques,  et  en  outre 
150  manuels 


IQO  CORRESPONDANCE.     \66l. 


wcl  ervaren  fijn,  daer  in  defe  Keyfer  en  al  fijne  grooten  een  fonderlingh  ver- 
maeck  fcheppen ,  en  haer  felven  oefFencn. 

Behalven  de  Portugiefen  fijn  de  Chinefen  van  Sincheo  aen  de  onfe  mcefl:  in 
de  weegh. 


vcrfe's  dans  l'Aftronomie  et  dans  le  cours  des  corps  céleftes.  Or,  l'empereur  et  tous  fes 
grands  y  prennent  un  plaifir  fingulier,  et  s'y  exercent. 

Outre  les  Portugais,  les  Chinois  de  Sincheo  donnent  le  plus  d'embarras  aux  nôtres. 


")  Deien  Jefuit  is  al  46  jaar  in  China  gewecit,  en  nu  op  de  Tartarifche  wijfe 
gefchoren ,  is  van  Ceulen. 


0    Ce  Jéfuite,  déjà  depuis  46  ans  en  Chine,  eft  raie  maintenant  à  la  mode  des  Tartares. 
il  eft  de  Cologne. 


N2  1040. 

ISM.    BOULLIAU    à    CllRISTIAAN    HlJYGENS. 
8    AOÛT     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  Nu. 

A  Paris  le  8  Aouft  1662. 

Monsieur 

Je  vous  eferis  la  prefente  pour  vous  renouueller  les  proteftations  de  mon  tref- 
humble  feruice,  &  pour  vous  donner  aduis  que  j'ay  mis  entre  les  mains  de  Mon- 
fieur  de  Zulichem  voftre  peré  vn  petit  pacquet,  dans  lequel  il  y  a  trois  exem- 
plaires du  petit  traifté  ')  que  j'ay  autreffois  tait  de  Natura  lucis,  dont  je  vous 


De  Natvra  Lvcis.  Authore  [fmaele  Bvllialdo  [uliodunenfi.  Parifiis,  Apud  I.vdovicvm  de 
Hevqveville,  via  [acobaeâ,  fub  figno  Pacis    m.dc.xxxviii.  Cvm  Privilegio  Régis.  in-8°. 


CORRESPONDANCE.    1662.  I  9  I 


promis  de  vous  en  enuoyer  vn ,  que  je  vous  fupplie  d'accepter  pour  vne  marque 
de  l'eftime  finguliere  que  je  fais  de  voftre  perfonnc  &  de  vos  mérites.  Je  vous  fup- 
plie auflî  d'auoir  la  bonté  de  me  rendre  ce  bon  office ,  que  de  rendre  a  Monfieur 
Voffius  l'exemplaire  que  je  luy  cnuoye ,  &  de  Faffèurer  auffi  que  je  fuis  fon  tref- 
humble  feruiteur.  Le  troifiefme  eft  pour  Monfieur  Hudde  d'Àmfterdam,  que  je 
vous  enuoye  tout  cachette  &  enueloppé ,  afin  que  vous  n'ayez  autre  peine  que  de 
F  enuoyer  a  la  porte  fur  le  Viverberg  ou  par  telle  autre  voye  qu'il  vous  plaira  qui 
foit  feure. 

Je  veids  2)  hier  a  minuit  la  nouuelle  eftoile  in  Collo  Ceti ,  qui  eft  fi  belle  &  fi 
lumineufe  que  la  Lune  ne  mempefcha  point  de  la  voir,  elle  3)  dans  la  mefme 
fituation  que  je  la  veids  l'an  pafïe  a  la  fin  d'Aouft. 

Auec  voftre  permiffion  je  falueray  de  mes  trefhumbles  baifemains  Monfieur 
voftre  frère  4)  a  qui  je  fais  &  a  vous  auffi 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  &  trefobeiflant  feruiteur 

I.    BOULLIAU. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 

A  la  Haye. 


2)  11  s'agit  de  l'étoile  0  Ceti  (appelée  par  Hevelins  Mira  Ceti)  (Consultez  la  Lettre  N°.  872). 
Observée  dour  la  première  fois,  le  13  août  1596,  par  David  Fabricius,  pasteur  à  Resterhaeve, 
elle  disparut  en  octobre  1596,  mais  fut  retrouvée  par  Fabricius  en  1609;  Keppler  la  chercha 
sans  succès  en  août  1609.  Plus  tard  elle  a  été  oubliée  jusqu'en  1640,  année  où  Hohvarda, 
à  Franeker,  en  démontra  la  variabilité  périodique.  L'observation  mentionnée  dans  la  lettre 
ci-dessus  est  d'un  intérêt  particulier,  puisque  Argelander,  qui  a  rassemblé  toutes  ces  observa- 
tions (voir  BonnerBeobachtungen,  Tome  VII,  page  323),  rapporte  celles  de  Hevelius,  mais- 
laisse  ensuite  une  lacune  de  1661  ài66r;  en  effet,  l'observation  de  Boulliau  ne  se  trouve  pas 
dans  son  ouvrage: 

Ifm.  Bullialdi  Adaftronomos  monitaduo:  priiuum  de  ftellà  nova  quae  in  Collo  Ceti  ante 
aliquotannos  visa  eft;  alterum  de  nebulosàin  Audromedae  Cinguli  parte  boreâ,  antebiennium 
iterum  ortà.  Parisiis.  1667.  in-40. 

où  il  a  discuté  seulement  ses  observations  de  1638  jusqu'à  1660. 

3)  Intercalez:    eft. 

1)    Constantyn  Iluygens. 


I92  CORRESPONDANCE.    1662. 


N=  1041. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 
10  août  1662. 

I.a  lettre  et  la  copte  se  trouvent  à  Le'tden  ,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  ce  10  Aouft  1662. 

Vous  n'avez  rien  receu  de  ma  part  par  le  dernier  ordinaire  a  caufe  du  voiage 
d'Amfterdam,  ou  je  fus  avec  le  frère  de  Moggerfhill  *)  pour  aflifter  a  l'enterrement 
du  coufin  J.  de  Vogelaer  2),  et  auffi  parce  que  j'y  avois  affaire,  nous  partifmes  le 
mercredy  •>)  a  6  heures  du  matin  avec  le  chariot  de  porte  4)  et  arrivâmes  a  Amfterdam 
une  demie  heure  devant  midy  5),  qui  eft  une  grande  commodité  et  a  pris  raifonna- 
ble,  car  on  ne  paie  que  4  francs.  A  2  heures  nous  allâmes  a  la  maifon  mortuaire <î), 
et  le  tout  eftant  achevé  a  3 ,  nous  eûmes  tout  le  refte  de  l'aprefdinée  pour  nous 
promener.  Il  n'eft  pas  befoin  que  je  vous  dife  rien  du  grand  deuil  qu'on  y  mena 
ni  combien  il  y  fut  verfè  de  larmes ,  parce  que  vous  pouuez  aflèz  vous  l'imaginer. 
Il  y  a  plus  de  3  tonnes  d'or  a  partager,  et  cependant  force  de  malcontants,  qui 
s'en  eftoient  promis  plus  ample  portion  qu'ils  n'auront.  Tout  eftoit  encore  pai- 
iible  quand  nous  y  fufmes,  mais  le  mefme  foir  le  teftament  eftant  ouvert  on  dit 
qu'il  y  eut  beau  bruit,  et  que  Dan  7)  et  le  neveu  8)  qui  eft  Secrétaire  tempefte- 
rent  comme  des  enragez.  Auri  facra  famés  quid  non  &c. 

En  la  chambre  ou  s'eftoit  aftèmblè  le  parentage  fequioris  fexus,  nous  trouvâmes 
entre  autres  les  2  AerfTens 9),  (dont  Tune  eft  la  pour  le  faire  guérir  de  fa  gangrené) 
avec  dcmoifelle  Amaranthe  IO)  et  ce  fut  avec  ce  noble  trio  et  dans  leur  carotte  que 
nous  promenâmes  jufqu'au  foir.  Le  lendemain  nous  courufmes  par  toute  la  ville  a 
faire  nos  mefïagcs,  et  veoir  les  nouveaux  baftiments. 

*)    Philips  Doublet,  fils. 

;)  Johannes  de  Vogelaer,  mort  célibataire  en  juillet  1662  et  enterré  dans  le  Nieuwe  kerk  le 
2  août.  Il  était  le  fils  de  Marcns  de  Vop;elaer  et  de  Margaretha  van  Valckenborgh. 

3)  C'est-à-dire  le  2  août. 

4)  Le  „Haagsche  postwagendienst"  (service  de  voitures  à  la  Haye)  commença  en  1660;  ce  tut 
la  première  entreprise  de  ce  genre  aux  Pays-Bas.  Les  voitures  arrivaient  a  Amsterdam  au 
Singel  près  du  Korstjespoortsteeg,  où  se  trouve  une  maison  dont  la  façade  est  ornée  d'un 
chariot  sculpté. 

5)  La  distance  de  la  Haye  à  Amsterdam  est  d'environ  61  kilomètres,  et  les  chemins  étaient  pour 
la  plupart  très-sablonneux. 

r')    Cette  maison  était  située  au  Barndesteeg,  où  la  famille  de  Vogelaer  s'était  établie  dés  son 

arrivée  à  Amsterdam. 
:  j    Daniel  de  Vogelaer  était  le  frère  du  défunt.  Voir  la  Lettre  N°.  148,  note  1. 
8)   Jacob  de  Vogelaer,  fils  de  Marcus  de  Vogelaer  et  de  Catharina  de  Velaer,  naquit  en  1626  à 

Amsterdam.   Il  fut  inscrit  en  1644  comme  étudiant  en  philosophie  à  l'Université  de  Leiden  , 

et  épousa  le  5  avril  1654  Sara  Spiegels.  En  1655  il  fut  nommé  secrétaire  <\^  affaires  maritimes 

d'Amsterdam. 
''  1    Ce  doivent  être  deux  des  ^vieilles" demoiselles  van  Aerssen.  Voir  la  Lettre  I\°.  829,  note  10. 
IO)  Amarnntha  van  Aerssen.  Voir  la  Lettre  N°.  44,  note  7. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  1 93 

Je  fus  auffi  veoir  le  Sieur  Hemoni  ")  pour  la  première  fois,  avec  qui  j'eus  longue 
conférence  touchant  les  chofes  de  ion  meftier ,  et  tons  de  la  mufique ,  ou  il  efi: 
très  feavant.  Le  3111e  jour  nous  nous  remifmes  fur  le  me  fine  chariot  a  3  heures  et 
demie  et  fumes  un  peu  après  9  heures  a  la  Haije.  Le  frère  I2)  comme  je  croy  vous 
fera  une  relation  plus  particulière  de  ce  voyage,  et  ce  que  j'en  ay  dit  n'efi:  que  faute 
d'autre  matière,  car  en  vérité  je  n'ay  rien  a  vous  mander  fi  non  que  les  melons  a 
Hofwyck  font  tref  bons ,  et  des  nouuelles  de  pareille  importance. 

A  vous  entendre  parler  de  la  difpute  de  Meilleurs  les  jeunes  Monmors  I3),  je 
dirois  que  celle  de  Panurge  par  fignes,  qu'il  fit  dans  la  mefme  ville  de  Paris,  valoit 
pour  le  moins  autant. 

Vous  aurez  maintenant  receu  les  ordres  de  la  Tutele  I4)  et  neantmoins  félon  que 
j'entens  icy  parler  de  l'affaire  voftre  fejour  en  cette  Cour  là  pourroit  bien  encore 
durer  quelque  temps.  Le  Sieur  Chieze  part  d'icy  dans  4  ou  5  jours ,  premièrement 
pour  IJilèlftein  ou  il  va  veoir  Monfieur  van  Santen  I5),  et  de  la  vers  Turnhout 
d'où  il  croit  qu'on  le  depefehera  bientoft  pour  vous  aller  tenir  compagnie,  nous 
l'avons  prié  aujourdhuy  a  difner  avec  le  Coufin  M.  Zuerius  Iô). 

Quelqu'un  me  dit  hier,  qui  l'avoit  oui  dire  chez  Madame  de  Gent  I7),  que  l'am- 
baiTadeur  don  Eftevan  l8)  alloit  epoufer  Sophie  Carifins  I9).  mais  je  le  prens  pour 
un  conte,  quoy  que  d'ailleurs  il  foit  certain  qu'il  la  voit  fouuent  et  que  durant  fa 
maladie  dont  elle  vient  de  fe  remettre  il  lui  a  envoyé  fouvent  quelque  regale. 


")  Il  y  avait  deux  frères  Hemony,  nés  en  Lorraine,  tous  deux  fondeurs  de  cloches.  Ils  avaient 
formé  entre  eux  une  association,  dont  l'aîné  était  le  chef,  et  qui  fit  dans  les  Pays-Bas  des 
cloches  très-renommées,  pour  une  valeur  de  plus  d'un  million  et  demi  de  florins. 
<i)  François  Hemony,  l'aîné,  naquit  en  1597  à  Lercourt,  mourut  en  1667  à  Utrecht;  venu 
aux  Pays-Bas  en  1640 ,  il  fondit  des  cloches  à  Zutfen  en  1643  :  en  1655  la  ville  d'Amster- 
dam érigea  pour  lui  une  fonderie  au  Molenpad ,  tout  près  du  Keizersgracht,  qu'il  dirigea 
jusqu'à  sa  mort.  Il  inventa  l'harmonica  métallique.  La  direction  de  la  fonderie  passa  à 
son  frère  : 
/>)  Pierre  Hemony,  qui  décéda  le  18  février  1680.  Quatre  ans  après  sa  mort,  la  fonderie 
fut  liquidée  et  l'emplacement  vendu  par  la  ville. 

12)  Constantyn  Huygens. 

13)  Les  fils  de  H.  L.  H.  de  Monmort  (voir  la  Lettre  N°.  278,  note  5)  et  de  Mademoiselle  de 
Manicamp  (voir  la  Lettre  N°.  908  ,  note  9). 

14)  Chr.  Huygens  parle  ici  des  affaires  de  la  principauté  d'Orange,  au  sujet  desquelles  les  tuteurs 
de  Willem  III,  sa  grand-mère  la  Princesse  Douairière  (voir  la  Lettre  N°.  15,  note  2)  et 
son  oncle  l'Electeur  de  Brandenburg  (voir  la  Lettre  N°.  126,  note  1),  disputaient  avec 
Louis  XIV. 

15)  Van  Santen  avait  été  lieutenant  de  la  garnison  d'Orange  sous  Friedrich  van  Dhona. 
I(î)  Martin  Suerius.  Voir  la  Lettre  N°.  78 ,  note  4. 

I?)  Eggerik  Adriana  Sybilla  van  Ripperda.  Voir  la  Lettre  N°.  823,  note  10. 

I8)  Don  Estevan  de  Gamarra  était  ambassadeur  d'Espagne  (voir  la  Lettre  N°.  290,  note  7),  Il 

vint  en  ces  pays  en  juin  1657. 
I?)  Sophie  Carisius  était  la  fille  de  l'ambassadeur  de  Danemark,  Carisius  (voir  la  Lettre  N°.  820, 

note  12). 

Œuvres.  T.  IV.  25. 


iy.|  CORRESPONDANCE.     \66l. 


Mon  Père  m'envoya  dernièrement  une  Epiftre  Latine  de  Monfieur  Blondel  :o), 
de  la  quelle  il  defiroit  fcavoir  mon  fentiment.  S'il  vous  en  vient  demander  des  nou- 
velles, dites  luy  que  je  trouue  Ton  invention  :i)  des  poutres  Elliptiques  fort  belle 
et  véritable,  et  qu'il  a  eu  raiibn  de  reprendre  Galilée  qui  a  creu  qu'il  en  falloit  des 
Paraboliques,  que  pourtant  cette  fcétion  y  peut  auflî  fervir  utilement,  en  couchant 
les  poutres  de  leur  plat  ainfi,  de  quoy  il  verra  aifement  la  démon flration.  Et  peut 


eitre  cette  manière  de  poutres  ne  feroit  pas  moins  accommodée  a  l'ufage  parce 
qu'elles  font  par  tout  d'égale  efpefleur. 

Mais  pour  vous  dire  la  vérité,  la  quelle  il  n'cft  pas  befoin  de  luy  redire, je 
n'ertime  pas  que  ny  en  l'une  ny  en  l'autre  façon  il  y  ait  grande  utilité ,  et  quant 
a  la  fubtilitè  de  la  fpeculation  il  n'y  en  a  pas  tant  que  cet  autheur  femble  croire, 
au  moins  pour  moy  ce  font  des  chofes  très  faciles. 


N2  1042. 

R.    F.    DE    SLUSE    à    [ClIRISTIAAN    HuYGENs]. 
II     AOÛT    1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  mil  Huygens. 
Elle  a  été  publiée  par  C.  le  Paige  dans  le  Bull,  di  Bibliogr.  T.  17. 

Nobilifiime  Domine 
Studia  tua  inuitus  interpello,  parabilem  tamen  apud  te  vcniani  habiturum  me 
confido  cum  occafionem  intelliges,  quac  mihi  quandam  feribendj  neceflitatem  im- 


2°)  Sur  François  Blondel  consultez  la  Lettre  N°.  191 ,  note  1, 

:'j  Ce  mémoire  de  Blondel  fut  imprimé  plus  tard  dans  les  Mémoires  de  l'Académie  Royale  des 
Sciences  depuis  1666  jusqu'à  1690,  Tome  V  ,  Paris  mdccxzix  in-40;  sous  le  titre  général  : 

Résolution  des  quatre  principaux  Problèmes  d'Architecture.  Par  F.  Blondel. 
problèmes  dont  le  dernier  a  pour  énoncé: 

Quatrième  Problème  Résolu,  trouver  la  ligne  sur  laquelle  les  Poutres  doivent  estre  cou- 
pées en  leur  hauteur  &  largeur,  pour  les  rendre  partout  également  fortes  &  résistantes.  Pre- 
mier Discours  ouj.  B.  Epistola  ad  P.  W.  [lettre  en  latin,  datée:  Parme  Viromanduorum 
pridie  [dus  Sextiles  A.D.MDCLVII.]. 

Second  discours  ou  Lettre  au  Sr.  15.  pour  la  résolution  de  ses  doutes  sur  les  proportions 
du  premier  Discours  [datée  „a  Paris  ce  18  juillet  1661"]. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  1 95 


pofuit.  Meminiftj  opinor  me  ab  aliquot  annis  ')  ex  tua  et  Clariïïimi  Heinfij  vo- 
luntate  Monachorum  Domini  Jacobj  Bibliothecam  adijiïe  vt  Manufcriptum  Me- 
tamorphofeon  Ouidij  Codicem  inueitigarem.  Atque  tum  id  quidem  fruftra  :  fed 
cum  ante  aliquot  dies  apud  illos  effèra,  vnus  ex  fenioribus  ad  me,  Reperi,  inquit , 
Ouidium  quem  olim  quaefiuifti ,  et  librum  protulit  in  quo  Commentarij  in  Pfalmos 
aliquot  et  precatiunculae  continebantur,  ad  calcem  vero  adiectae  erant  mem- 
branae  in  quibus  non  Mctamorphofin  fed  Remedium  Amoris  defcriptum  inueni. 
Arbitrer  in  vnum  focietate  tam  diffimili  compactas,  ne  omnino  périrent,  viu 
enim  et  vetuftate  admodum  detritae  funt,  et  molis  adeo  exiguae  vt  feorfim  com- 
pingi  potuiïïe  non  videantur.  Jnterim  laudaui  Monachi  humanitatem ,  et  cum  ici- 
rem  Ouidium  integrum  2)  a  Clariïïimo  I  Ieinfio  recenferi ,  librum  commodatè  ac- 
ceptum  contuli  cum  editione  quam  codem  accurantc  nobis  anno  1652  3)  dederunt 
Elzeuirij  4),  difcrepantefque  leétiones  adnotaui.  Fateor  plerafque  leuis  eïïe  mo- 
menti ,  fed  non  putaui  omittendas  vt  diligentiam  et  fidem  meam  probarem.  Of- 
tendere  tamen  poïïum  non  paucas  ex  quibus  mens  auétoris  commodius  quam  ex 
editione  quam  contuli,  explicetur.  Has,  qualefcumque  fint,  ofiicij  mej  eïïe  duxj 
ad  te  mittere ,  vt  videres  num  viro  doctiifimo  vfui  eïïe  poïïint.  Et  vereor  quidem 
ne  fxera.  tov  ToXe^ov  v;  crv;xfjLa,^ia, ,  maluj  tamen  opcram  perdere  quam  occafionem 
qua  teftarer  defiderium  pro  modulomeo  bene  mercndi  de  literis,  virifque  qui  eas 
indefeïïb  labore  promovere  fatagunt.  Haec  itaque  boni  confule,  Vir  praeftantif- 
fime ,  meque  ama ,  quem  conftanti  femper  affeéhi  eïïe  noftj 

Tuum  tuique  obferuantiflimum 

Renatum  Franciscum  Slusium. 


Leodij  xi  Augufti  mdclxii. 


')    Consultez  la  Lettre  N°.  643. 

:)    Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  596,  note  9. 

î)  Pvblii  Ovidii  Nafonis  Opervm  Tomvs  I  [II  &  III].  Quo  quae  continentur,  vcrfa  pagella 

indicat.  [accurante  Nicolao  Heinfio  Dan.  Fil.]  Amftelodami,  Typis  Ludovici  Elfevirii. 

Sumptibus  Societatis.  1652.  III  Vol.  in-8°. 
4)    L'ouvrage  cité  a  été  imprimé  par  Louis  Elsevier  avant  son  association  avec  son  neveu  Daniel 

Elsevier. 


I<j6  CORRESPONDANCE.    \66<1. 


N2  1043. 

Christiaan  Huygens  à  N.  Heinsius. 

12    AOÛT     l662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Burman. 
N.  Heinsius  y  répondit  le   13  novembre   1662. 

Nicolao  Heinsio  Viro  Illuftri  Chr.  Hugenius  S. 

Ecce  h  Viro  optimo  Renato  Franeileo  Slufio  literae  ')  mihi  adferuntur  atque 
in  ijs  Excerpta  ex  veteri  Manufcripto  Remedimn  Amoris  comple&ente ,  quae 
obitcr  infpeéla  ad  te  continuo  miteenda  duxi,  in  eujus  gratiam  exarata  funt.  Ad- 
jungo  autem  et  literas  ipfas,  ut  ex  ijs  cognofeas  quae  alioqui  hue  tranferibenda 
forent,  fimulque  humanitatem  viri,  animumque  erga  itudia  optime  affeclmn 
perlpicias.  Caeterum  noviffimam  Editionem  2)  tuam  nondum  illum  vidifTè  ap- 
parut, in  qua  plerafque  omnes  diverfas  lectiones,  quas  hîc  congelïk ,  a  te  reeen- 
iitas  reperifTct;  quarum  quidem  paucas  aut  nullam  pêne  amplexus  es,  et  me- 
rito,  eum  fint  ineptae  ac  infulfae.  Itaque  vix  quiequam  hane  amici  mei  curam  tibi 
profuturam  arbitrer,  niii  forte  ad  hoe  ut  impofterum  fperare  deiinas  thefaurum 
aliquem  in  illa  Diui  Jacobi  bibliotheca  latitare.  Ultimas  meas  3)  quibus  Hol- 
mienfîs  phaenomeni  delineationem  me  accepifTe  fignificabam  tibi  redditas  fpero. 
Vale. 


Dabam  Hagae  Comitis  12  Augufti  1662. 


')    Voir  la  Lettre  N°.  1042. 

Voir  l'édition  d'Ovide  citée  dans  la  Lettre  N°.  596,  note  9 
s)  Voir  la  Lettre  N°.  1028. 


CORRESPONDANCE.    l66l.  IQ7 

N=   1044. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 
17  août   1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

le   17  Aouil:   1662. 

Je  croy  que  vous  eftiez  en  mauuaife  humeur  au  commencement  de  voftre  lettre, 
car  les  reproches  que  vous  me  faites  ne  vienent  que  de  ce  que  le  frère  de  Zeelhem  ') 
avoit  oublié  d'envoier  ion  pacquet.  vous  n'auriez  pas  ignoré  autrement  que  c'eftoit 
pour  l'enterrement  de  Oom  2)  Jan  3)  que  j'eftois  allé  a  Amiterdam.  Je  vous  dis 
quelque  chofe  dans  ma  précédente  4)  de  la  cholere  des  parents  mal  partagez  :  du 
depuis  nous  avons  fceu  tout  le  contenu  du  teftament  et  entre  autres  que  le  Coufin 
Dan  5)  n'a  eu  qu'un  laiz  de  mille  francs,  de  forte  qu'il  ne  faut  pas  trouuer  eftrange 
s'il  fait  efclatter  fon  indignation.  Il  cit.  maintenant  icy  a  la  Haye  et  ne  loge  point 
chez  fa  foeur  6)  ni  ne  la  voit. 

Je  ne  fcay  pas  encore  quand  Monfieur  Chieze  partira,  tantoit  Bufero  tantoft 
Ketting  r)  le  lanterne,  il  femble  au  moins  qu'il  fait  ce  qu'il  peut  pour  fe  faire 
depefcher.  J'avois  deffein  de  le  lanterner  encore  a  fon  départ,  c'eft  a  dire  de  le 
charger  de  la  Lanterne  8),  que  j'ay  fait  faire  pour  Mon  Père,  mais  il  en  fera  dé- 
livré, par  ce  que  malgré  toute  mon  indullrie  et  feience  je  n'en  puis  venir  a  bout. 
Je  parle  tout  de  bon,  et  le  frère  de  Zeelhem  peut  tefmoigner  combien  j'ay  pris 
de  peine  en  vain ,  fans  que  je  l'aye  pu  ajufter  de  mefme  qu'a  eftè  la  première  que 
j'avois  cy  devant  de  la  quelle  ayant  ofté  les  verres  il  y  a  long  temps,  je  ne  feau- 
rois  retrouuer  a  cet  heure  quels  ils  ont  eftè.  Peut  eftre  que  il  Signor  Padre  ne  s'en 
(buuiendra  plus,  mais  en  cas  que  fi,  vous  luy  ferez  feavoir  ces  raifons  fufdites,  et 
au  refte  que  je  fuis  preft  de  luy  fabriquer  Lunette  d'approche,  microfeope  et 
tout  ce  qu'il  voudra,  excepté  la  Lanterne,  dont  il  faut  compter  l'invention  inter 
artes  deperditas. 

Si  vous  n'aviez  pas  oublié  celle  de  defTeigner  je  vous  prierais  de  me  faire  voiïre 
portrait,  afin  que  je  vifTe  quelle  mine  vous  avez  fans  perruque  et  le  vifage  gras,  et 


')   Constantyn  Huygens. 

:)   Oom  (oncle)  est  ici  un  terme  familier,  et  non  l'indication  d'un  degré  de  parenté. 

;)   Johannes  de  Vogelaer.  Voir  la  Lettre  N°.  1041 ,  note  2. 

4)    Voir  la  Lettre  N°.  104 1. 

s)    Sur  Daniel  de  Vogelaer,  voir  la  Lettre  N°.  148  ,  note  1. 

")    Isabeau  de  Vogelaer,  fille  de  Marcus  de  Vogelaer  et  de  Margaretba  van  Valckenborgh,  naquit 

en  1597;  elleépousa  en  décembre  1622  Johannes  Dedel,  né  en  1588,  et  mort  le  22  mars  1665. 

Il  était  conseiller  à  la  cour  de  justice  de  la  Haye. 

7)  Kettingb  était  sous-secrétaire  du  Prince  d'Orange. 

8)  Consultez  les  Lettres  Nos.  1 00 1 ,  1 005  et  1010. 


198  CORRESPONDANCE.     \66l. 


que  je  le  monftrafTe  a  tout  le  parentage.  Cela  va  bien  que  parmy  toutes  vos  adver- 
ikez  vous  ne  laifTez  pas  d'amafïèr  du  lard.  Otium  et  victus  quid  faeit  alienus. 

Je  m'en  vay  veoir  le  Secrétaire  de  Madame  de  Brederode  y)  tout  a  cet  heure,  à 
fin  d'apprendre  quel  obftacle  il  y  a  à  noftre  conférence  de  Zullchem ,  car  jufqu'icy 
l'on  ne  m'a  rien  fait  fçavoir.  La  belle  faifon  s'en  va,  et  s'il  faut  que  je  m'y  en 
aille, je  ferois  bien  aife  que  ce  fut  au  pluftoft.  La  Tante  :o)  et  Coufin  Eycbergh  JI) 
avec  toute  la  famille ,  et  de  plus  Mi  Campen  I2),  qui  eft  devenue  grande  et  grofîe 
plus  que  vous  ne  fcauriez  croire,  s'en  vont  demain  au  Munnickelandt,  et  ce  fera 
autant  de  compagnie  dans  le  voifinage  s'il  faut  que  j'y  demeure  quelque  temps. 

Vous  n'aurez  pas  compris  peut  eftre  a  quoy  fert  la  figure  des  poutres  Elliptiques 
et  Paraboliques,  dont  je  fis  mention  dans  ma  précédente  IS),  car  je  ne  penfepas 
y  avoir  adjouftè  que  c'eftoit  pour  les  rendre  également  fortes  par  tout,  eftant 
appuiees  fur  les  deux  extremitez.  Il  eft  vray  que  Monlieur  Blondel  vous  l'auroit 
pu  expliquer,  mais  cecy  vous  fervira  en  attendant. 

Quand  vous  ferez  part  a  Monlieur  le  Duc  de  Roanes  I4)  de  mes  expériences, 
dites  luy  aufïi  que  j'ay  trouuè  une  règle  I5)  pour  feavoir  a  quelque  hauteur  donnée 
combien  du  poids  de  l'atmofphere  il  y  a  encore  depuis  là  vers  en  haut,  et  par  con- 
lequent  a  quelle  hauteur  y  doit  demeurer  le  mercure  dans  l'expérience  de  Tori- 
cellius,  comme  par  exemple,  quand  on  eft  a  la  hauteur  de  22873  pieds,  je  dis  qu'on 
a  encore  la  moitié  du  dit  poids  par  deftlis  la  tefte  ;  et  quand  on  eft  à  la  hauteur  de 
100  mille  pieds,  feulement  „\  :  Et  a  la  hauteur  de  380000  pieds  I00r000. 


Je  n'ay  pas  trouve  au  logis  Monlieur  le  Secrétaire,  de  forte  que  je  ne  fcay  que 
dire  encore  du  voyage.  Adieu. 


y)  Consultez  la  Lettre  N°.  1031 ,  note  5. 

10)  Petronella  Campen  ,  veuve  de  Maurits  Huygens,  s'était  mariée  en  secondes  noces  aveejohan 

Eyckberg. 
1  '    Sur  Johan  Eyckberg,  voir  la  Lettre  N°.  230,  note  3. 

.Maria  Campen  était  une  nièee  de  l'ctronclla  Campen. 

('•m. ultez  la  Lettre  N°.  1041. 
■4)  Voir  la  Lettre  N°.  837,  note  1. 

<  lonsultez  la  pièce  N°.  1048. 


CORRESPONDANCE.     1662.  IOO 


N=   1045. 

CoNSTANTYN    HuYGENS ,    frère,    h    LODEWIJK    HuYGENS. 

17    AOÛT     1662. 
La  lettre  se  trouve  à  l.àdcn  ,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  le   17  d'Aourt   1662. 

j'ay  trois  chofes  a  vous  dire  dans  cette  lettre.  La  première  eft  que  je  me  trouve 
obligé  de  vous  faire  compliment  fur  un  accident  fi  inefperé  qu'eft  celuy  de  voftre 
cngraifTement  foudain,  caufé  par  les  potages  de  Madame  d'Hollande,  dont  je  débite 
fi  fort  la  vertu  par  tout  qu'il  y  a  deux ,  trois  de  nos  amys  a  qui  l'envie  eft  quafi  ve- 
nue d'en  aller  tafter.  Meefîer1}  Jacob2)  fur  touts  eft  en  délibération  d'aller  gaigner 
la  de  l'en  bon  point  avant  que  de  venir  faire  l'amour  icy  comme  Ion  dit  qu'il  va 
faire  vers  le  commencement  du  mois  prochain.  Ce  n'eft  pas  que  je  feache  ou  il 
prétend  s'adrefter ,  mais  en  gênerai  on  dit  qu'il  vient  chercher  femme.  Touts  les 
trois  mois  il  arriue  icy  tout  plein  de  ce  deflein,  mais  il  n'a  pas  fi  toft  commencé 
qu'une  petite  froideur,  quelque  petit  degouft  ne  l'arrefte  tout  court  en  chemin,  et 
peu  a  peu  le  fafle  rétrograder  jufques  a  ce  qu'il  fe  trouve  comme  auparauant  dans 
Ion  bonnet  pointu  et  parmy  fes  Livres  de  Comptes. 

Le  fécond  point  de  ma  lettre  eft  une  demande  a  ce  qu'il  vous  plaift  d'interpofer 
voftre  crédit  auprès  du  Père  3)  de  la  Signora  Marianne  a  ce  qu'il  veuille  nous 
faire  largefîe  d'encore  un  morceau  ou  deux  de  ces  miroirs  d'acier  comme  vous  avez 
envoyé  au  frère  4)  dont  l'un  a  efté  fi  excellent  que  je  n'en  ay  quafi  jamais  veu  de 
fi  beau  de  ma  vie.  La  bonté  confifte  dans  la  folidité  de  la  matière  et  qu'il  n'y  ait 
pas  des  petits  pores  comme  pour  la  plus  part  il  y  en  a  toufjours,  et  afin  que  vous 
en  voyiez  un  exemple  je  vous  envoyé  icy  un  petit  miroir  fait  d'un  de  ces  deux 
morceaux  que  nous  auons  de  luy,  auquel  fi  vous  y  prenez  garde  vous  remarquerez 
ces  pores.  L'autre  n'en  auoit  point  et  eftoit  excellent  en  fon  efpece,  et  j'en  vou- 
drais bien  un  femblable  s'il  a  la  bonté  de  vous  en  donner  et  qu'il  foit  bien  poly 
defja.  je  vous  prie  de  l'envelopper  dans  quelque  petit  morceau  de  chamois  ou 
quelque  chofe  de  bien  doux  et  uny,  de  peur  de  l'efgratigner.  Il  a  une  fort  bonne 
manière  de  leur  donner  un  poly  vif  et  brillant,  et  il  vaudroit  la  peine  de  la  feauoir 
de  luy ,  comme  je  ne  croy  pas  qu'il  en  voudrait  faire  un  fecret.  Je  vous  prie  de  me 
procurer  un  morceau  ou  deux ,  et  de  me  l'envoyer  par  l'ordinaire  qui  arrivera 
mardy  prochain  en  huift  jours  fi  cela  fe  peut  car  j'en  ay  fort  à  faire,  et  vous  me 
ferez  grand  plaifir  de  n'y  pas  manquer. 


')  Traduction  :  Maître. 

2)  Sur  Jacob  Ferdinand  Suerius,  voir  la  Lettre  N°.  78 ,  note  3. 

3)  Pierre  Petit  (voir  la  Lettre  N°.  536,  note  6),  père  de  Marianne  Petit. 

4)  Christiaan  Huygens.  Consultez  les  Lettres  Nos,  1007  et  1012. 


200  CORRESPONDANCE.    1662. 


Le  troifiefme  point  cil  que  je  voudrais  bien  que  vous  fceuffiez  un  peu  de  mon 
Père  s'il  trouve  que  nous  habillions  nos  valets  icy  des  couleurs  qu'il  donne  aux 
liens  à  Paris  veu  qu'il  leur  faudra  des  habits  de  neceifité.  Je  croy  que  ceux  que 
les  voftres  ont  font  tels  qu'on  pourroit  bien  les  faire  un  peu  moindres  icy  encor 
que  des  mefmes  couleurs.  Adio. 

A  quoy  feruira  ce  tour  là  que  le  Comte  de  Doua  5)  viendrait  faire  àTurnhout. 
eft  ce  pour  les  affaires  du  Maiftre  6)  ou  les  fiennes  propres? 

Pour  Mon  Frère  Louis. 


N--   1046. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 

l8    AOÛT     1662. 

La  Ictirc  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1034.     li.   Moray  y  répondit  par  .'e  No.    1056. 

Sommaire:  Lettre,  avec  l'expérience.  EvelylTquod  me,  et  inventura  de  grande  recherche.  Méthode  du  Prince 
Rupert  extendu.  Règle  pour  Pair.  Sententia  de  Hobby  geometria. 

A  la  Haye  ce   18  Aouft   1662. 

Monsieur 

J'ay  receu  par  Moniteur  Kilpatric  ')  la  voftredu  7  Juli  et  avec  2  livres  nouveaux 
dont  je  vous  remercie  très  humblement  et  je  l'aurais  fait  pluftoft  li  je  n'avois  elle  ab- 
lent 2)  pendant  2  ordinaires.  Celuy3)  de  Moniieur  Kvelin4)  eft  docte,  et  de  grandi  f- 
(imc  recherche  et  j'ay  eu  beaucoup  de  fat  iff action  en  le  lifant,  fans  compter  celle  la 
de  m'y  avoir  inierè  li  honorablement.  J'euffe  a  peine  creu  qui  m'auroit  dit  que  je 


Sur  Friedrich  von  Dhona,  voir  la  Lettre  N°.  812 ,  note  10. 
r')    Constantyn  Huygens  parle  ici  de  Willem  III ,  prince  d'Orange. 

|    Consultez  la  Lettre  N°.  1034,  note  3. 

:)    Chr.  Huygens  fait  allusion  à  son  voyage  à  Amsterdam.  (Voir  la  Lettre  N°.  1041). 

3)    Voir  la  Lettre  N°.  1034,  note  4. 

',    John   Kvelyn  naquit  à  WottOll  1  Sussex  )  le  31   octobre  [620  et  mourut  à  Londres  le  27  fé 
v  lier  1705.  Après  son  éducation  universitaire,  il  alla  voyager,  épousa  en  [652  la  fille  de  sir 
Browne,  et  habita  Sayes-Court.  Savam  polygraphe  et  botaniste,  il  devint  en  1672  secrétaire 
de  la  Société  Royale  et  lit  en  sorte  que  les  collections  de  Lord  Anmdel  Fussent  données  à 
l'Université  d'Oxford. 


CORRESPONDANCE.     IÔÔQ.  20  T 


trouuerois  mon  anneau  de  Saturne  mentionè  dans  un  livre  d'un  fuject  fi  fort  éloigné. 
Je  me  fouviens  trefbien  d'avoir  eu  l'honneur  de  veoir  l'autheur  dans  voftre  cham- 
bre plus  d'une  fois  5)  mais  je  ne  fuis  pas  bien  afïiirè  fi  c'eftoit  luy  mefme  qui 
promettoit  un  ample  traité  du  Jardinage  6\  Si  c'eft  ainfi  je  ne  doute  pas  que  ce 
ne  fera  un  ouurage  trefaccompli  et  curieux.  Il  me  femble  que  je  comprens  afTez 
la  méthode  nouuelle  r)  du  Prince  Rupert  8)  quand  je  confidere  cette  teite  de  fa 
façon  et  le  peu  d'ouuerture  que  Monfieur  Evelin  nous  a  donné.  C'eft  un  merveil- 
leux abbregè  en  des  choies  ou  il  y  a  beaucoup  d'ombres  et  fait  un  très  bel  effett. 

Que  vous  diray  je  maintenant  du  livre  9)  de  Monfieur  Hobbes  ?  a  force  d'eftre 
abfurde,  il  devient  plaifant,  et  je  ne  fcay  fi  je  fais  bien  de  contribuer  a  le  faire  taire 
cy  après  en  condamnant  fes  paralogifmes.  Toutefois  par  ce  que  vous  le  voulez 
j'envoie  a  fon  libraire  mon  jugement  IO)  de  fa  duplication  du  cube  et  quadrature, 
ou  je  monftre  afTez  clairement  en  quoy  il  s'eft  mépris,  comme  vous  verrez  par  cette 
copie. 

Je  voy  que  vous  ne  parlez  que  d'une  lettre  IJ)  que  vous  auriez  receue  de  moy, 
ce  qui  me  fait  douter  fi  celle  12j  que  je  vous  ay  eferit  depuis  vous  aura  elle  ren- 
due, mais  peut  eftre  qu'elle  aura  elle  plus  long  temps  en  chemin  qu'elle  ne  devoit. 
Elle  eftoit  principalement  pour  vous  prier  de  remercier  Monfieur  Boilc  de  ma  part 


5)  En  effet,  dans  le  „Reys-Verhael  '  il  est  souvent  question  de  John  Evelyn. 

6)  Sylva  or  a  Difcourfe  of  Foreft-Trees  and  the  Propagation  of  Timber  in  His  Majefties  Do- 
minions. By  J.  E.  Efq.  As  it  vvas  deliverd  in  the  Royal  Society  the  xvth  of  Oftober 
CI313CXXH  upon  Occafion  of  certain  Quaeries  prepounded  to  that  Illuffrious  Aflembly  by 
the  Honorable  the  Principal  Officers  and  Commissioners  of  the  Navy.  To  which  is  aunexed 
Pomona;  or  an  Appendix  concerning  Fruit-Trees  in  relation  to  Cider,  the  Making  and 
sevcral  Ways  of  Ordering  &c.  Publifhed  by  exprefs  Order  of  the  Royal  Society.  Allb  Ka- 
lendarium  Hortum;orGardners  Almanac:;  direfting  what  there  is  todoMonethly  throughout 
the  Year.  London,  Printed  by  Jo.  Martyn  and  ja.  Allerfby.  Printers  to  the  lloyal  Society 
and  are  to  be  fold  at  their  Shop  at  the  Bell  in  St.  Paul's  Church  Yard,  mdclxiv.  in-folio. 

r)    La  méthode  de  gravure  dite  en  mezzo-tinto,  invention  du  Prince  Ruprecht. 

8)  Ruprecht  von  Bayera  (nommé  Rupert,  le  cavalier),  iils  du  malheureux  roi  de  Bohême,  Fried- 
rich V,  et  d'Elisabeth,  princesse  anglaise,  naquit  à  Prague  le  17  décembre  [619  et  mourut  à 
Londres  le  29  novembre  1682.  Ayant  reçu  son  éducation  aux  Pays-Bas  sous  le  Stadhouder 
Frederik  Hendrik,  et  après  avoir  pris  part  à  plusieurs  expéditions  militaires  en  Allemagne,  il 
alla  en  Angleterre,  devint  duc  de  Cumberland,  général  en  chef  de  l'armée  anglaise,  et  cheva- 
lier de  l'ordre  de  la  Jarretière;  il  joua  un  grand  rôle  dans  la  guerre  contre  Cromwell.  En- 
suite il  fut  amiral  de  Charles  II,  puis  corsaire  en  Amérique,  passa  en  France  et  en  Allemagne 
et  enfin  devint  gouverneur  de  Windsor.  Il  était  Electeur  de  l'Empire,  et  depuis  1663  membre 
de  la  Société  Royale,  où  il  s'occupait  de  recherches  mécaniques  et  chimiques. 

9)  Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1034,  note  2. 

10)  Voir  l'Appendice  1047. 

")  C'est  la  Lettre  N°.  1022,  ou  bien  celle  dont  il  est  question  dans  la  note  1  de  la  Lettre 

N°.  1034.  é 

i:)  Voir  la  Lettre  N°.  1032. 

Œuvres.  T.  IV.  26  ■ 


102  CORRESPONDANCE.     1662. 


de  lbn  dernier  livre I3)  dont  il  m'a  fait  prefent,  et  j'y  avois  adjoullé  une  defcription 
pertinente  I4)  de  mon  Expérience  de  l'eau  purgée  d'air  qui  ne  defcend  point  dans 
le  vuide  ou  il  y  a  des  circonftances  afïéz  remarquables. 

Apres  que  j'enfle  envoyé  cette  dernière  lettre  j'ay  médité  fur  le  fujeâ  de  l'Ex- 
tenfion  de  l'air,  et  j'ai  trouué  premièrement  que  la  hauteur  de  l'atmofphere  cil:  in- 
finie quand  on  iuppofe  véritable  ce  que  les  2  expériences  de  Moniieur  Boile  fem- 
blent  prouuer,  et  de  plus  j'ay  formé  une  règle  très  facile  pour  fcavoir  dans  une 
hauteur  donnée,  combien  du  poids  de  l'air  eft  encore  de  la  vers  en  haut:  comme 
par  exemple  qu'eftant  fur  une  montagne  haute  de  22873  pieds  de  Londres  l'on 
aura  encore  la  moitié  du  dit  poids  par  defTus  la  telle  et  fi  l'on  parvenoit  a  la  hauteur 
de  380010 I5)  pieds,  qu'on  n'y  aura  que  IOOIOOQ  de  l'air  vers  en  haut.  Je  Iuppofe 
touchant  la  gravité  de  l'air  icy  bas  qu'elle  cit.  a  celle  de  l'eau  comme  1  a  970. 
comme  a  peu  près  je  l'ay  trouué  par  mes  expériences,  et  qu'un  cylindre  d'eau  de 
34  pieds  contrebalance  un  cylindre  d'air  jufqu'au  bout  de  l'atmofphere ,  comme 
enfeigne  encore  l'expérience.  La  Règle  eli  donc  telle  que  voicy  1<3). 

J'ay  quelque  peur  que  celle  cy  n'arrive  après  que  vous  ferez  parti  de  Londres, 
mais  je  m'en  confole  aifement  par  ce  que  j'auray  d'autant  plus  tofl:  le  contentement 
de  vous  veoir  icy  qui  me  fera  un  des  plus  grands  que  je  feaurois  fouhaiter.  Je  fuis 

Monsieur 

Voftre  très  humble  &  très  obeifïànt  feruiteur 
Chr.  Hugens  de  Zulichem. 

A  Monfieur 
Monfieur  R.  Moray,  chevalier  et  du 
Confeil  prive  du  Roy  pour  les  affaires  d'Efcoiïe 
dans  Whithall  du  coftè  du  Jardin 

A 
8  d.  J,ondres. 


'■>)  Ouvrage  mentionne  dans  la  Lettre  N°.  1032,  note  2. 

*4)  Voir  l'Appendice  N°.  1033. 

1    1  Dans  la  Lettre  N°.  1044  on  lit  380000. 

'")  Voir  ['Appendice  N°.  104K. 


CORRESPONDANCE.     1662.  20' 


N=   1047. 

Christiaan  Huygens  à  Th.  Hobbes. 

[août   1662.]  *) 

Appendice  I  au  No.   1046. 

La  piice  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Cenfura  mifla  ad  bibliopolam  2)  Hobbij  uti  ipic  petierat. 

1662.  Augufti. 

In  duplicatione  cubi  Hobbiana  quae  una  cura  Problematibus  Phyficis 3)  édita  eft 
refte  fatis  fe  habent  omnia  ufque  ad  verfum  illum  pagina  1  ij.  Ergo  dutla  XT  et 
produBa  incidet  in  Z.  Hoc  enim  ex  praemifïïs  non  fequitur,  neque  verum  eft. 
Reéle  autem  fie  dixifîet ,  Ergo  dutla  X  T  et  producla  ufque  in  reclam  Y  P ,  ip/'a 
quoque  bifariam  fecabitur  a  recla  aT  4).  Mine  vero  nunquam  efficietur  XT  pro- 
du&am  incidere  in  Z;  neque  illud  proinde,  punctum  X  e(Te  in  circumferentia  cir- 
culi  YZV,  unde  reliqua  pendet  demonftratio. 

Videtur  autem  autori  impofuifïè  quod  produéta  XT  tam  prope  incidit  in  Z  ut 
oculis  diferimen  notare  nequiverit.  Sed  mirum  eft  non  animadvertifie  illum  vitio- 
fara  elfe  demonftrationem ,  in  qua  nulla  fieret  mentio  ejus  quod  in  conftruftionem 
problematis  adfumptum  fuerat,  nempe  quod  AS  aequalis ponebatur  femidiago- 
nali  AI.  Hoc  enim  necefîario  demonftrationem  ingredi  debuerat  fi  bona  effet. 

Porro  calculi  arithmetici  ufum  ad  explorandam  geometricam  confiruélionem 
injuria  rejicit.  graviterque  errât  dura  hac  in  re  fententiam  fuam  probare  conatur. 

Ad  quadraturam  circuli  quod  attinet,  vitium  in  demonltratione  manifefium  eft 


')    Cbr.  Huygens  a  oublié  d'ajouter  cet  Appendice  à  la  lettre;  consultez  la  Lettre  N°.  1055. 

:)  Andréas  Crooke,  libraire  à  Londres,  qui  demeurait  dans  le  St.  Paufs  Churchyard  et  avait 
pour  enseigne  un  dragon  vert. 

•"')    Consultez  l'ouvrage  mentionné  dans  la  Lettre  N°.  1034,  note  2*. 

4)  La  méthode  de  Hobbes  pour  la  duplication  du  cube  revient  à  ce  qui  suit.  VD  (voir  la 
figure  droite  de  la  planche  vis-à-vis  de  cette  page)  étant  le  coté  du  cube  donné,  on  prend 
sur  son  prolongement  DA  =  2  VD  ;  on  construit  le  carré  ABCD,  dont  les  diagonales  se  cou- 
pent au  point  I  ;  on  fait  AS  =  BR  =  AI;  et  on  joint  les  points  V  et  R.  Le  segment  DX  qui 
est  ainsi  déterminé  sur  la  ligne  DC  serait  le  côté  du  cube  cherché. 

Pour  le  démontrer,  Hobbes  prend  sur  le  prolongement  de  CD ,  la  distance  DP  égale  à  AD 
et  construit  le  parallélogramme  PVR Y.  Il  s'efforce  ensuite  de  faire  voir  que  la  ligne  YX  est 
perpendiculaire  à  VR  et  PY;  en  effet,  s'il  en  était  ainsi  on  aurait:  DV  :DX  =  DX:DY 


:d  + 


CORRESPONDANCE.     1662. 


pagina  130,  ubi  dicitur,  Quories  ergo  eg  eft  in  ef  tories  eft  co  finus  arcus  Bo  /» 
./  et,  e*  fflô«  *#/£  arcus  Bo  i/7  *ra*  BD  5). 

Non   enim   in  arcubus  quibufvis 

haec  proportio  vera  cil:  liect  arcus  BS 
fit  \  arcus  BD  lient  et  refta  Bi  \  rec- 
tae  BF. 

Alteram  demonftrationem  non  ex- 

pendi  cnm  feirem  non  pofie  hac  prima 

meliorem  efle ,  fiqnidem  aliunde  mihi 

conftet  falfum  efle  id  quod  proban- 

dum  fufeipitur  areni  nimirnm  BD  ae- 

qualem  efle  refrain  BF.  Oftendi  enim 

in  îjs  qnae  de  Circnli  Magnitndine  edidi 6)  BF  femper  majorem  eflearcuBD, 

quando  VX  aeqnalis  eft  radio  femicirculi  BDG.  Qnando  autem  XG  eidem  radio 

aequalis  eft,  femper  refrain  BF  minorem  efle  arcn  BD. 

Quod  Wallifius  feripferit  rationem  5  ad  1 2  fuperare  rationem  1  ad  3  ratione  1  ad 
12,  non  eft  credibile  per  errorem  hoc  eum  fecifle,  fed  quod  pro  additione  rationum 
cam  quoque  habuerit  quae  fit  addendo  frafriones  quae  quantitatem  rationum  fe- 
cundum  ipfius  et  aliorum  multorum  fententiam  exprimunt. 

Non  ignorât  enim  aliam  et  magis  ufitatam  geometris  rationum  additionem  feu 


=  DY  :  DP  et,  comme  DP  =  2  DV,  DX  =  DV  |K  2.  Pour  prouver  que  l'angle  Y\V  est 

droit,  Hobbes  ne  s'est  pas  toujours  servi  du  même  moyeu.  Dans  la  démonstration  qui  fut  ex- 
aminée par  Huygens,  l'auteur  a  évidemment  abaissé  du  point  V  une  perpendiculaire  VX  sur 
YP.  S'il  était  vrai  que  la  ligne  droite  qui  joint  X  au  centre. T  du  parallélogramme  passe  par  le 
pied  de  cette  perpendiculaire,  l'angle  YXV  serait  droit,  on,  en  d'autres  termes,  le  point  X  se 
i  rouverait  sur  le  cercle  qui  passe  par  Y  ,  Z  et  V. 

Remarquons  encore  que  la  ligne  Ta  est  parallèle  à  PY  et  à  VR. 
Voir  la  ligure  gauche  de  la  planche  vis-à-vis  de  la  page  précédente.  Dans  le  demi-cercle  BDG 
le  rayon  AD  est  perpendiculaire  an  diamètre  BG.  XDFestune  ligne  droite  faisant  avec  ce  dia- 
mètre un  angle  de  300;  le  rayon  AS  est  parallèle  à  XF  et  i  est  le  point  d'intersection  de  la  tan- 
gente 15F  avec  le  prolongement  de  la  ligne  XS.  On  démontre  facilement  que  13/ est  la  troisième 
partie  de  BF,  et  que  par  conséquent  le  rapport  de  la  ligne  droite  \Yi  à  l'arc  BS  est  égal  à  celui 
de  BF  a  l'arc  BD.  Hobbes  croyait  que  le  même  rapport  existe  entre  les  segments  delà  tan- 
gente et  de  l'arc  de  cereje  qui,  en  partant  tous  les  deux  du  point  B,  s'étendent  jusqu'à  une 
ligne  droite  quelconque,  telle  que  Xo  ,  qu'on  tire  par  le  point  X.  C'est  ce  qu'il  exprime  dans  le 
passage  auquel  Huygens  l'ait  objection.  Voir  les  ouvrages  de  Hobbes,  publiés  par  Moles- 
worth,  Vol.  1,  p.  251.  Si  l'hypothèse  de  Hobbes  était  vraie,  il  aurait  raison  de  prétendre  que 
la  ligne  droite  BF  est  égale  a  Tare  BD;  en  effet,  le  rapport  dont  nous  venons  de  parler  devrait 
conserver  la  même  valeur,  même  lorsque  l'angle  BXo  est  infiniment  petit;  mais  alors  il  est 
égal  a  l'unité. 
I  Consultez  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1 01 ,  note  1. 


CORRESPONDANCE.     l6ô2.  20- 


compofitionem ,  l'ecundum  quam  ratio  i  ad  3  una  cum  ratione  5  ad  4  conilituunt 
rationem  5  ad  12.  Et  praeftaret  quidem  mea  fententia  non  aliam  agnofcere  addi- 
tionem  rationum.  ne  res  duae  diveriiiîimae  eodem  nomine  vocentur. 


N°=  1048. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Morav. 

[l8  AOÛT  1662]. 

Appendice  II  au  No.   1046. 

La  copie  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 

Soit  la  hauteur  donnée  de  22873  pieds. 

addatur  ,4*35933  logarithmo  2a873 

(0.11927  numerus  f'emper  addendus. 

4.47860  huic  logarithmo  convenit 

numerus  (  0.30103  quem  iubtrahe  ex 

S.  )  5.00000  logarithmo  1 00000. 

reliquit    4.69897  Logarithmum  50000. 

Comme  donc  1 00000  a  50000,  ou  bien  comme  2  a  1  ,  ainfï  fera  la  pefanteur  du 

cylindre  de  la  hauteur  de  toute  ratmofphere  a  Ai  partie  vers  en  haut  depuis  la 

hauteur  donnée. 

Soit  encore  la  hauteur  donnée  de  1 00000  pieds. 

,,         (5.00000  logarithmo  1 00000 
addatur !  ° 

|  o.  1 1927  numerus  iemper  addendus 

5. 1 1927  huic  logarithmo  convenit 

numerus    1.3 1600  quem  fubtrahe 

ex    5.00000  logarithmo  1 00000. 

3.68400  Logarithmum  483 1 . 

la  pefanteur  du  cylindre  entier  a  la  partie  vers  en  haut  fera  donc  comme  1 00000 

a  4831  ou  près  21  a  1. 


206  CORRESPONDANCE.    1662. 


Quand  au  contraire  le  poids  de  l'air  vers  en  haut  eft  donne  et  qu'il  faille  fcavoir 

la  hauteur  du  lieu  l'on  fe  fervira  de  la  règle  fuivante  de  la  quelle  la  précédente  eil 

tirée.  Par  exemple  fi  je  veux  fcavoir  a  quelle  hauteur  il  faudroit  monter  pour  avoir 

j1-  du  poids  de  l'air  par  deflus  la  tefte. 

~  ,      ,         (  1. 00000  lop'arithmo  10. 
lubtrahatur  ,  °    .  , 

|  0.00000  loganthmus  1. 

1. 00000  differentia  logarithmorum. 

5.00000  logarithmus  ejus  differentiae. 

0.1 1927  numerus  femper  fubtrahendus. 

4.88073  logarithmus  75986  qui  eft  numerus  pedum  altitudinis  quae- 
fitae. 

Quoy  que  je  ne  croie  pas  que  l'extenfion  de  l'atmofphere  foit  infinie,  je  tiens 
pourtant  qu'on  ne  fe  trompe  que  de  fort  peu  en  fe  fervant  de  ces  règles,  que  je 
vous  prie  de  faire  veoir  a  Milord  Brouncker  et  Monfieur  Boile. 


N2  1049. 

R.  F.  de  Sluse  à  Christiaan  Huygens. 

l8    AOÛT     l662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  ce  II.  Huygens. 

CIr.\  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1065. 

Elle  a  été  publiée  par  C.  le  l'aige  dans  le  Bull.  t!i  Bibliogr.  T.  17. 

Nobiliflimc  Domine 

Mirum  in  modum  delectarunt  me  literac  tuae  '),  quibus  te  incolumem  ad  lares 
patrios  tandem  redijfïc  intellexi.  Quod  fi  mihi  prius  innotuiffet,  llimulum  pro- 
tecto  non  mediocrem  admouerj  fenfiflèm  ad  fufcipiendurn  iter  illud  de  quo  feribis: 
licet  enim  multis  dotibus  fe  commendet  Ilollandia,  praecipuam  tamen  illam  habeo 
quod  te  alumnum  iaftet,  quem  prae  reliquis  à^ioSrxv;xa.(7Joiç  quibus  aduenarum 


')   Nous  ne  possédons  point  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  de  Sluse;  elle  doit  avoir  été  écrite 
après  le  17  mai  1 66 1 ,  jour  du  retour  de  Chr.  Huygens  d'Angleterre. 


CORRESPONDANCE    1662. 


207 


oculos  moratur,  videre  et  complccti  opcaiïem;  fed  dilata  tantum  profeétio  eft,  et 
erit,  vt  fpero,  illa  dies,  qua  hanc  quoque  alijs  non  paulo  longioribus  adijciam. 
. Literas  Parifienfes  2)  in  quibns  de  penduli  ofcillacionibus  egifle  te  fcribis,  malo 
meo  fato  nullas  accepi.  De  Expérimentas  Illuftriffimj  Boile  ante  annum  3)  certior 
redditus  eram  ex  Anglia  a  Viro  Nobili 4)  mihique  amico,  qui  nuper  me  quoque  de 
illis  fententiam  rogauit,  et  monuit  multos  cffe  qui  contradicerent.  Sed  magnum 
pro  illorum  veritate  apud  me  praeiudicium  eft,  quod  ea  tibi  placere  intelligam. 
Liber  5)  intérim ,  quae  Typographorum  noftrorum  àCpiÀoy.aÀia  eft,  hic  adhuc  non 
proftat.  Quapropter  patiere  te  rogavi  a  Domino  Vanderuekio  noftro  6)  vbi 
venalis  fit,  ab  eo  enim  petij  vt  te  indicante  quamprimum  ad  me  deftinaret. 

Languent  ftudia  mea ,  vt  folent  :  praeterquam  enim  quod  nugas  illas  meas  de 
infinitis  folutionibus  7)  in  chartam  conieci,  nihil  a  me  praeftitum  eft,  faltem  quod 
te  dignum  exiftimem.  Nuper  tamen  methodum  tangentium  8)  ex  nota  applicata- 
rum  ad  partes  axis  qualicumque  ratione,  quam  ante -plures  annos  inueneram, 
ad  facilitatem  maximam  deduxj ,  ita  ut  inipeéti  folum  in  terminis  analyticis 
aequatione  quae  curuae  proprictatem  oftendit,  fere  abique  calculo  tangentem 
ducam.  Vnam  hic  mea  methodo  inuentam  addo,  in  curuâ  quam  olim  Cla- 
riffimus  Gutifcouius  mihi  propofuit. 

Jnter  parallelas  AB,  DC  itinétas 
normali  AD,  intelligatur  curua  DF 
talis  naturae ,  vt  lumpto  in  illâ  quo- 
libet puncto  F,  et  iuncla  DF,  fi  ad 
illam  excitetur  in  F  normalis  FC 
occurrens  DC  in  C,  reéla  FC  fit 
femper  aequalis  AD.  Ex  qua  de- 
icriptione  patet  AB  fore  curuae  Afymptoton.  Tangens  vero  facile  habetur  in 
punéto  dato  vt  F,  demiiïa  enim  normali  FE,  et  produfta  CD  in  G,  ita  ut  très 
CE  ,  CD ,  CG ,  fint  in  continua  proportione  ,  iuncf  a  GF  curuam  continget.  Nec 
multo  operofior  erit  conftruclio  in  alia  curua  huic  limili ,  in  qua  fcilicet  angulus 
DFC ,  reclus  non  fupponeretur  fed  quilibet  alius  datur.  Sed  haec  leuia  funt  et 


2)  Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  de  Sluse. 

3)  En  effet,  on  connaissait  des  expériences  de  Boyle  sur  la  pompe  pneumatique  dès  Tannée  1660. 

4)  Probablement  s'agit-il  ici  de 

Sir  Richard  Townley,  vivant  à  Tovvneley,  disciple  de  Boyle,  le  seul  anglais  qui  à  cette  épo- 
que-là fût  en  relation  avec  de  Sluse. 

5)  Probablement  l'ouvrage  mentionné  dans  la  Lettre  N°.  873 ,  note  4. 
*)    Consultez  la  Lettre  N°.  643 ,  note  3. 

r)    Consultez  la  Lettre  N°.  663. 

8)    C'est  la  première  fois  que  cette  méthode  des  tangentes  est  mentionnée:  elle  donna  lieu  à  une 
correspondance  entre  Chr.  Huygens  et  de  Sluse. 


208  CORRESPONDANCE.     1662. 


tibi   ferio  rcrum   iftarum  aeftimatori  non  proponenda.  Nihil  igitur  addam  ara- 
plius ,  nili  elfe  me  ex  animo 

Tui  obferuantiiîimum 
Renatum  Franciscum  Slusium. 

Dabam  Leodij  xvni  Augufti 

MDCLXII. 


Nobiliflimo  Clariflimoque  Domino 
Domino  Christiano  Hugenio  de  Zulichem 

Hagam. 


N=  1050. 

Christiaan  Huygens  h  [Ism.  Boulliau]. 

24    AOÛT     1662. 

La  httre  i    trouve  à  Paris,  Bibliothèque  Nationale. 

Elle  est  la  réponse  an  No.  1040.      Ism.  Boulliau  y  répondit  par  le  No.  106c. 

A  la  Haye  ce  24  Aouft  1662. 
Monsieur 

Je  vous  rends  grâces  très  humbles  tant  de  ce  que  vous  me  faites  l'honneur  de 
me  mander  de  vos  nouvelles,  que  du  prefent  de  volîre  Traité  '),  que  je  viens  de 
recevoir.  Quand  il  fera  relie  j'en  confidercray  de  plus  près  le  contenu ,  car  je  n'ay 
encore  fait  que  le  feuilleter,  et  je  remarque  que  vous  difputez  en  plufieurs  endroits 
contre  les  opinions  d'Ariftote  et  de  fes  fectateurs ,  qui  eft  touf  jours  une  bonne 
oeuvre.  Sed  utinam  tam  facile  effet  ver  a  in  venire  quam  falfa  redarguere ,  princi- 
palement dans  cette  matière  fi  difficile  et  profonde,  les  2  Exemplaires  à  Meilleurs 
Voflius  et  I  ludde  leur  ont  efte  rendus. 

Apres  l'avis  que  vous  m'avez  donne  de  l'Eltoile  in  Collo  Ceti,  je  l'ay  auili  oh- 
fervée  pour  la  première  fois  le  1  5  de  ce  mois,  et  la  trouve  au  mefmc  lieu  ou  la  met 
Monfieur  I  levelius,  et  prefque  égale  en  clarté  a  celle  de  la  Mandibula").  C'elt  une 


'      Cet  ouvrage  est  décrit  dans  la  note  1  de  la  Lettre  N°!  1040. 
Cette  étoile,  maintenant  *  Ceti ,  est  île  la  cinquième  grandeur. 


CORRESPONDANCE.     l66l.  20Q 


choie  merveilleufe  fi  elle  ibuffre  cous  ces  changemens  que  raconte  ledit  Hevclius 3), 
comme  je  n'en  doute  point,  et  il  me  tarde  de  les  remarquer  moy  mefme. 

Vous  ne  parlez  point  de  l'horologe  que  vous  vouliez  faire  venir  d'icy  pour  Ma- 
dame de  Thou  4),  ce  qui  me  fait  croire  que  vous  en  avez  trouve  des  bonnes  a 
Paris,  et  en  erfeét  Mon  Père  me  mande 5)  qu'on  y  travaille  mieux  défia  en  ces  fortes 
d'ouvrages  que  non  pas  icy.  Toutefois  fi  vous  avez  befoin  de  mon  fervicc  ou  en 
cela  ou  en  toute  autre  choie  j'efpere  que  vous  me  ferez  la  grâce  de  m'emploicr  li- 
brement et  de  croire  que  je  fuis 

Monsieur 

Voftre  très  humble  &  très  obeiflant  feruiteur 
Chr.  Huygens  de  Zulichem. 


N=   105 1. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

24    AOÛT    [1662]. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  ce  24  Aouft 

Monfieur  Chieze  m'a  dit  que  les  tablettes  de  Monfieur  de  Montpouillan  :)  font 
arrivées  chez  maiftre  Jaques,  le  dit  Sieur  Marquis  eftant  abfent.  Et  je  luy  ay  dit 
ce  que  vous  me  mandez  touchant  l'eftuy  de  Monfieur  de  la  Farc  "),  et  des  melons 
de  Courvoye.  Nous  nous  vifmes  hier  en  bonne  compagnie  chez  la  Tante  de  St. 


•")    Dans  sa  „Historiola  mirae  stellae"  insérée  dans  son  „Mercurius  in  sole  visus."  Voir  la  Lettre 
N°.  872,  note  5. 

4)  Sur  Renée  de  la  Marselière  voir  la  Lettre  N°.  586,  note  4. 

5)  Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  de  Constantyn  Huygens,  père. 


')  Armand  de  Camnont,  marquis  de  Montpouillan,  servait  comme  capitaine  dans  l'armée  des 
Provinces-Unies.  II  était  ami  intime  de  la  famille  Huygens  (Consultez  la  Lettre  N°.  744  . 

2)  Charles  Auguste,  marquis  de  la  Fare,  naquit  en  1644  à  Valgorge  (Vivarai?)  et  mourut  à 
Paris  en  171 2.  Il  était  poète,  et  homme  du  monde. 

Œuvres.  T.  IV.  27  - 


IO  CORRESPONDANCE.     1662. 


Annalandt,  ou  cttoient  encre  autres  Belletie  3)  et  fa  foeur 4),  auec  fon  col  de  grue , 
du  quel  Don  Sébaftian  5)  comme  de  raifon  ,  admira  la  figure. 

Je  ne  me  fouvenois  plus  de  ces  objections  que  j'aurois  faites 6)  contre  Monfieur 
Boile,  et  je  voy  bien  que  le  correfpondant  de  Monfieur  Theuenot  luy  en  a  fait 
croire  d'avantage  qu'il  n'en  cil.  car  ce  n'a  elle  qu'en  paillant  lors  que  je  priay  tf) 
Monfieur  Moray  de  le  remercier  en  mon  nom  de  fon  dernier  livre 7),  que  j'ay  allè- 
gue un  fcrupule  ou  deux,  touchant  certaines  expériences  qui  ne  revienent  pas 
bien  a  fon  hypothefe.  Pour  fa  refponfe  8)  je  ne  l'ay  pas  encore  vue,  mais  je  ne  doute 
pas  qu'elle  ne  fera  civile  et  modefte,  car  j'ay  eftè  bien  loin  de  dire  aucune  chofe 
qui  le  pull  defobliger.  Je  feauray,  quand  je  l'auray  reçue,  quelles  ont  elle  mes 
objections ,  n'en  ayant  pas  tenu  copie ,  parce  qu'elles  n'en  valoient  pas  la  peine. 

Pour  quoy  trouvez  vous  fi  cftrangc  cette  claufe  que  j'ay  adjoultè  après  les  rela- 
tions du  Coufin  Caron  y}  ?  Je  croiois  que  Monfieur  Thevenot  me  prendroit  pour 
bien  fimple  fi  je  n'eufïè  tefmoignè  de  douter  en  quelque  façon  de  la  vérité  de  tels 
récits,  et  au  relie  le  bon  Coufin  a  fort  la  réputation  d'embellir  ceux  qu'il  fait. 
Mais  il  en  croira  toufjours  autant  qu'il  voudra,  per  me  licet. 

J'ay  enpacquetè  encore  2  douzaines  de  larmes  de  verre  dans  une  boete  que 
Monfieur  Chieze  vous  apportera,  mais  il  n'eft  pas  encore  bien  afTurè  quand  il  par- 
tira d'icy.  Quel  traficq  faites  vous  avec  ces  petits  engins ,  ou  a  qui  les  diftribuez 
vous?  J'oublie  toufjours  a  m'informer  en  Angleterre  comment  c'eit  qu'on  les  fait, 
mais  je  tafeheray  de  m'en  fouvenir  demain  en  eferivant  a  Monfieur  Moray  I0). 
Il  m'a  fait  efperer  ")  que  je  le  verray  bientoft  icy  a  la  Haye,  ce  que  je  fouhaite, 
car  je  l'aime  bien. 

Ne  manquez  pas  je  vous  prie  a  nous  faire  avoir  des  petits  miroirs  dont  mon 
frère  vous  aeferit12)  par  l'ordinaire  pafie,  et  qu'il  y  en  ait  aufli  pour  moy.  le  meftier 
de  Lunetterie  n'a  jamais  elle  fi  en  vogue  parmi  nous  qu'a  prefent.  Adieu  je  n'ay 
plus  rien  a  vous  mander. 

Pour  le  Frère 
Louis. 


■')    Isabella  van  Aerssen.  Voir  la  Lettre  N°.  983,  note  8. 

4)    Une  des  sœurs ,  mentionnées  dans  la  Lettre  N°.  820,  note  1  o. 

?)    Sur  Sebastien  Chieze  voir  la  Lettre  N°.  863  ,  note  4. 

Consultez  la  Lettre  N°.  1032. 

(  >uvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1032,  note  2. 

Consultez  l'Appendice  N°.  1056. 

Voir  l'ouvrage  de  Caron ,  cité  dans  la  Lettre  N°.  924,  note  1. 

Nous  n'avons   trouvé  ni  minute,  ni  copie  d'une  lettre  du  25  août  de  Clir.  Huygens  à 

R.  Moray,  et  il  est  douteux  qu'elle  ait  jamais  été  écrite.  Consultez  la  lettre  de  R.  Moray  du 

17  novembre  1662. 

('(insultez  la  Lettre  N°.  1034. 

Voir  la  Lettre  N°.  1045  de  Constantyn  Huygens. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


1  I  1 


N=  1052. 

[Lodewijk  Huygens]   a  [Christiaan  Huygens]. 
[août    1662]  *). 

La  pièce  se  trouve  à   Laden,  cuil.  Huygens. 
Clrr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1054. 

QVIS    EX    MATHEMATICIS 

Tria  Problemata  Solvet? 

Primum  :  Invcnire  quatuor  numéros  continué  proportionales  geometricè,  ita  ut 
quadratum  primi  ad  reliquorum  numerorum  fummam  habcat  datam  rationem ,  et 
taies  ut  lblidus  ex  fumma  mediorum  in  quadratum  minoris  medij  fit  aequalis  iblido 
ex  differentia  mediorum  in  quadratum  medij  majoris,  atque  infuper  in  nullo  qua- 
tuor numerorum  fine  plures  quam  duae  radiées  univerfales.  Ello  data  ratio 
100.  ad  1. 

Secundum  :  Invcnire  très  numéros  harmonice  proportionales ,  qui  faciant  trian- 
gulum  rectangulum  :  feu,  invenire  très  harmonice  proportionales ,  ita  ut  majoris 
quadratum  aequetur  quadratis  reliquorum  duorum. 

Tertium  :  dividere  V'  8  +  6.  in  duos  numéros,  tali  ratione  ut  cubus  primi  cum 
duodecuplo  fecundi  aequetur  cubo  fecundi  cum  vigecuplo  primi.  Petitur  autem 
hic  duplex  folutio  :  una  per  radiées  univerfales,  altéra  fine  radicibus  univerfalibus. 


Cette  pièce  a  été  expédiée  avec  une  lettre  de  Lodewijk  Huygens  à  Chr.  Huygens;  mais 
celle-ci ,  comme  tant  d'antres  du  même  correspondant,  ne  se  trouve  pa<  dans  nos  collections; 
Christiaan  en  parle  dans  la  Lettre  N°.  1054. 


2  I  2 


CO  R  R  ES  POND  ANC  E.    I  6  6  2 . 


N"   1053: 

H.  L.  H.  de  Monmor  h  Christiaan  Huygens. 

30    AOÛT    1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leirien,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  904. 


A  Paris  ce  30  Aoulr.   1662. 


Monsieur 


Si  je  n'auois  elle  accablé  de  maladies  et  d'affaires  depuis  vn  fore  longtemps 
Je  ne  pourrois  pas  exeufer  mon  filence  après  les  obligeantes  marques  que  J'ay 
receues  de  l'honneur  de  voftrc  fouuenir.  Mais  je  m'afféure  que  vous  elles  trop  per- 
fuadé  de  l'eftime  extraordinaire  que  Je  fais  des  excellentes  qualitez  de  voflre  ef- 
prit  pour  que  vous  ayez  voulu  foubfonner  en  ce  rencontre  quelque  choie  a  mon 
defauantage.  Vous  auez  laide  dans  mon  ame  des  jmpreffions  de  vénération  et  dami- 
tié  que  l'abfence  ny  le  temps  ne  font  point  capables  d'effacer.  Vous  me  ferez 
Monfieur  la  Grâce  de  le  croire  et  que  je  n'auray  jamais  plus  de  joye  que  lorsque 
vous  me  ferez  naiftre  quelque  occafion  de  vous  faire  cognoillre  cette  vérité  par 
mes  feruices.  Monfieur  de  Chefnelong  ')  greffier  du  Confeil  du  Roy  fefl  voulu 
charger  de  ma  lettre  qui  vous  explique  ces  véritables  fentimens  de  mon  coeur. 
Ceft  vn  lavant  de  qualité  et  mon  amy  qui  allant  en  Hollande  pour  y  veoir  ce  qui 
y  eft  de  plus  clair  pourra  fati flaire  fa  curioilte  en  voyant  voftre  perfonne  qui  cil: 
vn  de  fes  plus  grands  ornemens,  Jl  vous  dira  que  Je  fuis  auec  paflion 

Monsieur 

Votre  trefhumble  et  obeiffant  feruiteur 
De  Montmor  Habert. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Huggens  de  Zullichen 

a  la  Hâve. 


,   De  Chesnelong  était  secrétaire  du  Conseil  du  Roi  et  semble  avoir  été  de  ceux  qui  fréquen- 
taient le  cercle  de  Monmor. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


Ns  1054. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens], 

31     AOÛT     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiilen,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   105a. 

le  dernier  Aouft   1662. 

Je  fuis  trefmarry  de  la  mort  de  l'incomparable  Monfieur  Paichal '),  quoij  qu'il 
y  eufl  défia  long  temps  qu'il  efloit  mort  pour  la  Géométrie.  J'avois  toufjours  ef- 
perè  qu'il  fe  remettroit  de  fa  foiblefTe,  et  qu'il  reprendroit  quelque  jour  cette  ci- 
tude  ou  il  a  fi  fort  excellé.  Monfieur  le  Duc  de  Roanes 2)  pert  en  luy  un  grand 
amij ,  et  il  faut  luy  en  faire  vos  condoléances  et  les  mienes.  Je  renvoyé  par  Mon- 
fieur Chieze  la  machine  pour  l'arithmétique  3)  qui  eft  de  fon  invention ,  et  peut 
élire  c'efloit  la  fiene  propre,  car  je  ne  l'ay  jamais  pu  fcavoir  au  vray;  feulement 
on  m'efcrivit  4)  lors  qu'on  me  l'envoia,  que  j'euffe  à  l'adrefler  a  Monfieur  Petit 
le  libraire  5),  comme  je  fais  a  cet  heure. 

En  fin  le  dit  Don  Sebaflian  va  partir  tout  de  bon  premièrement  pour  Turn- 
hout,  et  de  la  pour  Paris  fi  ce  n'efl  que  Madame  6)  en  ordonne  autrement.  Il  vous 
apportera  un  exemplaire  des  Mémoires7)  que  vous  defirez,  et  encore  un  autre 
pour  Mon  Perc  que  le  frère  8)  luy  envoie.  Qnoy  que  cellecy  eufl  pu  fuffire  pour 
vous  deux,  j'ay  creu  pourtant  que  vous  feriez  bien  aife  d'en  avoir  une  a  vous.  Vous 
aurez  grand  plaifir  a  lire  tant  de  particularitez  et  intrigues  qui  regardent  des  per- 
lbnnes  qui  pour  la  plufpartrfont  encore  en  vie,  et  je  ne  puis  comprendre  comment 


')    Biaise  Pascal  mourut  à  Paris  le  19  août  1662. 
'-)    Voir  la  Lettre  N°.  837,  note  1. 

3)  Voir  la  pièce  N°.  632. 

4)  Consultez  la  Lettre  N°.  717. 
?;    Voir  la  Lettre  N°.  63 1  ,  note  5. 
rt)   La  Princesse  Douairière. 

r)  Mémoires  de  M.  D.  L.  R.  sur  les  brigues  à  la  mort  de  Louis  XIII  :  les  guerres  de  Paris  et  de 
Guyenne,  et  la  guerre  des  princes.  Cologne  [Pseudonyme  pour  la  Haye].  P.  van  Dyck ,  1662. 
in-120. 

L'auteur  en  est:  Monsieur  De  La  Rochefoucauld. 

De  cet  ouvrage  il  y  eut  plus  tard  une  autre  édition,  avec  le  titre: 

Mémoires  de  la  Minorité  de  Louis  XIV.  Corrigez  sur  trois  copies  différentes,  &  augmen- 
tez de  plusieurs  choses  fort  considérables,  qui  manquent  dans  les  autres  éditions.  Avec  une 
Préface  nouvelle  qui  sert  d'Indice  et  de  Sommaire.  A   Ville  franche  chez  Jean  de  Paul 

[Pseudonyme  pour:  Amsterdam.  Elsevier].  1690.  in- 1  ;  . 
s)  Constantyn  Huygens. 


14  CORRESPONDANCE.    YÔ6l. 


ce  Duc  de  Rochefoucauld  y)  a  efte  fi  inconiîdcrè  que  de  laifier  forrir  cet  eferit  de 
les  mains,  car  Ton  m'affure,  contre  ce  que  j'avois  creu,  qu'il  vit  encore  luy  mefme. 

Pour  vos  Canons  je  ne  les  trouue  point,  après  avoir  regarde  dans  vos  armoires 
et  par  tout  avec  Annetie  ,  qui  ne  fe  fouuient  pas  que  vous  en  ayez  laifîèz  icy  en 
partant. 

L'Hiftoire  des  Truffes  efr.  merveilleufc,  pourveu  qu'elle  foit  aulfi  authentique. 
Si  celle  de  la  Chenille  fe  peut  eferire  en  peu  de  mots  comme  celle  là,  vous  pour- 
riez bien  aufii  m'en  faire  part,  car  je  ne  penfe  pas  qu'elle  foit  dans  le  livre  IO)  du 
Zelandois  :I),  que  je  n'ay  pas  maintenant. 

J'ay  envoyé  plus  de  5  fois  dans  15  jours  chez  le  libraire  qui  me  doit  faire 
avoir  les  livres  d'Hevelius  I2)  pour  Monfieur  Petit,  mais  jufqu'icy  on  ne  les  luy  a 
point  envoiez  d' Amfterdam ,  ce  qui  me  fait  croire  qu'ils  n'en  ont  point  d'exem- 
plaires, au  moins  du  dernier  de  Mercurius  in  Sole.  Peut  eitre  que  je  m'y  en  iray 
dans  2  ou  3  jours,  et  s'il  y  en  a,  je  vous  les  feray  tenir  au  pluftort.  J'en  eufle 
volontiers  chargé  Monfieur  Chieze,  mais  cela  ne  fe  poura  puis  qu'il  part  demain. 
Aujourdhuy  Monfieur  van  Lccuwen  I3)  luy  veut  encore  faire  quelque  regale  et  l'a 
convié  avec  nous  autres  chez  luy  cette  aprefdinée.  Je  verray  là  ma  foeur  I4)  et  feau- 
ray  ce  que  vous  luy  avez  mande  de  nouveau.  Je  vous  remercie  de  la  Requefte  I5) 
de  Madame  Fouquet  l6).  pour  l'autre  Apologie  imprimée  I:),  je  l'ay  défia  leùe. 


y)  François  VI,  duc  de  la  Rochefoucauld,  prince  de  Marsillac,  naquit  le  15  décembre  1613 
et  mourut  le  17  mars  1680  à  Paris  Jeune  encore,  il  se  mêla  aux  intrigues  diplomatiques, 
d'abord  contre  Richelieu,  puis,  après  une  liaison  de  cinq  ans,  contre  Madame  de  Longue- 
ville;  il  entra  dans  la  Fronde,  fut  tantôt  en  disgrâce  ,  tantôt  en  faveur.  Depuis  1652  il  vécut 
tranquilles:  c'est  alors  qu'il  composa  les  ouvrages  qui  l'ont  rendu  célèbre. 

I0)  Metamorpholis  Naturalis,  Ofte  Hiftorifche  Befchryvinghe  vanden  Oirfpronck ,  aerd,ey- 
genfchappen  ende  vreerade  veranderinghen  der  worraen,  rupfen,  maeden  ,  vlieghen,  niltjes, 
byen ,  motten  ende  dierghelijcke  dierkens  mecr;  niet  uyt  eenighe  boecken ,  maer  alleenlijck 
door  eygen  ervarentheyd  uytgcvonden,  befehreven,  ende  na  de  konlt  afgetcykent.  Door 
Johannes  Goedaerdt.  Tôt  Middelburgh ,  By  Jacques  Firens,  Boeck-verkooper  inde  Globe. 
[1662]  in-8°. 

")  Johannes  Goedaert  naquit  en   1620  à  Middelbourg,  où  il  mourut  en  1668.  Il  était  peintre 
aquarelliste  d'oiseaux  et  d'insectes,  et  se  plut  à  étudier  toutes  les  métamorphoses  de  ces  der- 
niers.  Il  épousa  Clara  de  Bock. 
Consultez  les  Lettres  Nos.  1012  et  loi 5. 

'      sur  Diederik  van  Leyden  van  Leeuwen  voir  la  Lettre  N°.  23-,  note  1. 

'4)  Susanna  Doublet,  née  lluygens. 

'  >  Requête  de  Mme  Fouquet  au  roi  ,  à  l'effet  d'exercer  ses  reprises  et  conventions  matrimoni- 
ales sur  ses  biens  de  la  succession  de  son  mari. 

Marie  Madeleine  de  Castillc-Villcmarcnil ,  fille  unique  du  maître  des  requêtes  François  de 
Castille,  naquit  en  1633  et  mourut  en  17 16.  Elle  était  la  seconde  épouse  de  Nicolas  Foucquet 
le  Surintendant  (voir  la  Lettre  N°.  605  ,  note  7).  Malgré  son  caractère  hautain  ,  elle  pour- 
suivit le  roi,  après  la  disgrâce  de  son  mari  en  1661,  de  ses  supplications  pour  changer  la 
peine  de  prison  en  exil.  Elle  avait  donné  à  Foucquet  un  lils,  Louis  Nicolas. 
Sommaire  de  l'instance  pour  Mme  Fouquet  première  créancière  de  M.  Fouquet  le  Surinten- 


CORRESPONDANCE.     \66l.  2  1 


La  Signora  Mariane  l8),  à  ce  que  me  femble,  worc  heel  wik  Iy),  et  Monfieur 
ion  Père  :o)  eil  bien  fimple  de  la  laifTer  ainfi  au  gouuernement  de  fon  franc  ar- 
bitre. Je  ne  doute  point,  puis  qu'elle  veut  que  le  traite  pour  lamaiibn  feface, 
que  le  bon  homme  ne  foie  contraint  d'y  confentir,  tellement  que  je  le  croy  defia 
conclu ,  mais  il  pouroit  bien  vous  avoir  demandé  un  peu  d'avantage  eilant  inte- 
reiTe  comme  il  cil.  Prenez  garde  qu'en  revenant  du  voyage  la  Signora  Mariane 
ne  troiiue  encore  expédient  pour  rentrer  dans  fon  logis  fans  que  Mon  Père  et  vous 
en  fortiez.  vous  auriez  beau  moyen  alors  de  vous  venger  de  ce  comte  de  Ch.  et 
de  l'exclure  a  fon  tour,  adieu. 

Des  deux  pièces  de  miroir  2I)  que  vous  avez  envoièez  au  frère  de  Zeelhcm  il  en 
a  caffè  l'une  en  voulant  l'arrondir  fi  bien  qu'il  m'a  fallu  luy  rendre  l'autre  qu'il 
m'avoit  donnée.  Priez  de  ma  part  Monfieur  Petit  de  me  donner  encore  2  ou 
3  pièces  de  cette  mefme  étoffe  s'il  en  a,  car  elle  eil  fort  belle,  et  remerciez  le  de 
l'inflruélion  qu'il  nous  a  donnée  ~)  pour  le  poliment  quoy  que  je  m'imagine  qu'il 
y  feait  encore  quelque  autre  fineife,  car  fon  poli  eil  plus  beau ,  que  celuy  que  nous 
puiflions  effectuer  fuivant  fa  recepte  :  mais  nous  tafeherons  de  la  perfectioner. 

Je  voudrois  bien  feavoir  de  quelle  grandeur  font  les  verres  de  Monfieur  d'Ef- 
pagnet  :3)  qu'il  a  efïaiez  et  quelle  ouuerture  ils  foufffent. 

Les  queflions  24)  que  vous  m'avez  envoiees  ne  méritent  pas  qu'on  s'y  amufe 
n'eilant  aucunement  belles  ny  utiles  a  rien,  cela  vient  de  quelque  arithméticien 
et  non  pas  d'un  Géomètre. 


dant,  contre  les  dames  de  Bernard  et  de  Montloiïet  créancières  de  la  succession  de  messire 
Gilles  Fouquet,  premier  ecuyer,  et  encore  contre  les  sieurs  directeurs  des  créanciers  de  dame 
Anne  Daumont  épouse  de  messire  Gilles  Fouquet,  premier  écuyer. 

1S)  Marianne  Petit. 

Iy)  Traduction:  devient  très-étourdic. 

-°)  Pierre  Petit.  Voir  la  Lettre  N°.  836,  note  6. 

:I)  Consultez  la  Lettre  N°.  1045. 

22)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  instruction  de  P.  Petit. 

23)  Voir  la  Lettre  N°.  1058. 

24)  Voir  la  pièce  N°.  1052. 


\6  CORRESPONDANCE.    1662. 


Ns   1055. 

R.  Moray  a  [Christiaan  Huygens]. 
1    septembre   1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est    a  réponse  aux  Nos.   1032  et   1046.       Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1080. 

A  Whitehall  ce  22.  D'Aouft   1662. 
Monsieur 

N'eftoit  que  Je  retiens  encore  l'intention  de  vous  vcoir  dans  peu  de  iours,  J'au- 
rois  de  la  peine  a  trouucr  de  quoy  me  iuftifier  d'auoir  fi  long  temps  différé  ma  rei- 
ponce  à  deux  de  vos  précédentes;  a  l'une  defquellcs  J'ay  bien  dit  ')  quelque  chofes, 
mais  a  l'autre  rien  du  tout.  Et  iuiqu'a  ce  que  J'aye  tout  a  fait  quitte  le  defiein  de 
faire  le  voyage  que  J'ay  fi  long  temps  médite  auec  fatiffaclion,  Je  ne  prétends  pas 
m'eftendre  fur  les  matières  que  vous  me  marquez  dans  les  vollres.  Mefme  Je  ne 
vous  diray  pas  grande  chofe  fur  voflre  dernière  du  commencement  du  Courant, 
ains  rcmettray  prefque  le  tout  a  lcntreueue  dont  J'ay  une  enuic  trefpafîionnee.  il 
eft  vray  que  J'ay  une  exeufe  qui  pourra  en  partie  iuftifier  la  remife  de  mes  ref- 
ponces  :  C'eft  que  vos  lettres  font  par  fois  3.  femaincs,  ou  un  mois  hors  de  mains, 
deuant  que  Je  puifle  mefme  auoir  le  contentement  de  les  lire  auec  attention.  Elles 
font  tantoft  entre  les  mains  de  M  y  lord  Brounker ,  tantoft  de  Monfieur  Boile,  et 
de  plufieurs  autres:  de  forte  que  i\  quelqu'un  de  ces  meilleurs  fe  trouue  auprès 
de  moy  lors  que  les  voftres  me  font  rendues ,  ou  que  Je  commence  a  les  lire ,  ils  me 
les  arrachent,  et  ne  me  les  rendent  point  de  3.  ou  4.  iours  ou  dauantages.  Tout  ce 
que  vous  aurez  de  moy  à  prefent ,  touchant  vos  deux  précédentes ,  eft  les  deux  let- 
tres dont  voicy  les  Originaux  :).  Vous  verrez  bien  par  leur  dates,  que  Je  vous  les 
aurois  peu  faire  tenir  plus  toft.  Mais  elles  ont  cité  auifi  entre  les  mains  de  quel- 
ques uns  de  nos  Meilleurs  plus  de  15.  iours.  au  refte  faites  citât  qu'a  noftre  entre- 
Lieuë  on  vous  entretiendra  au  long  fur  tous  les  points  de  chacune  des  voftres ,  et  fi 
noftre  voyage  vient  a  eftre  remife  a  une  autre  fois ,  ce  que  Je  ne  crois  pourtant 
pas,  alors  Je  me  donneray  la  peine  de  vous  en  eferire  un  volume  entier;  Cepen- 
dant J'ay  bien  fait  rougir  Monfieur  Euilyn  %)  en  lifant  voftre  dernière  en  noftre 
Aiïèmblee  luy  prefent.  Mais  vous  pouuez  bien  croire  qu'il  vous  fçait  parfaite- 
ment bon  gré  de  l'honneur  que  vous  luy  faites.   Vous  auez  creu  auoir  enfermé 


')    Consultez  la  Lettre  N°.  1034. 
- j   Voir  les  deux  Appendices  No*.  1056  et  1057 
Voir  l.i  Lettre  N°.  1046",  note  4. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  2  1" 


dans  voftre  dernière 4),  la  copie  5)  de  voftre  iugement  de  la  Duplication  du  Cube, 
et  de  la  quadrature  du  Cercle  de  Monfieur  Hobbes,  mais  Je  ne  l'y  ay  pas  trouuee. 
Je  vous  prie  de  me  l'enuoyer  fi  vous  iugez  qu'elle  p  ni  fie  élire  icy  dans  15!  iours, 
car  peut  efire  feray  Je  icy  a  fiez  long  temps  pour  la  receuoir. 

Tous  nos  Meilleurs  font  fort  fatiffaits  de  voftre  Reigle  rt)  touchant  la  mefure  de 
la  pefanteur  de  l'Atmofphere.  Elle  eft  fort  jolie.  Mais  nous  prétendons  la  iuftifier 
par  des  expériences  lors  que  nous  en  aurons  la  commodité. 

Voila  pour  cette  fois  une  aftez  longue  lettre,  il  me  feroit  bien  facile  dy  adioufter 
encore  deux  ou  trois  fois  autant.  Mais  il  vaut  mieux  le  remettre  a  noftre  rencontre. 

Vous  fçauez  que  Je  fuis  de  toute  mon  ame 

Monsieur 


Voftre  trefhumble  et  trefaffeétionné  feruiteur 

R.    MORAY. 


Ne   1056. 

R.  Boyle  à  [R.  Moray]  '). 

[juillet   166a]  2). 

Appendice  I  au  N°.    1055. 

Lu  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.   Huygens. 
Une  copie  se  trouve  à  Londres,  Rayai  Society*'). 

La  lettre  est  la  réponse  au  No.    1032. 


Sir 


J  perceiue  by  Monfieur  Zulychem's  Letter  4)  which  by  your  fauour  J  haue 

now  rcceinM ,  that  my  former  bookes  J  ventur'd  to  trouble  him  with ,  haue  not  ex- 


4)   Consultez  la  Lettre  N°.  1046  et  la  note  1  de  la  Lettre  N°.  104-, 
s)    Voir  la  pièce  N°.  1 047. 
6)    Voir  la  pièce  N°.  1048. 


')  On  lit,  à  la  fin  de  la  lettre,  de  la  main  de  Moray:  Cette  lettre  s'adrellè  a  moy. 

2 )  Consultez  !a  Lettre  N°.  1055. 

5  Cette  copie  de  la  Société  Royale  ne  porte  pas  de  date  non  plu  s. 

+)  La  Lettre  N°.  1032. 

Œuvres.  T.  IV.  28. 


2i8  CORRESPONDANCE.     \66l. 


hauited  his  parriality  for  my  writings,  fince  he  is  pleafd  to  make  you  fuch  a  men- 
tion of  my  laft  5)  that  J  can  much  better  refent  &  blufh  at  then  deferue,  which  you 
will  obleige  me  to  let  bim  know  the  next  time  you  write  to  him.  But  becaule  J 
prefume  you  &  perhaps  he  may  expect  that  J  f hould  fay  fomething  to  the  particu- 
lars  in  my  book  on  which  he  animaduerts,  efpecially  fince  his  objections  are  foe 
few,  as  well  as  foe  judicious,  that  as  they  highly  deferue  a  ferions  reflection,  foe 
J  may  giue  you  my  thoughts  of  them  in  this  couer  wherein  J  inclofe  you  his  letter. 
J  l'hall  take  notice  to  you  in  few  words  (hauing  not  now  time  to  trouble  you  with 
many)  that  ye  particulars  in  Monfieur  Zulychem's  letter  that  require  to  haue 
fomething  fayd  to  them  by  way  of  anfwer,  are  thefe  fowre. 

The  firft  is  my  hauing  made  fuch  folemn  Anfwers  to  my  two  aduerfarys  Linus 
&  Miller  Hobbes  whofe  arguments  he  is  pleafd  to  fpeak  foe  flightingly  of.  But 
though  to  this  J  might  reprefent  that  J  could  not  hope  to  finde  many  readers  that 
underltood  thofe  controuerfys  half  foe  well  as  Monfieur  Zulichem ,  And  though 
J  might  adde  what  els  J  fay  in  the  préfaces  &  beginnings  of  ye  books  them  felues, 
to  giue  an  account  of  my  proceedings,  Monfieur  Zulychem's  Ciuility  has  furnifht 
me  with  an  anfwer ,  that  J  f  hould  not  els  haue  made  vfe  of  in  faying  that  he  finds 
J  haue  donc  what  jndeed  J  indeauourd  to  doe ,  bye  taking  occaiion  from  the  ob- 
jections J  anfwerd  to  offer  fomethings  to  the  Reader,  towards  the  further  illuftra- 
tion  of  ye  Doctrine  it  felf  of  ye  fpring  of  ye  air. 

As  to  what  he  fayes  touching  the  hypothefis  afTumed  to  make  out  the  phaeno- 
mena  of  Raréfaction,  it  will  not  be  requifite  forme  to  inlarge  vpon  it,  the  Pro- 
pofer6)  of  the  Hypothefis  being  him  felf  ready  to  giue  you  an  account  ofit.  And 
Monfieur  Zulichem  though  (cheifly  through  the  Printers  fault)  he  miftakes  the 
propofer  of  it,  yet  rightly  apprchends  both  that  the  Hypothefis  is  plauiible 
enough,  and  that  tis  propof'd  but  (as  his  letter  fpeakes)  as  a  projeél  or  a  polfible 
way  of  foluing  the  phaenomena  of  Raréfaction  without  hauing  recourfe  to  the 
vnintelligible  way  of  Ariftotle. 

Of  the  two  other  &  more  important  particulars  ,  that  Monfieur  Zulychem  ob- 
jects,  the  firft  you  know  is  that  he  concernes  not  eithcr  by  Linus  his  hypothefis 
or  ours  there  can  be  a  fufficient  Reafon  rcndrcd ,  why  in  the  Torricellian  Experi- 
ment,  the  finger  that  flops  the  orifice  of  ye  tube  whcn  it  has  neer  20^  inches  of  Mer- 
cury, fhould  lift  it  vp  &  ftick  foe  clofe  to  it  as  to  need  fome  force  though  but  a  litle 
to  feuer  it  from  the  Orifice.  But  hère  J  fi  rit  take  notice  that  he  judicioufly  obfer- 
ues ,  that  the  difficulty  to  explicate  this  phaenomenon  is  as  great  in  our  aduerfarys 


;  ;    L'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1032 ,  note  2. 

Dans  les  ouvrages  de  Boyle,  l'auteur  en  question  n'est  pas  nommé;  nous  savions  seulement 
qu'il  fui  présent  a  toutes  les  expériences.  Maintenant  ,  par  la  Lettre  N°.  1 057,  nous  appre- 
nons que  c'était  II.  Hooke,  assistant  île  U.  Boyle. 


CORRESPONDANCE.     l6Ô2. 


10 


hypothefis  as  in  ours.  Next  \ou  may  rcmembcr  that  in  my  book  J  inform'd  you,  that 
vpon  feuerall  tryalls  we  could  not  finde  the  experiment  to  fucceed,  Nor  does  Mon- 
fieur  Zulichcm  mention  it  as  a  thing  duly  tryed,  by  him  fclf  or  any  of  his  freinds. 
But  hovveuer  let  vs  in  the  third  place  confider  whether  the  phaenomenon  if 
granted  fometiraes  to  happen  may  not  be  well  cnough  folued  by  our  hypothefis. 
For  Monfieur  Zulichem  as  A  perion  that  very  well  vnderilands  it,  does  himielf 
allow  that  (to  vfe  his  words)  the  finger  being  prefi:  from  abouc  (Let  me  add  &  la- 
terally  too)  by  the  weight  of  ye  atmofphere  &  ye  Mercury  from  beneath ,  they 
ought  for  this  reafon  to  continue  joynd  together.  Now  jn  café  it  happen  as  it 
often  does  without  being  heeded ,  that  ye  glass  being  vnequally  blown  the  orifice 
contiguous  to  ye  finger  be  broader  then  the  reft,  the  atmoiphericall  cylinder  that 
preïïes  againll  the  finger  will  haue  a  greater  Diameter  then  ye  Mcrcuriall,  And 
confequently  be  able  to  fuftein  a  greater  weight.  But  fetting  afide  this  café  if  the 
prefiure  of  ye  air  can  fuftein  a  cylinder  ail  of  Mercury  whofe  height  is  30  inches, 
it  may  well  be  conciued  to  be  able,  more  then  barcly  to  fultain  fuch  a  Cylinder, 
in  café  part  of  it  be  not  of  Mercury,  but  of  a  farr  less  ponderous  body  of  glass 
whofe  weight  by  comparing  it  with  exaét  fchales  we  finde  to  be  to  that  of  the  water 
of  the  famé  bulk  as  1  to  2|  ').  And  confequently  its  weight  to  that  of  Mercury  is 
as  1  to  5£.  not  now  to  examine  whether  &  how  far  the  clofe  adhefion  of  the  finger 
to  the  tube  may  be  promoted  by  the  fpring  of  ye  pulp ,  thruft  into  the  deferted 
part  of  the  tube,  and  therc  expanding  it  felf,  as  J  haue  often  obferued  the  parts 
of  liuing  créatures  to  doe  in  our  exhaufted  Receiuer. 

The  Laft  thing  which  Monfieur  Zulichem  findes  a  Difficulty  in,  being  the  famé 
whichhe  alfoformerly  propofd  8) ,  is  that  fhutting  vp  in  the  Receiuer  a  fhort  glafs 
tube  filld  with  water,  and  inuerted  into  a  jar  containing  fome  of  the  famé  liquor, 
if  it  were  common  water  it  would  vpon  the  exhauftion  of  the  Receiuer  fubfide  in 
the  tube  or  rather  be  deprelt  by  the  expanlion  of  the  aeriall  particles  latitant  in 
the  water.  But  in  café  the  water  were  before  the  opération  freed  from  fuch  aeriall 
particles  then  noe  pumping  would  make  it  fubfide.  The  experiments  in  tubes  of 
5  or  6  inches  J  haue  feuerall  times  made  which  lefiens  not  my  refentment  of  Mon- 
fieur Zulichem  Fauour  in  imparting  it  to  me.  But  J  confess  J  am  ftill  of  ye  opinion 
which  you  may  perchance  remember  that  J  propofd  fome  monthes  agoe  in  our 
Afiembly  of  Grefham  Colledge.  For  Monfieur  Zulychem  indeed  does  as  he  is 
wont  argue  very  rationaly,  wher  he  concludes  this  to  be  a  capitall  difficulty.  But 
his  whole  reafoning  is  built  vpon  fuppofition  that  the  Receiuer  is  quite  void  of 
air,  and  that  he  collects  from  his  not  being  able  to  pump  out  any  more.  But  we 


')   Lisez:  as  2 S-  to  1. 

8)    Consultez  la  Lettre  N°.  963  ,  et  la  pièce  N°.  1033. 


2  20  CORRESPONDANCE.    \66l. 


niuit  confefs  that  hkherto  we  haue  not  been  able  to  bring  our  engine  to  that  pafïe 
as  to  frce  it  pcrfectly  from  air,  though  we  now  make  vfe  of  one  whofc  pump 
being  vnder  water  is  probably  leflè  fubjeâ  to  leake  then  Monfieur  Zulichem's , 
though  otherwife  J  quertion  not  but  vcry  exact  as  can  bc.  Yct  hauing  purpofely 
made  tryalls  in  Fhort  pipes  with  Quickfiluer  in  fteed  of  water,  we  vnwillingly  found, 
that  if  we  firlt  freed  it  from  air,  we  could  fearce  make  it  fubfidc  in  the  tube  foe 
low  as  within  hait*  an  inche  or  thereabouts  of  the  furface  of  the  externall  mer- 
cury.  Soe  that  if  the  pipe  had  been  fillcd  with  water  freed  from  air,  that  litle  air 
chat  yet  remained  in  the  Receiuer,  would  haue  kept  it  from  deicending,  though 
the  aqueous  cylinder  had  been  7.  or  8.  inches  high.  And  jn  café  our  care  &  dili- 
gence had  been  less  or  our  pump  had  not  been  placed  vnder  water  to  keep  it  more 
ftanch  tis  vcry  likely  that  there  would  haue  remaind  air  enough  to  keep  vp  a  cy- 
linder of  water  of  at  lealt  twice  or  3  that  length. 

Thefe  Sir  are  my  prefent  thoughts  concerning  this  phaenomenon ,  which  J 
offer  you  with  ye  less  fcruple  becaufe  they  queftion  not  Monfieur  Zulychem's  Ra- 
tiocination,  but  only  the  ftanehness  of  his  pump,  And  will  J  prefume  appear  al- 
lowable ,  til  a  far  more  perfect  exhauition  of  the  Receiuer  can  bc  cleerly  made 
ont.  Yct  J  would  not  byc  thefe  conjectures  diuert  cither  him  or  my  felf  from  fur- 
ther  inquiçys.  For  though  the  hypothefis  it  felf  ofye  fpring  ofye  air,  be  J  hope 
fufficiently  eftabiifht:  yct  by  reafon  of  the  peculiar  texture  of  fome  bodys,  or  fome 
vnheeded  circumftances  there  may  happen  fome  odd  phaenomenon  orother,  very 
difficult  to  be  accounted  for,  As  J  obieruc  in  the  Experiment  concerning  ye  per- 
manent expanfion  of  Spirit  of  Wine.  But  my  hail  forbids  me  add  any  more  to  your 
trouble,  faue  that  renew'd  requeit  that  when  you  write  to  Monfieur  Zulychem 
you  would  allure  him  of  my  récemment  of  the  fauour  of  his  letter  and  efpccially 
ofye  part  of  it  that  conteines  his  animaduerfions ,  which  comming  from  fuch  a  onc 
as  Ile,  cannot  be  vnwellcome  to  a  perfon  who  knowes  how  much  fitter  for  him 
'tis  to  be  inftructed ,  then  applauded.  And  if  in  this  paper  you  finde  your  felf  any 
thing  of  fcruple,  you  may  command  my  jndeauours  to  remoue  it  at  yournext 
being  waited  on  by 

Sir 

Your  m  oit  affeétionate  &  moft  humble  feruant 

Ko:  Boyle. 

My  hall  made  me  forget  to  returne  my  humble  thanks  to  Monfieur  Zulychem 
for  what  he  ofFers  about  the  experiment  to  be  made  at  Weftminfter. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  11\ 


W   1057. 

[R.  Hooke1)]2)  à   [R.  Boyle]  3). 

[juillet    1662]  4). 

Appendice  II  au  No.    1055. 

La  copie  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Sir 

The  objections  of  Monfieur  I  lugens  (which  you  were  pleafd  to  acquaint  me 
with)  as  they  may  be  very  well  made  againft  my  hypothefis ,  before  it  be  more 
fully  explicated,  then  it  is  in  that  fhort  attempt  which  J  prefum'd  to  trouble  you 
with,  concerning  the  raréfaction  of  the  air.  Soe  J  doubt  not  but  vpon  a  more  copions 
explication  they  will  very  eafily  be  remou'd,  by  the  ingénions  Objector  himfelf. 

For  my  firil  hypothefis  (in  which  it  is  the  difficulty  lyes)  being  Epicurean , 
fuppofes  firft  an  internall  motion  in  the  particles  of  bodyes  efpecially  of  fuch 
as  are  fluid  (a  principle  generally  granted  by  that  fect)  which  therefore  thoijgh  it 
may  be  retarded  by  the  occurfion  of  other  bodys ,  either  contrarily  moued  or  at 
reft,  yet  thofe  impediments  are  noe  fooner  remou'd,  then  the  freed  particles  begin 
again  their  naturall  and  congenite  motion ,  which  in  the  particles  of  the  air  is  hère 
fuppof'd  circulai-,  Next  the  parts  them  felues  being  fuppofd  much  of  the  fhape  of 
a  watch-fpring,  or  coyle  of  wire,  And  to  haue  a  circular  motion,  like  that  of  ye 
meridian  of  a  Globe  vpon  it's  pôles  doe  thereby  become  potentiall  fphaeres  or  glo- 
bules (if  I  may  foe  fpeake)  that  is,  they  défend  a  fphaeïicall  fpace  from  being  en- 
tred  into  by  any  other  of  the  like  globules,  vnless  they  be  thruft  on  with  a  fuffi- 
cient  ftrengh.  By  which  meanes  the  coyled  particles  when  by  externall  prefTure 
they  are  driuen  into  lefTe  room  doe  not  loofe  their  naturall  circular  motion ,  and 
confequently  not  their  power  of  maintaining  a  globular  fpace ,  though  now  in- 
deed  made  less  &  much  contracled.  That  is,  both  the  one  and  the  other  haue  al- 
moft  the  famé  propenfion  or  aptitude  to  flide  by  each  other  without  fticking,  as 


')  Robert  Hooke,  fils  d'un  ministre  anglican,  naquit  le  16  juillet  1635  à  Freshwater(Wight)et 
mourut  le  3  mars  1703  à  Londres.  D'abord  écolier-servant  dans  le  collège  de  Christ-Chnrch 
à  Oxford,  il  devint  assistant  de  Boyle,  et  ensuite  se  distingua  par  quantité  d'inventions,  sou- 
vent de  priorité  douteuse.  Bossu  et  de  constitution  débile,  il  était  irascible  et  envieux  et  sou- 
tenait souvent  que  les  inventions  de  ses  contemporains  étaient  des  plagiats  des  siennes.  Nous 
en  rencontrerons  des  exemples  dans  la  suite  de  cette  correspondance. 

2)  Nous  ne  savions  pas  qui  était  l'auteur  de  cette  lettre  non  signée  (Consultez  la  note  6  delà 
Lettre  N°.  1 056).  M.  Rix ,  de  la  Société  Royale  de  Londres ,  a  eu  l'obligeance  d'en  détermi- 
ner l'auteur,  au  moyen  de  l'écriture. 

3)  On  lit  r.  la  marge  de  la  lettre,  écrit  de  la  main  de  R.  Moray:  „Cette  lettre  s'adrefîe  a 
Monfieur  Boyle.1' 

4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1055. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


by  rcafon  of  thcir  internall  motion  rhey  are  noe  ways  fitt,  whilft  that  romaines, 
to  compofe  a  folid  body. 

Soe  that  vvhether  we  confider  them  as  crowded  together  by  fome  externall  pref- 
l'ure  (in  which  itatc  each  particle  hauing  lels  room  to  perform  its  circular  mo- 
tion in,  will  confequently  maintain  a  leis  fphaere)  or  expanded  by  being  left 
more  at  their  liberty,  they  may  ftill  be  fuppofd  potentiall  Sphaeres  or  Globuls, 
now  fmaller  &  more  mafîy,  and  confequently  more  difficult  to  be  remou'd, 
and  ibe  compofing  a  more  fluggifh  or  rctarding  médium ,  fuch  as  we  find  compreft 
air  to  be  by  its  hindring  not  only  the  motion  of  light  defeending  bodys ,  but  euen 
that  of  light  as  appeares  by  its  greater  réfraction ,  fuch  are  water  and  other  liquors 
which  in  this  hypothefis  are  fuppof'd  to  conflit  of  the  famé  kind  of  Particles 
though  fpecificated  by  fome  other  proprietys,  not  neceffary  hère  to  be  mentiond; 
whereas  at  other  times  thefe  potentiall  globules  when  bigger  are  confequently  more 
Ipongy  (if  J  may  foe  fpeak)  and  foe  compofe  a  fluid  body  that  does  more  readily 
yeald  to  the  tranfeurfion  of  the  rayes  of  light,  or  to  the  vibrations  of  a  Pendulum 
made  with  wooll  or  feathers.  Ikit  though  the  compofd  body  be  fometimes  more 
dons  tit  other  times  more  rare  yet  may  it  as  properly  be  call'd  a  fluid  body  then 
as  now.  As  quickfiluer  is  as  properly  termed  a  fluid  body  as  air  it  felf. 

This  is  in  fhort  Sir  what  J  haue  to  reply  to  the  jngenious  fcruples  of  Monfieur 
Zulichem  jn  defenfe  J  fay  not  of  my  opinion,  but  hypothefis,  whofe  Principles 
I  doe  not  hère  vndertake  to  vindicate,  but  only  that  thofe  being  granted,  J  fup- 
pofe  non  only  ail  thofe  which  Francilcus  Linus  has  initanced  in,  But  euen  ail  the 
phaenomena  of  raréfaction  may  be  at  leait  as  well,  if  not  more  intelligibly  expli- 
cated  then  by  that  of  Ariitotle.  Whofe  hypothefis  that  newly  mention'd  authour 
foe  far  maintaining,  as  not  only  to  aflèrt  it  the  moit  probable,  but  to  brand  ail 
other  with  impoffibility,  J  was  5)  a  litle  tranfported  with  zcale  for  the  honour  of 
fome  moderne  Philofophers  as  well  as  of  fome  that  praeceded  Ariitotle  (And  Par- 
ticularly  becaufe  he  had  oppof'd  it  to  your  Doctrine  of  ye  Spring  of  the  air,  foe 
lirmly  founded  on  thofe  mimerons  experiments  &  reafons  which  you  had  allcdg'd 
for  it.  And  that  without  bringing  any  coniîderable  either  reafon  or  Experiment 
againfl  it).  And  at  fome  leafure  howres  drew  vp  6k  prefented  to  you  the  fum  of 
my  thoughts  on  yt  particular.  Which  fince  they  haue  pafit  your  feuere  ferutiny  , 
and  that  you  were  pleaf'd  to  honor  foc  far  as  to  publifh  with  fome  of  your  owne, 
I  think  my  felf  now  obleig'd  to  vindicate,  at  lealt  by  a  further  explication  of  it  as 
co  the  refoluing  the  Doubts  of  that  Noble  Virtuofo.  Which  is  the  occafion  of  the 
trouble  that  is  at  prefent  giuen  you  by 

Si  h 

Your  Honors  moft  obleig'd  &  moft  humble  feruant 


s)   Ici  le  papier  esl  déchiré. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  223 


N=   1058. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk   Huygens]. 

7    SEPTEMBRE     1662. 

La  /dire  ci  la  copit   se  trouvent  à  Leiden,  cuil.  Huygens. 

le  7  Septembre   1662. 

Je  receus  avant  hier  feulement  cette  refponfe  T)  a  mes  objections  -)  de  Mon- 
fieur Boile,  de  la  quelle  Monfieur  Thevenot  a  eu  avis  3),  et  Monfieur  Moray  qui 
me  l'envoie  4)  dit  que  la  caufe  de  ce  retardement  eft  parce  qu'elle  a  couru  par 
les  mains  des  uns  et  des  autres.  C'eft  une  lettre  afîez  longue  et  fort  civile  en  ce 
qui  me  regarde,  mais  je  ne  trouue  pas  qu'elle  fatifface  aux  doutes  que  j'avois 
propofez,  de  forte  qu'il  faudra  encore  répliquer,  quoyque  le  fujecl  foit  de  peu 
d'importance.  S'il  n'eitoit  pas  ainfi ,  et  que  la  lettre  fut  en  François  ou  en  Latin 
je  vous  l'envoierois  a  fin  de  la  communiquer  a  Monfieur  Thevenot  &c.  Je  pour- 
rois  aufli  vous  faire  part  de  ce  que  j'ay  envoie  5)  au  libraire  6)  de  Monfieur  Hob- 
bes,  eftant  une  cenfure  ou  réfutation  de  fa  quadrature  du  Cercle  et  duplication 
du  Cube  qu'il  a  fait  imprimer  dernièrement  avec  les  Problemata  Phyfica,  mais 
je  doute  fort  fi  perfonne  a  Paris  a  connoiflance  du  dit  livre.  C'eft  a  la  prière  de 
Monfieur  Moray  et  a  celle  de  l'autheur  mefmc  que  j'en  ay  eferit  mon  fentiment, 
lequel  autheur  promet  publiquement  a  la  fin  du  dit  ouurage  qu'il  fe  taira  doré- 
navant en  cas  que  les  géomètres  condamnent  les  inventions,  qui  en  effecl:  ne  font 
que  des  paralogi  fines  ridicules. 

J'ay  communiqué  vos  nouvelles  d'ertat  à  Monfieur  van  Leeuwen  comme  nous 
eftions  hier  enfemble  à  Hofwijck.  Il  trouva  ainfi  que  moy  que  ce  premier  mi- 
ni lire  r)  en  Efpagne,  s'il  eft  vray  qu'il  auroit  dit  ce  que  vous  me  mandez,  n'a 
pas  elle  bien  avifè.  Pour  la  nouvelle  de  Rome  '!),  je  voy  que  le  gazettier  d'au- 


')    Voir  l'Appendice  N°.  1056. 
;)   Consultez  la  Lettre  N°.  1032. 
')   Consultez  la  Lettre  N°.  1 05 1 . 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  1055. 

5)  Voir  l'Appendice  N°.  104-. 

6)  Voir  la  Lettre  N°.  1047,  note  2. 

")    Don  de  Médina  de  las  Torres  avait  alors  la  direction  des  affaires  étrangères. 

8)  Une  insulte  faite  au  consulat  français  à  Rome,  par  les  Birrhi  et  Corsi  de  la  garde  pontificale, 
à  l'occasion  de  la  conduite  hautaine  du  duc  de  Créqui  de  Blanchefort;  à  la  suite  de  cette 
insulte,  qui  faillit  coûter  la  vie  à  l'ambassadeur,  le  Pape  lut  contraint  par  Louis  XIV  de  se 
soumettre  à  diverses  conditions  humiliantes. 


224  CORRESPONDANCE.     1662. 


jourdhuy  y  adjoulle  que  Monfieur  le  Nonce  y)  voftre  voilîn  auroit  receu  com- 
mandement du  Roy  de  forcir  du  Royaume. 

je  luis  bien  aife  qu'enfin  Mon  Père  eft  fatiffait  de  Madame  Amat IO).  Eft  il  vray 
que  la  chambre  de  juftice  en  veut  a  elle?  Don  Sebaitian  ")  a  toujours  foutenu 
qu'elle  n'avoit  rien  a  craindre  de  ce  colle  la. 

le  frère  de  Zeelhem  I2)  avec  le  Sieur  de  Moggerfhill  I3)  partirent  avant  hier 
pour  Amiterdam ,  ou  l'on  tient  un  encan  célèbre  de  defleins  et  tailles  douces.  Ils 
faifoient  eftat  d'eftre  de  retour  ce  foir,  non  pas  fans  avoir  fait  quelque  emplette. 

Mon  Père  délire  d'avoir  une  lunette  plus  grande  que  celle  que  mon  frère  luy  a 
faite  I4),  la  quelle  féconde ,  lors  qu'elle  fera  venue ,  vous  aurez  l'autre  fi  vous  vou- 
lez, car  d'en  faire  prefent  a  quelqu'autre  il  n'a  garde,  a  caufe  du  fecret  de  l'in- 
vention. Que  s'il  en  arrive  autrement,  je  verray  ce  que  je  feray  pour  vous.  Il  me 
tarde  d'apprendre  ce  qui  fe  fera  pafTè  chez  Monfieur  Petit  au  jour  de  l'eflay  gêne- 
rai et  quelques  particularitez  touchant  les  lunettes  du  Gafcon  IS),  etauflide  fa 
perfonne. 

Je  ne  vous  dis  rien  de  la  mort  du  Capitaine  Doublet  Irt)  ni  de  celle  de  Madame 
Schilders I7) ,  parce  que  ma  foeur  ou  d'autres  vous  informent  de  tels  accidents. 


y)    Le  nonce  papal  était  de  Bourletnont,  Auditeur  de  la  Rote,  tribunal  ecclésiastique  à  Rome. 
IO)  Il  s'agit  probablement  de  la  mère  de  Vincenzo  Amato  (voir  la  Lettre  N°.  996,  note  3). 
")  Sébastian  Chieze. 
I2)  Constantyn  Huygens. 
'      Philips  Doublet,  le  fils. 
I4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1066. 
s)  Jean  d'Espagnet  était  né  à  Bordeaux  (voir  la  lettre  N°.  101 1,  note  2).  Consultez  la  Lettre 

N°.  1054. 
"5)  Adriaan  Doublet  naquit  le  1  y  lévrier   1  598  et  mourut  en  août   [662.  Il  était  capitaine  et 

épousa  Maria  Bruynincx  ,  dont  il  eut  -  enfants. 
17 )  Johanna  Elisabeth  Cobbault,  fille  d'Arnoult  Cobbault  et  d'Anna  van  Valckenburg,  par  cou 
équent  la  nièce  du  grand-pensionnaire  Jacob  Cats,   naquit  en  r588;  elle  épousa  en   1607 

Pierre  de  Schilder,  conseiller  à  la  cour  de  Brabant  à  la   Haye:  elle  mourut  à  la  lin 

d'août   [662. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


2  2  ■ 


N"  1059. 

R.  F.  de  Sluse  à  [Christiaan  Huygens]. 

8    SEPTEMBRE     \66l. 

La  lettre  se  trouve  a  Leiden,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.  1065. 

Nobiliffime  Domine 

Librum1),  de  qno  me  monueras2)",  ab  aliquot  diebus  accepi,  et  continua  le&ione, 
vt  ita  dicam  ,  deuorauj.  Gratias  igitur  ago  pro  indicina,  eo  ampliores,  quo  maio- 
rem,quam  fperaueram,  voluptatem  ex  eo  fum  confecutus.  Au&orem3)  enim  agnouj 
doftum ,  accuratum  ,  et,  quod  de  Hipparcho  Ptolemaeus ,  (ptÀoTrovov  km)  (piAuAyÛy. 
Machinam  vero  illius  ingeniofam ,  fed  quant  ni  fallor  induftria  tua  aptiorem  red- 
des.  Cum  efTem  Romae  et  iepiufcule  de  rébus  Mathematicis,  Phyficis,  Anatb- 
micis,  vt  fit, cum  Clarifïimis  Viris  Riccio4),  Maggiotto  5)  et  Trullio6),  colloquia 
mifcerem,  incidit  nobis  cogitatio  occafione  phaenomeni  Torricellianj ,  expe- 
riendj ,  num  in  illo ,  vti  apparet ,  vacuo ,  animal  aliquod  moueri  ac  viuere  pofTet. 
Sed  nihil  nobis  fucceflit,  cum  ea  quae  tubis  inclufimus ,  Mercurij  pondère  elifa 
prius  expirarint,  quam  quidquam  obferuare  licuerit.  Cum  vero  Maggiottus 
0  [Aay.upirviç  in  eà  efiet  iententia,  quae  aerem  foni  vehiculum  ac  médium  efle  tuetur 
(quidquid  tandem  ille  lit)  nec  Kircherj  cxperimento  fidem  haberet,  vt  rem  accu- 
ratius  examinaremus,  in  tubo  vitreo,  in  cuius  extremitate  bulla  lacis  ampla  et  aperta 
erat,  nolam  inclufimus  duos  trefue  digitos  latam  et  valde  fonoram,  obftrucloque , 
quanta  fieri  potuit  diligentiâ  fuperiori ,  cui  anneétebatur  foramine ,  tubum  hydrar- 
gyro  impleuimus.  ac,  vt  experimcntum  exigit ,  non  fine  labore  propter  Mercurij 
pondus  depleuimus.  Stetit  ille  in  altitudine  confuetâ,  concufïb  vero  tubo  tam  de- 
bilis  e  nolâ  fonus  auditus  cft,  vt  incertos  nos  dimiferit  an  non  ex  ipfius  tubi  tre- 


')    Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  873 ,  note  4. 

2)    Dans  une  lettre  que  nous  ne  possédons  pas ,  et  à  laquelle  de  Sluse  avait  répondu  par  la  Lettre 

N°.  1049. 
5)    R.  Boyle. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  402  ,  note  3. 

5)  Voir  la  Lettre  N°.  397 ,  note  3. 

6j    II  y  avait  à  Rome  trois  médecins  et  chirurgiens  de  ce  nom  : 

a")  Giovanni  Trulli,  l'ancien,  né  en  1595  et  mort  à  Rome  en  1661.  Il  était  le  chirurgien 
ordinaire  d'Urbano  VIII  et  d'Alessandro  VIL 

li)  Stephano  Trulli,  né  en  1603  et  mort  en  1680.  Il  était  le  frère  du  précédent  et  le  chirur- 
gien d'Alessandro  VII  et  de  Clémente  IX. 

c)  Giovanni  Trulli,  le  jeune,  fils  du  précédent,  demeurait  à  Rome,  où  il  vivait  encore 
en  1692. 

Œuvres.  T.  IV.  29  - 


12.6  CORRESPONDANCE.     l66l. 


more  orirecur,  a  nolà  fcilicet,  cui  vt  dixi,  arfte  colligabatur ,  imprefTo.  Nofti 
enim  in  longiffima  etiam  trabe,  fi  vna  fui  extremitate  pulfetur,  fonum  ad  alteram 
ratione  continuitatis  partium  fubito  deferri. 

Aeris  elaterem  dudum  varijs  experimentis  edoctus  eram,  fed  illo  maxime  Rober- 
uallij  quod  in  Pecqueti")  anatomicis8)  editum  eft.  Nam  Gaiïendj  rationibus  acqui- 
efcere  nunquam  potuj ,  qui  veficae  fibras  ad  ftatum  naturalem  redeuntes  hic  caufTa- 
tur.  Ilinc  etiam  non  minimam  refpirationis  cauflam  petendam  arbitratus  fum,  et 
eur  adco  necefTaria  fit  in  lucem  editis,  iramo  et  in  vtero  conclufis  fi  Hippocrati  et 
Democrito  fides,  quorum  fententiam  (faltem  quoad  foetus  per  os  nutritionem) 
nuper  renouauit9)  Courueus10)  Régis  Poloniae  Medicus.  Jnhistenebris  lucem  ex- 
peéto  a  tuis  experimentis  quibus  etiam  illuitratum  iri  confido ,  quantum  aer  efflu- 
uia  ")  Sanc/torij  I2)  promoueat  vel  retardet,  et  an  non  ex  horum  fuppreflionc  vel 
eruptione  fubitâ,  mors  animalium  recipiente  incluforum  oriatur.  aliquid  certe  in 
luminis  inclufi  extinclione  àva.Xoyov  videre  videor,  quod  tu  accuratius  obferuabis. 
Sunt  et  alia  circa  chymicorum  operationes  non  contemnenda,  vtquid  ad  fermen- 
tationem  vel  praecipitationem,  quam  vocant,  aer  conférât,  et  an  ille  mifceatur  ijs 
falibus  (tartari  exempli  gratia)  ex  quibus  olea  per  deliquium  fiunt,  quae  pondère 
duplo,  triplo  et  amplius.  augeri  folent  :  et  quid  tandem  fit  occultus  ille  vitae  cibus 
quem  in  acre  latere  fcribit  I3)  KO<r[A07roAiT>iç  ille  Sendiuogius  M).  Jnfuper  quid 
plantarum  vegetationj  aer  conducat  :  cum  enim  femina,  puta  nalturtij  aut  laclucae, 


7)  Jean  Pecquet  naquit  à  Dieppe  en  1622  et  mourut  à  Paris  en  février  1674.  Il  était  médecin, 
découvrit  les  vaisseaux  lactés  et  fut  membre  de  l'Académie  des  Sciences. 

8)  Joannis  Pecqveti  Diepaei  Expérimenta  Nova  Anatomica;  qvibvs  incognitvm  haéteuvs  Chyli 
Receptaculum,  &  ab  eo  per  Thoracem  in  ramos  ufque  fubclavios  Vafa  Ladea  deteguntur. 
Eiufdem  Dillértatio  Anatomica  de  circulatione  Sangvinis,  et  Chyli  Motu.  Acccdunt  Cla- 
villîmorum  Virorum  père  levantes  ad  Authorem  Epiltolae.  Parifiis.  Apud  Sebaltianum 
Cramoify,  Régis  &  Reginae  Regentis  Architypographum,  et  Gabrielum  Cramoify.  Via 
jacobaeâ,  fub  Ciconiis.  m.dci.i.  Cvm  Privilegio  Régis. 

Consulte/,,  dans  cet  ouvrage,  la  page  50. 
y)    J.  C.  Courveus.  De  Nutritione  Foetus  in  utero  Paradoxa.  Dantifci.  1655.  in-40. 
10)  Jean  Claude  de  la  Courvée  naquit   vers  161  5   à  Vesoul  (Franche  Comté)  et  mourut  en 
Pologne  en  1664.  Après  avoir  fait  ses  études  à  Paris,  il  lit  une  guerre  acharnée  à  la  pratique 
des  saignées.  Vers  1650,  la  reine  de  Pologne  le  nomma  son  médecin  ordinaire. 
Consulte/,  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  I\'°.  673*,  note  9. 
I2)  Sur  Santorio  Santorio  voir  la  Lettre  N°.  673'',  note  9. 

Dans  un  ouvrage  dont  nous  connaissons  l'édition  postérieure: 

Cofmopolitae  [Sendivogii]  novum  lumen  chemicum  in  XII  Tractatus  divifum  cum  Ano- 
nymi  novo  lumine  auclo  &  Orthelii  Commentario.  Lipliae.  ]6Sc.  in-8°. 
Vlichael  Sensopbax  (Sendivog),  lils  de  Jacob  Sendimir,  naquit  en  1566  à  Sandez  (Cracovie) 
et  mourut  à  Gravai/,  en  1646.  D'abord  théologien,  il  devint  ensuite  alchimiste  de  grand 
'ii;  l'empereur  Rudolf  II  le  nomma  conseiller,  et  le  duc  Friedrich  von  Wurtemberg 
faisait  grand  cas  de  lui. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


227 


ita  macerarj  fpiritu  vini  aut  alio  liquorc  poflint  vt  terrae  mandata  pauco  tempore 
crumpant ,  poiïet  in  experimentum  deducj ,  an  in  illo  recipientis  vacuo  idem  effec- 
CUS  fequeretur.  Sed  hornm  iam  aÀig  :  fupereft  tantum  vt  hanc  ccTrspavTOÀoyiuv 
excufem,  quam  a  me  viri  nobiliffimi  expérimenta,  et  fpes  qnam  de  tuis concepi 
maximam,  exprelîerunt.  Vnum  tamen  adhuc  addo,  monitum  cffe  me  feptimanâ 
proxime  elapia  a  Clariffimo  Riccio,  Academicos  Florentinos  iam  efTe  in  pro- 
cinftu,  vt  expérimenta  phyfica  edant  in  lucem  IS),  quae  Sereniffimi  Principis 
Leopoldi  aufpicijs,  his  vltimis  annis  fecerunt.  Sed  hoc  fortaffis  ab  illis  iam  ac- 
cepirti.  Vale  igitur  Vir  Clariffime  meqne  amare  perge.  Dabam  Leodij  viij  Sep- 
tembris  mdclxii. 


Tui  Obferuantiflimus 
Renatus  Franciscus  Slusius. 


N°   1060. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 
14  septembre  1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  le   14  Septembre   1662. 

Je  m'eftonne  fort  de  ce  que  parmy  tant  de  bons  faifeurs  de  verres  perfonne 
ne  feait  trouuer  le  moyen  de  conftruire  un  tuyau  qui  foit  droit  et  ferme.  En  An- 
gleterre ils  en  avoient  un  de  35  pieds  et  qui  fervoit  aufll  a  toutes  les  longueurs 
moindres,  qui  cftoit  fait  de  4  ais,  et  un  5c  attaché  a  celuy  de  deflous  par  le  coftè 
a  fin  d'empefeher  que  le  tuyau  ne  pliait.  Celuy  de  defius  le  pouuoit  ouurir,  et  par 
là  on  y  mettoit  les  verres  a  telles  diftances  qu'on  vouloit.  Il  eil  vray  que  ce  tuyau 
pefoit  beaucoup  et  que  pour  le  haufler  le  long  du  maft  il  y  faloit  plus  d'un  homme , 
ou  bien  un  rouleau  avec  une  croix  de  bois,  mais  pour  les  telefcopes  de  fi  grande 
longueur,  je  ne  fâche  point  de  moyen  plus  fimple;  li  ce  n'eit  que  peut  élire  l'on 
pouroit  ofter  les  3  codez  du  tuyau,  en  biffant  feulement  celuy  d'en  bas  fur  le 
quel  on  placerait  a  diftances  égales  les  planches  qui  dans  le  tuyau  fervent  de  fe- 


I5)  Voir  l'ouvrage  cité  dans  là  Lettre  N°.  1000,  note  5. 


228  CORRESPONDANCE.     \66l. 


paradons  ou  diaphragmes ,  et  près  de  l'oeil  un  bout  de  tuyau ,  pour  contenir  les 
verres  oculaires ,  a  peu  près  comme  vous  voyez  dans  le  biliet  icy  joint  '). 

Vous  pouvez  propofer  a  Monfieur  Petit  ou  Auzout  d'en  faire  fabriquer  un  de 
cette  manière,  et  qu'ils  n'ayent  pas  peur  de  la  lumière  qui  vient  de  cofté.  car 
pourvu  que  les  planches  percées  foient  bien  noircies,  elle  ne  fera  point  de  mal, 
et  puis  c'eft  de  nuict  qu'on  obferve.  Je  ne  m'amuferois  pas  a  tout  cecy  fi  je  n'avois 
trefgrande  envie  qu'ils  fi  fient  eïïay  de  leur  verres,  et  principalement  de  ceux  de 
Monfieur  d'Efpagnette  -).  Cependant  je  puis  bien  veoir  par  la  grandeur  de  l'ou- 
verture ,  qui  furpafié  de  fort  peu  celle  de  mes  grands  verres  que  l'effet  aufii  n'en 
fcauroit  eftre  guère  meilleur. 

Je  donnerais  bien  quelque  chofe  de  pouuoir  encore  regarder  Saturne  en  ce  temps 
icy  ,  mais  les  grands  arbres  et  maifons  voifines  m'en  empefchent  il  y  a  longtemps. 

Je  vous  remercie  de  la  relation  de  voftre  chenille  qui  mérite  d'eftre  adjouftée 
dans  le  livre  de  ces  Metamorphofes 3)  ,  fi  elle  n'y  cil  pas,  a  caufe  de  la  ceinture, 
et  de  la  beauté  de  fes  aides.  Je  ne  fcay  pourquoy  le  Sieur  Ovide  4)  donne  aux  pa- 
pillons qui  font  fi  jolis,  l'epithete  de  feralis. 

Agreftes  tineae  ,  (res  obfervata  colonis) 
Ferali  mutant  cum  papilione  figuram. 
fans  que  Heinfius  allègue  le  moindre  doute  fur  cette  leclion. 

L'eftat  du  marquis  de  Chambonniere  5_)  me  ferait  pitié  s'il  n'avoit  pas  fait  fi  fort 
l'entendu  auparavant.  La  dernière  fois  que  je  le  vis ,  il  vouloir,  encore  me  faire 
accroire  qu'il  ne  jouoit  plus  du  clavecin  et  le  voila  miferablc  maintenant  s'il  ne 
fcavoit  pas  ce  meftier.  Je  croy  que  pour  avoir  de  l'employ  a  Amfterdam  il  faudra 
bien  qu'il  s'humanife  jufqu'a  une  piftole  par  mois,  et  encore  ne  fcay  je  s'il  y  trou- 
ucra  ce  nombre  d'efcoliers  que  vous  dites. 

Je  n'ay  pas  encore  poli  la  pièce  de  miroir  qui  eftoit  dans  voftre  lettre,  mais  je 
juge  a  voir  les  collez  que  l'eftorFc  en  cft  bonne.  Le  frère  de  Zeelhcm  s)  eftoit 
marry  que  vous  n'enfilez  pas  envoyé  l'autre  morceau  aufil ,  mais  c'eufit  eftè  en  faire 
payer  de  porto  fois  ce  qu'il  vaut.  Le  Sieur  du  Portail  ")  devrait  pluitoft  vous  en 
donner  de  plus  déliez,  car  je  croy  qu'il  en  a  de  tout  un  miroir  ca(TéR).  Les  3  verres 


Nous  n'avons  pas  retrouvé  cette  pièce. 
'-)   Consultez  la  Lettre  N°.  1058. 

3)  Consultez  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  1054,  note  10. 

4)  Dans  les  Metamorphoseon  Lib.  XV.  vers.  374,  375. 

Sur  André  Champion  de  Chambonniere  voir  la  Lettre  N°.  230,  note  7.  Mécontent  de  sa 
position  a  la  cour  de  Louis  XIV,  il  cherchait ,  déjà  depuis  1  655  ,  à  en  obtenir,  par  rentre- 
mise  de  Constat! tyn  Huygens ,  père,  une  meilleure  a  l'étranger. 
(  lonstantyn  Huygens. 

C'esi  ainsi  que  I  luygens  désigne  Pierre  Petit. 
Consultez  les  Lettres  N"\  1045  et  1051. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  <11<) 


pour  la  lunette  de  Mon  Père  feront  faits  ce  foir ,  et  le  tuyau  demain.  Pour  la  luy 
faire  tenir  je  ne  voy  point  d'autre  moyen  que  de  l'enfermer  dans  une  caïïette  de 
bois ,  et  de  l'envoyer  par  Bruxelles. 

Apres  qu'on  a  cefTè  de  parler  du  mariage  de  la  Confine  Huygens  v )  pendant 
quelques  fepmaines  j'y  vois  de  nouveau  grande  apparence ,  y  ayant  rencontre  hier 
le  galant ,  et  les  avis  venus  d'ailleurs  confirmants  la  chofe  de  plus  en  plus.  Il  y  ar- 
riva auffi  hier  un  galant  nouveau  pour  la  Confine  Conftantia  lc).  mais  il  feroit  fu- 
perflu  que  je  vous  en  fiiïe  la  defcription  puis  que  le  beaufrere  IJ)  n'oubliera  pas 
de  vous  en  entretenir. 


N°=   1061. 

Constantyn  Huygens,  frère,  à  Lodewijk  Huygens. 

14    SEPTEMBRE    1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Lelden  ,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye,  le   14  Septembre   1662. 

Je  vous  remercie  bien  fort  des  morceaux  de  miroir  que  vous  m'auez  procurés, 
mais  le  malheur  a  voulu  que  l'un  des  deux  s'ell  rompu  entre  mes  mains  en  le  vou- 
lant arrondir. 

J'ay  elle  à  Amfterdam  trois  ou  quatre  jours  durant  le  temps  que  s'y  faifoyent 
les  nopees  ')  de  Honniwood  -)  auec  Mademoifelle  Vloofwyc  3),  ou  il  y  a  eu  une 
grande  foule  de  gens.  Apres  la  féconde  nuiét  piufjeurs  de  la  compagnie  firent  par- 
tie pour  aller  a  la  Comédie.  Lc  jeune  Bartolotti 4)  entre  autres  y  auoit  fait  mettre 


y)    Martha  Maria  Huygens.  Voir  la  Lettre  N°.  744,  note  10. 

IO)  Sur  Constantia  Leu  de  Wilhem  ,  voir  la  Lettre  N°.  196,  note  10. 

:I)  Philips  Doublet,  fils. 


')   Ces  noces  eurent  lieu  le  5  septembre  1662. 

2)  Robbert  Honnywood  naquit  à  Londres.  En  1663  il  était  capitaine  dans  l'année  des  Provin- 
ces-Unies: Pieter  de  Groot,  fils  de  Hugo  de  Groot,  fut  son  témoin. 

3J  Margaretha  van  Vlooswijk,  fille  du  bourgmestre  d'Amsterdam  Comelis  van  Vlooswijk  et 
d'Anna  van  H oorn,  naquit  à  Amsterdam  en  1647. 

4)    Sur  Willem  Bartelotti  voir  la  Lettre  N°.  829,  note  5. 


230  CORRESPONDANCE.     1662. 


des  couffins  pour  fa  belle,  et  en  y  arriuanr.  trouva  que  Brader5)  s'en  eftoit  rendu  le 
maiftre,  dequoy  citant  fafché  il  le  tira  trois  quatre  fois  par  le  manteau  et  le  voulut 
obliger  à  fe  lever.  Au  lieu  de  le  faire  l'autre  luy  donna  un  bon  foufflet  et  s'eftant 
collettes  les  deux  peruques  volèrent  parmy  la  compagnie ,  et  la  pauvre  Mademoi- 
felle Bartolotti  récent  un  coup  de  pied  de  fon  frère  qui  luy  caufa  une  défaillance. 
Pour  la  faire  revenir  on  porta  une  grande  bouteille  de  frontignan  la  quelle  luy 
axant  fervy  de  médecine  elle  fervit  a  refjouir  le  refte  de  la  compagnie  et  le  lende- 
main on  travailla  a  raccommoder  les  efprits.  Bartolotti  efl:  maintenant  icy,  il  porte 
un  pourtrait  de  fa  dame  de  Paris  fur  fa  peau  nue,  et  l'ayant  fait  voir  auffi  tort  il  en 
envoyé  quérir  trois  autres  dont  il  dit  auoir  conquefté  les  originaulx  en  des  divers 
lieux  de  l'Efpagne,  mais  d'autres  difent  que  touts  ont  elle  faits  à  Anvers  n'y 
ayant  point  de  peintres  en  Efpagne.  Mademoifelle  de  Warnout  6)  fe  porte  fort 
mal  et  pourroit  bien  parler  le  pas.  fon  accident  luy  caufe  de  grades  fiebvres  et  le 
petit  médecin  Allemand  defefpere  de  fa  fanté. 

Mademoifelle  Percheval :)  auffi  le  meurt  et  ne  fcauroit  durer  que  peu  de  jours. 

Madame  de  Kerniiïe  8)  efr.  auec  fon  mary  y)  à  Oollerhout  IO)  pour  y  faire  guérir 
l'on  nez  ou  elle  a  auffi  une  fafcheufe  incommodité.  On  dit  pour  certain  que  le 
mariage  de  l'amie  fe  fait ,  encore  qu'elle  le  nie  encore. 


Pour  mon  frère  Louis. 


Tlieodoor  Brasser  (voir  la  Lettre  N°.  829,  note  5),  était  capitaine  dans  l'année  des  Provin- 
ces-Unies et  fut  envoyé  comme  ambassadeur  extraordinaire  en  Angleterre.  Il  épousa  en  1667. 
Geertruyd  Hooft,  fille  du  bourgmestre  d'Amsterdam  Hendrik  Hooft  et  d'Agatha  Ilan- 
-elaer. 
|  Chr.  Huygens  désigne  probablement  Jeanne  van  Aerssen,  fille  ainée  de  Cornelis  van 
Aerssen  ,  seigneur  de  Wernliout,  et  de  Johanna  Cats.  Voir  la  Lettre  N°.  829,  note4  9. 
Maria  Percheval  ne  fut  enterrée  que  le  21  juin  1666. 

Elisabeth  Cats,  dame  de  Comesse,  fille  du  poète  Jacob  Cats.  Voir  la  Lettre  N°.  808,  note  1. 
Ce  mari  est  Dirk  Pairw  ,  lils  de  Reinier  Pauw,  président  du  grand-conseil  de  Hollande,  et  de 
Clara  Alcwijn;  il  naquit  a  Amsterdam  le  30  juin  1618  et  mourut  à  la  Haye  vers  la  lin  d'oc- 
tobre ]6"88.  11  était  Meestcrknaap  de  Hollande  et  Dijkgraaf  de  Dellland.  En  1641  il  épousa 
Alida  van  Vaerlaer  (qui  mourut  en  1647)  et  en  1652  Elisabeth  Cats. 
A  <  ><■  terllOUt  demeurait  alors  un  charlatan  de  grand  renom. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


231 


N=   1062. 

Ism.  Boulliau  à  Christiaan  Huygens. 

15    SEPTEMBRE     \66l. 

La  lettre  se  trouve  à  Leitlen,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1050. 

A  Paris  le   15e  Septembre   1662. 
Monsieur 

J'ay  laifle  paffer  quelques  ordinaires  fans  me  donner  l'honneur  de  vous  efcrire 
et  de  ')  vous  donner  aduis  de  la  réception  de  la  voftre  du  24e  du  paflë.  Je  fuis  heu- 
reux ')  que  vous  vouliez  prendre  la  peine  de  lire  mon  petit  traicté  de  Natura  lucis-) 
vous  m'obligerez  de  me  dire  voftre  aduis.  car  encores  que  j'aye  cfté  affez  hardi 
fur  *)  la  lumière ,  je  ne  voudrois  pas  prétendre  que  les  penfees  des  autres  n'enflent 
aufli  x)  leur  vrayfemblance;  pource  qu'en  matière  d'explication  de  l'eflence  des 
chofes  T)  naturelles,  c'eft  auec  vn  bonheur  extraordinaire  fi  nous  touchons  au 
point,  &  ')  encores  plus  grand,  fi  nous  eftions  afleurez  d'auoir  frappé  ce  but.  Si 
j'auois  aufïï  :)  clairement  demonftré  mon  opinion,  comme  j'ay  bien  combattu 
les  Peripateticiens  3)  dans  leur  ])  Coryphée  je  croirois  auoir  faicl  tout  ce  qu'il  y 
a  a  faire. 

Je  fuis  bien  aife  que  vous  ayez  veu  la  nouuelle  eftoile  au  col  de  la  Baleine  qui J) 
diminue  notablement  depuis  3.  femaines ,  elle  eftoit  il  y  a  deux  jours  de  la  ...  ') 
grandeur;  &  auec  vnc  bonne  lunette  je  remarquay  fes  fcintillations  comme  un 
grand  ')  feu  qui  vers  fa  fin  s'efteint  et  fe  rallume;  c'eft  vn  fpeétacle  a  faire  defef- 
perer  Ariftote  &  fes  difciples,  &  a  bien  donner  de  la  peine  a  ceux  qui  veulent 
rechercher  la  vérité  de  chofes  dans  les  obferuations  &  expériences.  Les  temps  de 
fes  apparitions  ne  fe  font  pas  dans  les  mefmes  mois,  il  y  a  vn  an  qu'au  temps 
ou  nous  fommes  elle  paroifîbit  plus  grande ,  &  je  croy  qu'a  la  fin  de  ce  mois  a 
peine  la  vcra-t-on. 

J'ay  obferué  le  1 2  &  1 3  de  ce  mois  le  partage  de  fc  auprès  de  la  plus  Boréale  du 
front  du  iri 4)  les  Tables  Aftronomiques  pour  les  mouuemens  de  "fc  ont  befoin  de- 
grande  correction,  qui  fera  plus  difficile  a  trouucr  que  l'on  ne  s'imagine.    Les 


J)    Ces  mots  sont  illisibles,  à  cause  d'une  grande  tache  d'encre  étendue  tout  le  long  de  la  lettre. 

2)  Ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1040,  note  1. 

3)  Dans  son  ouvrage  Boulliau  a  surtout  en  vue: 

Tommaso  Giannini,  né  en  1548  à  Ferrare,  où  il  mourut  en  1630.  Créé  docteur  en  philoso- 
phie et  en  médecine  à  l'âge  de  i  7  ans,  à  Ferrare,  il  y  fut  nommé  professeur  de  philosophie. 

L'ouvrage  en  question  porte  le  titre: 

Difputationes  peripateticae  de  Lumine;  de  Speciebus  intentionalibus,  de  mentis  hmnanae 
llatu  poli  Hominis  obitum,  ubi  etiam  de  ideis  &  daemonibus  difputatur.  Pataviae  1618.  in-40. 

4)  C'est  l'étoile  (i  du  Scorpion. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


miennes  Philolaiques  5)  conuiennent  dans  lu  Latitude  mais  en  longitude  elles  ex- 
cédent le  ciel  de  17  •  le  12  fr  eltoit  efloigné  de  l'ertoile  denuiron  3^'  le  13  de  2^', 
&  la  longitude  ne  differoit  de  celle  de  l'eiloile  qu'enuiron  vne  minute  &  fo  eiloit 
plus  auant  en  Longitude  que  l'elloille  d'vne  minute  entière. 

J'ay  parlé  a  Madame  deThou  del'Horologe,  elle  m'a  commandé  de  vous  prier 
de  fa  part  que  vous  la  fifiiez  faire  &  que  vous  renuoyafliez  incontinent  après ,  & 
elle  donnera  ordre  pour  le  payement.  Il  faut  qu'elle  foit  fonnante  &  a  poids. 

Je  vous  enuoyeray  rt)  dans  quelques  femaines  la  figure  d'un  météore,  qui  a  paru 
a  Grenade  en  Efpagne  le  1.  jour  de  Juin  dernier.  C'eft  vu  double  halo  autour  de  la 
Lune  auec  des  raions  croifez  paffant  fur  le  corps  de  la  Lune,  fi  l'obferuation  auoit 
efic  bien  faicle  il  fe  trouueroit  qu'il  y  a  quelque  analogie  de  ce  météore  au  para- 
fclene  obfcrué  par  Monfieur  Ileuelius,  Mais  ces  Grenadins  ont  les  yeux  faits  a 
palier  cela  pour  milagro ,  &  l'on  a  enuoyé  d'Efpagne  la  figure  du  genethliaque  de 
ce  météore. 

Je  falue  Monfieur  Voflius  &  tous  nos  amis.  Je  fuis 

Monsieur 

Yoftre  trefhumble  et  trefobcilTant  ieruiteur 
I.  Boulliau. 

Hier  comme  j'ay  appris  Monfieur  d'Efpagnet  ~)  deuoit  eflayer  8)  vne  Lunette 
de  34.  pieds  en  regardant  fc.  Paris  eft  fi  grand  &  les  quartiers  fi  efioignez,  qu'il  n'y 
a  pas  moyen  que  je  me  tranfporte  fi  loing,  &  mefme  de  nuict. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zuliciiem 

A  la  Haye.   . 
Vf  a  la  courtoifie  de 
Monsieur  Bernharth  '0- 


Son  „Astronomia  Philolaica"  est  citée  dans  la  Lettre  N°.  156,  note  7. 

r'-j    Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Ism.  Boulllau  a  C'hristiaan  Huygens. 

7  )   V air  la  Lettre  N°.  1011,  note  2. 

-      Consultez  la  Lettre  N°.  1063. 
l'eut -être  s'agit-il  de 

Christoph  Bernhard,  né  à  Hambourg  en  1627  et  mort  à  Dresde  le  14  novembre  169;. 
Musicien,  il  devint  le  disciple  de  1  Ieinricli  SchiitZ  à  Dresde  et  fut  protège  par  l'Electeur 
Johann  Georg  I.  Il  fut  obligé  plusieurs  fois  de  faire  des  voyages  pour  compléter  sa  cha- 
pelle allemande,  ce  qui  lui  était  rendu  difficile  par  1  influence  de  quelques  italiens  a  la  cour. 
De  1664  jusqu'en  1674  il  fut  directeur  de  la  musique  a  Hambourg,  et  revint  alors  a  Dresde 
sur  l'appel  de  l'Electeur. 


CORRESPONDANCE.     1662.  233 


N°=  1063. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

2  1     SEPTEMBRE     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  le  21   feptembre   1662. 

Il  faut  fort  peu  de  chofe  pour  embarafler  vos  Meilleurs  les  obfervateurs.  Si 
Fouuerture  qu'ils  avoient  donne  au  verre  eftoit  trop  grande,  il  eftoit  bien  aifè  d'y 
en  mettre  une  autre  plus  petite,  fans  le  différer  au  lendemain.  Vous  ne  me  dites 
pas  ce  que  vous  avez  vu  de  Saturne,  ou  fi  vous  ne  l'avez  point  vu  du  tout,  et  il 
femble  mefme  que  vous  n'y  ferez  pas  prefent  au  troifieme  efîay,  et  que  par  confe- 
quent  je  n'en  auray  pas  une  relation  bien  exacte.  Je  veux  croire  que  c'elt  faute 
de  loifir. 

La  lettre  ')  de  Monfieur  de  Montmor  me  fut  rendue  hier  par  Monlîeur  de 
Chefnelong  2)  qui  eltoit  accompagné  d'un  autre  honnelle  homme  venu  de  Paris 
avec  luy.  Elle  efr.  extrêmement  civile. 

Je  ne  feaurois  encore  vous  envoier  la  lettre  de  Monfieur  Boile  ■>),  parce  que 
je  n'y  ay  pas  refpondu,  le  remettant  jufqu'a  ce  que  j'en  aye  conféré  avec  Mei- 
lleurs Moray  et  Brouncker  que  j'attens  icy  4)  tous  les  jours.  Je  ne  feauois  pas, 
que  Monfieur  Thevenot  entendoit  la  langue  Angloife,  et  encore  beaucoup  moins 
qu'il  faifoit  imprimer  un  livre  5).  Je  fouhaitc  fort  de  feavoir'  quel  en  eft  le 
fujeft. 

Je  ne  voy  pas,  dans  l'affaire  rt)  de  Monfieur  de  Crequi  7),  fur  quel  prétexte 
l'on  pouroit  s'attaquer  au  Pape,  puis  qu'il  defavoue  et  condamne  le  procède 
des  Codes,  et  qu'il  offre  toute  forte  de  fati {'faction.  Vous  verrez  que  la  choiera 
francefe  paffera  bientoil,  et  je  penié  que  la  patrie  de  Don  Scbaftian  ;;)  eft  fort  en 
feuretè.  Le  frère   de  Zeelhem  y)  récent  hier  une  lettre  de  luy  de  Thurnhout, 


')    Voir  la  Lettre  N°.  1053. 

:)   Sur  M.  de  Chesnelong  voir  la  Lettre  N°   1053,  note  1. 

3)  Voir  la  Lettre  N°.  1056. 

4)  Consultez  les  Lettres  Nos.  1 034  et  1 055. 

5)  L'ouvrage  est  cité  dans  la  note  5  de  la  Lettre  N°.  1025. 
tf)    Voir  la  Lettre  N°.  1058,  note  8. 

r)  Charles  II,  duc  de  Créqui  de  Blanchefort,  naquit  vers  1623  et  mourut  le  13  février  1687. 
Militaire  et  diplomate,  connu  pour  son  arrogance,  il  devint  lieutenant-général,  premier 
gentilhomme  de  la  chambre  du  roi  Louis  XIV,  dont  il  était  un  favori,  et  gouverneur  de 
Paris;  en  1662  il  était  ambassadeur  à  Rome  où,  étant  fort  haï,  il  faillit  être  assassiné. 

R)   Sébastian  Chieze,  qui  était  né  dans  le  Nord  de  l'Italie.  (Consultez  la  Lettre  N°.  106-  . 

y)    Constantyn  Huygens. 

Œuvres.  T.  IV.  -:o     . 


2^4  CORRESPONDANCE.     1662. 


d'où  il  alloit  partir  pour  Anvers,  ou  Monfieur  le  Conte  de  Dona  IO)  l'eit  allé 
joindre,  citant  parti  d'icy  cette  nuict.  Et  bientoit  vous  les  verrez  a  Paris.  J'en- 
voie par  le  valet  de  chambre  du  dit  Seigneur  Comte  la  nouuelle  Lunette  pour 
Mon  Père  et  Chieze  s'eft  charge  de  l'autre ,  de  forte  qu'elles  arriveront  en  mefme 
temps,  et  ainfi  le  dan  is  dan  !I)  n'eft  pas  fort  éloigne. 

Je  ne  fcay  pas  fi  j'auray  du  temps  pour  eferire  a  Mon  Perc  parce  que  M011- 
fieur  de  Wit  I2)  m'envoye  dire  fi  je  veux  voir  anatomifer  un  chien  par  le  Sieur  de 
Bils  I3),  a  quoy  je  ne  dois  pas  manquer. 

Avant  hier  Le  Electeur  de  Cologne  I4)  fut  icy  pour  vcoir  mes  Expériences  du 
vuide  ,  dont  il  fut  fort  fatiffait. 


N=   1064. 

P.  Petit  à  Christiaan  Huvgens. 

22    SEPTEMBRE    \66l. 

La  lettre  se  trouve  à  Le'iden ,  coll.  Iltirçens. 

A  Paris  Le  22  Septembre  1662. 

Monsieur  &c. 

jay  lhonncur  de  voir  fi  fouuent  Meilleurs  voftre  Pcre  &  frere  ')  &  de  parler  de 
nous  quil  me  femblc  que  cela  me  doit  difpenfer  de  vous  eferire.  Neantmoins  comme 


10)  Sur  Friedrich  von  Dhona  voir  la  lettre  N°.  812,  note  20. 
)  Cette  locution  (traduite  littéralement:  alors  cil  alors)  sert  a  indiquer  un  avenir  incertain. 
-    Le  raadpensionaris  Johan  de  Witt  (voir  la  Lettre  N°.  234,  note  6;,  qui  cultivait  les  scien- 
ces mathématiques  et  physiques. 
Voir  sur  Lodewijk  de  Bils  la  Lettre  N°.  883,  note  3. 
14)  Maximilian  lleinrich,  lils  du  duc  de  Bavière  Albrecht  \'l  et  de  Mechthilda  von  Leuchten- 
berg,  naquit  le  6  octobre  1621  et  mourut  à  Cologne  le  5  juin  1688.  En  1650  il  devint 
électeur  de  Cologne  et  archevêque  de  Liège  et  de  Ilildesheim.  Allié  avec  Louis  XIV,  il 
combattit  en  1672  les  Provinces-Unies;  c'était  un  alchimiste  zélé. 


Petit  désigne  Lodewijk  HuygeiîS. 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


2  35 


je  luis  fur  le  point  de  faire  vn  voyage  pour  cnuiron  deux  Moys  je  ne  puis  partir  fans 
Receuoir  vos  Commendemens  &  vous  faire  part  de  ce  que  nous  auons  fait  &  veu 
touchant  les  lunettes.  Je  vous  diray  donc  qucn  ayants  de  plufieurs  longeurs  &  bon- 
tez  comme  de  25 ,  30  &  32  pieds  nous  les  auons  auec  allez  de  peyne  dirigées ,  non 
pas  tant  par  la  faute  &  difficulté  des  Machines  comme  par  la  noftre  propre  qui  ne 
commencions  jamais  dallez  bonne  heure  a  nous  adjufter  &  qui  eftions  furpris  par  le 
temps,  au  lieu  quil  falloit  nous  préparer  de  jour,  &  de  plus  nous  auions  fi  grande 
quantité  de  verres  que  celtoit  plultolt  des  effays  que  des  obferuations  que  nous  fai- 
sons. Chacun  voulant  voir  auec  les  fiens  &  changeant  ainfi  a  chafque  Moment  de 
verres  a  vn  feul  tuyau  que  Jauois.  Neantmoins  auec  tout  cela  nous  nations  pas  laide 

de  voir  "fS  en  la  figure  que  je  vay  deferire  cy  a  coite 
auec  vne  ombre  fur  la  pointe  de  la  corne  droitte 
d'embas,  cell  adiré  citant  redrefTee  fur  la  gauche 
denhauk,  le  furplus  eltant  comme  vos  figures. 
Et  pour  fa  lune  nous  lauons  fort  bien  veue  auec 
quelque  fixe  a  cofté  &  fort  près  d'elle.  Si  le 
temps  auoit  elté  ferain  les  autres  Jours  ou  que  la 
lune  en  Conjonction  ne  nous  eut  pas  empefché 
de  continuer  nos  Obferuations  nous  en  aurions  bien  fait  dauantage  ayant  déterminé 
de  quel  verre  nous  nous  deuions  feruir  &  de  quel  oculaire ,  par  ce  que  nous  auons 
recognu  que  les  oculaires  y  jmportoient  beaucoup  &  quil  elt  prefque  auffi  difficile 
den  trouuer  de  parfait  que  des  objectifs.  Or  pour  vous  dire  maintenant  quelle 
elt  la  bonté  &  qualité  de  nos  verres  affin  que  vous  en  jugiez  en  Comparaifon  des 
voitres  celt  quauec  ma  lunette  de  25  pieds  &  vn  oculaire  connexe  de  3  pouces  de 
foyer  Je  lis  diltinétement  lefcriture  de  la  grollèur  de  cette  lettre  jmprimee  :)  que  je 
vous  enuoye  que  Ion  appelle  du  gros  canon,  de  la  diltance  de  500  pas.  Jen  ay 
fait  deux  de  40  pieds  que  Je  croys  qui  feront  excellents  parce  quils  font  fort  bien 
trauaillcz  mais  Je  ne  les  ay  pas  encores  ellayez  eltant  fort  difficile  de  drelTer  des 
tuyaux  de  cette  longcur.  Et  pour  la  penfee  que  vous  auez  quon  pourroit  fe  palier 
d'en  mettre  par  le  Milieu  &  quil  fuffiroit  den  auoir  aux  deux  extremitez  &auec  des 
ronds  par  le  milieu  pour  diriger  la  veue  Je  lay  penlé  auffi  bien  que  vous  &  mefmes 
l'ay  exécuté  dé  jour  en  les  elTayant  &  nen  feray  pas  autrement  pour  eflàyer  mes 
verres  de  40  pieds.  Mais  outre  que  la  lumière  &  lair  agitant  lefpece  3)  empêchent 
beaucoup  ceit  quil  elt  encores  très  difficile  de  rencontrer  les  deux  verres  en  ligne 
droitte  a  caufe  de  la  longeur  de  la  Machine  a  moins  que  de  la  faire  très  forte  & 
très  pefante.  Jay  fait  la  mienne  de  deux  planches  mifes  fur  le  champ  de  4  pouces 


2)   Nous  n'avons  pas  retrouvé  cette  lettre. 
■>)    C'est-à-dire:  l'image. 


-3<5 


CORRESPONDANCE. 


l662. 


de  largeur  chacune  &  il  elles  plient  en  bas,  Et  de  plus  elles  fe  tournent  de  codé 
ce  qui  eft  le  plus  fafcheux  et  ou  jl  y  a  moins  de  remède.  Car  pour  le  pliement  d'em- 
bas  nous  y  en  auons  trouuc  par  le  Moyen  de  cordes  que  nous  attachons  a  noftre 

perche  en  cette  forte  auec  vne 
double  poulie  en  forte  que  tirant 
les  tuyaux  &  la  goutiere  par  la 
poulie  A  fur  laquelle  paiïe  vne 
Corde  b  c  qui  les  tient,  elle  les 
fait  mefme  plier  fur  le  milieu  d, 
mais  jl  y  a  vne  autre  corde  en 
â(\\\\  pafte  aufii  dans  vne  poulie 
au  défions  de  A  qui  drefTe  le 
tout  comme  on  veut.  Par  ainfi  nous  ne  fommes  point  en  peyne  de  bien  drefier  la 
goutiere  &  les  tuyaux.  Jl  ny  a  que  les  Coftez  qui  font  plus  fafcheux  a  moins  que 
dy  mettre  quelque  autre  planche,  mais  le  tout  rend  la  machine  pelante,  neantmoins 
vne  autre  année  fi  nous  viuons  on  remédiera  a  tout.  Cepandant  nous  préparerons 
de  bonnes  lunettes.  Pour  celles  que  vous  faites  maintenant  a  miroirs  Jay  donné 
a  Monlieur  voftre  frère  4)  ce  que  Jeu  auois  de  bons ,  encores  ne  croys  Je  pas  quun 
dernier  Morceau  que  je  luy  ay  donne  fort  plat  &  fort  mince  pour  en  faire  quatre 
l'oit  1Ï  excellent  que  les  autres.  Vous  lefprouuerez  &  nous  en  Manderez  voftre  fen- 
timent.  Si  ccft  une  chofe  dont  vous  ayez  befoin  Je  feray  faire  vn  moule  dans  le- 
quel Je  jetteray  des  miroirs  de  la  grandeur  que  vous  voudrez  &  de  très  fines  eftof- 
fes ,  le  tout  a  mon  Retour. 

Je  vous  auois  fupplye  comme  je  fais  encores  lors  quil  arriuera  des  Hures  dHeue- 
lius  5)  de  men  retenir  ce  que  Je  nay  pas,  qui  font  le  traitté  de  Syftemate  Saturni  & 
celuy  de  Mercurius  in  Sole  affln  de  les  faire  relier  auec  ce  que  Jay  de  luy  qui  eft 
Selenographia  cum  appendice,  Epiftola  de  Motu  libratorio,  et  Epiftola  de  Vtriul- 
que  luminarii  defeetu,  de  forte  que  délirant  mettre  enfemble  dans  vn  jufte  volume 
tous  les  ouurages  de  cet  autheur  Je  feray  bien  ayfe  de  les  auoir  auant  que  de  les 
faire  relier.  Vous  Mobligerez  donc  de  cela  fil  vous  plait. 

Le  Seigneur  Cafiini 6)  Profefïèur  de  Mathématiques  a  Boulogne  ma  enuoye  Les 
Obferuations  quil  a  faites  cxactifihnes  dans  leur  grande  eglife.  Je  croy  que  vous 
'Irez  bien  ayfe  de  les  auoir  cftant  vne  choie  extraordinaire  &  pour  dire  vray  la 
plus  belle  qui  aye  jamais  efte  faite  en  ces  matières.  Je  vous  les  :)  enuoye  donc 
ayant  mande  qu'on  men  cnuoya  vne  autre  Copie  pour  Moy. 


4j   C'est-à-dire  à  Lodewijk  Huygens. 
5)   Consultez  la  Lettre  N°.  101 1. 

Voir  sur  Giovanni  Donienico  Cassini  la  Lettre  N°.  789,  note  12. 

[0    Domenici  Callini  Epiftolae  de  obfervationibus  in  D.  Petronii  templo  habitis.  Bononiae, 

1^2.  in-folio. 
(  l'est  un  supplément  de  l'ouvrage  antérieur  : 


CORRESPONDANCE.     \66l.  237 


Je  vous  prie  aurti  de  m'enuoyer  ce  quon  a  fait  pour  &  contre  voftre  Syfteme  8) 
entre  le  père  Fabry  &  vous  nen  ayant  rien  veu  qucn  partant  entre  les  mains  dun 
de  mes  amys.  Je  fuis  prefîë  de  finir  par  vne  compagnie  qui  me  demande  j-nftam- 
ment,  tenez  moy  touf jours  fil  vous  plaie  pour 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  très  obeiflànt  feruiteur 
P.  Petit. 

A  Monfieur 
Monfieur  Huggens  de  Zulichem 

A  la  Hâve. 


N=  1065. 

Christiaan  Huygens  à  R.  F.  de  Sluse. 

25     SEPTEMBRE     1662. 

La  minute  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
La  lettre  est  la  réponse  aux  Nos.  1049,  1059.     R.  F.  de  Sluse  y  répondit  par  le  No.   1068. 

25  Septembre   1662. 
Slusio. 

Moram  in  referibendo  rogo  ut  boni  confulas.  Jam  enim  ante  ad  penukïmas 

tuas  refpondiflèm,  nifi  quaedam  circa  novum  inventum  tuum  prius  expendenda 
mihi  propoiuiflem,  ad  quae  vix  demum  paucis  hifee  diebus  liberum  otium  concef- 
lum  eft.  Miratus  enim  qnod  feribis  de  brevitate  methodi  ad  tangentes  curvarum 
abs  te  repertae,  qualis  nam  ea  effet  invenire  allaboravi  fed  frullra.  Nam  illius  qui- 
dem  curvae  Gntfchovianae  quam  proponis  tangentem  nullo  negotio  invertigavi 


lo.  Domenici  Callini  Spécimen  Obfervatiomnn  Bononenfium,  quae  noviflîme  in  D.  Pe- 
tronii  teniplo  ad  artronomiae  novae  conltructionem  haberi  coepere,  videlicet  obfervatio 
aequinoctii  verni  anni  1656.  Bononiae,  1656.  in-folio. 
8)    Cesouvragessontla„Brevis  Annotatio"  et  le  „Pro  sua  Annotatione"  deEustachiode  Divinis 
et  la  „Brevis  Assertio,>  de  Chr.  Huygens. 


*8 


CORRESPONDANCE.     1662. 


varijs  modis  calculoque  breviflîmo,  qui  vix  duos  hujufmodi  verliculos  occuper. 
Atquc  in  tuam  conitructionem  quoque  incidi;  veruntamcn  quantum  ex  verbis 
cuis  conjicio,  majus  etiamnum  compendium  reperifti,  quodque  ad  omnes  curvas 
fpeclet  quarum  proprietas  aequatione  cxprefïa  fit,  nempe  ad  bas  quoque  quarum  im- 

plicita  quodammodo  cftaequatio, 
ut.v  '  +  y*  —  x y  n  do  o  quac  ert  cur- 
vae  illius  quam  in  Scbotenij  com- 
mentarijs  ad  Cartefium  ')  forfan 
vidifti ,  pofita  AB  00  x  et  BC  quae 
illi  perpendicularis  efi:  co  y.  data 
vero  reéti  AD  do  n.  Hujus  tan- 
gentem  in  datopun&o  ego  quideni 
non  nifi  mediocriter  prolixo  cal- 
cul*) inveni  (ex  hac  nempe  aequatione,  nam  potell  alioqui  ad  aliam  multo  com- 
modiorem  res  deduci)  plurimumque  mirabor  methodum  tuam  ,  fi  abfque  ullo 
pêne,  ac  tantum  inipectis  characleribus  iflis  reperire  eam  doceat.    Caeterum  in 

y4 
linea  abs  te  propofita  in  qua 


A 


a  a — y  y 
B 


do  xx.  dum  accuratius  eam  contemplor, 

ifta    occurrcrunt    non 

indigna    notatu.    Spa- 

tium   nempe  iniinitum 

inter  ipfam  DKF  cur- 

vam ,    et     afymptoton 

ejus    AB    interjcctum 

reclaque     Al)    termi- 

natum ,  aequari  circulo 

cujus    AD  fit  diame- 

ter.    Et   in  univerium 

li  a  quocunque  curvae 

punéto  ut    F,  demittatur  in  Al)  perpendicularis  Fil,  (patium  FKDII  aequari 

iegmento  circuli  FLE,  cujus  arcus  FL  defcriptus  fit  radio  FC ,  aequali  DA ,  ac 

centro  C. 

Praeterea  quoque  folidum  e  converfione  fpatij  inliniti  DABFKI)  circa  l)C, 


D 


F^ 

-y/ 

/*/ 

y 

\a 

L 


-£ 


C 


-.  X 


1  ,  I  luygens  désigne  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  X  .  1  50,  note  1  ,  et  dont  la  seconde  édition 
est  citée  dans  la  Lettre  N°.  306,  note  3.  Pourtant,  dans  les  commentaires  de  l'r.  van 
ScllOOten,  il  n'est,  guère  question  de  la  courbe  du  texte:  c'est  seulement  dans  le  mémoire  de 
Hlldde  „Lpillola  fecunda"  (voir  la  Lettre  N°.  S92i  110tl-'  5)-  ajouté  à  cette  seconde  édition, 
que  la  courbe  est  mentionnée  p.  513,  514.  Mais  elle  a  été  discutée  par  van  Schooten  lui- 
même  dans  ses  „Lxercitationcs  Mathematicae"  (voir  la  Lettre  N°.  128,  note  3),  paj;e4o8. 


CORRESPONDANCE.     ]66l. 


239 


B 


aequalc  effe  fphaerae  cujus  radius  DA.  Unde  ficut  in  Cifîbide  2)  rurfus  calicem 
exiftcre  vides  infinitae  capacitatis,  licet  cantilli  ponderis. 

Haec  autem  exigui  momenti  fane,  nec  quae  data  opéra  quaerenda  ducerem , 
fponte  autem  occurrentia  non  videntur  negligenda. 

Literas  quas  Parifiis  ad  te  dederam  3)  intereidifîc  doleo.  In  ijs  quod  de  Cy- 
cloide  feripferam  erat  hujufmodi,  nempe  fi  per  fuperficiem  fecundum  Cycloidis 

cavum  inflexam,  qualis  hic  ABC,  ita  ut 
axis  BH  iîtus  lit  perpcndiculariter,  ii  in- 
quam  mobile  per  eam  defeendat ,  id  eodem 
tempore  ad  pundlum  imum  B  pervenire  e 
quoeumque  punclo  Cycloidis  ut  E  vel  D 
vel  A,  dimilïum  fuerit.  Hoc  porro  inven- 
tum  ad  emendandum  penduli  motum  ita  ad- 
hibeo,  fufpenfo  nimirum  pendulo,  puta  FB, 
inter  lamellas  FGA  ,  FKC  medio,  quorum 
occurfu  dum  le  infléchit  filum  FB,  plumbum 
per  arcus  cycloidis  ABC  feratur.  Quod  fie  fieri  inveni  fi  duac  dimidiae  cy- 
cloides fuerint  FGA,  FKC,  ipfi  ADB  pares. 

Soleo  autem  ad  horologia  adhibere  particulas  duntaxat  exiguas  FG,  FK,  quia 
penduli  ipfius  ofcillationes  modicae  funt.  Ita  ut  ad  hune  uium  facia  a  natura  linea 
ilba  videtur,  tateorque  hifee  animadverfis  non  parum  me  fui  (Te  delectatum  poitea 
quam  et  experientia  comprobatum  eft. 

Venio  ad  altéras  tuas4)  in  quibus  de  Boilianis  experimentis  difleris,  deque  ijs 
quae  Romae  fieri  vidifti,  diverfa  ratione,  led  circa  res  eafdcm  parique  eventu, 
praeterquam  in  animalium  morte,  quae  in  machina  noftra  fenfim  expirant;  neque 
id  effluviorum  Sanftorij  eruptionc  vel  fuppreflione  fieri  exillimes ,  fed  refpirandi 
facultate  ademta,  ac  foreaflis  etiam  infiatione  infolita  vilcerum  ac  membrorum  om- 
nium quae  ordinariae  aeris  prefiioni  alioqui  expofita  funt.  I  lac  enim  remota  prae- 
ter  modum  difienduntur,  ficut  cucurbitulis  applicatis  carnem  tumefeerc  videmus, 
cujus  eadem  ell  prorius  ratio. 

Quod  de  nolae  recipiente  conclufae  fono  refers  idem  ipfe  quoque  expertus 
fum,  quam  licet  ita  conftituiflem  ut  tremor  ad  vitrum  pervenire  non  pofîet,  aliquid 
tamen  femper  exilis  tinnitus  exaudiri  poterat,  ctfi  minor  multo  cum  exuetus  effet 
aer,  quam  prius,  et  fortaffe  nullus  plane  fuperfuiffet ,  ii  penitus  extrahi  potuifièt. 
Vidifti  vero  quae  de  his  etiam  Dominus  Boile  tradidit,  cujus  exaftam  diligentiam 
merito  collaudas.  Sicut  autem  inventis  addere  facile  eft,  nonnulla  aptius  in  ma- 


:)    Voir  la  Lettre  N°.  4-9. 

')   Consultez  la  Lettre  N°.  1049. 

4)    Voir  la  Lettre  N°.  1059. 


240 


CORRESPONDANCE.     1662. 


china  mea  concinnavi ,  quibus  et  melius  exhauriatur  aer,  et  exhauftus  excludatur, 
quamquam  illud  femper  incommodum  fupereft,  quod  antlia  femel  beneaptata, 
non  diu  in  optimo  ftatu  pcrmanet,  nec  citra  laborem  ac  cemporis  difpendium  poteft 
refici.  Muha  intérim  tum  ex  Boilianis  Experimentis  iterato  examini  fubjeci, 
tum  nova  quoque  aliquot  excogitavi,  fed  de  his  dicere  longum  foret;  ununi 
vero  inter  caetera  memorabile  occurrit,  occafionem  praebcnte  1 91110  13oilij  Phae- 
nomeno,  quod  lie  exhibere  confuevi 5).  Phiala  vitrea  eit  cum  collo  oblongo 
AE;  aqua  plena  atque  in  vafculum  femiplenum  ore  aperto  immerfa,  hifque 
fuperimpoficum  vas  vitreum  majus  FG  pedalis  circiter  altitudinis. 
Accidit  ergo  ut  extraclo  aère  e  vafe  FG,  defeendat  aqua  e  phiala 
inverfa  in  vafculum  fubjectum,  eoufque  ut  pêne  ad  parem  alti- 
tudinem  aqua  intra  collum  phialae  atque  extra  confiftat,  utique 
ii  bene  officium  faciat  antlia.  Idem  vero  experimentum  cum 
lacère  vellem  aqua  jam  ab  acre  purgata,  hoc  eil  quae  totam 
noétem  intra  vitrum  FG  aère  vacuurn  iletiiTet,  innumeramque 
bullularum  multitudinem  rejeciflet,  nequaquam  ut  prius  aqua 
ex  phiala  AB  defeendit,  quantumlibet  exhaufto  vafe  FG,  idqne 
vel  vicies  expertus  fum.  Quod  ii  tamen ,  ubi  jam  aliquandiu  ita 
obftinata  conflitiflèt  aqua,  minima  quaepiam  et  pêne  invifibilis 
bullula  ut  E  nafeeretur  intra  tubi  cavitatem,  ea  ubi  paululum 
increviflet,  furfum  cendebat,  et  fimulac  ad  unius  digiti  latitu- 
dinem  fuperficie  aquae  CD  iuperior  lacla  eïïet ,  inde  porro  fefe 
fini lim  extendebat  manente  bail  inferiori,  ita  ut  momento  pêne  cemporis  totam 
phialam  collumque  ipfum  occuparet,  aqua  omni  per  latera  colli  ecleriter  efflu- 
ente  in  vafculum  CD,  niii  quod  uno  circiter  digito  altior  intra  tubum  rema- 
neret  quam  effet  fuperiieies  ejus,  quae  vafeulo  continebatur.  IntromifTo  deinde 
acre  in  vas  FG,  is  denuo  intra  phialam  AB  aquam  compellebat,  fed  ita  ut  bulla 
aeris  exigua quantum  eil  femen  cannabis  in  fummo  fupereflêt,  qui  quidem  aer 
ex  aqua  prodijfîè  videtur,  eo  praecipuè,  quod  fie  reliéta  phiala,  poil  horas  24, 
vel  pauciores  etiam,  bulla  ifta  prorfus  evanefeere  foleat.  De  feminibus  herba- 
rum  plures  monuerunt  ut  periculum  facercm,  fed  et  hoc  et  alia  multa  diiluli  donec 
rationem  excogitem  qua  perfectius  aercm  omnem  e  phiala  educam ,  namque  etfi 
cum  fuperius  illud  experimentum  caperem,  refte  fefe  habebat  antlia,  vix  unquam 
deincéps  fucceffit  ut  aeque  ac  tune  votis  fatiffaceret. 

Quod  de  Experimentis  Academiae  Florentinae  edendis c)  jam  aliquoties  inaudi- 
veram,  id  abs  te  confirmari  gaudeo,  neque  dubito  quin  expeftationi  quam  de  ijs 


maximam  habeo,  fini  refponfura. 


Comparez  les  I. étires  Nos.  931  et  1033. 
(  'on  ultez  la  l  ,ei  1  re  N°.  1000,  note  5. 


CORRESPONDANCE:     1662.  24 1 


N=   1066. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

28    SEPTEMBRE     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

le  28  Septembre   1662. 

Je  vous  recommande  en  premier  lieu  de  faire  mes  baifemains  a  Don  Sebaftian , 
et  de  le  féliciter  de  ce  qu'il  n'eft  pas  demeuré  mort  en  chemin.  Quoy  ce  grand  cou- 
reur de  porte,  qui  en  parloit  toufjours  comme  d'une  chofe  fi  ailée,  qu'il  fembloit 
qu'avec  cette  voiture  il  auroit  fait  le  tour  du  monde,  s'eil  trouvé  fi  fort  harafTè 
pour  fi  peu  de  chemin  !  il  faut  qu'une  autre  fois  il  connoifîe  mieux  fes  forces ,  quid 
valeant  humeri  quid  ferre  reeufent. 

Quelque  bonne  qu'el  Signor  Padre  trouue  la  nouuelle  lunette  je  ne  doute  pas 
qu'il  ne  vous  la  cède ,  après  qu'il  aura  receu  l'autre.  Je  luy  en  ay  pourtant  touché 
quelque  mots ')  a  fin  de  l'y  faire  refoudre  plus  facilement. 

L'eftoffe  du  dernier  miroir  n'efr.  point  bonne  du  tout,  parce  qu'elle  ne  prend 
pas  un  beau  poly ,  Monfieur  Petit  m'eferit 2)  luy  mefme  qu'il  s'en  doutoit  bien ,  et 
partant  il  euft  mieux  valu  d'en  envoier  premièrement  un  efchantillon.  Il  m'obli- 
gera fort  s'il  en  veut  jetter  des  petits  de  matière  fine  comme  il  promet,  et  il  faut 
qu'alors  vous  tafehiez  d'avoir  fa  recepte.  Au  relie  c'efr.  un  plaifant  Sire,  qui  croit 
tout  feavoir,  fans  vouloir  jamais  avouer  d'apprendre  rien  de  perfonne,  comme 
maintenant  il  ne  dit  pas  qu'il  approuve  la  manière  que  je  vous  ay  envoiée  pour 
fabriquer  les  tuyaux  des  lunettes  mais  qu'HP a penfè  aujjy  bien  que  moy.  Il  m'en- 
voie un  efchantillon  de  lettres  qu'avec  fa  lunette  de  25  pieds  il  lit  diitinctement 
de  500  pas.  ce  que  je  ne  fcay  pas  fi  je  dois  prendre  pour  de  l'argent  contant ,  mais 
le  feauray  mieux  quand  j'auray  fait  le  mefme  efTay  des  miencs,  et  pour  cette  fin  je 
feray  attacher  ces  mefmes  lettres  avec  d'autres  fur  une  cheminée  du  Doelen.  La 
figure  de  Saturne  qu'il  met  dans  fa  lettre  n'eft  pas  fort  authentique ,  l'ovale  des 
an  fes  n'eftant  pas  afTez  longue  a  beaucoup  près. 

Je  fais  faire  des  habits  a  mon  garçon ,  de  la  couleur  nouuelle  dont  vous  m'avez 
envoie  l'efchantillon.  Et  cependant  qu'on  teint  le  drap,  (car  l'on  n'en  a  pu 
trouuer)  je  voudrois  bien  que  vous  me  fiffiez  feavoir  de  quelle  façon  ils  doivent 
eftre  païïementez ,  et  comment  a  peu  près  font  faites  les  cafaques  des  voftres ,  fi  les 
manches  font  couuertes  de  paiïement,  et  fi  les  cafaques  mefmes  ne  font  pas  plus 
eftroites  que  celles  qu'ils  ont  porte  jufqu'icy.  Je  ne  fcay  pas  bien  quelle  efr.  l'ef- 
toffe de  la  doubleure,  en  ayant  perdu  l'efchantillon.  des  pourpoints  vous  ne  m'en 
avez  rien  dit.  que  ce  foit  donc  encore  un  article. 


*)    Nous  ne  possédons  pas  cette  lettre  de  Christiaan  Huygens  à  son  père  Constantyn  Huygens. 
2)    Voir  la  Lettre  N°.  1064. 

Œuvres.  T.  IV.  3 1 


2  i  2 


CORRESPONDANCE.     1662. 


Voicy  la  lettre  du  Coufin  Dorp  3)  qui  vous  annonce  la  mort  de  fa  femme  4), 
qu'on  enterra  hier  au  foir  icy  fans  aucune  cerimonie. 

Le  Coufin  J.  Zuerius  5)  eft  fait  prefident 6)  en  la  place  de  ton  frère  :).  Adieu. 

A  Monfieur 
Monfieur  L.  Hugens  de  Zulichem 

A  Paris. 


N°=   1067. 

Christiaan  Huygens  h   [Lodewijk  Huygens]. 

5  OCTOBRE  1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

le  5  Oclobre   1662. 

Je  fuis  bien  aife  de  veoir  que  l'on  s'efehauffe  de  plus  en  plus  par  de  là  au  fait 
des  Lunettes,  et  qu'on  y  fait  quelque  chofe  de  bon.  Il  n'y  a  point  de  raifon  pour 
quoy  ils  n'y  pufFent  reuflir  auffi  bien  que  moy  puis  que  je  leur  ay  communiqué 
ma  méthode  '),  a  la  quelle  ils  auront  encore  adjoutc leurs  propres  obfervations.  je 
dis  pour  ce  qui  eil  des  grands  verres  objectifs,  qui  eft  le  principal;  car  pour  les 
oculaires  vous  voyez  bien  que  j'y  ay  trouuè  quelque  chofe  de  nouueau,  qui  caufe 
cette  netteté  dans  les  lunettes  de  jour,  et  de  mefme  dans  les  plus  longues,  leur 


3)  Frcderik  van  Dorp.  Voir  la  Lettre  N°.  167 .  note  3. 

4)  Aegidia  van  Teylingen  qui ,  le  1er  août  1 6 1 9,  épousa  le  veuf  Frcderik  van  Dorp. 

5)  Jacob  Ferdinand  Suerius.  Voir  la  Lettre  N°.  78  ,  note  3. 

6)  C'est-à-dire  président-bourgmestre  de  Bois-le-Duc. 

1  Marten  Christiaan  Suerius,  fils  de  Jacob  Suerius  et  de  Jobanna  Lopcz  de  Villa  Nova ,  sei- 
gneur de  Oirschot  et  Bert,  naquit  le  19  juillet  1629  et  mourut  le  24  juin  1704.  Il  épousa 
Clementia  Geertrui  van  Lis,  qui  mourut  le  30  décembre  1721 ,  et  fut  bailli  en  chef  de  Kem- 
pen  ,  conseiller  municipal  et  président  a  Bois-le-Duc. 


I  >ans  le  „Reys-Verhael",  déjà  mentionné  plusieurs  l'ois,  Chr.  Huygens  a  noté  : 
„  1 66 1  ,  H  janvier.  Chez  Auzout  montré  ma  manière  de  faire  des  verres,  prefents  Meilleurs 

Guederville,  Petit,  Carcavy,  d'Elbene,  Thevenot.  Eflayêdes  Lunettes,  Difné  laenfcmble 

et  bien  traitré.  c.  f.  Madame  de  Guederville  y  vint  après  diluer." 

Le  seigneur  de  Gucdreville  est  Sebastien  du  Bois.  Toutes  les  autres  personnes  ont  déjà  été 

mentionnées  dans  cette  Correspondance,  a  l'exception  de 

Alphonse  d'Elbina  (Delbene),  neveu  des  deux  évoques  d'Alby  de  même  nom.  [I  fut  créé 

évéque  d'Orléans  le  26"  mai  1648  et  mourut  le  20  mai   1665  a  Paris.   Il  publia  en   1664  des 

Statut--  Synodaux,  recueil  réputé  un  modèle  en  ce  genre. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  24' 


donnant  en  mefme  temps  une  grande  ouverture.  Si  vous  prenez  bien  garde  com- 
bien groffifïent  celles  de  Monfieur  Chieze  a  4  verres,  en  regardant  des  lettres 
de  loin,  ou  par  la  manière  que  je  diray  après,  vous  trouuerez  fans  doute  qu'elles 
n'en  font  pas  tant  que  les  petites  de  noftre  façon,  quoy  que  d'abord  elles  vous 
ayent  femblè  prefque  égales.  Pour  ce  qui  eft  des  grandes  de  25  pieds  de  Mon- 
fieur Petit,  puis  que  les  500  pas  ne  font  que  800  pieds,  elles  ne  font  pas  plus 
grand  effet  que  les  mienes  de  22  pieds,  car  ayant  fait  afficher  les  characleres , 
qu'il  m'a  envoiez  2) ,  au  coftè  d'un  piedeftail  qui  eft  fur  le  milieu  du  frontifpice 
du  Doelen  3)  je  les  lis  facilement.  Mais  parce  que  la  diftance  de  noftre  feneftre 
jufques  la  n'eft  que  de  732  pieds  j'y  ay  mis  des  caractères  encore  plus  petits, 
tels  que  vont  icy  joints 4) ,  les  quels  je  puis  lire  diftinclement.  tellement  qu'en  com- 
parant la  grandeur  avec  celles  de  Monfieur  Petit,  j'ofe  afîurer  que  je  lirois  les 
fienes  de  la  diftance  de  1000  pieds,  fi  j'avois  la  commodité  de  les  placer  fi  loin.  Je 
trouue  au  refte  qu'avec  les  oculaires  de  la  nouuelle  façon,  ma  dite  lunette  de  22 
pieds  groffit  127  fois  les  objects  à  compter  félon  le  diamètre,  ce  qui  fe  pratique 
ainfi.  Sur  le  papier  affiché  au  Doelen  j'ay  tracé  une  ligne  avec  de  l'encre  d'un  pied 
de  long  environ,  et  large  d'un  doigt,  et  fur  un  autre  papier  que  je  retiens  auprès 
de  moy  j'ay  une  ligne  pareille  et  juftement  de  la  mefme  longueur.  Regardant  donc 
la  première  par  la  Lunette  et  l'autre  avec  l'oeil  vuide,  je  fais  tant  approcher  cel- 
lecy,  que  toutes  deux  me  paroifTent  également  grandes  s'ajullant  l'une  fur  l'autre 
precifement,  et  alors  je  fcay  que  comme  la  diftance  de  l'une  ligne  eft  a  celle  de 
l'autre,  aies  compter  toutes  deux  depuis  mon  oeil,  ainfi  doit  eftre  la  raifon  de 
l'augmentation  des  objets. 

Je  voudrois  qu'au  jour  de  la  Lugncrie  l'on  le  fervit  de  cette  méthode  qui  eft 
treffacile,  et  que  pour  me  faire  plaifir,  vous  mefurafliez  de  vos  pas  (de  2  pieds)  l'ef- 
pace  que  vous  dites  eftre  de  800  pieds  et  Monfieur  Petit  de  500  pas,  ou  peut  eftre 
dans  la  carte  de  Paris  vous  le  trouverez  tout  mefuré.  Touchant  ce  qu'eferit  Mon 
Père  des  petites  lunettes  de  Monfieur  Petit  qui  eftant  plus  courtes  que  les  nof- 
tres,  groffifïent  pourtant  de  mefme  et  plus,  j'ay  ces  deux  chofesadire,  l'une  que 
fi  l'on  ne  regarde  point  a  la  clarté  des  lunettes  Ton  peut  faire  que  les  moindres 
groflifTent  a  l'infini;  l'autre  que  i\  l'on  fe  veut  pafïèr  de  la  grande  ouverture,  celles 
de  la  vieille  façon  avec  un  oculaire  concave  font  meilleures  qu'aucunes  autres 
pour  leur  longueur,  et  peut  eftre  celles  de  Monfieur  Petit  font  de  cette  forte.  Mais 
après  avoir  vu  les  grandes  ouuertures  Ton  trouue  que  le  plaifir  et  la  commodité 
de  veoir  tant  d'objects  à  la  fois  vaut  beaucoup  plus  que  ce  que  l'on  perd  de  l'autre 


2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1065. 

3)  Le  „Nieuwé"  ou  „St.  Sebastiaans  Doelen"  se  trouvait  au  coin  du  Vijverberg  et  du  Tornooi- 
veld.  Actuellement  le  Musée  municipal  de  la  Haye  est  établi  dans  cet  édifice. 

4)  Nous  n'avons  pas  trouvé  ces  caractères. 


244  CORRESPONDANCE.     1662. 


coftè.  L'entreprife  de  Meilleurs  Thevenot  et  Auzout  pour  en  faire  de  50  pieds 
eft  hardie,  car  il  faudra  que  le  grand  verre  foit  de  8  pouces  de  diamètre  pour  le 
moins,  dont  les  5  devront  eftre  découverts;  car  autrement  fi  l'on  n'élargit  l'ou- 
uerture  de  ce  verre  a  mefure  qu'on  eftend  la  longueur  de  la  lunette,  l'on  travaille 
en  vain,  mais  en  voila  trop  de  cette  matière. 

Ma  Dioptrique  feroit  défia  en  eftat  d'eftre  imprimée  fans  l'interruption  que 
m'a  donne  l'affaire  des  Longitudes,  qui  eft  de  plus  grande  confequence.  toute  f- 
fois  n'alléguez  pas  cette  excufe  a  ceux  qui  vous  en  demandent  des  nouuellcs,  mais 
feulement  que  je  fuis  empefchè  par  quelque  autre  occupation.    . 

Je  croy  qu'il  y  aura  des  belles  chofes  dans  le  livre  5)  de  Monlieur  Thevenot  et 
il  me  tarde  de  le  veoir  achevé,  c'eft  peut  cftre  cette  édition  qui  l'oblige  de  différer 
encore  fon  voiage. 

Puis  qu'on  en  veut  tout  de  bon  a  la  patrie  de  Don  Sebaftian,  il  eft  jufte  donc 
qu'il  l'aille  défendre  et  fervir  fa  Sainteté  de  qui  il  eft  ne  fujecl;  qu'il  fe  fouviene 
de  fes  grands  faits  d'armes  au  fac  de  Tortofe  &c. 

J'ay  vu  chez  Monfieur  Voflius  un  petit  livre  du  quel  je  voudrois  bien  que  vous 
me  fifliez  avoir  un  exemplaire  s'il  arrive  que  vous  envoiez  encore  des  hardes.  C'eft 
la  defcription  de  l'Ukranie  6)  par  le  Sieur  de  Beauplan  7),  et  fe  vend  a  la  rue 
Saint  Jaques  chez  S.  le  Sourd  8)  a  l'image  St.  Piere.  Si  vous  ne  l'avez  pas  vu  il 
mérite  que  vous  l'acheptiez  pour  voftre  propre  curiofitè  car  il  contient  des  chofes 
remarquables,  comme  page  80  &),  et  ailleurs. 

J'ay  efcrit  a  Mon  Père  I0)  ce  que  j'ay  veu  de  l'anatomie  du  chien  ").  Touchant 
la  vifite  de  Monfieur  L'Electeur  Ia)  je  n'avois  pas  le  temps  d'en  efcrire  desparticu- 
laritez  et  aufïi  n'y  avoit  il  pas  grand  fuject  C'eftoit  a  la  prière  de  Monfieur 
Beverning  I3),  qui  me  l'eftoit  venu  demander  le  jour  d'auparavant,  que  je  luy  fis 


5)  Consultez  la  Lettre  N°.  1063. 

6)  Defcription  d'Vkraine,  qvi  font  plvfievrs  Prouinces  du  Royaume  de  Pologne.  Contenues 
depvis  les  Confins  de  la  Mofcouie,  iniques  aux  limites  de  la  Tranlilvanie.  Enfemble  levrs 
moevrs,  façons  de  viures,  et  de  faire  la  Guerre.  Par  le  Sievr  de  Beavplan.  à  Rouen  &  fe  vend 
a  Paris,  chez  Simon  le  Sovrd  ,  rue  S.  Lacques,  à  l'Image  Saint-Pierre.  M.DC.LXI.  in-40. 

Cet  ouvrage  parut  à  Paris  en  1650  et  a  Rome  en  1660. 
r)   Guillaume  le  Vasseur,  Sieur  de  Beauplan,  naquit  vers  1600  en  Normandie  et  mourut  vers 

1670.  Il  était  ingénieur-géographe  et  servit  dans  l'armée  polonaise  :  en  1649  il  retourna  en 

France. 
x)    Simon  le  Sourd,  libraire  a  Paris,  demeurait  rue  St.  Jacques. 
v)    On  y  lit  la  description  des  „Bobaques,'"  espèce  de  marmottes. 
I0)  Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  son  père  Con- 

stantyn  ;  elle  doit  avoir  été  datée  de  la  lin  de  septembre. 
"  1  Consulte/.  la  Lettre  N°.  1063. 

Sur  Maximilian  lleinricli,  voir  la  Lettre  N°.  1063,  note  14. 
'  <     i  lieronynius  van  Beverningh,  lils  du  capitaine  Mclcliior  van  Beverningli  et  de  Sibille  Stan- 

dert,  naquit  a  Couda  le  25  avril   KI14  et  mourut  a  Leiden  le  30  octobre  1690.  Diplomate 


CORRESPONDANCE.     1662.  245 


veoir  les  expériences  du  vuide;  defquelles  je  fuis  afïurè  que  personne  de  ceux  qui 
eitoicnt  prefents  ne  comprenoit  la  raifon.  qui  ertoienc  (outre  Monfieur  l'Electeur) 
le  Comte  de  Furftenberg  I4)  ,  les  Comtes  de  Horn  père  I5)  et  fils  I<5),  Monfieur  de 
Beverweert I7),  Beverning  et  i  ou  3  autres.  Si  je  ne  difois  toufjours  que  la  ma- 
chine n'eft  pas  en  eftat,  je  ferais  importune  tous  les  jours  de  quelque  fpeftateur; 
quoy  que  je  ne  mente  pas  la  plufpart,  car  elle  ne  peut  jamais  demeurer  guère 
dans  fa  perfection  a  caufe  du  pifton  qui  fe  galle  facilement.  Deux  jours  après 
la  vifite  de  l'Electeur,  l'une  de  ces  vénérables  princefies  de  Portugal l8)  vint  icy 
le  matin  a  8  heures  dans  fon  carofTe  et  fit  dire  au  frère  de  Zeelhem  IS>)  qui  elloit 
au  lift,  qu'elle  avoit  ouy  parler  de  plufieurs  raretez  qu'il  avoit  a  veoir,  le  priant  de 
les  luy  monftrer.  Sans  doute  elle  avoit  ouy  parler  des  expériences  fufdites;  mais 
le  Seigneur  de  Zeelhem  s'en  excufa,  comme  vous  pouvez  croire,  en  faifant  dire 
qu'il  fe  portoit  mal  et  qu'il  gardoit  le  lift,  tout  le  monde  trouua  cette  vifite  rare 
et  plaifante  tout  ce  qui  fe  peut. 

Le  frère  I?)  fait  feparer  fa  chambre  en  deux,  en  mettant  une  feneftre  du  coftè  de 
la  mai  fon  de  Monfieur  de  Thou,  après  que  el  Signor  Padre  luy  en  a  donne  la 
permiffion.  Il  femble  qu'il  ne  fait  pas  eftat  de  defloger  lî  toft  comme  il  faifoit  il  y 
a  7  ou  8  mois. 

L'on  n'entend  plus  rien  des  affaires  de  Mon  Perc.  je  fuis  bien  aile  cependant 
qu'il  ne  s'ennuie  point  et  trouue  de  quoy  pafier  le  temps. 


distingué,  il  s'acquitta  de  1646  à  1679  de  diverses  missions:  ensuite  il  se  fixa  au  château  de 
Teylingen,  près  de  Leiden.  Il  étudia  surtout  la  botanique.  Nommé  curateur  de  l'Uni- 
versité de  Leiden  en  1673,  il  acquit,  en  cette  qualité,  une  grande  influence. 

14)  Diedrich  Caspar  Graf  von  Furstenberg  naquit  le  9  mars  1615  à  Kônigstein,  et  mourut  à 
Spire  le  21  septembre  1671.  Il  était  chanoine  de  Mayence  et  de  Spire,  et  colonel  de  la  cavale- 
rie espagnole  aux  Pays-Bas:  il  est  le  mieux  connu  comme  peintre  et  graveur  en  taille-douce. 

15)  Johan,  comte  de  Hoorne,  Seigneur  de  Kessel.  Il  épousa,  en  1630,  Johanna  van  Bronkhorst, 
héritière  de  Batenburg. 

Ifl)  Willem  Adriaan  comte  de  Hoorne,  baron  de  Kessel,  seigneur  de  Batenburg,  mourut  le 
4  mars  1694.  Il  fut  général  d'artillerie  dans  l'armée  des  Provinces-Unies.  Il  épousa  Anna 
van  Nassau,  fille  de  Willem  Maurits  van  Nassau  et  de  Maria  van  Aerssen  van  Sommelsdijck. 

Ir)  Sur  Lodewijk  van  Nassau,  voir  la  Lettre  N°.  855,  note  5. 

I8)  Emanuel ,  fils  du  prétendant  à  la  couronne  de  Portugal,  vint  en  1595,  après  la  mort  de  son 
père,  aux  Pays-Bas  et  épousa  clandestinement  Emilia  van  Nassau,  fille  du  prince  Willem  I 
et  de  Anna  von  Sachsen;  elle  mourut  en  avril  1629,  et  avait  eu  six  filles: 

Maria   Belgica,  Emilia  Louisa,   Anna  Louisa,  Juliana  Catharina,  Eleonora  Maurice, 
Sabina  Delphica,  qui  toutes  étaient  protestantes. 

I:;)  Constantyn  lluygens. 


t46 


CORRESPONDANCE.     l66l. 


N=  1068. 

R.  F.  de  Sluse  h  [Christiaan  Huvgens]. 
6  octobre   1662. 

/.i;  lettre  se  trouve  à  Leiden,  cuil.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1065. 

Nobiliffime  Domine 

Rcété  conjeciftj  methodum  meam  tangentium  ad  omnes  curuarum  ipecics 
producj,  quarum  proprietas,  duarum,  vtfolet,  quantitatuin  ignotarum,  cum  ijs 
quae  notae  funt,  implexarum,  equatione  exprimitur.  Jgiturad  hanc  quoque  Schote- 
■nij  quam  proponis, cuius  aequatio  eftx3  +y3  —  ny  x  Ho1)  pofitâ  icilicec  AB  aequali 
»,  AI  y,  IL  x.  Ecce  enim  tangentem  in  punfto  L  breuifîîmo  calculo  repertam , 
ce  qui  lineam  integram  non  impleat.  Productâ  BA  in  E  ita  ut  AE  fit  fubtripla  AB, 

fiât  vt  differentia  quadratj 
C_  If  AI  et  reétanguli  AE,  IL, 

ad  differentiam  reclanguli 
EAI,  et  quadrati  IL,  ita 
LI,  adID,  iunfta  enim 
LD  tanget  curuam  in  L. 
Ex  bac  conftru&ione  Huis 
apparet  aliquot  cafus  efie 
coniiderandos  circa  punc- 
tum  datum.  Si  enim  dare- 
tur  punctiim  F,  ex  quo 
demifla  normali  FG,  reclangulum  fub  AE,  FG,  aequale  efict  quadrato  AG 
(quod  punctum  efîe  ad  parabolam  cuius  axis  eft  normalis  AO,  vertex  A,  latus 
rectum  AE,  euidens  cil)  tune  ex  puncto  F  ducta  parallela  ipfj  AB  tangeret  cur- 
uam in  F.  At  fi  daretur  punctum  II,  ex  quo  demifia  normali  IIK,  rectangulum 
EAK  ,  aequale  effet  quadrato  KH  (quod  punctum  rurfus  efie  ad  parabolam  cuius 
axis  AB,  vertex  A,  latus  rectum  AE,  fatis  conftat)  tune  ipfa  IIK  tangeret  cur- 
uam in  II.  Demum  li  punctum  datum  L  caderet  inter  F  et  H,  punctum  D,  non 
vt  prius  verfus  A,  fed  ad  partes  B  fumendum  efict:  quae  omnia  folâ  aequa- 
tionis  contemplatione  innotefeunt.  Refté  intérim  obferuaftj  curuas  huiufmodj 
commodiorem  aliam  aequationcm  recipere  :  fed  pro  ducendà  tangente  quac- 
libet  mihi  fufficit.  Vtecce  incuruâ  quam  his  diebus  literarum  tuarum  occalione 


£  -D 


L'égalité  est  indiquée  ici  par  le  signe 


CORRESPONDANCE.     1662. 


24; 


mihi  finxi.  Duae  lune  ad  reftos  EA,  AC,  haec  alterius  fubdupla,  inter  illas 

vero  curua  eft  ADDE ,  cuius  proprietas ,  vt  appli- 
catâ  qualibet  parallelâ  EA,  quae  fit  DDB,  fi  AB 
vocetur  y ,  BD  x ,  AC  »,  fiât  femper  ivx  —  xx  — 
yy  —  2xy  ||  o.  Huius  tangentetn  fie  reperio  in  Dpunc- 
to.  diuifa  EA  bifariam  in  I,  et  iunétâ  CI,  fecante  DD 
in  G,  faciendum  eft  vt  vtraque  AB ,  BD :),  ad  DG, 
ita  DB ,  ad  BQ ,  iuncla  enim  QD  tanget  curuam  in 
D:  hoc  tantum  diferimine,  quod  fi  D  fit  in  parte 
inferiori,  Q  cadet  ad  partes  A,  fi  vero  in  fiiperiori 
ad  partes  C  :  at  fi  punctum  D  fit  in  reéta  CI ,  tune 
ipfa  DB  erit  tangens.  Ex  quâ  methodo  infinitae 
curuarum  proprietates  reperiri  porïïint;  referendo 
feilicet  ad  diuerfas  reftas,  et  ex  aequatione  qualibet 
ducendo  tangentem.  Eodem  modo  quo  in  hoc  exem- 
plo  noua  parabolae  proprietas  eruitur,  nain  hanc 
efTe  parabolam  facile  peruidebis.  Occurrunt  etiam 
leuj  negotio  punéta  flexus  contrarij  in  ijs  curuis  quae 
ad  diuerfas  partes  inclinantur,  vt  in  Conchoide  (in 
quâ  mihi  ingeniofe  praeiuifti  3J  )  quam  vnicâ  para- 
bolain  vtroque"*)  flexu  fecarj  oftendj.  iramo  quod 
amplius  eft,  in  conchoidibus  inflnitis,  quae  ex  codem  polo  et  circa  eandem  afympto- 
ton  deferibi  pofTunt,  reperi  omnia  puncla  flexus  ipfarum  effe  in  eadem  parabola  qua- 
dratorcubicâ.  Similiter  et  in  aliâ  Conchoide  a  me  excogitatâ,  in  qua  feilicet 
refta  quae  a  polo  ducitur  ad  curuam,  ita  fecatur  ab  afymptoto,  vt  rechingulum  ex 
partibus  fit  femper  cidem  piano  aequale,  reperj  tangentem  et  punctum  flexus  abfque 
loco  folido:  et  fi  eodem  polo  circa  eandem  afymptoton  infiniter  deferibj  intelli- 
gantur,  oftendj  puncfa  flexus  omnium  effe  in  vnâ  infinita  Ciflbide.  Sed  haec 
haclenus. 

Venio  nunc  ad  ea  quae  acutc  in  curua  Gutifcouij  noftri  obferuafti.  ac  dimenfio 
quidem  fpatij  infinitj  ftatim  occurrit  artificio  Roberuallij 4)  vel  alterius  Geometrae 
ex  Galliâ  (inde  enim  nobis  olim  Romam  mifîiim  recordor)  quo  etiam  vt  opinor 
vfus  es;cahx  vero  ille  infinitae  capacitatis,  totus  tuus  eft.  quamuis  enim  multos 


=)    De  Sluse  veut  dire  la  somme  AR-)-RD, 

3)  Dans  les  „lJroblematum  quorundam  illuftrium  Conftruftiones"  (voir  la  Lettre  N°.  191, 
note  1),  Cbristiaan  Huygens  s'occupe  du  problème  suivant:  In  conchoide  Iinea  invenire 
confinia  flexus  contrariio  Consultez  aussi  la  Lettre  N°.  641. 

4)  Consultez  le  Traité  des  indivisibles  par  M.  de  Roberval,  imprimé  plus  tard  dans  les 

Ouvrages  de  Mathématique  de  M.  de  Roberval.  A  Amflerdam,  chez  Pierre  Mortier. 

MDCCXXXVI.  in-40. 


248  CORRESPONDANCE.     1662. 

fimiles  dari  oltcnderim,  immô,  quod  mirabere  fi  tibi  non  incidit,  muka  lblida  in- 
finitae  latitudinis  aequalia  finitis  inuenerim,  ad  illum  tamen  tuum  calicem  non  at- 
tenderam,  fed  tantum  ad  dimenfionem  folidj  genitj  ex  fpatij  curuâ  ce  applicatâ  ter- 
minacj  circa  axem  reuolntione ,  in  quam  non  magno  molimine  incideram.  fed  haec 
non  funt  tantj  vt  nos  alio  feilinantes  morarj  debeant.  Ad  experimentum  tuum  in- 
telligo,  cuius  caufam  qui  peruidebit,  nae  illc  mihi  verè  lynceus  erit.  Satis  mihi 
cric  aliquam  sh.oToXoy'iav  examinj  tuo  fubijeere,  faltem  vt  hoc  bonae  voluntatis  ar- 
gumento  a  te  fimiles  obferuationes  pofihac  eliciam.  Ac  primum  aflentior  Nobi- 
lifiimo  Boilio,  dtim  in  experimento  Torricellij ,  non  ab  aeris  pondère  fed  ab  eiuf- 
dem  elatere  acquilibrium  deriuat.  Itaque  ad  illius  rationes  te  remitto;  nifi  forfitan 
addi  pofllt,  prefiionem  illam  elafticam  hoc  ipfum  efîe  quod  grauitatem  vocamus. 
Nam  hanc  non  eflTe  qualitatem  phyficam,  vt  in  fcholis  exiftimant,  fuppono;  prout 
et  motum  aut  prefiionem  non  nifi  ab  impellente  producj.  Quibus  admiflis,  quid 
mirumfj  aqua  ab  aerc,  taminterno,  quam  ambiente  libéra,  non  defeendit?  quid 
enim  ipfam  vrgebat?  parum  fane  intereft  quid  poft  exhauftum  aerem  remanere 
dicatur  in  vitro:  nam  quidquid  tandem  fit  non  impellere  corpus  fed  impulfuj  non 
obnitj  ad  fummum  videtur.  Ratio  vero  cur  aqua  non  purgata  defeendat,  flatim  fefe 
offert;  ex  aeris  nempè  fpiras  fuas  explicantis  impulfu,  cura  primum  a  circumltantis 
preflione  libertatem  naclus  eft.  Sed  cur  idem  in  Mercurio  non  accidit  "?  Jdem  plané 
euenturum  arbitror,  fi  tam  facile  ab  ipfo  aer  feparari  pofTet.  Abundare  enim 
acre  hoc  fatis  indicat,  quod  igné  vel  leuifilmo  cuolans  tôt  Chymicis  ludos  faciat. 
An  non  etiam  hoc  ex  ipfius  pondère  confumatur?  Trapaèo^orurov  id  inquies, 
pondus  ab  aerc,  a  cuius  mixtura  leuitatem  in  corporibus  fcholae  haftenus  deduxe- 
runt.  Sed  dicj  poflè  videtur  aeris  fpiras,  quo  magis  implexae  et,  vt  ita  loquar,  in- 
tortae  funt,  co  potentius  nitj  vt  fe  explicent;  et  hanc  efie  fi  non  folara  faltem  non 
m  in  imam  caufam  grauitatis.  Hinc  etiam  fortaffe  oleis  chymicis  pondus;  nempe 
ab  aeris  fpiris  in  materiâ  illa,  vt  vocant,  calcinatâ  vehementius  contortis:  quii- 
cumque  tandem  ratione  in  illam  impellantur  quam  inuefiigare  hùius  loci  non  eft. 
Multa  praeterco  quae  commentj  cctrâ'svsiav  fulcire  pofient  :  haec  indicafTe  conten- 
tus,  vt  difquiras,  quo  modo  cura  experimentis,  quae  plurima  hac  in  re  fieri  pofTunt 
cohaereant.  Verbulum  tantum  addo  de  cuis ofcillationibus  quibus  lineae  in  phyficis 
confiderationibus  negleétae,  vfum  tam  praeclarum  afieruillj.  Hoc  mihi  memoriam 
refricuit  cfiati  illius  Platonicj  5),  yeu^erfiav  eïvcti  QypëvrtKviv  (jlovov  ,  ea  vero  quae 
venando  adepta  cil,  yfui,  vt  lacis,  adhibere,  hoc  demum  philofophi munus effe. 
Perge  igicur  Speculationum  Geometricarum,  quae  vulgo  apud  imperitos  maie  au- 
diunt,  vtilitatcm  oftendere,  meque  crede,  ex  animo 

'Fui  Obferuantiffimum 

Rknatum  Franciscum  Slusium. 


Les  ni"'-  cités  se  trouvent  dans:  PlatO,  Sophistae,  2iy  E. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


•49 


Plurimam  tibi  falutem  dico  Clariffimi  Gutifcovij  nomine,  quod  vt  facerem 
me  rogauit  an  ce  aliquot  dies  cum  hic  adefïet.   Vale. 


Dabam  Leodij  vi  Oétobris  cidioclxii. 


")  Heuratius  abfque  loco  folido  hacc  puncta  invenit rt).  [Chr.  Huygens]. 


N=   1069. 

P.   Petit  à   [Christiaan  Huygens]. 

13    OCTOBRE     1662. 
La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  Paris  Le  13  Octobre  1662. 
Monsieur 
Jay  eftc  bien  ayfe  dapprendre  par  celle  que  vous  mauez  fait  l'honneur  de  Mef- 
crire  ')  &  par  celle  2)  de  Monfieur  voftre  frère  que  nos  lunettes  ne  vous  femblent 
pas  Mauuaifes  et  Je  ne  doute  point  que  fi  Jauois  d'excellente  Matière  Je  nen  pufTe 
encores  faire  de  Meilleures,  eftant  afTenré  pour  mon  particulier  par  quantité  dexpe- 
riences  que  la  figure  nous  eft  plus  ayfee  a  donner  que  la  Matière  neft  facile  a  ren- 
contrer auec  toutes  les  qualitez  quil  faut  pour  rapporter  nettement  les  efpeces  3), 
ayant  obferué  auec  des  microfcopes  tant  djnegalitez  dans  le  Corps  des  Criftaux  ar- 
tificiels &  naturels  que  je  puis  rendre  raifon  pourquoy  ces  derniers  ne  valent  rien 
pour  les  grandes  lunettes  &  pourquoy  la  plus  part  des  autres  y  manquent,  mais  de 
fcauoir  dou  vient  le  deffault  des  Criftaux  de  verrerie  fi  ceil  de  la  Cuifïbn  ou  du  Mef- 
lange  des  drogues  &  des  fels  ou  de  la  recuitte  ou  de  quelque  autre  mauuaife  façon 
des  ouuriers  ou  de  la  fournaife  mefme,  ceft  ce  que  Jignore  &  il  me  faudrait  auoir  eftc 
8  ou  dix  Jours  dans  la  Verrerie  a  Vcnife  pour  defcouurir  ce  deftail  par  la  Confé- 
rence des  ouuriers  &  des  matières  prifes  en  diuers  jours  &  en  diuers  Creufetz  de 
différentes  dofes  &  compofitions.  Cepandant  jl  nous  faut  quafi  tous  trauailler  au 
hazard  quant  a  la  Matière  car  pour  la  figure  nos  moules  eftans  une  foys  bien  faits 
comme  nous  en  auons  les  ouuriers  &  la  Méthode,  on  ne  fcauroit  manquer  quand  on 
voudroit  de  la  leur  donner  &  de  les  bien  polir  fans  les  galter  ayant  du  tripoly  ex- 


6)    Voir  la  Lettre  N°.  641 ,  note  6. 

x)    Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  dans  nos  collections. 

2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1067,  que  Chr.  Huygens  écrivit  à  son  frère  Lodewijk.  Peut-être 
aussi  Constantyn  Huygens,  frère,  écrivit-il  lui-même  à  P.  Petit. 

3)  Petit  désigne  ainsi  les  images. 

Œuvres.  T.  IV.  ^2  . 


2>0 


CORRESPONDANCE.    \66l. 


cellent  comme  nous  en  auons  qui  eft  du  Jaune  de  Venife  lequel  vient  un  peu  Rouge 
&.  fore  fec  &  dur  quand  jl  a  elle  brufié  dans  le  feu,  Jen  ay  mande  auec  des  verres 
efpais  jl  y  a  fort  longtemps  a  Venife  mais  Jen  attends  toufjours  la  refponfe  auec 
jmpatience.  au  relie  jl  faut  que  Je  vous  die  ce  qui  nous  eft  arriué  de  certains  Criftaux 
Ceft  quayant  elle  fort  bien  adoucis  quand  on  les  a  voulu  polir  fur  un  papier  très 
délie  on  a  trouué  quils  auoient  changé  leur  figure  &  ce  par  plufieurs  foys  comme 
auffi  le  Contraire,  ayant  efte  polys  &  puis  remis  encores  pour  eftre  redoucis,  jls  fe 
font  auffi  trouuez  changez  en  forte  que  quelques  foys  le  verre  fe  creufe  de  luy 
mefme.  quelques  foys  jl  fe  conuexe  fur  la  Molette  &  hors  de  la  Molette  ce  que 
Jjmpute  a  la  MolefTe  &  Humidité  de  certain  verre  qui  fe  plie  plus  facilement  lun  que 
lautre  ou  par  le  Mouuement  ou  par  la  Chaleur  du  Ciment  qui  fefchaufte  en  tour- 
nant ou  polifTant,  et  par  toutes  ces  raifons  jl  ny  a  point  de  doute  que  pour  les 
grands  Verres  le  plus  efpais  eft  le  Meilleur  &  fil  m'en  vient  de  cette  forte  &  comme 
je  lay  demande  Je fpere  faire  dauffi  bonnes  lunettes  de  50  &  de  100  pieds  comme 
de  25  &  30.  Jay  délia  tracé  fort  exactement  les  règles  de  60.  80  &  100  pieds  de  dia- 
mètre &  je  feray  fondre  la  femaine  prochaine  ces  trois  moules  pour  les  tourner 
fur  ces  règles  la,  cepandant  que  nous  ferons  recherche  de  Morceaux  de  Criftal. 

Pour  celles  a  Miroir 4)  que  vous  auez  nouuellement  enuoyees  elles  font  très  claires 
&  font  voir  vne  grande  eftendue  de  pays  mais  elles  grofliiTcnt  peu.  je  nen  ay  point 
veu  la  fabrique  mais  ce  ne  peut  eftre  autre  chofe  que  deux  oculaires  conuexes  au 
lieu  d'vn  feul  unis  en  diftance  proportionees  comme  jen  ay  veu  jl  y  a  quelque  temps 
et  venues  dangleterre  fans  miroir  &  qui  par  confisquant  renuerfoient.  Car  je  ne  penfe 
pas  que  ce  foit  par  deux  Objectifs  comme  Sirturus  5)  a  dit6)  &  que  jay  fait  autres 
foys  auec  peu  de  fatiffaction ,  fi  Jay  le  loifir  vn  de  ces  jours  Je  tafeheray  den  faire 
de  mefme  ou  du  moins  Jefiayeray  fi  deux  oculaires  conuexes  font  mieux  quun  feul 
ainfi  que  vous  mauez  dit  autres  foys  &  comme  vous  auez  peuteftre  plus  heureufe- 
ment  rencontré  celle  cy.  Pour  les  miroirs  Jay  fait  faire  le  Moule  pour  les  jetter  & 
Jefpere  en  venir  a  bout  la  femaine  prochaine,  voyla  pour  la  luneterie. 

Quant  aux  obferuations  de  Boulogne7)  je  fuis  fort  ayfe  de  vous  les  auoir  en- 
uoyees 8)  puis  que  vous  ne  les  auiez  point  veues,  elles  font  en  effect  très  curieufes 
ck.  très  exactes  &  peu  de  temps  auant  que  lautheur y)  meut  enuoyc  la  copie  que  je 


4)   C'est  pour  ces  télescopes  qu'ont  diï  servir  les  morceaux  de  miroir  que  Petit  a  envoyés  aux 
frères  Huygens  'voir  la  Lettre  N°.  1015).  Ces  miroirs  étaient  destinés,  dans  les  lunettes 
a  deux  convexes,  a  réfléchir  sous  un  angle  de  450  les  rayons  sortant  de  l'oculaire,  pour 
redresser,  dans  le  sens  vertical,  les  images,  sans  diminuer  l'étendue  du  champ.  Consultez  la 
„l)ioprrica"  de  Clir    I  luygens  a  la  page  146. 
Voir  la  Lettre  N°.  151  ,  note  4. 
|    (  ïonsultez  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  151  ,  noie  5. 
Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  No.  1064,  note  7. 

8)    Consultez  la  Lettre  N°.  1064. 

9     ('•.  I).  Cassini. 


CORRESPONDANCE*.     \66l.  25 1 


vous  ay  donné  vn  de  Mes  amys  men  auoit  donne  vne  autre  quil  auoit  apporte 
djtalie  dans  la  quelle  jl  y  a  deux  feuilles  de  plus  l'vne  de  la  figure  de  ljnllrument 
Ceft  a  dire  du  temple  Mefme  de  St.  Pétrone  qui  eft  vne  très  grande  eglife  percée 
par  la  voûte  6k  Marquée  fur  le  pane  de  pierre  blanche  ou  font  tracez  tous  les  jours 
de  lannee  fur  vne  longue  Méridienne  Et  ceft  ce  grand  jnftrument  dont  vous  me 
demandez  par  la  voftre  ')  la  description  laquelle  Je  fuis  eftonné  que  lautheur  ne 
maye  point  enuoye  auec  le  reile  de  fes  obferuations.  Mais  vous  ne  laiftérez  pas  de 
la  voir  &  den  prendre  Copie  fil  vous  plait  en  la  faifant  tracer  ou  latraceantôk  con- 
trelifant  vous  mefme  fi  vous  en  auez  le  loifir  affin  de  me  la  renuoyer  fil  vous 
plait  auec  la  feuille  dediee  a  la  Reyne  de  Suéde,  par  ce  que  je  feray  bien  ayfe  de 
les  garder  auec  les  autres  qui  font  de  ce  mefme  volume  de  papier.  Vous  noublie- 
rez  pas  aufTï  fil  vous  plait  vos  ouurages  que  je  nay  pas  nayant  rien  de  vous  que  le 
fyftema  faturnium ,  et  pour  ce  qui  me  manque  dHeuelius  IO)  je  lattends  toufjours 
auec  jmpatience  &  fitoft  quil  en  fera  arriué  a  Amfterdam  je  vous  prie  que  jen  aye. 
Jl  y  a  bien  encores  vne  autre  chofe  dont  Je  voudrois  vous  fupplyer  &  qui  mérite 
peut  élire  que  vous  y  employez  voflre  jndullrie  &  vos  amys,  Ceft  pour  auoir  les  fu- 
feaux  ou  papiers  des  derniers  globes  Celeftes  qui  ont  elle  faits  a  Amfterdam  de  deux 
pieds  ou  enuiron  de  diamètre  ou  Moins  fil  ny  en  a  pas  dautres,  Jay  quelques  vieux 
globes  que  jen  voudrois  couurir  ou  peut  eftre  les  huilier  pour  en  faire  deux  demy 
globes  concaues  comme  vn  autheur  TI)  a  efcrit I2)  en  auoir  fait  autres  foys  a  Straf- 
bourg  I3).  Peut  eftre  que  bleu  I4)  ou  les  autres  qui  vendent  ces  tailles  douces  en 
feroient  difficulté  fils  fcauoient  que  ceft  pour  Paris  par  ce  quils  veulent  toufjours 
vendre  les  globes  entiers  &  ne  veulent  pas  quon  recouure  les  vieux  ny  qnon  a  fait 
fur  du  boys  ou  autre  matière.  Mais  quand  vous  leur  direz  ou  ferez  dire  que  ceft 
pour  vous  je  ne  penfe  pas  quils  vous  les  refufent.  Je  fouhaitterois  que  ce  fuft  des 
derniers  faits  &  des  moyens  fi  ce  ne  peut  eftre  des  plus  grands,  jl  ny  a  que  5  ou  6 
feuilles  au  plus  que  vous  Mobligerez  infiniment  de  menuoyer  par  les  premiers  mar- 
chands libraires  ou  autres  auec  les  liures  dheuelius  &  les  voftres  &  je  fatifferay 
fuiuant  vos  ordres  a  tout  ce  que  vous  auez  defbourfé.  Je  ne  vous  parle  pas  de  la 
fante  de  Monfieur  voftre  frère  I5)  qui  eft  Malade  dans  la  chambre  &  dans  le  petit  liél 
de  ma  fille  cepandant  quelles  font  a  la  Campagne.  Pour  Monfieur  voftre  Père  nous 


IO)  Consultez  la  Lettre  N°.  1064. 

")  Il  s'agit  probablement  de  Wilhehn  Schickard,  né  à  Herrenborg  le  22  avril  1592,  et  mort  de  la 
peste  à  Tubingen  le  23  octobre  1635.  Nommé  en  16 16  pasteur  à  Nordlingen,  il  y  construisit 
des  globes  célestes  caves,  pour  être  plus  facilement  compris  par  ses  auditeurs.  Il  était  profes- 
seur d'astronomie  et  de  langues  orientales  à  Tubingen,  et  nous  a  laissé  beaucoup  d'ouvrages, 
dont  plusieurs  furent  publiés  après  sa  mort. 

12)  Aftrofcopium  pro  facillima  (tellarum  cognitione  noviter  excogitatam.  Nordlingae.  1655. 
in-40. 

13)  Petit  se  trompe,  il  aurait  dû  mettre  Tubingen 

14)  Sur  Joan  Blaeu  vcirla  Lettre  N°.  46,  note  19. 

15)  Lodewijk  Huygens,  qui  demeurait  encore  chez  P.  Petit.  Consultez  la  Lettre  N°.  1064. 


-.-- 


CORRESPONDANCE.     1662. 


pafîôns  fort  agréablement  les  foirs  &  quelques  foys  plus  auant  dans  la  nuit  que  ne 
voudroit  Monfieur  Cheze  1<s)  parce  que  ceft  dans  l'a  chambre  qui  eft  celle  de  ma 
femme  ou  nous  faifons  les  conuerfations  auprès  du  feu.  Monfieur  voftre  Père  eft 
dans  la  grande  &  a  les  Cabinets  de  ma  femme  &  fille  &  la  garderobe  de  derrière 
pour  fon  vfage.  Je  fouhaitterois  que  vous  y  fuffiez.  nous  trouuerions  cncores  place 
pour  vous  que  Je  fupplyc  de  Maymer  toufiours  &  me  croire  paiTîonnement 

Monsieur 

Voftre  Trefhumble  et  trefobeiiTant  leruiteur 

P.  Petit. 


N=   1070. 

CtlRISTIAAN    MUYGENS    h     [LÔDEWIJK    HUYGENSJ. 
19    OCTOBRE     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  là  Haye  ce    19  Oétobre    1662. 

Ce  nombre  rond  de  500  pas  ')  du  Sieur  du  Portail 2)  m'a  eftè  fufpefte  des  le  com- 
mencement, mais  je  ne  croiois  pas  qu'il  extravagueroit  de  tant  comme  j'apprens 
maintenant  par  voftre  billet 3).  Il  faut  qu'il  ait  conte  les  pas  de  Louifon  ou  que  pour 
mefurer  cette  diftance  il  ait  emploie  une  eftrange  trigonométrie,  qu'il  mette  donc 
maintenant  s'il  luy  plaie  les  moindres  des  lettres  que  je  vous  ay  envoyées 4)  a  la  dif- 
tance de  366  de  vos  pas  de  deux  pieds,  a  fin  d'efprouver  fi  (a  lunette  vaut  autant 
que  les  noftres.  Le  prétexte  de  fon  procès  eft  merveilleux ,  mais  je  ne  croy  pas 
qu'il  luy  fervira  pour  longtemps,  fi  el  Signor  Padre  fe  met  une  fois  en  telle  de  le  faire 
déloger.  La  gibecière  et  la  trompette  marine  avec  toutes  les  autres  pièces  du  ba- 
gage de  la  belle  M. s).  feroient  fort  bien  au  commencement  de  quelque  Roman 
Comique,  et  peut  élire  que  les  adventures  qu'elle  aura  dans  ce  voyage  donne- 
roient  de  la  matière  affez  pour  l'achever. 

Vos  avis  et  ceux  de  Don  Sebaftian  6)  touchant  la  vertu  mirifique  des  draps  de  la 
Pucelle  4)  font  tout  a  fait  contraires ,  car  félon  les  liens,  ils  vous  contraignent  de 

"'  ;  11  résulte  de  la  Lettre  N°.  1070,  que  Petit  désigne  Sébastian  Cbieze. 

Consulte/,  la  Lettre  N°.  1064. 

2)  Sobriquet  de  I'.  Petit. 

3)  Ce  billet  de  Lodewyk  Huygens  ne  s'est  pas  trouvé  dans  nos  collections. 
4      Consultez  la  Lettre  N°.  1067. 

Marianne  Petit. 

Sébastian  Chieze.  Consulte/,  la  Lettre  N°.  1060. 


CORRESPONDANCE.     1662.  253 


fortir  du  lift  3  ou  4  fois  la  nuicl:,  au  lieu  que  vous  dites  qu'aulfi  toil  vous  avez 
eftè  guéri  de  ce  mal,  ce  qui  me  femble  auffi  plus  naturel. 

Je  n'auray  pas  le  temps  aujourdhuy  de  taire  refponfe  al  diclo  Don  Sebaftian  7) 
parce  que  je  dois  partir  demain  pour  Zulichem  et  que  j'ay  encore  quelques  affai- 
res en  cette  ville. 

Les  deux  nouuelles  connoifTances  que  vous  venez  de  faire  font  d'importance, 
je  dis  celle  de  l'abbè  de  Villeloin ,  et  de  la  femme  8)  du  Sieur  Ifrael  de  qui  fi  le 
vifage  eft  fait  comme  vous  dites  j'aymerois  mieux  pour  ma  curiofitè  d'en  avoir  un 
bon  portrait  que  toutes  les  tailledouces  d'Albert  Durer  et  de  Lucas ?)  que  pofTcde 
Monfieur  l'abbè. 

Les  lunettes  de  100  pieds  avec  des  verres  de  4  pouces  de  diamètre  feront  ridi- 
cules, non  pas  parce  qu'elles  ne  monftreront  que  peu  de  l'object  a  la  fois  mais  parce 
qu'elles  ne  pourront  pas  faire  plus  d'effeétque  les  mienes  de  22. 

Je  vous  remercie  du  livre  I0)  que  j'avois  demande  et  du  morceau  de  miroir.  Vous 
pouuez  obtenir  facilement  a  cet  heure  du  Sieur  du  Portail  qu'il  en  jette  de  la  bonne 
matière,  et  mefme  qu'il  vous  en  montre  la  compofition. 


N=   1071. 

Christiaan  Huygens  à   [Constantyn  Huygens,  frèrej. 

l6    OCTOBRE  ï662. 

La  lettre  se  tmuve  à   Leiden,  col!.  Huygens. 

A  Zulichem  ce   26  Octobre    1662. 

Je  vous  envoie  ouverte  la  lettre  que  j'eferis  a  mon  Père  l)  a  fin  que  vous  voyiez  en 

quel  eftat  font  icyles  affaires  pour  les  quelles  j'y  fuis  allé  -).  Ce  font  auffi  toutes  les 

nouvelles  que  je  vous  feaurois  mander  de  ce  lieu,  qui  commence  défia  a  m'ennuier. 

Je  m'en  vay  demain  pour  2  ou  3  jours  a  Bolduc  pendant  quoy  je  donneray  ordre 


~)    Nous  ne  possédons  pas  cette  lettre  de  Sébastian  Chieze  a  Christiaan  Huygens. 

8)  Il  s'agit  de  Madame  Henrichet,  dont  le  mari  avait  une  boutique  de  gravures,  etc. 

9)  Le  célèbre  peintre  et  graveur  Lucas  van  Leyden,  fils  du  peintre  Hugo  Jacobsz.,  naquit  en 
mai  1494  a  Leiden ,  où  il  mourut  en  1533. 

10)  Consultez  sur  cet  ouvrage  la  Lettre  N°.  1067,  note  4. 


')    Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  la  minute  de  cette  lettre  de  Christiaan  Huy- 
gens à  Constantyn  Huygens,  père. 
2)    Consultez  les  Lettres  Nos.  1030,  1031  et  1036. 


2  54  CORRESPONDANCE.     l6Ô2. 


qu'on  démoli  fle  l'ouvrage  de  ceux  de  Herwijne  3),  car  pour  plufieurs  raifons  je  ne 

veux  pas  eftre  icy  lors  que  cet  exploit  fe  fera.  Je  m'ertonne  qu'a  Gorcum  il  n'y  a 
point  encore  des  lettres  pour  moy.  n'oubliez  pas  je  vous  prie  de  les  envoier  le  pluf- 
toft  qu'il  fera  pofïible.  A  Bolduc  je  feray  taire  un  verre  4)  pour  le  vuide  ou  l'on 
puiffe  mettre  le  bras,  et  auiïi  quelques  pièces  pour  eflTaier  fi  la  matière  poura  fer- 
vir  aux  lunettes.  En  venant  de  la  Haye  je  rencontray  au  batteau  de  Delf  Made- 
moi  Telle  Duyck  5)  avec  une  vieille  tante  6).  Elle  m'apprit  que  Rotgans  entre  autres 
avoit  recherché  longtemps  celle  a  qui  vous  en  voulez  maintenant,  fans  que  pour- 
tant elle  feeut  de  cecy  la  moindre  chofe.  Adieu. 


N°=   1072. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 

9    NOVEMBRE     1662. 
La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens  "). 

A  Zulichem  ce  9  Novembre   1662. 

Voflxe  premier  et  fécond  pacquet  m'ont  eftè  délivrez  quoy  qu'affez  tard,  dans 
le  premier  il  n'y  avoit  pour  tout  qu'une  lettre  ')  du  Sieur  du  Portail,  et  partant 
rien  a  quoy  je  deuiïe  me  hafter  de  faire  refponfe. 

J'euffè  pourtant  eferit  pluftotr.  pour  vous  informer  de  ce  qui  fepaflèicy,  fi  je 
n'enfle  creu  tous  les  jours  de  m'en  retourner  moy  méfme.  Mais  maintenant  a  caufe 
de  l'Exploit  contre  Merwyne  *)  qui  n'a  pas  encore  voulu  reufîir ,  comme  vous  ver- 
rez par  ce  que  j'en  eferis  a  mon  Père  3)  je  fuis  contraint  de  m'arrefler  icy  plus  long- 
temps que  je  n'avois  creu.  Par  la  mefme  lettre  vous  connoiftrez  auffi  l'eftat  du 

Il  s'agit  de  quelque  construction  érigée  par  les  paysans  de  Herwijnen,  village  près  deGcrcum, 
sur  les  ordres  de  Cornelis  van  Brederode  van  Wieringen  (voir  la  Lettre  N°.  103 1 ,  note  5). 
Consultez  sur  la  verrerie  de  Bois-le-Duc ,  la  Lettre  N°.  1030,  note  3. 
Probablement  Maria  Duyck,  fille  de  Adriaan  Duyck  et  de  Clara  van  Berchem. 
Probablement  Alida  Duyck,  fille  de  johan  Duyck;  elle  épousa  Johannes  Mailing,  bourg- 
mestre de  la  Haye. 


6 


')   Voir  la  Lettre  N°.  1064. 
Consultez  la  Lettre  \°.  io;  1. 
Leti  re  que  nous  ne  possédons  p  is 


CORRESPONDANCE.     1662.  255 


refte  de  nos  affaires.  J'ay  eftè  a  Bolduc  comme  je  vous  manday 4)  que  j'en  avois 
le  defTein  et  j'ay  pafTè  affez  bien  3  ou  4  jours  a  Hanewyck  5),  ou  Monfieur  Crom- 
mon  6)  avec  fa  femme  7),  mais  non  pas  Mademoiselle  de  Geer 8)  eftoient  arrivez  peu 
auparavant.  Vous  fcavez  comme  l'on  s'y  divertit  quand  ce  cher  Coufin  y  eft,  c'eft 
pourquoy  je  ne  vous  en  diray  rien.  Les  fontanes  alloient  fort  bien  avec  les  petis 
féaux  attachez  a  une  chaîne  et  il  faut  avouer  que  c'elt  un  grand  ornement  en  une 
maifon  de  campagne.  La  Confine  Marie  y)  ne  le  portoit  pas  trop  bien,  ainfi  qu'elle 
fait  la  plus  part  du  temps  et  avoit  beaucoup  a  fouffrir  du  Coufin  Crommon  a  qui 
tout  eft  permis. 

Il  faut  croire  que  Monfieur  van  Leeuwen  ignore  la  méthode  de  faire  des  gar- 
çons, et  je  m'imagine  que  quand  il  luy  vient  une  fille  il  le  fafche  de  mefme  que 
nous  failîons  quand  nous  avions  fait  un  mauvais  verre. 


")   Ro  15  Nouembre  1662  [Conftantyn  Huygens,  frère], 

Myn  Heer 
Myn  Heer  van  Zeelhem,  ten  huyie 
vande  Heer  van  Zuylichem. 

In 
's  graven liage. 


+)    Voir  la  Lettre  N°.  1071. 

s)    Hanewijk  est  la  campagne  de  la  famille  Snerins  (Consultez  la  Lettre  N°.  1030,  note  4). 

6)    Voir  la  Lettre  N°.  1 1 ,  note  3. 

")  Aletta  Maria  de  Geer,  fille  de  Laurens  de  Geer  et  de  Marguerite  Crommon,  naquit  le 
08  juillet  1652.  Elle  épousa  d'abord  son  cousin  Gérard  Crommon  ,  puis  Jean  Pierre  van  den 
lirande.  Consultez  la  Lettre  N°.  74.  note  4  (dans  le  Supplément  au  Tome  II),  et  corrigez-y 
„fille"  en  „petite-fille". 

8)    Une  des  cinq  filles  de  Laurens  de  Geer  et  de  Marguerite  Crommon. 

y)    Maria  Snerins ,  fille  de  Jacob  Suerius  et  de  Johanna  Lopez. 


256  CORRESPONDANCE.     1662. 


N=   1073. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk   Huygens]. 

9    NOVEMBRE     \66l. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll    Huygens. 
Elle  est  la  réponse  à  une  lettre  du  27  octobre  1662   '). 

A  Zulichem  ce  9  Novembre   1662. 

Je  receus  la  fepmaine  pafTée  une  lettre  du  Sieur  du  Portail 2)  qui  n'eftoit  accom- 
pagnée d'aucune  autre,  par  la  quelle  il  me  manda  en  paflant  que  vous  citiez  ma- 
lade fans  en  dire  autre  chofe  ce  qui  me  mit  en  peine,  mais  la  voitre  J)  du  27  Oc- 
tobre m'en  a  tiré,  parce  que  vous  n'y  faites  pas  feulement  mention  de  maladie. 
Au  reite  fa  lettre  ne  contenoit  que  grandes  venteries  de  fa  feience  et  grands  def- 
feins  en  matière  de  Lunetterie,  defquels  nous  feavons  ce  qu'en  vaut  l'aune.  Il  me 
ebarge  auffi  de  quelques  commiffions  nouvelles,  des  quelles  je  ne  fcay  ce  qui  arri- 
vera,  au  moins  je  n'en  puis  rien  faire  citant  icy ,  de  quoy  je  vous  prie  de  l'advertir. 
Il  me  tarde  de  feavoir  de  quelle  façon  vous  vous  ferez  feparès  de  luy. 

J'ay  touf jours  trouuè  fort  jolie  l'invention  de  ces  horologes  roulants,  mais  ils 
ne  feauroient  avoir  plus  de  juitefie  que  les  ordinaires  a  contrepoids,  fi  ce  n'eit 
qu'on  les  fit  a  pendule,  ce  que  l'on  pourroit  afTez  facilement. 

Je  n'en  fuis  pas  encore  fi  avant  avec  l'invention  des  Longitudes,  comme  il  femble 
que  vous  croiez,  et  je  voudrois  que  Mon  Père  n'en  parlait  pas  feulement  tant  que 
je  ne  Paye  afïurè  que  la  chofe  réuffira,  Monlieur  Brus  *)  qui  s'en  cil  retourné  en 
Efcofle,  aura  fait  une  expérience  fur  mer  dont  j'attens  le  fucces  avec  impatience 
parce  qu'elle  cil  de  grande  importance,  dans  cette  affaire.  Vous  faites  fort  bien 
de  conferver  le  fecret  des  Lunettes  en  mefprifant  l'or  comme  un  fécond  Fabrice, 
toutefois  fi  l'on  vous  euft  offert  quatre  de  ces  petits  chandeliers  je  doute  fort  ce  que 
vous  auriez  fait. 


'      Lettre  que  nous  n'avons  pas  trouvée  dans  nos  collections. 
Voir  la  Lettre  N°.  1060. 

Alexander  Bruce,  second  Karl  of  Kincardine,  et  second  fils  de  Sir  George  Bruce  de  Calsars, 
mourut  en  168J.  Contraint  de  quitter  l'Ecosse  en  1^57,  pour  cause  politique,  il  s'établit  a 
Brème,  puis  a  Hambourg  et  en  [650  a  la  Haye,  où  il  épousa  la  fille  très-riche  de  Comelis 
van  Aerssen  et  de  Louise  van  VValta.  lui  1661  il  retourna  en  Angleterre,  mais,  presbytérien 
zélé,  il  tut  encore  obligé  de  se  retirer  en  Ecosse.  Il  était  très  savant  en  médecine,  sciences  et 
langues,  mais  avait  surtout  un  grand  talent  de  mécanicien,  dont  il  sut  tirer  parti  dans  ses  vas- 
tes mines  tic  sel ,  de  houille  et  de  marbre.  Possédant  une  grande  fortune,  il  en  mit  une  partie 
au  service  du  roi  Charles  II;  il  fut  un  des  premiers  membres  de  la  Société  Royale  et  tra- 
vailla  avec  Chr.  Huygens  au  perfectionnement  des  horloges  à  pendule. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  257 


Ce  font  icy  vrayement  des  maudites  affaires  4)  comme  vous  dites  et  vous  faites 
fort  bien  de  m'aider  de  voftre  confeil  puis  que  vous  n'y  pouvez  élire  vous  mefme, 
cumque  quod  tu  intrivifti  mihi  fit  omne  exedendum;  je  dis  pour  l'affaire  de  Nie- 
werveen  5),  qui  n'a  autre  fondement  dans  ion  injufte  demande  que  voftre  promefle, 
laquelle  ces  Meilleurs  les  Miniftres  ont  eftendue  encore  plus  amplement  que  vous 
ne  l'aviez  faite.  Mais  de  quelque  façon  qu'elle  foit  il  eft  clair  comme  le  jour 
qu'on  nous  fait  tort,  et  s'il  y  a  de  la  juftice  pour  nous  dans  la  Banque  de  Zuyli- 
chem ,  nous  devons  gaigner  noftre  caufe.  Pour  ce  qui  eft  de  régaler  ces  gens  d'icy 
comme  vous  dites,  je  n'en  ay  pas  encore  euToccafion.  J'ay  pourtant  eftè  quelque 
fois  dans  leur  compagnie  a  Bommel  et  me  fuis  foulé  avec  eux  pour  faire  connoif- 
fance.  Mais  ce  font  la  les  plus  facheufes  courvees  pour  moy  et  pour  les  quelles 
principalement  je  vous  fouhaite  icy  en  ma  place.  Tout  de  bon  fi  Mon  Père  vous 
veut  laifler  aller  vous  m'obligerez  fort  de  venir,  et  les  chofes  n'en  iront  que 
mieux,  mais  qu'il  ne  me  demande  pas  en  efchange. 

Ni  vous  ni  Mon  Père  ne  me  mande  rien  touchant  vos  affaires  de  delà,  eft  ce 
qu'on  n'y  voit  pas  encore  de  fin?  Faites  mes  tref humbles  baifemains  al  cariffimo 
Signor  Sebaftian  et  mes  excufes  de  ce  que  je  ne  luy  efcris  point,  car  qu'eft  ce  que 
je  luy  pourrois  efcrire  d'icy?  Adieu. 

J'ay  oublié  de  vous  dire  que  j'ay  eftè  a  Hanewyck  pour  3  ou  4  jours  ou  je  trou- 
vay  Monfieur  Crommon  et  la  femme 6)  et  paflames  le  temps  aflez  joyeufement.  La 
fontaine  va  très  bien  maintenant  avec  une  chaîne  ou  il  y  a  des  bacquets  attachez. 
Damoifelle  Marie 7)  ne  fe  portoit  pas  trop  bien ,  comme  vous  feavez  que  c'eft  fon 
ordinaire,  et  c'eft  un  plaifir  d'entendre  comme  Crommon  l'exerce  fur  ce  chaDitre 
de  fes  cliftercs  et  chicries. 


4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1071. 

;)  Les  différends  avec  les  van  Brederode. 

rt)  Sur  Aletta  Maria  de  Geer,  voir  la  Lettre  N°.  1072 ,  note  7. 

7)  Maria  Suerius,  (voir  la  Lettre  N°.  1 072  ,  note  9). 

Œuvres.  T.  IV.  33  - 


CORRESPONDANCE.     \6()2. 


N=   1074. 

Christiaan  Huygens  a  Constantvn  Huygens,  frère. 

13    NOVEMBRE     1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leitlen,  coll.  Huygens. 

A  Zulichem  ce    13  novembre   1662. 

Vous  verrez  par  la  lettre  cy  jointe  ')  que  je  vous  prie  d'envoier  a  Mon  Père  com- 
ment a  reufli  nortre  entreprife  contre  ceux  de  Herwijne,  a  la  quelle  il  fera  necef- 
faire  de  retourner  encore  une  fois.  Ce  dcfîèin  pourtant  ne  m'arrefteroit  pas  plus 
longtemps  icy,  n'eltoit  que  j'attens  que  Monfieur  de  Loenen-)  (bit  de  retour  a 
Bommel ,  a  qui  je  voudrois  volontiers  parler  et  recommander  nos  affaires  devant 
que  partir.  Je  croy  qu'il  faudra  que  je  païïe  encore  icy  cette  fepmaine,  quoy 
qu'allez  a  regret,  car  voila  le  mauvais  temps  qui  commence  a  venir  et  rend  ce  fe- 
jour  infupportable.  Hier  il  n'y  eut  point  de  lettres  pour  moy  a  Gorcum.  Mes  der- 
nières d'icy  furent  du  9c  3}. 

Myn  Heer 
Myn  Heer  van  Zeelhem  ten  huyfe 
van  de  Heer  van  Zuijlichem 

In 

s  gravenhage. 


')    Cette  lettre  manque  dans  nos  collections. 
)    Van  Loenen  était  „ambtman"  de  Zuylichem. 
>)   Voir  la  Lettre  N ".  1073. 


CORRESPONDANCE.     IÔÔ2.  259 


Ns  1075. 

N.  Heinsius  a  Christiaan  Huygens. 

13    NOVEMBRE    \66l. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  lu  réponse  aux  Nos.   1018  et  1043.     Chr.  Huygens  y  répondit  le  11  janvier   1663. 

Nicolaus  Heinsius  Christiano  Hugenio 
Viro  Nobiliffimo  S.  P.  D. 

Negotium  mihi  eft ,  çum  hominibus  longe  lentiffimis,  a  quorum  operà  dum  peti- 
dco,  procraftinare  cogor  officia  tibi  p ramifia,  quae  exferte  atque  omni  cunélatione 
procul  habita  praeftare  debebam ,  fi  meus  effem.  Phaenomenon  crucis  x)  in  coelo 
apud  Pragenfes  fpeétatae  piétori 2)  needumpotui  extorquere,  etfi  fréquenter  inter- 
pellato ,  ac  promittenti  Te  fidem  quamprimum  liberaturum  eiVe.  Alterum  3)  intérim 
habe4),  quod  in  Orezondico  freto  fpeclatum  fui  fie  Moucheronius  affirmât:  eo 
claffis  navalis  exhibetnr,  ut  facile  per  te  videbis.  Accepit  id  a  piétore  Gallo  non 
ignoto  mihi,  quem  fuper  ea  re  curabo  conveniri,  ut  plenius  cognofeamus ,  qua 
auctoritate  fretus  ideum  Moucheroniocommunicavit.  Phaenomenon  proxime  mif- 
fum  qui  obfervarat  vir  nobilis  et  magni  illius  Axclij  Oxenftiernae  5)  quondam  do- 
mefticus  e  Livonia  nondum  reverfus  eft ,  ut  fuper  dubijs  iftis,  quae  a  te  moventur, 
non  pofliteonfuli.  Sub  eam  tempeftatem,  qua  Rex  Carolus  Guftavus  ante  fepten- 
nium  expeditionem  Polonicam  aufpicabatur,  in  agro  Ubfalienfi  pleno  die  exerci- 
tus  duos  concurrentes  primum,  ac  poftea  pompam  exfequialem  apparuifle  non 
viilgus  tantummodo  pro  re  explorata  narrant,  fed  hiftoriae  ctiam  loquuntur.  De 
qua  re  iam  fcripfifiem  ad  amicos  Ubfalicnles,  impetraturus  tibi  vivam  fpectri  huius 
imaginem,  fi  haberi  pofiit,  nifi  quod  compertum  minime  habeo,  an  tu  de  phaeno- 
menis  etiam  terreftribus  fis  ac/turus.  Aiunt  et  clafiem  nuper  denuo  fpeclatam  ciTe  in 
freti  Baltici  Sinu  Orezondico.  Sed  de  his  iam  fatis. 

Apollonium  Pergaeum ,  a  Principe  Etruriae  Leopoldo  mifl'um  6)  iam  ad  te  per- 


')    Consultez  sur  ce  phénomène  les  Lettres  Nos.  959,  $66  et  1028. 

2)  Moucheron.  Voir  la  Lettre  N°.  1000,  note  2. 

3)  Consultez  les  Lettres  Nos.  059  et  969. 

4)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  figure. 

5)  Axel  Oxenstierna  naquit  à  Fanoe  le  16  juin  1583  et  mourut  le  28  août  1654  a  Stockholm. 
Evêque  luthérien  d'Abo,  il  se  rendit  en  Allemagne  et  étudia  à  Jéna  et  à  Wittenberg.  Rappelé 
en  1603,  il  fut  nommé  sénateur  en  1609  et  chancelier  royal  en  161  1.  Il  avait  beaucoup  d'in- 
lluence  et  s'en  servait  pour  le  bien  du  commerce  et  de  l'université  d'Upsal,  dont  il  était 
devenu  le  chancelier  en  1645. 

6)  Consultez  la  Lettre  N°.  1029. 


260  CORRESPONDANCE.    \66l. 


latum  efTe  oportet.  Meum  certe  exemplar  iam  pridcm  naclus  funi.  Ex  Italia  maki 
menfes  funt,  quod  literarum  nihil  aut  nunciorum  ad  me  fertur.  Ob  excerpta  co- 
dicis  Nafoniani  a  Renato  Francifco  Slufio  mi(Ta:)  multum  te  amo.  Deexcerptis 
ipfis  optime  profecto  iudicas,  ex  codice  minimi  pretij  ea  promanafïè.  Fuerunt  olim 
in  illa  ad  Diui  Jacobi  bibliotheca  membranae  operum  Nafonianorum  optimae, 
Métamorphofeon  praefertim;  vidi  ipfe  Pontica  et  verfavi  illic  hifce  manibus,  nec 
tamen  valde  vetufta.  Nunc  bibliothecam  illam  indignis  modis  efTe  compilatam 
liquido  apparet.  Egi  gratias  optimo  Slufio,  ut  vides,  id  enim  viri  humaniflîmi  ofR- 
ciofa  comitas  requirebat,  cui  tu  me  porro  infinuare  perges.  Voflianus  de  Luce 
Commentarius 8)  averfo  Gallorum  ae  Italorum  applaufu  confcriptus  eft.  Vellcm 
amicus  noftcr  ad  humaniores  literas,  quas  caepit  contemnere,  reverteretur  tandem. 
Phaenomena  tria  iam  a  me  accepifïc  debes,  cui  quartum  addetur,  quamprimum 
obtineri  a  piclore  poterit.  In  illo  9) ,  quod  fpeélatur  publiée ,  Ecclefiae  cathedralis, 
nullos  colores  obfervare  potui.  pulvere  obductos  crcdebam,  fed  negat  is,  qui  inde 
exemplar  tuum  de  fcripfit.  Mittam  amanuenfem  meum,  harum  rerum  non  rudem, 
ut  et  ipfe  diligentius  obfervet,  fi  quid  pulvere  deterfo  mis  ufibus  profuturum 
inde  poffit  erui.  Nobiliiïimo  Zelemio  fratri  tuo  IO)  me  commendes  rogo  de 
meliore  nota. 

Vale  Vir  Eximie ,  meque  virtutum  tuariim  unice  ftudiofum  amare ,  quod  facis 
impolterum  perge.  Scribebam  Holmiae  Suecorum.  Anno  do  ioclxii.  a.  d.  xm. 
Novembris. 

Imagines  et  dclineationcs  phaenomenon ,  quae  hic  terrarum  fpeclata  funt,  an 
fuppeditari  a  me  poiïint  omnes  haud  Icio  :  defcriptiones  hiiloricas  praeftare,  ut  opi- 
nor,  potero,  fi  cas  e  re  tua  fore  intcllexcro.  Iterum  Vale. 


Consultez  la  Lettre  N°.  1043. 

Cei  ouvrage  se  trouve  cité  dans  la  Lettre  N°.  907,  note  4. 

Consultez  sur  ce  phénomène  les  Lettres  Nos.  907,  yii ,  959,  966  ,  987,  1000  et  1028 

'  'onstantyn  I  luygens. 


CORRESPONDANCE.     1662.  26 1 


N=   1076. 

R.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 
17  novembre    1662. 

Art  /<"//;v  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   10.'*,;. 


A   Whitehall  ce  7   Nouembre   1662. 


Monsieur 


Quelque  iullicc  qu'il  y  auroit  à  vous  reprocher  voftre  filcnee,  Je  n'en  veux  rien 
faire,  quoy  que  ce  foie  moy  qui  ay  eferit  le  dernier  *).  Toutes  fois  Je  me  fers  fort 
volontiers  de  l'occafion  qui  fe  prefente  a  vous  faire  une  ligne  ou  deux,  pareeque 
ce  fera  une  efpecc  de  chaftiment  que  vous  allez  fouffrir.  Ce  n'eft  pas  que  l'affaire 
vous  donnera  beaucoup  de  peine:  Mais  la  befogne qu'elle  femble  vous  tailler  vous 
tournera  un  peu  l'eftomach.  L'impertinence  infuperable  de  Monfieur  Mobbes  s'opi- 
niaftre  encore  tant  dans  fa  duplication  du  Cube  et  fa  Quadrature  du  cercle,  qu'il 
ne  fe  contente  pas  de  la  réfutation  2)  que  vous  luy  auez  enuoyee.  J!  y  a  fait  une  ref- 
ponce  3)  qu'il  a  fait  imprimer,  dont  J'ay  adrefîë  une  Copie  a  Monfieur  Bruce  4) 
pour  vous  faire  tenir.  Vous  ne  deuez  pas  doubter  qu'il  n'attende  vos  animaduer- 
fions  là  deffus.  Si  vous  trouviez  qu'il  vaille  la  peine  d'y  répliquer  enuoyez  moy 
Copie  de  ce  que  vous  trou  lierez  a  propos  de  dire.  Jl  eft  maintenant  temps  de  re- 
fueilleter  vos  précédentes  pour  voir  s'il  y  a  quelque  choie  que  Je  n'ay  point  touche 
aux  miennes  parce  que  c'eft  mon  deffein  de  fatif faire  a  tout  ce  que  Je  vous  doibs.  il 
eft  vray  que  Monfieur  Bronker  a  efté  ce  temps  paffé  tant  occupé  qu'il  n'a  pas  eu  la 
commodité  de  me  fournir  ce  qui  tombe  a  fon  partage  pour  payer  noftre  debte. 
mais  maintenant  Je  l'y  feray  fonger.  Vous  feauez  bien  que  nous  attendons  auec 
grand  impatience  Voftre  Dioptrique  et  autres  pièces  dont  vous  nous  auez  donné 
lieu  defpcrer  la  publication,  dites  en  des  Nouuelles  a 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  trefaffeélueux  et  trefobeilïimt  Seruiteur 

R,  Moray. 


*)    Voir  la  Lettre  N°.  1055. 

2)  Voir  la  pièce  N°.  1047. 

3)  De  duplicatione  cubi  ad  defenfionem  proBlematum  geometricoriuii  Th.  Hobbii  contra  C. 

H.  Lond.  1662.  in-40. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  1073  ,  note  3. 


zC)2  CORRESPONDANCE.     1662. 


Nous  n'anons  point  encore  veu  icy  Horoxius  5). 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem. 


N2  1077. 

Petit  a  [Christiaan  Huygens]. 

17    NOVEMBRE     1662. 
/.,:  Ici  ire  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A   Paris  Le    17  Novembre    166: 


Monsieur. 


Maintenant  que  je  vous  croys  de  retour  de  voftre  petite  guerre  !)  &  que  vous  auez 
pris  voftre  quartier  d'hyuer  a  la  Haye  jl  faut  fil  vous  plaie  reftablir  le  Commerce  des 
lettres  &  l'entretenir  des  Curiofitez  a  cette  heure  que  noftrc  académie  va  recom- 
mencer chez  Monfieur  le  Marquis  de  Sourdis  2).  fi  Jen  fuis  creu  auec  les  Principaux 
en  doctrine  qui  la  compofent  nous  nous  porterons  plus  aux  expériences  des  choies 
Phyfiques  que  par  le  pafTc,  en  quoy  vous  nous  pourrez  beaucoup  ayder  des  voftres 
&  vérifier  celles  que  nous  ferons.  Quant  a  la  grande  luneteric  nous  lavons  laifîèe 
jusqua  ce  quil  y  eut  lieu  de  fen  feruir.  Cepandant  Je  fais  faire  vn  Moule  de  1 00  pieds 
de  diamètre  &  vn  de  80  fur  des  Circonférences  que  jay  tracées  de  ces  grandeurs 
auec  vn  gros  fil  de  leton  fu ("pendu  6k  vn  boulet  de  Canon  au  bas  portant  le  burin  & 
traceant  en  pendule.  Je  ne  croy  pas  quon  puifle  faire  plus  exactement  ayant  eflaye 
plufieurs  autres  manières.  Et  en  attendant  la  Perfection  de  ces  moules  que  je  fais 
faire  grands  comme  vous  fcauez,pour  eftre  plus  exaàts  Jay  mandé  a  Venife  des  mor- 
ceaux de  Criftal  fort  efpais  que  nous  ne  feaurions  rencontrer  icy  auec  les  qualitez 
requifes  pour  faire  de  bons  verres.  Car  jl  ny  a  plus  que  cela  qui  nous  manqué  eftants 


Le  mémoire  de  Horrox,  imprimé  par  Hevelius  dans  son  „Mercuriusin  Sole  visus".  Con- 
sultez la  Lettre  N°.  872,  note  5. 


I  vi  it  fait  allusion  au  séjour  de  Chr.  I  hiygens  à  Zuylichem ,  où  celui-ci  s'était  opposé  aux  ma- 
nœuvres des  van  lirederode. 
Sur  Charles  d'Esconblean ,  consultez  la  Lettre  N°.  484,  note  3. 


CORRESPONDANCE.     1662.  263 


fi  affleurez  maintenant  de  la  fabrique,  et  de  la  bonne  Matière  pour  doucir  &  polir, 
que  les  verres  reuffifTent  tous  bons.  Jay  trouué  vne  façon  de  Poudre ,  autre  que  la 
potée  du  grais  dont  tout  le  Monde  fe  iert  a  Paris,  qui  mange  &  doucit  ii  parfaite- 
ment &  fans  deuenir  grafTe  &  pafteufe  fur  la  fin  quil  ny  a  rien  de  femblable.  Poul- 
ies petites  lunettes  et  conuexes  oculaires  Je  me  fuis  auifé  ces  Jours  pafTez  den  faire 
faire  deux  douzaines  par  mon  Valet  fur  vne  Machine  que  jauois  jl  y  a  très  longtemps 
&  que  jauois  touf jours  négligée ,  &  Jay  trouué  aufli  par  effect  quelle  neftoit  bonne 
que  pour  les  efbauchcr  mais  non  pas  acheuer.  &  par  ainfi  Je  leur  ay  fait  donner  la 
dernière  main  par  nos  ouuriers  ceft  adiré  doucir  &  polir.  Ce  quils  ont  eu  bien 
toft  expédié  le  plus  long  dans  ces  verres  conuexes  eftant  de  les  ufer  &  donner  la  fi- 
gure. Or  de  tous  ces  Conuexes  prefque  différents  de  foyer  &  de  grandeur  defpuis 
10  lignes  jusques  a  40  Jay  fait  tant  deflays  en  les  combinant  &  triplant  que  Jen  ay 
drefîe  vne  grande  table  comme  Ion  feroit  de  tous  les  Anagrammes  poffibles  &  Rai- 
fonnables  de  cinq  ou  fix  lettres,  et  puis  en  les  appliquant  a  vn  objectif  excellent 
que  jay  fait  de  3  pieds  \  jay  trouué  la  vraye  détermination  de  leurs  diftances,  jen- 
tends  des  oculaires  qui  nefl  pas  precifement  celle  de  leurs  doubles  foyers  quand  jl 
y  en  a  trois  ny  de  leur  fomme  quand  jl  ny  en  a  que  deux. 

En  fuit  te  Jay  eflayé  fi  deux  Conuexes  comme  vous  maniez  dit  autres  foys  fai- 
foient  mieux  qu'un  feul  qui  auroit  la  conuexité  des  deux  &  finalement  quel  auan- 
tage  jl  pourroit  y  auoir  de  mettre  deux  conuexes  oculaires  au  lieu  dvn  de  Mefme 
foyer,  fuppofé  quils  fu  fient  efgaux  de  grandeur,  fur  quoy  Je  vous  diray  quand  jl 
vous  plaira  ce  que  jay  trouué  qui  peut  eltre  ne  fera  pas  tout  a  fait  la  mefme  chofe 
que  voftre  dernière  jnuention  de  lunette  a  Miroir.  De  laquelle  comme  on  ma 
voulu  faire  croire  que  vous  faifiez  fecret  quoy  que  jaye  bien  penfé  que  ce  ne 
feroit  pas  pour  Moy  qui  fuis  trop  voftre  feruiteur  que  vous  feriez  Myftere  &  que 
je  leur  diffe  mefme  que  cette  dernière  lunette  a  Miroir  3)  ne  pouuoit  différer  des 
premières  que  par  la  grofTeur  des  tuyaux  &  par  deux  oculaires  au  lieu  dvn  dont 
mefme  je  leur  montray  par  eferit  la  remarque  que  vous  men  auiez  fait  eftant 
icy ,  Je  ne  vous  en  auois  pas  voulu  eferire  auant  d'auoir  fait  tous  les  eflays  des 
lunettes  a  trois  verres.  Je  vous  diray  donc  que  Mon  Valet  ayant  trouué  par  ren- 
contre voftre  dernière  lunette  fous  vn  licl  &  lavant  apportée  le  loir  par  Curiofité 
affin  de  lefîayer  le  lendemain  matin  fur  ma  terrafle  comme  luy  &  tous  les  autres  font 
les  miennes  quand  jl  leur  plaift,  Monficur  Cheze  me  voulut  faire  pafTer  cela  pour 
vn  aufti  grand  Crime  &  attentat  que  fi  c'eurt  elle  de  Mon  ordre  précis  &  quen  cela 
jeufTe  offenfé  Monfieur  voftre  Père  vous  &  toute  la  famille  huggeniene.  Ce  qu'après 
auoir  traitté  de  raillerie  comme  je  croyois  quil  faifoit  Je  fus  contraint  de  luy  dire 
ferieufement  quil  jugeoit  fort  mal  de  Moy  &  de  mes  actions  &  quen  cela  jl  ne  con- 
noifloit  ny  ma  candeur  et  probité  ny  les  lumières  que  jauois  en  ces  matières  la,  et 


3)    Consultez  la  Lettre  N°.  1069,  note  4. 


264  CORRESPONDANCE.     1662. 


quil  deuoit  faflèurer  que  fi  Je  neufle  pas  cru  dabord  en  voyant  lefïect.  de  la  lunette 
en  pouuoir  trouuer  la  caufe  Je  vous  leufïe  demandée  comme  Jay  bien  t'ait  dautrcs 
choies  dauffi  grande  importance  auec  affeurance  de  nen  eftre  pas  refufé ,  fi  Jeufie 

eu  Crainte  que  Meffieurs  voftre  père  &  frère  me  leufTent  deinic  ou  que  Me  fine  je 
laurois  fait  prendre  pluftoft  ayant  toufjours  traifné  foubs  vn  lict,  fi  ma  Curioiîté  euft 
elle  fi  violente ,  auant  que  den  venir  au  point  que  Monfieur  Cheze  me  vouloit  jm- 
puter  qui  eltoit  de  lauoir  fait  prendre  par  mon  valet  de  deiïcin  &  a  cachettes,  ainfi 
nous  en  demeurafmes  la  afîez  fechement.  Et  de  Crainte  que  Monfieur  voftre  Perc 
ne  prift  la  moindre  jmpreflîon  a  mon  defauantage  je  luy  efcriuis  comme  laffaire 
(eltoit  pafiee  &  vous  laurois  auffi  des  lors  eferitte  fans  que  vous  eftiez  a  la  petite 
guerre  &  que  je  voulois  acheuer  toutes  mes  expériences. 

Au  relie  Monfieur  jay  fait  faire  vn  Moule  de  pierre  pour  mouler  tant  de  petits 
&  de  grands  miroirs  en  ouale  que  vous  aurez  befoin  car  je  penfe  quils  viendront 
mieux  en  pierre  qu'en  fable  &  je  fuis  aiïèuré  que  les  anciens  mouloient  ainfi  les 
leurs  plats.  Jl  neft  acheué  que  defpuis  deux  Jours,  &  Monfieur  voftre  frère  & 
Moy  y  en  auons  défia  fait  de  plomb  les  foirs  en  nous  diuertiftant.  Pour  les  Mi- 
crofeopes  a  3  verres  Jay  la  Meilleure  proportion  &  difpofition  qui  fe  puifîc  ren- 
contrer en  ayant  vn  qui  furpaflè  de  beaucoup  les  meilleurs  que  nous  euffions,  &  je 
lay  donnée  a  Monfieur  Auzout  qui  en  va  faire  de  mefme.  fi  vous  la  defirez  vous 
nauez  qu'a  ordonner  pour  vous  abréger  le  temps  de  la  chercher  et  trouuer,  comme 
vous  feauez  que  Ion  ne  manque  jamais  de  rencontrer  ces  chofes  &  que  ce  que 
font  les  amys  &  gens  de  lettres  les  vns  aux  autres  neft  que  de  s'efpargner  le  temps 
la  peyne  &  la  defpenfe,  en  fe  communiquant  ce  quils  ont  fait  de  bien  ou  de  Mal 
pour  les  empefeher  d'y  tomber. 

Quant  aux  pendules  je  me  fuis  enfin  rclblu  de  faire  faire  deux  nouuelles  Roues  au 
mien  de  3  pieds,  feauoir  vnc  Roue  de  Champ  &  vne  de  Rencontre  qui  tourne  horizon- 
talement comme  aux  petits  pendules  affin  de  retrancher  le  pignon  des  palettes  &  la 
coue  demy  dentée.  Et  je  ne  doute  point  après  cela  quelle  ne  chemine.  Mais  comme 
vous  auez  pratique  en  connoiflanee  de  ces  matières  plus  que  perfonne  &quc  Mefme 
on  ma  dit  que  certains  ouuriers  en  I  Iollande  auoient  trouué  quelque  choie  de  nou- 
ueau  &  en  faifoient  non  feulement  de  plulieurs  femaines  mais  de  plufieurs  moys  Je 
vous  supplye  de  me  mander  ce  qui  en  eft  et  \\  vous  me  pouuez  donner  quelque  auis 
falutaire  pour  Meliorcr  le  mien  foit  pour  la  pe fauteur  des  poids  foit  pour  le  pen- 
dule ou  autres  pièces,  vous  Mobligerez  jnliniment  de  le  faire.  Si  ce  neftoit  vne  Rail- 
lerie Je  vous  dirois  qu'en  Rcucnche  Je  vous  enuoyerois  le  fecret  des  longitudes 
quand  Monfieur  Martinet  4)  me  lauroit  communiqué,  le  panure  homme  eft  i'\  fol 
quil  ma  dit  jl  ny  a  pas  encores  deux  jours  lauoir  trouué  très  certainement  par  le 
Moyen  dun  horloge  portatif  &  que  fans  aller  fur  Mer  on  en  pourra  faire  lef  prenne 


-1      Sur  l'horloger  Martinet,  voir  l;i  Lettre  IV  .  389,  note  3. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  265 

en  courant  la  porte,  quil  ne  fera  pas  plus  gros  qinine  boule  de  Mail  &  qua  caufe 
quil  fcait  bien  quon  ne  donné  pas  recompenfe  aux  jnuenteurs  Jl  ne  demande  autre 
chofe  linon  de  vendre  le  premier  qu'il  en  fera  50  pifloles.  Je  luy  dis  que  je  voulois 
donc  prendre  pour  Mo  y  deux  zéro  feulement  que  jadjoulleray  a  fa  demande  &  quil 
trauaillat  hardyment  que  je  luy  trouuerois  marchand,  toutes  fes  propofitions  fe  ter- 
minent toufjours  de  mefme  en  paroles. 

Pour  les  Commandemens  dont  je  vous  ay  prié  par  mes  précédentes  je  ne  vous  en 
parle  pas  croyant  que  vous  en  auez  tout  le  foin  que  je  peux  attendre  de  Ihonneur 
de  voilre  Amitié  &  que  les  liures  d'heuelius4)  &  autres  nouueaux  ny  les  fufeaux 
des  globes  celell.es 5)  ne  feront  point  oubliez  non  plus  que  la  figure  de  Peglife  de 
Saint  Pétrone  que  je  vous  ayenuoyé6).  Cepandant  vous  pouuezauffi  croire  très  cer- 
tainement et  je  vous  fupplye  den  élire  perfuadé  Mathématiquement  ceft  a  dire 
auec  démon ftration  quil  ny  a  perfonne  au  Monde  qui  vous  eilime  plus  que  Moy  & 
qui  foit  auec  plus  de  tendrefTe  &  djnclination 

Monsieur 

Voftre  Trefhumble  et  tref  Obeifiant  feruiteur 

P.  Petit. 

Je  ne  vous  fcaurois  tefmoigner  le  defplaifir  que  jay  de  ce  que  Monfieur  voilre 
Père  &  toute  fa  compagnie  7)  fen  vont  demain  au  faubourg  Saint  Germain  8). 
Jaurois  fouhaitte  Ihonneur  de  leur  perfonne  plus  longtemps  après  lauoir  goullé  ou 
de  ne  lauoir  point  gouile  pour  nauoir  pas  le  defplaifir  de  le  perdre. 


4)   Consultez  les  Lettres  N«s.  101 2,  loi 5,  1064  et  1069. 

s)    Consultez  la  Lettre  N°.  1069. 

6)    Voir  la  Lettre  N°.  1069. 

')    Constantyn  Huygens,  père,  avec  son  iils  Lodewijk  et  Sébastian  Chieze  logeaient  depuis 

quelque  temps  chez  P.  Petit.  Consultez  la  Lettre  N°.  1069. 
8)    Ils  y  ont  logé  chez  Monsieur  Bailly ,  au  Petit  Moyse. 

Œuvres.  T.  IV.  34     - 


266  CORRESPONDANCE.     1662. 


N°=   1078. 

P.  Petit  à  Christiaan  Huygens. 

28    NOVEMBRE     [1662]. 
La  lettre  se  trouve  à  Leidei?,  coll.  Huygens. 

A   Paris  le   28    Nouembre. 

Je  vous  aurois  pluftot  fait  refponfe  ')  fans  que  Jattendois  que  ljmpreffion  qu'on 
fait  de  mon  eferit  2)  fur  la  jonction  des  mers  fuft  paracheue  pour  vous  en  enuoyer 
vu  Exemplaire  en  mefme  temps,  mais  puis  quon  ne  m'en  a  point  encores  enuoyé 
6k  que  je  ne  fcay  quand  jl  fera  acheué  djmprimer  Je  ne  differeray  plus  a  vous  ef- 
crire  et  premièrement  des  lunettes  de  Campani  3)  dont  Je  voys  bien  que  Mon- 
lîeur  voftre  père  vous  a  dit  plus  de  merueilles  quil  ny  en  a.  car  Je  lay  veu  tellement 
entefté  de  cette  lunette  quil  en  auroit  donné  jufqua  fa  chemife,  Jl  me  pria  de 
faire  en  forte  auprès  de  Monfieur  l'abbé  Charles  4)  que  Monfieur  le  Cardi- 
nal antoine  5)  la  troquart  contre  vn  excellent  microfeope  quil  a  apporté  dan- 
gleterre ,  Je  my  fuis  employé  &  y  ay  fait  mon  poflible  auprès  de  labbe  Charles  le 
priant  de  dire  a  (on  Eminence  quil  luy  feroit  facile  dauoir  vue  femblable  &  meil- 
leure lunette  encores  de  Campani  puifquil  eftoit  ouurier  dans  Rome,  mais  que  den 
auoir  vne  comme  celle  dangleterre  jl  feroit  j  m  poflible,  louurier  mefme  eftant  mort. 
bref  je  feignay  &  jnuentay  ce  que  Je  pus  pour  faire  perfuader  cela  a  Monfeigneur 
le  Cardinal  par  l'abbé  Charles,  a  quoy  Je  ne  feeus  paruenir  par  la  raifon  me  dit  jl 
que  le  Cardinal  ne  troquoit  jamais  et  ne  fe  deffaifoit  point  de  ce  quil  auoit  pour 
peu  quil  laffedionaft  et  quil  eftoit  encores  dans  la  première  ardeur  de  cette  lunette, 
ainfi  Je  nay  pu  la  procurer  a  Monfieur  voftre  père  qui  y  auoit  de  laffeétion.  mais 
pour  vous  en  dire  maintenant  le  vray  Jeu  ay  deux  meilleures  qu'elle  et  que  Jay 
confronte  defpuis  fur  le  lieu  &  dans  la  chambre  de  labbe,  ce  que  Je  nauois  pas  fait 
la  première  foys  que  je  la  vis  auec  Monfieur  voftre  père  nayant  pas  pour  lors  les 
miennes  auec  moy  &  vous  feauez  que  cela  ne  fe  juge  que  par  la  comparaifon  en 
mefme  temps  &  fur  mefme  objecL  Voicy  donc  ce  que  ceft  de  cette  lunette.  Son  ob- 
jectif tire  enuiron  2  pieds  §  il  1  eftoit  auec  vn  Oculaire  caue.  et  auec  les  trois  ocu- 


Nous  ne  possédons  pas  la  lettre  de  Chr.  I  [uygens  à  laquelle  P.  Petit  fait  allusion. 
:)    Il  partit  sous  le  titre:  Avis  et  (entiments  fur  la  conjonction  propofée  des  mers  oceane  & 

mediterranée  par  les  rivières  d'Aude  et  de  la  Garonne. 
3)  Giuseppe  Campani.  Voir  la  Lettre  N°.  732,  note  10. 
4      Sur  Charles  de  Bryas,  voir  la  Lettre  N°.  98K,  note  4. 
5)    Antonio  Barberinî,  le  jeune,  neveu  du  Pape  Urbano  Vil  1  et  cardinal  depuis  1  628,  naquit 

a  Rome  en   1608  et  mourut  le  3  août  1671.    Il  composa  îles  poésies  latines  et  italiennes;  sa 

bibliothèque  est  renommée. 


CORRESPONDANCE.    1662.  267 


laires  connexes  toute  la  lunette  tire  3  pieds  2  pouces,  les  trois  Oculaires  font  dif- 
tants  en  tout  du  premier  au  3e  de  7  pouces  par  ou  vous  jugerez  de  la  grandeur  de 
leurs  foyers  qui  font  enuiron  de  1  pouces  |  fils  font  efgaux  ce  que  Je  nay  pas  veu 
car  les  3  verres  font  dans  vn  mefme  tuyau  rt)  comme  toutes  les  noftres.  Je  nay  veu 
que  l'oculaire  &  le  3e ,  qui  font  a  la  vérité  dun  beau  verre  6k  quafi  fans  points ,  mais 
pas  trop  grands  car  jls  nom  pas  plus  de  7  a  8  lignes  de  diamètre,  ce  qui  fait  que  la 
lunette  ne  fracte 6)  pas  exceffiuement.  lobjectif  eil  auffi  fort  bon  mais  pour  vous  dire 
quil  ny  a  rien  du  tout  qui  foit  extraordinaire,  Jy  portay  la  femaine  pafTee  deux  lu- 
nettes que  Jay  lune  de  2  pieds  feulement  lautre  de  3  pieds  £.  Ma  petite  fit  plusdef- 
fect  auec  vn  feul  oculaire  conuexe  que  celle  de  Campani  &  fur  ce  qu'on  mob- 
jectoit  le  renuerfement  Jy  appliquay  vn  miroir  &  vis  auffi  gros  6k  plus  defpace 
quauec  la  Romaine,  a  la  referuc  qu'on  ne  lifoit  pas  la  lettre  a  caufe  du  gauche  a 
droit  que  fait  le  miroir. 

Quant  a  la  mienne  de  3  pieds  i-  garnie  auffi  de  les  trois  oculaires  qui  fe  trou- 
uerent  auoir  la  mefme  longcur  cefl  a  dire  eftre  efloignez  de  7  pouces  elle  fai- 
foit  voir  de  mefme  que  la  Romaine  vn  peu  moins  clair  mais  quand  nous  y  euf- 
mes  mis  le  tuyau  des  oculaires  de  Campani  elle  fit  beaucoup  mieux  6k  fans 
aucun  jris  ce  qui  montre  que  fes  oculaires  font  dun  meilleur  verre  &  mieux  tra- 
uaillez  que  les  noftres.  Conformément  a  ce  que  Jay  toufjours  dit  que  nos  ouuriers 
ne  faifoicnt  pas  bien  leurs  oculaires  &  que  leur  main  varioit  plus  que  en  faifant 
de  grands  objectifs  qui  a  caufe  de  cela  eftoient  plus  faciles  a  faire  quoy  que  plus 
difficiles  a  rencontrer  bons.  Je  croy  donc  que  ces  oculaires  de  Campani  font  faits 
au  tour  comme  j'en  fais  auffi  prefentement  faire,  et  quil  a  trouue  quelque  verre 
auec  moins  de  poincts  que  ceux  qui  nous  tombent  en  mains.  Mais  pour  vous  ache- 
uer  lhiitoire  de  cette  lunette  auant  que  de  vous  parler  du  tour,  Je  vous  diray  donc 
que  après  auoir  mis  ces  oculaires  de  Campani  a  mon  objectif  et  ayant  trouuéma 
lunette  pour  le  moins  auffi  bonne  que  la  fienne,  Jy  mis  après  cela  nos  deux  Ocu- 
laires connexes  &  le  miroir  ce  qui  la  rendit  de  beaucoup  meilleure  dont  labbe 
Charles  refla  tout  eftonne  &  encore  plus  quand  Je  luy  dis  ce  qui  eftoit  vray  que 
cefloit  Moy  mefme  qui  auoit  fait  cet  objectif  de  3  pieds  3  pouces  qui  feft  trouué 
a  la  vérité  excellent,  mais  cefl  pour  montrer  que  c'eft  la  rencontre  du  verre,  car  tous 
ceux  que  Jay  fait  fur  le  mefme  moule  ne  font  pas  de  mefme.  tenez  donc  pour  tout 
afleure  que  cette  lunette  n'eft  pas  vn  miracle  &  que  i\  vous  rencontrez  vn  bon  ob- 
jectif par  hazard,  Je  veux  dire  vn  bon  verre  pour  le  faire,  vous  le  ferez  comme  Cam- 
pani 6k  Diuini r).  ljndultrie  de  louurier  neitant  pas  la  plus  difficile  chofe  a  trouuer. 
quant  aux  oculaires  jl  cil  certain  que  la  tranfparcnce  et  netteté  font  extrême- 
ment requifes  a  la  matière,  ce  qui  me  fait  beaucoup  efperer  de  celle  dont  Je  vous 
ay  enuoyc  vn  Eichantillon  mais  nous  nen  auons  point  encores  aucune  glace  def- 


6)  Lisez:  réfracte. 

:)    Sur  Eustachio  de  Divinis,  voir  la  Lettre  N°.  395,  note  2. 


268  CORRESPONDANCE.     1 662. 


paifleur  propre  a  faire  vn  feul  oculaire  ny  mefme  objectif  par  ce  que  ce  neft  que 
du  verre  en  plaques  pour  faire  des  vitres,  le  gentilhomme  qui  le  feait  &  qui  le  fait 
faire  en  fon  pays  &  dans  fes  forefts  ma  promis  den  faire  defpais  et  de  men  enuoyer 
ce  quil  na  pas  encores  fait,  quand  Jeu  auray  Je  vous  en  enuoyeray.  Cepandant  Je 
vous  diray  par  auance  qu'un  ouurier  de  Rouen  en  a  fait  vn  Objeftif  de  2|  pieds 
qui  elt  fort  bon  quoy  que  très  mince  &  fans  cfpaifTeur  non  plus  que  des  lunettes 
a  néz.  ce  qui  réfute  ceux  qui  croyoient  que  lefpaifTeur  contribuoit  beaucoup  aux 
réfractions  &  a  la  bonté  du  verre  comme  Mcflieurs  Defpagnet  &  Auzout. 

Pour  ce  qui  eft  maintenant  du  trauail  au  tour  dont  vous  me  demandez  mon  aduis 
Je  vous  diray  que  Je  fuis  du  voftre  que  Je  ne  croy  pas  quil  foit  fi  facile  de  bien  reuf- 
fir  a  donner  la  figure  au  verre  fur  le  tour  fans  forme,  qu'a  la  main  auec  vne  forme 
en  de  grande  lunettes.  Mais  vous  feaurez  pourtant  quil  y  a  plus  de  25  ans  un  Con- 
feiller  de  neuers  8)  jnuenta  une  machine  dont  jl  faifoit  des  objectifs  au  tour  fans 
autre  forme  que  dvne  règle  de  fer  large  de  2  a  3  pouces  longue  de  2  pieds  ou  en- 
uiron  fort  mince  &  pliante  fous  le  verre  qui  tournoit  fur  fon  centre  cepandant  que 
la  règle  alloit  &  venoit  en  droitte  ligne  par  le  mefme  mouuement  du  tour  qui  eltoit 
comme  celuy  des  lapidaires.  Ce  Confeiller  faifoit  donc  des  verres  auec  le  tour  & 
M'en  a  enuoyé  5  ou  6  de  2.  a  3  pieds,  car  Jl  nen  faifoit  point  de  plus  longs  et 
Jl  me  les  enuoyoit  pour  les  enuoyer  a  la  Reyne  de  Pologne  y)  &  a  fon  Secré- 
taire Monficur  des  Noyers  IO)  de  fes  amys  &  quelques  vns  pour  moy,  meferi- 
uant  ainfi  de  fa  machine  &  ayant  Conferance  auec  luy  par  lettres  fur  la  diop- 
trique  et  furtout  fur  ce  quil  me  difoit  pouuoir  donner  telle  figure  qu'on  de- 
fireroit  au  verre  foit  Hyperbolique  foit  Elliptique  ,  Je  le  priay  de  men  enuoyer 
la  defeription  ce  quil  fit  de  fort  bonne  grâce  &  fotfrit  mefme  a  men  faire  faire 
vne  femblable  a  la  fienne ,  dont  layant  prie  Jl  me  l'enuoya  en  effecl  &  Je  lay  touf- 
jours  eue  dans  mon  grenier  defpuis  fans  m'en  eftre  jamais  feruy  m'eftant  contente 
de  la  voir  &  ayant  jugé  quon  deuoit  beaucoup  plus  mal  faire  auec  cette  machine 
quauec  nos  baflîns,  &  de  plus  que  ce  neftoit  que  trauailler  au  hazard  fans  eftre  af- 
feurede  la  régularité  daucune  ligne  ny  Circulaire  ny  Elliptique  ny  Hyperbolique. 

Jl  y  en  auoit  aufïi  vne  autre  machine  pour  les  Caues  &  dont  on  pourroit  fe  feruir 
pour  les  connexes  oculaires  que  Jay  femblablement,  mais  par  ce  que  nos  ouuriers 
ne  veulent  faire  que  leur  ordinaire  &  que  moy  Je  nay  pas  le  loifir  de  trauailler  elles 
demeurent  la  toutes  deux.  Monlieur  Auzout  mayant  donc  ouy  dire  autres  foys  cela 


;î j    Probablement  Petit  se  trompe-t-il  sur  le  nom  de  la  ville  et  veut-il  indiquer: 

Claude  Mydorge,  né  en  1585  a  Paris,  où  il  mourut  en  juillet  1647.  Il  était  fils  d'un  con- 
seiller au  parlement  et  d'une  sœur  du  président  Chrétien  de  Lamoignon.  Lui-même  devint 
conseiller  au  Chàtelet,  puis  trésorier  de  France  à  Amiens.  11  employa  sa  grande  fortune  à  des 
expériences  physiques.  C'est  ainsi  que,  lié  avec  Descarres ,  il  dépensa  cent  mille  écus  à  la  fa- 
brication de  verres  elliptiques  et  hyperboliques  suivant  la  méthode  de  son  ami. 

9      Sur  Maria  Louisa  de  Gonzaga,  voir  la  Lettre  N'  .  44N  ,  note  4. 

IO)  Voir  la  Lettre  N  .  44K  ,  note  4. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  l6<) 


&  que  Jauois  cette  machine  m'en  a  demandé  la  Conftruclion  que  Je  luy  ay  donné 
pour  en  parler  dans  quelque  refponfe  IJ)  quil  a  fait  a  la  lettre  de  Campani.  Si 
vous  en  defirez  vne  copie  Je  vous  la  feray  faire.  Jl  ne  ma  pas  encore  rendu  mon 
original  ny  toutes  les  lettres  que  jay  de  ce  Confeiller.  Jay  auili  dautrcs  machines 
pour  le  mefme  eftècl:  mais  je  ne  fays  eftat  de  pas  vne  pour  les  objectifs  des  grandes 
lunettes  ny  ayant  rien  de  plus  facile  &  de  plus  certain  que  noftre  ordinaire,  quant 
aux  oculaires  jl  nen  eft  pas  de  mefmé  et  je  ne  doute  point  qu'on  nen  puifîe  faire 
de  meilleurs  par  machine  &  au  tour  que  ceux  quils  font,  de  mefme  leur  donner  vne 
autre  figure  que  la  Circulaire ,  fi  je  pouuois  jouyr  des  ouuricrs  Jen  viendrois  bien 
a  bout. 

Je  fuis  après  a  en  faire  trauailler  vn  mais  jl  me  trompe  toufjours  a  propos 
de  trauail  &  de  lunettes,  mandez  moy  fil  vous  plait  la  grandeur  &  proportion  des 
deux  verres  que  vous  miftes  &  que  vous  jugez  quil  fault  mettre  a  cette  lanterne  de 
peur.  Car  Je  nay  pas  encores  acheué  la  mienne  defpuis  les  premiers  eïïays  que 
'Jen  fis.  Jl  me  femble  que  celle  du  danois  que  jay  veu  auoit  le  verre  des  figures  A 
tous  joignant  le  trou  de  la  lanterne  &  a  -i  ou  3  pouces  comme  en  B  vn  conuexe  de 

7  ou  8  pouces  de  foyer  &  au  bout  du  tuyau  C  vn  autre 
denuiron  12  pouces  qui  feflognoit  ou  fapprochoit  de  B 
fumant  quon  voulut  reprefenter  les  figures  près  ou  loin. 
Mais  comme  on  apprend  toufjours  quelques  particulari- 
tez  de  ceux  qui  ont  defja  fait  vne  chofe  &  quils  peuuent 
en  abréger  les  recherches  qu'on  fait  ou  empefeher  les 
fautes  qu'on  fait  les  premières  foys  qu'on  trauaille  fur  vn  fujet  je  vous  prie  de 
me  mander  quelle  eftoit  la  Conitruclion  de  toute  voftre  lanterne  &  toutes  fes  di- 
menfions. 

Jay  défia  fait  faire  vne  lampe  fort  commode  &  plus  quaucune  [?]  que  j'aye  en- 
cores veu  qui  porte  vn  miroir  caue  par  derrière  &  vn  verre  conuexe  par  deuant 
affin  de  faire  la  lumière  plus  grande.  Pour  la  lanterne  je  la  veux  faire  de  6  pouces 
en  quarre  &  de  9  de  hauteur.  Pour  les  verres  Je  les  croys  afTez  grands  dvn  pouce  et 
demy  de  diamètre  &  de  6  et  1 1  pouces  de  foyer,  fi  vous  auez  quelques  parti- 
cularitez  la  deflus  Je  vous  prie  de  me  les  mander  et  fil  y  a  quelque  règle  pour  la 
difpofition  &  efloignement  des  verres  ABC  &  mefmes  pour  leurs  foyers  en  cas 
qu'on  voulut  jetter  les  Efpeces I:)  a  40  &  50  pieds  loing  au  lieu  de  la  longeur 
dvne  chambre  vous  me  les  marquerez  aufH  fil  vous  plait. 

Pour  voftre  nouuelle  jnvention  de  Montre  Je  ne  vous  en  parle  plus,  il  faut  at- 


")  Nous  connaissons  d'Auzout  l'opuscule  suivant: 

Lettre  à  Monsieur  l'Abbé  Charles,  sur  le  Ragguaglio  di  nuove  ofïervazioni  de  Giuseppe 
Campani  par  Adrian  Auzout.  A  Paris  chez  Jean  Cullbn  rué'  St.  Jacques.  1664.  in-8°. 

C'était  une  réponse  a  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  732  ,  note  1  1 . 
I2)  C'est-à-dire:  images. 


2~Q  CORRESPONDANCE.     I  662. 

tendre  que  vous  en  ayez  l'ait  tous  les  effays  et  que  vous  la  vcuilliez  communiquer 
au  publie,  mais  parce  que  Je  fais  taire  vn  pendule  jeufle  fouhaitte  c[iiil  eut  eu 
les  derniers  auantagcs  affin  que  dans  quelque  temps  jl  ne  le  trouuat  pas  élire  a 
la  vielle  mode  comme  les  harquebufes  a  Rouet.  Je  feray  donc  continuer  le 
mien  puisque  cette  jnuention  ncll  pas  encores  preile  a  voir  le  jour  &  a  montrer 
Iheure.  Monlieur  Chcureuffe  I3)  qui  a  tait  taire  vn  pendule  par  Thuret  M)  de  l'on 
jnuention  a  Ton  horloge  qui  en  deuroit  auoir  vn  de  3  pieds  comme  le  mien  pour 
marquer  les  fécondes,  fen  trouue  fort  bien  a  ce  quil  dit  6k:  va  jutlemcnt.  mais 
pour  les  petits  pendules  de  o  a  10  pouces  je  croy  quil  ne  feroit  pas  fi  Julie  que 
les  ordinaires.  Je  trouue  vos  propofitions  fort  belles  mais  Je  croys  quil  y  aura  de 
la  phylique  ou  matière  niellée  &  quelles  ne  feront  pas  purement  géométriques,  la 
pelanteur  mcfme  contribuera  encores  a  la  grandeur  des  corps  en  forte  que  deux 
fpheres  ou  Conoides  de  mefme  grandeur  mais  de  diuerfes  pefanteurs  changeront 
la  détermination. 

Jay  eferit  ces  jours  patTez  a  Monlieur  Fermât  en  luy  enuoyant  mon  aduis  "5) 
fur  la  jonclion  des  mers  a  caufe  que  ccll  fon  pays  &  a  caufe  du  parlement  de  tho- 
lofe.  Et  je  luy  auffi  enuoyé  vos  propofitions.  je  ne  fcay  fil  y  refpondra.  Je  croys 
que  cela  fe  doit  fonder  fur  quelque  principe  tiré  de  lexperienec  des  pendules  de 
diuerfes  grofleurs  et  pefanteurs  &  mefme  longeur,  &  au  contraire  vous  le  dire/, 
quand  jl  vous  plaira,  auffi  bien  que  ces  Meilleurs  dAngleterre  leurs  tables  et 
obferuations  des  Satellites  de  %  l6)  qui  feront  donc  meilleures  que  celles I7)  de  Si- 
mon Marins  lSJ).  Nous  continuons  toufjours  a  faire  quelque  choie  chez  Mon- 
lieur Thevcnot  principalement  fur  lanatomie  ly)  a  loccalion  de  Monlieur  Steno- 


'•')  Claude  de  Lorraine,  époux  de  Marie  de  Rohan.  Consultez  la  Lettre  N°.  567  ,  note  4. 

14)  Voir  la  Lettre  N°.  1004,  note  3. 

15)  Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  note  2. 

16 )  Il  s'agit  ici  de  L.  Rooke,  qui  mourut  au  moment  où  il  voulait  faire  sa  dernière  observation 
sur  les  satellites  de  Jupiter. 

'"  ,  Mundus  Jovialis  anno  m.dc.ix.  deteclus  ope  perfpicilli  Belgici,  hoc eft,  quatuor  Jovhlium 
planetarum  cum  tbeoria,  tum  tabulae,  propriis  obfervationibus  maxime  fundatae,  ex  quibus 
fitus  illorum  ad  Jovein,  ad  quodvis  tempus  datum  promptifïïmê  et  facilimé  fupputari  poteft. 
[nventore  et  authore  Simone  Mario  Guntzenhufano,  Marchionum  Brandeuburgenfium  in 
in  Franconiâ  Mathematico,  puriorifque  Medicinae  Studiofo.  Cum  gratia  et  privil.  Sac.  Caes 
Majeft.   Sumptibus  et  Typis  Johannis  Lauro  Civis  et  Bibliopolae  Nombengenfis,  anno 

M.DC.XIV. 

I8j  Simon  Mayr  (Marins)  naquit  en  1572  a  Gunzenhausen  et  mourut  le  26  décembre  1624 
a  Anspacb;  d'abord  maître  de  chapelle  du  duc  d'Anspach,  il  alla  en  1601  étudier  l'astrono- 
mie sous  Tycho  Brahé,  puis  la  médecine  en  Italie.  Depuis  1604  il  l'ut  l'astronome  de  l'élec- 
teur Georg  Friedrich  de  BrandebOUrg-Anspach.  Il  l'ut  un  des  premiers  à  observer  avec  le 
télescope  la  nébuleuse  d'Andromède,  les  taches  du  Soleil  et  les  satellites  de  Jupiter. 

Iy)  Steen  y  lut  un  remarquable  travail  sur  la  conformation  du  cerveau,  travail  qui  fin  traduit 
en  latin  et  publié  plus  tard  sous  le  titre: 


CORRESPONDANCE.     IÔÔ2.  27  1 


nius  ao)  qui  cil  icy.  Mandez  nous  ce  que  vous  faites  de  par  de  la,  et  iil  y  a  quel- 
que liure  nouueau  faites  nien  part  iil  vous  plait.  mes  baifemains  a  Moniieur  voitre 
frère  2I).  Ma  famille  cil  encores  en  Touraine.  Je  fuis  tout  a  vous 

Petit. 
A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Huggens  de  Zulichom 

u  la  Haye. 


")  Abus ,  chaque  verre  fe  démonte  apart  [  Chr.  Huygens]. 


N-   1079. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 
1    décembre   1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  ce   i   Décembre   1662. 

Ce  que  vous  me  mandez  du  de  (Te  in  de  Mademoifelle  Marianc  *)  m'a  en  effccl 
beaucoup  furpris.  A  quoy  diable  fonge  elle,  cil  ce  pieté  defefpoir  ou  ibttife 


Nicolai  Stenonii  Differtatio  de  Cerebri  Anatome,  Speftatiffimis  Viris  D.  D.  Societatis 
apnd  Dominum  Thevenot  collectac,  dicata,  atque  è  Gallico  exemplari  Parifiis  edito 
An.  1669.  Latinitate  donata,  operà  &  fhidio  Gvidonis  Fanoifii  L.  L.  A.  A.  M.  &  Doft.  Med. 
Lugd.  Batav.  Apnd  Felicem  Lopez.  Anno  1671.  in-i  2°. 

2°)  Nicolas  Steen  (Sténo,  Stenonius), fils  d'un  orfèvre,  naquit  le  ici"  janvier  1631  à  Copenhague 
et  mourut  le  25  novembre  1687  à  Schwerin.  Après  avoir  faitses  études  à  diversesuniversités, 
il  devint  en  1667  médecin  du  grand  duc  Fernando  II  de  Toscane;  il  se  fit  catholique  en 
1669.  En  1672  il  fut  nommé  professeur  d'anatomie  à  Copenhague,  niais,  à  cause  de  diffé- 
rends de  religion,  il  retourna  en  1673  eu  Italie  pour  se  charger  de  l'éducation  du  fils  de 
Cosimo  II.  En  1675  il  entra  dans  les  ordres,  devint  en  1679  évéque  de  Hcliopolis,  se  rendit 
à  Hanovre,  Munich  et  Hambourg,  enfin  à  Schwerin,  partageant  son  temps  entre  la  propa- 
gation de  la  religion  catholique  et  le  culte  des  sciences. 

2I)  Constantyn  Huygens. 


')    Marianne  Petit. 


1~Z  CORRESPONDANCE.     \66l. 


qui  luv  confeillent  de  prendre  un  tel  parti  ?  Si  je  ne  fcavois  afTez  que  de  voftre 
propre  mouuenient  vous  tacherez  de  l'en  détourner,  je  mettrais  icy  ce  que  vous 

luv  pouriez  dire  de  ma  part.  Maintenant  je  vous  la  recommande  et  a  Don  Se- 
bartian  2). 

Si  vous  elles  parti 3)  bons  amis  d'avec  le  Sieur  du  Portail4)  c'eft  toufjours  beau- 
coup. J'avois  peur  que  ce  qu'il  a  entrepris,  pour  découvrir  le  fecret  de  la  lu- 
nette, ne  luy  ferait  pas  facilement  pardonne  par  il  Signor  Padre.  Je  n'ay  fceu 
cet  horrible  forfait  que  par  ce  que  luy  mefme  m'en  efcrit  5),  et  l'apologie  qu'il 
m'en  fait  eit  trelplaiiante,  ou  il  raconte  de  mot  a  mot  ce  que  Don  Sebaftian  luy 
a  dit,  lors  qu'il  inftitua  fon  aétion  criminelle  (par  ordre  del  Signor  Padre  comme 
je  croy)  et  ce  qu'il  y  refpondit,  croiant  d'abord  de  traiter  la  choie  en  raillerie,  mais 
qu'a  la  fin  il  avoit  elle  contraint  de  luy  dire  ferieufement  „Ouil  jugeoit  fort  mal 
de  luy  et  de  [es  aclions,  et  qu'en  cela  il  ne  connoijfoit  ny  l'a  candeur  et  probité,  ni  les 
lumières  qu'il  avoit  en  ces  matières  là  &c.  Qu'il  eufl  fait  prendre  plufîofl  la  lu- 
nette qui  avoit  toufjours  traifnè  foubs  un  li&,  fi  fa  curiofitè  eufl  eflè  fi  violente,  avant 
que  d'en  venir  au  point  que  Monfieur  Chieze  luy  voulait  imputer  qui  efloit  de  l'avoir 
fait  prendre  par  fon  valet  a  dejjein  et  a  cachettes.  Ain(i ,  adjoufte  t'il,  nous  en  de- 
meura [mes  la  afj'ez  fechement  et  de  crainte  que  Monfieur  voftre  père  ne  prit  la  moin- 
dre impreffion  a  mon  de  f avantage,  je  luy  ej "cri vis,  comme  F  affaire  s'eftoit  pajj'ée  fâc. 
En  fuite  de  cette  naïve  defenfe  il  me  propofe  et  promet  cent  chofes,  le  tout 
pour  m' adoucir  a  ce  que  je  voy,  ce  qui  me  fait  croire  qu'on  luy  a  perfuade  que 
je  ferois  extrêmement  indigne  de  fon  attentat.  Je  voudrais  bien  veoir  ce  qu'il  dit 
avoir  efcrit  a  mon  Père. 

Je  vous  remercie  de  la  defeription  de  Ukranie  6)  que  le  beau  frère  7)  m'a  fait 
tenir. 

Je  voudrais  bien  feavoir  fi  le  Conful  Zuerius 8)  cil  défia  a  Rouen  pour  y  de- 
meurer; ou  s'il  n'y  eit  pas,  s'il  ne  pouroit  pas  m'indiquer  quelqu'un  la  a  qui 
je  puifle  adrefier  une  horologe  a  pendule  que  je  dois  envoier  pour  Monfieur 
Bouillant.  Si  je  puis  recouvrir  les  livres,  que  Monfieur  Petit  m'a  demandé  y)  et 
pour  les  quels  j'ay  efcrit  à  Amfterdam,  je  les  y  joindray. 


2)    Sébastian  Chieze. 

>j   Constantyn  Huygens  avec  son  fils  Lodewiik  et  Sébastian  Chieze  avaient  logé  chez  P.  Petit 
et  l'avaient  quitté  le  i  .X  novembre.  Consultez  les  Lettres  N°.  1069  et  1077. 

4)  Sobriquet  de  P.  Petit. 
Consultez  la  Lettre  N°.  1077. 

5)  Voir  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  X  '.  1067,  note  4. 
"      Philips  Doublet. 

On   le  rencontre  plusieurs  lois  dans  cette  Correspondance.   Consultez  les  Lettres  N»*.  801 
et  823. 
y)    Voir  la  Lettre  N°.  1 


CORRESPONDANCE.     \66l.  273 


J'efcris  IO)  a  mon  Père  la  nouuelle  que  je  receus  hier  de  la  démolition  entière 
de  l'ouvrage  des  Brederodiens  XI). 

Le  Sieur  Manfart  I2)  eft  malade  et  fans  efperance  a  ce  qu'on  dit,  d'en  pou- 
voir efchapper.  Mais  d'ailleurs  j'ay  apris  une  mei chante  nouuelle,  a  fcavoir  qu'il 
auroit  cafTè  le  lais  de  Tes  deux  métairies  a  Dongen  qu'il  nous  avoit  donne  pour  le 
conférer  a  Monfieur  Wotton  I3).  Je  le  tiens  de  ma  tante  Dewilm I4)  et  elle  de  Mon- 
fieur  d'Armainvillers  I5).  S'il  eft  vray  nous  voila  Patres  Vetcris  Teilamenti  1<s), 
mais  je  ne  veux  pas  encore  le  croire.  Il  eir.  dans  fa  maifon  au  bois,  et  perfonne 
avec  luy  qu'une  fervante,  qui  parle  par  la  feneftre  a  ceux  qui  vienent  demander 
de  fes  nouvelles.  Outre  cela  il  ne  veut  pas  que  perfonne  l'approche  que  Ver- 
rtratcn  I?)  le  médecin. 

Je  ne  me  fuis  encore  jamais  informe  de  vous  ce  que  fait  le  Sieur  d'Oftenberg 
ou  le  Comte  de  Marlot  l8)  comme  là  il  fe  fait  appeller.  dites  moy  fi  vous  l'avez 
veu,  et  en  quel  eftat.  je  luy  fuis  oblige  de  quelques  civilitez  qu'il  me  fit  citant 
a  Paris. 

N'oubliez  jamais  je  vous  prie  de  faire  mes  baifemains  a  Monfieur  Chapelain  , 
cette  bonne  aine;  il  me  femble  que  je  le  voij  avec  fon  petit  jull'au  corps  comme 
vous  le  defcriuez. 


.—-. 


I0)  Nous  n'avons  point  trouvé  cette  lettre  de  Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  père. 
")  11  s'agit  des  différends  avec  les  héritiers  de  Cornelis  van  Brederode  dans  les  affaires  de  Zuy- 
lichem.  (Voir  les  Lettres  Nos.  1031,  1036,  1044,  1071,  1072,  1073,  1074). 

12)  Louis  de  Maulde,  Sieur  de  Mansart,  petit-fils  du  capitaine  Willem  de  Maulde,  mourut  en 
effet  au  commencement  de  1663.  Il  servit  dans  l'armée  des  Pays-Bas,  en  1655  comme  colonel 
du  régiment  Wallon. 

13)  Karel  Hendrik  van  den  Kerckhoven  (voir  la  Lettre  N°.  929,  note  8):  Huygens  l'appelle  ici 
de  son  titre  anglais,  Lord  Wotton. 

14)  Constantia  Huygens,  veuve  de  David  le  Leu  de  Wilhem.' 

15)  Huygens  indique  ici  Maximilien  de  Berringau  (voir  la  Lettre  N°.  744,  note  17). 

16)  Cette  loscution,  peu  usistée,  signifie:  se  trouver  dans  une  position  impossible. 

17)  Peut-être  il  s'agit  ici  de 

Johannes  Verstraeten,  né  en  1616  à  Leiden,  où  il  étudia  la  médecine  dès  1628. 

18)  Lodewijk  de  Marlot,  seigneur  de  Giessenburg  et  Oifenberg,  était  le  fils  de  David  de  Marlot; 
sa  fille  Anna  Maria  épousa  Gijsbert  Johan  van  Hardenbroek.  Il  demeura  quelque  temps  en 
Poitou. 

Œuvres  T.  IV.  35    . 


2^4  CORRESPONDANCE.     \66l. 


N=  1080. 

Christiaan  Huvgens  à  R.  Moray. 

I     DÉCEMBRE    \66l. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
Elle  est  la  réponse  aux  Nos.   1055,   1076.      R.  Moray  y  répondit  par  le  No.  1093. 

A  la  Haye  ce   i   Décembre   1662. 
Monsieur 

J'avoue  que  vous  avez  droit  d'accufer  mon  filence  puis  que  vous  en  ignorez 
la  caufe.  Mais  je  m'aiïure  que  vous  me  ferez  grâce  quand  vous  fcaurez  que  j'ay 
eftè  abfent  x)  pendant  6  femaines  et  cela  pour  des  affaires  de  chicane  qui  ne  m'ont 
pas  laiffè  le  temps  de  penfer  aux  chofes  meilleures  qui  font  nos  entretiens.  Je  hay 
plus  que  je  ne  fcaurois  dire  les  occupations  de  cette  nature  la  mais  en  l'abfence  de 
mon  père  il  faut  bien  que  nous  autres  fils  de  famille  partagions  entre  nous  ces 
foins  quelque  inportuns  et  malplaifants  qu'ils  puifTent  élire. 

Je  doibs  refponfe  a  deux  de  vos  lettres,  dans  la  première  vous  me  donnantes 
efperance  que  j'aurois  le  bonheur  de  vous  veoir  bientoft  en  ce  pais  avec  Milord 
Brouncker,  mais  j'appris  peu  après  de  Monfieur  Brus  2)  qu'il  n'en  arriveroit 
rien  de  cette  année  et  que  vous  aviez  différé  le  voiage  jufqu'au  printemps.  Si  vous 
manquez  derechef  en  voftre  promette ,  l'on  ne  poura  plus  fe  fier  en  vous,  dans  la 
mefme  voltre  lettre  précédente  vous  me  demandâmes  la  copie  de  ce  que  j'avois 
envoie4)  au  libraire  de  Monfieur  Hobbes,  de  la  quelle  vous  n'avez  plus  befoin 
a  cet  heure,  puis  que  fans  doute  luy  mefme  l'aura  fait  imprimer  en femble  avec 
fa  refponfe.  Je  l'attens  encore  avec  impatience  ne  pouvant  m'imaginer  de 
quelle  façon  il  prétend  de  contredire  a  des  raifons  li  évidentes.  Si  une  telle  réfu- 
tation ne  fuffit  pas  pour  luy  faire  comprendre  fes  fautes  et  abfurditez  je  crains 
fort  que  la  chofe  ne  foit  defefperée ,  et  luy  au  nombre  des  incurables. 

Je  croy  que  Monfieur  Brus  vous  a  fait  fcavoir  que  nous  fommes  après  a  faire 
reufiir  fur  mer ,  s'il  eft  poflible ,  les  horologes  a  pendule ,  et  que  pour  cet  effeét  il 
en  a  fait  faire  2  de  mefme  forme  et  grandeur.  J'en  ay  l'une  icy  auprès  de  moy  et 
l'autre  y  fera  aufii  bientoft.   Elles  vont  fi  bien  et  fouffrent  fi  aifement  des  mouue- 


')  Chr.  Huygens  fait  allusion  à  son  séjour  à  Zuylichem,  d'où  il  écrivit  les  lettres  N°.  1071, 
du  26  octobre,  et  N°.  1074,  du  13  novembre,  son  absence  doit  donc  avoir  duré  depuis  le 
20  octobre  jusqu'à  la  fin  de  novembre. 

2)    Alexander  Bruce.  Voir  la  Lettre  N°.  1073,  note  3. 
Voir  l'Appendice  N°.  104-. 

■*      Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1076,  note  3. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  1"J  ^ 


ments  afîez  brufques  et  irreguliers ,  que  je  ne  doute  point  qu'elles  ne  refiftent 
auffi  à  ceux  d'un  navire  agité.  De  la  juftefTe  qu'elles  garderont  fur  mer,  nous  n'en 
pourrons  bien  juger  que  par  l'expérience  :  mais  cependant  par  ce  que  j'en  voy 
icy,  j'ay  fubject  d'en  bien  efperer.  Le  mal  eft  que  Monfieur  Brus  ne  pafïèra  pas 
d'icy  en  EfcofTe  comme  il  avait  fait  eftat  du  commencement,  de  forte  que  cette 
expérience  ne  fe  fera  pas  encore  fi  toft  fi  ce  n'eft  qu'il  trouue  quelqu'  autre  qui 
foit  aflez  intelligent  pour  le  faire  pour  luy. 

L'on  m'a  efcrit  de  Paris  5_)  que  dans  voftre  Académie  on  examinoit  les  propositions 
de  4  perfonnes  qui  prétendent  d'auoir  trouuè  le  fecret  des  Longitudes,  de  plus  que 
le  Prefident  de  cette  Académie  6)  a  fait  faire  un  petit  vaiïïeau  ")  qui  tourne  comme 
un  cheval ,  et  que  fur  ce  modelle  le  Roy  vouloit  faire  bartir  une  fregatte  pour  veoir 
fi  cela  voudra  reuffir  en  grand.  Et  de  tout  cela  vous  ne  me  dites  mot.  Voila  pour 
quoy  je  ne  vous  diray  pas  auffi  comment  j'ay  ajuftè  ma  machine  du  vuide  en  forte 
que  la  pompe  ne  fe  gafte  jamais ,  quelque  long  temps  que  je  la  laifîe  repofer ,  mais 
vuide  toufjours  auffi  bien  d'air,  comme  fi  elle  eftoit  couchée  foubs  l'eau  (ainfi  que 
j'ay  appris  8)  que  Monfieur  Boile  a  mis  la  fiene)  et  fans  qu'il  y  ait  pour  cela  plus 
d'embaras  qu'auparavant.  Je  me  fouviens  a  propos  de  cecy  que  je  doibs  encore 
refponfe  a  une  lettre  de  Monfieur  Boile  9),  qui  s'adrefTe  a  vous,  et  qui  a  pour 
fujecl  les  remarques  qu'en  efcrivant  a  vous  IO)  j'avois  avancées  en  pafîant  touchant 
quelques  pafiages  de  fon  livre  contre  Linus.  Je  ne  diray  rien  a  tant  de  chofes  obli- 
geantes qu'il  efcrit  pour  moy  dans  cette  lettre  pour  ne  m'engager  pas  a  luy  vou- 
loir rendre  la  pareille,  car  je  fcay  que  je  ne  m'en  demeflerois  pas  bien;  et  d'ail- 
leurs je  le  croy  fuperflu  par  ce  que  vous  n'ignorez  pas  ni  Monfieur  Boile  luy  mefme 
quelle  grande  efiime  j'ay  pour  luy  et  pour  les  moindres  chofes  qu'il  produit.  Pour 
les  points  qui  y  font  traitez,  je  n'ay  pas  auffi  beaucoup  a  m'eftendre  defïus.  Le 
premier  eft  touchant  l'hypothefe  des  petits  corps  qui  compofent  l'air.  La  quelle 
eft  fi  bien  expliquée  par  l'autheur  ")  dans  fa  lettre  I2),  que  vous  m'avez  envoièe 
que  fi  j'y  ay  apporté  (car  je  ne  m'en  fouuiens  point)  quelque  autre  difficulté  à 
l'encontre,  outre  celle  que  j'avois  d'admettre  un  mouuement  intérieur  et  inherant 
aux  corps,  je  croy  que  j'ay  eu  tort,  mais  cette  fuppolition  quoy  qu'authorifèe  par 
Epicure  me  femble  toufjours  fort  peu  recevable. 


5)  Probablement  une  des  lettres  de  Lodewijk  Huygens,  que  malheureusement  nous  ne  possé- 
dons pas. 

6)  C'était  alors  William  Brouncker. 

7)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 102. 

8)  Consultez  la  Lettre  N°.  964. 
»)    Voir  la  Lettre  N°.  1056. 

10)  Voir  la  Lettre  N°.  1032. 

")  R.  Hooke. 

i:)  Voir  la  Lettre  N°.  1057. 


2~6  CORRESPONDANCE.     1662. 


Quant  a  l'expérience  du  tuyau  de  Linus  ouuert  par  les  deux  bouts,  qu'il  dit 
s'attacher  au  doigt,  quand  on  le  remplit  de  Mercure  et  qu'on  l'enfonce  dans  la 
mefme  liqueur  par  le  bout  d'en  bas,  je  croy  qu'il  eft  fuperflu  d'en  difputer  tant 
qu'on  n'aura  pas  effayè  ce  qui  en  arrive  en  effeét.  Cependant  je  fuis  fort  trompe 
fi  en  faifant  la  dite  expérience,  il  ne  s'obferve  ce  que  je  m'en  vay  dire.  C'eft  que 
fi  on  laine  enfoncée  dans  le  Mercure  une  moindre  partie  du  tuyau  de  verre  que 
celle  qui  s'y  tiendroit  lors  qu'on  feroit  nager  le  cylindre  feul  dans  le  Mercure  fe 
tenant  debout,  qu'alors  eftant  mis  en  liberté,  il  qu itéra  le  doit  fans  s'y  attacher 
aucunement  fi  ce  n'eft  toutefois  l'enflure  du  doigt,  dont  vous  parlez,  qui  puifTe 
contribuer  a  cet  effeét  :  mais  li  une  plus  grande  partie  du  verre  eft  couverte  du 
mercure  vous  feauez  que  cettuicy  pouffera  le  verre  vers  en  haut ,  et  par  ainfi  il 
pourra  fe  tenir  attaché  contre  le  doigt. 

En  dernier  lieu  Monficur  Boile  parle  de  l'expérience  que  cy  devant  j'ay  faite 
avec  de  l'eau  purgée  d'air,  qui  ne  defeend  pas  du  tuyau  après  que  l'air  eft  tiré  hors 
du  récipient.  Mais  par  ce  qu'il  ne  touche  point  certaines  particularitez  fort  re- 
marquables que  je  vous  ay  contées  dans  une  defeription  afTez  ample  de  cette  mefme 
expérience  (la  quelle  defeription  I3)  je  n'ay  aufii  jamais  bien  feeu  fi  vous  l'avez  re- 
ceue)  j'ay  fujecl:  de  croire  qu'alors  au  moins  il  n'en  avoit  pas  veu  la  communica- 
tion. Car  en  confiderant  les  dites  particularitez  et  entre  autres,  comment  l'eau 
defeend  du  tuyau  lors  que  la  moindre  petite  bulle  y  monte,  avec  ce  qu'on  en  peut 
déduire,  l'on  reconnoit  afïùrement  que  ce  ne  feauroit  eftre  l'air  refté  dans  le  réci- 
pient qui  en  cmpefche  la  defeente  auparavant. 

Vous  m'apprendrez  s'il  vous  plait  ce  qui  en  eft,  car  autrement  je  ferois  bien  aile 
que  Monficur  Boile  vit  cette  petite  hiftoire.  Je  vous  prie  de  luy  prefenter  mes 
refpects  et  de  croire  que  perfonne  n'eft  plus  parfaitement  que  moy 

Monsieur 

Voftre  très  humble  et  très  obéi  fiant  feruiteur 

CHR.    IlUYGENS. 
Ne  vous  fcandalifez  pas  de  l'encre  qui  s'cil  verfé  fur  cette  lettre. 

A  Monfieur 

Monfieur  Le  Chevalier  Moray 
dans  VVhithal  A 

du  codé  du  Jardin  Londres. 

8  d 


'    )  Voir  l'Appendice  N°.  1033. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  1JJ 


N=   1081. 

N.  Heinsius  a  Christiaan  Huygens. 
2   décembre   1662. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  la  No.   1094. 

Nicolaus  Heinsius  Christiano  Hugenio  Viro  Nobiliflimo 

S.  P.  D. 

De  phacnomeno  agri  Vbfalienfis  *)  ante  feptetinium  fpeétato  a  plurimis,  quam 
proxime  pollicebar,  narrationem  hic  habes 2).  Imaginem  eius  vivis  coloribus  ex- 
prcfTam  a  me  fperare  noli,  quam  fruftra  quaefivimus.  In  Helmaeftadienfi  traftu  nu- 
per  admodum  fpectrum  apparuiiïe,  quod  clafTem  navalem  exacte  referret3),  conti- 
nuis  inde  literis  hue  perfcribitur.  Sed  quod  ignorem  an  operis  tui  argumentum  tam 
late  fe  extendat ,  eius  aut  eiftypum  aut  narrationem  necdum  circumfpexi,  praefto- 
laturus  literas  tuas,  quae  me  doceant,  quid  fieri  hic  velis.  Ex  matronis  virifque 
fide  digniflimis  intellexi  non  pauca  fibi  hic  terrarum  fpectata  phaenomena  annis 
proximis ,  quae  ex  illorum  narratione  colligam  fi  iubebis.  Nam  inter  gçntes  foli 
propemodum  Marti  deditas  aut  diei ,  quo  apparuere ,  aut  horae  aut  colorum  aut 
aliarum  rerum  quas  a  vobis  mathematicis  fciri  interfît,  accuratas  defcriptiones 
vix  eft  ut  exfpectes.  Vir  Illuiiris  tuus  pater,  quantum  video,  Comitis  Briennae 
junioris  4)  confuetudine  quotidiana  gaudet.  quo  viro  nihil  eft:  elegantius,  litera- 
tiufque.  Nuper  admodum  verfibus  Latinis  Icitis  admodum  et  venuitis  oppido  me 
compellare  eft  dignatus  5).  Virgilium  plurimis  locis  a  me  caftigatum  Elzevirijs  iam 
edendum  6)  permifi.  De  Notis,  quas  paratas  editioni  habco,  necdum  ftatui  :  quod 
membranas  plures  hinc  inde  etiamnum  exfpectem.  Habes  hic  ad  amiciftimum 
Wallium  :). 

Vale,  et  Nobiliftimo  Zelemio  8)  plurimam  meis  verbis,  ni  moleftum  eft,falu- 
tem  die. 


')   Consultez  la  Lettre  N°.  1075. 

2)    Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  pièce  dans  nos  collections. 

s)    Voir  la  Lettre  N°.  1075. 

4)   Sur  Henri  Louis  de  Loménie,  comte  de  Brienne,  voir  la  Lettre  N°.  598,  note  3. 

s)    Dans  la  nouvelle  édition  des  Poemata  N.  Heinsii  (voir  la  Lettre  N°.  630,  note  1),  on 

trouve,  au  livre  premier  des  „Adoptiva  Carmina,"  une  lettre  et  un  poème  de  L.  H.  de 

Loménie,  comte  de  Brienne. 
rt)    Cet  ouvrage  ne  fut  publié  que  plus  tard  : 

P.  Virgilii  Maronis  Opéra.  Nie.  Heins.  Dan.  F.  E  membranis  compluribiis  iifque  anti- 

quidimis  recenfuit.  Amltelodami  ex  officina  Ellèviriana.  A°.  1676.  in-120. 

7)  Sur  Adrianus  van  der  Walle,  voir  la  Lettre  N°.  522,  note  8. 

8)  Constantyn  Huygens,  frère. 


278  CORRESPONDANCE.     1662. 


Holmiae  Suecorum.  cididclxii.  iv  Non.  Dec.  Gregor. 

Apollonij  Pcrgaci  exemplar  mihi  deitinatum  ex  Italia  iampridem  accepi,  cui 
quoque  tibi  copiam  ab  Elzevirijs  factam  eïïe  nulliis  ambigo.  Gcdano  nunciant 
Hevelium  poli:  elacam  anno  proximo  uxorem,  de  puella  quindecenni  domum  du- 
cenda  ferio  cogitare  9).  Vae  aftris  !  quac  intérim  iubebuntur  feriari. 


N°=   1082. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

14    DÉCEMBRE     1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  ce   14  Décembre   1662. 

Je  fus  empefchè  le  jour  de  l'ordinaire  patte  de  vous  eferire,  par  plufieurs  vifites 
que  je  receus  et  principalement  par  celle  de  Monfieur  Brus  '),  qui  ne  me  quita 
point  toute  l'aprefdinée.  Et  c'ert  ce  qu'il  fait  afTez  fouvent,  depuis  que  nous 
nous  fommes  mis  a  perfectionner  l'invention  des  Longitudes.  J'en  eferis  au  long 
a  Mon  Père  2) ,  ce  que  nous  en  efperons  et  comment  nous  en  fommes  défia  fi 
avant,  que  nous  difputons  fur  le  partage  du  proufit  qui  en  reviendra,  parce  que 
Monfieur  Brus  foucient  qu'il  n'y  a  pas  contribue  peu  de  fon  invention,  en 
adjuftant  tellement  le  pendule  qu'il  ell  capable  de  refifter  au  mouvements  d'un 
vaifïèau.  Cependant  donnez  vous  bien  garde  d'en  dire  rien  a  perfonne,  parce 
qu'on  fe  mocqueroit  trop  de  nous,  en  cas  que  nous  n'euffions  rien  à  partager. 

Si  j'ay  du  temps  j'eferiray  encore  a  Monfieur  Petit 3)  a  fin  qu'il  ne  croyc  pas  que 
c'eft  par  indignation  que  j'ay  tant  différé  de  refpondre  à  fes  lettres4),  mais  bien 
faute  de  loifir,  de  quoy  touf jours  vous  pouvez  l'affluer. 

Je  fuis  bien  aife  de  ce  que  vous  m'avez  informe  de  l'eftat  du  Comte  de  Mar- 
lot  5).  C'a  eftè  toufjours  fa  couftume  de  vouloir  faire  fembler  fa  fortune  plus 
grande  qu'elle  n'eftoit,  et  il  paroi  fl:  encore  dans  ce  que  vous  m'en  dites. 

9)  En  effet,  I  levelius,  ayant  perdu  sa  première  femme  le  1 1  mars  1662 ,  épousa  la  belle  Elisabeth 
Koopraann  ,  fille  d'un  marchand  considéré  à  Dantzic.  Il  n'eut  pas  à  se  plaindre  de  son  choix, 
car  sa  seconde  et  jeune  femme  l'aida  dans  ses  affaires,  dans  ses  réceptions  et  même  dans  ses 
observations  et  travaux  astronomiques.  Elle  lui  donna  encore  un  fils. 


')    Alexander  Bruce.  Voir  la  Lettre  N°.  1073  ,  note  3. 

2)  Nous  ne  possédons  pas  dans  nos  collections  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  son  père  Con- 
stantyn. 

3)  Nous  n'avons  pas  trouvé  de  lettre  de  Chr.  Huygens  à  P.  Petit. 

4)  Voir  les  Lettres  I\'<>s.io6q,  1077  et  1078. 
•s)    Consultez  la  Lettre  N".  1079,  note  17. 


CORRESPONDANCE.     \66l.  1JQ) 


Faites  fouvenir  par  occafion  a  Monfieur  Thevenot  de  ce  que  par  une  de  vos  pré- 
cédentes vous  m'avez  promis  de  fa  part,  qui  eftoit  qu'il  m'envoieroit  quelques  cho- 
fes  curieufes  qu'il  avoit  recueillies  pour  moy.  dites  luy  auffi  que  Monfieur  Voffius 
m'a  mis  en  main  un  pacquet  pour  luy,  ou  il  y  a  2  ou  3  livres.  Flora  Sinenfis 6), 
en  eft  l'un;  l'autre  une  Relation7)  d'un  Miniftre  qui  a  demeure  longtemps 
aux  Indes  Orientales  8).  Le  troifiefme  je  l'ay  oublié  mais  je  fcay  toutefois  que 
ce  n'eft  pas  la  copie,  qu'il  avoit  fait  efcrire  pour  luy,  la  quelle  il  m'a  dit  qu'il 
l'avoit  trouvée  trop  vitieufe,  et  qu'on  luy  en  feroit  une  autre.  J'ay  mis  avec  ce 
pacquet  les  livres  de  Hevelius 9)  pour  Monfieur  Petit  que  j'ay  fait  venir  d'Am- 
fterdam ,  et  je  ne  cherche  maintenant  que  l'occafion  de  vous  faire  tenir  le  tout. 
La  voie  par  mer  me  femble  fort  longue,  mais  a  faute  de  meilleure  je  croy  qu'il 
faudra  la  choifir,  au  quel  cas  j'addrefieray  la  cafiette  a  Monfieur  Schott  IO),  et  le 
Conful  "),  s'il  luy  plait,  luy  en  peut  donner  avis,  quand  on  compare  de  tels  Con- 
fiais avec  Scipion  ou  Cl.  Marcellus,  il  faut  avouer  que  ce  titre  eft  bien  ravalé  de- 
puis quelque  16  cent  ans. 

Le  frère  de  Zeelhem I:)  erta  Rotterdam  depuis  3  jours  veoir  fa  bien  aimée I3),  et 
félon  qu'il  m'en  parle  je  croy  qu'en  fin  l'affaire  fe  fera.  Chez  ma  Tante  Dorp  I4) 
l'on  trouve  que  c'eft  un  bon  party.  Chez  les  autres  l'on  en  eft  fort  peu  informé.  Il  me 
femble  a  moy  que  s'il  y  avoit  tant  d'avantage  a  gaigner,  qu'on  entendroit  parler  de 
plus  de  rivaux  qu'on  ne  fait.  Monfieur  van  der  Meyde  I5)  eft  l'oncle  de  la  fille, 


5)  Flora  Sinenfis  frurtus  florefque  humillime  porrigens  Sereni"  ac  Potento  Principi  ac  D.  D.  Le- 
opoldo  Ignatio,  Ilnngariae  Régi  Horentiflimo,  et  fruc'tus  faeculo  prortiitténti  AugufHfïi- 
mos,  emifla  in  Publicum  a  R>  P.  Micbaele  Boym  S.  I.  Sacerdote,  et  a  Domo  Profefla  eiufdem 
Societatis  Viennae  Maieftatis  Suae  una  cnm  feliciflimi  anni  apprecatione  oblata  anno  Sa- 
lutis  1656.  Viennae  Auftriae.  Typis  M.  Richter.  in-folio. 

L'auteur  Michael  Boym,  jésuite  polonais,  partit  comme  missionnaire  pour  la  Chine  en 
1643.  De  1652  à  1656  il  séjourna  en  Europe,  chargé  d'une  mission  auprès  du  Pape  Clé- 
mente VIII.   Puis  il  retourna  dans  la  province  Quam-Si ,  où  il  mourut  en  1659. 

7)  Hiftorifch  ende  grondich  Verhael  van  den  ftandt  desChriliendoms  nie  quartier  van  Amboina, 
midtfgaders  vande  hoope  ende  apparentie  eenigher  reformatie  ende  beternifle  van  dien, 
gheftelt  door  Seb.  Danckaerts,  pred.  des  G.  Woordts  aldaer,  ende  by  denfelven  met  het 
Schip  Walcheren ,  onlangs  uyt  Ooft-Indien  in  Zeelandt  aenghekomen,  over-gefonden.  's  Gra- 
venhage.  Aert  Mieris.  162 1.  in-4°. 

8)  Sebastiaan  Danckardt,  né  à  la  Haye  en  1593,  mort  le  3  avril  1634  à  Batavia;  il  fut  pasteur 
à  Amboina  de  161 8  à  1622.  Après  avoir  passé  deux  ans  aux  Pays-Bas,  il  retourna  aux  In- 
des, comme  pasteur  à  Batavia.  Il  s'occupa  beaucoup  de  renseignement  et  de  la  langue  malaise. 

9)  Consultez  les  Lettres  Nos.  1011,  1012,  1015,   1064,  1069611097. 

10)  Schott  était  un  négociant  à  Paris 

")  Des  Glargues,  consul  des  Pays-Bas  a  Calais.  Voir  la  Lettre  N°.  627,  note  1  2. 

12)  Constantyn  Huygens. 

13)  Mademoiselle  Thibault.  Voir  la  Lettre  N°.  910,  note  3. 

14)  Ida  van  Baerle ,  veuve  de  Arend  van  Dorp.  Voir  la  Lettre  N°.  72  ,  note  3. 
I?)  Van  der  Meyde  était  négociant  à  Rotterdam. 


:8o 


CORRESPONDANCE.     \66l. 


le  reite  du  parentage  fort  peu  confiderable.  Mandez  moy  ce  que  Mon  Père  en  die , 
car  de  ce  qu'il  en  eferic  au  frère  je  n'ay  point  la  communication.  Adieu. 

Je  voudrais  bien  feavoir  quelle  eftoffe  d'habits  et  quelle  couleur  de  draps  l'on 
porte  la  ou  vous  eftes,  et  s'il  y  a  quelque  chofe  de  change  dans  la  mode. 

Appaifez  moy  encore  pour  cette  fois  le  Seigneur  Sebaftian  l6)  et  dites  luy  afin 
qu'il  ne  fe  mette  point  en  cholere  que  je  luy  feray  prefent  de  quelque  T§5  de  ce 
que  me  rendra  mon  Invention  fufdite. 

A  Monfieur 
Monfieur  L.  Hugens  de  Zuliciiem 
A   Paris. 


NtJ   1083. 

CHRISTIAAN    HuYGENS    à    R.    MORAY. 
20    DÉCEMBRE     1662. 

La  lettn  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
K.  Moruy  y  répondit  par  le  Nu.    1093. 

A  la  Haye  ce  10  Décembre   1662. 
Monsieur 

Je  ne  veux  pas  laifTer  partir  Monfieur  Brus  fans  le  charger  de  cet  biliet  pour 
vous  outre  le  pacquet  de  livres  que  je  l'ay  prie  de  vous  faire  tenir.  J'y  ay  mis  le 
Mercurius  in  foie  ')  de  Hevelius  parce  que  vous  m'ayez  eferit  que  vous  ne  l'aviez 
pas  encore  vu.  De  plus  2  exemplaires  de  mon  traiclè  de  Circuli  magnitudine  2), 
desquels  je  fouhaitc  que  Monfieur  1  lobbes  puiflTe  avoir  l'un,  a  fin  qu'il  y  voie  le 
Théorème  dont  il  parle  dans  fa  defenfio  Géométrie orum  T.  H.  contra  C.  H. 3)  et  le 
quel  il  femble  ne  pas  croire  que  j'aye  demonftrée.  Vous  verrez  au  refte  ce  que  j'ay 
refpondu  au  dit  eferit  fi  vous  prenez  la  peine  de  lire  la  feuille  cy  jointe  4).  Vous 
pou iez  après  fi  vous  le  trouucz  a  propos  l'envoier  au  libraire  5)  de  Monfieur 
I  lobbes  ou  la  luy  faire  tenir  par  quclqifautre  voie. 

tian  Chi cze. 


Ou  Lécrit  dans  la  Lettffi  N°.  872,  note  5. 

Cet  ouvrage  est  cité  dans  la  note  i  delà  Lettre  N°.  191, 
L'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  10-6.  note  3. 
<      Voir  l'Appendice  N°.  1084. 

Andréas  Crooke,  \<>w  la  Leti  re  N°.  1047,  note  2 


CORRESPONDANCE.    l66<2.  28 1 

Monfieur  Brus  porte  avec  luy  Tes  deux  horologes  pour  les  Longitudes,  et  vous 
dira  ou  nous  en  fommes  avec  cette  invention.  Je  n'en  veux  encore  rien  détermi- 
ner, car  je  trouue  que  Pefperance  que  j'en  ay  croift  tantoft  et  tantofl:  diminue  félon 
que  par  mes  obfervations  je  trouue  plus  grande  ou  moindre  jurtefTe  dans  les  horo- 
loges. J'eufTe  fouhaitè  d'avoir  eu  plus  de  loifir  pour  les  efîaier  icy  dans  ma  cham- 
bre n'y  aiant  encore  qu'un  jour  feulement  qu'ils  font  tous  deux  en  eftat,  qui  n'efl: 
pas  affez  pour  les  mettre  bien  enfemble.  J'attendray  pourtant  auec  impatience 
comment  ils  fe  feront  comportez  fur  mer,  de  quoy  Monfieur  Brus  m'a  promis 
qu'il  m'advertiroit.  Je  luy  fouhaitè  un  heureux  voyage  et  pourtant  la  mer  un  peu 
agitée  a  fin  que  l'expérience  foit  d'autant  plus  confidcrable.  Il  vous  dira  mieux 
que  je  ne  puis  combien  je  fuis 

Monsieur 

Voftre  très  humble  et  très  obeiflant  ferviteur 

Chr.  Hugens  de  Zulichem. 


N=  1084. 

Christiaan  Huygens  à  Th.  Hobbes. 

[décembre   1662.] 

Appendice  au  No.  1083. 

La  pièce  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 

Ad  defenfionera  Geometricorum  Problematum  T.  Hobbij 
Refponfio  C.  Hugenij. 

Neque  nuper  fententiam  meam  fuper  Hobbij  paralogifmis  perfcripfifTem  nifi 
hoc  amicorum  aliqui  ')  a  me  petijerent ,  neque  in  praefenti  ad  ea  quibus  fe  defen- 
dere  conatus  ert  refponderem ,  nifi  ijfdem  illis  exigentibus. 

Namque  plane  fruftra  operam  hanc  impendi  mihi  perfuafum  habeo,  fiquidem 
nequi  illum  eo  perduci  poffe  exiltimo  ut  de  erroribus  fuis  confiteatur,  neque 
etiam  periculum  efTe  ut ,  cuiquam  falfa  pro  veris  afprobet ,  cum  faepius  peccando 
item  apud  omnes  fidem  decoxerit ,  ut  non  citius  fere  problema  ab  Hobbio  pro- 


')    Entre  autres,  R.  Moray.  Consultez  les  Lettres  N<»s.  1034  et  1076. 

Œuvres.  T.  IV.  36 


282  CORRESPONDANCE.     1662. 


poiitum  videanc ,  quam  novum  fyevaoypx.cpvifji.ct.  emanafle  pronuncient.  Atque  hoc 
praemittendum  duxi,  ne  quis  haec  videns,  miretur  qui  mihi  circa  nacmias  tain 
abfurdas,  vcl  tantillum  temporis  abfumere  libuerit.  Imprimis  caufam  quo  minus 
fententiae  mcac  acquiefeerit  referre  cum  video,  quod  jam  ante  quid  de  fuis  in- 
ventis  fentirem  alijs  aperuifTem,  cum  ille  eos  duntaxat  appellarit  fibi  judices,  qui 
necdnm  illa  praejudicio  damnafTent,  non  equidem  memini  quando  aut  quale  de  ijs 
tulerim  judicium,  ifta  vero  noviflima  vice,  non  tam  fententiam ,  quam  refutatio- 
nem  fcripfi,  cui  tuto  fane  acquiefeere  poterit,  fi  quid  apud  illum  vericas  aut  ratio 
valeret.  Sed  efto ,  fuerit  illi  nihilo  minus ,  quod  ait ,  refpondere  libitum ,  mihi  vero 
in  pofterum  quoque  liberum  fit  non  refpondere. 

Dixeram  in  duplicatione  Cubi  haerere  ibi  demonftrationem  ejus  ubi  ait  pro- 
duclam  XT  2)  incidere  in  Z.  Ille  vero  hoc  ita  fe  habere  denuo  probare  nititur,  fed 
ea  argumentatione ,  in  qua  nulla  bona  fit  confequentia,  addo  ut  Typographbrum 
errori  id  imputaturus  fuerim  nifi  exemplar  manu  emendatum  accepifîem.  Itaque 
cùm  nihil  quod  ad  Rem  faciat,  dicat,  fatis  fit  hoc  ipfum  admonuifle,  quod  quam 
verum  fit,  quivis  ex  ipfo  Hobbij  feripto  pofïet  cognofeerc,  fufficere  autem  Georaetris 
poffit  quo  vitiofum  et  ridiculum  efTe  totum  hoc  de  duplicatione  eTi%eipeiJi,cù  intelli- 
gant,  quod  in  eo  poftquam  AS  pofita  eft  aequalis  dimidio  AC,  et  DV  dimidio  AD, 
nunquam  deindc  in  demonftratione  haec  commemorantur  neque  aliquid  quidem 
quod  inde  deduéhim  fit.  Id  enim  cum  non  fiât  quis  non  videt  candem  Hobbij 
demonftrationem  convenire  ei  conftruétioni  in  qua  AS  et  DV  ad  libitum  fumptae 
fuerint.  Atque  in  paullum  tantum  eas  immutet,  jam  ipfa  illum  régula  et  circinus 
docebunt  non  incidere  productam  XT  in  Z.  ac  fortafïc  talis  demonftratio  melius 
quam  quaevis  alia  Geometriae  hujufmodi  fuum  fphalma  oftenfura  fit.  At  quis 
Logicus  inquit  demonftrarit  hoc ,  nempe  id  quod  conftructione  effeélum  eft  in 
demonftratione  confiderandum  efte.  At  ubi  inquam  apud  Geometram  ullum,  pro- 
blema  vidit  I  Iobbius  ubi  id  neglectum  fit. 

Cur  denique  ubi  ipfi  mox  contradicit  cum  fufficere  ait  legitimac  demon- 
ftrationi  ut  omnia  deriventur  a  conftruftionc.  Hoc  enim  id  ipfum  cil:  quod  re- 
quin dicebam,  quomodo  autem  id  fiât  nifi  confiderando  iingula  in  apodeixi  quae 
in  conftruclione  fuere  conrtituta,  quod  quidem  Hobbium  non  fccifTe  ex  jam  dic- 
tis  confiât. 

Non  hoc  a  me  impetrare  pofllim  ut  fubfidiariam  altcram  demonftrationem  qua 
tubantem  circuli  quadraturam  fuam  fuftentare  conatus  eft,  ad  examen  revocem.  Sed 
nec  opus  eft,  cum  ultro  fe  illam  et  infoelix  iimul  Geometriae  ftudium  abjeélurum 
pollicetur,  fi  coniliterit  abfque  Arithmetices  auxilio  me  demonftrafïe  reftam  BF 
majorem  efTe  arcu  BD  quando  XV  eft  aequalis  radio,  videat  igitur  ea  de  re  Theo- 


:)  Consultez  la  planche  vis-à-vis  de  la  page  203. 


CORRESPONDANCE.     1662. 


283 


"^\1>___ 

\Vv 

1                       M 

\"\ 

B 

A 

rcma  noftrum  in  libello 
de  circuli  magnitudine  3), 
ubi  quidem  abfque  nume- 
ris  aut  computatione  ulla, 
rem  confectam  inveniet. 
cui  theoremari  Ci  tantum 
tribuat  ut  eo  percepto  non 
modo  ab  hoc  errore  fuo, 
fed  et  ab  univerfae  geo- 
metriae  inaufpicatiffimo 
fibi  ftudio  recedendum 
putet,  fateatur  tune  etiam  non  omnino  imitiliter  me  (quod  ante  hac  objecerat) 
cire  a  dimenfionem  circuli  tempus  contriyiffe. 

De  rationum  additione  opinionem  meam  non  recïe  eum  percepifle  video.  Cum 
enim  dixi,  et  praeflaret  quidem,  mea  fententia,  non  aliam  rationum  additionem 
agnofeere  de  illa  intellexi  de  qua  poftremo  locutus  eram.  Hobbius  vero,  exigua 
ambiguitate  deceptus  (efl:  etiam  aliqua  fateor)  contrariam  plane  ejns  quam  teneo 
fententiam  mihi  attribnit.  Solam  enim  rationum  additionem  dici  ego  vellem,  quae 
Geometris  ufitata  eft,  et  fecundum  quam,  ratio  i  ad  3  una  cum  ratione  5  ad  4 
conftituk  rationem  5  ad  12.  Intérim  verba  illa  in  alium  fenfum  accepta,  Epilogo 
perquam  fane  fevero  anfam  praebuere.  Cenfeat  inquit,  unufquifque pro  lubito  fuo, 
Ego  vero  fie  cenfeo,  opportere  homines  ea  non  feribere  quae  intelligi  non  pofjunt, 
abfiiiiere  a  contumelijs  nec  ijs  rébus  fuperbire  quarum  puderet [i  faperent.  Mira 
verborum  gravitas ,  quibus  tamen  quid  fibi  velit  non  facile  afïcquor.  Neque  enim 
exponit  ipfe,  aut  ego  fcio  quidnam  adeo  obfcurum  ut  intelligi  nequcat,  feripfe- 
rim ,  nifi  forte  non  intelligibilia  vocat,  quaecunque  ipfe  non  intelligit,  atinhis 
etiam  maxime  perfpicua  effe  exiflimo.  De  contumelia  non  erat  quod  quaereretur, 
oftendi  enim  duntaxat  illi  imperitiam  fuam  non  exprobari,  neque  deridendi  eau  fa 
oculorum  errorem  objeci,  fed  quod  veriifimam  hanc  illi  fuiiïe  hallucinandi 
caufam  arbitrarer.  Ubi  denique,  aut  undc  fuperbiam  meam  deprehenderit  prorfus 
nefeio,  hoc  fcio  nulla  in  re  unquam  me  minus  fuperbijfîe  quam  Paralogifmorum 
iftorum  confutatione. 


3)    Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  191 ,  note  1. 


284  CORRESPONDANCE.     1662. 


N°   1085. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

20    DÉCEMBRE    1662. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haie  le  20  Décembre   1662. 

Monfieur  Brus  eftant  parti  cette  aprefdinée  nous  avons  eftè  occupe  tout  le  jour 
a  bien  ajufter  enfemble  Tes  deux  horologes  marins,  et  puis  a  les  empacqueter, 
parce  qu'il  les  prend  avec  luy  fur  mer  pour  en  faire  l'efTay.  de  plus  il  m'a  fallu 
eferire  des  lettres  ')  pour  Londres  dont  il  s'eft  voulu  charger  de  forte  qu'il  ne  me 
relie  du  temps  que  pour  faire  le  couvert  de  cette  enclofe  de  la  Coufine  Dorp  -). 
Mon  Père  parle  de  faire  venir  l'un  de  nous  deux  a  Paris  en  cas  que  vous  vinfïïez  icy 
pour  folliciter  noftre  procès.  Selon  toute  apparence  ce  feroit  moy  ;  et  pourtant  ce 
voyage  me  viendroit  fort  mal  a  propos  fi  l'invention  des  Longitudes  reufiit,  comme 
j'efpere  qu'elle  fera. 

A  Monfïeur 

Monfieur  L.  Hugens  de  Zulichem 

A 

Paris. 


N=   1086. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

28    DÉCEMBRE    1662. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

le  28  Décembre   1662. 
Ce  mefme  Moniieur  Brus  que  je  vous  manday  l'autre  femaine  ')  qu'il  cftoit  parti 
pour  l'Angleterre  m'a  derechef  derobbè  toute  cette  matinée,  n'ayant  point  trouve 


')   Voir  la  Lettre  N°.  1083,  et  l'Appendice  N°.  1084. 

Probablement  Anna  van  Dorp,  fille  de  la  veuve  Ida  van  Baerle.  Voir  la  Lettre  N°.  55 
note  5. 


Voir  la  Lettre  N°.  1085. 


CORRESPONDANCE.     1662.  285 


le  vaifieau  alors  avec  lequel  il  devoir,  palier.  Mais  maintenant  je  croy  qu'il  par- 
tira tout  de  bon ,  avec  fes  horologes ,  que  nous  avons  empacquetè  derechef, 
après  que  je  les  ay  eu  encore  ces  4  ou  5  jours  icy  dans  ma  chambre.  Les  2  der- 
niers ils  n'ont  pas  fi  bien  aile  que  j'eufîe  fouhaitè,  ce  qui  fait  que  je  ne  veux  pas 
encore  parler  avec  pleine  aflurance  de  cette  Invention,  et  vous  prie  auifi  de  n'en 
dire  rien  ny  à  Monfieur  Chapelain  ny  a  peribnne,  tant  que  je  n'auray  pas  publié 
la  chefe  icy  et  prefentè  Requcile  a  nos  Meilleurs 2).  Je  le  remets  d'icy  a  6  fep- 
maines  pour  le  moins  parce  que  je  veux  faire  auparavant  des  expériences  avec 
l'horologe  que  j'ay  commandée  maintenant  qui  aura  un  pendule  de  10  pouces, 
(ceux  de  Monfieur  Brus  n'eitant  que  de  7)  et  fera  meilleure  pour  plufieurs  autres 
raifons.  Tant  y  a  que  je  ne  ferois  pas  bien  aile  que  celle  affaire  fit  du  bruiét,  au- 
paravant que  je  fufie  bien  allure  du  fucecs. 

J'ay  encore  confeillè  mon  Père  3)  qu'il  vous  cnvoialt  icy  pour  le  procès  de 
Nieuwerveen4),  et  me  fuis  offert,  en  cas  qu'il  le  defire,  de  venir  prendre  voftrc 
place,  avec  efperance  pourtant  que  fon  retour  ellant  proche,  il  jugera  qu'il  ne 
vaudra  pas  la  peine  que  je  me  mette  en  chemin. 

Il  faudroit  que  tout  au  commencement  de  mars  vous  fulfiez  a  Bommel  5),et 
mefme  quelques  jours  auparavant.  Car  c'efl  le  2  ou  3<ne  du  dit  mois  que  la  Banque 
fe  tient 6).  J'ay  penfè ,  parce  que  j'ay  un  garçon  qui  ne  feait  pas  le  francois  (c'elt 
David)  s'il  ne  feroit  pas  a  propos  que  vous  laifiaffiez  le  voitre  a  Paris,  et  que 
je  ne  menafie  le  mien  plus  loin  que  Bruxelles,  d'où  il  pouroit  revenir  avec  vous. 
Entre  ce  lieu  là  et  Paris  on  pourroit  aucunement  fe  paner  de  valet  et  les  frais 
en  feroient  moindres.  Vous  m'en  direz  vollre  avis. 


Le  frère  de  Zeelhem  :j  n'ell  pas  encore  revenu  de  Buren,  il  verra  a  fon  retour 
la  réprimande  que  il  Signor  Padre  luy  fait  touchant  ce  que  feavez. 


Au  frère  Louis. 


2N)  Messieurs  des  Etats-Généraux. 

3)  Nous  ne  possédons  pas  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  son  père  Constantyn. 

4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1073 ,  note  5. 

s)  Bommel  est  une  petite  ville  près  de  ZuyHchem. 

6)  La  Banque  de  ZuyHchem  (Consultez  la  Lettre  N°.  1073)  devait  juger  dans  le  différend  avec 
la  famille  de  Brederode.  Consultez  encore  la  Lettre  N°.  1079,  note  1 1. 

7)  Constantyn  Huygens. 


:86  CORRESPONDANCE.    1662. 


N=  1087. 

Christiaan  Huygens  à  [Leopoldo  de  Medicis.]  '). 

[1662.] 

La  minute  et  la  copie  se  trouvent  à  Laden  ,  coll.  I/uygens. 

Cum  P.  Vinccntio  2)  quam  civiliter  egerim. 

page  19.  fperat  optatque  ut  veritati  confentiat  fyftcma  meum. 

1 11  ud  pleb ei 3)  ipl'e  adjungit  feque  ipfum  irritât. 

Credo  fane  jam  ab  illo  comitem  cerni,  tôt  produftis  teftibus ,  antea  vero  mé- 
rité) dubitabam  an  vidiiTet  cum  nihil  produceret  nifi  obfervationes  quac  cum  rei 
veritate  itarc  non  poterant.  Quanquam  enim  mine  in  carum  recenfionem  vitio  ferip- 
toris  vel  typographi  verba  omis  et  occafns  aliqnoties  locum  inter  fe  permutafTe 
dicat,  quod  quidem  ultimum  videri  refugium  pofTet;  non  tamen  mihi  in  culpam 
vertat  fpero,  quod  fphalmata  illa  impreffionis  cum  ejufmodi  eiTentpermecorrigere 
nefeiverim. 

Scio  experimentis  omnifariam  inftitutis,  et  feripturae  diverlis  characteribus  pro- 
cul  affixae  et  lunarium  montium  ...  et  quod  jovem  aut  f)  infpiciendo  terminât! 
eorum  ambitus  apparent  nulla  barba  radiofa  aut  coma  adhaerentibus,  hinc  inquam 
fcio  vitio  carerc  lentem  meam  ac  proinde  non  dubito  quin  veriores  rcrum  formas 
illius  ope  cernam  quam  vitris  tuborum  meorum  breviorum;  vidi  autem  majore  illo 
anfas  in  longum  porreétas  clariffime  anno  1657,  et  deinde  bifidas  quoque  circa 
globum  fji  circa  ejufdem  anni  finem  ac  deinceps  anno  1658.  Multique  mecum , 
eademque  phaenomena  fie  in  Anglia  quoque  obfervata  docui  in  rcfponfo4). 

Ac  proinde  non  dubito  quin  eac  formae  reftiores  fucrint  quam  quas  fexpcdali  tubo 
eodem  tempore  cernebam.  quae  nenipe  binos  referre  giobulos  Saturno  fingebant. 
Unde  et  Euftachij  tubos  qui  ijfdcm  annis  hanc  formam  reddebant,  non  tantum 
breviores  meos  bonitate  luperare  quantum  a  longioribus  vincantur  credere  cogor. 


')   Dans  la  Lettre  N°.  996,  du  [5  mars  1662,  Clir.  Huygens  mandait  à  son  frère  Lodewijk  qu'il 
allait   écrire  au  prince  Leopoldo  de  Medicis  ses   remarques  sur  Pouvîage  d'Eustachlo  de 
Divinis  ,,1'ro  sua  Annotatione".  (\roir  la  Lettre  N°.  !*62,  note  1  ).  Nous  pensons  que  la  pièce 
N' .  1087  est  l'anticritique  en  question,  mais  nous  n'en  avons  pu  déterminer  la  date  précise. 
C'est  un  lapsus  calami  de  Chr.  Huygens;  il  faut  lire  „Fabrius,"  comme  il  résulte  de  la  page 
citée  (p.  io)  de  l'ouvrage  ,,1'ro  Cua  annotatione". 
Les  mots  „plebeio  artilici"  se  trouvent  a  la  page  H  du  même  ouvrage. 
'  !onsu!tez  sa  wBrevis  Assertio". 


CORRESPONDANCE.     1663.  287 


N=    1088. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

4    JANVIER     1663. 

La  lettre  et  h:  copie  se  retinrent  h  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  la  Haye  ce  4  Janvier  1663. 

Il  y  a  quelques  mois  que  paffant  par  Harlem  j'allay  vcoir  l'inventeur  ')  de  ces 
horologes  d'un  ou  plufieurs  ans,  qui  alors  ne  m'en  pouuoit  monftrer  qu'une  qui 
alloic  un  an,  mais  depuis  l'on  m'a  dit  qu'il  en  avoit  fait  une  pour  6,  et  qu'il  fe 
vante  qu'il  en  fera  pour  25  ans  et  plus.  Il  ne  me  vouluft  pas  monllrer  le  dedans 
de  l'ouurage  ou  je  m'apperceus  pourtant  bientoft  qu'il  y  avoit  un  pendule,  feu- 
lement par  les  coups  que  j'entendois,  ce  qu'auffi  il  m'advoua.  Et  par  ce  que  ces 
coups  faifoient  fort  peu  de  bruit  je  connus  que  le  pendule  devoit  eftre  extrême- 
ment léger,  ce  qu'il  advoua  auffi.  Il  y  avoit  un  contrepoids  de  20  livres,  ce  qui 
n'eft  pas  beaucoup  pour  fuffire  a  un  fi  long  mouvement,  mais  il  s'enfuit  que  ce 
mouuement  doit  eftre  fort  faible  et  par  la  fort  fujeft  comme  je  croy  a  s'arrefter. 

Il  n'y  a  point  d'autre  flneffe  dans  cette  invention  que  la  multiplication  des  roues 
et  des  dents,  et  de  les  feavoir  faire  fort  fubtiles  et  légères,  ce  qui  eft  afïez  eftrange 
pourtant  d'un  homme  qui  auparavant  n'eftoit  pas  de  ce  meftier.  Il  avoit  exercé 
toufjours  celuy  de  polir  des  diamants  et  feavoit  auffi  peindre  des  perfpeftives. 
Quand  je  luy  dis  qu'on  luy  pourroit  défendre  de  fe  fervir  des  pendules  dont  délia 
l'invention  eftoit  privilcgee,  il  refpondit.  Als  't  de  vrienden  foo  verftonden,  foo 
fouden  wy  ons  met  het  ouwe  onruftje  moeten  behelpen  2).  Mais  je  croy  qu'il  y  au- 
rait peu  de  juftefïe  alors  dans  fes  horologes.  C'eft  un  petit  mennifte ,  et  femblc 
avoir  de  l'efprit. 

Je  fuis  ravi  de  ce  que  vous  a  dit  Monfieiir  Thevenot  et  j'efpere  qu'il  vous  tien- 
dra parole.  Je  m'eftonne  qu'il  veuille  faire  imprimer  le  petit  Extrait  du  voiage 
Chinois 3)  y  ayant  très  peu  de  chofe  qui  ne  loin  défia  eferit  dans  des  autres  rela- 
tions imprimées.  Il  me  femble  que  celle  que  Vofïius  fait  copier  pour  luy  eft  de 
quelque  païs  de  l'Afrique,  mais  je  ne  m'en  fouuiens  pas  fort  bien.  Le  pacquet 
qu'il  me  donna  dernièrement  pour  luy  eftre  envoyé  n'eft  pas  encore  parti ,  et  s'il 
ne  fe  prefente  d'occafion  pour  l'cnvoier  par  terre  je  croy  qu'il  vaudra  mieux  que 
je  le  garde  pour  quand  il  viendra  luy  mefme. 

Monfieur  Brus 4)  pour  tenir  l'invention  cachée  me  dit  qu'il  tafeheroit  d'avoir 


')   Comparez  la  Lettre  N°.  815. 

:)   Traduction:  Si  les  amis  l'entendaient  ainfi,  il  faudrait  nous  contenter  de  l'an- 
cien balancier. 

3)  Voir  la  pièce  N°.  1039. 

4)  Alexander  Bruce. 


►88  CORRESPONDANCE.    1663. 


quelque  lieu  a  parc  dans  le  vaiflfeau  qui  pourtant:  n'eft  guère  grand,  mais  quand 
cela  n'auroic  point  elle ,  les  horologes  font  pourtant  tellement  fermez  qu'on  ne 
peut  veoir  que  les  indices. 

Monfieur  d'Armainvilliers  5)  à  receu  nouvelle  par  cet  ordinaire  que  Mon  lieu  r 
de  St.  Pater 6)  eft  mort,  qui  ie  préparait  de  venir  icy  pour  efpoufer  Mademoifellc 
Deliane  de  M.  7).  Il  eftoit  a  Paris  et  je  ne  fcay  fi  vous  l'aurez  vu. 

Le  frère  de  Zeelhem  8)  n'eft  pas  encore  de  retour.  J'avois  quelque  foupçon 
qu'en  revenant  de  Buren  il  auroit  pris  le  chemin  de  Rotterdam,  mais  parce  qu'il 
n'a  point  d'habits  ny  de  linge  avec  luy  je  croy  pluftort  que  les  mauvais  chemins 
ou  le  froid  le  contraignent  de  relier  a  Buren.  Il  luy  importe  cependant  fort 
d'eftre  icy,  pour  des  raifons  que  je  ne  puis  pas  encore  vous  faire  feavoir. 

Le  froid  dont  je  viens  de  parler  eft  fi  grand  icy  que  la  nuit  d'hier  le  courier 
entre  Amfterdam  et  icy  en  eft  demeuré  mort  en  chemin.  Le  cheval  s'en  vinft  a 
la  Haye  et  luy  a  elle  trouuè  tout  roide  vers  le  bout  du  mail. 


N=  1089. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huvgens. 

II    JANVIER    1663. 
/.<.'  lettre  ei  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  cuil.  Huygens. 

A  la  Haye  ce   11   Janvier   1663. 

Quoy  que  vous  diriez  qu'il  n'y  a  pas  encore  prife  de  refolution  finale  touchant 
nos  voyages,  je  m'appercois  allez  du  contraire  par  ce  que  Mon  Père  m'eferit  ').  Il 


5     Le  seigneur  d'Armenvilliers  est  IVlaximilien  de  Berringau.  Voir  la  Lettre  N°.  744,  note  17 
Le  seigneur  de  Saint-Pater  était  beau -frère  de  1 1.  de  Beringhen. 
Peut-être  Deliane  de  iVloriensart. 
(  ïonstantyn  Huygens. 


'     Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  de  Constantyn  Huygens,  père, 
a  (lir.  I  [uygens. 


CORRESPONDANCE.     1663.  289 


dit  que  vous  elles  bien  difpofè  a  vous  en  venir ,  et  qu'il  ri  attend  fi  non  que  le  froid 
foit  un  peu  pajfè  et  qu  alors  il  niadvertira  quand  il  fera  temps  que  je  me  mette  en 
chemin.  Je  crains  mefme  en  confiderant  ces  paroles ,  qu'il  ne  me  faïïe  venir  devant 
que  vous  foyez  arrivé  icy,  ce  qui  me  deplairoit  fort,  parce  que  j'ay  encore  quelque 
chofe  à  faire  qui  demande  un  peu  plus  de  temps.  Je  vous  ay  fait  fcavoir  vers 
quel  temps  vous  devriez  vous  trouucr  h  Zulichem,  fur  quoy  vous  pouvez  faire 
voftre  compte ,  et  je  croy  que  vous  ferez  bien  de  plier  bagage  au  commencement 
de  Février.  Il  en  faut  faire  fouvenir  Mon  Père  et  le  prier,  a  fin  que  nous  nous 
puiffions  veoir  a  loifir,  qu'il  n'ordonne  pas  nos  voyages  a  tous  deux  en  mefme 
temps.  Pour  ce  qui  eft  de  l'ufage  de  ma  chambre  je  vous  l'accorderay  volontiers. 

Mainard 2)  eft  affez  entendu  en  fon  meflicr,  mais  il  aura  encore  affez  de  peine  a 
trouuer  en  taftonnant  la  bonne  proportion  des  verres  oculaires ,  fi  ce  n'efr.  que 
Monfieur  Petit  ou  fon  valet  luy  en  aient  dit  quelque  chofe. 

Ce  pied  pliable  du  Cardinal  Antoine  ~)  doit  eftre  une  jolie  invention ,  et  il 
femble  prefque  incroyable,  que  fervant  a  foutenir  une  lunette  de  10  pieds,  on  le 
puiffe  mettre  en  fi  petit  volume. 

Il  me  femble  qu'il  valoit  mieux  de  monrtrer  et  les  verres  et  toute  l'invention 
de  ma  lunette  a  Monfieur  Petit,  parce  qu'autrement  il  le  glorifiera  de  l'avoir 
trouuee  aujji  bien  que  moy,  comme  il  fit  dernièrement  de  quelqu'autre4).  Mais  tout 
cela  eft  peu  de  chofe.  J'apporteray  avec  moy  un  de  mes  verres  pour  la  grande  lu- 
nette ,  a  fin  de  le  comparer  avec  ceux  qu'on  a  par  de  la,  pourveu  qu'il  y  ait  des 
tuyaux.  Saturne  doit  défia  commencer  a  revenir  mais  je  ne  l'ay  pas  encore  cherche. 
Mon  père  me  mande  que  j'apporte  aufli  ma  machine  du  vuide,  ce  que  je 
m' allure  que  vous  trouuerez  fort  plaifant.  Ce  feroit  un  beau  meuble  a  porter  en 
voyage ,  avec  un  coffre  plein  de  phioles  de  toute  forte.  Je  juge  bien  par  la  qu'il 
ne  feait  pas  combien  cette  machine  eft  grande;  et  quand  je  la  pourois  racourcir 
comme  ce  pied  de  Lunette  de  Rome,  je  n'aurois  pourtant  garde  de  m'en  char- 
ger de  peur  de  l'embaras  que  cela  me  donnerait  a  Paris,  parmy  ce  grand  nombre 
de  curieux.  Ils  fe  contenteront  bien  d'un  crayon  que  je  leur  en  monftreray,  après 
lequel  ils  en  pouront  faire  confrruire  des  femblables  s'ils  en  ont  envie. 

Si  cette  grande  roue  deftinée  pour  Verfaille  eftoit  creufe  fur  la  circonférence 
avec  des  petits  bacquets  ou  l'eau  fe  verfalt  dedans,  je  penfe  qu'elle  ne  biffe- 
rait pas  de  tourner  avec  cette  quantité  dé  10  pouces  en  quarrè  que  vous  dites, 
mais  il  faudrait  que  cette  eau  mefme  fuit  bien  haute. 


2)  Mesnard  était  physicien-mécanicien  à  Paris. 

3)  Antonio  III  Barberini  naquit  à  Rome  en  1608  et  mourut  le  3  août  1671  àPalestrine.  Il 
appartenait  à  cette  fameuse  famille  pontificale  dont ,  après  leur  chute,  les  derniers  membres 
allèrent  chercher  l'appui  du  cardinal  Mazarin.  Il  devint  cardinal  en  octobre  1655,  et  reçut 
en  novembre  1661  la  principauté  de  Palestrinc. 

4)  Comparez  la  Lettre  N°.  1066. 

Œuvres.  T.  IV.  37     - 


20O  CORRESPONDANCE.    1 663. 


Voffius  m'a  die  que  l'on  vend  iey  la  Relation  5)  de  l'Ambafladeur  de  Venilé6) 
donc  vous  parlez,  et  je  vous  en  envoieray  un  exemplaire,  pourveu  qu'il  loir,  petit. 

Je  n'ay  pas  encore  nouuelle  de  Monfieur  Brus,  qui  pourtant  doit  ettre  paffe 
en  peu  de  temps.  Chez  Monfieur  de  Sommerfdyk  r)  L'on  n'en  a  non  plus.  Le 
confeiller  de  Raet8)  mourut  hier  au  matin  d'une  pleurefie,  qui  avoit  duré  3  ou 
4  jours. 

Pour  le  frère  Louis. 


N2   1090. 

A.  Bruce  à  Christiaan  Huygens. 

12    JANVIER     1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leidea ,  coll.  Huygens. 

o 

a  Londres  ee         Janvier   1663. 
Monsieur 


Je  vous  demande  pardon  de  ne  vous  avoir  poin  eferit  par  le  dernier  ordinaire, 
pour  vous  dire  la  vérité  Je  l'oublia  jusques  a  ce  que  la  poil  eftoit  parti  et  alors 
j'eftois  bien  fafehé.  la  raifon  que  je  l'oublia ,  eltoit  que  j'avois  fi  pu  a  vous  eferire 
touchant  cette  affaire  de  mes  horologes  que  il  ne  ne  valoit  pas  la  pain  de  vous  ef- 
erire. cette  nuit  que  nous  Ibrtifmes  de  Ilelevoet  fluys  nous  avions  le  vent  fi  con- 
traire et  le  vaifeau  (i  petite  que  quoy  qu'il  ne  faifoit  poin  de  tout  orage  le  vaifeau 
eltoit  fecoué  plus  qu'il  eft  poflible  de  fecouer  un  berceau  tellement  que  le  vieux 
tomba  de  haut  en  bas  le  vis  qui  entret  dans  la  boule  eltant  défait  par  le  branfiement 
du  vaifeau.  et  le  nouveau  s'arefta  et  moy,  j'eltois  i\  extraordinairement  malade 
que  Je  ne  pouvois  rien  l'aire  au  mond.  le  lendemain  je  fit  toucher  le  nouveau  pour 
le  faire  recommencer  et  le  vaifeau  n'eftant  plus  fi  furiefment  fecoué  il  continua 
d'aler  julques  a  ce  que  nous  arivafmes.  voyla  tous  ce  que  Je  pouvois  obferver  fur 
mer.  eftant  arivé  un  officier  de  limpolr.  les  l'ai  l'oit  pour  les  fair  payer  le  droit 


Ces  „Relazione  degli  Ambafliatori  Veneti  al  Senato"  étaienl  des  rapports  d'ambassadeurs 

revenant  de  leurs  ambassades. 
8  )    Probablement:  Giovanni  Formosa  Marchesini. 
'  )   Sur  Cornelis  van  Aerssen,  seigneur  de  Sommelsdijk ,  le  beau-pére de  Alex.  Bruce,  voir  la 

Lettre  N°.  1001  ,  note  3. 

Gualter  de  Raet  fut  membre  de  la  Cour  de  Hollande  depuis  le  2  mai  1642  jusqu'à  sa  mort , 

qui  eut  lieu  le  10  janvier  1663. 


CORRESPONDANCE.     1663.  29  I 


d'entré  tellement  que  j'eftois  obligé  de  les  laiflèr  a  Harwitch  et  ils  ne  font  pas  en- 
core arives,  mais  en  deux  ou  trois  jours  je  les  attends  icy.  voyla  comme  nous  fom- 
mes  fruftrées  de  noilre  attent  pour  ce  fois  icy.  J'aye  donné  voftre  lettre  ')  a  Mon- 
iteur Moray  et  la  refponce  -)  que  vous  aves  fait  a  Moniieur  1  lobbs  a  elle  len  dans 
noftre  aflèmble  3)  avec  grand  applaudilémcnt.  Monfieur  Moray  allur4)  envoyé  an 
librair  5)  de  Moniieur  Hobbs,  et  ce  qu'en  arivera  vous  le  feauries  avec  le  temps. 
Si  en  aucune  chofe  je  vous  pourois  fervir  pendent  que  je  fuis  icy  je  iéray  bien  aife 
d'en  trouver  l'occalion.  car  j'aye  elle  li  charmé  de  voftre  company  pendent  que 
j'aye  elle  en  Hollande  que  j'eftimerois  le  plus  grand  bonheur  que  je  puis  avoir 
alieurs  de  vous  pouvoir  fervir.  pourquoy  je  vous  fuplie  de  m'employer  et  vous 
trouvères  combien  je  fuis  avec  paffion 

Monsieur 

Voitre  trefaffeétioné  amie  et  trefhumble  ferviteur 

A.  Bruce. 
A  Moniieur 
Monfieur  Christian  de  Zulichem. 
a  la  Hay. 


Ng   1091. 

R.  F.  de  Sluse  à  [Christiaan  Huygens]. 

12    JANVIER     1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  a  été  publiée  par  G  le  Paige  dans  le  Bail,  di  Bibliogr.   T.  17. 

Nobiliflime  Domine 

Conftitueram  faepius  refpondere  iucundillimis  tuis  décima  menfis  elapli  datis  '), 
fed  fub  ipfum  Tabellarij  difeeflum  tôt  trieae  femper  inciderunt,  vt  haétenus  dif- 


')    Voir  la  Lettre  N°.  1083. 

2)    Voir  la  pièce  N°.  10H4. 

sy    Elle  fut  lue  dans  la  séance  du  31  décembre  1662  (Vieux  style);  dans  celle  du  24  décembre 

on  avait  résolu  de  tracer  en  grand  la  ligure,  pour  rendre  plus  intelligible  la  lecture. 

4)  Lisez:  a  cette  heure. 

5)  Andréas  Crooke.  Voir  la  Lettre  N°.  104-,  note  1. 


')   Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  de  Sluse,  du  10  décembre  1662. 


202 


CORRESPONDANCE.     1 663, 


ferre  coaclus  lim.  Facile  tamen  ,  vtfpero,  mihi  condonabis  hanc  moram  ;  molef- 
tiarum  forenfium  proprio  etiam  cxperimento  non  ignarus,  in  quibus  aetas  mihi 
terme  tota  contcrendaeft  aKhci  ru  (ûv  scctro/xsv  ocyjviuvoixép. 

Gaudeo  Te  ac  Clarillimum  Huddenium  in  tangentium  mechodum  meae  non  ab- 
fimilem  incidiffe:  an  vero  eadem  lit  necne,  hoc  Tfx/zjjp/w  colliges.  Ego  meam 
docere  pofïum  vel  omnino  rerum  Geometricarum  rudem;  breuiffimis  enim  regulis 
adiutus,  qnamlibet  propolitam  aequacionem,  leui  aliquoc  charcerum  mucatione,  in 
eam  quae  rangentem  indicat ,  abfque  vllo  calculo  conuercec.  liane  vero  ex  ea 
deduxi  quâ  decennio  et  amplius  vins  fueram,  fed  non  abfque  aliquâ  calculj  1110- 
leitià;  in  quem  dum  accencius  infpicerem,  mechodum  tandem  inueni  qua  facilio- 
rem  arbitror  darj  non  poflè. 

Pun&um  Hexus  in  Conchoide  notiâ2)  iolïco  ingenij  acumine  a  Te  repertum 
cil  ;  credo  et  alia  ad  locos  fpeétantia,  quae  tam  in  illâ  quam  in  alia  vcterum  ob- 
fervafle  me  fcripferam.  Roberuallij  vel  eu iu fuis  alterius  (nam  de  auctore  adhuc 
incertus  fum)  artificium 3),  fi  recte  meminj,  hoc  eft.  Data  ficquaelibcc  curua  AGD, 
cuius  axis  AC,  verfus  A  indefinité  produftus,  applicata  CD,  tangens  quaelibetGI 
occurrens  axi  in  I,  et  ex  G  punfto  applicata  GB.  Duca- 
tur  nunc  ex  I,  rerfta  III,  parallela  et  aequalis  BG,  et  fie 
femper  fiât,  donec  per  punfta  AH II  duci  pollit  curua,  quae 
quidem  terminum  accipiet  in  recta  DF  parallela  CA  ,  fi  tan- 
gens in  punélo  D  occurrat  axi  produéco.  fin  minus  excen- 
detur  in  inlinitum  circa  afymptoton  DF  vt  patet.  Oftenfum 
elt  ab  auctore  fpatium  vel  finitum  vel  infinitum  AHFDGA  , 
aequale  elle  fpatio  ACDGA. 

Demonicracio  nunc  ad  manum  non  eft,  nec  vacat  exqui- 
rere;  eam  itaque  tibj  cum  otium  erit  inueftigandam  rclin- 
quo.  Mentio  Roberuallij  memoriam  mihi  refricat  Clariflîmi 
Pafcalij  de  quo  iam  ab  annis  aliquot  nihil  intellexj.  Ea 
propter  rem  mihj  gratifiimam  faciès,  li  de  eius  ftatu  ac  ftu- 
dijs  me  certiorem  reddideris 4). 

Praeuideram  argumenta,  quae  adverfus  rationcs  a  me  in  explicationem  ex- 
perimentj  tui  hydroftaticj  allatas 5),  adducis:  et  dicj  quidem  police  plumbum,  vel 
alind  quodlibet  in  phialâ  defeendens,  vel  leuiflimo  aeris  refiduj  impulfu  ad  motum 


2)  Des  Adversaria  il  résulte  que  cette  nouvelle  Conchoide,  queChr.  Huygens  désigne  comme 
„(  'onchoides  Slufii", est  la  courbe  décrite  par  le  point  D  d'une  droite  ALD,  tournant  autour 
du  point  fixe  A,  de  manière  que  le  produit  AL  X  LD  reste  constant,  les  points Létant 
située  sur  une  môme  droite  (ixe. 

■  )    Consultez  la  Lettre  N°.  1068,  note  2. 

4 )    Biaise  Pascal  était  déjà  mort,  à  Paris,  le  iy  août  1662. 
Consultez  la  Lettre  N\  1068. 


CORRESPONDANCE.    1663.  093 


deorfum  determinarj,  cum  ad  tollendam  eius,  vt  ita  dicam  ,  ciètuCpopiuv ,  vel  mi- 
nima  caufîa  fufficiat. 

Sed  non  adeo  mihi  arrîdet  commentum  vt  in  eo  confirmando  operam  impen- 
dere  velim.  Ad  aliud  igitur  experimentum  tranfeo ,  quod  mihi  omnes  de  naturà 
glaciej  rationes  conturbauit.  Si  enim  aqua  in  glaciem  coit,  cum  eius  partes  a 
materiâ  fubtili  fleéli  non  poflunt,  idque  praefertim  cum  tenuiffimae  illarum  vi 
caloris  auolarunt ,  confequens  fane  videtur,  dum  bullis  purgata  efl,  facilius  con- 
gelarj  debere  :  vldemus  quippe  eam  glaciem  elîê  folidiflimam  in  qua  minores  bullae 
apparent.  Quid  vero  tandem  illae  funt  aliud  quam  aer  inclufus?  At,dicentDe- 
mocriticj,  abfque  aère  aqua  non  congelafck ,  vnde  et  a  fuperricie,  non  ab  imo 
aluej  in  fluuiis  glacies  incipit.  Jta  Gafï'cndus,  cuj  tamen  quotidiana  experientia 
rcfragatur:  cum  plerumquc  in  imo  formarj  glaciem,  quae  Mofae  noftre  fuperna- 
tat,  notius  fit,  quam  vt  in  dubium  reuocarj  queat.  Vrgeo  nunc  cur  oleum  quod 
aère  maxime  ac  bullis  abundat,  concrefcit  tantum,  non  etiam  in  glaciem  coit, 
fpiritus  vini  vero,  quj  bullis  non  caret,  nequidem  rigidiflimo  gelu  vel  minimum 
concrefcit?  Non  igitur  ab  aère  inclufo  vel  exclufo  conglaciat  liquor,  fed  cauffa 
aliunde  petenda  eft:  vnde  autem  non  video.  Jtaque  ad  folemnem  mihi  in  rébus 
phyiicis  eT0%qv  rurfus  reuoluor ,  et  vlterius  in  glaciej  naturam  inquirendum  cen- 
feo.  Decreucram  hac  gelidâ  anni  tempeitate  aliquot  experimentis  mihi  viam  ape- 
rire,  fed  dum  faepius  interpellor,  praeter  aliquot  lagenarum  iafturam,  quas  aeri 
gelido  expofueram,  nihil  fucceffit.  Pergam  tamen,  dum  tu  me  ijs,  quae  in  in- 
ilrumento  tuo  pneumatico  fieri  pofTunt,  experimentis  adiuuarc  velis.  Quod  vt 
facias ,  et  me  quo  foies  afteétu  profequaris,  etiam  atque  etiam  rogo.  Vale.  Dabam 
Leodij  xn  Anni  mdclxiii  quem  tibi  fauftum  ac  felicem  precor  ex  animo.  Jte- 
rum  Vale. 

Tui  Obferuantiffimus 

Rrnatus  Franciscus  Slusius. 

Cum  ignorcm  vbinam  degat  Clariffimus  Heinfius,  boni  confule,  quaefo,ii 
Epiilolam  hic  adiunétam  ad  ipfum  dirigendamrt)  curae  tuae  committam.  Sed  tan- 
tum cum  tibi  commodum  erit,  nihil  efl:  enim  quod  feflinet. 


s)    Consultez  la  Lettre  N°.  1094 


204  CORRESPONDANCE.    1663. 


N=   1092. 

CHRISTIAAN    HUYGENS    à    [LODEWIJK    HUYGENS], 

18    JANVIER     1^63. 

La  l    :  .     .      oure  <i    /  ,  H  ?g<    1 

A  la   Haye  ce   18  Janvier   1663. 

Pour  vos  nouvelles  je  vous  en  rendrois  de  celles  de  la  1  lave  li  je  ne  fcavois  que 
ma  foeur  ou  l'on  mary  vous  en  fourniflènt.  Ils  vous  informeront  cette  fois  du  mal- 
heur arrive  chez  les  Acriïens  ou  je  fus  hier  pour  apprendre  comment  le  tout  s'eltoit 
pafî'è.  Voila  maintenant  qu'on  me  dit  que  Tune  s'en  eit  allée  a  Amfterdam  avec 
Mademoiselle  Helter  de  Bie1)  par  le  chariot  de  porte,  pour  r'avoir  toutes  deux 
leur  hardes;  le  larron  qui  eft  pris  ayant  confefle  par  torture  ou  demeurent  les 
receleurs. 

Touchant  voftre  voiage  Mon  Père  el'crit :)  a.mfi,Jevoy  Tootbroer  %)  ajfez  enclin 
au  voyage  d'Hollande  fans  cela  je  ne  Feu  vouârois  paspreffer.  de  forte  que  vous 
voyez  que  bientoft  il  vous  va  envoier  tout  de  bon.  et  je  lu  y  confeille  de  le  faire 
tout  au  commencement  de  febrier  •*)  parce  qu'il  faudra  que  vous  foiez  a  Zulichem 
quelques  15  jours  devant  qu'on  juge  le  procès  5)  qui  fera  le  1e1'  ou  2e  Mars.  Ce 
n'eft  que  vers  ce  temps  la  que  je  pretens  de  partir").  11  me  fait  de  nouvelles  in- 
llances  pour  la  machine  du  vuide,  mais  je  m'en  exeufe  prefque  par  les  mefmes 
raifons  que  je  vous  ay  dit  dans  ma  précédente  r). 

Le  Coufin  Zuerius  l'aifne  elt  tombe  malade  icy  depuis  4  ou  5  jours ,  et  eut  hier 
au  loir  une  forte  fièvre.  J'ay  auffi  un  peu  pati  ces  jours  parlez,  premièrement  par 
un  mal  de  dents,  après  de  la  telle,  mais  plus  grand  que  je  n'en  aye  jamais  eu.  et 
maintenant  un  devoyement  d'eftomâch  a  fuccedè  a  tout  cela  mais  qui  n'eft  pas 
véhément.  Je  vous  fouhaite  des  meilleurs  pad'etemps. 


')    Hester  de  Bie  est  peut-être  la  fille  de 

Arent  de  Bj  e,  seigneur  de  Wayestein ,  fils  du  bourgmestre  Jan  de  Bye,  et  de  Wilhelmina 
Crevé.  Il  naquit  en  1600  a  Zalt-Bominel  et  mourut  le  25  septembre  1652.  11  devint,  comme 
son  père,  bourgmestre  de  Zalt-Bommel,  et  député  aux  Etats-Généraux,  curateur  de  l'Uni- 
versité de  llardcnvyk  et  chevalier  de  Tordre  de  St.  Michel.  Il  épousa  Margaretha  Bicker, 
qui  lui  donna  un  lils  et  quatre  filles. 

:)   Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  de  Constantyn  Huygens,  père,  à 
Chr.  I luygens. 

3)   Nom  familier  de  Lodewijk  Huygens. 

*  )   Lodewijk  I  luygens  revint  de  Paris  le  (■>  février  1663  |  Dagboek  j. 

5)    Consulte/  la  Lettre  N°.  10-9,  note  1  1  et  N°.  1086. 

Christiaan  Huygens  ne  partit  pour  Paris  que  le  3  avril  1663  |  Dagboek  |. 
Consultez  la  Lettre  N°.  1089. 


CORRESPONDANCE.     1663.  295 


N=   1093. 

R.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 

19    JANVIER     1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  ht  réponse  aux  Nos.  1080  et  1083.     Cf/r.  Huygens  r  répondit  par  le  No.  1097. 

A  Whitehall  ce  9  Décembre  ')    1663. 

Monsieur 

Vos  deux  dernières  dont  Tune  eitoit  du  1  2)  l'autre  du  20.  Décembre 3)  m'ont  a 
la  vérité  fourni  aïïez  de'fuiet  pour  une  longue  lettre  mais,  n'y  trouuant  rien  qui 
m'engageait  a  taire  une  refponee  fubite,  J'ay  d'autant  plus  aifement  cédé  aux 
accidents  qui  m'ont  plufieurs  fois  détourné  de  l'intention  que  J'ay  eu  de  vous 
eferire  tous  les  ordinaires  qui  le  font  paflez  depuis  que  Je  les  ay  receuës.  J'aurois 
pourtant  furmonté  quelques  uns  des  empefehemens  qui  le  font  rencontrez  fi , 
d'autre  part,  Je  n'auois  pas  eflé  obligé  de  diferer  ma  refponee  touchant  quelque 
particularitez ,  jufqu'a  ce  qu'il  fuit  en  mon  pouuoir  de  vous  donner  les  eclaircifïç- 
mens  que  J'y  croyois  neceffaires.  Je  m'en  vay  donc  a  prefent  refpondre  par  ordre 
a  tous  les  points  de  vos  deux  lettres.  Je  n'ay  garde  de  vous  reprocher  voltre 
filence,  Cachant  bien  que  cela  ne  vous  arriue  iamais  fans  que  vous  ayiez  des  ex- 
eufes  légitimes,  pendant  que  vous  eftiez  abfent  de  la  Haye,  Je  manday  a  Mon- 
iteur Bruce  les  raifons  pourquoy  Monfieur  le  My  lord  Brouncker  et  moy  n'auons 
pas  fait  le  voyage  que  nous  nous  eftions  propofe  4).  Et  maintenant,  Je  vous  af- 
feure  que  nous  auons  encore  la  mefme  intention  pour  l'efté  qui  vient  :  Et  que  l'un 
des  plus  grands  auantages  que  nous  nous  y  promettons  eft  l'honneur  de  paffer 
quelques  heures  en  voltre  compagnie.  Vous  auez  veu  que  Je  n'ay  manqué  a  vous 
faire  tenir  le  plus  toit  que  J'ay  pu  le  dernier  papier  de  Monfieur  I  Iobbes  5).  et 
comme  vous  y  auez  trouué  nouueau  fuiet  pour  vous  confirmer  dans  l'opinion  que 
vous  auiez,  il  y  a  long  temps,  de  fon  Génie,  et  de  fa  feience,  aulîi  n'auez  vous 
point  manqué  de  le  teraller  encore  une  féconde  fois  6)  en  forte  que  ii  iamais  il 
gronde  d'auantage  il  fera  trop  ridicule  pour  mériter  que  vous  l'affommiez  une 
troifie fine  fois.  J'ay  fait  lire  en  une  de  nos  alTemblees r)  le  papier  que  Monfieur 
Bruce  m'a  apporté,  ou  l'on  a  trouué  qu'outre  la  réfutation  folide de  les  erreurs 


')  Cette  date  est  certainement  fautive  et  doit  être  janvier. 

:)  Voir  la  Lettre  N°.  1080. 

■-)  Voir  la  Lettre  N°.  1083. 

+)  Consultez  la  Lettre  N°.  1055. 

5)  C'est  l'ouvrage  décrit  dans  la  note  3  de  la  Lettre  N°.  1076. 

6j  Voir  la  pièce  N°.  1084. 

7)  La  lettre  de  Huygens  fut  lue  dans  la  séance  du  31  décembre  [662. 


2Q6  CORRESPONDANCE.    1 6  6  3 . 


grolîieres  vous  l'auez  dépeint  auec  une  naïueté  qui  le  dechifre  comme  fi  vous 
auiez  eftudié  fa  vie  et  fon  humeur  trente  ans  durant.  Monfieur  Bruce  et  moy  nous 
fommes  entretenus  pendant  que  vous  eftiez  aux  champs  de  vos  horologes  et  du 
defTein  de  les  faire  reuffir  fur  mer.  Je  kiy  confeillay  d'en  eflayer  deux  à  la  fois 
bien  adiuftez  premièrement  fur  terre,  iugeant  que  fil  y  a  moyen  de  les  faire  aller 
fur  mer,  il  feroit  par  là,  aifé  de  voir  fils  vont  bien  ou  non.  Je  ne  doubte  pas 
que  dans  des  grands  vaifTeaux  qui  ne  changent  point  de  polition  que  lentement 
ils  ne  puifîent  aller;  mais  Je  crains  fort  que  l'agitation  du  vaifieau  n'engendre  une 
vibration  de  tout  le  corps  de  l'horologe  qui  fera  capable  de  rendre  celles  du  pen- 
dule inégales.  Neantmoins  ils  pourront  bien  eitre  plus  iuftes  que  nuls  autres, 
quoy  quils  n'attaignent  point  l'exactitude  requife.  toutes  fois  il  vaut  bien  la  peine 
de  pourfuiure  cette  expérience,  comme  auffi  il  a  enuie  de  faire,  il  croyoit  l'effayer 
en  venant  d'Hollande  en  Angleterre,  mais  le  vaifTeau  ou  il  eftoit  eftant  fort  petit, 
et  les  vagues  fort  grandes  l'un  fut  jette  de  haut  en  bas  du  lieu  ou  il  auoit  efté 
pendu ,  et  l'autre  fuft  fi  fort  cbranflé  qu'il  s'arrefta  tout  court. 

Vous  ne  me  reprocherez  pas  de  ne  vous  auoir  rien  dit  du  petit  batteau  qu'a  fait 
conftruire  M  y  lord  Brouncker  quand  Je  vous  auray  dit,  qu'il  y  eft  furuenu  tant 
d'empefchemens  d'une  façon  et  d'autre,  qu'a  l'heure  que  Je  vous  parle,  il  n'efl: 
point  acheué  tout  h  fait.  Vous  ne  deuez  pas  vous  imaginer  que  Je  n'auois  point 
deflein  de  vous  en  dire  des  nouuelles  ,  aulli  toft  qu'il  en  feroit  temps.  Je  vous  en 
diray  donc  maintenant  que  nous  propofons R)  dans  nos  afiemblez  de  penfer  a  la  na- 
uigation  pour  voir  fil  y  a  moyen  de  conftruire  des  nauires  qui  ayent  toutes  les  qua- 
litez  requifes  en  plus  grande  perfection  qu'on  n'a  veu  iufqu'icy,  on  a  prié  M  y  lord 
Brouncker  et  deux  ou  trois  autres y)  de  s'en  charger,  ce  qu'eftant  raporté  au  Roy, 
Sa  Majefté  a  voulu  faire  la  defpenfe  du  petit  batteau  fait  félon  le  modèle  que 
M  y  lord  Brouncker  propoferoit,  pour  voir  fil  en  pouuoit  faire  un ,  qui  allait  mieux 
que  la  yaughte  IO)  dont  vos  Mefiieurs  de  la  Compagnie  des  Indes  Orientales  auoit 
fait  prefent  à  Sa  Majefté.  On  ne  peut  point  encore  dire  fil  y  a  reuffi  ou  non,  iufqu'a 
ce  qu'on  luy  a  acheué  tout  fon  apareil ,  ce  qui  fera  dans  15.  iours.  Vous  fçaurez 

s)    La  Société  Royale  nomma  sa  première  commission  sur  ce  sujet  le  19  décembre  1660. 

vy  Le  1  o  décembre  1660  la  Société  chargea  le  docteur  (depuis  Sir)  William  Petty  et  Mr.  Chris- 
toplier  Wrcn  de  s'occuper  de  Fart  de  la  navigation.  Le  16  décembre  1660  on  leur  adjoignit 
le  docteur  Jonathan  Goddard  et  Sir  Kenelme  Digby  et  le  4  décembre  1661  encore  Sir  William 
Brouncker.  Cette  commission  ,  cependant,  ne  donna  jamais  de  rapport,  peut-être  parce  que 
W.  l'etty  était  déjà  occupé  d'un  projet  de  vaisseau  que  nous  rencontrerons  plus  tard.  Con- 
sultez la  Lettre  N°.  1 102. 

IO)  Charles  II  passa  le  24  mai  1660  de  Breda  a  la  Haye,  pour  rentrer  en  Angleterre.  Au  Moer- 
dijk  il  s'embarqua  sur  un  yacht,  dont  il  loua  si  fort  la  commodité,  que  la  ville  d'Amster- 
dam le  lui  offrit  en  cadeau;  ce  yacht :  avait  été  donné  par  la  compagnie  des  Indes  Orientales 
au  collège  de  l'Amirauté  de  Rotterdam,  et  fut  acheté  par  la  ville  d'Amsterdam ,  qui  en  fit 
dorer  la  grande  chambre  et  l'orna  de  différents  tableaux.  On  trouve  ces  détails  dans  l'ou- 
vrage cité  dans  la  Lettre  N°.  776 ,  note  4. 


CORRESPONDANCE.     1663.  <X)J 


ce  qui  en  arriuera.  Cependant  le  modèle  que  My  lord  Brouncker  a  conftruit  a  efté 
fait  fur  les  proportions  de  longueur  largeur,  et  profondeur  qu'on  luy  a  données, 
des  quelles  on  ne  peut  pas  dire  qu'elles  font  les  meilleurs  qui  fe  puiïïent  trouuer. 
mais  on  a  enuie  d'employer  encore  bien  du  temps  et  de  largent  pour  mener  cette 
affaire  a  bout.  Maintenant  Je  vous  diray  en  deux  mots  que  Sir  William  Petty, 
qui  eft  à  prefent  en  Jrlande  &  qui  eft  un  de  ceux  a  qui  on  auoit  remis  cette  affaire 
de  Nauigation,  a  bafti  un  petit  vaifïèau  d'une  façon  qui  n'a  iamais  elle  veu  aupara- 
uant  qui  fait  merueilles.  il  feroit  trop  long  de  vous  le  deferire  exactement,  fuffira 
de  vous  dire  que  c'eft  un  corps  de  batteau  à  fond  plat,  de  18.  ou  20.  pieds  de  long 
et  9  de  large,  placé  fur  deux  cilindres  de  quelques  30.  pieds  de  long  et  1.  de  dia- 
mètre et  5.  entre  deux,  ayant  les  bouts  courbez,  comme  le  denant  dun  batteau 
ordinaire,  ce  vaifTeau  porte  600.  pieds  quarrez  de  voile,  va  deux  fois  plus  ville 
que  le  meilleur  vaifTeau  qui  fe  trouue  en  Jrlande  (il  faut  vous  dire  le  refte  en  An- 
glois  ne  le  feachant  faire  en  francois)  fhe  failes  nearer  the  winde  than  any  otber 
vefTèll,  &  falls  much  less  to  leeward.  en  fin  tout  le  monde  l'admire,  quoy  qu'il  y 
ait  quelques  chofes  a  redire.  Mais  a  une  autre  occafion  on  vous  en  pourra  entre- 
tenir plus  amplement. 

Ne  dites  pas  maintenant II[)  que  vous  auez  raifon  de  me  celer  le  moyen  par  le  quel 
vous  adiuftez  fi  bien  tout  ce  qui  appartient  voftre  Machine  que  l'air  qui  y  eft  au 
dedans  demeure  en  mefme  condition  fi  long  temps  que  bon  vous  femble.  il  eft  vray 
que  Je  ne  vous  a  pas  rendu  comte  de  l'expérience  de  l'eau  qui  ne  defeend  point  du 
haut  du  tuyau  lors  que  l'air  en  eft  extrait.  Ç'eft  parce  que  cette  expérience  ayant 
eflé  remife  à  Monfieur  Rook  "),  il  eft  mort I3)  deuant  d'auoir  fait  mettre  noftre  ma- 
chine en  eftat  de  la  pouuoir  faire  exactement,  on  y  trauaille  a  prefent.  Mais  cepen- 
dant vous  ne  vous  fouucnez  pas  aufîi  que  Monfieur  Boile  vous  a  dit  dans  la  dernière 
de  fes  lettres I4)  que  Je  vous  ay  enuoyé  que  vous  n'eftes  pas  encore  trop  afT'euré 
de  la  vérité  de  la  chofe,  puifquc  vous  ne  vous  eftes  point  ferui  d'aucune  reigle 
pour  fçauoir,  fi  l'air  eft  dans  le  mefme  eftat,  en  une  fois  comme  il  l'eft  en  une  au- 
tre, vous  ayant  propofé  de  mettre  un  tube  auec  du  ^  dedans  le  récipient  en  mefme 
temps  que  cette  expérience  fe  fait  auec  de  l'eau,  pour  feruir  de  mefure  pour  la 
ténuité  de  l'air.  Voyez  ce  que  vous  auez  a  y  repondre,  car  c'eft  en  vain  de  penfer 
a  la  caufe  de  ce  phénomène  fans  eftre  hors  de  doubte  de  la  vérité  du  fait. 


")  Voir  la  Lettre  N°.  1080. 

12)  Sur  L.  Rooke,  consultez  la  Lettre  N°.  933  ,  uote  4. 

13)  La  mort  de  Lawrence  Rooke,  survenue  le  27  juin  1662  —  pendant  qu'il  était  occupé  a 
plusieurs  recherches,  quelques  jours  seulement  avant  que  la  Société  Royale  reçut  sa  charte, 
—  fit  une  telle  impression  sur  cette  Société,  que  la  biographie  du  défunt  fut  insérée  dans  les 
„Proceedings."  Seth  Ward  offrit  à  la  Société ,  en  souvenir  de  Rooke,  une  grande  pendule 
construite  par  Fromantel  et  ornée  sur  le  cadran  d'une  épitaphe  latine  composée  par  le  Dr. 
Bathurst. 

14)  Consultez  la  Lettre  N°.  1056. 

Œuvres.  T.  IV.  38. 


2o8  CORRESPONDANCE.     1663. 


Quant  a  l'hypothefe  du  mouuement  intérieur  des  parties  des  corps  j'en  fuis  de 
mefme  aduis  que  vous,  et  pour  ce  qui  eft  de  cette  expérience  de  Lmus  touchant 
le  Tube  de  ^  qui  pend  au  doigt,  nous  l'auons  faite  I5)  ,  et  trouuons  que  non  feule- 
ment il  s'y  attache  pendant  que  le  Tuyau  eft  enfoncé  dans  le  ^  qui  eft  en  bas,  plus 
auant  qu'il  ne  feroit  li  l'on  l'y  laiflbit  en  liberté,  et  vuide,  mais  il  ne  quitte  pas  le 
doibt ,  mefme  iufqu'a  ce  qu'on  l'efleue  tout  a  fait  hors  du  ^  quoy  que  le  mouue- 
ment fe  faïïe  fort  lentement.  Cette  lettre  eft  défia  li  longue  que  vous  ne  me  blafme- 
rez  pas  fi  Je  remets  la  raifon  qu'on  en  donne  a  une  autre  fois,  fi  cependant  vous  ne 
la  rencontrez  pas  vous  mefmes  en  y  penfant.  Monfieur  Boile  et  tout  le  rerte  de  vos 
amis  icy  ont  veu  voftre  hiftoire  I<5)  de  la  defcente  de  l'eau  dans  le  Tube  il  y  a  long 
temps  I? ),  et  Je  crois  vous  en  auoir  aufli  remercié  l8)  de  leur  part,  ou  bien  fi  J'y  ay 
manqué  Je  m'expofe  a  voftre  mifericorde,  mais  deuant  que  de  définir  la  raifon, 
comme  J'ay  défia  dit,  foyons  a  fleuré  de  la  vérité  de  l'expérience,  au  rcfte  il  ne  femble 
pas  difficile  de  rendre  compte  de  la  defcente  de  l'eau  lors  quune  petite  bulle  monte 
au  fommet  du  tuyau,  puis  que  les  particules  d'air  qui  font  conftraints  a  fe  referrer 
dans  peu  de  place  tant  qu'ils  fe  trouucnt  comprimez  de  tous  coftez  par  l'eau, 
aufli  toft  qu'ils  font  en  haut  ou  ils  trouuent  les  coudées  libres  leftendent  en  forte 
qu'ils  donnent  lieu  a  l'eau  de  defcendre.  quoy  que  cecy  foit  dit  affez  laconique- 
ment, vous  le  comprendrez  bien. 

Vous  ingérez  par  mon  eferiture  que  Je  me  hafte.  touteffois  Je  n'acheueray  pas 
fans  vous  remercier  pour  vos  linres Iy)  en  premier  lieu,  et  puis  vous  diray  que  J'ay 
fait  tenir  au  libraire  de  Monfieur  Hobbes  voftre  papier  -°)  auec  le  Hure*1)  pour 
luy  faire  tenir.   Vous  feaurez  ce  qui  en  arriuera. 

il  faut  adioufter  encore  que  ce  liurc  ")  de  Ç  et  ^  in  0  ne  fe  trouuent  point  en- 
core parmi  nos  libraires.  C'eft  pourquoy  vous  ne  feriez  pas  mal  d'en  faire  tenir 
une  Copie  a  Monfieur  le  cheualier  Neile.  encore  un  mot  de  repreheniion  de  ce 
que  vous  nous  faites  fi  long  attendre  mefme  auec  la  dernière  impatience  ces  trait- 


I5)  Cette  expérience  de  Lirais  fut  exécutée  dans  la  séance  de  la  Société  Royale  du  31  décembre 

1662  (  Vieux  style);  le  rapport  du  Dr.Goddard  fut  lu  dans  la  séance  du  14  janvier  i6~6§. 
'6)  Consultez  la  pièce  N°.  1033. 

17)  Cette  lettre  de  Chr.  Huygens,  du  14  juillet  [66a,  a  été  lue  dans  la  séance  de  la  Société 
Royale  du  23  juillet  [662  (Vieux  Style). 

18)  Dans  la  Lettre  N°.  1055  ,  R.  Moray  n'avait  pas  accusé  la  réception  de  cette  pièce.  Dans  la 
Lettre  N°.  1080,  Chr.  Huygens  adonné  les  raisons  qui  le  faisaient  douter  si  elle  avait  été 
reçue  et  montrée  a  Boyle. 

'»    Voir  la  Lettre  N°.  1083. 
2°)  Voir  la  pièce  N'.  1084.. 

2I)  L'ouvrage  de  Chr.  Huygens  „De  circuli  magnitudine  inventa."  Voir  la  Lettre  N°.  191, 
note  1 . 
1  L'ouvrage  de  Hevelius  „Mercurius  in  Sole  VÎSUS."  Voir  la  Lettre  N°.  872,  note  s. 


CORRESPONDANCE.     1663.  299 


tez  du  mouuement  et  de  la  Diopcrique  que  nous  croyons  eftre  deubs  au  public  par 
voftre  promeïïè  quand  ils  ne  le  feroient  pas  aux  folicitations  de  tant  de  vos  ferui- 
teurs,  particulièrement  de  ceux  que  vous  auez  nommez  dans  vos  deux  dernières, 
lefquels  le  recommendent  tous  a  vous  auec  toute  l'amitié  du  monde,  comme  fait 
parmy  eux  celuy  qui  efr. 


Monsieur 


le  plus  affectionne  et  le  plus  humble 
de  tous  vos  feruiteurs 

R.    MORAY. 


A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 

a  la  Haye. 

XII 


N=  1094. 

Christiaan  Huygens  à  N.  Heinsius. 
11  janvier   1663. 

La  lettre  se  trouve  à   Leiden  ,  coll.   Burin ann. 
Elle  est  la  réponse  aux  Nos.   1075  cl    1081. 

Viro  Illuftri  Nicolao  Heinsio  Chr.  Hugenius  S.  D. 

Hae  quas  cernis  a  Slufio  ad  te  datas  ')  ,  admonucre  me  officij  ;  qui  binis  tuis  jam 
ab  aliquo  tempore  acceptis  literis  nimium  diu  rcfpondere  diftuli,  gratiafque  agere 
de  novis  quae  mifiiti  phaenomenis.  Primum  horum  pugnae  navalis  fimulacrum 
erat,  ad  Orizondicum  fretum  in  nubibus  vifum  ,  mirandâ  hercle  fpecie,  fi  modo  ex 
fide  tradita.  Alterum  illo  etiam  mirabilius,  fed  quod  non  jam  ad  meteora  fed  ad 
fpecfra  référendum ,  praelium  umbratile  feilicet  haud  longe  Upfalia  commirTum. 
Hacc  vero  ncque  credibilia  mihi  videntur  ,  fateor,  etiamfi  jiirati  telles  adfirment, 


J)    Consultez  la  Lettre  N°.  1091. 


CORRESPONDANCE.    1663. 


neque  omnino  ad  argumentum  faciunc  quod  fufcepi  pertraétandum,  cum  nihil  nifi 
pareliorum  caufas  circulorumqne  perfequar  qui  cum  illis  apparerc  folent.  Itaque 
de  génère  horum  fi  quid  forte  illic  ad  te  deferetnr,  beabis  me  fi  participera  feceris 
ut  jam  feciiti  aliquoties;  de  alijs  vero  non  efi:  quod  mea  caufa  inquiras.  quod  certe 
jam  pridem  admonuifïë  dcbueram,  fed  fcire  te  credidi.  Apollonium  jam  diu  efi: 
quod  et  ego  ab  Elzevirio  acccpi  2)  donum  Sereniffimi  Principis  Leopoldi  fcilicet , 
cui  et  per  epirtolam  gratias  cgi  3).  Jam  vero  a  longo  tempore  nihil  illinc  litcrarum 
remifium  efi:,  credo  quod  gravioribus  curis  cura  ftudiorum  fit  interpellata. 

De  Hevelij  nuptijs  4)  quod  fcribis  ex  alijs  quoque  intellcxeram,  qui  fi  Uraniae 
fuae  amoribus  in  pofterum  contenais  vixifîet,  fortafTe  non  fibi  minus  recïe  quam 
(tudijs  fuis  confuluifTet.  Briennij  Comitis  verfus  et  profam  legi  quibus  pinaco- 
thccae  fuae  tabellas  elegantifîïme  defcripfit.  Quid  vero  carminis  ad  te  dederit  s) 
quidve  tu  ad  illum,  nolo  nunc  fcifcitari,  quia  brevi  omnia  Parifijs  videbo.  Illuc 
enim  pater  meus  me  vocat ,  fratre  Ludovico  ad  negotia  quaedam  domum  dimifib. 
Si  qua  in  re,  dum  in  ea  urbe  ago,  opéra  mea  uti  volueris,  fcito  id  mihi  fore  gra- 
tiffimum ,  et  Vale. 

Dabam  Hagae  Comitis  22  Januarii  1663. 

Myn  Heer 
Myn  Hcer  Nicolaus  Heinsius 

Refident  van  wegen  haer  lioog  Mogenden 

Tôt 
Stocholm. 


)    Consultez  la  l-L'ftre  N°.  1029. 
:î)    Cette  lettre  de  reniercîment  île  Chr.  Huygens  au  prince  Leopoldo  de  Medicis  nes'esi  pus 
trouvée  dans  nos  collections. 

4)  Consultez  l;i  Lettre  N°.  1081,  note  9. 

5)  Voir  la  Lettre  N°.  1 08  1  ,  note  5. 


CORRESPONDANCE.    1663.  30I 

N=   1095. 

A.  Bruce  à  Christiaan  Huygens. 

16   JANVIER     1663. 
La  lettre  se  trouve  à  Le'nlen ,  coll.  Huygens. 

London  — ?   januar   i66q. 
Sir  26  " 

Jf  J  hade  bethought  my  felf  (lait  tyme  J  did  write  ')  )  that  yow  underftand  fo 
perfeftly  the  Englifh  language  J  hadc  neither  put  yow  nor  my  felf  to  the  trouble 
we  were  at,  yow  to  unterftand  my  ill  french  &  J  to  write  it.  Henceforth  J  am  re- 
folved  to  intertaine  yow  in  this  language  but  if  yow  thinke  the  french  more  eafy 
for  yow  to  write  then  the  Englifh  yow  may  chufe  what  yow  thinke  beft  for  J  am 
indiffèrent  to  both  as  to  the  underftanding  of  either.  J  am  glade  to  find  yow  no 
more  difcouraged  then  my  felf  at  the  tryell  J  made  of  the  watches  in  comeing 
hither  for  J  will  aïïure  yow ,  that  no  dorme  lett  it  be  never  fo  violent  can  fo  fchake 
a  great  fhippe  as  the  packetboat  was  in  the  little  wind  we  hade  in  comeing  over. 
for  yow  can  hardly  imagin  that  any  veflell  can  hâve  fo  fuift  a  motion  as  that  hade 
fo  that  the  watch  which  did  not  fall  did  fchake  from  fyde  to  fyde  lyke  a  pendule  k 
felf  &  with  that  violence  that  J  wonder  it  did  not  fall  donne  lyke  wife.  J  hâve  not 
yet  gott  hither  ail  the  peeces  belonging  to  them  but  J  expect  them  to  morow  and 
then  J  fhall  fhow  them  to  Sir  Robert  Moray  &  lett  yow  know  their  opinions  of 
them.  J  thinke  the  beft  préventive  yow  can  ufe  that  others  do  not  gett  the  préfé- 
rence of  the  invention  will  be  to  acquaint  your  acquaintances  of  the  thing  &  to 
defyre  that  it  may  not  be  graunted  to  any  other  till  the  thing  be  put  to  a  tryell, 
for  to  afke  any  thing  till  it  be  perfcdled  J  do  not  fo  well  approve ,  but  J  fhall  fub- 
mitte  to  your  better  judgement  &  the  knowlege  yow  may  hâve  of  things  &  perfo- 
nes  in  that  place. 

there  is  one  hère :)  who  prétends  to  find  the  Longitude  by  the  moone3)  but  that 
J  fuppofe  will  be  of  fo  difficult  obfervatione  that  it  will  not  be  ufefull.  to  tell 
yow  ftories  of  ail  that  paffes  at  our  meetings  were  to  write  a  volume ,  fome 
experiment  they  do  trye  evry  day  but  they  are  not  allwayes  of  great  confe- 
quence  &  fometymes  not  perfecled.  J  fhall  acquaint  them  with  what  yow  fo  civily 
fpeake  of  them.  They  defyrd  of  me  an  accompt 4)  of  whatis  performed  by  mills 
in  Holland  either  wind  mills  or  water  mills  and  fo  farre  as  J  could  remembcr  J 


')   Consultez  la  Lettre  N°.  1090. 

■)    Probablement  Thomas  Streete  (voir  la  Lettre  N°.  85  1  ,  note  1 4). 

~>)    Une  proposition  de  Th.  Streete  sur  les  longitudes  fut  lue  dans  la  séance  de  la  Société  Royale 

du  12  novembre  1662  (Vieux  style). 
4)    A.   Bruce  lut  un  rapport  sur  les  moulins  à  vent  de  la  Hollande  dans  la  séance  de  la  Société 

Royale  du  7  janvier  i66|  (Vieux  style). 


|02  CORRESPONDANCE.     1663. 


gavethem  a  lift  of  ail  the  forts  chat  J  hade  feen  but  wold  not  undertake  to  give 
any  defcriptione  of  them.  Yet  they  prayed  me  to  ftrive  to  get  one  for  them  fo  that 
if  yow  could  perfuade  Monlieur  Blcau  to  write  a  defcription  of  them  &  print  it 
vvith  the  figurs  (a  projeér.  yow  know  we  were  upon  when  J  was  in  Hollad),  it 
wold  be  a  very  noble  worke  &  worthy  of  yow  &  very  acceptable  to  the  Royale 
Society.  J  am 

Sir 

Your  moft  humble  &  faithfull  fervant 

A.  Bruce. 

Monfieur 

Christian  Hugens  de  Zulichem 

a  la  Hay 

Hollande. 


N=   1096. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 
1    février    1663. 

Lu  lettre  et  In  copie  se  trouvent  à  Leidett,  coll.    Huygens. 

A  la  Haye  ce   i   Février  1663. 

Je  ne  vous  ay  point  eferit  par  l'ordinaire  pafTè  n'ayant  rien  receu  de  voftre 
part,  ce  que  je  croy  pourtant  maintenant  eftre  arrive  de  ce  que  voftre  pacquet 
s'eft  égaré,  car  dans  ce  que  vous  eferivez  a  ma  focur  il  y  a  des  circonftances  qui 
font  veoir  que  vous  aviez  eferit,  et  cependant  per forme  n'a  rien  receu.  J'ay  en- 
voie a  Lemans  ')  pour  eela  aujourdhuy  qui  dit  qu'il  n'y  a  eu  autre  ehofe  que  la 
lettre  de  Mon  Père. 

(  'e  n'eft  pas  il  Signor  Padre  qui  a  effacé  les  2  lignes  dans  ma  lettre2)  fans  fuper- 
feription  mais  moymefme,  car  je  m'en  fouviens,  et  je  m'eftonne  de  ce  que  vous 
dites  que  le  feus  en  paroiflbit  interrompu.  Je  ne  penfe  pas  au  relie  qu'il  y  avoit 
rien  dans  la  dite  lettre  qu'il  ne  put  veoir. 

Ne  contez  pas  le  1  de  Mars  félon  Le  vieux  ftile ,  car  c'eft  ce  jour  la  ftilenou- 

'      Lemans  appartenail  probablement  a  la  maison  tic  la  Princesse  Douairière. 
2)    Dans  la  Lettre  X".  1092  du  r8  janvier  (voir  page  294),  après  la  phrase  imprimée  en  carac- 
tères italiques ,  Chr.  Huygens  avait  bille  deux  lignes,  maintenant  illisibles. 


CORRESPONDANCE.     1663.  303 


veau  ,  que  la  Banque  fe  tient ,  wel  te  weten  3).  Partant  je  fuis  marry  que  vous  ne 
foiez  parti  des  aujourdhuy ,  a  fin  que  vous  ne  foiez  contraint  de  vous  en  aller  auffi 
tofl:  que  vous  ferez  arrivé,  ce  qui  fera  neceflaire  fi  vous  n'arrivez  icy  que  le  20e. 
N'attendez  donc  pas  jufqu'au  8e  fi  vous  pouvez  partir  pluiloft  ou  bien  refolvez 
de  venir  par  la  polie. 

Je  fouhake  pluftofi:  maintenant  que  vous  n'ameniez  pas  Monfieur  Thevenot, 
parce  que  je  devray  me  mettre  en  chemin  peu  après  qu'il  fera  arrivé,  ce  qui  me 
fafcheroit  extrêmement. 

Je  vous  remercie  des  petits  miroirs,  et  verray  fi  Monfieur  Petit  a  dit  vray;  ils 
ont  bonne  couleur. 

J'ay  demandé  aux  libraires  a  la  grand'  Sale4)  s'il  y  avoit  une  traduction  en  Fran- 
çois 5)  de  l'hiitoire  de  Chine6)  de  Martinius 7),  qui  difent  que  non,  mais  bien 
une  flamende  8).  En  portant  refponfe  a  Monfieur  Conrart ?)  n'oubliez  pas  d'y  ad- 
joufter  mes  trefhumbles  baifemains  et  que  j'ay  beaucoup  de  joye  en  penfant  que 
j'auray  bien  toi!  l'honneur  de  le  veoir. 

J'auray  foin  de  m'inlbrmer  touchant  les  livres  que  Monfieur  le  Comte  Dille  IO) 
demande.  C'efl  un  trcfhonnerte  et  trefgalant  homme  a  qui  je  fouhaiterois  de  pou- 
voir rendre  fervice. 

Quand  ces  Mefiieurs  les  Curieux  demandent  que  j'aporte  avec  moy  ma  grande 
lunette ,  ils  entendent  les  verres  comme  je  croy ,  ou  feraient  ils  bien  fi  fols  de 
croire  que  je  tranfporterois  fi  loing  ce  tuyau  de  11  pieds?  Saturne  fera  juftement 
en  eftat  d'eftre  obfervè  quand  je  feray  venu  et  fes  anfes  dans  la  pofition  ou  elles 
doivent  paroiftre  les  plus  larges. 

Au  frère  Louis. 


3)  Traduction:  bien  entendu. 

4)  La  grande  Salle  des  Chevaliers  à  la  Haye,  où  des  bouquinistes  avaient  leurs  échoppes. 

5)  Une  traduction  française  n'a  été  publiée  que  plus  tard ,  sous  le  titre  : 

Hiftoire  de  la  Chine,  traduite  du  Latin  du  Père  Martin  de  la  Compagnie  de  Jéfus,  par 
l'Abbé  de  Pelletier.  Paris  chez  Claude  Barbier,  1692.  II  Vol.  in-120. 

6)  Martini  Martinii  Tridentici  e  Societate  Jefu  Sinicae  Hiftoriae  Decas  Prima.  Res  à  gentis 
origine  ad  Chrilhim  natumin  extremà  Afià,  five  Magno  Sinarum  Imperio  geflas  complexa. 
Monachii  Typis  Lucae  Straubii,  Impenfis  Joannis  Wagneri  Civis  &  Bibliopolae  Monacen- 
fis.  Cum  Privilegio  Caefareo.  Anuo  cioicclviii.  in-40. 

7)  Martin  Martini  naquit  en  161 1  à  Trente  et  mourut  le  6  juin  \66\  à  Hong-Tcheon.  Admis 
dans  l'ordre  des  Jésuites  en  1631 ,  il  partit  en  163-  pour  les  missions  de  la  Chine,  dont  en- 
suite il  devint  le  supérieur.  Il  publia  divers  ouvrages  sur  la  Chine,  entre  autres  le  renommé: 

Nova  Atlas  Sinensis.  1655. 

8)  Nous  n'en  connaissons  pas  d'édition  en  hollandais,  mais  bien  une  réimpression  de  l'édition 
latine  „Amllelaedami,  Apud  Joannem  Blaev.  mdc.lix."  in-8°. 

?)   Sur  Valentin  Conrart  voir  la  Lettre  N°.  235 ,  note  8. 
IO)  Sur  le  comte  d'Isle  voir  la  Lettre  N°.  801  ,  note  7. 


304  CORRESPONDANCE.     1663. 


N=  1097. 

CllRlSTIAAN    IIUYGENS    h    R.    MoRAV. 


1    FÉVRIER     1663. 

res,  Ro 

y  répont 

A  la  Haye  ce  2  février   1663. 


La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1093.      R.  Moray  y  répondit  par  les  Nos.  1098  ci   woi 


Monsieur 


Je  vous  remercie  de  la  peine  que  vous  avez  prife  a  faire  tenir  a  Monfieur  Hob- 
bes  mon  livre  ')  et  ma  refponfe  2)  de  la  quelle  ceux  de  voftre  Académie  ont  fait 
un  jugement  trop  favorable  [croyant  mefme  d'y  veoir  des  chofes  que  je  n'y  trouue 
point]  3).  Je  verray  très  volontiers  ce  que  le  bon  homme  en  dira;  mais  quoy  que 
ce  puifTe  eftre  je  ne  penfe  pas  que  je  luy  faïïe  refponcc  une  féconde  fois. 

Monfieur  Bruce  m'a  fait  feauoir  luy  même 4)  ce  qui  eft  arrivé  a  fes  horologes  en 
chemin,  et  comment  la  mer  les  a  mis  en  déroute,  dont  pourtant  je  ne  me  fuis 
point  eftonnè,  vu  ce  qu'il  adjoute  de  l'énorme  agitation  de  la  barque.  L'on  verra 
aflurement  tout  autre  choie  quand  on  fera  l'efTay  dans  de  grands  vaiflèaux  des 
quels  le  mouuemcnt  eftant  beaucoup  plus  lent,  je  ne  croy  pas  que  jamais  toute 
l'horologc  s'y  change  en  pendule  ainfi  que  vous  l'appréhendez. 

Le  dc(ïcin  de  perfeftioner  les  vaifTeaux  ou  Mylord  Brouncker  et  ces  autres 
Meflieurs  5)  s'occupent,  me  plaie  fort,  mais  il  y  a  tant  de  chofes  a  confiderer  dans 
cette  architecture  qu'il  me  femble  impoflible  d'y  rien  déterminer  par  Mathéma- 
tique. Pourtant  la  nouvelle  invention  du  Chevalier  Petty  femble  promettre 
quelque  chofe  de  bon  (i  le  raport  qu'on  vous  en  a  fait  cfl  véritable.  Je  ne  puis 
aucunement  comprendre  quel  effecl  y  font  les  2  cylindres  fur  les  quels  vous  dites 
que  fon  batteau  eft  place,  font  il  creux  ou  folides,  pofez  du  long  du  batteau  ou 
de  trauers?  car  fi  c'eft  de  la  première  façon  comment  font  ils  que  l'on  y  peut 
mettre  plus  de  voile  qu'autrement  et  a  quoy  fert  en  fin  la  longueur  des  cylindres 
qui  furpafle  d'un  tiers  celle  de  la  barque,  et  la  groffeur  de  1  pieds  en  diamètre? 
Vous  m'en  avez  certes  dit  trop  peu  pour  que  je  puifTe  deviner  le  refte  et  fi  je  vous 
deferirois  maintenant  ma  machine  du  vuide  avec  mefme  obfcuritè  ce  ne  feroit  que 
vous  rendre  la  pareille.  Voicy  dans  la  page  fuivante  une  figure  qui  vous  en  fera 
comprendre  la  forme. 

Le  pifton  comme  vous  voyez  fe  tire  par  en  haut,  mais  non  pas  plus  avant  que  A 


'     Le  traité  ,,De  Circuli  magnitudine  inventa."  Voir  la  Lettre  N°.  191,  note  1. 

Voir  la  pièce  N°.  1084. 

(  les  mots  entre  []  sont  billes. 
•*      Consultez  la  Lettre  [V  .  îoyo. 
5     Consultez  la  Lettre  N' .  1093,  note  p. 


CORRESPONDANCE.     1 663. 


305 


l'efpace  AB  ellant  environ  de  i  pouces 
lequel  il  faut  vous  imaginer  qu'il  ell 
plein  d'eau  méfiée  avec  de  l'huile ,  en 
forte  que  cette  liqueur  defcendet  monte 
avec  le  pifton  et  ainfi  empefche  qu'il  n'y 
peut  entrer  de  l'air  dans  le  cylindre, 
mais  feulement  un  peu  de  l'eau  et  huile 
fufdite ,  lorfque  le  pifton  n'eft  pas  par- 
faitement juftc  :  ce  qui  fort  après  par  le 
petit  foufpirail  C.  le  robinet  ell:  au  colle 
du  cylindre  en  E,  auquel  eft  joint  le 
tuyau  EH ,  qui  de  l'autre  bout  ell  foudè 
a  la  petite  efcuelle  FG,  ou  il  y  a  le 
ciment  dedans  pour  mettre  le  récipient. 
La  figure  fait  veoir  le  tout  fans  qu'il 
foit  befoin  de  vous  en  dire  d'avantage. 
Quand  on  laide  repofer  la  machine,  la 
liqueur  qui  demeure  dans  l'efpace  AQ 
empefche  le  pifton  de  lécher  de  forte 
qu'on  le  trouve  toufjours  en  eftat.  Pour 
faire  que  le  piflon  ne  puifTe  monter  que 
jufqu'en  A  je  bouche  avec  du  plomb  une 
dent  du  fer  OP. 
Pour  exclure  l'air  du  récipient  après  qu'il  eft  vuidè ,  qui  eft  ce  à  quoy  je  voy 
que  vous  vous  elles  attendu  principalement,  je  ne  trouue  rien  de  meilleur  que  de 
mettre  le  récipient  fur  du  ciment  mol,  dont  je  vous  ay  parlé  cy  devant,  et  d'en- 
velopper le  robinet  de  cuir,  car  par  ce  moyen  je  n'y  trouue  faute  que  fort  rare- 
ment, la  ou  je  le  croy  prefque  impollible  avec  le  ciment  dur. 

Quand  a  l'expérience  de  l'eau  qui  ne  defcend  point  vous  pouuez  vous  tenir  allure 
du  fait,  car  j-'ay  mis  un  petit  tuyau  de  mercure  auprès  de  celuy  qui  contenoit  de 
l'eau  qui  eftoit  plus  haut  de  1  pieds  et  le  mercure  s'abaifïant  jufqu'a  i-  d'un  pouce 
l'eau  eft  pourtant  demeurée  fans  defcendre.  Si  le  bon  Monfieur  Rook  euft  vefcu6) 
plus  longtemps  afîiirement  il  auroit  trouue  la  mefme  chofe.  J'ay  auffi  fait  l'expe- 
riment  de  Linus 7)  avec  un  tuyau  de  i  pieds  ouuert  par  les  deux  bouts  et  dont  la 
cauité  egaloit  ce  cercle,  mais  il  n'a  point  voulu  demeurer  fufpendu  a 

Omon  doigt,  ny  quiter  aucunement  le  fond  du  bacquet  ou  eftoit  le  Mer- 
cure ,  ce  qui  me  fait  croire  que  vos  tuyaux  auront  eftè  plus  larges ,  que 
la  pulpe  du  doigt  s'y  fera  fourré  allez  avant  pour  tenir  le  verre  fuf- 


6)    Consultez  la  Lettre  N°.  1093  ,  note  1 3. 
r)   Consultez  la  Lettre  N°.  1080. 

Œuvres.  T.  IV. 


39 


306  CORRESPONDANCE*    L  663. 


pendu.  Je  dis  le  verre,  par  ce  que  quoy  qu'on  lente  toute  la  pefanteur  du 
tuyau  plein  de  mercure  ce  n'eil  pas  par  ce  que  le  doigt  le  fouftient,  mais  parce 
qu'il  y  eil  prefle  par  l'air  d'en  haut,  car  le  mercure  du  tuyau  efl:  fouftenu  par  la 
prefllon  de  l'air  fur  celuy  du  bacquet.  Et  ainli  il  me  femble  qu'il  n'y  relie  aucune 
difficulté  dans  ce  phaenomenc.  Si  l'on  y  pouvoit  appliquer  une  pièce  de  cuir, 
ou  autre  choie  qui  n'entroit  pas  dans  le  tuyau  comme  le  doigt ,  ou  mefme  h  le 
tuyau  eftoit  bien  eitroit  je  m'aflure  que  jamais  il  ne  s'eleveroit. 

Du  livre  d'Hevelius  ")  il  n'y  a  non  plus  d'exemplaires  icy  a  vendre  que  la;  mais 
j'en  fais  chercher  a  Amfterdam  ou  j'ay  eu  le  vollre,  et  feray  bien  aife  d'en  pouuoir 
taire  tenir  un  a  M  on  lie  u  r  le  Chevalier  Neile  a  qui  je  dois  bien  plus  que  cela.  Je 
voudrois  bien  lcavoir  li  c'elt  de  luy  ou  de  vous  ou  de  quelqifautre  qu'efl  venu  le 
livre  de  Horroxius y) ,  car  juiqu'icy  j'en  fuis  en  doute  10). 

Si  je  m'acquitc  plus  lentement  de  la  promette  que  je  vous  ay  faite  de  mes  tra- 
vaux de  dioptrique  et  autres,  je  vous  prie  de  croire  que  c'eil  a  mon  grand  regret. 
Mais  il  y  a  tant  de  chofes  qui  m'interrompent  dans  mes  eltudes  que  je  ne  puis 
avancer  que  peu  a  peu.  Voila  maintenant  ce  voyage  de  France  XI)  qui  va  derechef 
m'emporter  quelques  mois  car  je  ne  peu  le  pas  que  je  puifle  rien  faire  citant  a 
Paris.  Je  m'en  confoleray  li  je  puis  vous  y  rendre  fervice  et  j'efpere  que  vous 
voudrez  bien  m'honorer  de  vos  commandements  qui  fuis  plus  que  perfonne 

Monsieur 

Voftre  très  humble  et  très  obeiflant  feruiteur, 

ClIR.    HUGENS    DE    ZuLICHEM. 

Quand  vous  verrez  Monlieur  Bruce  je  vous  prie  de  luy  prefenter  mes  rcfpecls, 
et  dire  que  je  ne  refponds  pas  encore  a  fa  lettre  Angloife  I2)  parce  que  je  n'ay 
encore  rien  a  luy  mander  touchant  noftre  affaire,  par  ce  que  j'attens  que  mon  Ho- 
rologe foit  faite. 

A  Monfieur  Monfieur  R.  Moray  chevalier 
et  du  confeil  Privé  du  Roy  pour  les  affaires  d'Efcofle 
dans  Whithall  du  coftè  du  jardin. 

A  Londres. 

8)   Mercurius  in  Sole  visus.  Voir  la  Lettre  N°.  872  ,  note  5. 

'-')  Venus  in  Sole  visa,  que  Ilevelius  a  publié  comme  appendice  à  son  propre  ouvrage,  cité  dans 
la  note  précédente.  Voir  la  Lettre  N°.  885,  note  8. 

I0)  Lors  du  voyage  de  Huygens  en  Angleterre,  en  1661 ,  Neile  lui  avait  conlié  le  manuscrit  de 
I  lorrox.  (Consultez  la  Lettre  N°.  935).  Huygens  proposa  à  I  levelius  de  le  lui  envoyer  pour 
que  celui-ci  le  lit  paraître,  en  entier  ou  en  extrait,  en  même  temps  que  ses  propres  observa- 
tions sur  le  passage  de  Mercure.  (Consultez  la  Lettre  N°.  885).  I  luygens  l'envoya,  en  effet . 
en  novembre  l66l.(Voirla  Lettre  N°.  921). 

11  1  Huygens  partit  pour  Paris  le  23  mars  io"^. 
C'est  la  Lettre  N".  1095. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  307 

N=   1098. 

R.  Moray  à,  Christiaan  Huygens. 

l6    FÉVRIER    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Lc'ulen,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1097. 


A  Whiteball   ce  6.  Janvier   1663  '). 


Monsieur 


La  refponcc  que  Je  teray  a  prêtent  a  voitre  dernière  du  2.  du  Courant  ne  fera 
pas  longue,  mais  vous  me  le  pardonnerez  quand  Je  vous  en  auray  dit  la  raifon. 
J'ay  enuie  de  vous  enuoyer  une  ample  defeription  du  nouueau  vaifleau  qu'a  con- 
(truit  Monfieur  le  Cheualier  Petty  2)  ,  mais  elle  n'eit  point  encore  prefte.  et  Je  ne 
vous  fais  ce  mot,  que  pour  fçauoir  quand  vous  prétendez  eftre  a  Paris,  et  par 
quelle  adrefle  Je  vous  pourray  eferire  quand  vous  y  ferez.  J'auois  prefque  oublie 
de  vous  dire  qu'on  nous  fait  àcroire  icy  que  nollre  portugais  3)  ert  bien  receu  a 
Amfterdam  &  que  Ton  y  cil  fort  fatiffait  de  les  propolirions  touchant  la  longi- 
tude &c,  et  qu'on  luy  en  a  promis  tout  ce  qu'il  à  demandé.  Vous  fçauez  qu'il 
n'y  a  pas  grande  fuiet  de  croire  que  J'y  adiourte  foy  :  vous  feauez  que  Je  fuis  de 
tout  mon  coeur 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefobeifTant  feruiteur 
R.  Moray. 

Je  vous  fouhaite  bon  voyage. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 
xii  A  la  Haye. 


1)  D'après  le  contenu  des  lettres  Nos.  1093,  1097  et  1 10?.,  il  est  évident  que  Moray  se  trompa 
dans  le  nom  du  mois  et  que  cette  lettre  est  du  6  février  (Vieux  Style). 

2)  Sir  William  Petty,  fils  d'un  drapier,  naquit  le  16  mai  1623  à  Rumsey  (Hampshire)  et  mou- 
lut le  16  décembre  1687  à  Londres.  Dès  l'âge  de  15  ans  il  se  mit  en  voyage,  travaillant  et 
étudiant  à  Caen  ,  Leiden  ,  Utrecht  et  Paris;  il  retourna  en  Angleterre  en  1646.  11  fut  succes- 
sivement mécanicien,  médecin,  professeur  d'anatomie  et  de  musique  à  Gresham  (16*51  , 
ingénieur  du  cadastre,  secrétaire  de  Henry  Cromwell;  Charles  II  le  lit  inspecteur-général 
d'Irlande  et  membre  du  Parlement;  il  revint  à  Londres,  devint  constructeur  de  vaisseaux  et 
fut  un  des  fondateurs  de  la  Société  Royale. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1013,  note  4. 


308  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N°=   1099. 

J.  Hevelius  h  Christiaan  Huygens. 

IO    FÉVRIER     1663. 

I.i:  lettre  se  trouve  à  Laden,  coll.  I  lux  yen  s. 
Elle  est  la  réponse  an  No.  1037.     ('//::  Huygens  y  répondit  le  ii!  mai  1665. 

Nobiliflimo  Çlariflimoque  Viro  Christiano  Hugenio 
Joiiannes  Hevelius  S.  P.  D. 

Jam  fepeimus  agitnr  mentis,  cùm  Tuas  longe  defideratiffimas  literas,  die  25  Julij 
anni  practeriti  datas  acceperim;  verùm,  qui  factum  fit,  quod  hucufque  ne  lit- 
terulam  quidem  refponderim ?  rerum  mearum  domeiticarum  mira  viciflitudo  '), 
quam  anno  elapfo  expertus,  in  caufâ  fuit:  quae  me  non  folùm  à  ftudijs  coniùetis, 
atque  ab  illis  iucundiffimis  fpeculationibus  Uranicis  omnino  avoeavit,  ac  omnium 
ferè  fufeeptorum  laborum  pertaefum  reddidit,  fed  etiam  remoram  inieeit,  quo 
minus  hucufque  amicis  etiam  familiariflïmis ,  ut  ut  faepiùs  literis  me  follicitaverint, 
fatifïaçere  potuerim. 

Nune  vero  diflîpatis  (divinâ  fie  annuente  gratiâ)  triftitiarum  ac  moleltiarum 
nebulis,  tum  ducH  nuperrime  domum  nova  nuptâ*  :),  alacriter  eommereium  litera- 
rium  viciffim  aggredior;  non  minus  etiam  brevî  ad  Mufas,  Deo  propitio,  reditu- 
rus:  quo  ea,  quae  fub  manibus  adhuc  verfantur  perfici  poffint;  quod  ut  fiât,  Deum 
fupplex  oro.  Gaudeo  Te  reftè  Mercurium  noftrum  3)  accepiflè,  gratiasque  habeo 
débitas,  quod  fententiam  tuam,  de  quibufdam  tam  libère  nobis  aperueris,  prae- 
lertim  de  diametris  Mercury ,  aliorumque  Planetarum  à  me  determinatis.  Fateor 
equidem  pofTe  nonnemini,  prima  fronte  videri,  me  mira  et  infolita  fignificafic, 
quaecunque  de  diametrorum  magnitudinibus  in  médium  protuli.  Cùm  nimium 
quantum  tam  à  Veterum,  quàm  Recentiorum,  cumprimis  Tuis,  Ricciolique  pla- 
eitis  reeedam.  Sed  quicquid  fit,  nihil  id  omnino  moror,  quod  tanto  diferimine 
difiungimur:  hanc  etiam  inormem  diferepantiam,  cùm  Mercurinm  concinnarem 
optimè  pcrlpexi.  Verùm  cùm  nobis  omnibus  nihil  antiquius  elfe  debeat,  quhm 
nuda  Veritas,  haud  potui  maiorem  Mercurij  diametrum  deferibere,  quàm  ipfa 
pbfervatio,  et  quidem  infallibili  modo  inftituta,  eam  exhibuit.  De  cactero  pe- 
nitùs  perfuadeor,  neminem  adeb  efferudem,  ut  ut  à  liminc  Uraniam  falutaverit, 
qui  non  lacis  diltincté  dilcernere  poflit  corpufeulum  quoddam  in  Sole  vifum ,  quod 
altero  duplo,  triplo,  ne  dicam  quadruplo  lit  maius,  inprimis  fi  circini  beneficio 
ad  Solis  diametrum  id  faepiùs  dimetiri  conceditur.  De  me  pariter  id  fentias  vc- 
lim,  quanquam  in  rébus  multilarijs  tenuitatis  mcae  probe  fini  confeius,  in  eiufmodi 

I  levelius  Faii  allusion  à  la  mort  de  sa  première  épouse  et  à  son  second  mariage. 
3)   Elisabeth  Koopman.  Voir  la  Lettre  N°.  r 081,  note  0. 
Mercurius  in  Sole  visus.  Voir  la  Lettre  N".  872,  note  5. 


CORRESPONDANCE.     1663.  309 


rébus  tamen ,  ubi  de  maximis  rei  Aftronomicae  agitur ,  me  adeo  eïïe  folicitum,  tan- 
tâque  cura  attentione,  et  diligentiâ,  fepofitis  aliorum  omnium  fententijs  contra- 
rijs,  imo  meâ  ipfâ  prorfùs  negleétâ,  fi  quam  diverfam  olim  habuerim  (ur  mihi 
etiam  hocce  in  negotio  de  diametro  ^  et  Ç  obtigit)  rem  peragere,  ut  vix  (quod 
pace  omnium  dictum  elle  volo)  ulli  alio  hàc  in  parte  cedam.  Profeétb,  nihilmihi 
quidem  gratius  unquam  accidiflet,  quàm  fi  Mercurium  Veneremque  quadruple 
maiorcm  invenifiem  :  eâ  enim  ratione  cum  obfervatis  meis  anno  1646  adminiltratis 
accuratè  omnia  conveniflent.  Quandoquidem  Venerem  eo  tempore  in  média  diftan- 
tiâ  à  Terra  112",  atque  fie  in  minimâ  ultra  4  intégra  minuta  derniiveram.  Verùm, 
quia  à  meifmet  oculis,  manibufque  débité  viclus  eram,  nolui  ampliùs  veritati  reii- 
ftere,  reieftis  fimul  meis  obfervationibus,  quas  Macularum  Lunarium  beneficio , 
modo  haud  adeo  certo,  obtinueram.  DeTepariter,  Vir  honorande  omninoper- 
fuafum  habeo,  fi  Tibi  obtigiffet  Mercurium  vel  Venerem  eo  pafto  in  difeo  Solis 
animadvertere,  magnitudinem  ,  feu  parvitatem  illam  diametrorum,  fine  ullà  hallu- 
cinatione,  diiudicare  potuifle.  Nefas  enim  eft  fentire ,  haud  polie  difeernere  cor- 

pufculum  Mercurij  <7,  h  corpufeulo  b,  quod  duplo 

,  maius  eft;  ut  taccam  corpus  cVeneris,  à  corpore  è 

+■         S- _  quadruplo  maiore;  in  difeo  lcilicet  Solis ,  cuius  dia- 

meter  acquatur  femipedi  Rheinlandici.  Deinde  in  eo 

®  quoque  convenimus  omnes  ad  unum,  qui  fana  utun- 

tur  ratione,  quod  nullibi  meliùs,  nec  ullâ  ratione  cer- 

tiùs,  quàm  in  difeo  Solis  diametri  apparentes  Plane- 

carum  determinentur.   Id  quod  autem  nemini,  quod 

feiam,  haélenus  obtigit,  quàm  GafIendo4J),  Horroxio, 

Crabtrio  5)  et  mihi.  Idcirco  reliqui  omnes,  qui  aliâ  via 

quaefitum  eunt,  vel  iverunt  Planetarum  diametros, 

nequicquam  lolidi  ex  fuis  obfervationibus  mihi  obij- 

cere  poffunt;  fie  ut  cum  illis  hâc  vice  nil  habcam 

commercij  ;  fed  folummodo  cum  Gafîêndo ,  Horroxio  et  Crabtrio ,  et  vice  verfa  : 

mea  nimirùm  obfervata  ex  Gaiïendi,  Horroxij  et  Crabtrij  obfervationibus;  rurlïïs 

GafTendi  diameter  Mercurij,  ex  Horroxij,  Crabtrij  et  meis  animadverfionibus 


4)  Mercvrivs  in  Sole  Vil'vs,  et  Venvs  invifa  Parifiis ,  Anno  1631.  Frovoto,&  Admonitione 
Keppleri.  Per  Petrvm  Gaflendvm,  cvjvs  heic  funt  ea  de  re  Epiftolac  dvae  cvm  Obfernati-i 
qnihufdam  alijs.  Parifiis,  Sumptibus  Sebaftiani  Cramoify,  via  Jacobaeâ,  fub  Ciconiis. 
m.dc.xxxii.  in-4-0. 

5)  William  Crabtree,  lils  du  paysan  John  Crabtree,  naquit  vers  la  fin  de  juin  1610  à  Broughtnn 
(Manchester)  et  mourut  à  Manchester,  probablement  vers  1653;  Wallis,  à  qui  nous  avons 
emprunté  cette  date,  a  cru  d'abord  que  Crabtree  était  déjà  décédé  en  1 641,  peu  de  temps  après 
la  mort  de  J.  Horrox.  Il  était  drapier ,  épousa  en  1633  Elisabeth  Prudleton,  et  profita  de  sa 
fortune  pour  se  vouer  à  l'astronomie  pratique.  En  1636  il  fit  la  connaissance  de  Jeremias 
Horrox,  qu'il  engagea  à  observer  le  passage  de  Venus  en  1639. 


CORR  ES  PON  l).\  NC  E.     1  663 . 


examinari  debent.  Praeterea,  qui  magnitudinem  Mercurij  ce  Veneris  à  me  obfer- 
vatara,  determinatamque  in  dubium  vocarc  velit,  quafi  Mercurium  non  adeb  prac- 
cifè  obfervaverim ,  Veneremque  exinde  deduxerim,  necefle,  ne  non  limul  I lor- 
roxij  et  Crabtrij  Obfervationes  Veneris  reijciat:  cùm  horum  obfervationes ,  nof- 
tris  omnino  in  ipfis  penè  fecundis  refpondeant.  Horroxius  fîquidem  magnitudinem 
eius,  in  minimâ  à  Terra  diilantiâ  1'  16" 6),  et  Crabtrius  i'  3" r)  invenerunt.  Rurfus 
ex  noftro  Mercurio,  ii  Veneris  dimetientem  eruas,  idem  plané  invenies:  Sicut  pa- 
gina 139,  ex  notis  noftris  fupra  Horroxium  clarè  patet.  Ex  Venere  viciflim  Hor- 
roxij vel  Crabtrij  eadem  magnitudo,  quam  ego  deprehendi ,  provenu  :  prout  ibi- 
dem pagina  140  fuiiùs  diximus.  De  quo  negotio  nunc  mihi  plurimùm  gratulor, 
quod  diameter  Mercurij  à  me  obfervata,  cum  Horroxij  et  Crabtrij  ad  amuflim 
convenit.  Horum  autem  obfervationes  omni  exceptione  maiores  efTe,  nemofanè 
negare  poteft.  Nam  quis  adeo  lufciofus ,  qui  non  inter  c  et  S  diferimen  notaflet ,  fi 
Venus,  ut  Ilicciolus  vult,  quadruplo  fuifletmaior,  quatuor  feilicetminutorum.  Pro- 
feélb  ii  tantac  magnitudinis  Venus  fuifïet,  nonne  ambo  ifti  Angli ,  nunquam  fatis 
laudandi  Coeli  Interprètes  candidiflimi,  illam  4  vel  ampliùs,  ad  mentem  aliorum 
Aftronomorum ,  determinaflent ?  Perinde  illis ,  ut  mihi  fuiflèt,  dummodo  res  Ce  fe 
ita  habuiflet.  Gaflendus  quidem  nobis  opponi  poteil:;  iedlblus,  tum  contra  ob- 
fervationes trium  obfervatorum  diverforum,  atque  ab  in vicem  longe  diflitorum , 
quorum  fidem  haud  facile  quis  in  dubium  vocare  poterit,  hàc  in  parte  (ut  pace  il- 
lius  Celeberrimi  Viri  dicam)  non  attendendus  :  prout  fufîùs  in  Mercurio  dictum. 
.Si  (ïalTendi  obfervatio  meac  praeferri  deberet,  oportet  ut  Venus  4  Minutorum 
Anglis  apparuiflet  :  at  non  nifi  unius  circiter  minuti  extitit:  ergo  diameter  ^  multo 
minor,  nempe  12  fecundorum  tantùm  à  nobis  deprehenfa  efh  Quoniam  igitur 
Anglorum  obfervatio,  quae  omni  auro  praetiolior  eil,  h  meis  liât  partibus,  dubito, 
polie  quemquam  diametrum  Mercurij  h  nobis  exhibitam  in  dubium  vocare,  priuf- 
quam  ipfemet,  in  diverfa  plane  magnitudine  ,  tam  Mercurium  quàm  Venerem  in 
ipfo  Solis  amplexu  viderit,  ac  notaverit;  alijs  vero  obfervationibus  et  rationibus, 
aliâ  viàdeductis,  noftrae  haud  unquam  infringî  poterunt.  Atque  ita  concelTo ,  ut 
res  etiam  rêvera  fi  fe  habet,  me  Venerem  ex  meo  Mercurio  rectè  elicere  potuifle; 
titique  etiam  diametri  aliorum  omnium  Planetarum  rite  à  nobis  funt  cxploratae, 
ut  ut  cuipiam  modus  ifte  difficilis  initio  apparcat.  Sed  obijcis  nobis  Praeclariffimi 
obfervationes:  et  ego  Tibi  viciflim  Horroxij  et  Crabtrij  ;  quae  quomodo  conci- 
liari  pollunt,  haud  intelligo.  Ille  Venerem- 4  minutorum,  hi  vero  unius  tantum 
minuti  flatuunt.  Anne  potius  ipfemet  1  lorroxio  et  Crabtrio  alTendes  qui  Venerem 
omnibus  fpurijs  radijs  omnino  denudatam  in  Solis  difeo  et  viderunt  et  circino 
explorarunt;  praefertim  cùm  Mercurius  nofter  ijs  adftipuletur.  Minime  itaque 


'• ,   Consultez  l'ouvrage  „ Venus  in  Sole  visa",  que  Hevelius  ajout;)  à  sou  ^Mercurius  in  Sole 

Visus  1662", page  1 10,  Notae. 
r)  Consultez  le  même  ouvrage,  page  1 17. 


CORRESPONDANCE.    1663.  3  1  1 


haereo,  cùm  totum  hocce  negotium ,  inprimis  Horroxij  obfervationem  aequâ  lance 
perpenderis,  quin  calculum  tuum  addes ,  fententiamque  tuam  pariter  ut  ego  prio- 
rem  meam ,  haud  aegrè  fis  deferturus. 

De  Antelio  quaeris,  an  aeque  humilis  apparuerit,  ac  Sol  ipfe?  In  lamina  qnidem 
aeneâ,  quia  fpatium  deerat,  ita  quidem  delineavi ,  ac  fi  in  eâdem  altitudine  exti- 
tiflent;  fed  quantum  memini ,  Antelius  ilïe,  eo  tempore  altior  Sole  aliquanto 
erat  ;  quot  gradibus  autem ,  adeô  accuraté  determinare  modo  nequeo  :  puto  tamen 
facile  15  vel  amplius  gradus  Sole  akiorem  fuiffe.  Bene  Vale,  et  non  iftum  dun- 
taxat,  quem  Dei  gratiâ  exorfi  fumus;  fed  et  plures  infecuturos  annos,  quos  Tibi 
Divina  dettinavit  Providentia  faullos  feliccfque  experire;  tum  magno  Reipu- 
blicae  Literariae  bono,  magnis  conatibus  infirte.  Dabam  Dantifci  Anno  1663, 
die  19  Februarii. 


N=  1100. 

Christiaan  Huygens  a  J.  de  Witt. 

25     FÉVRIER     1663. 
La  minute  et  la  copie  se  trouvent  à  Ltiden ,  coll.  Huygens. 

Christianus  Hugenius  Johanni  de  Witt, 
Viro  Ampliflimo  S. 

25  februarii   1663. 

Explicationem  tentans  methodi  illius  compendiofiffimae  ad  tangentes  curvarum, 
quam  tibi  obiter  nuper  exponebam,  difficilius  aliquanto  opinione  mea  negotium 
reperi ,  longiorifquc  operae;  ut  dubitarim  etiam  haftenus  feriptone  melius  an  co- 
ram  haec  tibi  editurus  eflem.  Sed  illud  denique  elegi  quod  tibi  acceptius  fore  ar- 
bitratus  fum,  atque  haec  quae  vides  ')  in  chartam  conjeci,  miratus  intérim  ipfe, 
quae  momento  pêne  temporis  cogitatione  completti  ac  fingula  perfequi  poteram  , 
tôt  verbis,  ut  legenti  plana  fièrent,  opus  habere.  Caeterum  paucioribus  mihi  de- 
fungi  haud  potuiïïe  videor,  fi  rem  intricatam  quatenus  necefie  erat  elucidare  vcl- 
lem;  vix  etiam  haec  fuffeftura  putans  nifi  tibi  feripta  efient.  Vale. 


x)    Voir  l'Appendice  N°.  1101. 


312 


CORRESPONDANCE.    1663. 


N=   1101. 

Chris  riAAN   IIuygens  à  J.   de   Witt. 

[25    FÉVRIER     1663]. 

Appendice  au  No.    1100. 

La  minute  et  lu  copie  se  trouvent  à  Leidett ,  cuil.  Huygens. 

Inventio  Methodi  ad  Tangentes  Linearum  Curvarum. 

Sic  data  curva  quaeli- 
bet  geometrica  ABC  quae 
cognitam  relationem  ha- 
beat  ad  rectam  aliquam 
A  F,  in  qua  datum  punc- 
cum  A.  Ac  proinde  appli- 
catâ  è  punéto  curvae  ali- 
quo  ut  B,  reftâ  BF  in  dato 
angulo  BF  A,  certa  aequa- 
tione  relatio  quae  eit  incer  AF  et  FB  exprefla  habeatur.  Si  igitur  ad  datum  in  ea 
punclum  velut  B  tangens  fit  ducenda,  concipienda  primo  ell  refta  EBD  quae 
curvam  fecans  in  punclo  B  itemque  in  alio  ipii  proximo  D,  occurrat  rectae  AF 
in  E ,  et  ab  utrifque  punétis  B,  D ,  ordinatim  ad  AF  applicandae  BF ,  DG. 

Vocentur  jam  datae  lineae  AF,  x\  FB ,  y.  ponaturque  etiam  FG  data  elle  quae 
vocetur  e.  quaeraturque  FE  quae  dicacur  z.  Itaque  lîeut  EF,  ad  FB  hoc  eft  lient 

z  ad  y  ita  EG  hoc  eit  z  -+-  e  ad  GD  quae  erit^  -+-   ;  •  Et  hoc  quidem  in  qualibet 

curva  perinde  le  habere  liquet. 

Nunc  porro  confideretur  aequatio  naturam  curvae  continens  exempli  gracia 

x3  -+-  y*  —  xya  ce  o  ubi  a  datam  longitudinem  redtam  iignificet  AH.  etpatet, 

quum  punctum  D  in  curva  ponatur,  debere  eodem  modo  duas  AG,  GD,  hoc  eit 

ev         -  * 

x  -f-  e  et  y  ■+■  J  ad  le  mutuo  referri  atque  AF,  FB,  hoc  eit  x  et  y.  Itaque  ii  in 

■«■  pro  Y,  debebit  elle 


aequatione  propoiita  iubitituatur  ubique  x  -f-  e  pro  x  et  y 


.r3  4-  3  exx  -+-  3  eex  +  e3  -t-  y'' 

aeyx       aeey 

—  axy  —  aey  —  — * ^ 


3  eJi 

z 


3  eeyi 

zz 


+ 


e*y: 


00  o. 


In  bac  autem  aequatione  confiât  necellario  tenninos  prions  aequationis  (impli- 
eis  reperiri  debere,  nempe  .v1  +  ^y3  —  axy,  qui  cum  fini  aequales nihilo ex  pro- 
prietate  curvae,  ideirco  his  in  aequatione  deletis,  neceile  eit  refiduos  etiam  aequari 
nihilo;  in  quorum  lingulis  manilelhnn  quoque  eit  vel  unum  e  vel  plura  reperiri, 


CORRESPONDANCE.     1663.  313 


ideoque  omnes  per  e  dividi  pofie.  qui  autem  poft  hanc  divifionem  non  amplius 
habebunt  e,  eos,  negleétis  reliquis,  fcio  nihilo  aequari  debcre  quantitatemque 
lineae  FE  five  z  oftenfuros,  fi  nempe  BE  jam  tanquam  tangens  confideretur, 
ideoque  FG  five  e  infinité  parva.  nain  termini  in  quibus  adhuc  e  fupereft  etiam 
quantitates  infinité  parvas  five  omnino  evanefcentes  continebunt.  Video  itaque  ex 
aequatione  tota  tantum  eos  terminos  fcribi  necefle  elle  quibus  ineft  e  fimplex,  vel- 

ut  hic  3  exx  +  -— aey  —     ^"    oo  o.  Qui  termini  quomodo  facili  negotio  ex 

datis  aequationis  terminis  .r3  +  _y3  —  axy  oo  o  defcribi  pofîint  deinceps  expli- 

candum. 

0  ey3 
Et  primo  quidem  apparet  3  exx  +        •     nihil  aliud  e(Te  quam  fecundos  termi- 

nos  cuborum  ab  x  ■+■  e  et  ab  y  +    --,  ideo  fcriptos  quia  in  aequatione  habentur  cubi 

ab  x  et  y.  Nam  reliqui  omnes  termini  cuborum  ut  et  quarumvis  aliarum  poteftatum 

ab  x  -+-  e  et  ab  y  +    —■>    vel  plura  quam  unum  e  habent ,  vel  nullum;  ideoque ,  ut 

jam  diximus,  fruftra  feriberentur.  Eadem  igitur  ratione,  fi  aliae  poteftates  ab  x 
vel  y  efTent  in  aequatione  propofita,  feribendi  forent  in  aequatione  altéra  termini 

fecundi  tantum  fimilium  poteftatum  ab  x  +  e  et  ab  y  +  — •  Notandumque  fecun- 
dos hofee  terminos  ex  ipfis  datis  poteftatibus  x  et  y  certa  ratione  confici;  nempe 
ex  potertate  quavis  .r  veluti  x3,  mutando  unum  x  in  e  et  praeponendo  numerum 
dimenfionum  ipfius  x;  ita  hic  fit  3  exx.  Ex  potertate  y  vero,  ducendo  eam  in 

e 

—1  praeponendoque  fimiliter  numerum  dimenfionum  ipfius  7;  ita  hic  ab  y3  fit 

—J- —    Quorum  quidem  rationem  ex    poteftatum  formatione  intelligere  facilli- 

muni  eft. 

Porro  propter  xy  in  termino  aequationis  —  axy,  facile  quoque  apparet  quid 

in  aequatione  fecunda  feribendum  fit.  cum  enim  fubftituendum  fit  pro  xy  pro- 

ev 
duétum  ab  x  +  e  in  y  +  —■>   fed  ea  tantum  feribenda  in  quibus  unum  e,  ideo  de 

z 

duobus  x  +  e  tantum  e  ducemus  in  y,  et  tantum  x  in    ^->  adeoque  fient  ey  ■+-  *- x), 

quibus  in  a  duftis,  praepofitoque  figno  —,  quia  habetur  —  axy,  exiftet  —  aey 

aexy   r        .- 
—  —^i  lient  lupra. 


in  t  •     exy 

')    Lisez:  — -• 


Œuvres.  T.  IV.  40  - 


314  CORRESPONDANCE.     1 663. 


Sic  quoque ,  fi  exempli  gratia  in  aequatione  propofita  habeatur  xxy3;  filmant, 
propter  xx,  duos  priores  terminos  quadrati  ab  x  +  e,  nempe  xx  +  iex\  et, 

propter  y3,  duos  priores  terminos  cubi  ab^  +   --•>  nempe  y5  -+-  :   quorum 

produclum  pro  xxy5  furrogandum.  Sed  etiam  hic,  de  duobus  .ta-  -+-  2«,  tantum 

o  ev* 
xx  ducendum  in    -    J  -,  tantumque  i  ex  in;'3,  (quia  caetera  plura  quam  unum  e 

vel  nullum  haberent)  adeo  ut  fiât — |-  1  exy3. 

Atque  ex  his  animadvertere  licet,  femper  utrumque  horum  terminorum  de- 
fcribi  pofTe  ex  dato  termino,  qui  hic  xxy3,  alterum  quidem  mutato  uno  x  in  e, 
et  pracponendo  numerum  dimenfionum  ipfius  x\  ita  enim  fit  1  exy*  ;  alterum  vero 

ducendo  datum  terminum  in  -  praeponendoque  fimiliter  numerum  dimenfionum 

ipfius  y  ;  ita  enim  fit  ^— — *—    Cumque  hac  eadem  immutatione ,  paulo  ante  ,  etiam 

ev 
fecundos  terminos  poteftatum  ab  a-  +  e  et  ab  y  -+-  --■>  ex  poteftatibus  x  et  y   ae- 

quationis  datae  defcribi  ollenfum  fit:,  manifeftum  jam  eft,  à  fingulis  terminis 
aequationis  datae  in  quibus  a  vel  poteftas  ejus,  defcribi  praedicïa  methodo,  in 
fecunda  aequatione,  totidem  terminos  in  quibus  non  eft  z.  A  fingulis  vero  in 
quibus  y  vel  pote  M:  as  ejus,  defcribi  totidem  terminos,  dicla  etiam  methodo,  quo- 
rum fractionis  denominator  fit  z,  nec  alibi  hanc  literam  in  fecunda  aequatione 
repertum  iri. 

Hoc  igitur  cognito,  quo  pafto  ex  aequatione  quavis  propofita,  velut  hic  a3  +y3 

-  axy  00  o  alia  defcribenda  fit,  ut  hic  3  exx  -+-  —     —  aey  —      -    do  o,  ani- 

J  z  •  z 

madverto  porro,  fi  termini  divifi  per  z  ad  alteram  partem  aequationis  tranftcran- 

tur,  duétifque  omnibus  in  2,  dividantur  per  reliquos  terminos  in  quibus  non  eft  z, 

exirtere  tune  ipfam  quantitatem  z  00        — —•  atque  hinc  intelligo  ad 

3  exx  —  aey  ° 

confequendam  quantitatem  ?.,  ponendos   tantum    eos   terminus  aequationis  fe- 

cundac   qui  deferipti   funt  ex   terminis    aequationis    primae    in  quibus  y,fub- 

lato  tantum  denominatore  z,  mutatiique  fignis  +  et  — .  deinde  dividendes  iftos 

terminos  per  eos  qui  deferipti  funt  ex  terminis  aequationis  primae,  in  quibus  x. 

Porro  ex  omnibus  tam  divilis  quam  dividentibus  patet  rejici  pollen,  adeo  ut  in 

hoc  exemplo  fiât  z  00  — ■  Itaque  reiieitur       ex  terminis  qui  deferipti 

r  3  xx  —  ay         '         •  ;;  '  r 

funt  ab  ijs  qui  habent  y.  Ita  autem  deferiptos  eos  fuperius  diximus  ut  ducerentur 

in  idem  -  ■>  praeponereturque  numerus  dimenfionum  y.    Krgo  nihil   requiri  ap- 


CORRESPONDANCE.     1663.  31c 


parce  ad  termines  hofee,  (quatenus  ad  definiendam  quantitatem z  hic  adhibentur,) 
ex  terminis  aequationis  primae,  in  quibus  y ,  deferibendos,  quam  ut  praeponamus 
tantum  ijs  numerum  dimenfionum  quas  in  iplîs  habetj,  fignaque  +  et  —  inverta- 
mus.  Sic  nempe  ab  ;y3  —  axy  deferibetur  —  3  y2  +  axy.  A  terminis  vero  qui  de- 
feripti  funt  à  terminis  aequationis  primae  quibus  x,  cum  tantum  ^hic  rejiciendum 
patuerit;  cumque  hos  ita  prius  deferiptos  dixerimus,  ut  unum  x  mutaretur  in  e, 
praeponereturque  numerus  dimenfionum  ipfius  x\  apparet  eos  quatenus  hic  ad  con- 
ftituendum  diviforem  adhibentur,  fie  tantum  deferibi  opus  efîc  ex  terminis  propo- 
fitae  aequationis  in  quibus  x,  ut  praeponatur  ijs  numerus  dimenfionum  ipfius  x, 
ac  deinde  unum  x  auferatur.  Sic  nempe  ab  x3  —  axy  deferibetur  3  x3  —  axy  ;  et 
dempto  ubique  x  uno,  fiet  3  xx  —  ay. 

I  Iinc  itaque  compendiofa  régula  oritur  ad  curvae  cujufvis  tangentem  invenien- 
dam  ,  ex  data  folummodo  acquatione  quac  proprietatem  ejus  explicet,  et  in  qua  x 
et  y  fignificent  eas  quas  a  principio  ijs  attribuimus  lineas  datas. 

Régula. 

Tranflatis  enim  terminis  omnibus  aequationis  datae  ad  unam  aequationis  par- 
tem,  qui  proinde  aequales  fiunt  nihilo,  multiplicentur  primo  termini  finguli  in 
quibus  reperitur  y ,  per  numerum  dimenfionum  quas  in  ipfis  habet-y  :  atque  ea  erit 
quantitasdividenda.  Deinde  fimiliter  termini  iînguli  in  quibus  x,  multiplicentur  per 
numerum  dimenfionum  quas  in  ipfis  habet  xet  e  fingulis  unum  x  tollatur;  atque 
haec  quantitas  pro  divifore  erit  fubfcribenda  quantitati  dividendae  jaminventae; 
quo  faéto  habebitur  quantitas  aequalis  z  five  FE ,  a  eu  jus  termino  E  ducetur  quae 
tangat  curvam  in  dato  punclo  B.  Ne  autem  ligna  ulla  -h  et  —  immutare  opus 
fit,  feiendum  tantum,  licet  quantitas  diviforis,  vel  dividenda  vel  utraque,  minor 
nihilo  five  negata  inveniatur,  tamen  tanquam  afiirmatas  effe  confiderandas;  hoc 
tamen  obfervando  ut  cum  altéra  affirmata  elt  altéra  negata,  tune  z  five  FE  fu- 
matur  verfus  punélum  A;  cum  vero  utraque  vel  affirmata  vel  negata  eft,  ut  tune 
fumatur  FE  in  partem  contrariam. 

Exempligratiain  curva  modo  propofita, cum  aequatioejus  fit  a-3  +  v3  —  axy  oo  o, 
fiet  dividenda  quantitas ,  fecundum  regulam  ,  3  y3  —  axy  ;  divifor  vero  3  xx  —  ay\ 

Ideoque  z  co  ^ ^--  Evenietque  in  hac  curva,  ut  fi  punéium  b2)  ad  quod 

tangens  ducenda  eft ,  detur  inter  punfta  K  et  L ,  quorum  tangentes ,  altéra  lineae 
AF  parallcla  eft,  altéra  perpendicularis;  eveniet  inquam  tune,  ut  divifore  3  xx  — 
—  ay  minore  exiftente  quam  nihil ,  etiam  dividenda  quantitas  3  y3  —  axy ,  minor 
fit  nihilo,  et  contra  cum  ille  major  nihilo,  etiam  haec  major  fit ,  five  adfirmatam 


!)    Consultez  la  figure  de  la  page  suivante. 


3 1 6 


CORRl.Sl'ONDANCR. 


I663. 


quantitatem  conti- 
nens;  ac  proinde 
tune  fe  non  verfus 
A  fed  in  akeram 
partem  fumendam 
liquet.  In  alijs  vero 
curvae  partibus  fi 
punéhun  detur  ut  B 
vel  £,  fciuper  eve- 
nict  altéra  quanti- 
tate  negata  exiftente,  altcram  efle  adfirmatam,  et  contra,  unde  tune  apparet  fu- 
mendam FE  verfus  A. 

Efto  rurfus  curva 
ABH,  eujus  aequatio 
axx  —  x3  —  qqy  00  o. 
Pofito  feilicet  a  et  q  eïïe 
lineas  datas.  AF  vero 
00  x  ;  FB  00  v  ;  FE  00  z. 
Hic  fiet ,  fecundum  re- 
gulam ,  dividenda  quan- 
titas     —      qqy:     divifor 

1  ax  —  3  .r.v:  unde  z  oo -— —  Ubi,  cum  dividenda  quantitas  fit  neçata, 

'  1  ax  —  3  xx  i  °      ' 

fi  fuerit  etiam  divifor  minor  nihilo,  hoc  eit,  fi  1  a  minor  quam  3  x\  erit  z  five  fp 

fumenda  in  partem  averfam  ab  A.  Si  vero  2  a  major  quam  3  ar,  fumenda  erit 

FE  verfus  A  ex  praecepto  regulae. 

Unde  vero  comperta  fit  differentia  illa ,  ut  intelligatur ,  repetenda  elt  figura  in 

principio    horum   pofita ,  ubi  vi- 

dimus    AG    effe   x    +    e.    EG 

vero  z    +    e,    unde   fiebat  GD 

SX 

00  y  -+■  •  •   Si  autem  tangens  ab 

altéra  parte  lineae  BF  cadere 
coneipiatur  velut  b  e,  atque  haec 
curvam  fecare  fingatur  ut  ibi  fac- 
tum  cil ,  in  â.  fiet  ponendo  rur- 
fus fg  00  e  et  fe  00  z  ut  AG3) 
quidem  fiât  x  +   e.  fed  eg  erit 


^  S  fg 


Lisez:  kg. 


CORRESPONDANCE.     1663.  317 


2  —  e ,  unde  erit  g  d  oo  y  — -•    Atque  hinc  porro  facile  eft  perfpicere  aequa- 

tionem    fecundam    quac   ex    propofita    aequatione    exfcribitur,    hoc   cafu  fore 

3  ey5  aeyx  .  .       .  .... 

3  exx  —     °  _j     —   aey  -+-    — sL-    oo  o ,  ut  nempe  termmi  qui  per  z  dividun- 

tur  habeant  ligna  contraria  ijs  quae  habebant  in  aequatione  defcripta  cafu  priori 

3  ey*  aeyx  r?      ,  r 

quae  erat  3  «rac   +     °  J       —    aey   —    — —     00    o.    Ex    hac    vero    lequitur, 

quando  quantitas  3  exx  —  aey  five  quando  3  xx  —  ay,  (quae  diviforem  conlti- 
tuit,  fecundum  regulam)  fuerit  minor  nihilo,  five  negata,  tune  quantitatem  reli- 

quam  ^—^ — ■*  five  etiam  3  y3  —  ayx  (quae  quantitatem  dividendam  fecun- 
dum regulam  conftituit)  efîe  affirmatam;  aut  cum  illa  eft  affirmata  hanc  efle  ne- 
gatam;  quia  omnes  fimul  aequationis  termini  aequantur  nihilo.   At  contra  ex  illa 

3  ey3                  aeyx  r  , 

aequatione  3  exx  —  ^—^ aey  -\ sL-   00  o  lequitur  quando  quantitas  3  exx 

J3 


—  aey  five  quando  3  xx  —  ay  fuerit  negata,  tune  reliquam  —   â-JL   _|_       J 

five  etiam  —  3  V3  +  ayx  e(Te  affirmatam ,  five  quod  idem  eft,  3  y3  —  ayx  efie  ne- 
gatam  :  aut  quando  3  xx  —  ay  fuerit  affirmata,  tune—  3  y3  +  ayx  efie  nega- 
tam ,  five  quod  idem  eft  3^3  —  ayx  efie  affirmatam.  Per  haec  itaque  apparet  ex 

quantitatibus  per  regulam  inventis,  quae  crant  ^—     — —  oo  2  iudicari  pofTe  ad 
;  r         o  ^  xx  —  ay         J  r 

utrum  cafum  conftructio  tangentis  pertineat,  nempe,  ex  comperta  difllmilitudine 

affeclionis  in  divifore  et  dividendo,  fequi  ad  priorem  cafum  eam  pertinere,  hoc 

eft,  z  five  FE  accipiendam  efie  verfus  A.  Ex  fimilitudine  vero  eorum  affedionis, 

fequi  ad  contrariam  partem  fumendam. 


3  1 8  CORRESPONDANCE.     1663. 


N=   1102. 

R.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 

I     MARS     1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leideu,  cuil.  Huygens. 
Elle  est  lit  réponse  au  Nn.  1097  '). 


A  Whitehall  ce   19  Feurier   1663. 


Monsieur 


Me  voylà  maintenant  la  plume  en  la  main  pour  vous  faire  une  refponce  aflez 
ample  a  la  Voftre  du  2.  que  Je  n'ay  fait  que  nommer  dans  ma  dernière  2).  le  mo- 
ment de  loifir  que  J'ay  rencontre  m'y  conuie,  quoy  que  Je  fais  eftat  de  retenir 
cette  lettre  iufque  a  ce  que  J'apprenne  par  Voilre  refponce  a  ma  dernière  fi  cette 
cy  doibt  eftre  enuoyee  en  Holande  ou  en  France. 

Hier  Je  demanday  au  libraire  3)  de  Monfieur  Hobbes  s'il  n'a  point  encor  eu  de 
refponce  de  luy  touchant  voftre  dernier  papier  4)  que  Je  luy  ay  enuoyé;  et  il  m'a 
dit  que  non  mais  que  dans  une  femaine  il  fera  icy.  tout  ce  que  J'en  apprendray 
vous  fera  auffi  toft  communiqué. 

La  femaine  prochaine  Nous  prétendons  faire  un  petit  voyage  par  mer  auffi  loin 
qu'aux  Dunes ,  pour  eflayer  les  Horologes  de  Monfieur  Bruce  qu'il  tafchc  cepen- 
dant d'adiufter  le  mieux  qu'il  fe  peut.  Jl  eft  vray  comme  vous  dites  que  le  mou- 
uement  des  grands  vaifTeaux  eft  plus  lent  que  des  petits,  mais  auffi  dans  des 
grandes  vagues  principalement  quand  on  a  lèvent  droit  en  poupe ,  ou  qu'on  eft 
à  l'ancre  les  fécondes  en  font  plus  forts  et  violents.  Mais  ce  que  Je  crains  le  plus , 
n'eft  pas  que  lagitation  du  vaifleau  donne  des  vibrations  a  tout  le  Corps  de  l'horo- 
loge  (quoyque  J'appréhende  auffi  que  cela  mefme  y  fera  quelque  chofe,)  mais 
c'eft  pluftoft  les  mouuements  fubites  du  vaifteau  de  haut  en  bas,  et  le  contraire, 
qui  tantoft  arreftent  le  pendule  de  lhorologe  plus  long  temps  en  l'air,  tantoft 
l'accelere  :  tantoft  le  rend  plus  pefent,  tantoft  plus  léger,  et  cela  auec  des  inéga- 
lité/.,  qui  me  femble  ne  pouuoir  manquer  a  caufer  des  defrciglemens  au  mouue- 
ment  des  roues  de  l'horologe.  Mais  toulîours  vaut  il  la  peine  de  voir  par  expé- 
rience ce  qui  en  eft. 

Jl  eft  certain  qu'il  y  a  bien  de  chofes  a  coniïderer  dans  l'architecture  des  vaif- 
feaux  qui  femblent  ne  pouuoir  eftre  réduites  a  aucune  reigle.  mais  auffi  eil  il  vray 
que  iamais  Mathématicien  du  premier  rang  ne  s'y  eft  appliqué  comme  il  faut.  My 
lord  Brounckeret  un  ou  deux  ancres f'  1  icy  y  ont  efté  d'autant  plus  excitez  et  encou- 


'       La  réponse  de  Chr.  I  luygens  s'est  perdue.  Ci  m  Mil  te/  la  Lettre  N'  '.  i  1  i  9. 

Consultez  la  Lettre  Nr'.  ioyK. 
3)   Andréas  Crooke. 
•'     Voir  la  pièce  \'°.  10H4. 


V-, 


JjaÀ,tl-CL**s    -oLu 


J~  Qo.ee.  OUiy 


K 


CORRESPONDANCE.     1663.  319 


ragez,  que  le  Roy  les  y  poufTe,  et  les  grands  Architectes  de  nauires  ne  leur  cèlent 
rien  de  tout  ce  qu'ils  fcauent  de  leur  meftier  :  dont  il  y  a  un  qui  en  eft  le  plus  fça- 
uant,  qui  a  iamais  cite  en  Angleterre,  et  peut  eftre  au  Monde,  de  forte  que  My 
lord  fy  applique  ferieufement.  mais  comme  c'eit  une  affaire  de  longue  halene  et  de 
grands  frais  on  n'y  procède  que  lentement,  et  l'on  efpere  auec  le  temps  ou  de  trou- 
uer  la  perfection  des  vaiftëaux ,  ou  du  moins  eftre  aïïeure  qu'on  la  fçait  défia. 

Pour  ce  qui  eft  du  vaifTeau  qu'a  inuenté  Moniieur  Petty  en  voycy  une  copie7)  de 
fa  figure  qui  nous  a  elle  enuoyee  d'Jrlande  par  quelques  uns  de  noftre  focieté  qui 
ont  eu  charge  de  vifiter,  examiner  et  faire  raport  de  fa  figure  et  fes  qualitez 8).  Vous 
voyez  pourtant  qu'elle  n'eft  point  faite  artiftemem  :  mais  elle  fufit  pour  faire  com- 
prendre ce  que  c'eft.  Ce  feroit  trop  long  de  vous  déduire  toutes  les  particularitez 
et  les  hiftoires  qu'on  nous  en  efcrit.  Je  vous  diray  feulement,  qu'il  va  deux  fois,  Je 
dis  deux  fois,  plus  vifte  qu'aucun  vaifTeau  qui  fe  trouue  a  Dublin  :  et  fatifferay  a 
toutes  vos  queftions. 

pour  ce  qui  efi:  des  Cylindres  vous  voyez  que  les  deux  bouts  en  font  faits  l'un 
comme  la  prouë  d'un  Batteau  ordinaire,  l'autre  comme  la  poupe,  pour  y  attacher 
le  Gouuernail,  dont  chaque  Cylindre  en  a  un.  les  auantages  de  cette  figure  font, 
quelle  fend  l'eau  facilement,  qu'un  vent  contraire  a  peu  près,  ne  poufTe  pas  le 
vaifTeau  aifement  a  Cofté;  que  la  force  du  vent  ne  le  fait  point  facilement  pen- 
cher; et  que  les  cylindres  n'eftant  gueres  enfoncez  dans  l'eau  le  vaifTeau  tourne 
bien  et  obéit  au  Gouuernail,  et  puis  les  vagues  qui  tombent  fur  fon  cofté  n'y 
ont  que  bien  peu  de  prife.  d'où  refulte  la  vélocité  du  vaifTeau  de  quelque  fens 
qu'il  aille,  tant  par  ces  auantages  de  la  figure  quant  au  mouuement,  comme  par 
celuy  de  pouuoir  fupporter  beaucoup  plus  de  voile  quune  autre  ne  fçauroit  faire, 
y  ayant  de  7.  a  800.  pieds  quarrez  de  voile  fur  un  petit  vaifTeau  qui  ne  fçauroit  por- 
ter deux  tonneaux  feulement,  les  Cylindres  font  creux  :  et  ne  font  enfoncez  qu'à 
moitié,  C'eft  a  dire  un  pied,  dans  l'eau,  ladiftance  des  Cylindres,  qui  eft  (a  prefent 
clargy)  de  4.  Diamètres  du  Cylindre,  et  leur  grandeur  a  l'égard  du  Bafliment  qu'ils 
fouftiennent,  font  caufe  qu'il  porte  tant  de  voile.  Comme  la  forme  aiguë  de  la 
prouë  fert  a  bien  fendre  leau;  la  longueur  du  corps  du  Cylindre  eft  caufe  qu'il  y 
glifte  à  trauers  auec  moins  de  refiftance  qu'il  ne  feroit  fil  ertoit  plus  gros,  et  plus 
court,  cette  longueur  fert  aufïï  comme  J'ay  défia  marqué  pour  empefeher  que  le 
vent  ne  le  poufTe  aifement  a  Cofté,  qu'on  appelle,  to  keep  a  good  winde,en 
anglois. 


<s)    Consultez  la  Lettre  N°.  1093,  note  9. 

7)  Voir  la  planche  vis-à-vis  de  cette  page. 

8)  Le  06  novembre  1662,  le  président,  Lord  Brouncker,  nomma  une  commission  composée  de 
„Lord  Massareene,  Sir  Anthony  Morgan,  Dr.  Peter  Pett,  Mr.  Southwell  et  Sir  William 
Petty  lui-même",  qui  s'adjoignirent  quatorze  autres  personnes.  Cette  commission  donna  un 
rapport  favorable,  le  26  janvier  i66|  (Vieux  style). 


CORRESPONDANCE.     1663. 


Ne  vous  plaignez  pas  a  cette  heure  que  Je  ne  vous  en  dis  point  afTez.  il  eft 
vray  pourtant  que  J'en  pourroisdire  bien  d'auantage.  mais  cecy  vous  feruira  fi  Je 
ne  me  trompe  auec  la  figure  pour  vous  faire  comprendre  le  tout.  Si  néant  moins 
vous  auez  enuie  que  Je  vous  en  entretienne  une  autre  fois  vous  n'auez  qu'a  me 
fuggerer  la  matière  dont  vous  voulez  que  Je  vous  parle. 

pour  tout  remerciment  de  la  peine  que  vous  a  courte  la  figure  de  voftre  Ma- 
chine,  Je  vous  diray  feulement  que  J'en  fuis  bien  fatisfait.  Celle  dont  Monfieur 
Boile  s'eft  toufiours  ferui  depuis  qu'il  a  pre fente  la  première  a  la  fociété  y)  n'eft 
gueres  diferent  quant  à  la  figure,  et  elle  ell  fubmergee  dans  de  l'eau  comme  la 
voftre  mais  d'une  autre  façon,  qu'il  n'eft  pas  befoin  de  vous  de fc rire  puifque  la 
voftre  me  femble  pour  le  moins  tout  au  (fi  commode10)  la  fienne.  en  un  mot  Je  trouue 
toute  voftre  machine  et  les  eirconftances  dont  vous  obferuez  en  l'employant  fort 
bonnes,  mais  quoyqu'a  mon  auis  le  ciment  mol  y  foit  plus  propre  que  celuy  dont 
Monfieur  Boile  fe  fert,  néant  moins  il  choifit  toufiours  le  lien  pluftoft  que  le  voftre. 
Néant  moins  iufqu'icy  Monfieur  Boile  n'a  iamais  fçeu  faire  voftre  expérience  de 
l'eau  qui  ne  defeend  point,  quoy  qu'il  ait  pris  toute  la  peine  qu'il  a  peu,  fans  que 
l'air  entrait  aucunement  dans  le  récipient,  et  que  l'air  en  ait  efté  fi  bien  uuidé,  que 
le  ^v  qu'il  auoit  mis  dans  un  tube  pour  eftrc  fa  reigle,  (comme  Je  vous  ay  une 
ou  deux  fois  fuggeré  et  que  vous  ")  auffi  pratiqué),  defeendit  a  niueau  de  celui 
qui  eftoit  dans  le  petit  vaiiïeau  en  bas.  Mais  nous  auons  donné  ordre  a  noftre  ope- 
rateur T~)  d'accommoder  noftre  Machine  en  forte  que  nous  en  puilîions  eftrc  efclai- 
rez  par  noftre  propre  expérience  quoyque  Je  ne  doubte  nullement  qu'il  ne  reuflifTe 
comme  vous  le  dites:  fi  du  moins  il  ne  fe  trouue  quelque  diference  entre  l'eau  com- 
mune icy  et  celle  d'Holande. 

Quant  à  l'expérience  de  Linus,  nous  l'auons  expérimenté  dans  des  tuyaux  de  la 
grandeur  que  vous  m'auez  marquée ,  et  l'auons  trouuee  iuftement  comme  vous  le 
dites,  dont  la  raifon  femble  ne  pouuoir  eftre  autre  que  celle  que  vous  deduifez. 

C'eftoit  Monfieur  Neile  qui  vous  donna  le  liure  de  Horoxius. 

Au  refte  le  regret  que  vous  témoignez  de  ne  pouuoir  fi  toft  donner  au  monde  la 
fatiffa&ion  qu'on  attend  de  ces  traittez  que  nous  vous  tenons  pour  engagé  de  pu- 
blier, abat  un  peu  la  vigueur  des  inltunces  dont  Je  vous  allois  prefler  de  la  part  de 
nos  Mefiieurs  qui  en  meurent  d'enuie;  mais  il  ne  faut  pas  pourtant  que  J'en  defifte 
tout  à  fait.  Je  vous  plains  d'un  cofté,  de  ce  qu'ayant  deftein  de  vous  acquiter  de 


y;    lîoyle  l'a  présentée  dans  la  séance  du  15  mai  1661  (Vieux  style). 

'°j  Intercalez:  que 

1  '     Intercalez:  avez 

K.llooke.  On  lui  donna  celte  charge  dans  la  séance  du  4  lévrier  l66i.  La  machine  se 
trouvait  raccommodée  le  [er avril  1663;  cependant  l'expérience  en  question  ne  fut  faite  que 
dans  la  séance  du  1er  juillet  1663  ,  et  dans  quelques  suivantes. 


CORRESPONDANCE.    1 663. 


Voftre  promette  vous  en  elles  détourné  par  des  affaires.  Mais  d'autre  part  il  non 
obftant  ces  empcfchemens  qui  femblent  élire  infurmontables,  vous  ne  laiffez  pas 
de  faire  ce  que  nous  defirons  vous  en  aurez  plus  de  gloire ,  et  nous  de  fati fraction, 
mais  Je  n'adioufteray  autre  raifon  a  prefent  pour  vous  y  echaufer  linon  que  peut 
élire  pendant  que  vous  diferez  la  publication  de  ces  traitez:  d'autres  le  méfieront 
des  mefmes  matières  qui  ne  s'en  acquiteront  pas  du  tout,  félon  la  dignité  du  fuiet  : 
Et  s'il  y  a  quelque  un,  de  vos  amis  qui  ibit  capable  de  faire  quelque  choie  qui 
vaille  fur  ces  matières:  vous  elles  bien  affeuré  que  pas  un  d'eux  n'y  mettra  la 
main  :  et  ainfi  nous  ferons  priuez  de  chofes  tant  defirables  trop  long  temps,  mais 
en  un  mot  comme  que  c'en  foit,  vous  pouuez  attendre  de  moy  que  Je  ne  vous 
laifleray  iamais  en  repos,  que  ces  traitez  ne  foyent  donnez  au  monde  par  voftre 
main.  Tous  vos  amis  icy,  nommément  M  y  lord  Brouncker,  Monfieur  Boile  et 
Monfieur  Bruce  vous  baifent  les  mains,  et  moy  Je  fuis  du  meilleur  de  mon  coeur 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefobeiflant  feul  ferviteur 

R.    MORAY. 

Faites  moy  fçauoir  par  la  première  occalion  quand  c'ell  que  vous  faites  éilat 
d'ellrc  de  retour  a  la  Haye,  pourucu  que  vous  vous  y  trouuiez  au  commencement 
du  mois  de  May,  My  lord  Brouncker  &  moy  tafeherons  de  nous  y  rendre  en  ce 
temps  là;  autrement  nous  ne  ferons  pas  (i  Je  ne  me  trompe  ,  le  voyage  ii  toft  :  puis 
que  le  plus  grand  contentement  que  nous  nous  y  propofons,  cell  de  vous  voir. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zuliçhem 

Chez  M.  Bailly  au  petit  Moijse 
Rue  de  petit  Bourbon,  aux 
Fauxbôurg  St.  Germains 

A   Paris. 


Œuvres.  T.  IV.  4 1 


322  CORRESPONDANCE.     1663. 


N=  1103. 

Christiaan  Huygens  h   [Lodewijk  Muvgens]. 

26    MARS     [1663]. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  BrufTelles  ce  26  Mars. 

Vous  voyez  par  cette  date  que  je  n'ay  pas  tant  fejournè  a  Anvers  que  je  croiois 
devoir  faire  en  partant.  J'y  arrivay  famedy  ')  vers  le  foir  d'afTez  bonne  heure,  et 
m'èftant  informe  en  divers  lieux  touchant  le  jour  que  les  Carottes2)  partent  d'icy  pour 
Paris,  l'on  me  dit  par  tout  que  c'efloit  lors  qu'il  y  avoit  du  monde ,  et  non  pas  à  de 
certains  jours.  Sur  quoy  je  refolus  de  m'en  aller  par  le  premier  batteaa,  quoy  qu'a 
une  heure  un  peu  incommode ,  car  ce  fut  la  nuicl  a  3  heures  que  le  Heu  fit  voile  , 
a  caufe  de  la  marée,  van  Aften  3)  m'a  dit  la  mefme  chofe  touchant  la  voiture  des 
carofies,  que  j'appris  a  Anvers,  et  je  l'attens  maintenant  qu'il  me  viene  faire  raport 
après  qu'il  aura  ertè  chez  Baudrij.  J'ay  veu  Don  Diego 4)  et  j'ay  receu  chez  luy  les 
regales  accouftumees.  J'y  dinay  hier,  Francifque  5)  joua  du  clavecin,  et  luy  me 
perfecuta  après  cela  de  fa  compofition  qui  cftoit  une  pièce  de  dévotion  avec  des 
paroles  flamendes  fur  un  air  de  farabande,  qu'il  venoit  de  faire  pour  ces  jours 
de  ferte.  Vous  elles  heureux  en  ce  que  vous  n'avez  rien  a  fouffrir  de  femblable 
auprès  de  cet  Unicus  in  Orbe.  Je  luy  ay  donne  les  deux  livres  de  voilrc  part  qu'il 
a  promis  de  bien  conferver.  J'arrivay  icy  au  Loup  juitement  a  l'heure  du  difner , 
et  y  rencontray  a  table  entre  autres  Monfieur  de  Montery  6)  ou  Monfieur  Roger, 
comme  on  l'appelle  icy.  C'cft  un  fort  honnelt  homme  que  vous  ne  connoifTez  pas 
mais  le  frère  de  Moggerfhill  et  ma  foeur  7)  très  particulièrement  en  ayant  receu 
beaucoup  de  civilité  lors  qu'ils  furent  icy ,  comme  aufli  il  en  a  offert  a  moy.  Il 
loge  céans  depuis  quelque  jours.  De  plus  2  gentilhommes  Parifiens  qui  s'en  vont 
veoir  la  Hollande  avec  les  quels  je  me  fuis  aiïbciè  cette  aprefdinee  a  veoir  des 
maifons  et  jardins  des  plus  beaux  ou  moins  laids  de  cette  ville. 


')    C'était  le  24  mars. 

2)  D'après  une  lettre  de  Clir.  Huygens  du  10  août  1665,  le  service  de  ces  voitures  était  dirigé  à 
Paris  par  Advin  de  la  Vigne. 

3)  Il  paraît  que  van  Asten  était  en  quelque  sorte  l'intendant  des  biens  de  Zeelhetn,  dont  Cools, 
qui  y  demeurait ,  était  l'administrateur. 

4)  I  luygens  désigne  le  père  (  îaspard  Duarte. 

5j    Prancisca  Duarte,  tille  de  Gaspard  Duarte.   Elle  mourut  le  29  octobre  i6"-8  à  Anvers. 
6  )    Roger,  (ils  d'un  riche  orfèvre  de  Paris,  avait  épousé  la  fille  du  sieur  de  lYloutery  ,  dont  il 
avait  pris  le  nom. 
1    Philips  Doublet  et  sou  épouse  Suzanna  Huygens. 


CORRESPONDANCE.     1663. 


Il  a  plu  icy  hier  et  aujourdhuy  et  il  femble  que  le  beau  temps  nous  va  quiter. 
Je  ne  fcay  ce  qu'il  fait  chez  vous.  Adieu.  Van  Allen  ne  viendra  pas  ce  foir  a 
ce  que  je  voy.  Salut  a  tout  le  parentage  et  amis. 


N=  1 104. 

CHRISTIAAN    HUYGENS    à    LODEWIJK    HUYGENS. 
6    AVRIL     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  Paris  ce  6  Avril   1663. 

Par  eelle  que  je  vous  ay  eferit  de  Bruflèlles  *)  vous  auez  feeu  le  fucces  de  mon 
voyage  julques  la.  J'y  demeuray  encore  le  jour  d'après  et  le  pafTay  afTez  bien  en 
la  compagnie  de  Moniieur  de  Montery  :)  qui  me  mena  promener  par  tout,  et  de 
Monfieur  ion  frère. 

Je  partis  Mercrcdy :i)  vers  les  10  heures,  et  a  pareille  heure  j'arrivay  icy  Mardy 
dernier4),  de  forte  que  je  pafTay  en  6  jours  tout  jufte.  Ces  caroffes  de  Blavet s) 
partent  ordinairement  le  Mcrcredy  ou  le  Jeudy  félon  qu'il  y  a  du  monde  pour 
les  remplir.  Il  y  euft  avec  moy  et  mon  garçon  4  autres  perfonnes  defquelles  l'un 
eftoit  un  Efpagnol  d'afTez  bonne  converfation.  Le  temps  fut  toufjours  beau  et 
nous  paflames  fans  aucune  incommodité.  Don  Sebaftian  6)  avoit  occupé  voftre 
appartement,  mais  il  eft  maintenant  rentre  dans  le  lien.  Je  trouve  que  vous  n'avez 
pas  elle  mal  loge r),  et  fur  tout  ce  prolpeét.  fur  les  parterres  du  Cardinal  Antonio  8) 
me  rejouit. 

Hier  je  me  fuis  fait  faigner  pour  élire  pluftoft  délivre  d'un  rheume  que  j'ay 
pris  en  chemin,  et  en  effecT:  je  m'en  trouve  défia  beaucoup  mieux.  Le  Sieur 
Bruynestein  9)    a    peine    avoit    achevé    cette    opération,    quand  Moniieur  de 


1  1    La  Lettre  N°.  1103. 

:)    Voir  la  Lettre  N°.  1 103,  note  5. 
3)    C'était  le  28  mars. 

4  i    C'était  le  3  avril. 

5  1    Blavet  entretint  une  diligence  de  Bruxelles  à  Paris,  qui  allait  chaque  semaine. 
5)    Sébastian  Chieze.  Voir  la  Lettre  N°.  863  ,  note  4. 

")    Rue  du  Petit  Bourbon,  chez  Monsieur  Bailly,  au  petit  Moyse.  Consultez  ta  Lettre N°.  1 102. 

8)    Sur  Antonio  Barberini,  voir  la  Lettre  N°.  1078,  note  5. 

v'  Johannes  Bruynsteen  rBruynestein)  naquit  an  164231a  Haye.  Il  fut  adjoint  comme  chi- 
rurgien à  l'ambassade  des  Provinces-Unies  à  Paris,  et  suivit  plus  tard  Constantyn  Huy- 
gens, père,  en  Angleterre.  En  janvier  1669  il  se  lit  inscire  à  l'université  de  Leiden  comme 
étudiant  en  médecine. 


324  CORRESPONDANCE.    1663. 


Montmor  y)  accompagne  de  l'Abbé  Charles  IO)  et  Monfieur  vSorbiere  J1)  me 
vinrent  vifker,  qui  m'ont  prie  que  je  me  trouvaffe  Mardy  qui  vient  ")  a  l'aflèm- 
blee  pour  entendre  les  nouvelles  loix  et  ordonnances  que  l'on  y  va  eftablir  ,3). 

Je  fus  défia  avant  hier  chez  Monfieur  Thevenot  pour  luy  porter  les  papiers  dont 
vous  et  Monfieur  Voffîus  m'aviez  chargé,  des  quels  il  fut  fort  joyeux.  Monfieur 
Petit  ne  le  trouva  point  au  logis,  et  je  m'eftonne  que  jufqu'  icy  il  ne  m'eft  point 
venu  chercher.  J'ay  eftè  avec  le  Signor  Padre  veoir  la  Signora  Anna  M)  qui  ref- 
femble  a  un  garçon  habillé  en  fille,  et  j'aufay  de  la  peine  a  la  croire  autre  juf- 
qu'a  ce  que  le  temps  m'en  donne  de  plus  clairs  indices.  Le  portrait  de  la  lier 
mana  IS)  plaît  fort  a  mon  Père  qui  ne  manquera  pas  d'en  faire  montre  par  tout.  Le 
voftre  de  van  Loo  l6)  cil  bien  peint  er  reflemble  bien,  mais  le  frère  de  Zeel- 
hem  '")  y  trouveroit  a  redire  de  ce  que  la  pofture  ell  trop  régulière  et  les  che- 
veux et  le  rabat  (ans  aucun  plis. 

Je  voudrois  bien  que  vous  renvoiaffiez  ma  nouvelle  horologe  a  Maiftre  Scve- 
ryn  l8)  a  fin  qu'il  la  fit  aller  comme  il  faut,  et  la  gardait  jufqu'a  mon  retour.  Je  ne 
fcay  fi  j'ay  ferre  quelque  part  la  manivelle  de  la  machine  du  vuide.  Si  je  l'ay 
oublie  je  prevoy  bien  que  vous  aurez  de  la  peine  a  la  laifler  en  repos;  auffi  je  ne 
le  vous  defFends  pas,  mais  que  ce  loit  avec  circonfpeclion  ,  et  en  caffant  le  moins 
de  verres,  qu'il  fera  poflible.  Adieu,  faites  mes  baifemains  a  Todos Iy).  et  dites 
au  frère  de  Moggerfhill  20)  qu'il  ne  veuille  pas  négliger  l'affaire  que  je  luy  avois 
recommandée. 

La  clef  de  l'horologe  ell  dans  un  des  tiroirs  fur  ma  table. 

Au  frère  Louis. 


s>)    Voir  !:i  Lettre  N°.  278*,  note  5. 

IO)  Sur  Charles  de  liryas ,  voir  la  Lettre  N°.  988  ,  note  4. 

")  Voir  la  Lettre N°.  12,  note  5. 

I2)  Le  10  avril. 

I  1  Voir  l'Appendice  N°.  1  105. 

'  1  1  l'eut  être  s'agit-il  ici  d'une  fille  de  P.  Petit,  Anna  Petit. 

ls  1  La  1 1er  mana  est  encore  un  nom  familier  de  Susanna  Doublet ,  sieur  de  Chr.  Huygens. 

16 )  Jacob  van  Loo  naquit  en  1614  a  l'Ecluse  en  Flandre  et  mourut  a  Paris  le  26  novembre  [670. 
Il  a  peint  des  portraits  et  de  grands  tableaux  historiques.  Il  demeura  a  Amsterdam  ,  puis  s'éta- 
blit en  1662  a  Paris,  ou  il  fut  reçu  membre  île  l'Académie  Royale  de  peinture 
1  Constantyii  Huygens. 

II  Severyn  était  un  horloger  àla  Haye  qui  travailla  pour  Chr.  Huygens, 

Il  s'agit  peut-être  de  la  fille,  jeune  encore,  de  Philips  Doublet  et  de  Susanna  Huygens.  Voir 
la  Lettre  N°.  1  1 20. 
0    Philips  Doublet,  le  beau-frère  de  Chr.  I  Inygens. 


CORRESPONDANCE.     1  6  6  3 . 


N=   nos. 

['?]   h  Christiaan  IIuygens. 

[1663?] 
Jppendicc  au  No.   11041). 

La  pièce  se  trouve  à  Leiden,  cuil.  IIuygens. 

Project  de  hi  Compagnie  des  Sciences  et  des  Arts  •)• 

Le  deffein  de  la  Compagnie  eit  de  trauailler  à  la  perfection  des  Sciences  et  des 
Arcs,  et  de  recercher  généralement  tout  ce  qui  peut  apporter  de  l'utilité  ou  de  la 
commodité  au  Genre  humain  et  particulieremt  a  la'france. 

Pour  paruenir  a  ce  deffein  l'on  trauaillera  a  faire  des  expériences  et  à  decouurir 
les  plus  de  nouueautez  que  l'on  pourra  tant  dans  le  Ciel  que  fur  la  Terre  par  les 
obferuations  Agronomiques  et  Géographiques  avec  les  grandes  Lunettes,  les 
microfeopes ,  et  tous  les  autres  jnitruments  neceffaires. 

On  trauaillera  a  apprendre  plus  particulièrement  la  conltruction  et  les  riiouue- 
mens  du  Corps  humain  par  le  moyen  de  la  chymie,  de  l'Anatomie,  et  de  la  Mcdi- 
cine  pour  pouuoir  conferuer  ou  reftablir  la  fanté  qui  cil  la  chofe  la  plus  pretieufe 
de  la  vie. 

On  s'appliquera  h  inuenter  de  nouuclles  Machines,  et  a  faciliter  les  anciennes 
pour  la  commodité  ou  pour  le  diuertifîement  de  la  vie  et  à  jnventer  de  nouueaux 
fecrets  tant  pour  la  manufacture  des  Arts  que  pour  la  curiofité. 

On  tafehera  d'apprendre  tous  les  fecrets  qui  font  bien  efprouuez ,  en  recompen- 
fant  les  Jnventeurs  ou  ceux  qui  les  cachent  :  Et  fi  l'on  ne  peut  pas  les  apprendre , 
on  tafehera  de  les  trouucr  pour  les  publier,  afin  que  tout  le  monde  profite  des  bel- 
les jnventions  des  particuliers,  et  que  l'jntereft  de  quelques  uns  ne  priue  pas  le 
public  de  l'avantage  de  fi  peu  de  bons  fecrets  que  l'on  a  jufques  icy  trouuez  à  pro- 
portion de  ce  qu'il  feroit  à  fouhaitter  que  l'on  connuft,  particulièrement  en  ce  qui 
regarde  la  fanté,  puis  que  c'eft  une  efpece  de  cruauté  de  laiffer  périr  des  hommes 
faute  de  leur  enfeigner  les  moyens  jnfaillibles  de  fe  fauuer. 

On  efprouuera  aufii  tous  les  Secrets  de  confequence,  dont  on  aura  ladefcription, 
quand  il  y  aura  quelque  apparence  qu'ils  pourront  reuflir ,  pour  les  approuuer  et 
s'en  feruir  s'ils  font  bons,  ou  pour  détromper  ceux  qui  les  croyent  fur  la  foy  d'au- 


1  )  Cette  piècea  été  insérée  ici  parce  que,  dans  la  Lettre  N°.  1 104,  il  est  question „des  nouvelles 
loix  et  ordonnances  que  Ton  y  va  establir."  Comme  toutefois  l'Académie  des  Sciences  ne  fut 
fondée  qu'en  1666,  il  est  possible  que- ce  projet  date  d'une  époque  postérieure  à  1663:1e 
mot  „s'assembloient"  dans  la  Note  ■  )  de  Chr.  Huygens  donne  quelque  appui  à  cette  opinion. 
Plus  tard  IIuygens  a  pris  une  part  active  à  la  discussion  sur  le  règlement.  Consultez  la  pièce 
que  nous  publierons  à  la  fin  de  la  Correspondance  de  1666. 


326  CORRESPONDANCE»     1 663. 


truy  fans  les  avoir  efprouuez,  s'ils  ne  font  pas  véritables.  Enfin  on  s'eftudiera  à 

détromper  le  Monde  de  toutes  les  Erreurs  Vulgaires  qui  pafTent  depuis  fi  long 
temps  pour  des  vérité/,  faute  d'auoir  faict  une  fois  les  expériences  ncccfîaires  pour 
en  decouurir  laiauffcté. 

On  fera  en  forte  d'apprendre  toutes  les  pratiques  des  Arts  tant  de  ceux  qui  l'ont 
en  ufage  en  france  que  dans  les  autres  Pays  et  d'auoir  le  defïèin  de  toutes  les  Ma- 
chines, et  de  tous  les  jnftruments  qui  y  feruent,  et  de  fcauoir  tout  ce  que  les  Ou- 
uriers  remarquent  dans  les  matières  qu'ils  employent,  touttcs  les  diffkultez  qu'ils 
rencontrent  dans  leurs  Ouurages,  tout  ce  qu'ils  rechergcnt  ou  mefme  ce  qu'ils  fou- 
haittent  pour  la  perfection  de  leurs  arts  et  de  toutes  ces  chofes  on  en  fera  une  Lille 
ou  un  Tableau,  afin  que  les  habiles  y  longent,  et  qu'ils  tafchent  par  la  Mecha- 
niquc  ou  par  la  Chymie  ou  par  la  conférence  de  diuers  arts  d'appliquer  par  Ana- 
logie aux  uns  ce  qui  fe  pratique  dans  les  autres. 

On  talchera  auiïi  d'apprendre  toutes  les  tromperies  des  Artifans  et  des  Mar- 
chands et  leurs  vSophiftiqueries  avec  les  Moyens  pour  les  decouurir ,  que  l'on  pu- 
bliera pour  empefeher  le  public  d'y  eftre  trompé,  et  pour  obliger  les  ouuriers  a 
trauailler  plus  fidèlement. 

On  s'appliquera  à  recercher  les  moyens  de  faciliter  la  nauigation  pour  augmen- 
ter le  Commerce  et  pour  auoir  les  occafions  de  decouurir  les  merueilles  qui  fe  ren- 
contrent dans  les  pays  inconnus,  ou  tout  cil  nouueau  et  différent  de  ce  que  Nous 
voyons  dans  le  noftre,  dont  il  rcuiendra  un  très  grand  profit  a  l'Eilat  par  ia  decou- 

uerte  des  Mines,  des  pierres  pretieufes  des  :) et  des  Remèdes  exccllens  dont 

ces  pays  abondent.  Et  pour  cet  effeél  on  recerchera  tout  ce  qui  concerne  la  con- 
llruclion  des  vaifîeaux  et  leur  équipage,  et  tous  les  moyens  de  remédier  aux  jn- 
conveniens  que  l'on  a  remarquez  dans  les  voyages  de  long  Cours. 

Dans  toutes  les  occafions  ou  des  perfonnes  curieufes  voyageront  ou  refideront 
dans  des  pays  ellrangers,  on  leur  donnera  des  Mémoires  et  on  les  priera  d'exami- 
ner les  Lieux  ou  ils  iront  ce  qu'on  jugera  y  élire  remarquable  tant  dans  la  Nature 
que  dans  les  arts,  et  mefmes  dans  les  grandes  navigations  l'on  talchera  d'envoyer 
exprés  des  perfonnes  intelligentes  pour  remarquer  tout  ce  qu'il  y  aura  de  curieux 
dans  les  Terres  nouuelles,  tant  dans  les  métaux  ,  les  animaux  ,  et  les  plantes,  que 
dans  les  Jnventions  des  arts.  Et  pour  cela  l'on  portera  dans  les  pays  policez  les  mo- 
dèles ou  les  defleins  des  Machines  dont  nous  nous  feruons  icy  ,à  lin  s'ils  ne  les  ont 
pas  de  leur  en  apprendre  l'ufage  de  quelques  unes  et  de  troquer  les  autres,  contre 
celles  que  Nous  n'avons  pas,  ou  contre  les  fecrets  de  leurs  arts  que  nous  ignorons, 
que  l'on  auroit  peut  eftre  difficilement  pour  de  l'argent, ou  par  d'autres  voyes.  L'on 
envoyera  aufli  touttcs  les  curiositez  de  l'optique ,  Dioptrique  etc.  de  l'aimant  etc. 


2)    Dans  l'original  il  y  a  une  lacune  ici.  Probablement  il  faut  lire  :  animaux. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  327 


pour  s'jntroduire  par  ce  moyen  et  fe  faire  eftimer,  puis  que  l'on  fcait  que  c'a  elle 
par  de  iemblables  voyes  que  l'on  a  eu  entrée  dans  de  puiflàns  Royaumes. 

On  s'appliquera  particulièrement  h  eftudier  ce  qui  concerne  l'agriculture,  h 
rendre  fertiles  les  Terres  jncultes,  h  defleicher  les  Marais  etc.  comm' citant  les 
chofes  qui  peuvent  les  plus  augmenter  le  bonheur  d'un  Eftat ,  aufli  bon  et  aufli 
fertile  que  le  Nollre. 

On  recerchera  les  moyens  de  faire  la  communication  des  Provinces  les  unes 
avec  les  autres,  afin  que  les  denrées  fe  puifTent  débiter  et  fe  tranfporter  aux  Lieux 
ou  il  en  manque,  en  rendant  les  Riuieres  navigables,  ou  joignant  celles  qui  le 
font  defià. 

On  chergera  aufli  toutes  les  voyes  de  remédier  aux  inondations  de  la  Seine  qui 
incommodent  Paris,  depuis  quelques  années,  Et  pour  toutes  ces  chofes  on  tra- 
uaillcra  a  faire  des  Cartes  Géographiques  très-exactes ,  qui  ei\  une  des  chofes  qui 
manquent  le  plus  dans  cet  Eftat. 

Si  la  Compagnie  eft  confultée  fur  quelques  Jnventions  nouuelles,  fur  quelques 
Machines  ou  fur  quelques  grands  defTeins  publicqs  ou  particuliers,  Elle  députera 
Ceux  de  fon  Corps  qui  feront  les  plus  verfez  dans  ces  matières  pour  les  examiner, 
et  aller  mefme  fur  les  Lieux  s'il  efl  neceflaire ,  qui  feront  leur  Rapport  à  la  Com- 
pagnie, de  ce  qu'ils  auront  trouué,  Laquelle  l'examinera  tres-exaétement  pour  ju- 
ger de  la  poffibilité  ou  de  l'utilité  du  deffein  ,  et  en  dire  fon  fentiment,  qui  procé- 
dant de  perfonnes  jntelligentes  et  defjntereffées  manquera  rarement  d'eflre  véri- 
table,  afin  que  faute  d'un  tel  examen  le  Prince  ou  les  Particuliers  ne  s'engagent 
pas,  en  des  depenfes  inutiles,  et  en  des  entreprifes  peu  honorables,  comme  l'on 
voit  que  cela  n'arriue  que  trop  fouuent.  Par  ce  moyen  le  Roy  aura  dans  fes  grands 
deffeins  et  dans  toutes  les  propositions  nouvelles  qu'on  luy  fera  un  Confeil  capa- 
ble de  luy  donner  des  aduis  fmeeres  et  véritables  s'il  luy  fait  l'honneur  de  le  con- 
fulter. 

La  Compagnie  entretiendra  commerce  avec  toutes  les  autres  Académies,  et 
auec  tout  les  feauants  de  tout  les  Pays,  pour  s'jnftruire  réciproquement  de  ce  qu'il 
y  a  de  particulier  dans  la  Nature  et  dans  les  arts,  et  de  ce  qui  fe  fera  de  nouueau 
touchant  les  Liures  et  les  feiences,  Et  pour  obferuer  par  ce  moyen  en  tous  les 
Lieux,  les  Saifons,  les  vents,  le  plus  grand  chaud  ,  le  plus  grand  froid,  la  decli- 
naifon  de  l'Aimant,  les  flux  et  reflux  des  Mers,  les  Eclipfes,  les  Comètes ,  les  mé- 
téores, et  les  autres  fenomenes  du  Ciel  et  de  la  Terre  par  le  moyen  des  Thermo- 
mètres du  vif  argent ,  des  pendules,  et  de  tous  les  autres  jnftruments  necefïaires 
pour  pouuoir  en  fuitte  faire  une  hiftoire  de  la  Nature  la  plus  univerfelle  qui  foit 
poilible,  fur  la  quelle  comme  fur  de  folides  fondemens  on  puifle  trauailler  à  baltir 
une  Phyficque,  et  pour  faire  pareillement  une  hiftoire  des  arts,  et  des  jnventions 
des  hommes  qui  font  en  ufage,  et  dans  les  Lieux  ou  il  y  a  des  chofes  curieulés: 
Et  où  il  ne  fe  rencontrera  perfonne  capable  de  les  examiner,  comme  aux  bains  et 
aux  fontaines  au  deflus  des  hautes  Montagnes,  au  fond  des  Mines  &c.  on  envoyera 


328  CORRESPONDANCE.     1 663. 


exprès  des  peribnnes  jntelligentes  avec  de  bons  Mémoires  pour  taire  toutes  les 
remarques,  et  les  expériences  neceiïaires. 

L'on  priera  ceux ,  qui  fe  font  particulièrement  appliquez  a  quelque  icience  ou 
a  quelque  art,  ou  qui  ont  la  curiofité  de  s'y  appliquer  de  trauailler  par  toutes  for- 
tes de  voyes  pour  les  perfectionner  et  de  donner  communication  a  la  Compagnie 
de  tout  ce  qu'ils  en  I  cauent.  Et  ainfy  tout  le  monde  jouira  des  trauaux  les  uns  des 
autres.  Et  on  s'excitera  mutuellement  à  contribuer  de  toutes  fortes  de  matières  au 
bonheur  de  la  vie.  à  quoy  il  eft  a  fouhaitter  que  tout  le  monde  s'applique  à  l'avenir 
plus  ferieufement  que  l'on  3)  pas  faicl  par  le  païïe. 

L'on  fera  auflî  une  Lifte  ou  un  Tableau  de  toutes  les  Jnventions  qui  fe  font 
perdues  pour  tâcher  de  les  retrouuer.  Et  un  autre  de  tous  les  fouhaits  que  les  hom- 
mes ont  jamais  eus  ou  peuuent  auoir  fur  quelque  matière  qui  ce  foit,  et  de  toutes 
les  chofes  que  l'on  recerche  depuis  h  long  temps  fans  les  auoir  encores  trouuées 
afin  d'examiner  li  elles  font  pofiibles  ou  impofliblcs,  et  d'exciter  les  habiles  h  les 
rechercher. 

On  ne  parlera  jamais  dans  les  Affemblées  des  mifteres  de  la  Religion  ny  des  af- 
faires de  l'Eftat  :  Et  fi  l'on  parle  quelque  fois  de  Metaphifiquc ,  de  Morale,  d'Hif- 
toirc  ou  de  Grammaire  etc.  Ce  ne  fera  qu'en  pafiant,  et  autant  que  cela  aura  du 
rapport  a  la  Phyfiquc,  ou  au  commerce  des  hommes. 

La  Compagnie  fera  compofée  des  plus  feauants  dans  toutes  les  véritables  Scien- 
ces que  l'on  pourra  trouuer,  Comme  en  Géométrie,  en  Mechanique,  Optique, 
Afin  momie,  Géographie  &c.  en  Phyfique,  Médecine,  Chymie,  Anatomie,  &c.  ou 
dans  la  pratique  des  Arts,  Comme  l'Architeéhirc,  les  fortifications,  la  Sculpture,  la 
peinture,  et  le  deiïein,  la  Conduite,  et  l'eleuation  des  Eaux,  la  Métallique,  l'Agri- 
culture, la  navigation  &c.  Ou  de  ceux  qui  auront  faicl  part  à  la  Compagnie  de 
quelque  fecret,  ou  de  quelque  Jnvention  confiderable  qu'ils  auront  trouuée,  pour 
exciter  tout  le  monde  à  inventer  quelque  chofe  de  quelque  nature  que  ce  foit,  puis 
qu'il  n'y  a  rien  de  nouueau  dont  avec  le  temps  on  ne  puific  tirer  quelque  utilité  con- 
fiderable :  Ou  de  ceux  qui  auront  beaucoup  voyagé;  Et  de  quelques  uns  qui  enten- 
dent les  Langues  vulgaires  pour  traduire  tous  les  bons  liures  qui  traitent  des  feien- 
ces,  et  des  Arts,  que  nous  n'auons  point  en  noftre  langue,  afin  de  les  faire  impri- 
mer, fi  la  Compagnie  juge  qu'ils  foyent  utiles  au  public,  et  pour  lire  tous  ceux  qui 
s'imprimeront  en  ces  Langues,  afin  qu'elle  foit  avertie  de  tout  ce  qui  s'elcrit  et  fe 
crouue  de  nouueau:  Et  de  quelques  autres  qui  efcriuent  bien  en  latin,  pour  traduire 
en  cette  Langue  les  Ouurages  que  la  Compagnie  pourrait  permettre  que  ceux  des 
liens  qui  les  auraient  faicts  imprimafïent ,  et  qu'ils  auraient  compofez  en  francois. 

Et  l'on  ne  receura  perfonne  qui  n'excelle  au  moins  en  quelqu'une  des  choies 


>)   Intercalez:  n'a. 


CORRESPONDANCE.     1663.  329 


fufdi&es,  et  que  Ton  ne  juge  capable  de  pouuoir  contribuer  a  Fauancement  des 
deffeins  de  la  Compagnie. 

On  élira  de  temps  en  temps,  fumant  ce  qui  fera  re fol u ,  des  perfonnes  de  la 
Compagnie  pour  auoir  foin  de  fa  conferuation  et  de  fon  auancement. 

Jl  y  en  aura  une  pour  conduire  les  aflemblécs  et  y  faire  garder  la  bienfeance  et 
le  filencc,  a  laquelle  on  déférera  fans  aucune  oppofition,  et  fans  la  permiffion  de 
la  quelle  on  ne  pourra  rien  faire  ny  parler  d'aucune  chofe. 

Jl  y  en  aura  une  autre  pour  recueillir  ce  qui  fe  fera  ou  fe  dira  de  remarquable 
dans  les  aiTemblées,  dont  il  tiendra  un  Regiftre  exaét  qui  demeurera  dans  1"  Aca- 
démie, que  tous  Ceux  qui  compofcnt  la  Compagnie  pourront  veoir,  ou  en  faire 
tirer  Copie  s'ils  font  abfens,  mais  quils  ne  pourront  jamais  rendre  public  ny  im- 
primer fans  le  confentement  de  la  Compagnie.  Et  pour  entretenir  le  Commerce 
avec  les  autres  Académies  et  les  feauans. 

Jl  y  en  aura  d'autres  qui  tiendront  leur  place  en  leur  abfence  et  qui  les  foula- 
geront. 

Jl  y  aura  une  perfonne  ou  deux  dépendantes  de  la  Compagnie,  pour  auoir  le 
foin  de  tenir  prell:  et  de  faire  exécuter  tout  ce  qui  concernera  les  expériences,  et 
les  Machines  pour  les  deffeigner  et  faire  trauailler  les  ouuriers ,  et  généralement 
pour  faire  tout  ce  qui  fera  ordonné  en  fuitte  des  délibérations  de  la  Compagnie. 

On  élira  (îx  ou  huicT:  des  plus  zelez  pour  s'appliquer  particulièrement  à  Fauan- 
cement de  la  Compagnie ,  et  pour  remédier  aux  inconveniens  qui  fe  pourroient 
decouurir,  qui  pourront  s'affembler  quand  ils  le  jugeront  à  propos,  Et  s'ils  ont 
refolu  quelque  chofe,  on  en  fera  le  rapport,  a  l'afTèmblée  prochaine  pour  en  déli- 
bérer. Et  le  Rcfultat  fera  mis  dans  un  Regirtre  particulier  avec  les  Statuts,  et  les 
loix  de  la  Compagnie. 


")  Fait  par  les  Melïieurs  qui  s'alfembloient  en  particulier  [Chr.  Iluygcns]. 


Œuvres.  T.  IV.  42 


330  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N=   1106. 

R.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 

6    AVRIL    1663. 

La  lettre  se  trouve  a  Leiden,  coll.  Barman  '). 

A  Whitehall  ce  27.  March   1663. 
Monsieur 

Ce  mot  n'eft  que  pour  vous  donner  auis,  que  voftre  dernière  du  2  2)  m'ayant 
fait  iuger  que  vous  feriez  à  Paris  dans  peu  de  iours,  J'y  ay  enuoyé  la  refponce 3)  de 
vos  précédentes 4)  que  Je  vous  auois  promife ,  auec  la  figure  du  vaiffeau  du  cheua- 
lier  Petty.  mais  auec  ordre  au  jeune  homme  5)  qui  porte  le  pacquet  qu'il  le  mette 
entre  les  mains  de  Monfieur  voftre  perc  en  cas  que  vous  n'y  foyiez  point  arrivé. 
Jl  a  auïïi  un  prefent  a  vous  faire  d'un  liure  dont  il  eft  l'autheur  qu'il  appelle  Op- 
tica  promota 6),  qui  traitte  de  la  Dioptrique ,  et  de  l' Aftronomie ,  dont  Je  ne  veux 
rien  dire  pour  vous  en  laifTer  le  ingénient  entier.  Apres  l'auoir  leu,  et  conféré 
auec  le  jeune  homme  fi  au  moins  vous  le  voyez  mandez  m'en  voftre  fentiment. 
Seulement  en  tout  cas,  vous  y  apprendrez  que  J'ay  eu  rai fon  de  vous  dire,  tou- 
chant la  publication  de  vos  traittez,  ce  que  J'ay  dit  dans  le  pacquet  enuoyé  à 
Paris.  Je  ne  vous  aurois  point  eferit  à  cette  heure  n'eftoit  qu'une  perfone  venue 


')    La  réponse  de  Chr.  Huygens  s'est  perdue;  consultez  la  Lettre  N°.  1119. 

2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1097. 

3)  Voir  la  Lettre  N°.  1102. 

♦)    Consultez  la  Lettre  N°.  1098. 

5)   James  Gregory,  fils  du  pasteur  John  Gregory  et  de  Mlle  Anderson,  naquit  à  Dramoak 
(Aberdeen)  en  novembre  1638  ,  et  mourut  à  Edinbourg  en  octobre  1675.  En  1665  il  vint  à 
Londres,  puis  voyagea  en  Italie.  En   1668,  de  retour  en  Angleterre,  il  devint  membre  de  la 
Société  Royale,  en    1669  professeur  de  mathématiques  à  St.  Andrews  et  en  1674  à  Edin- 
bourg. En  1662  il  donna  le  projet  des  télescopes  réflecteurs  qui  portent  son  nom:  peu  de 
jours  avant  sa  mort,  en  observant  les  satellites  de  Jupiter,  il  devint  tout  à  coup  aveugle. 
6     Pptica  Promota,  feu   Abdita  radiorum  reflexorum  &  refraftorum  Myfteria  Geometrice 
Knucleata;    cui   l'ubnectitur  Appendix  fubtiliflinioruni  Allronomiae   Problematum   relblu- 
tionem   exhibons.    Authore   Jacobo   Gregorio,   Abredonenli    ScotO.  Londini,  Excmiebat 
J.  I laves,  pro  S.  Thomfon,  ad  (nfigne  Epifcopi,  in  Coemeterio  Paulino.  [663.  in-40. 
L'ouvrage  proprement  dit  contient,  aux  pages  1 — 95,  les  ^Propositiones  1     59". 
L'appendix  contient,  pp.  </>      134,  les  nPropositiones  60     90". 
On  trouve  dans  la  première  partie  la  description  de  son  projet  de  télescope  réflecteur. 


CORRESPONDANCE.     1663.  33  1 


d'Hollande  depuis  8.  iours  m'a  dit,  vous  auoir  veu  7)  a  là  Haye.  Vous  fcauez  au 
refte  que  Je  fuis  de  tout  mon  coeur 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefaffectionné  feruiteur 
R.  Moray. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 
i/3  a  la  Haye. 

XII 


N=   1107. 

Constantyn  Huygens,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

12    AVRIL     1663. 

La  lettre  et  la  copte  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1108. 

A  la  Haye  le   12.  Avril   1663. 

En  premier  lieu  gratulor  aduentum  ,  et  maintenant  que  vous  y  elles  il  me  tarde 
fort  d'entendre  un  peu  comment  vous  trouvez  ces  grandes  Lunettes  travaillées 
dans  ces  grandes  platines  de  Petit  et  d'Efpaignet,  il  vous  plaira  de  m'en  donner 
advis  par  voftre  première. 

Depuis  voftre  départ  j'ay  commencé  un  peu  a  brouiller  en  miniature  foubs  la 
difeipline  de  Blauet '  )  ,  et  je  croy  que  fi  j'auois  du  temps  allez  je  pourrais  reuflir 
poco  à  poco.  J'ay  quafi  acheué  de  copier  le  mefme  portrait  de  Sus2)  qu'a faitnoftre 
petit  miniateur  et  on  ne  le  trouve  pas  tant  mal.  quand  Hanneman  3^  aura  fait  le 
mien  je  le  copieray  auffi  et  l'envoyeray  à  mon  Père.  Je  voudrais  que  vous  vou- 


")    Chr.  Huygens  arriva  à  Paris  le  3  avril  1663  [Dagboek]. 


1      lïlavet  était  maître  de  dessin  à  la  Haye. 

2)  Susanna  Huygens. 

3)  Voir  la  Lettre  N°.  812,  note  6. 


332  CORRESPONDANCE.     1663. 


luttiez  m'accommoder  du  plus  petit  morceau  de  cette  pierre  à  broyer  de  por- 
phyre que  vous  auez  et  qui  eft  caiïee  par  le  milieu.  Je  vous  en  donneray  ce  que 
vous  jugerez  vous  mefme  qu'il  vaut,  et  tafeheray  de  luy  faire  donner  quelque  for- 
me par  Blondel 4)  ou  quelque  autre,  pour  me  feruir  a  broyer  des  couleurs.  Je 
trouve  qu'on  a  beaucoup  plus  toit  fait  fur  une  pierre  platte  que  non  pas  dans  ces 
petites  creufes  comme  j'en  ay  une. 

Si  vous  voyez  Nanteuil  5)  ou  quelqu' autre  qui  (bit  du  meltier  je  vous  prie  de  ne 
manquer  pas  de  feauoir  d'eux  pourveu  qu'ils  le  veuillent  dire,  comment  ils  font 
leurs  paftels  ou  crayons.  S'ils  fe  feruent  de  plaftre  pour  faire  le  corps  et  de  quoy 
ils  lient  le  tout  enfemble.  Je  me  fuis  fervy  autrefois  de  Gomme  détrempée  dans  de 
l'eau,  mais  Blauet  dit  qu'il  faut  faire  de  la  colle  pour  cela  de  cuir  bouilly  qu'on 
appelle  icy parkemcnt-lijm  rt).  Mes  paftels  auoyent  encore  ce  default  que  la  ou  le 
papier  en  auoit  elle  frotté  le  lapis  noir  ne  vouloit  pas  bien  marquer  comme  li  le 
papier  euft  cité  un  peu  gras.  Je  voudrois  finalement  feauoir  s'ils  broyent  les  cou- 
leurs fort  menues  et  fines  auant  que  de  les  méfier  dans  le  plaftre,  par  ce  que  San- 
derfon  r)  dans  fon  Art  of  Painting  ")  dit  qu'il  fuffit  de  les  rompre  feulement,  ce 
que  je  ne  feaurois  croire  élire  bon  pour  travailler  des  choies  curieufes.  Sçachez 
auffi  un  peu  de  quel  papier  ils  fe  fervent  et  lî  ce  n'eft  pas  du  blanc,  quelle  en  cil: 
la  raifon. 

Jl  n'y  a  rien  de  nouveau.  Ce  fol  de  Nieuwerkercken  9)  eft  party  pour  les  Indes. 
Trois  quatre  jours  auant  fon  départ  citant  à  table  au  lleercn-logement  auec  quel- 
ques Bcwint'icbbcrs IO)  ils  penferent  efclatter  de  rire  quand  il  leur  dit  d'un  vifage 
bien  ferieux  qu'il  auoit  tafché  de  fe  rendre  capable  de  leur  rendre  feruice  IX),  en 
faifant  faire  exercice  touts  les  jours  a  deux  mille  hommes;  qu'il  eitoit  vray  qu'ils 
eitoyent  de  plomb,  mais  que  cela  fer  voit  pourtant  pour  apprendre. 


Pour  le  Frère. 


Blondel  était  physicien-mécanicien  a  In  Haye. 

Voir  lu  Lettre  N°.  803,  note  27. 

Traduction:  colle  de  parchemin. 

William  Sanderson  naquit  en  1590.    Il  ét;iit  maître  de  dessin  ;i  Londres. 

Grapbice,  the  Ufe  of  the  l'en  and  Pencil,  or  thernoil  Excellent  An  ofPainting.  In  two 

Parts.  By  William  Sanderfon,  Efq.,  London.  1658.  in-folio. 

Adriaan  Pauw  '■  voir  la  Lettre  N°.  82X  ,  noie  ~  1. 

Traduction:  Directeurs  de  la  Compagnie  des  Indes  Orientales. 

Adriaan   Pauw  avait  pris  service  auprès  de  la  Compagnie  des  Indes  Orientales.  Ce  fui   le 

;;  avril    1663  que  le  conseil  des   17     le  conseil  de  la  Compagnie  des  Indes  Orientales)  le 

nomma  enseigne;  le  6  avril  suivant  il  l'ut  promu  au  rang  de  lieutenant. 


CORRESPONDANCE.     1663.  333 


N2-  1108. 

Christiaan  Huygens  à  [Constantyn  Huygens,  frère]. 

20    AVRIL     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  1107.     Constantyn  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.   11 10. 

A  Paris  ce  20  Avril   1663. 

Pour  fatiffaire  a  ce  que  vous  me  demandez  touchant  les  verres  de  Lunettes  je 
vous  diray  que  peu  de  jours  après  que  je  fus  arrive  en  cette  ville  l'on  décerna 
une  afTemblee  générale  de  Lunetterie  chez  Monfieur  Auzout,  ou  fe  trouvèrent 
Meilleurs  d'Efpagnet,  Petit,  Monconis  avec  fon  Telefcope  a  5  verres  de  Divini, 
de  10  pieds,  et  quantité  de  fpeélateurs.  Il  y  avoit  des  eferiteaux  attachez  contre 
le  clocher  de  St.  Paul,  diftant  du  logis  x)  de  Monfieur  Auzout  (que  le  frère  Louis 
vous  pourra  montrer  fur  la  carte)  environ  i8otoifes,  ou  1080  pieds  de  France. 
Mais  le  temps  eftant  obfcur,  et  y  ayant  quelques  cheminées  fumantes  entre  deux 
cela  fit  grand  tort  aux  Lunettes  et  empefcha  qu'on  ne  put  lire  des  petits  chàraéte- 
resqui  marquent  le  mieux  la  bonté  des  verres,  mais  feulement  des  capitales  d'en- 
viron cette  grandeur  A13.  lefquclles  pourtant  on  lifoit  tout  auffi  bien  avec  mon 
verre  de  22  pieds  qu'avec  celuy  de  Monfieur  d'Efpagnctte  de  32.  Etlacaufe 
en  efl  parce  que  ni  fon  verre  ni  l'ouuerture  qu'il  luy  donnoit  n'eftoit  pas  plus 
grande  que  celle  du  mien.  L'on  lifoit  auiîi  les  mefmes  characteres  avec  un  verre 
fait  par  Monfieur  Auzout,  lequel  il  confefTa  pourtant  luy  mefme  n'eftre  pas  fi  bon 
que  le  mien. 

Tant  que  nous  n'aurons  fait  des  eflais  plus  juftes  et  avec  meilleure  commodité, 
je  ne  feaurois  vous  bien  dire  ce  que  valent  les  verres  de  ces  Meilleurs.  Cependant 
je  vous  puis  affurer  quant  a  ceux  de  Monfieur  d'Efpagnet  qu'ils  font  merveilleufe- 
ment  bien  travaillez  et  polis,  en  forte  qu'on  n'y  remarque  pas  le  moindre  point 
ni  egrattigneure.  Il  en  a  quelques  uns  plus  grands  que  les  noftres  aux  quels  il  me 
dit  qu'il  met  environ  4  heures  a  les  former  et  doucir,  et  3  ou  quatre  autres  a 
les  polir,  mais  fans  papier  ni  chofe  aucune  interpofee  entre  le  verre  et  la  forme. 
Celles  dont  il  fe  fert  font  de  cuivre  et  fort  juftes  a  ce  qu'il  dit,  faites  par  un  ouvrier 
en  cette  ville  a  qui  il  a  donne  de  l'inflruélion  pour  cela.  Si  je  croiois  que  nous  en 
pourrions  avoir  a  faire,  je  pourrois  en  procurer  une  de  50011  60  pieds,  mais  je 
crois  qu'il  les  fait  bien  paier.  La  matière  dont  Monfieur  d'Efpagnet  doucitles  ver- 
res fur  la  fin  efi:  différente  de  la  première  a  ce  qu'il  dit.  quelques  uns  penfent  que 
c'eft  de  l'emeril  lave ,  mais  j'ay  de  la  peine  a  croire  qu'il  puiffe  fervir.  J'iray  veoir 


')    A.  Auzout  demeurait  dans  l'Ile  Notre  Dame.  Consultez  la  Lettre  N°.  962. 


334  CORRESPONDANCE.     1663. 


Monfieur  d'Efpagnette  l'un  de  ces  jours  pour  veoir  ce  que  je  pourrois  tirer  de  luy, 
quoyque  a  ce  que  j'ay  défia  pu  juger  il  ne  (bit  guère  communicatif. 

Il  avoit  chez  Monfieur  Auzout  8  de  les  verres,  enfermez  dans  une  boete  qu'il 
tenoit  touf jours  fous  le  bras,  et  la  gardoit  comme  fi  elle  euft  eftè  pleine  de  piftoles. 

La  Lunette  de  Divinis,  comme  font  toutes  les  grandes  de  jour,  blanchiflbit 
fort  les  objets,  et  ne  faifoit  qu'un  médiocre  efcart  ou  ouverture. 

Je  n'ay  juiqu'icy  pu  trouver  Nanteuil  chez  luy  pour  luy  demander  ce  que  vous 
avez  envie  de  fcavoir  touchant  le  paftel  ;  mais  j'y  retourneray  et  vous  manderay  ce 
que  j'en  auray  appris.  Il  me  tarde  fort  de  veoir  voftre  copie  après  le  tableau  de 
Hanneman  et  fi  vous  avez  défia  tant  profite  dans  ce  nouvel  apprentiïïage  que  vous 
vous  en  faites  accroire. 

Je  vous  accorde  le  morceau  de  ma  pierre  de  porphyr  fous  condition  que  vous 
me  fafîiez  former  aufiî  l'autre  moitié,  ainfi  que  la  voftre;  parce  que  je  fais  eftat  de 
m'en  fervir  a  mon  retour  ainfi  que  vous  pour  les  couleurs  de  la  miniature. 

Ce  matin  Monfieur  de  Montmor  m'a  envoyé  un  Mathématicien  et  un  ouvrier 
en  Cuivre,  avec  prière  que  je  les  inftruiflifle  pour  faire  une  Machine  du  vuide 
femblable  a  la  miene  ce  que  j'ay  fait. 

Jufqu'icy  il  ne  s'eft  point  encore  prefentè  d'occafion  pour  débiter  de  nos  Teles- 
et  Mifcrofcopes,  quoyque  prefque  tous  les  jours  il  ne  me  manque  des  fpeftateurs. 


N°=   1109. 

Christiaan  Huygens  a  Lodewijk  Huygens. 

20    AVRIL    1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  a  Leiden ,  coll.  Huygens, 
Sommaire,  ïubereufes.  Voiture,  du  Portail  fa  tille.  Amérique. 

A  Paris  ce  20  Avril   1663. 

Je  fus  rendre  voftre  lettre  a  Monfieur  Thcvenot  le  lendemain  après  la  recepte, 
a  la  quelle  vous  recevrez  l'a  refponfe  par  cet  ordinaire  s'il  tient  promette.  A  l'en- 
tendre parler  il  trouvoit  le  pris  des  deflTeings  Chinois  fort  raifonnable,  et  jecroy 
qu'il  vous  donnera  commiflion  pour  les  luy  procurer,  ce  que  je  fouhaite  auflî  bien 
fort,  par  ce  que  vous  dites  qu'ils  font  fi  bien  faits.   Ce  que  Ton  vous  a  raconté  de 


CORRESPONDANCE.    1663.  335 


Vander  Does  *)  n'eft  pas  bien  croyable.  Il  n'y  a  pas  long  temps  qu'on  la  vu  icy ,  et 
je  penfe  que  c'eft  Monfieur  Thevenot  luy  mefme  qui  luy  a  parlé.  L'antagonifte  2) 
de  Voffius  qu'il  nomme  Petit 3)  doit  eltre  quelque  autre  que  noftre  Seigneur  du 
Portail4),  car  afïurement  il  ne  le  tairoit  pas  d'un  ouvrage  comme  cettui  la,  puis 
que  dans  les  moindres  chofes  il  fait  gloire  d'eftre  d'opinion  contraire  aux  autres. 
Il  y  a  4  jours  qu'il  eft  parti  pour  aller  rencontrer  la  S  ignora  Mariane  5)  et  fa 
Mère  a  un  lieu  dont  j'ay  oublié  le  nom ,  de  forte  que  bientolt  nous  verrons  la  fa- 
mille en  fon  entier,  qui  depuis  leur  abfence  a  efte  comme  nulle. 

J'ay  fceu  les  mariages  des  2  damoifelles  Campen  6)  eftant  encore  a  laHaije, 
mais  ne  fcavois  pas  que  la  Tante7)  s'oppofoit  fi  fort  a  celuy  de  la  RoufTe.  C'eft 
parce  que  feu  Monfieur  fon  fils  8)  n'y  a  pu  reufîir ,  quoy  qu'il  foit  vray  d'ailleurs 
qu'elle  n'eft  pas  trop  bien  confeillée  de  prendre  le  parti  qu'elle  prend. 

Les  extravagances  du  Seigneur  de  Nieuwerkerck y)  font  admirables,  et  l'on 
pourra  manifestement  veoir  en  luy  quand  il  fera  de  retour,  s'il  eft  vray  ce  qu'on 
dit  que  ces  voiages  des  Indes  rendent  les  gens  plus  fages  qu'ils  n'eltoient.  parce 
qu'on  eft  afTurè  au  moins  qu'il  a  eltè  fou  en  partant. 

Ces  4  ou  5  jours  paffez  il  y  a  eu  un  grand  bruict  par  les  rues ,  des  gens  qui 


')    Sur  Jacob  van  der  Does  voir  la  Lettre  N°.  807 ,  note  1 3. 

2)  Consultez  l'ouvrage 

P.  Petiti,  Defenfio  Exercitationum  de  [gnis  &  Lucis  Natura  contra  Is.  Voffium.  Parifiis 
1663.  in-40. 

3)  Pierre  Petit,  le  médecin  (ainsi  nommé  pour  le  distinguer  de  l'intendant  des  fortifications  de 
même  nom),  naquit  en  1617  à  Paris,  où  il  mourut  le  12  décembre  1687.  Reçu  docteur  en 
médecine,  il  s'attacha  plus  tard  aux  belles-lettres,  et  passa  dans  les  maisons  du  président  de 
Lamoignon,  et  du  président  de  la  chambre  des  comptes  Nicolas.  Il  combattit  les  théories 
de  Descartes  et  eut  une  polémique  avec  Vossius,  à  cause  de  son  traité: 

P.  Petiti  Exercitationes  de  Ignis  &  Lucis  Natura.  Parisiis.  1663.  in-40. 
Vossius  y  répondit  par  son  ouvrage: 

Ifaaci  Voflîi  Refponfum  adObjeftaJoh,  deBruyn,  Profeflbris  Trajeftini  et  Pétri  Petiti 
Medici  Parifienfis.  Hagae  Comitis.  Ex  Officina  Adriani  Vlacq.  cIoIdclxiii.  in-40. 

4)  C'est  le  sobriquet  de  Pierre  Petit,  l'intendant  des  fortifications  (voir  la  Lettre  N°.  536, 
note  6). 

5)  Marianne  Petit,  sa  fille. 

6)  Peut-être  des  petites-filles  de 

Sylvester  Campen,  né  en  1554  à  Bommelerwaard.  Il  fut  pensionnaire  de  Goes  et  député 
dans  le  conseil  d'état  des  Pays-Bas.  En  1654  il  se  fixa  à  Leiden  pour  y  étudier  la  botanique 
et  s'y  fit  inscrire  comme  étudiant.  Peut-être  Petronella  Campen  fut  sa  fille.  Son  adage  était  : 
't  Leven  gedurigh  Campen  (La  vie  est  un  combat  continuel). 

7 )  Petronella  Campen,  veuve  de  Maurits  Huygens,  mariée  en  secondes  noces  à  Johan  Eyckberg. 
Voir  la  Lettre  N°.  234,  note  1 1. 

8)  Probablement  Jacob  Huygens,  fils  de  Maurits  Huygens  et  de  Petronella  Campen. 

9)  Voir  la  Lettre  N°.  828 ,  note  7. 


336  CORRESPONDANCE.    1663. 


faififïbient  ceux  du  peuple  dont  ils  fe  pouvoient  rendre  maiftre,  pour  etlrc  envoiez 
en  l'Amérique.  Ces  coquins  au  lieu  de  prendre  des  vauriens  et  gens  fans  adveu 
s'attaquoient  a  des  fils  et  filles  de  bourgeois  et  les  cnlevoient  fans  que  les  parents 
puflent  fcavoir  ou  on  les  avoit  amenez  ce  qui  en  fin  caufa  grand  tumulte  parmy  la 
ville,  tellement  que  plulieurs  de  ces  preneurs  ont  elle  tuez  par  les  laquais  et  la 
populace  et  mefmes  quelques  uns  pendus.  Et  l'on  cric  contre  eux  depuis  hier  un 
arreft  par  les  rues ,  qui  a  achevé  de  les  chafier. 

Le  Sieur  Bruynellein  IO)  a  peur  que  les  Tubercules  qu'il  vous  a  envoiees  ne 
foient  toutes  peries  dans  la  terre  parce  que  Monlieur  de  la  Fare  II),  a  qui  Mon- 
lieur  Chieze  en  avoit  fait  tenir,  a  efcrit  que  toutes  les  lienes  ont  eu  ce  malheur.  Si 
les  noftres  ont  eu  meilleure  fortune ,  faites  le  nous  fcavoir. 

Pour  le  frère  Louis. 


N=   11 10. 

Constantvn  Huygens,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

16    AVRIL    1663. 

La  lettre  cl  U:  copie  se  trouvait  à  Leiden,  cuil.  Huygens. 
Elle  est  li!  réponse  en:  No.   1108.     Chr.  Huygens  y  répondit  pur  le  No.  n  11. 

A  la  Haye  le  16  d'Avril   1663. 

Voycy  Madame  de  Mon  bas  ')  qui  me  vient  rompre  la  telle  pour  procurer  que 
par  voflre  moyen  elle  puifîe  receuoir  icy  une  cadette  ou  il  y  a  un  habit  qu'elle  ou 
fon  mary  2)  ont  fait  faire  à  Paris.  Je  vous  prie  de  l'adrefTer  à  van  Allen  3)  et  de  me 
mander  s'il  y  aura  eu  quelque  chofe  a  payer  a  la  douane  pour  le  redemander  icy , 
et  de  donner  ordre  à  van  Allen  de  dire  en  me  l'envoyant  icy  a  quoy  monte  le  port 
de  Paris  à  BrufTelles,  pour  euiter  perte  qui  d'ordinaire  accompagne  cette  forte  de 
commillions. 


IO)  Voir  la  Lettre  N°.  1 104,  note  H. 
11  j  Voir  la  Lettre  N°.  1051  ,  note  2. 


')   Cornelia  de  (iroot ,  fille  de  Hugo  de  C.roor  et  de  Maria  van  Reygersberg. 

2)   Jean  Barthon,  vicomte  de  Montbas,  naquit  en  Poitou.  D'abord  colonel  de  eavallerie  en 

France,  il  vint  à  la  Haye,  où  il  vivait  avec  grand  luxe.   Il  devint  lieutenant-général  dans 

Tannée  des  Provinces-Unies.  En  16-2,  dans  la  guerre  avec  la  France,  avant  été  accusé  île 

trahison  ,  il  se  réfugia  en  France. 

Voir  la  Lettre  N°.  1103,  note  2. 


CORRESPONDANCE.    1663.  337 


Je  vous  prie  de  dire  à  mon  Père  que  Broer4)  et  moy  auons  commencé  à  parler 
à  Buferoo  5),  pour  trouuer  moyen  d'auancer  noftre  bon  minière  6)  de  Zuilichem 
à  une  place  vacante  dans  la  Baronnie  de  Cranendonc;  il  feroit  bon  qu'il  en  tou- 
chait auffi  quelque  mot  audit  Greffier.  Si  par  ce  moyen  là  ion  pouroit  fortir  d'affaire 
auec  ce  cocquin  là  ce  feroit  un  grand  point  gaigné  et  un  vray  moyen  de  redrefTer 
les  affaires  de  Zuilichem. 

J'efpere  que  vous  aurez  veu  depuis  voftre  dernière  le  Seigneur  Efpagnet,  il  me 
tarde  extrêmement  de  feauoir  au  vray  ce  que  valent  fes  verres.  Si  vous  les  trouvez 
bons  en  perfection  dont  je  doubte  touf jours  beaucoup,  vous  pourriez  tafeher  de 
feauoir  de  fes  fecrets  en  trocq  pour  les  noftres,  que  je  ne  feaurois  croire  moindres 
que  les  fiens. 

Depuis  la  Copie  après  Hanneman  j'en  ay  fait  encor  une  autre  après  le  portrait 
de  Miftris  Limon  7),  et  maintenant  je  veux  effayer  comment  je  pourrois  reuflir 
après  le  naturel  qui  eft  le  grand  point. 

Hanneman  m'a  peint  deux  fois  et  il  faudra  que  j'y  aille  pour  le  moins  deux 
autres  auant  qu'il  ait  fait;  il  jugea  d'abord  la  grandeur  de  toile  fi  petite,  que  je 
refolus  d'en  prendre  une  tant  foit  peu  plus  grande,  c'eft  à  dire  environ  la  largeur 
de  la  main  tout  autour ,  que  les  trois  de  van  Loo  8).  A  quoy  il  n'y  a  point  d'incon- 
vénient veu  que  celle  de  Sus 9)  eft  encor  plus  grande  et  que  la  mienne  fera  dans  le 
milieu  et  ne  caufera  point  d'irrégularité.  Par  le  prochain  ordinaire  j'envoyeray  la 
mefure  pour  feruir.  en  cas  que  mon  Père  refolue  à  faire  faire  les  bordures  à  Paris. 

Pour  le  négoce  il  faut  attendre  les  occafions,  Chieze  mande  que  vousdeuiez  luy 
donner  deux  oculaires  ou  qu'il  ne  s'en  falloit  gueres. 

Hier  au  foir  fut  conclu  le  parentage  de  Mademoifelle  Beaumont I0)  auec  Ti- 
lenus  ").  La  Tante  Dorp  I2)  a  elle  du  feftin  et  de  la  cérémonie. 


4)  Lodewijk  Huygens. 

5)  Sur  Adriaen  Buysero,  voir  la  Lettre  N°.  996,  note  2. 

6)  Johannes  Agricola,  né  en  Zélande  en  161 3.  Après  avoir  fait  ses  études  à  Leiden,  il  devint 
pasteur  à  Zuylichem,  où  il  semble  avoir  mal  soigné  les  intérêts  de  Constantyn  Huygens, 
père,  qui  souvent  avait  des  querelles  avec  lui. 

7)  Ce  portrait  de  Mistr.  Limmon  et  celui  de  Mistr.  Tufton  se  trouvaient  dans  le  cabinet  de 
Constantyn  Huygens,  père. 

8)  Voir  la  Lettre  N°.  1 104,  note  16. 

9)  Le  portrait  de  Susanna  Huygens,  peint  par  Hanneman.  Consultez  les  Lettres  Nos.  1 123  et  11 25. 

10)  Aernoudina  van  Beaumont,  fille  de  Aernoud  van  Beaumont  et  de  Johanna  van  Gogh. 

")  Johannes  Thielen  (Tilenus)  naquit  à  Willemstadt  en  1639,  et  mourut  en  1692.  Il  fut  inscrit 
le  28  mai  1659  à  l'Université  de  Leiden,  devint  pasteur  à  Goes  et  passa  de  là,  le  13  juin  1666, 
à  Middelbourg.  11  était  probablement  frère  de 

J.  Tilenus,  pasteur,  qui  naquit  à  Leiden  le  29  décembre  1629  et  mourut  le  18  octobre 
1661  ;  celui-ci  avait  épousé  en  1657 

Susanna  van  Baerle,  fille  de  David  van  Baerle  et  de  Rachel  Godin  ;  elle  naquit  en  1633  et 
mourut  en  juillet  1674.  Elle  était  la  nièce  de  Madame  van  Dorp. 
I2)  Ida  van  Baerle ,  veuve  de  Arend  van  Dorp  (voir  la  Lettre  N°.  72 ,  note  3). 

Œuvres.  T.  IV.  43 


338  CORRESPONDANCE.     1 66 


.V 


Je  vous  prie  de  n'oublier  pas  l'information  touchant  le  paftel  et  en  vous  infor- 
mant de  regarder  bien  les  queftions  que  je  propoie  dans  ma  précédente  12).  Je 
voudrais  fcauoir  aufîi  ii  en  broyant  les  couleurs  ils  les  brovent  fort  menues. 


Pour  le  Frère. 


N=   un. 

Christiaan  Huygens  à   [Constantyn   Huygens,  frère]. 

4  mai    1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  i:  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   11 10.     Constantyn  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.   111;. 

A  Paris  ce  4  May   1663. 

Lors  qu'on  m'aura  délivre  le  pacquet  pour  Madame  de  Monbas  *_),  car  jufqu'icy 
je  ne  fcay  de  qui  ni  quand  il  doibt  venir,  je  tafcheray  de  l'envoier  par  la  première 
occafion  en  l'adrefTant  a  van  Allen ,  et  auray  foin  de  ce  que  vous  dites. 

Touchant  ce  que  vous  mandez  du  miniilre  de  Zulichem  2)  mon  Père  vous  fera 
refponfe  et  a  promis  d'en  efcrire  a  Moniieur  Bufcro. 

Le  frère  de  Moggershil  et  Moniieur  van  Leeuwen  arrivèrent  icy  en  bonne 
faute  il  y  a  3  jours  et  furprirent  fort  Mon  Père  qui  ne  fongeoit  a  rien  moins.  J'enfle 
elle  bien  aife  qu'ils  fuïïent  demeure  loge/,  céans,  mais  Mon  Père  en  faifant  fcru- 
pule,  parce  que  peut  eftre  au  Nordeindc  3)  l'on  y  trouveroit  a  redire,  il  ne  s'eft 
point  oppofc  au  deffein  qu'en  arrivant  ils  avoient  pris,  qui  eitoit  de  fe  mettre  en 
penfion  dans  le  voifinage.  Les  3  femaines  qu'ils  font  eftat  de  demeurer  icy  feront 
emploiées  en  promenades  comme  vous  pouvez  penfer,  des  quelles  a  leur  retour 
vous  entendrez  des  amples  récits  et  non  fans  Hyperbole. 

Depuis  ma  dernière  nous  avons  efïàiè  une  féconde  fois  nos  Lunettes  chez  Mon- 
iieur Auzour,  n'y  ayant  que  Moniieur  d'Efpagnet  et  raoy.  Il  y  en  eut  une  de  Mon- 

I2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1  107. 


1  ,    Voir  la  Lettre  N°.  1 1 10,  note  1. 

Sur  J.  Agricola,  voir  la  Lettre  N°.  i  no,  note  6. 
s)    Huygens  désigne  ici  la  Princesse  Douairière  Arnalia  von  Solms,  qui  demeurait  au  Noordeinde 

à  la  Haye;  Constantyn  Huygens,  père,  était  en  voyage  pour  son  compte. 


CORRESPONDANCE.    1663.  339 


fleur  Auzout  qui  eftoit  pour  le  moins  auffi  bonne  que  la  miene,  et  tant  foit  peu  plus 
longue.  Quatre  ou  5  verres  de  Monfieur  d'Efpagnet  auffi  trefbons,  et  entre  autres 
un  de  32  pieds  et  de  5  pouces  de  diamètre  ,  fort  excellent  parce  qu'il  fouffroit  une 
grande  ouverture  avec  les  mefmes  oculaires  que  le  mien.  Il  m'a  promis  de  travail- 
ler devant  moy  quand  je  voudrois  et  de  me  monftrer  la  manière  dont  il  fe  fert  pour 
doucir,  mais  non  pas  celle  de  polir,  en  la  quelle  confifte  pourtant  Ton  plus  beau 
fecret.  Je  ne  laifîè  pas  d'efperer  que  malgré  luy  nous  fcaurons  bientoft  le  miltere 
parce  que  Monfieur  Auzout  depuis  ce  jour  de  l'Efîay ,  ayant  refvè  a  ce  poli  fans 
papier,  a  trouvé  la  mefme  chofe  ou  du  moins  quelque  chofe  de  fort  approchant,  et 
mefme  m'a  monftrè  un  verre  qu'il  di foit  avoir  poli  de  la  forte,  et  qui  eftoit  afïez 
bien  pour  la  première  fois.  Cettuicy  ne  fait  fecret  de  rien  et  m'a  promis  de  me 
faire  part  de  ce  qu'il  a  trouvé. 

En  attendant  que  j'aye  veu  le  Sieur  Nanteuil 4)  ,  je  vous  diray  ce  que  Monfieur 
BofTe  5)  m'a  appris  touchant  les  crayons,  defquels,  auffi  bien  que  de  l'art  de  Mig- 
nature  il  va  bientoft  publier  un  livre  5)  qu'il  en  a  efcrit,  a  fin  que  vous  ne  croiez 
pas  qu'il  y  foit  peu  expert.  Il  dit  donc  que  le  corps  doit  eftre  de  plaftre  treffin, 
feulement  trempé  avec  de  l'eau  fans  gomme  ni  colle  aucune ,  et  qu'en  roulant  les 
morceaux  il  faut  prefîer  un  peu  fort  a  fin  qu'ils  en  foient  plus  fermes  et  folides. 
que  fur  tout  les  couleurs  doivent  eftre  bien  finement  broiees  devant  que  de  les  y 
mettre.  Quant  au  papier  bleu  ou  blanc  il  "dit  qu'il  n'importe  point ,  pourveu  qu'on 
n'y  ait  rien  pafTè  pour  le  polir. 

Il  faut  que  je  parle  a  Monfieur  Thevenot  devant  que  faire  reponfe  au  frère 
Louis.  Ayez  foin  je  vous  prie  de  faire  porter  l'enclofe  au  Seigneur  Vofîins. 


4)  Voir  la  Lettre  N°.  803  ,  note  27. 

5)  Voir  la  Lettre  N°.  367,  note  1. 

6)  Peut-être  l'ouvrage,  qui  parut  plus  tard  sous  le  titre  : 

Le  peintre  converty  aux  preciles  et  univerfelles  reigles  de  l'on  art:  auec  un  raifounement 
abbrege  au  fujet  des  tableaux  baf-reliefs  et  autres  orneraens  que  Ton  peut  faire  fur  les  diver- 
fes  fuperficies  des  baftimens.  Et  quelquesadvertillemens  contre  les  erreurs  que  des  nouveaux 
écrivains  veulent  introduire  dans  la  pratique  de  ces  arts.  Paris.  1667.  in-8°. 

L'auteur  écrivit  cet  ouvrage  contre  ses  collègues  de  l'académie  de  peinture,  Jacques  le 
Bicheur,  le  Père  Augustin  Bourgoing  et  Cli.  Le  Brun. 


34-0  CORRESPONDANCE.     1663. 


N°   11 12. 

Constantyn  Huygens,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

IO    MAI     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Laden ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  un.     Chr.   Huygens  y  répondit  par  le  No.   11 15. 

A  la  Haye  le   iome  May  1663. 

Grand  'mercy  pour  les  nouvelles  de  la  Lunetterie,  et  les  inftruétions  pour  le 
crayon.  Sur  le  dernier  pourtant  je  vous  diray  qu'il  faut  que  ce  plaftre  dont  ils  fe 
fervent,  foit  du  plaftre  tout  frais  et  qui  n'ait  jamais  fervy,  comme  n'elloit  pas  ce- 
luy  dont  j'ay  fait  mes  paftels,  qui  n'auroit  jamais  voulu  tenir  cnfemble  à  moins 
d'y  méfier  quelque  chofe  de  glutineux ,  je  vous  prie  de  le  feavoir  un  peu  au  vray. 

Il  vaudroit  auiîi  la  peine  de  voir  trauailler  d'Efpagnet.  Ce  que  vous  dites 
dans  voftre  précédente1)  de  ce  qu'il  met  quatre  heures  à  addoucir  un  grand  verre, 
et  quatre  autres  à  le  polir  n'elt  ce  pas  qu'il  faut  l'entendre  d'un  feul  cofté?  -Je 
croy  que  fi.  où  il  faut  que  le  diable  s'en  mefle.  N'oubliez  pas  de  feauoir  un  peu 
de  luy  comment  il  donne  la  vraye  figure  à  fes  platines  et  ii  après  auoir  fait  un 
verre  ou  deux  il  n'eft  pas  obligé  de  les  repafler  de  nouveau.  Il  me  tarde  auiïi  de 
feauoir  quelle  façon  de  Looper 2)  il  a  et  s'il  fe  feroit  bien  aduifé  de  noftre  fecret. 

Sequitur  la  nouvelle  que  plufjeurs  ont  veu  venir,  toutes  les  chofes  s'y  difpofant 
de  plus  en  plus,  de  l'efcappade  de  Madcmoifclle  vander  Mcyden  3) ,  laquelle  fa- 
medy  palTé4)  ayant  guerté  l'occafion  d'une  pourmenade  qu'il  Signor  Padre  alla  faire 
à  fon  jardin  qui  cit.  contre  les  remparts  et  ou  elle  promit  de  le  fuivre  fans  en  auoir  le 
deffein,  et  ayant  trouvé  moyen  d'euader  de  la  maifon  ou  elle  eftoit  pourtant  furveil- 
lée  d'importance,  jufques  a  celle  de  fon  voyfin  qui  eitoit  un  faifeur  de  tonneaux, 
elle  fe  fit  embaler  dans  un  grand  tonneau  et  fut  ainfi  fur  un  traîneau  emportée 
jufques  a  la  porte  de  Ter  Goude^)  ou  ramant5)  fe  trouva  et  un  chariot  tout  preft  qui 
les  a  amenés  Ion  ne  feait  pas  vers  où.  Lon  dit  que  le  Père  7)  ne  meine  pas  grand 
bruict  mais  qu'il  n'en  penfe  pas  moins,  madame  Vloofwyc  8)  et  fon  mary  y)  au 


1     Voir  la  Lettre  N°.  1 108. 

2)  Traduction:  curfeur. 

3)  Leonora  van  der  Meyden ,  lillc  de  Johan  van  der  Meyden. 

4)  C'était  le  5  mai  1663. 

s     C'est-à-dire  la  porte  de  Rotterdam  du  côté  de  Gouda. 

6     Cet  amant  étaii  Nicolaas  van  Vlooswijk  ,  seigneur  de  Papekop,  iî I s  du  bourgmestre  Cornelis 

van  Vlooswijk  et  d'Anna  van  l  loorn.  Apre-;  cette  aventure,  il  épousa  Leonora  van  der  M >-\ 

ilcn  et  en  eut  Ai-ux  enfants;  il  devint  plus  tard  drosi  de  Muyden. 

7)  Johan  van  der  Meyden  fut  bourgmestre  de  Rotterdam. 

8)  Anna  van  I loorn,  qui  épousa  Cornelis  van  Vlooswijk. 

y)  Cornelis  van  Vlooswijk,  seigneur  de  Vlooswijk,  Diemerbroek  et  Papekop,  fut  depuis  1656 
jusqu'en  [671  bourgmestre  d'Amsterdam. 


CORRESPONDANCE.    1663.  34 1 


contraire  fe  tremoufTent  fort  et  font  les  fafchés  et  ne  ceffent  encor  de  médire  de 
vander  Meijden  et  de  fa  maifon.  Adio. 


Pour  le  Frère. 


N2   11 13. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

II     MAI     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden  ,  coll.  Huygens. 

ce   1 1   Maj.    1 663. 

J'ay  eftè  tout  ce  jour  a  courir  ca  et  la  avec  nos  i  pèlerins  '),  depuis  les  7  heures 
du  matin  jufque'au  9  du  foir.  C'eft  pourquoy  je  n'ay  que  ce  moment  pour  faire 
refponfe  a  quelques  articles  de  la  voftre. 

Pour  ce  qui  eft  du  voyage  de  Monfieur  Thevenot  vous  pouvez  eftre  affurè  qu'il 
n'en  fera  rien  de  cet  eftè.  Les  figures  de  la  Chine  2)  vous  les  envoierez  par  telle 
voie  que  bon  vous  femblcra  car  il  s'en  raporte  a  vous. 

Que  l'on  ne  condamne  pas  chez  nous  l'entreprife  de  nos  fufdits  Chevaliers  er- 
rants *),  car  on  l'approuue  fort  icy  et  l'on  la  trouve  très  galante. 

Je  croy  que  vous  devez  défia  élire  a  Zulichem  et  ne  comprens  pas  comment 
vous  auriez  pu  différer  ce  voyage  en  attendant  Monfieur  Thevenot. 

Le  bon  fucces  des  Tubereufes  2)  et  des  Chaftagnes  a  fort  rejoui  noftrc  Bruyne- 
ftein  3).  J'ay  vu  de  ces  derniers  des  arbres  au  Jardin  Royal  qui  font  trefbeaux. 

Demain  il  faut  que  je  difne  chez  Monfieur  l'Evefque  de  Rennes 4)  ce  qui  m'em- 
pefchera  de  pouuoir  accompagner  le  beaufrere  5)  a  Saint  Denis. 

Voicy  un  biliet  que  Mademoifelle  Petit  6)  m'envoie  pour  vous. 


x)   Doublet  et  van  Leeuwen.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 1 1 . 
:)    Consultez  la  Lettre  N°.  1 109. 

3)  Voir  la  Lettre  N°.  1 109,  note  10. 

4)  Henriques  de  la  Motte-Houdancourt  mourut  le  24  février  1684.  Elu  en  janvier  1642  évêque 
de  Rennes,  il  devint  en  juillet  1662  évoque  d'Auxerre.  Il  était  le  frère  de  Philippe,  comte 
de  la  Motte-Houdancourt,  duc  de  Cardoue,  maréchal  de  France. 

5)  Philips  Doublet. 
15  )    Marianne  Petit. 


342  CORRESPONDANCE.     1 663. 


Je  luy  ay  fait  avoir  et  porté  moy  mefme  20  Louis;  mais  ce  qui  s'efl:  pafïe  devant 
qu'elle  les  ait  voulu  prendre,  en  efperant  d'avantage,  feroit  trop  long  a  vous  élire 
raconté  ").  Adieu. 


A  Monficur 
Monfieur  L.  Huygens  de  Zulichem 
A  la  Haye. 


N°=    II  14. 

R.  Moray  à   Christiaan  Huygens. 
24  mai   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.  1 1 1 9. 

A  Whitehall  ce   14.  May   1663. 

Monsieur 

Ayant  appris  que  vous  elles  a  Paris  et  iugeant  que  le  pacqiiet  ')  que  J'y  ay  enuoyc 
par  un  de  mes  compatriotes  2)  vous  aura  elle  rendu,  Je  ne  me  puis  fuggerer  autre 
raifon  pourquoy  Je  n'ay  point  reçeu  de  vos  nouuelles  depuis  que  vous  y  elles ,  fi 
non  que  vous  ne  fçauez  pas  par  quelle  adrefïè  me  faire  tenir  vos  lettres.  Ceci  vous 
donne  lieu  de  iuger  que  Je  me  flate  :  mais  vous  deuez  croire  aufîi  que  l'amitié  que 
Je  vous  porte  et  les  auantages  que  Je  reçois  du  commerce  que  nous  auôns,  depuis 
quelque  temps,  entretenu  m'en  fait  délirer  la  continuation  auec  pallion.  Mon  nom 
efl  fi  bien  connu  a  la  polie,  que  les  lettres  qu'on  m'adreflé  me  loin  toufiours  ren- 
dues quand  il  ny  a  autre  adrefle  defus  que  mon  nom,  et,  A  Whitehall.  Nous  com- 
mençons maintenant  h  trauailler  a  leftabluTement  de  noftre  Société  auec  plus  de 

?)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 16. 


1     Consultez  la  Lettre  N°.  1106". 

Sur  James  Gregory,  voir  la  Lettre  N".  1 106,  note  5. 


CORRESPONDANCE.     1663.  343 


vigueur  que  nous  n'auons  pu  iufqu'icy,  parceque  la  patente  du  Roy3)  qui  l'erige  en 
une  Corporation  auec  plufieurs  priuileges,  nous  a  efté  expédiée  depuis  5.  ou  6. 
iours ,  comme  necefTaire  a  la  rendre  capable  félon  les  loix  du  païs  a  receuoir  do- 
nations et  ftandi  in  iudicio,  &c.  de  forte  que  nous  nous  appliquons  aux  autres  mo- 
yens necefTaires  a  la  profecution  du  defTein  que  nous  nous  fommes  propofés  comme 
la  conltitution  de  la  Société;  ce  qui  touche  le  fonds  requis  pour  fournir  aux  def- 
pens  des  Expériences  &c. ,  et  leftabliffement  des  loix  et  ordres  propres  a  la  con- 
duite du  tout.  Nous  faifons  eftat  de  faire  publier  dans  peu  de  temps  un  petit 
traitté  4)  par  lequel  on  fçaura  tout  ce  qui  concerne  la  Société.  Cependant  on  con- 
tinue toufiours  a  faire  des  petites  expériences,  et  a  difcourir  des  Chofes  Scienti- 
fiques comme  vous  auez  veu,  ne  nous  méfiant  que  de  chofes  de  peu  de  frais  et  de 
trauail  iufqua  ce  que  noftre  fonds  foit  augmenté,  et  que  nous  ayions  des  gens 
abiles  efiablis  en  un  Collège  auec  une  fubfiftence  5)  de  150.  ou  200  liures  fterlins 
de  falaire,  qui  foubs  le  nom  de  Curatores6),  auront  le  foin  de  tout  ce  qui  leur  fera 
enioint  par  la  Société,  tant  en  matière  de  mechaniquc  qu'aux  autres  chofes  apper- 
tenantes  a  la  Belle  Philofophie,  tells  que  Wallis,  Wren  &  autres  que  vous  con- 
noifTez.  J'ay  crcu  que  vous  ne  ferez  pas  fafché  d'apprendre  ce  que  Je  viens  de 
dire,  et  cela  fuffira  pour  excufer  l'importunité  que  vous  donne  à  prefent 

Monsieur 

Voftre  trei humble  et  trefobeiffant  feruiteur 

R.  Moray. 

A  Monfieur 
Monfieur  Hugens  de  Zulichem 
chez  Monfieur  Bailly  au  petit  Moyfe, 
rue  du  petit  Bourbon 
1  o  /3  A  Paris. 


3)  Datée  du  22  avril  1663  et  lue  devant  le  conseil  delà  Société  Royale  du  13  mai  (Vieux style). 

4)  Moray  fait  allusion  ici  à  l'ouvrage 

The  Hillory  of  the  Royal-Society  of  London ,  For  the  Improving  of  Natural  Knowledge. 
By  Tho.  Sprat.  D.D.  Lord  Bif hop  of  Rochefter.  The  fécond  Edition  correfted.  London: 
Printed  for  Rob.  Scot,  Ri.  Chifwell,  Tho.  Chapman,  and  Geo.  Sawbridge.  Andaretobe 
Sold  by  Them  ,  and  by  Tho.  Bennet.  1702.  in-40. 

La  première  édition  date  de  1667.  Déjà  dans  une  lettre  à  Sorbière  du  13  janvier  1664 
Oldenburg  dit  que  cet  ouvrage  était  prêt  à  être  publié,  et  depuis,  dans  plusieurs  lettres  à 
R.  Boyle,  il  se  plaint  que  fauteur  ne  tenait  pas  sa  promeflé  de  publication. 

5)  Ces  deux  mots  semblent  biffés  dans  l'original. 

rt)    Déjà  dans  la  séance  de  la  Société  Royale  du  12  novembre  1662  (Vieux  style)  R.  Hooke 
avait  été  nommé  „Curator",  mais  provisoirement  sans  salaire. 


344  CORRESPONDANCE.     1663. 


N=  11 15. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 
25  mai   1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  11 12.     Const.  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.  1118. 

A  Paris  ce  25  Maj.   1663. 

Depuis  que  j'ay  receu  la  voftre  du  iome  je  n'ay  point  veu  le  Sieur  Boffe  ')  pour 
m'enquerir  de  luy  touchant  le  plâtre  des  paftels,  mais  je  m'eftonne  que  vous  en 
puifllez  eftre  en  doute;  car  vous  fcavez  bien  que  celuy  qui  eft  nouveau  devient  aiïez 
dur  et  folide  en  quelque  figure  qu'on  le  mette ,  et  qu'ayant  fervi  une  fois  il  de- 
vient inutile  par  après,  a  caufe  qu'il  ne  tient  plus.  L'expérience  au  Ai  eftoit  fort 
facile  a  faire,  mais  je  ne  manqueray  pas  pourtant  de  m'en  informer  a  la  première 
occafion  puis  que  vous  le  defirez.  Vous  nous  aviez  promis  quelque  pièce  de  voftre 
miniature2),  dont  jufqu'icy  rien  ne  paroit,  et  il  me  femble  pourtant  que  voftre 
portrait 3)  que  vous  vouliez  copier,  doibt  eftre  achevé  il  y  a  long  temps  4). 

Van  Loo 5)  n'a  pas  encore  commence  le  mien ,  et  je  n'en  parle  point ,  parce  que 
j'aimerois  mieux  d'eftre  aufiï  peint  par  Hanneman  6)  lorfque  nous  ferons  de 
retour. 

Je  crois  que  le  beaufrere  7)  avec  fon  compagnon  8)  feront  défia  arrivez  lors  que 
cellecy  vous  fera  rendue,  eftants  partis  famedy  paffè  9).  Pour  le  peu  de  temps  IO) 
qu'ils  ont  mis  a  ce  voyage  ils  n'auront  pas  peu  de  chofe  a  raconter,  et  il  me  femble 
que  j'entens  déclamer  le  premier  avec  fes  geftes  et  amplifications  accouftumees  des 
richeffes  du  Palais  Mazarin,  du  Louvre  et  de  Vincenne,  et  de  la  beauté  du  Saint 
Cloud  et  d'IfTy.  qui  en  cfFecl  font  toutes  des  chofes  merveilleufes. 

Depuis  leur  départ  (car  tant  qu'ils  ont  elle  icy  je  n'ay  fait  que  courir  avec  eux) 
j'ay  efte  revoir  Meilleurs  nos  Lunettiers,  mais  je  les  trouve  moins  avancez  dans 
leurs  grands  de  (Teins  de  lunettes  de  80  et  100  pieds,  que  je  n'avois  creu. 


')  Voir  la  Lettre  N°.  367 ,  note  1 . 

2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 107. 

3)  Le  portrait  par  Hanneman.  Voir  les  Lettres  Nos.  1  io~  et  1  1  10. 

4)  Consultez  la  Lettre  N".  1  1  10. 

5)  Sur  les  portraits  de  van  Loo,  consultez  les  Lettres  Nos.  1  104  et  1  1  10. 
tf)  Voir  la  Lettre  N°.  H 12,  note  6. 

7)  Philips  Doublet. 

8)  D.  van  Leyden  van  Leeuwen.  Voir  la  Lettre  N°.  237  ,  note  1. 
9  i  C'était  le  i  o  mai. 

10 )  Ils  ne  vinrent  a  Paris  que  le  premier  de  mai. 


CORRESPONDANCE.     1663.  345 


Le  Cardinal  Antonio  IX)  me  promit  hier  qu'il  feroit  faire  du  verre  a  Veniie  de 
telle  grandeur  et  epaifleur  que  je  voudrais,  de  forte  que  je  m'en  vay  luy  en  donner 
les  mefures,  et  peut  eftre  alors  nous  ferons  quelque  chofe.  Les  formes  de  Mon- 
licur  d'Efpagnet  ne  font  que  de  cuivre  ,  dans  lefquelles  il  achevé  ces  merveilleux 
verres,  et  ces  4  heures  que  j'ay  dit  I2)  qu'il  emploie  a  polir  ne  font  que  pour  un 
collé.  Je  ne  l'ay  encore  pu  trouver  chez  luy ,  et  mefme  l'on  me  dit  que  c'ell  chofe 
allez  difficile,  parce  que  n'eflant  pas  logé  félon  fa  qualité  il  n'eil  pas  bien  aile 
qu'on  le  viene  veoir,  et  fait  dire  qu'il  n'y  efl  pas.  La  machine  du  vuide  que  Mon- 
sieur de  Monmor  fait  faire  eft  achevée  a  moitié13),  c'eft  a  dire  le  tuyau  avec  le 
robinet. 

Ayez  foin  je  vous  prie  de  ces  2  lettres  cy  jointes. 


A  Moniteur 
Moniieur  de  Zeelhem  &c. 
A  la  Haye. 


N^   1116. 

Christiaan  Huvgens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

25    MAI     1663. 

La  lettre  et  lu  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A   Paris  ce  25   Maj.    1663. 

Je  fouhaitc  que  l'affaire  pour  la  quelle  vous  elles  allé  fe  puifTe  terminer  a  noltre 
honneur.  Le  frère  de  Zeelhem  ')  nous  fit  efperer  dernièrement  2)  que  l'on  fe  pou- 
roit  défaire  de  ce  mifcrable  3)  en  le  plaçant  en  quelque  village  de  la  Baronie  de 
Cranendonc  mais  depuis  je  n'en  ay  pas  ouy  parler. 


")  Sur  Antonio  Barberini,  voir  ia  Lettre  N°.  1078,  note  5. 
12 )  Consultez  la  Lettre  N°.  1 108. 
L3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1  127. 


J)    Constantyn  Huygens. 

2)    Consulte/,  la  Lettre  N°.  1110. 

Sur  Johannes  Agricola,  voir  la  Lettre  N°.  1 1 10,  note  6. 

Œuvres.  T.  IV.  44 


346  CORRESPONDANCE.     1663. 


J'ay  dit  a  Monfieur  Thcvenor  ce  que  vous  me  mandez  touchant  l'envoy  de  fes 
figures4),  dont  il  cil  bien  aile. 

Si  la  Signora  Marianc s  )  tefmoigne  d'ertre  fatiffaite  du  paiement rt),  ce  n'efi:  afîli- 
rement  que  parce  qu'elle  a  bien  vu  qu'elle  n'auroit  point  d'avantage,  car  nous 
avons  connu  clairement  qu'elle  le  defiroit.  Ce  fut  le  mefme  jour  quand  je  luy  amc- 
nay  le  frerc  de  Moggerfhil  7)  et  Monfieur  van  Leeuwen,  qu'en  partant  je  laiflày 
mon  papier  avec  les  20  pilloles  fur  fa  table,  et  luy  dis  a  l'oreille  en  fartant  qu'elle 
y  trouveroit  un  petit  point  de  Venife  que  je  la  priay  de  vouloir  accepter  félon  ce 
qu'il  avoit  eftè  contracté.  Elle  vouluft  me  retenir  pour  veoir  ce  que  c'efloit,  mais 
je  m'en  fuis  et  me  retiray  avec  les  autres.  Le  lendemain  elle  m'envoya  un  biliet 
et  me  fit  des  reproches ,  mais  en  toute  civilité ,  de  ce  que  je  l'avois  trompée  en  luy 
lai  (Tant  des  Louis  au  lieu  d'un  point  de  Venife,  et  me  les  renvoya .  (ans  avoir 
ouvert  le  papier,  a  ce  qu'elle  dit ,  me  priant  qu'a  tel  jour  que  je  voudrais ,  je  m'en 
allaffe  avec  elle,  luy  choifir  un  point  de  Venife  du  mefme  pris,  parce  qu'elle 
ne  s'y  entendoit  point,  et  en  fin  qu'elle  ne  vouloit  pas  en  u fer  d'autre  façon. 
Nous  comprifmes  facilement  cette  finelYe  coufue  de  fil  blanc,  et  que  ce  n'eftoit 
que  pour  attraper  quelques  piftoles  d'avantage.  Je  m'y  en  retournay  donc  le  jour 
d'après  avec  les  mefmes  Louis ,  et  fis  tant ,  qu'après  que  par  3  ou  4  fois ,  nous  les 
eûmes  rejetiez  l'un  a  l'autre,  (tout  en  riant  pourtant)  elle  fut  contrainte  de  les  gar- 
der. Mais  devant  que  je  m'en  allalfe  elle  vouluit  ouvrir  le  papier  pour  vcoir  ce 
qu'il  contenoit,  et  alors  en  comptant  les  Louis  il  s'y  rencontra  un  efeu  d'or  parmy, 
non  fans  quelque  foupeon  qu'elle  l'y  pourroit  avoir  mis,  car  Mon  Père  et  moy  les 
avions  conte  plus  d'une  fois.  Je  voudrois  donner  quelque  chofe  de  bon,  pour  en 
pouvoir  feavoir  la  vérité.  Apres  que  j'eus  repris  le  dit  eleu  et  fupplée  le  Louis 
qui  manquoit  elle  me  fit  de  remerciments  et  dit  qu'il  y  en  avoit  trop,  comme  de- 
puis elle  vous  l'a  confirmé  par  fa  lettre. 

Auri  facra  famés  quid  non  èVc.  et  cependant  elle  ne  parle  depuis  fon  retour8)  que 
du  mefpris  des  chofes  de  ce  monde  et  de  fon  beau  defïéin  de  s'en  tirer  en  le  met- 
tant au  couvent.  Elle  eft  devenue  un  peu  plus  maigre  et  plus  melancholique  qu'elle 
n'eftoit  il  y  a  2  ans,  ce  qui  fait  que  je  fuis  moins  aflidu  a  luy  rendre  vifite  qu'en 
ce  temps  la.  Je  trouve  qu'on  fe  divertit  beaucoup  mieux  là  auprès  chez  la  Signora 
Anna1'),  cette  Threflà  Chloë,  dulces  doéla  modos  et  cytharae  feiens ,  quoy  que 
pour  vous  ce  n'eftoit  pas  la  mefme  choie. 


4)   Les  desseins  chinois.  Consulte/  la  Lettre  N°.  1113. 

5J   Marianne  Petit. 

'•  ,    Peut-être  L'indemnité  pour  le  logemenl  de  Lodey 'ijk  Huygens  et  de  son  père.  Consulte/,  les 

Lettres  N°.  io6yet  1077. 
7)    Philips  Doublet. 

l'.n  avril  loYr1,.   Consultez  la  Lettre  iY  .  1  109. 
9      Voir  la  Lettre  >J°.  1  104,  note  14. 


CORRESPONDANCE.    1663.  347 


Vous  aurez  nouuelle  du  retour  des  i  pèlerins  10)  devant  que  de  recevoir  celle  cy, 
comme  je  croy;  car  ils  pourront  du  moins  arriver  a  la  Haye  un  jour  plus  toft. 
Vous  perdez  beaucoup  de  ne  pouvoir  entendre  la  relation  hyperbolique  et  les 
exclamations  du  beaufrere  !I)  des  chofes  qu'il  a  vues  pendant  Ton  voyage.  La  com- 
miffion  de  l'Amie  eft  dévolue  fur  Don  Sebaftian  I2)  qui  efl  le  Commilfionaire 
gênerai ,  et  je  croy  que  pour  agir  en  ccllecy  et  en  d'autres  il  court  la  ville  h  ce 
matin. 

La  Relation  de  la  Cour  d'Efpagne  I3)  que  vous  attendez  de  Monfieur  Thevenot 
efl:  entre  les  mains  de  Monfieur  van  Lecuwen  qui  vous  en  fera  part.  Je  la  luy  laif- 
fay  parce  qu'il  m'afïïira  que  c'eftoit  pour  luy  que  vous  l'aviez  demandée.  Pour  ce 
qui  efl:  des  autres  livres  envoyez  par  mer  je  ne  fcay  ce  que  c'eft ,  et  j'ay  oublie  de 
m'en  enquérir.  L'autre  jour  le  dit  Monfieur  Thevenot  et  l'Abbè  Charles  I4)  m'in- 
troduïfirent  auprès  du  Cardinal  Antonio15)  noftre  voi fin,  qui  me  reçut  fort  bien 
et  me  monflxa  de  les  horologes  et  plufieurs  autres  curiofitez. 

Hier  nous  difnafmes  chez  Monfieur  le  marefchal  de  Grammont  lrt)  qui  nous  fit 
veoir  fes  beaux  tableaux,  et  grand  chère  en  fuite,  avec  prefque  autant  de  poulets 
dans  un  plat  qu'il  y  en  avoit  chez  Monfieur  Brader  I?). 

A  Mefdamoifelles  Rofïum  l!î)  et  Holcraft  je  fouhaite  datter  faligh  is  ,y).  L'une 
mérite  bien  de  vivre  plus  long  temps,  et  l'autre  un  bon  mary  :o). 

Ces  lignes  n'eiïoient  point  de  cette  lettre,  mais  la  continuation  d'une  autre, 
dont  je  ne  me  fuis  pas  avife. 


I0)  Philips  Doublet  et  van  Leyden  van  Lecuwen. 

")  Philips  Doublet. 

I:)  Sébastian  Chie/.e. 

'3)  Cette  relation  avait  probablement  rapport  à  la  pièce  suivante: 

Traduction  de  TAfte  de  Renonciation  faict  le  1  de  Juin  1660a  Fontarabie  par  Mad.  Marie 
Therefe  Infinité  d'Efpagne,  promife  au  Roy  Tres-Chreftien,  tant  de  ce  qui  luy  pourroit 
toucher  de  fa  légitime,  comme  de  toute  l'Hoirie  du  Roy  Catholique  fon  Père.  1663.  in-40. 

14  |  Sur  Charles  de  Bryas,  voir  la  Lettre  N°.  988,  note  4, 

15  )  Sur  Antonio  Barberini,  voir  la  Lettre  N°.  1078,  note  5. 
I<5)  Voir  la  Lettre  N°.  999,  note  13. 

K  )  Probablement  il  s'agit  de 

Govert  Brasser,  fils  de  Dirk  Brasser  et  d'Adriana  van  Heerenberg,  né  en  1589  à  Amster- 
dam, et  mort  à  la  Haye  le  29  avril  1653.  Il  étudia  à  Lciden  en  1606,  devint  pensionnaire  de 
Delft,  prit  souvent  part  à  des  ambassades  et  fut  nommé,  en  1626,  trésorier  général  des  Pro- 
vinces-Unies. Il  épousa  Lydia  Teding  van  Berkhout. 

,:      Peut-être  Adriana  van  Ross  uni  (voir  la  Lettre  N°.  996,  note  17),  qui  épousa 

Lodewijk  Wolpherd  van  Dorp  ,  fils  de  Arend  van  Dorp,  seigneur  de  Maasdam  ,  et  de  Ida 
van  Baciie.  Il  naquit  le  12  mars  1631. 

19)  Traduction:  ce  qui  leur  efl:  falutaire. 

2C)  Ici  suivent  dans  l'original  cinq  lignes  biffées. 


548  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N=  11 17. 

[Ph.  Doublet]  à  Christiaan  Huygens. 

30  mm   1663. 

/.«.'  lettn   se  trouye  à  Amsterdam,  rfrehives   Municipales. 

de  la  Haije  le  30e  Me  y   1663. 

Monsieur  mon  Frère 

Un  voijage  de  Nort  I  ïollande  furvenu  fort  a  l'jmprovifte  m'empefehera  cette  fois 
cy  de  vous  faire  en  détail  l'I  liftoire  de  noftre  voijage  vers  la  Patrie,  et  d'eferire  au 
Signor  don  Sebaftian  *),  a  qui  je  vous  prie  d'en  faire  mes  exeufes.  Je  vous  diray  feu- 
lement que  nous  arrivalnies  fains  et  faufs  fans  aucun  malencontre  jeudi paflë2) jour 
de  la  telle  Dieu  a  Bruxelles  d'où  nous  nous  embarquafmes  encore  le  mefme  foir 
pour  Anvers  où  nous  fuîmes  obligez  de  nous  feparer  de  noftre  petitte  femme  qui 
n'en  pouuoit  plus  outre  qu'elle  devoit  voir  la  ville,  et  ce  qui  favoit  fatiguée  encore 
d'avantage  c'eft  que  depuis  Paris  jufques  a  Bruxelles  elle  nous  regaloit  régulière- 
ment cinq  ou  fix  fois  par  jour  de  certains  vomiflemens  et  foiblclles  qui  nous  firent 
allez  cognoiftre  et  a  elle  aulfi  que  Monfieur  fon  marij  s'eitoit  bien  acquité  de  fou 
devoir  marital.  Cependant  c'eft  une  fort  jolie  femme  pour  fon  âge  et  nous  fouî- 
mes obligez  a  Monfieur  Vlacq  3)  qui  nous  a  fait  avoir  la  Compagnie  de  ces  bonnes 
gens  qui  n'ont  pas  peu  contribuez  a  nous  faire  palier  le  temps,  chemin  fai fan t 
beaucoup  plus  agréablement  par  leur  converlation  que  nous  n'aurions  fait  fans 
eux.  Jls  dévoient  venir  icy  quatre  ou  cinq  jours  après  nous  mais  jufques  aflhcur  ils 
n'ont  point  paru ,  et  demain  matin  je  dois  aller  en  Non  1  ïollande  ce  qui  me  facbe 
car  j'aurois  elle  bien  aile  de  leur  faire  voir  la  I  laije  et  ce  qui  en  dépend  d'autant 
plus  que  ce  font  des  perlbnnes  qui  le  connoiifent  en  belles  choies. 

J'ay  laiffé  van  Leeuwcn  a  Dort  auprès  de  fa  femme  4)  malade  mais  qui  le  por- 
toit  beaucoup  mieux,  aujourdhuy  ils  dévoient  retourner  a  Leijdc. 

L'amie  de  Niveen  5)  attend  auec  jmpatience  l'on  habit  que  jay  fait  faire.  S'il 
n'eft  pas  encore  envoijé  je  fouhaitterois  qu'il  le  fuit  par  la  première  occafion. 
Adieu. 


Sébastian  Chieze. 

(  !'étaîl  le  24  mai  1 663. 

Voir  la  Lettre  N°.  310,  note  4. 

Sur  AlidaPaets,  voir  la  Lettre  N°  23   ,1111104. 

sur  Elisabeth  Maria  Musch,  voir  la  Lettre  N".  196,  note  ;. 


CORRESPONDANCE.     1663.  349 


Mes  très  humbles  baifemains  s'il  vous  plaift  au  trefcher  Don  Sebaftian  a  qui 
je  n'ay  pas  le  loilir  cette  fois  cy  de  rendre  mes  devoirs  en  particulier. 

Monfieur 

Monfieur  Chr.  Huijgens  de  Zuijlichem. 

a 
Paris. 


N=   11 18. 

Constantyn  Huygens ,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

30    MAI    1663. 

Lu  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens, 
Elle  est  la    réponse  au  No.   11 15.     Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1121. 

A  la  Haye  le  30.  May.    1663. 

Dieu  feait  fi  celle  lettre  vous  trouvera  encor  en  lieu  ')  ou  vous  puiffiez  vous  in- 
former touchant  le  paftel  li  ce  n'elt  qu'à  Londres  il  y  ait  au  m"  de  celte  forte  de 
Curieux  2).  Il  me  tarde  fort  de  voir  les  lettres  de  l'ordinaire  de  mardy  prochain 
pour  voir  quel  party  Mon  Père  aura  pris  fur  les  ordres  de  Madame  3)  et  s'il  le 
fera  mis  en  chemin ,  ou  s'il  aura  trouvé  quelque  accroche. 

I lanneman  a  trauaillé  deux  fois  à  mon  Portrait  4\  et  a  (on  accoutumée  me  lan- 
terne  auant  que  d'acheuer.  Apres  cela  il  y  a  encor  l'habit  a  faire  ;  enfin  s'il  acheue 
en  flx  fepmaines  ce  fera  bien  allé.  Mais  pour  vous  faire  voir  que  j'ay  commencé  a 
brouiller  en  miniature,  je  vous  envoyé  ce  pourtrait  de  Sus  s)  qui  elt  mon  premier 
ouvrage,  après  un  petit  brouillon  qui  ne  valoit  rien,  depuis  j'ay  copié  le  portrait  de 
Miltris  Limmon,  un  autre  de  la  petite  Bcrchoutrt),  après  un  original  de  My- 


*)   Chr.  Huygens  ne  partit  pour  Londres  que  le  7  juin  1663,  avec  son  père  Constantyn. 

2)  A  Paris  il  y  avait 

„Maistre  Girard,  demeurant  Rue  de  l'Evesquequi  faisait  de  ces  crayons"  (Adversaria). 

3)  La  Princesse  Douairière,  Amalia  von  Solms. 

4)  Consultez  les  Lettres  Nos.  1 1 07  et  1 1 1  o. 

5)  Susanna  Huygens. 

6)  Probablement  Jacoba  Teding  van  Berkhout,  morte  le  1  1  lévrier  171 1  ,  qui  épousa,  en  mars 
1674,  Lodewijk  Huygens. 


350  CORRESPOND  ANC!..     I  663. 


cens  "),  dont  vous  connoiflèz  le  colbry,  et  puis  dernièrement  cette  belle  brune  8) 
qui  eit  dans  la  galerie  de  Mon  Père,  laquelle  j e  n'ay  pas  acheuée;  la  miniature, 
furtout  quand  on  commence,  eftant  un  trauail  qui  demande  du  temps  et  moy  n'y 
en  pouvant  employer  que  parfois  et  par  des  intervalles. 

Je  voudrois  que  vous  vouluffiez  prendre  le  foing  de  me  faire  faire  une  peruque 
toute  entière  fans  calotte  et  de  cette  forte  de  cheveux  qui  naturellement  ont  une 
petite  frifeure  fans  eftre  bouillys.  Le  Frère  Louis  en  a  une  calotte  et  une  peruque 
entière  et  Monfieur  Chieze  pourra  vous  enfeigner  le  maiftre  qui  l'a  fervy.  Je  vous 
prie  de  vous  faire  monftrer  les  cheveux  auant  qu'ils  commencent  a  les  travailler 
pour  n'eftre  pas  trompé.  Je  vous  envoyé  icy  dedans  la  mefure  de  ma  terte  en  deux 
rubans  dont  le  plus  long  marque  le  tour  de  ma  tefte,  et  l'autre  la  longueur  a  comp- 
ter depuis  ou  les  cheveux  commencent  fur  le  front  jufques  où  ils  finirent  vers  la 
nucque  du  col.  maiftre  François  me  dit  qu'ils  n'ont  pas  a  faire  d'autre  mefure. 
Il  leur  faut  dire  que  j'ay  le  vifage  ny  fort  grand  ny  fort  petit.  Jl  me  femble  que 
la  perucque  du  Frère  a  courte  foixante  livres.  Priez  s'il  vous  plaift  mon  Père  de 
vous  donner  l'argent  pour  cellecy  fur  autant  moins  de  mon  revenu  de  cefte  année. 

Il  y  eut  du  defordre  l'autre  jour  dans  la  Comédie  Francoife.  Monfieur  de  Verd- 
préy)  y  menoit  les  deux  de  Marais 10)  et  Ide  "),  la  Provenchere  I2)  les  deux  aif- 
nées  Aerflens l*).  Ces  deux  galands  prirent  querelle  pour  les  places,  et  vindrent  de 
paroles  aux  coups.  Verdpré  n'avoit  point  d'efpée,  et  l'autre  ayant  tiré  la  feienne, 
Verdpré  la  luy  ofta  a  ce  que  difent  ceux  qui  le  comptent  en  fa  faveur,  d'autres 
difent  que  les  gens  du  duc  de  Lunenburg  la  luy  ayant  ollée,  la  luy  donnèrent. 


r)    Il  y  avait,  dans  ces  temps-là ,  une  famille  de  peintres  portraiteurs  de  ce  nom ,  savoir: 
a)  Daniel  Mytens,  père,  ayant  deux  Ris: 
/>)  Johannes  Mytens,  mort  en  [672.  Du  2K  octobre  i66oau  27  octobre  1671  il  fut  doyen 

de  la  Société  l'ictura. 
c~)  Isaac  Mytens,  un  des  députés  pour  la  fondation  de  la  Société  l'ictura  à  la  Haye;  il  vivait 
encore  en  1665. 

Chacun  de  ces  peintres  avait  un  fils  renommé,  savoir: 
//)  Daniel  Mytens,  le  jeune,  lils  de  Johannes,  né  à   la   Haye  en   1636,  où  il  mourut  en 

16H8.  Durant  ses  études  à  Rome  il  acquit  le  surnom  de  bonté  Kraai  (jacobine). 
e~)   Martinus  Mytens,  lils  de  isaac,  né  à  la  Haye  en   1630.   11  fut  appelé  comme  portrai- 
teur  a  la  cour  en  Suède,  où  il  mourut. 
8)    Le  portrait  de  i\listriss  Tufton.  Voir  la  Lettre  N' .  1  144. 
y)    De  Verdpré  était  probablement  attaché  à  la  légation  française. 
Il  s'agit  des  deux  filles  de 

Daniel  des-Marets,  lils  de  Samuel  Maresius  et  de  Abigail  le  Grand ,  veuve  de  Jean  Boots. 
Il  naquit  en  1635  à  Maastricht  et  épousa  une  demoiselle  Eiuygens  [  de  la  Gueldre).  Il  devint 
pasteur  wallon  à  Groningue ,  en  165-  à  Middelbourg  et  en  1662  à  la  Haye,  ou  il  prit  sa 
retraite,  lui  1685  il  fut  nommé  intendant,  en  1680  bibliothécaire  ^\u  prince  d'Orange. 
11     IdavanDorp.  Voir  la  Lettre  N°.  11 39,  note  8. 

La  Provenchere  était:  probablement  attaché  à  la  légation  française  à  la  Haye. 
Sur  les  demoiselles  Aersen ,  consultez  la  Lettre  N°.  829,  notes  9  et  10. 


CORRESPONDANCE.     1663.  351 


Les  dames  fur  l'exemple  tant  loué  des  Sabines  fe  mirent  entre  deux  criant  comme 
vous  pouvez  croire.  Ion  envoya  pour  des  gardes  et  le  lendemain  ils  furent  accordés 
par  l'entremife  de  S.  Excellence  Borri  I2). 

Je  me  fuis  ravifé  fur  l'envoy  de  mon  petit  portrait  par  ce  que  je  doubtc  que  celte 
lettre  icy  pourroit  auoir  l'hafard  de  courir  un  peu  auant  que  de  vous  eftre  rendue. 
C'eft  pourquoy  j'attendray  que  vous  ayez  quelque  domicile  arrerté,  dontj'efpere 
que  nous  aurons  auis  par  le  prochain  ordinaire. 


Pour  le  Frère  Chrestien. 


N=  11 19. 

Christiaan  Huygens  h  R.  Moray. 
1  juin   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,   Royal  Society. 
Elle  est  h:  ré /muse  du  No.    1  1  14. 

A  Paris  ce   i   Juin   1663. 

Monsieur 

Je  viens  d'apprendre  par  la  voftre  du  14  du  pafTè  que  non  feulement  ma  ref- 
ponfe  ')  a  vos  précédentes2)  a  manqué  de  vous  eftre  rendue ,  mais  qu'auilî  vous 
femblez  douter  en  quelque  façon  fi  je  l'ay  faite,  et  ce  dernier  point  me  fafche  bien 
plus  que  l'autre,  par-ce  que  je  ferois  moins  marry  de  la  perte  de  dix  lettres  que  de 
vous  eftre  fufpeét,  d'une  fi  eftrange  négligence.  Je  vous  prie  donc  de  me  faire  juf- 
tice  et  de  croire  que  depuis  plus  d'un  mois  je  vous  ay  remercié  du  deflèin  de  la 
nouvelle  barque  Irlandoife  et  que  je  vous  ay  dit  les  remarques  qu'icy  l'on  a  faites 
fur  ce  bailiment.  que  je  vous  ay  auOi  dit  mon  fentiment  libre  touchant  le  livre 
d'Optique  que  l'autheur  m'a  fait  l'honneur  de  m' apporter,  fans  que  jufqu  icy  j'aye 


'-)  Sur  F.  G.  Borri,  voir  les  Lettres  N°.  881,  note  1  et  N°.  1031  note  16. 


')    La  minute  de  cette  lettre,  qui  doit  avoir  été  datée  d'avril,  ne  se  trouve  pas  dans  nos  col 

lections. 
2)    Ce  sont  les  Lettres  Nos.  m  02  et  1  106. 


CORRESPONDANCE.     1663. 


pu  auoir  celuy  de  le  veoir,  et  que  de  plus  je  vous  ay  fait  fcavoir  ce  qui  fe  palîbit  icy 
parmy  les  fcavants  en  matière  de  lunetterie  et  autres.  Il  femble  que  je  ferois 
oblige  de  vous  repeter  icy  au  long  ce  que  j'avois  eferit  fur  chacun  de  ces  articles, 
mais  toutefois  je  n'en  teray  rien  a  preient,  et  quand  vous  en  feaurez  la  raifon  3), 
ce  qui  fera  dans  peu,  je  m'afliire  que  vous  ne  la  trouverez  pas  injufte.  Cependant  je 
vous  rends  grâces  et  me  rejouis  des  bonnes  nouvelles  touchant  l'eitabliflement  de 
voftre  Illuftxe  Société,  a  la  quelle  je  fouhaite  toute  forte  de  bon  fucces ,  tant  a 
caule  du  digne  object  qu'elle  s'eit  propofée  que  parce  que  je  fcay  que  ce  vous  fera 
une  grande  iatilïaction  de  veoir  bien  reuffir  ce  a  quoy  vous  avez  travaillé  avec 
tant  de  loin  et  de  confiance.  Je  fuis  autant  qu'on  le  peut  eftre 

Monsieur 

Votre  très  humble  et  très  obeiffant  feruiteur 

Chr.  Hugens  de  Zuliciikm. 


N=  11 20. 

J.  van  Vliet  à  Christiaan  Huygens. 
6  juin   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Christiano  Hugenio  tûj  irâw  Janus  Vlitius 

s.  p.'d. 

Non  ignarum  te  cïïè ,  Praeftantiflime  Hugcni ,  confido ,  me  jam  ab  aliquot  annis 
rébus  Bredanis  illuftrandis  intentum  fuiiïe. 

Quas  tribus  complexus  fum  libris,  quorum  i.  No/xocà,  II.  Xpovuici,  m.  T07r1y.cc 
continent.  Dum  primum  typis  tandem  Dordrechti  nuper  trado '),  et  prodromus 


3)    Allusion  au  voyage  projeté  en  Angleterre. 


')  't  Redit  van  Succeflie  volgens  de  Coftumen  der  Stad  en  Lande  van  Breda.  Door  J.  van 
Vliet.  1663  [Dordrecht].  in  4e. 
dont  il  y  a  une  édition  amplifiée:  Toi  Breda.  Bi.i  Abraham  Subbinck.  AnnoM.DCLXVi, 

in-40. 


CORRESPONDANCE.     1663.  353 


confuetudinum  de  Succeffionibus  prodire  tentât ,  en  interdiéhim  Senatus  Princi- 
pum  ne  quid  taie  edam  nifi  prius  a  fe  examinatum,  et  a  Principe  facilitas  impc- 
trata  fucrit.  Delator  deprehenfus  mihi  ell  olim  IC.  nunc  Propraetor  Bcrnagius 2)  ; 
qui  invidia  taftus  dudum  eft,  quod  fidem  aliarum,  quibus  niti  folet,  fuppofititiarum 
Confuetudinum  mea  hac  editione  elevem,  atque  diluam.  Miratus  quorfum  illud  exa- 
men, et  ad  quos  cura ejus  pcrtineret, obiter  refcripiî  me  nihil,  quod  non  e  re  Princi- 
pis  et  Jultitiae  confentaneum  lit ,  moliri.  Plenius  refcribere  fuperfedi ,  quia  rumor 
de  Illuftris  Parentis  Tui  reditu  me  recreavit.  Capita  ejus  funt,  ea,  quae  edo,  pri- 
vatim  a  me  confulta  olim,  et  obfervata  a  me  elfe;  non  me  leges  novas  autconfuetu- 
dines  condere  aut  promulgare,  fed  cas,  quae  ante  C.  et  plures  annos  ab  ipfis  Do- 
minis  aut  conditae,  aut  agnitae,  aut  Sentcntijs  Curiarum  tam  Brcdanarum  quam 
Brabantiae  confirmatae  indcfinenter  funt,  utque  hic  in  arcbivis  cxtant,  et  in  Judicijs 
in  dies  allegantur,  et  legis  vim  obtinent,  plane  fequi,  et  interpretari.  Id  Grotijs  3), 
Goris4),  Sandijs 5)  ,  alijfque  bene  de  patrijs  fuis  meritis  integrum  femper  fuifTè  : 


2)  Pieter  van  Bernagien ,  fils  de  Joiïs  van  Bernagien  ,  devint  en  1665  bourgmestre  de  Breda. 

3)  Willem  de  Groot,  fils  cadet  de  Johan  Hugo  de  Groot  et  d'Alida  Borren  ,  et  frère  de  Hugo 
Grotins,  naquit  à  Delft  le  10  février  1597  et  mourut  le  12  mars  1662.  Il  épousa  Alida  Gras- 
winckel.  Reçu  docteur  en  droit  en  161 6"  à  Leiden,  il  se  rendit  à  Paris:  depuis  il  se  fixa  comme 
avocat  à  la  Haye,  et  fut  conseiller  du  comte  de  Hohenlohe,  du  prince  Frederik  Ilendrik,  et 
résident  du  duc  de  Courlande.  Parmi  ses  nombreux  écrits,  van  Vliet  désigne  probablement 
son  ouvrage  dont  plus  tard  on  trouve  l'édition  suivante: 

Guilielmi  Grotii  Ifagogc  ad  Praxin  Fori  Batavici,  illultrata  Paraphrafï  ac  Supplemento , 
AuCtore  Abrahamo  de  Pape.  J.  C.  Acccdit  index  rerum  &  verborum  copiofiflîmus.  Lugduni 
Batavorum,  Apud  Cornelium  Boutelteyn.  cioiocxciv.  in-40. 

4)  Lambertus  Goris,  fils  du  pasteur  gomariste  Marten  Goris  et  de  Josina  Lamers  naquit  à  Arn- 
hem  et  mourut  à  Nimègue  le  18  juin  1651.  En  1625  il  fut  nommé  professeur  de  droit  à  Ilar- 
derwijk;  il  quitta  cette  université  la  même  année  pour  devenir  pensionnaire  de  Nimègue, 
Il  était  jurisconsulte  et  poète  latin. 

L'ouvrage  auquel  van  Vliet  fait  allusion  ici  est  intitulé: 

Lamberti  Goris  J.  C.  Syndici  Noviomagenfis  Adverfariorum  Ivris  Svbcilivorvm,  ad  lueem 
confuctudinis  Ducatus  Gelriae  &  Comitatus  Zutphaniae,  ac  vicinarum  Belgii  provinciarum, 
Tractatus  quatuor,  unà  cum  commentariolo  ad  leg.  Obfervandum  iy.  Digelt.  de  officio 
praefid.  In  quibus  de  focietate  conjugali,  divilionc  aeris  alieni  in  ereifeunda  familia,  an- 
nuis  reditibus,  ufuris,  contractions,  teitamentis,  pactis  ante  nuptialibus,  aftionum  rerum- 
que  ceffione,  fendis,  fuccefiionibus,  praeferiptionibus,  hominibus  propriis,  matriraonio, 
pofïeflione,  fructibus,  injuriis,  judiciis,  judicum  qualitatibus  &  officio,  nec  non  différentiis 
juris  communis  &  confuetudinis,  aliifque  juris  materiis  paflim  differitur ,  prout  (ingulatim 
indice  capitum  exhibetur  poil  dedicationem.  Editio  tertia  &  plané  nova,  port  anteriores  edi- 
tiones,  compluribus  annotatis  ad  fingula  capita  &  novis  obfervationibus  ab  ipfo  autore  il- 
lultrata ac  aucta:  cui  accefîit  fecunda  editio  tractatus  de  elfefiucatione,  &c.  Arnbemii.  Ex 
Officinà  Johannis  Jacobi.  Anno  1651.  in-40. 

Les  deux  éditions  antérieures,  portant  d'autres  titres,  sont  de  1635  et  1645. 

5)  Frederik  van  den  Sande,  lils  de  Reynier  van  den  Sande  et  de  Catharina  van  Reyd,naquil 

Œuvres.  T.  IV.  45 


354  CORRESPONDANCE.    1663. 


uti  e  aliter  fentientibus  hos  aeque  ac  me  refellcre.  Denique  me  nihil  editurum , 
ante  quam  Principi  juris  fui  fado  dedicetur  univerfmn  opus. 

Prodromum  tantum  experiundi  hominum  judicia  ergo  amicis  communicare;  at- 
que  ita  quoque  Senatui,  ut  ex  hoc  ungue  Leonem  nofcant ,  et  examinent.  Rogo 
ergo  atque  obfecro  te,  Hugeni  Amieiffime  (quantumvis  fciam  te  melioribus  nunc 
vacare  ihidijs  )  ut  haec  cum  Illuftri  Parente  data  occafione  communices,  qui  domi 
fuae  (brevi  ut  l'pcro)  exemplar  prodromi  inveniet.  Non  enim  operae  pretium 
videbatur  illum  ukerius  mittere.  Si  quid  linguae  Aremoricae  (Bas-breton)  monu- 
mentnni  inter  librarios  invenias  (nam  Diclionarium  taie  allegatur  anni  1590°)) 
aut  taie  quid,  l'ummo  me  màctabis  oflîcio,  fi  ea  mihi  comparaveris;  uti  et  figuras 
optimas  fabularum  Aefopeiarum  r).  Phacdri  enim  editionem  novam  8),  cum  figu- 


vers  1577  à  Arnhem ,  où  il  mourut  en  1617.  Il  devint  bourgmestre  d'Arnhem  en  1606,  rem- 
plit plusieurs  missions  diplomatiques  et  publia,  avec  sou  frère  Johan  ,  divers  ouvrages. 

Ici  van  Vliet  indique  l'ouvrage  suivant: 

Frederici  à  Sande  J.  C.  Dvcatvs  Gelriae  et  Comitatvs  Zvtphaniae  quondam  Confiliarij  & 
Fifci  patroni,  ne  urbis  Arnhemienfis  Coufvlis ;  &  lllullriss.  Scholae  Gelro-Velavicae  Cura- 
toris,  Commentarius  in  Gelriae  &  Zutpbaniae  Confuetudines  Feudales,  nec-non  de  Effeftv- 
catione  cum  Collatione  Jurium  &  Confuetudinum,  quae  in  Gelriae  vieillis  ditionibus  obti- 
nent.  Omnibus  in  foro  Feudali  verfantibus,  tumParibus,  tum  caufarum  Patronis  apprimé 
utilis  &  neceflarius.  Ex  ipfnis  Authoris  Scriptis  recognitus,  à  multis  mendis  quibus  featebat 
correftus,  &  Indice  locupletiflimo  adornatus.  Antuerpiae,  Typis  Marcelli  Parys  fub  Turri 
I).  Virg.  1674.  Cum  Privilegio  ad  novem  annos.  in-folio. 

6)  John  David  Rhese  ("nommé  Rice,  Rhaesius  et  Davies,  puisqu'il  appartenait  à  cette  famille 
de  Wales)  naquit  en  1534  à  Lanwaetbley  (île  d'Anglesey),  et  mourut  en  1609.  Ses  études 
faites  à  Oxford,  il  passa  en  Italie  où  il  devint  médecin  et  principal  du  collège  à  Pistoie.  De 
retour  en  Angleterre,  il  écrivit  divers  ouvrages  de  linguistique ,  entre  autres  l'ouvrage  cité  : 

Carabrobrytannicae  Cymraecaeve  Lingvae  Inftitvtiones  et  Rvdimcnta  accuraté,  &  (quan 
tum  lieri  potuit)  fuccinclè  &  compendiofè  conferipta  à  Joanne  Dauide  Rbael'o  lVlonenli 
Lanuaethlaeo  Cambrobrytanno ,  Medico  Senenfi.  Ad  Jlluftr.  virum  Edouardum  Strad- 
lingum  Equeftris  ordinis  Cambrobrytannum :  Ad  intclligend.  Biblia  Sacra  nuper  in  Cam- 
brobrytannicum  fermonem  &  caftè  &  eleganter  verfa,  non  minus  necellhria  quam  utilia:  Cum 
exafta  carmina  Cymraeca  condendi  Ratione ,  e<  Cambrobrytannicorum  Poematum  generibus, 
aliilque  rébus  nonnullis  eodem  ipeetantihus ,  ijfdemque  pariter  non  minus  necclfaiïjs  quam 
vtilibus.  Londini.  Excudebat  Thomas  Orwinus.  1592.  in-folio. 

La  dédicace  est  datée,  prid.  Non.  J 11  lias.  1590. 

7)  Ici  van  Vliet  désigne  l'édition  illustrée  : 

Fabvlae  Aefopi  Graecê  &  Latine,  nunc denuo feleftae :  Eae item quas Avienvs carminé 
expreffit.  Accedit  Ranarura  &  Mvrivm  Pvgna,Homero  olim  afleripta.  Cum  elegantiflimis 
in  u troque  Libello  Figuris,  &  utriufque  Interpretatione  plurynis  in  locis  emendata.  Ex  de- 
creto  1)1).  Hollandiae  Ordinvm  in  ufum  Scholarum.  Lvgdvni  Batavorvm.  Ex  Officina 
Joannis  Maire,  clolocxxxil.  in-H°. 
Cette  édition  de  Phaedrus  n'a  pas  paru. 


CORRESPONDANCE.    l66ï 


3-  355 


ris,  Principi  dedicare  cogito.  At  ne  Socraticos  tuos  interrumpam  dialogos  diutius, 
S.  P.  tibi,  tuoquc  imprimis  Parenti  atque  amicis  repetita ,  manum  tollam.  Vale, 
Saeculi  noftri  Archimedes ,  et  Vlitio  tuo  haec  gratificare.  Dabam  Bredae 
vi  Junii  cIdIdclxiii. 

Burftedij  9~),  iaeque  te  falutant  plurimum.  Junij  IO)  Euangelia  Gothica  et  Anglo- 
Saxonica11)  fub  praelo  fervent.  Lexica I2)  fequentur.  Ego  Francien  quoque 
concinno  I3). 

Monfieur 
Monficur  Ciiristien  Huygens  de  Suylichem,  &c. 

a  Paris. 


°)    La  famille  van  Buerstedc  appartenait  aux  notables  de  Breda;  ici  van  Vliet  parle  de 

a)  Anthonis  van  Buerstede,  qui  fut  échevin  de  Breda  de  1650  a  1664  et  bourgmestre  de 

1665  a  1667. 
Z>)  Jacob  van  Buerstede,  son  (ils,  qui  naquit  à  Breda  en  1641  ,  étudia  en  droit  à  l'Université 
de  Leiden,  et  fut  alternativement  échevin  et  bourgmestre  de  Breda  de  1679  à  1703. 

IO)  Francisais  Junius.  Voir  la  Lettre  N°.  903,  note  5. 

:I)  Quatuor  D.  N.  Jefu  Chrifti  Euangeliorum  Verfiones  perantiquae  duae,  Gothica  (cil.  et  Au- 
glo-Saxonica;  Quarum  illam  ex  celeberrimo  Codice  Argeriteo  nunc  primùm  depromfil  Fran- 
eifeus  Junius  F.  F.  liane  autem  ex  Codicibus  MSS.  collatis  emendatiùs  recudi  curavit 
Thomas  Marefchallus, Anglus :  Cujus  etiam  Obfervationes  in  utramque  Verfionem  fulmecuin 
tur.  Accelîit  &  Gloflarium  Gothicum :  cui  praemittitur  Alphabetum  Gothicum,  Runicum, 
&.c.  opéra  ejufdem  Francifci  Junii.  Dordrechti.  Typis  &  Sumptibus  Junianis.  Excudebant 
Henricus  &  Joannes  Efl'aei ,  Urbis  Typographi  Ordinarii.  cidioclxv.  in-40. 

I2)  Gothicum  Gloflarium  ,  quo  pleraque  Argentei  Codicis  Vocabula  explicantur,  atque  ex  Lin- 
guis  cognatis  illuftrantur.  Praemittunturei  Gothicum,  Runicum,  Anglo-Saxonicum,  aliaque 
Alphabcta.  Operà  Francifci  Junii.  F.  F.  Dordrechti.  Typis  Ck.  fumptibus  Junianis. 
cioioclxv.  in-40. 

'■")  Van  Vliet  n'en  a  rien  publié. 


356  CORRESPONDANCE.     1663. 


N=  1121. 

CHRISTIAAN    HUYGENS    ïl    CoNSTANTVN    HlJYGENS ,    frère. 

15    JUIN    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   uili.     Const.  Huygens,  frire,  y  répondit  par  le  No.  1123. 

A  Londres  ce   15  Juin   1663. 

Vous  n'aviez  pas  ereu,  a  ce  que  je  voy,  que  Mon  Père  feroit  fi  preft  a  entre- 
prendre le  voiage  qu'on  ')  luy  impofoit,  et  je  penfois  bien  auffi  du  commencement 
qu'il  voudrait  attendre  un  fécond  Ordre.  Mais  il  femble  qu'il  a  eu  envie  de  veoir 
encore  ce  païs,  et  c'eit  cela  qui  l'a  lait  refondre  d'autant  plus  facilement.  Si  vous 
n'en  aviez  pas  parle  le  premier  a  Monfieur  Beaumont  - j  nous  euffions  elle  quite  de 
tout  cet  embaras,  qui  peut  eftre  ne  fervira  pas  de  beaucoup  aux  amures  du  Prince, 
et  qui  pourroit  m'apporter  quelque  préjudice  dans  une  que  j'ay  a  Paris  3),  dont  je 
ne  veux  encore  vous  rien  dire.  A  vous  il  en  aviendra  que  voitre  perruque  ne  fera 
pas  fi  toit  faite  que  fans  cela  elle  auroit  elle,  car  vous  ne  voudriez  pas,  je  m'aflure, 
que  je  la  fille  faire  icy.  Je  garderay  donc  voilre  échantillon  et  mefure  jufqu'a  ce 
que  nous  ayons  repafl'è  en  France  et  alors  je  vous  promets  que  j'en  auray  foin.  Je 
croy  que  bien  toit  il  m'en  faudra  une  de  mefme ,  par  ce  que  les  cheveux  commen- 
cent a  me  manquer  en  un  endroit  que  ceux  qui  relient  ne  feauroient  couvrir. 

Quoy  que  je  ne  croye  pas  que  nous  devions  relier  long  temps  icy,  nous  n'en 
partirons  pas  fi  toll  pourtant  que  vous  ne  puifliez  m'envoier  hardiment  le  portrait 
que  vous  n'avez  ofè  confier  au  dernier  pacquet.  Je  feray  fort  aife  de  le  veoir,  et 
il  me  femble  que  de  la  je  pourray  faire  conjecture  a  peu  près  avec  quel  fucces  je 
pourois  m'adonner  au  mefme  meilier  4). 

Le  Combat  de  ces  deux  galants  dans  la  Comédie  avec  les  4  Sabines  entre  deux, 
doit  avoir  elle  une  belle  choie  a  veoir  et  qui  valoit  bien  un  des  meilleurs  actes.  Je 
voudrois  bien  feavoir  fi  le  pacificateur  Son  Excellence  Borr-i  va  encore  veoir  la 
Tante  Dcwilm  5)  et  s'il  y  elt  toufjours  reeeu  de  mefme. 

Je  ne  fcay  pas  fi  j'ay  mande  au  frère  Louis  que  devant  que  partir  de  Paris  j'ay 
envoie  les  figures  Chinoifes  fï )  a  Monfieur  Thevenot.  Je  n'ay  pas  pu  veoir  qu'elles 


1  )    Il  s'agit  de  Madame  la  Princesse  Douairière,  A  ma  lia  von  Solms. 
Sur  Herbert  van  Beauinonl ,  voir  la  Lettre  N  '.  240,  note  3. 
Consultez  les  Lettres  Nos.  1  123  et  1  126. 
L'art  de  la  miniature.  Consulte/,  aussi  la  Lettre  N".  1107. 
Constantia  Huygens,  veuve  de  David  le  Leude  Wïlhem. 
Consultez  la  Lettre  N°.  1113. 


CORRESPONDANCE.     1663.  357 


eftoient  mieux  faites  que  les  premières  que  nous  eûmes  il  y  a  longtemps,  mais  je 
ne  doute  pas  toute  fois  qu'il  n'en  ibit  très  fati fiait. 


Pour  Mon  Frère  de  Zeelhem. 


N°    ri 22. 

H.  Oldenburg  à  R.  Boyle. 

20    JUIN    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres ,  Royal  Society. 
Elle  a  été  publiée  dans  ^BoyWs  Works,  Vol.  V". 

London,  ye   10  June   1663. 
Sir, 

I  could  not  forbeare  by  tins  decafion  to  give  you  notice  of  fouie  particulars,  im- 
parted  to  me  lînce  your  leaving  London,  efpeciâlly  fuch ,  whercin  yourfelfe  and 
ye  other  Englifh  Virtuofi  are  concerned.  M  y  correfpondent  ')  in  bis  laft  from  Pa- 
ris faith  with  a  great  deal  of  franknes  :  //  faut  avouer,  que  les  Anglois  rempor- 
tent, &J  ont  l' 'avant  âge  par  dejfiis  les  autres  peuples  de  r  Europe,  nous  ayans  donné 
quantité  de  chofes  curieufes  &  particulières ,  outre  les  grands  ouvrages  qu'ils  ont 
donné  au  public.  Au  contraire ,  les  livres ,  qui  s'inpriment  à  Paris,  ne  méritent  pas 
d'efire  leus ,  au  moins  la  plufpart,  n'y  ayant  que  des  redites  ou  des  allégations;  mais 
rien  de  particulier ,  qui  contente  l'efprit.  Then  he  pafïeth  on  to  a  gentleman,  called 
Miller  Boyle,  and  faith;  On  l'admire  plus  que  iamais,  et  Mon  (leur  Ozou -)  (that 
is  one  of  ye  conlklcrableft  rriembers  of  ye  Mqnmorian  academy,  and  a  very  mathe- 
matieall  headj  a  une  eflime  très  particulière  pour  luy.  Le  me  fine  efl  grand  admi- 
rateur de  vofire  Société ,  et  ne  fepeut  laffer  de  louer  le  génie  des  Anglois ,  pour  avoir 
fait  grande  quantité  de  belles  chofes.  Nous  ferions  bien  aifes  de  fc avoir ,  fi  on  con- 
tinue dans  la  mefme  curiofité.  In  ye  end  of  his  letter  hc  mentions,  that  he  hopeth  to 
get  ye  obfervations  3),  made  by  Borelli 4)  upon  ye  Chymifta  Scepticus  5j,  which 
Seing  obtained  hc  promifeth  to  fend  me  fpeedily. 


1  Jean  Pierre  Martel.  Consultez  la  Lettre  N°.  n  28 ,  note  7. 

2)  Il  est  question  ici  de  Adrien  Anzout. 

3)  11  semble  que  ces  remarques  n'ont  pas  été  publiées. 

-1  Probablement  il  s'agit  ici  de  Pierre  Borel.  Voir  la  Lettre  N°.  330,  note  3. 

5)  Sur  le  „Chymista  Scepticus"  de  Boyle,  voir  la  Lettre  N°.  886,  note  6. 


CORRESPONDANCE.     1663. 


This  afternoon  we  had  no  ordinary  meeting:  there  were  no  leflè  than  foure 
ftrangers ,  two  French,  and  two  Dutch  gentlemen  :  ye  French  were,  Monfieur  de 
Sorbiere6)  and  Monfieur  Monconis7);  ye  Dutch,  both  the  Zulichems,  Fâcher  and 
Son  ::):  ail  foure,  inquifitive  after  you.  They  were  eritertainëd  lirit  with  fome  Ex- 
periraents,  which  the  bearer  hereofF  will  give  you  a  good  account  ofï':  and  after- 
wards  wich  good  ftore  ofoccafionall  obfervations ,  difeourfed  of  promifcuoufly , 
pro  rc  mata;  which  the  ftrangers  (as  well  as  our  company)  feeraed  to  be  much 
more  pleafed  wich,  than  wich  fet  and  formai]  difeourfes.  They  were, 

1.  Of  varions  Pétrifications,  even  of  children  in  ye  wombe;  item  in  ye  lungs, 
in  ye  Plexus  Choroïdes,  and  in  ail  y  e  parts  of  hum  an  body.  a.  Of  perlons  al- 
together  movelefïe,  bue  that  chey  could  fpeak,  and  eac  anddrink,  whereof  one  was 
alledged  by  Sir  R.  Moray,  feen  by  himfelf  atye  Spaw;  out  of  whofe  fingers , 
and  cheeks  alfo,  he  had  obferved  a  chalky  matter  to  ifïue  :  another  was  mentioned 
by  Miller  Beale  9)  in  a  letter  to  me,  of  his  owne  Kinfwoman,  chat  lived  fome 
years  as  unmoueable  as  a  ftone,  unable  tomove  finger  or  toe,  yec  her  mouch  fhe 
could  move,  and  had  a  good  ftomach,  and  was  recovered  at  laft  by  Bathes. 

I  doubt,  Sir,  hère  is  matter  for  an  occafional  méditation. 

Next,  chère  were  very  odde  relations  made  ofwomen,  voiding  boues,  together 
wich  cheir  menftrua,  every  month;  of  others  bringing  avvay  boues  of  childcrn 
(they  had  been  feverall  years  afore  big  ofF)  by  fiege,  or  out  of  cheir  fides. 

Then  there  was  occafion  given,  by  a  pétition  made  to  ye  king  fora  patent  to 
practile  a  fecret  for  ye  improving  of  any  barren  ground ,  and  of  flowers ,  Planes 
and  young  crées,  and  among  them  ,  of  vines  and  orenge-trees ,  co  make  thofe  grow 
as  plentifully  as  in  France,  and  thele  as  in  Portugal:  By  this,Ifay,  occafion 
was  given  to  fpeake  of  the  fmutting  of  corn,  with  ye  defeription  of  it;  its  diffé- 
rences from  other  vices  in  corne;  with  ye  conjectures  ofye  caufe  of  it,  and  ye 
probable  means  to  avoid  it.  Concerning  ail  which  Miller  Long  10)  brought  in  a 
handfom  difeourfe;  which  1  hâve  by  me,  for  your  fervice,  when  you  pleafe. 

Much  alfo  was  fpoken  of  ye  advantage  of  fowing  corn  with  ye  hufkes;  and 
of  planting  fruit-ftones  with  fome  pulpe  about  them. 

Monfieur  Monconis  was  fo  obliging,  uponye  Society' s  délire  toleavethem 


sur  Samuel  Sorbiére,  voir  In  Lettre  N°.  1  2 ,  note  5. 
Sur  Balthasar  de  Monconys,  voir  la  Lettre  N°.    6      note  8. 
(  Ihristiaan  I  luygens  et  son  père  Constantyn. 

John  Beale  naquit  en  [603  dans  Herefordshire  et  mourut  en  [683  comme  recteur  de  Yeovil 
Somersetshire  1.  Ayant  pris  son  degré  de  i\l.  A.  eu  [636,  H  se  mit  a  voyager  en  Europe   el 

devint  en  1660  recteur  île  Yeovil,  el  en  [665  chapelain  du  R.OÎ.    Il  lut  membre  de  la  Société 

Royale  ilés  sa  fondation. 

Long  était  colonel  dans  l'armée  anglaise  et  membre  de  la  Société  Royale. 


CORRESPONDANCE.     1663.  359 


in  writing  his  way  of  knowing  ye  différence  of  ye  weight  of  liquors;  as  allb, 
ye  manner  of  ordering  filkworms  in  France  and  Italy;  where  arc  conraincd  Tome 
very  pretty  and  not  obvions  obfervations. 

Bue,  Sir,  I  forget  to  whom  I  write,  and  by  whom.  I  fhould  hâve  told  you  fome 
news ,  and  I  vvould  write  more  ,  bue  that  I  hâve  written  too  much.  Yet  this  I  mu  il 
adde,  that  ye  Treaty  with  Rome  advanceth  not;  that  ye  coniiderabler  fort  of 
French  Proteilants  are  tempted  to  apoilafy;  that  Spainc  hath  had  fome  fucces 
upon  Portugall  ;  and  that  Sweden  is  grown  jealous  of  France ,  becaufe  of  ye 
French  kindnes  to,  and  allyance  with  Denmark. 

Tis  after  midnight,  Sir,  that  I  write  this;  which  will,  I  [hope] ,  ye  more  pre- 
vaile  with  you  to  pardon  this  undigeiled  fcribblc  to, 

Sir 

your  fhithfull  humble  fervant, 

H.  Oldenburg. 

Seeing  ye  abovementioned  ftrangers  are  like  to  continue  hère  yet  a  while,  at 
ye  leail  fome  of  them,  ye  Society  fhall  much  lland  in  need  of  a  Curator  of  expe- 
riments;  which  I  hope  ,  Sir,  will  ye  fooner  procure  from  your  obligingnes  a  dif- 
penfing  with  Miller  Mook  IX)  for  fuch  a  publick  nie. 

For  his  Noble  fïicnd 
Robert  Boyle  Esqer 
at 
Leefe. 


!I)  Sur  Robert  Hooke,  voir  la  Lettre  N°.  1057  ,  note 


360  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N°=  11 23. 

CoNSTANTYN    HlJYGENS,    iVèlC ,    h    [CHRISTIAAN    HUYGENS]. 

11    JUIN     16^3. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  h  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  L:  ré/muse  an  Nu.   1121.     Clir.   Huygens  y  répondit  par  le  .Xo.   112",. 

A  la  Haye  le   11   luin    1663. 

Je  crains  que  vous  ne  pafïerez  pas  de  là  H  toit  que  nous  voudrions  bien  toucs 
deux  pour  raifons  que  je  mande  à  Mon  Père.  L'affaire  ou  vous  appréhende/,  du 
préjudice  et  dont  vous  ne  voulez  rien  dire  nous  a  cité  connue  plufjeurs  jours 
auant  voilre  lettre  par  des  advis  que  Gentillot  ')  et  Copes  2)  difent  d'en  auoir 
receus  de  Paris,  j'efpere  qu'ils  feront  véritables. 

J'envoye  icy  dedans  le  petit  pourtrait  de  Sus  qu'il  vous  plaira  nie  renvoyer 
quand  vous  l'aurez  confideré.  Il  faut  prendre  garde  que  vous  le  tourniez  du  bon 
collé  contre  le  jour  et  comme  il  a  elle  fait.  Celuy  que  j'ay  fait  après  cette  belle 
brune  3)  elt  le  meilleur  de  touts  mais  n'eft  pas  achevé.  11  va  tant  de  temps  a  celle 
forte  d'ouvrage  que  j'ay  de  la  peine  a  m'y  r'attaeher. 

Touts  les  luncttiers  me  tombent  icy  fur  les  bras  durant  voltre  abfence ,  entre 
autres  j'ay  eu  un  niais  Anglois  que  Morray  vous  adrellbit  auec  une  lettre,  le 
plus  pauvre  garçon  du  monde  qui  court  le  pais  par  le  moyen  d'un  Itinéraire  fait  il 
y  a  trente  ans ,  et  cil  pourtant  membre  of  the  Royal  Society. 

Je  n'ay  pas  le  temps  de  vous  dire  d'auantage. 


1  1   Sur  de  Gentillot,  voir  la  Lettre  N°.  920,  note  8. 

Hendrik  Copes  naquit  a  Wesel  en  1643,  et  se  noya  a  Bois  le  Due  en  1708.  Après  avoir 
étudié  a  Leiden  il  devint  en  1668  greffier  de  la  chambre  îles  fiefs  a  ISois  le-Duc.  Il  était 
antiquaire,  voyagea  beaucoup  ei  avait  beaucoup  île  relations  a  l'él  ranger. 

I.e  portrait  île  MNlress  Tllfton.   Consultez  la   Lettre  N  '.    1  1  |.|. 


' 


CORRESPONDANCE.     1663.  36 1 


N=   11 24. 

Christiaan  Huvgens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 
23  juin   1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
Const.  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.   1142. 

A  Londres  ce  23  Juin   1663. 

Cellecy  vous  fera  rendue  par  Monfieur  de  Monconis  ')  qui  eft  de  mes  amis ,  et 
un  fort  honneft  homme  et  fort  curieux  de  toutes  les  belles  chofes.  Il  eft  venu  icy  de 
Paris  avec  le  fils 2)  de  Monfieur  le  Duc  de  Luines  3)  qu'il  accompagnera  a  fes 
voiages  d'Allemagne  et  d'Italie,  et  païïant  maintenant  d'icy  en  Hollande  il  m'a  prie 
que  je  luy  donnafïe  quelque  adrefTe  chez  nous.  Il  vous  demandera  pour  veoir  ma 
machine  du  vuide  fans  que  pourtant  il  foit  befoin  de  la  faire  agir,  et  mefme  je 
croy  qu'elle  n'eft  pas  trop  en  eltat  de  cela.  Vous  pourez  outre  cela  luy  monftrer 
mon  horologe  a  pendule,  le  cabinet  de  mon  père  et  fa  bibliothèque,  fans  oublier 
dans  le  cabinet  le  miroir  concave  et  le  defîèin  de  Gendt  4).  Il  fcaura  vous  rendre 
compte  de  l'eftat  de  l'Académie  qui  elt  icy  a  Grefham  Colleg  et  des  expérien- 
ces que  l'on  y  fait,  que  nous  avons  veues  enfemble 5).  Il  a  aufli  fort  connu  Divini6) 
a  Rome,  et  vous  vous  fouviendrez  peut  eftre  qu'il  eft  fouvent  cité  dans  le  petit 
livre  7)  que  le  dit  Divini  efcrivit  contre  moy. 

Je  fus  voir  hier  Monfieur  Lilly  8)  le  peintre  et  voyant  dans  fon  cabinet  des  por- 
traits qu'il  a  faits  avec  du  paftel  je  luy  demanday  de  quoy  le  fien  eftoit  compofè, 
et  il  me  promit  de  m'en  faire  avoir  la  recepte.  Il  fe  fert  d'un  papier  un  peu  grifatre 
et  n'employé  de  couleurs  que  dans  le  vifage  et  cela  encore  légèrement ,  fouftenant 


r)   Sur  Balthasar  de  Monconys ,  voir  la  Lettre  N°.  765 ,  note  8. 

2)  Charles  Honoré  d'Albert  de  Luynes,  duc  de  Chevreuse,  fils  de  Louis  Charles  d'Albert,  duc 
de  Luynes  et  de  sa  première  épouse,  naquit  le  7  octobre  1646  à  Paris  et  mourut  le  5  novem- 
bre 1712.  Après  avoir  beaucoup  voyagé  il  épousa  en  1667  Jeanne  Maria  Colbert,  fille  aînée 
du  ministre  Colbert,  dame  du  palais  de  Maria-Theresia  :  elle  mourut  à  Paris  le  26  juin  1732. 
Il  devint  capitaine-lieutenant  de  cavalerie,  assista  à  plusieurs  sièges  et  possédait  toute  la  con- 
fiance de  Louis  XIV. 

3)  Sur  Louis  Charles  d'Albert,  duc  de  Luynes,  voir  la  Lettre  N°.  470,  note  3. 

4)  Joris  van  Ghendt  (Gendt),  disciple  du  peintre  Frans  Floris, -vivait  vers  la  fin  du  seizième 
siècle:  il  devint  peintre  de  cour  en  Espagne,  plus  tard  en  France. 

5)  Voir  la  Lettre  N°.  11 22. 

ô)   Eustachio  de  Divinis.  Voir  la  Lettre  N°.  395,  note  2. 

7)  Sur  sa  „Brevis  Annotatio"  voir  la  Lettre  N°.  765,  note  1. 

8)  Pieter  van  der  Faes  (Consultez  la  Lettre  N°.  ç6~ ,  note  8),  se  tixa  en  1641  en  Angleterre; 
il  y  fut  appelé  Lilly  d'après  son  surnom  Pieter  de  Lely,  nom  que  Chr.  Huygens  lui  donne 
dans  le  Reys-Verhael. 

Œuvres.  T.  IV.  46 


362  CORRESPONDANCE.     1 663. 


que  l'autre  manière  eft  trop  pénible  et  de  moindre  grâce.  Tout  ce  qu'il  fait  eft  fort 
beau  et  je  tafcheray  d'en  avoir  quelque  chofe  pour  l'imiter  et  pour  vous  le  faire 
veoir  a  noftre  retour. 

A  Monfieur 
Monfieur  de  Zeelhem 
A 
la  Haye. 


N=  11 25. 

Christiaan  Huygens  a  Constantyn  Huygens,  frère. 

29    JUIN     1663. 

La  lettre  se  trouve  à   Leiden,  coll.  Huygens. 
ElU  est  la  réponse  au  No.  1122. 

A  Londres  ce  29  Juin   1663. 

Voftre  portrait  de  miniature  citant  dans  voftre  lettre  toute  ouverte  II  Signor 
Padre  s'en  eft  empare  le  premier  et  n'a  point  envie  de  s'en  défaire,  c'eft  pourquoy 
vous  ne  devez  pas  me  l'imputer  fi  je  ne  la  renvoie  point.  Je  trouve  que  pour  élire 
voftrc  premier  ouvrage  il  a  trefbien  reuffi,  et  vous  feriez  bientoft  aufli  bien  que 
voftre  maiftre  fi  vous  aviez  la  patience  de  continuer.  Mais  puis  que  vous  dites 
qu'il  y  va  tant  de  temps  je  ne  croy  pas  que  ce  fera  voftre  fait.  Il  me  femble  que 
vous  avez  voulu  corriger  en  quelque  façon  ce  qui  n'eft  pas  bien  dans  le  tableau  ') 
de  Hanneman  2),  comme  la  longueur  du  vifage,  le  trait  de  la  bouche,  et  cela  ne 
vous  a  pas  tout  a  fait  mal  reuffi,  mais  d'un  autre  coftè  vous  avez  fait  l'oeil  gauche 
un  peu  trop  long,  de  forte  que  le  portrait  reflemblc  mieux  quand  on  couvre  cet 
oeil.  Il  n'a  point  eftè  endommagé  par  le  chemin  du  tout;  c'eft  pourquoy  vous 
pouvez  bien  m'adreflér  aulli  la  belle  brune  3)  quand  elle  fera  achevée,  et  je  vous 
promets  d'en  dire  mon  avis  aufli  franchement  que  de  cett'  autre.  J'ay  veu  ces 
jours  pafïez  une  partie  des  deffeins  de  Lanier 4),  et  entre  autres  une  grande  quan- 

')    Consultez,  sur  le  portrait  de  Susanna  Huygens  par  Hanneman,  la  Lettre  N°.  1  i  10. 

Sur  Adriaen  I  lanneman,  voir  la  I  ,ettre  N°.  812,  note  6. 
3)    Mistress  Tufton.  Consultez  la  Lettre  N".  i  144. 
4;     Nicolas  Lanière  naquit  en  Italie  en  1  5N0  et  mourut  en  novembre  1646  a  Londres.   Venu  en 

Angleterre,  il  était  un  des  favoris  de  Charles  I.  Comme  il  était  aussi  bon  musicien,  celui-ci  le 

nomma,  en  1626,  directeur  de  sa  chapelle. 


CORRESPONDANCE.    1663.  363 

titè  de  Raphaël  qui  font  incomparables.  Lilly  s)  ne  m'a  pas  encore  donne  fa  re- 
cepte  pour  le  paflel,  parce  que  je  ne  l'ay  pu  trouver  chez  luy  depuis,  ou  bien 
s'il  y  eftoit,  there  was  a  Lady  fitting. 

Je  demanderay  a  Monfieur  Morray  qui  eft  cet  habil  homme  qu'il  m'avoit 
adrefTè.  Pour  élire  of  the  Royal  Society,  il  ne  faut  pas  que  vous  vous  imaginiez 
que  ce  doive  eftre  quelque  chofe  d'extraordinaire ,  Car  je  voy  qu'on  y  admet  alTez 
facilement  tout  le  monde.  Il  y  a  i  jours  6)  que  j'en  fuis  aufli  fans  que  je  me  trouve 
plus  habile,  en  quoyque  ce  foit,  qu'auparavant. 

Ayez  foin  je  vous  prie  de  l'enclofe  7)  a  Monfieur  van  Leeuwen.  Celle  7)  que 
vous  m'avez  envoiee  de  fa  part  eftoit  plus  vieille  de  15  jours  que  la  voilre. 

A  Monfieur 
Monfieur  de  Zeelhem 
A  la 

Haye. 


s)    Sur  Lilly,  voir  la  Lettre  N°.  1 124,  note  7. 

rt)    Cette  date,  la  séance  du  17  juin  1663  (V.  st.),  ne  s'accorde  pas  avec  la  date  de  la  séance 
du  22  juin,  que  donne  Birch  dans  son  ouvrage: 

The  Hiltory  of  the  Royal  Society  of  London  for  improving  of  Natural  Knowledge,  from 
it  firft  rife.  In  which  the  moft  confiderable  of  those  Papers  communicated  to  the  Society, 
which  hâve  hitherto  not  been  publifhed,  are  inferted  in  their  proper  order ,  as  a  Supplément 
to  the  Philofophical  Transactions.  By  Thomas  Birch,  D.  D.  Secretary  to  the  Royal  Society. 
London:  Printed  for  A.  Miller  in  the  Strand.  mdcclvi  —  mdcclvu.  IV  Vol.  in-40. 
11  résulte  de  la  Lettre  N°.  1 128,  que  Birch  s'est  trompé  d'une  séance. 

")    Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  van  Leyden  van  Leeuwen,  ni  celle 
de  ce  dernier  à  Chr.  Huygens,  datée  du  commencement  de  juin  1663. 


364  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N°  11 26. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

29    JUIN     1663. 
La  lettre  se  trouve  à  Leïden  ,  coll.  Huygens. 

A  Londres  ce  29  Juin   1663. 

Je  n'attendois  autre  nouvelle  de  vous  que  celle  de  la  decifion  de  noftre  procès  ') 
et  n'en  ayant  pas  auiîi  de  fort  importantes  a  vous  mander  j'ay  laifTè  parler  quel- 
ques ordinaires  fans  vous  efcrire  et  mefme  a  cet  heure  je  n'ay  guère  a  vous  dire, 
mais  je  ne  veux  pas  laiffer  de  vous  refpondre  a  fin  que  je  ne  refte  pas  privé  des 
nouuelles  de  la  Haye  dont  d'ailleurs  que  par  voftre  moyen  je  me  voy  trefmal 
fourni.  Vous  elles  bien  heureux  d'avoir  trouuè  de  quoy  vous  defcnuier  dans  le 
voifinage  de  Zuylichem ,  ou  vous  m'avouerez  que  fans  cela  l'on  pafTe  le  temps  auiïi 
mal  qu'en  lieu  du  monde.  Voftre  bonheur  eft  encore  de  ce  que  vous  vous  conten- 
tez de  chofes  médiocres,  car  parmy  tout  cet  Examen  Apum  je  n'ay  jamais  rien  vu 
d'agréable. 

Je  luis  bien  aife  que  Monfieur  Thevenot  eft  fatiffait  de  fes  figures  2).  Le  fecret 
du  poly  nouveau  m'a  eftè  inconnu  jufqu'a  cet  heure  que  je  le  voy  dans  voftre  lettre, 
mais  je  penfe  que  ce  n'eft  que  celuy  que  Monfieur  Auzout  3)  a  trouvé,  et  non  pas 
celuy  de  Monfieur  d'Efpagnet 4)  que  je  croy  eftre  encore  meilleur  par  les  effedls 
que  j'ay  veu  de  l'un  et  de  l'autre. 

En  ce  qu'il  vous  efcrit  de  la  regale  que  le  Roy  veut  faire,  je  croy  que  vous 
aurez  leu  Père ,  au  lieu  de  frère.  Le  frère  de  Zeelhem  vous  pourra  dire  a  peu  près 
ce  que  c'eft ,  car  il  en  a  eu  nouvelles  a  ce  qu'il  me  mande  5).  Je  croy  qu'il  en  fera 
quelque  chofe ,  mais  non  pas  tant  que  l'on  dit. 

Je  pafïerois  allez  bien  le  temps  icy  fi  je  fcavois  un  peu  mieux  m'efcrimer  de 
la  langue  du  païs.  Il  y  a  Comédie  icy  auprès  ou  il  y  a  grand  concours,  mais  parce 
que  je  ne  puis  pas  bien  comprendre  ces  dialogues  qui  font  prononcez  fi  vifte  je  n'y 
vay  que  fort  rarement  <î).  Nous  avons  dans  le  voifinage  une  dame  ")  qui  joue  du 
luth  en  perfection  et  chante  allez  bien,  mais  faute  de  luy  pouvoir  parler  je  n'ay  pas 
ofè  y  retourner  après  la  première  fois. 


')  Consultez  la  Lettre  N°.  100?. 

')  Sur  les  figures  chinoises,  consultez  la  Lettre  N°.  1121. 

8)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 1 1. 

♦)  Voir  la  Lettre  N°.  1  10K. 

s)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1  23. 

6)  Huygens  assista  a   la  représentation    de   ,,1'rencli    Lawyers"  et    de    „English   Mounsieur" 

[Keys-Verhael]. 

"  )  Mi  stress  Warwick  [Reys-Verhael]. 


CORRESPONDANCE.     1663.  365 


Il  n'y  a  que  certaines  perfonnes  comme  Monfieur  Moray  Monfieur  Bruerton  8) 
et  quelques  autres  devant  qui  j"ofe  deploier  ce  que  je  fcay.  J'ay  trouvé  ce  dernier 
dans  Grefham  Colleg  dont  il  elt  membre,  et  le  trouvay  devenu  fi  gros  et  gras  que 
j'eus  toutes  les  peines  a  le  connoiilre.  Il  a  efpoufè  la  fille  de  Milord  Willouby  y) 
dont  il  a  3  enfans.  Je  l'ay  eftè  veoir  chez  luy,  ou  il  me  regala  de  fa  mufique,  qui  ell 
la  plus  plaifante  du  monde,  car  fans  avoir  jamais  appris  a  toucher  le  clavecin ,  il 
en  joue  avec  une  afieurance  merveilleufc  et  rien  que  des  fantafies  qui  font  fans 
règle  aucune.  Adieu.  Mon  Père  envoie  pour  avoir  mes  lettres. 

Je  repondray  IO)  a  Janus  ")  par  le  prochain  ordinaire. 

Pour  le  frère  Louis. 


N=  1127. 

[L.  H.  de  Monmor]  à  [Christiaan  Huygens]. 
[juillet   1663?] 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden  ,  coll.  Huygens  '). 

Monfieur  Theuenot  et  Auzout  me  preïïans  de  faire  acheuer  la  machine  du 
vuide2)  je  prie  Monfieur  Huggens  de  m'enuoyer  vne  figure  exa&e  de  la  menuiferie 
foit  pour  la  hauteur  ou  la  largeur  ou  la  quantité  des  pieus  et  des  endroits  ou  la 
pompe  le  cric  et  la  lanterne  auec  la  maniuelle  doiuent  eftre  mis  et  placez.  L'ou- 
vrage ayant  efte  jnterrompu  par  labfence  3)  de  Monfieur  Huygens  qui  ell:  linuen- 
teur  et  par  confequent  le  promoteur  de  cet  ouvrage  jl  obligera  les  Curieux  etc. 


8)  Brereton  (voir  la  Lettre  N°.  1 23  ,  note  1). 

9)  Francis,  Lord  Willoughby  of  Parham.  se  noya  dans  une  tempête  a  Barbados  en  1666.  En 
1650  il  avait  été  nommé  gouverneur  de  cette  île. 

10)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  réponse  de  Cbr.  Huygens  à  J.  van  Vliec. 

n)  Huygens  désigne  J.  van  Vliet,  qui  lui  avait  écrit  le  6  juin  1663.  Voir  la  Lettre  N°.  11 20. 

')   Cette  pièce  de  la  main  de  Montmor  est  une  feuille  détachée;  nous  ne  possédons  pas  la  lettre, 
avec  laquelle  elle  a  été  expédiée. 

2)  Consultez  les  Lettres  Nos.  j  108,  1 1  15  et  1 134. 

3)  C'est-à-dire  par  son  brusque  départ  pour  l'Angleterre. 


366  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N=  11 28. 

H.  Oldenburg  à  R.  Bovle. 

2    JUILLET     1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
Elle  a  été  publiée  dam  „Boyle\s   Works,  Fol.   F". 

London,  ye  22  June,   1663. 
Sir, 

Your  receipt  for  Monfieur  Monconis  came  ,  after  he  had  taken  his  Icavc  l'rom 
us:  but  I  fhall  not  faile,  God  permitting,  to  fend  it  after  him  by  ye  firft  conve- 
niency.  On  Wednefday  laft  :)  there  were  admitted  into  ye  Society  My  Lord  Cra- 
ford  Lindfey  2),  Mcflieurs  Hugens  and  Sorbierc.  An  experiment  was  tried  in  ye 
compreffing  engine,  but  again  without  fuccefle;  ye  force  of  ye  Air,  thruïtin, 
breaking  ye  cernent ,  that  faftned  ye  Glaïïc. 

In  ye  experiment  of  ye  précèdent  meeting3)  (whereof,  no  doubt,  you  had  an 
account  from  Miller  I  look)  ye  Air,  put  into  ye  place  of  ye  Buble,  remaining  in  one 
bolthead,  was  vanifht  as  well,  as  the  Buble  4),  that  was  left  in  ye  other  bolthead. 
After  this,  pétrifications  were  again  difcourfed  off;  and  ye  colors  of  infects  : 
There  were  alfo  a  couple  of  letters  read,  fent  to  me,  one  from  de  la  Quintinye  5)i 
containing  a  further  account  of  melons;  ye  other  from  Miller  Beale6),  relating 
his  obfervations  of  ye  fraut  of  corne.  I  had  a  third  letter  from  Paris,  written  by 
ye  fume  gentleman  7)n  that  is  ye  author  of  ye  difcourfe  de  Calore8),  and  hath  ib 
particular  an  efteeme  for  you ,  as  I  mcntioned  formerly  '■>).  He  tells  me  now ,  that 


T)    C'était  dans  la  séance  du   i~  juin   1663  fV.  st.).   Birch  dans  son  „History  of  the  Royal 
Society"  s'est  donc  trompé  en  indiquant  Lundi  le  22  juin.  Consultez  la  Lettre  N°.  1  125. 
Charles  Crawfurd,  Lord  Lindsay,  était  le  fils  d'Alexander  Lindsay  et  d'Anna  Mackenzie, 
comtesse  de  Balcarres  et  d'Argyll. 

3)  La  séance  du  if  juin  1663  (V.  st.). 

4)  Consultez,  pour  une  description  plus  détaillée  de  celte  expérience,  la  Lettre  N°.  1  1  3 H. 

s;  Jean  de  Laquiminie  1  La  Quintinie)  naquit  à  Chabarais  (Angoumois)  en  1626  et  mourut  a 
Versailles  en  1688;  Ayant  fait  ses  études  de  droit  à  Poitiers,  il  voyagea  comme  gouverneur 
d'un  des  fils  de  M.  Tambonneau,  puis  il  se  voua  ù  l'agriculture,  et  arrangea  les  jardins  de 
M.  Tambonneau,  et  des  palais  de  la  France:  il  lut  encore  souvent  consulté  en  Angleterre 
Le  25  août  16*8/"  il  obtint  le  titre  de  directeur  général  des  jardins  fruitiers  et  potagers  de  tou- 
'  es  les  maisons  royales  en  France. 

*)    Voir  la  Lettre  N°.  1  122,  note  0. 

Jean  Pierre  Martel ,  médecin  qui  demeurait  a  Paris.   Voir  la  lin  de  la  lettre. 
J.  P.  Martel ,  de  Calore.  Parifiis.  in-4' . 

''     Consultez  la  Lettre  N°.  1 122. 


CORRESPONDANCE.     1663.  367 


ye  King  of  France  hath  beftowed  a  largefTe  IO)  of  80000  livres  upon  ieverall  lear- 
ned  men,  but  moft  Pocts  and  Romancers,  excepc  Huygenius  and  Hevelius,  and  La 
Chambre  :I);  having  neglefted  Roberval,  Fermât,  Frenicle,  Rohaut,  Ozou  I2), 
and  fuchlike,  qui  colunt  Mufas  leveriores. 

This  friend  fheweth  himfelfe  fo  much  concerned  for  you,  that  he  writeth  thus: 
//  faut  plus  attendre  de  Monfieur  Boy  le,  à  mon  advis,  que  de  tous  les  autres  en- 
femble:  cefl  pourquoy  je  fuis  fort  affligé  de  ce  qui  le  menace I3).  Exhortez  lepuiffem- 
ment  à  avoir  foin  de  fa  fanté:  je  fuis perfuadé ,  que  s" il  s'y  applique ,  il  fortifiera 
fa  conflitution ,  et  fe  garentira  d'une  maladie  lente.  Un  de  mes  amis,  avec  qui  je 
plaignais  ce  malheur,  ma  affuré,  qu'un  feigneur  Anglois ,  menacé  de  me fme,  fut 
confeille  de  pajfer  en  France,  ou  Pair  feul  reffablit  fi  bien  fa  fanté  après  quelque 
fejour ,  qu'il  retourna  en  Angleterre ,  fans  qu'il  retombât  de  fa  vie  en  aucun  péril 
de  j'a  première  maladie.  Propofez  luy  la  chofe:  il  pourra  philo  fopher  partout,  et 
faire  provifion  de  fanté  pour  philo  fopher  plus  long  temps. 

You  fee,  Sir,  his  kindnes  for  ye  advanrage  of  your  heakh,  though  fuch  ab- 
fence  would  turn  to  ye  difadvantage  of  your  friends  hère,  pro  tempore. 

He  prayeth  me,  to  entreat  you  to  communicate  unto  him ,  if  it  may  be ,  ye  way , 
which  Dr.  Willis  I4)  mentions  in  his  treatife  de  Fermentatione  I5),  page  64.  (fup- 
pofing,  your  curiofity  hath  prompted  you  to  get  it  from  ye  faid  author)  videlicet 
to  draw  without  any  corrofive,  folo  calore  lento,  the  tinétures  of  bodies  with  ail 
their  vertu.  I  dare  engage  for  him,  as  well  as  for  myfelfe,  that  it  f hall  remain 
a  fecret,  if  it  be  one. 

There  is  going  for  France  a  friend  of  mine,  by  whom  I  could  fend  a  good 
packet,  with  fafety;  if  you  fhould  think  fit  to  prefent  Monfieur  Thcvenot l6),  yc 
author  of  ye  late  voyages  I?)  in  French,  with  one  of  your  books l8),  of  ye  Ufeful- 
nes  of  natural  philofophy,  be  underilanding  Englifh  pretty  well;  I  intend  alfo, 


IO)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 150,  note  9. 

")  Sur  Marin  Cuzeau  de  la  Chambre,  voir  la  Lettre  N°.  920 ,  note  5. 

12)  Adrien  Auzout. 

13)  Depuis  son  enfance  R.  Boyle ,  d'une  constitution  extrêmement  délicate,  souffrit  beau- 
coup. 

14)  Sur  Thomas  Willis,  voir  la  Lettre  N°.  858 ,  note  4. 

15)  Sur  son  ouvrage  „Diatribae  duae",  voir  la  Lettre  N°.  858  ,  note  5. 
1<s)  Sur  Melchisedec  Thevenot,  voir  la  Lettre  N'°.  251  ,  note  5. 

I?)  Sur  „Thevenot,  Relation  de  divers  voyages",  voir  la  Lettre  N°.  1025,  note  5. 

I8)  Conliderations  touching  the  Ufelulnefs  of  Expérimental   Natural  Philofophy,  propofed 

in  a  familiar  Difcourfe  to  a  Friend  by  way  of  invitation  to  the  Study  of  it.   By  the  lion. 

R.  Boyle,  Fellow  of  the  Royal  Society.  London  ,  1663.  in-8°. 


368  CORRESPONDANCE.     1663. 

God  willing,  to'  fend  him  one  of  your  Latin  reply  I?)  to  Linus  20)  and  another 
to  Monficur  Martel,  the  writer  of  ye  forementioned  difcourfe  of  heat.  For  this 
caufe,  hâve  I  taken  two  or  three  exemplars  of  this  latter  pièce  from  Millier 
Crook  2I),  fuppofing  your  leave  to  do  fo;  that  I  might  not  neglecl  fo  fair  an  op- 
portunity  of  fending ,  as  is  now  offred  to , 

Sir 

your  very  humble  and  faithfull  fervant 

H.  Oldenburg. 

The  friend ,  that  is  going  for  France ,  purpofeth  to  go  hence  on  Friday  next. 

To  his  Noble  friend 
Robert  Boyle  Esqer 
at 

Leefe. 


Iv    Voir  I  ouvrage  ciré  dans  la  Lettre  i\°.  909,  note  1 1. 
Pseudonyme  de  Fr.  Hall. 

:i)  Sur  le  libraire  Andréas  Crooke,  voir  la  Lettre  N°.  104-,  note  2. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  369 


N=   11 29. 

ChRISTIAAN    HUYGENS    h    [LODEWIJK    HUYGENSJ. 

6    JUILLET     I<^^3. 

La  lettre  cl  la  copie  se  trouvait  à  Leiden,  coll.  Huygens, 

A  Londres  ce  6  Julien  1663. 

Voicy  la  lettre  J)  pour  Janus  Vlitius  que  je  promis  par  ma  précédente  2).  11  me 
mande  3)  qu'il  a  envoie  chez  nous  un  exemplaire  de  l'on  livre  nouueau  4),  qui  eil  le 
Prodromus  de  fa  defeription  de  Breda.  S'il  le  prefente  quelque  occafion  pour  le 
faire  tenir  icy  ou  a  Paris,  quand  nous  y  ferons  vous  me  ferez  plaifir  de  l'envoier. 
Il  fe  plaint  de  ceux  du  Conieil  du  Prince  de  ce  qu'ils  s'oppofent  a  l'Edition  de  la 
dite  defeription  ,  fur  quoy  je  luy  confeillc  de  s'adreffer  au  frère  de  Zeelhem  5). 

Je  n'ay  rien  a  vous  mander  depuis  ma  précédente  mais  j'attens  que  vous  m'eferi- 
viez  des  nouuelles  de  la  Haije.  Il  n'y  auoit  rien  de  vollre  part  la  femaine  palfée  ce 
qui  me  fait  croire  que  vous  elles  demeure  a  Zulichem  plus  long  temps  que  vous  ne 
taillez  eltat  dans  vollre  dernière.  Hier  il  y  avoit  grande  joie  a  la  cour  par  l'arrivée 
d'un  Exprès  du  Roy  de  Portugal6)  qui  confirma  la  défaite  des  Efpagnols  des 
quels  il  n'y  en  auroit  que  2000  d'efehappez,  avec  la  perte  de  tout  le  canon.  Je  ne 
doute  pas  qu'on  n'ait  défia  toutes  les  particularisez  chez  nous  de  cette  déroute. 

Nous  vilmes  hier  une  telle  de  Cromwel ,  moulée  fur  la  liene  propre  après  fa 
mort,  et  peinte  de  couleurs  avec  des  yeux  de  verre  fort  bien  faits,  de  forte  qu'il 
femble  qu'on  le  voit  tout  vivant. 

Elle  a  elle  cydevant  avec  la  figure  de  tout  fon  corps  dans  la  Chapelle  de  Welt- 
minfter,  comme  celles  de  pluficurs  roys  et  reines ,  que  fans  doute  vous  aurez  vues 
dans  des  quefTes  de  bois,  ou  ils  font  dans  leurs  propres  habits,  tout  debout.  Celuy") 
qui  garde  le  Cabinet  du  Roy ,  garde  aufli  maintenant  cette  belle  relique  et  nous  l'a 
fait  veoir.  La  Lune  que  Monfieur  Wren  a  ebochée  ;1)  fe  garde  auflî  dans  ce  cabinet 
et  elt  fort  plaifante  a  veoir  avec  toutes  les  taches  et  petites  vallées  rondes. 

Mandez  moy  je  vous  prie  comment  fe  porte  la  dame  de  Moggerfhil  y)  et  fi  elle 


')    Nous  n'avons  pas  trouve'  la  minute  de  cette  lettre  à  J.  van  Vliet. 
=  ;    Consultez  la  Lettre  N°.  1 1  26. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 20. 

4)  Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  1 120,  note  1. 

5)  Constantyn  Huygens,  (ils,  était  secrétaire  du  prince  d'Orange. 

6)  Alfonso  VI,  (ils  du  roi  de  Portugal,  Joan  IV  et  de  Louisa  de  Gustnan,  naquit  le  21  aoûl  1643 
et  mourut  à  Cintra  le  12  septembre  1683.  Il  succéda  à  son  père  en  1(^6",  et  épousa  en  1666 
Marie  d'Aumale,  princesse  de  Savoie-Nefnours;  il  pcrdii  von  trône  en  1667. 

")   Cliffins[Reys-Verhael]. 

8)  Consultez  les  Lettres  N"s.  H69,  891  et  902. 

9)  Susanna  Huygens,  qui  avait  épousé  lJhilips  Doublet,  fils. 

Œuvres.  T.  IV.  4- 


37° 


CORRESPONDANCE.     1663. 


n'accouchera  pas  bientolt.  car  il  y  a  longtemps  que  je  n'en  ay  ouy  parler.  Je 
voudrois  bien  feavoir  aulii  (î  madamoifelle  Tuytie  IO)  ne  peut  pas  marcher  encore 
et  2  ou  4  des  difficiles  mots  qu'elle  Icait  dire. 


N°   11 30. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 

13    JUILLET     1663. 

La  /.//-.    et  la  copie  fi    trouvt  11  i   Leiden ,  coll.  Huygens. 

Londen  den    13   July   1663. 

ïck  vvas  van  def'en  morgen  bij  de  man  daer  Monfîcur  Lilly  ')  de  Ichilder  my  ge- 
addrefTeert  hadde  om  te  fîen  op  wat  manier  hy  de  Crayons  maeckt.  Ickfaghhoe 
hy  daer  méde  te  werck  gingh  en  informeerde  my  voorts  van  ailes  foo  veel  als  ick 
koft,  en  heb  onthouden  als  volght. 

De  ftof  van  de  Crayons  is  ontrent  3  deelen  van  feecker  wit,  datie  hier  Spaens 
wit  of  witfel  hieten ,  daer  men  ooek  de  mueren  me  wit;  het  is  in  groote  klom- 
pen,  breeckt  feer  licht  en  is  foo  fijn  dat  het  niet  euflehen  de  tanden  en  knarft. 
Hierbij  komt  een  deel  fîjnc  toback  pijp  aerde,  die  mij  docht  lijnder  en  vetter  te 


Traduction  : 

J'étais  ce  matin  chez  l'homme  auquel  Monfieur  Lilly  '  1  le  peintre  m'avait  adrelle  pour 
voir  de  quelle  manière  il  fait  les  crayons.  Je  vis  comment  il  s'y  prit  et  m'informai  en- 
fuite  de  tout,  autant  que  je  pus:  j'ai  retenu  comme  fuît. 

La  matière  des  crayons  eft  d'environ  3  parties  d'un  certain  blanc,  que  l'on  appelle 
ici  blanc  d'Efpagne  ou  blanc  de  chaux,  avec  lequel  aufïi  on  blanchit  les  murailles;  il 
fe  trouve  en  grands  moineaux,  le  cafle  très  aifément  et  eft  fi  fin,  qu'il  ne  crie  pas  entre 
les  dents.  <)n  y  ajoute  une  partie  de  terre  à  pipe  fine ,  qui  me  femblait  être  plus  fine  et 


j  Geertruid  Doublet,  fille  de  Philips  Doublet  et  deSusanna  Huygens.  Elle  naquit  le  s  juillet 
i(16 1  et  mourut  le  20 novembre  \(<(<>. 


sur  Lilly  .  voir  la  Lettre  N' .  1  1 24  .  note  7, 


CORRESPONDANCE.     I  663.  37  I 


fijn  als  die  ick  inden  Haeg  gefien  heb.  Maer  voor  eeril  breeckt  men  het  wit  op 
een  vrijftteen  met  een  mes ,  doende  fchoon  water  daer  bij  ,  en  foo  wat  gekneedt 
iijnde,  menght  men  de  vervv  daer  onder  die  eerll  apart  mec  water  gevreven  is , 
maer  niet  fijn.  Als  dit  wel  onder  een  gemenght  is  met  foo  weynigh  water  als  be- 
quaemelijck  kan  gefchieden ,  foo  doet  men  daer  nae  de  tabacpijpaerde  daer  bij  en 
kneedt  die  met  de  reft,  altydt  het  mes ,  en  niets  anders  gebruyckende.  Daer  nae 
rolt  men  penneties  van  defe  compofitie  op  een  fchoon  papier,  formerende  eerfl: 
de  punt  met  de  vingers^  om  dat  anders  lichtelyck  een  holligheyt  in  'tmidden  blijft. 
Aine  5  oi*  6  uren  gedrooght  hebben  bij  haer  felven,  (want  men  moetfe  niet  in 
de  l'on  noch  outrent  het  vier  leggen,  om  datfe  dan  te  hard  worden)  foo  rolt  men- 
fe  noch  eens,  omfe  rechter  en  ronder  te  maecken ,  en  dan  laet  menie  voort  leggen 
droogen;  daer  toc  wel  7  of  8  dagcn  in  de  fomertydt  van  doen  fijn,  en  's  winters 
wel  6  mael  foo  veel ,  daerom  men  die  dan  oock  niet  gewoon  is  te  maecken. 

Om  de  donckere  couleuren  te  maecken  heeft  men  van  het  felfde  wit  maer  met 
feeckere  andere  materie  daer  onder  fwart  gemaeckt,  twelck  hier  allbo  verkocht 
wort.  Indigo,  Schytgeel,  en  Lack  fijn  onbequaem  tôt  defe  crayons,  en  in  plaets 
van  Lack  gebruyckenfe  lndiaens  root,  'twelck  ick  niet  en  weet  of  in  ons  Landt 
bekent  is.  Men  fchrijft  gemackelyck  met  defe  penneties  op  papier,  en  worden 
noyt  hardt.  Het  Papier  dat  Lilly  beficht  en  voor 't  befte  houdt  is  licht  graeuw  en 
niet  hardt.  Ick  heb  een  doos  van  defe  crayons  laeten  gereet  maecken  daer  van  ickje 
bij  gelegentheijdt  lai  medeelen.  Gilleren  thoonde   my  voorfchreven  Lilly  fyn 


plus  graflè  que  celle  que  j'ai  vue  à  la  Haye.  Mais  d'abord  on  caife  le  blanc  fur  une  pierre 
à  broyer  avec  un  couteau,  en  y  ajoutant  de  l'eau  pure,  et  lorfqu'il  ell  pétri  tant  foit  peu,  on 
y  mêle  la  couleur,  qui  premièrement  ell  broyée  à  part  avec  de  l'eau,  mais  pas  trop  fine. 
Lorfque  ceci  ell  bien  mêlé,  avec  aulli  peu  d'eau  qu'on  le  peut  faire  convenablement, 
on  y  ajoute  après  la  terre  à  pipe,  et  la  pétrit  avec  le  relie,  en  employant  toujours  le 
couteau  et  rien  d'autre.  Après  cela  on  roule  de  petits  bâtons  de  cette  compofition  fur 
un  papier  propre,  en  formant  d'abord  la  pointe  avec  les  doigts puifque,  autrement,  il 
relie  facilement  un  creux  au  milieu.  Loi'fqu'ils  ont  léché  5  ou  6  heures  d'eux-mêmes 
(car  il  ne  faut  pas  les  expofer  au  foleil  ou  près  du  feu,  parcequ'alors  ils  deviendraient 
trop  durs)  on  les  roule  de  nouveau  pour  les  rendre  plus  droits  et  plus  ronds:  après 
cela  on  les  met  de  fuite  à  lécher,  ce  qui  exige  bien  7  ou  S  jours  en  été,  et  bien  6  lois 
autant  en  hiver,  de  forte  que,  ordinairement,  on  ne  les  lait  pas  dans  cette  l'ail  on. 

Pour  faire  des  couleurs  foncées,  on  emploie  le  même  blanc,  mais  noirci  par  quelque 
autre  matière,  qui  s'y  trouve  mêlée,  ce  qui  ell  vendu  ici  en  cette  condition.  L'indigo, 
le  ftil-de-grain,  la  laque  ne  peuvent  fervir  pour  ces  crayons;  et  au  lieu  de  laque  ils 
employent  du  Rouge  Indien,  couleur  dont  je  ne  fais  pas  li  on  la  vend  en  notre  Pays.  <  >n 
écrit  facilement  avec  ces  bâtons  fur  papier,  et  ils  ne  deviennent  jamais  durs.  Le  Papier 
dont  Lilly  le  fert  et  qu'il  tient  pour  le  meilleur,  ell  d'un  gris  pale  et  n'ell  pas  dur.  J'ai  fait 
préparer  une  boîte  de  ces  crayons,  dont,  à  l'occafion,  je  vous  donnerai  une  part.  Hier 


CORRESPONDANCE.     1 663. 


Italiaenlche  ceyckeningen  die  altemael  keurlijck  ûjn,  en  fijn  meetlendeel  geko- 
men  uijt  het  cabinet  ~j  van  Vander  Voort  ;').  Hij  feght  dat  hij  al  de  belle  daer  uijt 
gekofen  heeft  en  de  reft  aen  Uylenburgh  4)  gelaeten  die  daer  me  nae  I  lolland 
gingh.   Daer  is  een  flapende  Jacob  van  Raphaël  die  wonderbaerlyck  is. 

Int  nevenfgaende  papier 5)  hebje  de  vcrlcheyde  verwen  die  int  paftel  gebruyckt 
werden. 

Au  Frère  de  Zeelhem* 


Lilly  fufdit  nie  montra  les  deiïins  d'Italie,  qui  tous  font  exquis;  ils  proviennent  pour 

la  plupart  du  cabinet :)  de  van  der  Voort  ;  ).  Il  dit  en  avoir  choifi  tous  les  meilleurs,  et 
laille  le  relie  à  Uylenburgh4),  qui  les  emporta  en  Hollande.  Il  y  a  un  Jacob  dormant 
de  Raphaël  qui  cil  merveilleux. 

Dans  le  papier  ci-joint  \)  vous  trouvez  les  couleurs  diverfes,  dont  on  t'ait  ufage  dans 
le  paftel. 


N=  1-131. 

[Lilly?]   à  [Christiaan  Huygens]. 

[juillet  1663]. 

Appendice  au  No.   1130. 

/.,;  pièce  se  trouve  à  Leiden,  cuil.  Huygens. 

Toobackco  pipe  elay  and  whiteing  indian  red  yallow  oker  and  reflet: 

the  Came  but  more  yellovv  and  wbite: 

the  lame  but  alittel  înallicut  and  white: 

the  lame  but  more  white  : 

Kollèt  yellow  ocker  bloblacke  omber mafticut  toobackcopipe  elay  and  whiteing: 

the  lame  but  alittell  rolet: 


La  collection  très-remarquable  du  peintre  C.  van  der  Voori    lui    vendue  a  Amsterdam 
en  1625. 

Cornelis  van  der  Voorl   naquil  en    [576  a  Anvers  et  mourut  a  Amsterdam  en  octobre  1624. 
Il  s'établil  comme  peintre  a  Amsterdam,  ou  il  forma   un  grand   cabinet  de  peintures,  qui 
fui  \  endu  après  sa  mort. 
1  |    Sur  Uylenburg,  voir  la  Lettre  N°.  8 IQ,  note  1. 
Voir  l'Appendice  N°.  1 1 31. 


CORRESPONDANCE.     l66?. 


3-  373 


the  lame  colors  but  more  omber  : 

Small  bice  mafticut  blewblack  indiati  red  toobackco  pipe  claye  and  whiteing; 

the  lame  but  a  littell  reflet  : 

the  lame  but  less  blewblack  and  more  roiîet  and  less  maftick  : 

Blewblack  roflet  and  broune  ocker  : 

Yellow  ocker  maftick  and  roflet: 

Yellow  ocker  roflet  and  indiati  red  : 

the  lame  but  more  whice  : 

Indian  red  and  mafticut: 

Yellow  ocker  indian  red  and  maftick  : 

RofTet  and  white  : 

the  famé  but  more  white  : 

Yellow  ocker  burnt  omber  and  blewblack: 

the  lame  but  more  white  and  yellow: 

the  lame  but  more  yellow  and  indian  red  : 

the  lame  but  more  white  : 

Bice  and  white  : 

the  lame  but  more  white  : 

Mafticut  and  white  : 

the  lame  but  more  white  : 

the  lame  but  more  yellow  and  white  and  a  littell  indian  red  : 

Yellow  ocker  and  roflet: 


Burnt  ocker  and  white 


N=   1132. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 

13    JUILLET     1663. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Barman. 

A  Londres  ce    13  Jullet   1663. 

Iuftement  quand  je  vous  ay  demandé  *)  de  nouvelles  de  la  Hermana  2)  vous  avez 
eftè  après  a  m'en  donner  s). 

Je  fuis  bien  aile  qu'elles  font  fi  bonnes  et  ne  me  rejouis  pas  moins  de  la  lia- 

')   Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 29, 

:)    Siisanna  Doublet. 

3)    Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  réponse  de  Lodewijk  Huygens. 


374  CORRESPONDANCE.     1 663. 


voir  efchappée  du  danger  ou  les  commères  ont  jugé  qu'elle  efloit,  que  de  la 
production  de  fa  nouuelle  créature  4).  Je  ne  doute  pas  qu'elle  mefme  et  plulieufs 
autres  n'aient  fouhakè  que  ce  fut  un  dauphin  au  lieu  d'une  Infante  mais  pour  nous 
autres  oncles  je  n'y  compte  point  de  perte ,  et  je  croy  que  les  niepces  valent  bien 
les  neveux.  Au  relie  je  voy  par  ce  que  vous  me  racontez  des  deux  fugitives  Beau- 
mont  s)  et  vander  Meyden  6)  et  des  dedans  du  jeune  Greffier,  que  l'amour  règne 
chez  nous  plus  que  jamais;  et  encore  aviez  vous  oublié  l'hiltoire  du  vaillant  Bre- 
ton, dont  le  Seigneur  Sebaftiani r)  m'a  fait  part  8). 

Je  n'ay  rien  a  vous  dire  touchant  voftre  nid  de  laine  fi  non  que  je  ne  l'ay  veu 
depuis  que  vous  me  le  monftraftes.  Si  vous  m'en  pouuiez  faire  tenir  un  icy  je  le 
ferois  bien  valoir  parmy  nos  Melîîcurs  de  la  Société  Royale,  et  le  ferois  eternifer 
dans  leur  Regiftres.  La  dernière  fois9)  l'on  y  apporta  parmy  d'autres  raretez  la 
figure  d'un  hareng  taillée  de  papier ,  de  la  longueur  de  16  pouces,  et  les  mefures 
de  la  longueur  grofïèur  &c.  d'un  enfant  de  1 8  mois  qu'on  afTiira  peler  iôoft*.  Si 
j'eufie  eu  celles  de  noftre  niepee,  peut  eftre  que  pour  Ion  âge  on  les  auroit  trouué 
auffi  extraordinaires. 

Si  vous  faites  des  bons  repas  chez  le  Seigneur  van  Leeuwen,  je  vous  puis  dire 
que  nous  n'en  faifons  pas  des  moindres  chez  nos  bons  amis  les  milords  d'Albe- 
marle  IO) ,  de  Mancheller  ")  ,  de  Devonfhire  I2)  et  autres;  et  fur  tout  nous  fumes 


4)  Allusion  à  la  naissance  de 

Constantia  Doublet,  fille  de  Philips  Doublet  et  de  Susanna  Huygens,  née  le  5  juillet  1663 
et  morte  le  1  1  novembre  167 2. 

5)  Sur  Aernoudina  van  Beaumont,  consultez  la  Lettre  T\°.  1 1  10,  note  10. 

6)  Sur  Leonora  van  der  Meyden,  consultez  la  Lettre  N°.  1  1 1  2  ,  note  3. 
I    Sebastien  Chieze. 

8)  Nous  ne  possédons  pas  cette  lettre  de  S.  Chieze  à  Chr.  Huygens. 

9)  Dans  la  séance  du  1  juillet  (V.  st.)  Moray  les  apporta. 

10)  George  Monk,  le  général  connu,  naquitle  16  décembre  1606  à  Potheridge  (Devonshire)  et 
mourut  à  Londres  le  3  janvier  1670.  Charles  II  le  fit  lieutenant-général  de  toute  l'armée, 
grand-écuyer,  comte  de  Torrington,  duc  d'Albemarle. 

ri)  Edward  Montagne,  fils  du  ministre  Henry  Montagne,  comte  de  Manchester,  naquit  en  1602 
et  mourut  le  5  mai  1671.  Il  lut  d'abord  lord  Mandeville,  puis  baron  de  Kimholton ,  enfin 
en  1642,  à  la  mort  de  son  père,  comte  de  Manchester.  Accusé  de  trahison,  il  passa  du 
côté  de  Cromwell,  qui  le  mit  à  la  tête  de  son  armée,  mais  plus  tard  le  disgracia.  A  la 
restauration  il  fut  pourtant  bien  accueilli  et  devint  grand-chambellan  et  chancelier  de 
Cambridge. 

I:)  William  Cavendish  III,  comte  de  Devonshire,  fils  du  comte  William  Cavendish  II  et  de 
Christiana  Bruce  Kingloss,  naquit  en  1617  à  Londres,  et  mourut  le  23  novembre  1684a 
lloehampton  (Sussex);  il  épousa  Elisabeth  Cecil.  Il  était  lord- lieutenant  de  Derbyshire, 
passa  en  1642  au  continent,  mais  revint  en  Angleterre  en  1646.  Il  était  très-riche,  pro- 
tégeait les  sciences  et  fut  membre  de  la  Société  Royale.  Il  avait  reçu  son  éducation  de  sa  mère 
et  de  Th.  Ilobbes,  qui  avait  déjà  été  le  tuteur  de  son  père. 


CORRESPONDANCE.    1663.  375 


fplendidement  traitez  I3)  .chez  la  vieille  Lady  of  Devonfhirc  I4)  a  fa  maifon  de 
Rohampton  qui  eft  a  3  lieues  d'icy.  En  fomme  c'eit  icy  le  vray  pais  de  bonne 
chère  I5);  et  ce  fera  beaucoup  fi  j'en  efeappe  fans  quelque  furfet.  Hier  au  foir 
Ton  danfa  a  la  Cour  lrt)  ,  ce  que  je  fus  veoiravec  le  Signor  Padrê,  et  fumes  hono- 
rablement placez  par  Moniieur  Bret ir). 

Ce  matin  David  s'efl  venu  plaindre  a  moy  qu'il  y  a  des  efprits  dans  la  chambre 
ou  il  couche  et  que  cette  dernière  nuicT:  et  par  plusieurs  autres  ils  font  venu  l'in- 
quiéter. J'eus  grand'  peine  a  m'empelcher  de  rire,  par  ce  que  Bruyneftein  lS) 
qui  avec  les  autres  valets  a  confpirè  contre  luy  m'avoit  défia  dit  ce  que  c'eftoit. 
La  chambre  eil  au  defîiis  de  la  miene,  ou  les  deux  garçons  de  mon  Père  couchent 
dans  un  li<5t,  et  celuy  qui  eft  efcheu  a  David  dans  ce  mefme  lieu  a  des  rouleaux 
defîbus.  A  ce  licTt  ils  attachent  une  chorde  et  la  font  palier  jufques  dans  la  chambre 
de  Bruyneftein  qui  eft  plus  baffe ,  et  quand  ma  groffe  belle  efl  endormie ,  cet  autre 
tire  fa  corde  et  fait  rouler  le  licf  tout  le  long  de  la  chambre  jufques  contre  la  porte, 
avec  grand  bruicl,  ce  qui  ne  manque  pas  de  l'éveiller;  et  du  commencement  il  eut 
fi  grande  peur  qu'il  quitta  le  lier,  et  s'en  alla  dormir  ailleurs,  mais  peu  a  peu  il 
commence  a  s'y  accouitumer,  et  fe  rendort  fort  bien  quoy  que  très  perfuadè  que 
le  diable  s'en  méfie. 

Au  Frère  Louis. 


I3)  W.  Swan  et  son  épouse  assistèrent  à  ce  dîner  [Reys-Verhael]. 

M)  Christiana  Bruce  Kingloss  naquit  en  1599  et  mourut  le  16  janvier  1675  à  Roehampton.  En 
1612  elle  épousa  William  Cavendish  11 ,  comte  de  Devonshire,  et  reçut  alors  10.000  Livres 
sterling  du  roi  en  souvenir  des  services  que  son  père  avait  rendus  à  celui-ci.  Son  époux 
étant  mort  le  20  juin  1629,  elle  se  voua  à  l'éducation  de  ses  trois  fils,  avec  l'aide  de  Th.  Hob- 
bes.  Elle  était  royaliste  prononcée,  et  protégeait  les  hommes  de  science  et  les  artistes. 

*5)  Entre  autres  le  23  mai  il  assista  à  un  grand  dîner  de  la  Société  Royale  à(Jravesend  à  l'occasion 
de  la  lecture  de  la  nouvelle  charte.  Un  autre  jour  il  visita  un  collée  house  [Reys-Verhael]. 

I6)  Ce  bal  eut  lieu  dans  le  palais  de  Whitehall  [Reys-Verhael]. 

ir)  Peut-être  Sir  Edward  Bret  est-il  un  lils  de  Madame  Bret,  mentionnée  dans  la  Lettre  N°.  210. 
[Consultez  le  Reys-Verhael]. 

I8)  Sur  Bruynestein ,  le  chirurgien  de  l'ambassade,  voir  la  Lettre  N°.  1 104,  note  9. 


37° 


CORRESPONDANCE.     1 66' 


N-    U33- 


L.    H.    DE    MoNMOR    à    ClIRISTlAAN    HuYGENS. 

15    JUILLET     idC)^. 
La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll  Huygens. 


A  Paris  ce   15.  Juillet    1663. 


Monsieur 


Je  vous  prie  d'auoir  agréable  que  Je  vous  alîeure  de  mon  affection  et  que  Je  vous 
tefmoigne  limpatience  que  J'ay  de  voftre  retour.  Voftre  perfonne  eft  11  chère  a  vos 
amis  quils  ont  delà  peine  deftre  11  longtemps  priuez  de  voftre  prefence,  vous 
Mobligerez  Monlieur  de  croire  que  Je  conferue  pour  vous  et  pour  Monlieur  voftre 
père  toute  leftime  et  le  refpeét  dont  je  fuis  capable  Et  que  Je  fouhaite  auec  pallion 
que  vous  me  faffiez  naiftre  les  occalions  de  vous  fair  cognoiftre  que  je  fuis  véri- 
tablement 


Monsieur 


Voftre  trei "humble  et  trefobeiflant  leruiteur 
d'Montmor. 


A  Monlieur 
Monlieur  Huggens 

a  Londre. 


CORRESPONDANCE.     1663.  377 


N=  1134- 

P.  Petit  à  Christiaan  Huygens. 

15    JUILLET    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.   Huygens. 

A   Paris  Le   15  Juillet   1663"). 

Monsieur 

Encores  ne  fàult  il  pas  que  vous  partiez  de  londres  fans  faire  quelques  Commif- 
fions  pour  vos  Amys  puifque  vous  elles  party  de  Paris  a  leur  jnfceu  &  quils  nen 
ont  elle  aduertys  que  par  le  bruit  commun  &  par  la  voye  de  Monfieur  labbe  Ben- 
tiuoglio  ')&  autres  qui  ne  font  afTeurement  pas  plus  vos  feruiteurs  que  nous,  Mon- 
fieur Cheze2)  enfin  qui  nous  lauoit  diffimulé  au  Commencement  a  elle  oblige  de  nous 
l'aduouer  quand  il  aveu  que  nous  lefcauions.  Nous  fouhaittons  donc  voftre  Retour 
en  bonne  fante  &  de  Monfieur  voftre  Père  Auquel  Je  fuis  trefhumble  feruiteur  & 
je  vous  fupplye  de  len  bien  afTeurer.  Nous  attendons  dans  nortre  accademie  voftre 
Prefence  pour  le  paracheuement  de  la  Machine  du  Vuide.  cepandant  nous  auons 
fait  dans  la  Maifon  de  Monfieur  Teuenotala  Campagne  des  Obferuations  de  foon 
nous  auons  trouué  le  petit  diamètre  de  lanneau  plus  grand  que  celuy  du  Planette. 
Si  le  Ciel  nous  eut  efté  fauorable  nous  aurions  bien  trauaille,  Mefîieurs  Bouillaud 
Auzout  Frenicle  &  Moy  y  eftions  &  y  auoient  pafTe  quelques  nuits  mais  fort  Mau- 
uaifes  &  fans  vn  feul  quart  dheure  de  ferenité.  Monfieur  Aufoult  a  toufjours  fort 
bonne  efperance  de  fon  baflîn  de  7  ou  8  vingts  pieds  en  ayant  fait  vn  verre  dvn 
cofte  &  lautre  dvn  autre  Conuexe  qui  en  tout  tire  50  ou  60  pieds  &  quil  croit  bon 
nayant  pas  eu  le  lieu  encores  afiez  propre  pour  lefiayer  exactement,  dans  cette  fe- 
maine  nous  en  aurons  de  bonnes  grandeurs  et  nous  croyons  auoir  trouué  le  Moyen 
de  nous  en  feruir  afTez  ayfement  fans  tuyaux.  Voyla  les  nouuelles  de  nos  Cu- 
riofitez.  Pour  la  Commiflîon  que  je  vous  veux  donner  fi  vous  lauez  agréable  ceft 
de  voir  chez  vn  libraire  nommé  Sadler  ad  Infigne  leonis  aurati  in  vico  vulgo  vo- 
cato  little  Britann,  vn  petit  in  8°jntitulé  lexicon  Chymicum  3)  Guillielmi  john- 


J)  Hippolito  Bentivoglio,  noble  bolonais,  ferrarais  et  vénitien,  marquis  de  Magiiano,  comte 
d'Antignano,  mourut  le  1er  février  1685.  D'abord  militaire,  il  entra  au  clergé  et  cultivait  la 
musique  et  l'architecture  :  il  inventa  plusieurs  machines  pour  le  théâtre. 

:)    Sébastian  Chieze. 

3)    Lexicon  Chymicum,  Cùm  obfcuriorum  Verborum,  et  Rerum  lleimeticarum ,  tùm  Phra 
fium   Paracelficorum,  in    Scriptis  ejus:   et   aliorum   Chymicorum,  partim  occurrentium , 
planam  explicationem  continens.    Per  Gulielmum  Johnl'onum  Chymicum.    Londini,  Ex- 
cudebat  G.  û.  Impenfis  Gulielmi  Nealani  apud  quem  proftant  vénales  fiib  Signo  Coronae, 
in  vico  vulgô  vocato  Duck-lane.  cioidclx  in-8°. 

Œuvres.  T.  IV.  48 


378  CORRESPONDANCE.     1663. 


foni4)  1660  lequel  ayant  achepté  en  blanc  a  londres,  il  feft  trouué  a  mon  aduis 
quelque  feuille  a  dire  en  le  reliant,  car  au  liure  2  la  dernière  page  elt  72  &  les 
derniers  mots  du  liure  font  Energias  in  fe  cohérent  5),  auec  cette  réclame  fullcr6) 
cha  7),  qui  marquent  quil  y  a  encores  quelque  feuille  ou  demy  feuille.  Ccfi:  ce  que 
je  vous  prie  de  vérifier  car  je  nay  fceu  trouuer  ce  liure  dans  Paris  pour  le  faire.  Et 
comme  les  libraires  font  tenus  de  parfaire  leurs  Hures  &  qu'a  Paris  ny  en  Hollande 
on  nen  fait  jamais  de  difficulté  Jefpere  quils  nen  feront  pas  dauantage  a  londres 
&  que  vous  aurez  bien  la  bonté  de  Mapporter  ce  Manquement,  comme  aufli  le 
petit  liure  latin  8)  des  batefmes  &  Enterremens  de  londres.  Et  femblablement  de 
vous  informer  fi  on  ne  traduit  pas  en  latin  le  Pfeudodoxia  Epidemica  9)  de 
Brouwn  IO)  &  fi  lautheur  le  fait  ou  quelque  autre,  vous  Mobligerez  aufïj  infini- 


Lexicon  chymicum.  Continens  Vocabula  Chymica  in  priore  Libro  omifla,  nmltis  voca- 
bulorum  Chymicorum  Charafteribus  adjertis  è  Baiilio  Valentino,  Theophrallo  Paracelfo, 
Ofvvaldo  Crollio,  aliifque  Authoribus  chymicis  colledtis.  Opéra  &  Induitria  Gulielmi  John- 
foni  Chymici,  apud  Amen  Corner.  Lib.  Secnndns.  Londini,  Excudebat  G.  D.  lit  proftant 
vénales  apud  L.  Sadler,  ad  infigne  Leonis  Aurati,  in  vico  vnlgo  difto  Little  Brittan. 
ciDiDCLX. in-8°. 

Ce  dernier  ouvrage  contient  1 1  pages  de  notations  chimiques.  On  voit  que  Sadler  est  seu- 
lement l'éditeur  du  Tome  II ,  quoique  les  deux  livres  aient  été  imprimés  par  le  même  G.  D. 

4)  William  Johnson  était  médecin  à  Londres. 

5)  Lisez:  coërcet. 

5)    Ce  mot  „fuller"  n'appartient  pas  à  la  réclame  de  la  feuille;  c'est  le  nom  d'une  personne  qui 
a  signé,  peut-être  comme  correcteur. 

7)  En  effet,  dans  les  exemplaires  complets  on  trouve  encore  une  feuille  qui  contient  les  „Cha- 
racteres  vocabulorum  Chymicorum." 

8)  Petit  désigne  ici  l'ouvrage  de  John  Graunt.  Voir  la  Lettre  N°.  997 ,  note  7. 

9)  Cet  ouvrage  a  été  traduit  en  français,  en  hollandais  et  aussi  en  allemand.  Cette  dernière  tra- 
duction porte  le  titre: 

Des  vortrellichen  Engellânders  Thomae  Brown,  der  Artzney  Dr.  Pfevdodoxia  Epide- 
mica, das  ift:  Unterfuchung  derer  Jrrthiimer,  fo  bey  dem  gemeinen  Mann,  und  (bnft  hin 
und  wieder  ira  Schwange  gehen.  In  Sieben  Bûchera  alfo  und  dergeftalt  abgeraflet,  dafz 
darinn  anfangs  von  den  Jrrthiimern  ins  Gemein,  mit  Beyfûgung  unterfchiedlicher  Curiô- 
fer  Tractiitlein  ,  als  eines  Handbuchs  der  wieder  zu  recht  gebrachten  Naturkunft,  darinn  der 
Grund  der  gantzen  Chymifchen  WifTenfchaft  enthalten;  Item  eines  Werkes  wider  die  ge- 
meineti  Jrrthiimer  von  der  Bewegung  natûrlicher  Dinge:  Jngleichera  1  [erra  I).  Henrici  iMori 
von  unkorperlichcn  Dingetl  in  der  Welt,  wider  Cartefnim;  Und  dann  ferner  in  denen  iibrigen 
Sechs  Bûchera  von  den  Jrrthiimern,  die  Mineralien,  Gewiichfe,  Thiere,  Menfchen,  Hilder 
und  Gemâhlde,  Wclt-ich  und  Gefchichr-Hclchreibungcn  betreffend,  gehandelt  wird.  Ailes 
mit  fonderbaretn  Fleifz,  ;uis  dem  Englifchen  und  Lateinifchen ,  mit  Beyfûgung  der  Latei- 
nifchen  Kunftwôrter,  in  die  reine  llochteutichc  Spracri  ûberfetzet,  mit  ungemeinen  An- 
merkungen  erlâutert,  und  unterfchied lichen  Kupferfiguren  verfehen  durch  Chriftian 
Peganium,  in  Teutfch  Rautner  genannt.  Mit  Churfurftl.  Sachs.  Privilégie).  Franckfurt 
und  Leipzig,  in  Chriftoff  Riegels  Verlag.  Anno  MDCLXXX.  in-40. 
,0)  Sur  Thomas  Browne  consultez  la  Lettre  N°.  156,  note  3. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  379 


ment  dafîeurer  Monfieur  Ranala  XI)  nepueu  de  Monfieur  Boyle  fi  vous  le  voyez  de 
mes  trefhumbles  feruices  &  de  lny  dire  quil  ma  bien  oublye  et  les  promefîes  quil 
m'auoit  faites  de  Menuoyer  fa  petite  Boule  dyuoire  tournée  en  pointe,  fil  men 
veut  obliger  je  luy  enuoyeray  chofe  plus  curieufe,  pour  le  Moins,  quil  fe  fou- 
uiefne  de  me  continuer  lhonneur  de  fon  amitié  quil  mauoit  tant  proteftee  puifque 
Je  lhonore  &  le  chéris  de  tout  Mon  pouuoir.  Je  voufupplye  auffi  daffeurer  Mon- 
fieur Boyle  de  mes  Refpects  et  fi  Monfieur  Oldenbourg  eil  toufjours  a  londres 
&  auprès  de  ces  Sieurs  Boyle  ou  Ranela  jl  fcaura  fil  vous  pi  ait  aufiî  par  vous  que 
Je  fuis  fon  feruiteur.  La  Machine  de  Verfaille  I2)  continue  toufjours  de  fe  faire 
mais  Je  nen  ay  pas  pour  cela  meilleure  opinion  quau  commencement ,  tenez  moy 
toufjours  fil  vous  plait  Monfieur  pour 

Voftre  trefhumble  feruiteur 

P.  Petit. 

A  Monfieur 

Monfieur  Christian  Huggens  de  Zulichem 

A  Londres. 


*)  Charafteres  vocabulorum  Chymicorum  [Chr.  Huygens]. 


N°  H35- 

Christiaan  Huygens  à  [Constantyn  Huygens,  frère]. 
20  juillet   1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Laden ,  coll.  Huygens. 

A  Londres  ce   20  Juillet   1663. 

Je  vous  envoyay  par  l'ordinaire  paiTè  ')  la  recepte  pour  le  paftel.  Par  celuy 
d'Hollande  je  n'ay  rien  receu,  et  par  confequent  point  obligé  a  faire  refponfe.  Il 


")  Richard  Jones  Ranelagh,  fils  unique  du  vicomte  Ranelagh  et  de  la  sœur  de  R.  Boyle.  Con- 
sultez la  Lettre  N°.  925,  note  3. 
I2)  La  machine  du  vide.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 127. 


')    Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 30. 


380  CORRESPONDANCE.    1663. 

n'y  a  rien  de  nouveau  icy  que  l'affaire  de  Monfieur  le  Chancelier2)  et  Milord  Brif- 
tol3),  desquels  ce  dernier  à  accufè  l'autre  ce  matin,  dans  la  chambre  haute,  de 
high  treafon ,  mais  a  fa  propre  confufion ,  et  peut  eftre  fa  ruine 4).  car  dcfia  aupa- 
ravant il  efïoit  difgraciè  du  Roy,  et  maintenant  après  cette  belle  action  félon  toute 
apparence  il  va  eftre  confine  dans  la  Tour. 

Milord  Hollis 5)  eftant  party  il  y  a  3  jours,  mon  père  fera  fon  poffible  pour  le 
fuivre  au  pluftoft,  de  forte  que  dans  peu  nous  pourrions  plier  bagage,  ainfi  foit  il. 

N'oubliez  pas  je  vous  prie  d'adreffer  cette  refponfe6)  a  Monfieur  van  Leeuwen. 


2)  Edward  Ilyde,  comte  deClarendon,  naquit  le  16  lévrier  160H  à  Dinton  (Wiltshire)  et  mou- 
rut le  9  décembre  1674  à  Rouen.  Dans  la  guerre  il  prit  le  parti  des  royalistes,  et  devint  en 
[657  grand-chancelier  'd'Angleterre,  en  1660  chancelier  d'Oxford.  Fins  tard,  tombé  en 
disgrâce,  parce  qu'il  s'opposait  aux  plans  de  divorce  de  Charles  II,  il  dut  se  réfugier  en 
France. 

•  )    Le  comte  de  Hristol  est  George  Digby.  Voir  la  Lettre  N°.  558,  note  1. 

4)  L'accusation  fut  portée  par  Digby  le  20  juillet  1663  :  mais  elle  manqua  le  but.  Comme  plus 
tard  Digby  revint  à  la  charge,  le  roi  ordonna  son  appréhension.  Il  se  tint  caché  durant  deux 
ans;  après  la  chute  de  I  lyde,  il  reparut  à  la  cour  et  dans  le  parlement. 

5)  Denzil  Lord  I  Jolies  of  Lsfield,  second  fils  de  Ilolles,  comte  de  Clare  et  beau-frère  du  comte 
Stafïbrd,  naquit  en  1597  a  Haughton  (Nottingham")  et  mourut  en  1680.  Il  était  ennemi 
de  la  royauté,  quoique  beau-frère  de  Lord  Stafford,  époux  île  sa  sœur;  il  passa  durant  le 
règne  de  Cromvvell  en  France.  Celui-ci  le  chargea  souvent  de  relations  diplomatiques  entre 
l'Angleterre  et  la  France.  Apres  la  mort  de  Cromwell  il  rentra  en  Angleterre. 

6)  Nous  n'avons  trouvé  dans  nos  collections  ni  la  minute  de  celte  réponse  de  Clir.  Iluygens 
a  van  Lcydcn  van  Leeuwen,  ni  la  lettre  de  celui-ci. 


CORRESPONDANCE.     1663.  38  I 


N°   11 36. 

R.  Hooke  à  R.   Boyle. 

[20    JUILLET     1663]. 

La  lettre  a  été  publiée  dans  ^Boylé's  Works,  Vol.  V" 

Friday  10  in  the  morning,  from  Pall-Mall. 

Honoured  Sir, 

J  hâve  not  recei ved  any  of  your  commands  fince  J  took  my  leave  of  you  for  Lon- 
don.  J  know  not ,  whether  there  has  any  thing  mifcarried ,  nor  hâve  J  written  any 
thing  fince  this  day  fev'  night,  there  having  happened  little  or  nothing  confiderable 
in  that  cime;  only  J  fhould  hâve  fooner  given  you  an  account  of  an  interview  J  had 
of  Miller  Hobbes,  which  was  at  Mifter  Reeve's  '),  he  coming  along  with  my 
lord  De. 2)  to  be  affiliant  in  the  chooling  a  glafs.  J  was,  J  confefs,  a  little  furprifed 
at  firft  to  fee  an  old  man  fo  view  me  and  furvey  me  everyway,  without  faying 
any  thing  tome;  but  J  quickly  f  haked  off  that  furprizal,  when  J  heard  my  lord 
call  him  Mr.  Hobbes  fuppofing  he  had  been  informed,  to  whom  J  belonged.  J  foon 
found  by  ftaying  that  little  while  he  was  there,  that  the  charaéter  J  had  formerly 
received  of  him  was  very  fignificant.  J  found  him  to  lard  and  féal  every  aiïevera- 
tion  with  a  round  oath,  to  undervalue  ail  other  men's  opinions  and  judgments,  to 
défend  to  the  utmoft  what  he  afîerted  though  never  fo  abfurd ,  to  hâve  a  high  con- 
ceit  of  his  own  abilities  and  performances,  though  never  fo  abfurd  and  pitiful ,  &c. 
He  would  not  be  perfuaded,  but  that  a  common  fpeétacle-glafs  was  as  good  an 
eye-glafs  for  a  thirty  fix  foot  glafs  as  the  beft  in  the  world ,  and  pretended  to  fee 
better  than  ail  the  reft,  by  holding  his  fpeclacle  in  his  hand ,  which  fhook  as  faft 
one  way  as  his  head  did  the  other;  which  J  confefs  made  me  bite  my  tongue.  But 
indced  Mr.  Pell's  3)  defcription  of  his  deportment,  when  difcourfed  with  about 
mathematicall  demonftrations  which  he  gave  the  lait  Wednefday  furpaffes  ail 
the  reft. 

There  was  very  little  done  this  week  4)  at  Grefham  collège ,  the  whole  ftay 


x)    Sur  Reeves ,  voir  la  Lettre  N°.  732 ,  note  4. 

2)  Probablement  il  s'agit  ici  de 

George  Booth,  premier  Lord  Delamer  of  Delamere,  second  fils  de  William  Booth  et  de 
Vere  Egerton,  né  en  août  1622  et  mort  à  Dunliam  le  8  août  1684.  II  épousa  Catherine  Clin- 
ton et  Elisabeth  Grey. 

3)  Sur  J  ohn  Pell ,  voir  la  Lettre  N°.  9 ,  note  2. 

4)  Dans  la  séance  du  8  juillet  1663  (V.  st.). 


-582  CORRESPONDANCE.     1663. 

being  not  much  above  an  hour.  M  y  lord  B  5)  Sir  R.  M. 6)  and  Monfieur  Zul. 7) 
were  vcrv  inquifitive  whcn  you  would  return.  Theré  was  an  account  read  ot 
Monfieur  LeFevre's8)  trial  to  volatilize  fait  of  tartar  with  burnt  alum,  which  you 
hâve  long  fînce  heard.  Monfieur  Zulichem  tried  his  own  experiraent,  but  it  fuccee- 
ded  not,  though  he  conte (Ted  the  engine  was  very  tight,  and  it  will  be  tried 
again  the  next  day  according  to  his  ordering.  The  accounts  which  J  acquainted 
you  with  the  lad  week,  were  not  brought  in  as  was  expedted.  Sir  R.  M.  gave 
in  the  meafure  9)  of  an  infant  of  fixtcen  weeks  old,  which  was  fent  him  out  of 
Scotland,  a  pattern  whereof  J  hâve  hère  enclofed.  There  is  a  meeting  of  the  coun- 
cil  upon  Monday  I0)  where  your  prefence  is  much  expeéted  and  longed  for.  There 
is  very  littlc  in  Doftor  Power's  I:)  microfcopicall  obfervations  but  what  you  hâve 
fince  obferved;  only  there  is  a  pretty  experiment  he  tried  with  the  leeches  in 
vinegar,  that  furvived  the  freezing  of  the  vineger  they  lived  in;  and  another  pretty 
experiment  he  has  in  his  philofophicall  refleftions  I2)  upon  his  obfervations, 
which  is  of  making  a  certain  kindof  coals  kindle  into  a  fire  and  flame,  by  throwing 
water  on  them,  when  newly  dug  out  of  the  mine.  J  am  forry  to  fee,  that  he  intends 
to  publifh  feveral  cxperiments  about  colours ,  which  J  am  confident  might  be 
originally  yours.  He  will  likewife  publifh  the  experiment  of  freezing  an  eye,  to 
find  the  fhape  of  it ,  whofe  invention  he  afcribes  to  another.  There  is  not  much 
more  befides,  that  is  very  confiderable  in  it,  and  therefore  J  fhall  refer  the  further 
account  of  it  till  your  return ,  till  when  J  fhall  keep  the  book  by  me. 

J  hâve  made  a  microfcope  objeét.  glafs  fo  fmall ,  that  J  was  fain  to  ufe  a  mag- 
nifying  glafs  to  look  upon  it,  but  it  did  not  fucceed  fo  well  as  J  hoped;  but  J  fup- 
pofe  it  might  be,  becaufe  this  being  the  firfl:  J  had  made ,  the  tool  was  not  very 
true ,  nor  my  hand  well  habituated  to  fuch  an  employment.  And  therefore  J  de- 


s)  lkouncker. 
5)   Robert  Moray. 

7)  Christiaan  Huygens. 

8)  Nicolas  Lefevre  (Le  Fevre,  Le  Febure),  naquit  en  France,  et  mourut  à  Londres  en  1674. 
Il  était  chimiste  renomme  et  devint  démonstrateur  de  chimie  au  Jardin  du  Roi  à  Paris;  de  là 
il  fut  nommé  directeur  du  laboratoire  chimique  dans  le  palais  St.  James  à  Londres:  il  devint 
membre  de  la  Société  Royale. 

y)    Les  Proceedings  de  la  Société  Royale  (  voir  Birch ,  History  of  the  lloyal  Society),  séance  du 

1er  juillet  1663  (V.st.),  contiennent  ces  mesures. 
;o)  Le  13  juillet  (V.  st.)  Boyle  n'assista  pas  a  la  séance  du  conseil  de  la  Société  Royale. 

Henry  Power,  docteur  en  médecine,  mourut  en  16-3.   Il  se  voua  surtout  aux  observations 

microscopiques  et  devint  membre  de  la  Société  Royale,  le  [er  juillet  1663  (V.  st.). 
,2)  Henry  Power,  Expérimental  Philosophy  in  three  books,  containing  new  Expérimenta, 

microscopical ,  mercurial ,  and  magnetical  London.  1664.  in-40. 


CORRESPONDANCE.     1663. 


.-)".-» 


fpair  not  of  better  fuccefs  in  my  next  attempt.  Mr.  Lower  I3)  was  to  hâve  waited 
on  you,  and  was  forry  to  mifs  you  hère  in  town.  He  had  Dr.  Willis's  I4)  fer- 
vice  to  hâve  prefented  to  yon ,  whofe  book  I5)  he  tells  me  is  within  a  little  while 
to  corne  forth,  and  he  addcd,  that  Dr.  Wren  had  drawn  the  pi&ures  very  curi- 
oufly  for  it;  and  J  am  glad  to  hear  it  will  afford  fuch  confiderable  difcoveries, 
which  J  doubt  not  but  you  know.  J  queftion  not,  but  that  Mr.  Oldenburghas 
acquainted  you  with  the  news ,  that  is  extant  in  this  enclofed ,  and  therefore  J 
fhall  not  trouble  you  with  that  particular.  Nor  has  there  occurred  any  thing  elfe 
fince  my  coming  worth  your  knowledge;  otherwife  it  fhould  hâve  been  fent 
you  by, 

Honoured  Sir,  your  molt  affeétionate 
mofl  faithful,  and  mofl  humble  fervant 

Rob.  Hooke. 

J  fuppofe  Miller  Murray  l6)  has  told  you,  that  Miller  Nicolls  délires  to  fpeak 
with  you. 

J  juft  now  received  a  letter  from  Miller  Whit.  to  fend  down  the  horfe  ;  but 
it  is  fo  lame,  that  it  is  altogether  unable  to  perform  a  journey. 


13)  Richard  Lower  naquit  en  1631  à  Fremere  (Cornwallis)  et  mourut  en  1691  à  Londres. 
Reçu  docteur  en  médecine  en  1665,  il  assista  Thomas  Willis  dans  ses  dissections.  Il  entra, 
en  1667,  dans  la  Société  Royale  et  devint  membre  de  la  Médical  Society;  il  pratiqua  la  trans- 
fusion du  sang. 

14)  Sur  Thomas  Willis,  voir  la  Lettre  N°.  858,  note  4. 

15)  Thomas  Willis,  Cerebri  Anatome  Nervorumque  defcriptio  &  ufus,  cum  Tractatu  de  ratione 
Motus  Mufculorum.  Londini.  1664.  in-40. 

Itf)  Hooke  désigne  ici  Sir  Robert  Moray. 


384  CORRESPONDANCE.     1 663. 


Ns   1137- 

R.  F.  de  Sluse  à  Christiaan  Huygens. 

20    JUILLET     1663  "). 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  a  été  publiée  par  C.  le  Paige  dans  le  Bull,  di  Bibliogr.   T.   17. 

Nobiliflime  Domine 

Quamuis  miffam  ad  te  Florentia  Timauri  Antiatis  *)  apologiam  2)  aduerfus 
Hiftoriae  Trochoidis  dicam,  an  cycloidis?  antealiquot  annos  editae3)  au&orem4), 
plane  mihi  perfuadeam;  officij  tamen  mej  effe  duxj ,  fi  forte  fecus  accidiiïet,  exem- 
plar  offerre  quod  nudiurtertius  accepj.  Res  ipfa  quidem  mererj  non  videbatur  haec 
certamina;  fed  cum  Torricellius5)  plagij  accufaretur  ab  hiftorico 4),  difcipulorum 
intercrat  Magiitri  candorem  atque  integritatem  tuerj.  Quod  an  a  Timauro  prae- 
llitum  fit  ipfe  difpicies:  ego  quidem  ita  fentio,  nifi  Torricellij  literas,  quas  adhuc 
afferuarj  dicit,  exhibeat  Hiftoricus,  cauffam  eius  profligatam  ciïe.  Libéré  tamen 
fatebor  apud  te  omnino  alienum  elfe  me  ab  hifce  AoyofjLWfcicitç,  fed  etiam  publiée 
intereft,  vt  fua  cuique  laus  tribuatur.  Et  quemadmodum  Torricellius  fi  aliorum 
inuenta  pro  fuis  venditaiïet,  excufationem  non  mererctur ,  ita  reprehenfione  non 
carerent  ij ,  qui  viros  optimos  plagij  accufant ,  cum  in  eafdem  fecum  cogitationes 
forte  inciderunt,  ko.)  txvtu  jjCsv  èviravra.  Tu  vir  PraefiantifTime  perge  orbem  li- 
teratum  cuis  svpypacnv  ornare ,  meque  quo  foies  affectu  femper  profequere.  Da- 
bam  Leodij  20  Julij  1663. 

Tui  obferuantiffimus 

Renatus  Franciscus  Slusius. 

Nobiliflimo  et  Clarifïimo  Domino 
Domino  Christiano  Hugenio  de  Zulichem  &c. 

A  la  Haye. 

VI 


a)   ^°  30  Julii.  Refpondi  3  Augufti <s). 


')    Titnaurus  Antiates  est  le  pseudonyme  dont  se  couvrit  C.  Dati. 

:)   Lettera  a  Filaleti  di  Timavro  Antiate.  Délia  Vera  Storia  delta  Cicloide,  e  délia  Famofiflîma 
Efperienza  dell  Argento  Viuo.  in-40. 

A  la  lin  de  la  page  27  on  lit: 

In  Firenze  alP  [nfeigna  délia  Stella.  1663.  Cou  licenza  de  Superiori. 
3)    Voir  l'ouvrage  cité  dans  la  Lettre  N°.  548,  note  2. 
*      Biaise  Pascal. 

5)  Consultez  la  Lettre  N°.  6yo. 

6)  Cette  réponse  s'est  perdue.    Voir  la  note  0  de  la  Lettre  N°.  1  140. 


CORRESPONDANCE.     1663.  385 


N2  1138. 

R.  Hooke  à  R.  Boyle. 

[  ?    JUILLET     1663]  '). 

La  lettre  a  été  publiée  dans  ^BoyWs  Works,  Fol.  V." 

Right  Honourable, 

J  did  expeft  and  hope ,  that  you  would  hâve  been  in  London  before  this  ;  nor 
are  your  friends  at  Grefham  collège  lefs  follicitous  after  your  return  ;  J  being  af- 
ked  by  every  one  almoft,  when  you  would  be  hère.  There  was  but  little  done  this 
laft  Wednefday  2),  becaufe  of  fome  papers  which  were  read,  which  took  up  al- 
moft ail  the  time.  The  one  was  fent  in  from  Sir  Paul  Neile  3) ,  being  an  account  of 
his  way  of  making,  ordering  and  bottling  of  cyder,  and  his  judgment  of  the  caufe 
of  the  fermentation  of  it,  &c.  wherein  indeed  were  very  many  new  obfervables, 
though  feveral  of  them  were  contradicled  by  Mr.  Waller 4)  and  fome  others;  Sir 
Paul  being  very  much  againft  the  fermenting  of  cyder  very  much;  and  Mr.  Waller 
and  fome  others  of  the  contrary  opinion.  There  was  likewife  read  a  relation 
fent  from  the  coaft  of  Coromandell  in  the  Eaft-Indies,  by  a  perfon  of  crédit,  and 
one,  who  had  lived  a  governor  there  above  eleven  years.  The  fum  was  this,  that 
for  three  or  four  months,  in  the  fummer  time ,  the  wind  did  ail  day ,  from  eight  in 
the  morning  to  four  in  the  afternoon,  blow  fo  extremely  hot  from  the  land,  that 
the  people  are  hardly  able  to  endure  it,  but  are  fain  to  (it  in  tubs  of  cold  water,  up 
to  the  neck,  to  preferve  themfelves  from  being  ftiflcd;  that  every  night  the  wind 
blows  diredly  contrary ,  namely,  from  the  fea,  with  as  great  an  excefs  of  cold. 
But  this  is  not  fo  rtrange,  becaufe  it  happens  in  feveral  other  parts  of  the  world;  but 
what  he  added  further  is  fufficiently  ftrange  to  an  European,  videlicet  that  their 
way  to  preferve  their  drink  cold  in  this  extremity  of  heat,  was  to  put  it  up  in  their 
earthen  veiïels  (what  form  they  are  of  J  know  not)  and  expofe  the  bottle,  hung 
byaftake,  or  the  branch  of  a  tree,  to  the  fcorching  fun  and  fuffocating  winds  ; 
for  by  that  means  they  find  the  contained  liquor,  at  four  in  the  afternoon,  excef- 


:)  .Cette  lettre  a  été  écrite  après  la  séance  du  8  juillet  1663  (V.  st.)  et  avant  celle  du  16  juillet 
(V  st.);  dans  „Boyle's  Works"  on  trouve  en  tête  de  la  lettre:  about  Jvily  1663. 

2)  Dans  la  séance  du  8  juillet  1663  (V.  st.). 

3)  Sur  Sir  Paul  Neile,  voir  la  Lettre  N°.  280,  note  1. 

4)  Edmond  Waller  naquit  le  3  mars  1605  à  Colesbill  (Hertford)  et  mourut  à  Beaconsfield 
le  21  octobre  1687:  on  le  trouve  sur  la  liste  des  premiers  membres  de  la  Société  Royale, 
telle  qu'elle  a  été  arrêtée  dans  la  séance  du  20  mai  1663  (V.  st.).  11  était  poète  et,  quoique 
marié  à  une  bourgeoise,  Mary  Bresse,  fréquenta  la  cour;  sous  Cromwell  il  fut  dépouillé  de 
ses  biens;  Charles  II  les  lui  restitua. 

Œuvres.  T.  IV.  49 


386  CORRESPONDANCE.     1663. 


fively  cold,  and  extremely  plealant  and  refrefhing;  nor  would  the  relator  him- 
felf ,  nor  any  that  he  had  heard  of ,  venture  to  give  a  reafon  for  it. 

We  made  a  trial  of  Moniteur  Zulichem's  experiment,  where  indeed  it  fuccee- 
ded  fo  far,  that  with  the  pumping,  that  was  ufed  about  it,  thc  water  would  not 
defcend,  though  ]  am  very  confident,  if  the  pump  had  been  longer  plied,  the 
event  would  hâve  been  much  otherwife;  and  we  fhall  this  next  week  5)  try  with 
a  pipe  of  five  or  fix  foot  long,  whether  it  will  remain  fufpended  or  not,  We  hâve 
lately  6)  likewife  tried  two  other  experiments:  the  one  was,  there  were  two  bolt- 
heads  full  of  water  inverted  into  reftagnating  water,  out  of  which,  when  the  air 
was  extracted,  there  remained  in  each  a  fmall  bubble  at  the  top  :  into  the  place  of 
one  of  the  bubbles  of  extrafted  air  as  much  common  air  was  put,  and  then  both 
of  them  fet  afide  and  obferved.  The  event  was,  that  both  the  bubbles  vanifhed 
into  the  water ,  but  rhat  of  the  common  air  remained  longeft.  Since  that 7),  we  ex- 
haufted  the  air  out  of  one  of  thofe  boltheads ,  and  put  common  air  in  the  place  of 
it;  then  the  other  was  filled  with  common  water,  and  a  bubble  of  air,  equal  to  that 
in  the  other,  was  put  into  it,  and  it  was  found,  that  the  air  was  vanifhed  into 
the  exhaufïed  water,  but  that  the  other  remained  almolt  intire  in  bulk. 

J  am  taking  order  about  the  engraving  of  m  y  microfeopical  pittance,  which  j 
hope  will  be  very  well  donc.  J  this  week  obferved  a  créature  newly  corne  out  of 
the  egg,  which  by  comparing  it  with  the  biggeft  old  one  ]  hâve  feen  of  that  kind, 
J  found  to  be  above  130000  times-lefs  than  the  bulk  it  was  likely  to  corne  to,  if  it 
furvived;  of  which,  J  believe,  we  fhall  not  find  many  other  examples  in  nature. 
J  hâve  now  procured  the  new  Jamaica  nuts;  and  had  J  not  been  advertifed,  that 
your  return  would  be  either  this  Saturday,  or  the  following  Monday ,  they  had 
been  fent  you  by, 

Right  honourable, 

your  honour's  molt  affectionate  molt 

faithfull  and  molt  humble  lervant 

Rob.  Hooke. 

J  hâve  lent  a  fmall  bag  of  the  nuts,  underftanding  by  Mr.  Wh's  letter,  that 
you  will  not  be  hère  till  Thurfday.  The  two  foot  perfpe&ive  J  alfo  fent,  the  box 


s)    Dans  la  séance  du  \6  juillet  [663  (V.  st.)  on  donna  ordre  de  préparer  de  ces  tnbes ,  mais  Tex 

périence  ne  fut  faite,  avec  succès,  que  le  1  y  août. 
6  ,    Dans  [a  séance  du  17  juin  (V.  st.).  Voir  la  Lettre  N°.  1  ia8. 

1  (ans  la  séance  du  H  juillet  (V.  st.). 


CORRESPONDANCE.     1 663.  387 


was  delivered  to  the  carrier  the  laft  week  before  he  went  away.  Mrs.  Kuffler  is 
very  earneft  to  know,  when  you  vvill  give  order  about  the  engine  ,  and  ieems  to 
be  a  little  angry,  and  wonders  you  fhould  be  worfe  than  your  word,  and  fuch  kind 
of  fpeeches;  though  J  had  given  her  the  reafon,  why  you  could  not  do  it  before 
you  went  hence. 


N*   11 39. 

Christiaan  Huygens  a   [Lodewijk  Huygens]. 

27    JUILLET    1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  Londres  ce  27  Julien   1663. 

Je  voy  bien  qu'il  faudra  fe  confoler  de  la  perte  de  vos  lettres,  puis  que  Monfieur 
Vlac  :)  en  a  demandé  en  vain  des  nouuelles  aux  gens  de  Monfieur  le  Greffier  2). 

Il  y  a  longtemps  que  Mon  Père  a  fouhaitè  une  copie  de  la  telle  de  Cromwel 3), 
et  je  croy  qu'il  la  demandera  au  Roy.  le  mal  efl  qu'on  la  peinte  de  couleurs  et  que 
l'on  craint  qu'elles  fe  gafteroient  en  mettant  du  plaftre  par  deflus,  quoyque  ceux 
du  meflier  n'en  facent  pas  difficulté.  Celuy  qu'il  en  confulta  eil  un  maiftre  fort  ex- 
pert et  moule  tous  les  jours  des  vifagcs  de  perfonnes  vivantes,  fans  leur  donner 
aucune  incommodité  ;  fi  bien  que  nous  avons  deflein  de  nous  faire  mettre  des  maf- 
ques  de  cette  façon  l'un  de  ces  jours.  L'on  fe  tient  debout,  avec  une  ferviete  a  l'en- 
tour  du  col  feulement ,  et  des  emplâtres  fur  les  yeux  et  fourcils.  Je  connois  une  fa- 
mille entière  ou  il  y  a  10  enfans  qu'il  a  tous  moulez  avec  leur  père  et  mère. 

Ce  que  je  vous  ay  mandé  4)  de  l'enfant  de  160  livres  ell  affirmé  par  des  perfon- 
nes très  dignes  de  foy  et  fut  répété  encore  la  dernière  foy  que  j'eftois  a  l'aflemblee 
a  Grefham  Colleg,  feulement  l'on  adjoufta  encore  4  mois  a  l'âge  de  ce  petit  pou- 
pon, de  forte  qu'il  en  a  22  en  tout. 

Hier  nous  fumes  veoir  dans  la  ville  la  manière  de  procéder  dans  la  cour  crimi- 
nelle qu'on  nomme  the  Kings  Benches,  et  affiliâmes  à  l'examination  et  condem- 
nation  de  plufieurs  miferables  qui  fe  fait  d'une  toute  autre  façon  que  chez  nous. 


')  Sur  Aciriaen  Vlacq,  voir  la  Lettre  N°.  310,  note  4. 

2)  Laurentius  Buysero.  Voir  la  Lettre  N°.  97,  note  1. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 29. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  1  132. 


388  CORRESPONDANCE.     1663. 


Nous  y  dinafmes 5)  avec  Meilleurs  les  Shérifs  a  une  grande  table  bien  garnie  qu'ils 
font  obligé  de  tenir  pendant  tous  ces  jours  du  term  time ,  et  fufmes  traitez  avec 
beaucoup  de  ciuilitè.  Il  y  avoit  entre  autres  un  Alderman  qui  me  pria  fort  que  je 
vous  fille  fes  baifemains,  fe  fouuenant  du  bon  acceuil  que  vous  luy  aviez  fait  a 
Hofwijck ,  alors  qu'il  fut  a  la  Haije  parmy  ceux  qui  vinrent  quérir  le  Roy.  C'eftoit 
un  jour  que  Monfieur  van  Leeuwen  avoit  traité  chez  luy  quelques  uns  de  ces 
Meilleurs  dont  cettuicy  eftoit  l'un. 

Je  doute  fort  fi  aucune  des  nymphes  que  vous  avez  régalées  ces  jours  paffez 
gardera  fi  longtemps  de  la  reconnoiffance. 

Pour  ce  qui  efr.  de  mon  inclination  pour  les  niepces  pluftoft  que  pour  les  neveux 6) 
j'en  pourois  efcrire  un  traité  entier,  mais  pour  avoir  plufloft  fait  je  vous  diray 
feulement,  que  lors  que  je  vous  parlois  de  ce  choix,  je  penfois  a  quelques  uns 
de  nos  coufins  et  confines ,  en  hoeveel  meer  men  aen  d'eene  had  ah  aen  (Tandere  7). 
Je  ne  veux  pas  dire  du  mal  de  perfonne ,  mais  quel  oncle  n'aimeroit  pas  mieux 
d'avoir  quelques  niepces  comme  Joffrouw  Ida  8J),  Juffrouw  Conltantia  y)  &c,  que 
des  neveux  comme  meilleurs  leurs  frères I0),  T.  Huygens  ")  et  autres.  Voiez  com- 
bien de  facheufes  réprimandes  le  bon  Père  a  elle  obligé  de  faire  a  ce  dernier  et  ja- 
mais pas  une  a  Mademoiselle  Martha  Maria  I2).  Beaucoup  moins  a  Mademoifelle 
Egidia13)  cette  merveille  de  bonté  et  pureté  virginale,  qui  a  l'âge  de  11  ans  n'auoit 
pas  encore  penfé  a  mal.  Adieu. 

Je  m'eftonnc  que  le  frère  de  Zeelhem  ne  m'a  point  repondu. 


s)    A  l'occasion  d'un  dîner  que  le  Lord  Mayor  offrit  à  une  des  corporations  [Reys-Verhael]. 

6)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 132. 

7)  Traduction  :  et  combien  plus  on  jouiïïait  des  unes  que  des  autres. 

8)  Ida  van  Dorp,  fille  de  Arent  van  Dorp  et  d'Ida  van  Baerle.  Peut-être  celle  qui  est  née  le 
16  février  1628  et  qui  mourut  le  2  septembre  168 1. 

9)  Constantia  le  Leu  deWilhem.  Voir  la  Lettre  N°.  1096,  note  10. 

10)  Outre  Lodewijk  Wolferd  van  Dorp  (voir  la  Lettre  N°.  996,  note  17),  on  trouve  encore: 

Arent  van  Dorp,  né  le  10  février  1627  et  mort  à  la  Haye  le  2  mars  1671;  son  père 
était 

Arent  van  Dorp,  fils  de  Frederik  van  Dorp  et  d'Anna  Schets  van  Grobbendonk,  né  en 
1599  à  Toulon  et  mort  le  1 1  juin  1652  à  Anvers:  en  février  1626  il  épousa  Ida  van  Baerle. 

Quant  aux  frères  de  Constantia,  nous  connaissons: 
a)  Constantyn  le  Leu  de  Wilhem,  né  à  la  Haye  le  6  juillet  1636. 

/>)  Maurits  le  Leu  de  Wilhem,  que  nous  rencontrerons  encore  plus  tard  dans  la  Corres- 
pondance. 
")  Nous  ne  connaissons  pas  de  T.  Huygens:  peut-être  l'auteur  désigne-t-il  Christiaan  (Tiaan  ) 

I  luygens;  consultez  sur  celui-ci  la  Lettre  N°.  234,  note  10. 
'      Sur  Martha  Maria  Huygens,  voir  la  Lettre  N°.  744,  note  10. 

'*)  Aegidia  le  Leu  de  Wilhem,  fille  de  David  le  Leu  de  Wilhem  et  de  Constantia  Huygens. 
Elle  naquit  en  1635  et  mourut  le  1er  mai  i6yo. 


CORRESPONDANCE.    1663.  389 


N=  1140. 

Christiaan  Huvgens  à  Constantyn   Huygens,  frère. 

3    AOÛT     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiaen,  coll.  Huygens. 
Const.  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.   1142. 

A  Londres  ee  3  Aouft   1663. 

Je  ne  fcaurois  encore  vous  refondre  les  difficnltez  qui  vous  relient1)  touchant  le 
paftel ,  n'ayant  pas  ven,  depuis  la  recepte  de  la  voftre  le  Sieur  Lilly  ni  fon  valet 
qui  les  fait.  Je  vous  ay  dit  que  l'Indian  Red  eft  une  couleur  qu'on  apporte  icy  des 
Indes,  et  que  ledit  faifeur  doutoit  fi  l'on  en  trouueroit  chez  nous  2).  Pour  ce  qui 
eft  des  proportions  entre  la  pafte  et  les  couleurs,  j'ay  veu  qu'il  n'y  prend  pas 
garde  autrement,  mais  feulement  en  met  tant  que  la  couleur  du  medange  foit  a  fa 
fantafie.  La  raifon  pour  quoy  il  ne  broie  pas  longtemps  les  couleurs,  cil  parce 
qu'autrement  le  paftel  devient  trop  dur  et  ferme  et  ne  veut  point  marquer 
fur  le  papier.  En  les  efTaiant  pourtant  entre  les  doigts  je  trouuay  qu'elles  eftoit 
fi  fines  qu'on  n'y  fentoit  aucun  rcfte  de  grain.  Ce  paftel  n'eft  aucunement  gras, 
et  l'on  efcrit  trefbien  par  defius  avec  le  crayon  noir.  Il  marque  environ  de  mefme 
que  le  crayon  blanc  pour  la  delicateïïe  des  traits.  Je  ne  fuis  pas  bien  afïurc  quel 
eft  le  bleu  dont  il  fe  fert ,  mais  je  croy  que  c'eft  Blaeuwe  Ajjclie  3). 

Il  m'a  vendu  une  boete  pleine  ou  il  y  a  de  cette  couleur  fort  belle  avec  toutes 
les  autres.  J'en  paye  10  fchillings,  qui  a  la  vérité  eft  un  peu  cher,  mais  aufïï  j'en 
ay  a  revendre  parce  que  de  chafque  couleur  j'ay  deux  pièces ,  et  il  y  a  54  couleurs 
différentes. 

J'ay  veu  voftre  miniature  de  Miftris  Limmon  4)  et  je  trouue  que  vous  y  avez 
trefbien  reuffi,  et  beaucoup  mieux  que  dans  celle  de  ma  foeur  5).  Si  vous  pouuiez 
fi  bien  faire  après  le  naturel  vous  feriez  grand  maiftre.  Le  Sieur  van  der  Does  a 
qui  je  l'ay  monftrée ,  y  trouuoit  a  redire  de  ce  que  dans  les  ombres  vous  auiez  em- 
ploie un  peu  trop  de  noir,  je  ne  fcay  quel  cas  vous  ferez  de  fa  cenfure. 

Avant  hier  je  me  fis  mouler  le  vifage  de  plaftre  ce  qui  reufiit  fort  bien ,  et  un 
heure  après  l'on  m'apporta  mon  portrait  qui  relTembla  comme  vous  pouvez  croire. 
Ce  matin  l'on  a  ouvert  les  yeux  et  dans  un  jour  ou  deux  il  fera  tout  achevé.  Je  n'ay 
pas  voulu  qu'il  y  fit  une  tefte  et  un  bufte  parce  qu'il  y  auroit  plus  de  peine  a  le  con- 


')    Nous  n'avons  pas  trouvé  la  lettre  dans  laquelle  Const.  Huygens,  frère  ,  écrivit  à  Chr.  Huy- 
gens sur  les  difficultés  qui  lui  restèrent  après  la  lecture  de  la  Lettre  N°.  1 130. 

2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 130. 

3)  Traduction  :  cendre  bleue. 

4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 1  8. 
5J    Consultez  la  Lettre  N°.  1 125. 


390  CORRESPONDANCE.     1663. 


ferver  en  voyageant,  et  de  plus  ce  maiftre  ne  s'entend  pas  fort  a  faire  des  cheveux. 
L'on  ne  fent  point  de  mal  du  tout  eftant  foubs  ce  mafque  ni  mcfme  en  le  tirant , 
et  l'on  n'a  pas  de  plus  grande  peine  que  celle  de  fe  tenir  de  rire.  Si  vous  délirez  de 
pratiquer  cette  art ,  je  vous  manderay  une  autre  fois  tout  ce  qu'il  y  faut  obfer- 
ver,  car  il  me  femble  que  je  le  fcay  aufll  bien  maintenant  que  le  maiftre  luy 
mefme. 

J'ay  receu  une  lettre  de  Sluzius6)  avec  ce  dernier  pacquet,  avec  la  quelle  il  avoit 
joint  un  livre7),  que  vous  aurez  jugé  de  trop  grand  volume  pour  m'eftre  envoie  par 
cette  voie.  Mais  fi  quelqu'autre  fe  prefente  de  quelque  paflager  ou  autrement  vous 
me  ferez  plaifir  de  me  le  faire  tenir. 

Il  y  a  une  maifon  voor  aen  inde  Speuyfîraet 8)  ou  vous  envoierez  cette  enclofe ?) 
pour  Liège. 

Pour  mon  frère 
De  Zeelhem. 


N°=   1.141. 

Christiaan  Huygens  à  [Lodewijk  Huygens]. 
10  août  1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Sommaire:  Penfion.  Rel.  Voyage.  Alderman.  du  Moulin. 

A   Londres  ce   10  Aouft   1663. 

Les  avis  de  Mon  fie  11  r  de  Gentillot  ')  font  des  nouuclles  pour  moy,  et  mefme 
un  peu  fufpectes,  quoy  que  je  fouhaite  qu'elles  puiflent  eftre  véritables.  Je  n'ay 
jamais  ouy  que  Mon  Père  fut  aufll  des  participants,  et  quant  a  la  penfion  je  n'en 
ay  eu  jufqu'icy  aucune  certitude.  Je  (cens  feulement  en  partant  de  Paris  que 
j'eftois  fur  la  lifte  2)  parmy  ces  autres  beaux  efprits,  dont  je  n'eus  qu'une  fort  mé- 
diocre joie,  démit  honorem  Aemulus  Aiaci,  non  eft  tenuifle  fuperbum,  Sit  licet 

")    Voir  la  Lettre  N°.  1  [37, 

Il  s'agit  de  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  1  [37,  note  1. 
8)  Traduction:  au  commencement  de  la  Spuiftraat. 

Nous  n'avons  point  trouvé  la  minute  de  cette  lettre  de  Clir.  Huygens  a  R.  F.  de  Sluse. 

')    Voir  la  Lettre  N°.  020,  note  8. 

Consultez  la  Lettre  N  '.  1 150,  note 9. 


CORRESPONDANCE.     1663.  39 1 


hoc  ingens,  quicquid  fperavit  Voffiolus3).  Mais  que  cela  demeure  entre  nous  s'il 
vous  plaie  Ce  que  vous  dites  du  Mecenas  Molière  4)  eft  une  raillerie ,  que  peut 
eftre  quelques  uns  des  exclus  auront  controuuée. 

L' Alderman  5)  me  dit  que  vous  luy  aviez  donné  du  vin  avec  du  fuccre.  Je  ne  me 
fouurens  pas  de  Ton  nom  mais  je  fcay  bien  que  ce  n'eft  pas  luy  qui  s'appelle  Robin- 
ion.  Il  eft  de  taille  aflez  haute ,  un  peu  maigre ,  le  nez  bofîli ,  les  cheveux  blonds 
et  courts,  voyez  fi  a  tout  cela  vous  pouvez  le  reconnoiftre. 

Je  fuis  bien  aife  d'apprendre  la  bonne  fortune  du  Sieur  van  Wijck  6).  Le  voila 

une  fois  afïurè  comme  je  croy  qu'il  n'aura  que  faire  de  retourner  a  fon  ancien 

meftier  van  pokifer  7). 

Vous  aurez  défia  feeu  que  Lundy  pafi  e8)  le  Roy  congédia  Meilleurs  du  Parlement 

26 
avec  ordre  de  fe  raflcmbler  le  -->  Mars.   Nous  fumes  veoir  cette  cérémonie,  qui 

eft  afTez  belle ,  parce  que  le  Roy  y  eft  dans  fon  haut  appareil ,  et  qu'il  harangue  luy 
mefme  en  fuite  du  Speacker.  Milord  Chancelor  y)  n'y  eftoit  pas  prefent  a  caufe 
de  fes  gouttes.  Son  affaire  avec  Milord  Briftol  IO)  eft  différée  jufqu'a  la  prochaine 
feance  du  Parlement.  Tous  les  aétes  paflez  dans  cellecy,  y  furent  lus,  (cet  a 
dire  les  titres)  et  confirmez  pour  lapins  part  par  ces  mots  Le  Roy  le  veut, ou 
bien  ceux  cy ,  Soit  fait  comme  il  efl  defiderè ,  qui  font  pour  les  actes  concernants 
des  perfonnes  privées.  Parmy  les  autres  il  y  en  avoit  un  touchant  l'obfervation  du 
dimanche,  par  le  quel  toute  forte  de  divertifTements  alloient  eftre  défendus  ce  jour 
là,  jufqu'aux  promenades  de  carofTe  ou  a  pied.  Mais  le  bonheur  voulut  que  fur  le 
point  que  Ton  alloit  lire  cette  belle  ordonnance  avec  les  autres,  l'on  ne  la  trouua 
point,  ayant  eftè  derobbée  fort  a  propos  par  quelque  bonne  ame,  qui  ne  trou- 
voit  pas  cette  pieté  incommode  a  fon  grè.  L'on  interrogea  un  chacun  des  Milords 
fur  fon  honneur  s'il  ne  feavoit  ce  que  ce  papier  eftoit  devenu.  Mais  pour  tout 
cela  point  de  nouuelles ,  et  il  demeura  perdu. 

Avant  hier  XI)  je  vis  faire  un  experiment  notable  au  Grefham  Colleg  fur  un 
chien ,  a  qui  ayant  eftè  faite  une  ouverture  dans  le  corps ,  l'on  luy  coupa  par  la 


3)  Suivant  une  lettre  de  J.  Chapelain  ,  I.  Vossius  aussi  se  trouvait  inscrit  dans  les  listes  des  béné- 
ficiaires de  Louis  XIV.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 150,  note  9. 

4)  Jean  Baptiste  Poquelin,  dit  Molière,  le  grand  poète  comique,  naquit  le  15  janvier  1622 
à  Paris,  où  il  mourut  le  17  février  1672. 

5)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 139. 

6~)   Sur  J  ohan  de  Wijk ,  voir  la  Lettre  N°.  202  ,  note  1 . 

7)  Traduction  :  de  polifleur. 

8)  Le  6  août  1663. 

9)  Edward  Hyde,  comte  de  Clarendon.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 135. 

10)  George  Digby.  Voir  la  Lettre  N°.  1 1 35. 

")  Dans  la  séance  de  la  Société  Royale  du  29  juillet  1663  (V.  st.  j,  le  docteur  Charleton  fit 
cette  opération. 


392  CORRESPONDANCE.     1663. 


toute  la  ratte ,  les  grandes  veines  qui  y  paffent  eltant  premièrement  liées.  Apres 
qu'on  euft  recoufu  le  trou  il  s'en  alla  comme  s'il  n'euft  point  eu  de  mal;  et  l'on 
trouue  qu'ils  vivent  fort  bien  après  cela,  quoy  que  privez  de  cette  partie.  L'on 
m'en  fera  veoir  un  qui  a  elle  taillé  de  cette  façon  il  y  a  6  ans ,  et  que  l'on  dit  eftre 
plus  gay  et  plus  enjoué  qu'un  chien  ordinaire.  Lors  que  vous  entendrez  des 
dames ,  que  nous  connoifïbns ,  le  plaindre  du  mal  de  ratte ,  vous  leur  pourrez  par- 
ler de  cette  cure ,  et  mefme  les  afîurer  qu'il  y  a  eu  une  dame  en  Italie  en  qui  elle 
a  fort  bien  fuccedè  I2). 

Nous  dinafmes  hier  chez  Monfieur  Bret  I3).  Le  Roy  s'en  va  aujourdhuy  ou 
demain  a  Portmouth  pour  i  o  ou  1 1  jours ,  ce  qui  ne  fera  que  retarder  nos  affaires 
à  mon  grand  regret. 


N=  1142. 

Constantyn  Huvgens ,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

IO    AOÛT     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden  ,  coll.  Huvgens. 
Elle  est  la  réponse  aux  Nos.  1124  et  1140.       Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1143. 

A  la  Haye  le   10  d'Aouft   1663. 

Le  Sieur  Monconis  ')  m'apporta  il  y  a  trois  jours  voftre  lettre  du  23.  Juin.  Nous 
auons  conféré  fur  plufjeurs  articles  et  mefme  fait  eflay  de  fa  Lunette  de  Diui- 
nis,  dont  je  trouve  le  principal  verre  fort  bon,  mais  elle  n'eft  pas  exempte  des  de- 


I2S)  Fioravanti  décrit  une  telle  opération  chez  une  dame,  qui  y  survécut  plusieurs  années.  Con- 
sultez l'ouvrage: 

Di  Capricci  Medicinali  dell'  eccelcntc  Medico,  &  Cirugico  M.  Leonardo  Fiorauanti 
Bologneie,  Librî  Qvattro.  Nel  primo  de  quali  s'infegna  a  conofeere  diuerfi  fegni  délie  cofe 
natnrali,  con  molti  fecreti  nella  Medicina,  &  Cirugia.  Nel  fecondo  (i  moftra  il  modo  di  tare 
varij,  &  diuerli  medicamenti  vtiliUïmi.  Nel  terzo  fi  tratta  dell'  Alchimia  dell'  huomo,& 
dell'  Alchimia  minérale,  con  molti  Capricii  a  ligliuoli  dell'  Arte.  Nel  quarta  fi  contengono 
alcuni  belli  Difcorfi  Filofofici ,  &  Medicinali.  Di  nvovo  dall' ifteflb  Avtore  in  molti  luoghi, 
di  fecreti  importantiflimi,  ampliati  ;  i  quali  cofi  a  profeflbri  di  Fifica,  corne  di  Cirugia,  erano 
grandemente  neceffarij.  Con  molta  diligenzareuifli,  corretti,  &  riflampati.  Col  Privilegio. 
In  Venetia appreflb  Lodouico  Auanzo.  1573- in-8°. 

L'auteur  est 

Leonardo  comte  Fioravanti,  né  à  Bologne,  où  il  mourut  le  4  septembre  1588.  Il  était 
médecin  ,  alchimiste  et  surtout  charlatan  ,  ce  qui  ne  l'empêcha  pas  de  jouir  d'une  haute  répu- 
tation; il  lit  de  longs  voyages  en  Italie  et  en  Afrique,  où  il  séjourna  deux  ans. 
'3)  Voir  la  Lettre  N°.  1  i  32  ,  note  16. 

'     Sur  Balthasar  de  Monconys,  voir  la  Lettre  N°.  765 ,  note  8. 


CORRESPONDANCE.    1663.  393 

fauks  qu'ont  toutes  celles  qui  font  de  cette  longueur  quand  on  s'en  veut  feruir  de 
jour.  Dans  les  Oculaires  auffi  dont  il  fe  fert,  on  remarque  touts  les  points  du  verre, 
puis  le  tuyau  eft  fi  gros  et  fi  lourd  que  je  ne  voy  rien  d'extraordinaire  à  cette 
pièce.  Le  maiftre  eft  il  feauant,  feait  il  les  Mathématiques  ou  quelle  forte 
d'homme  eft  ce  ?  Dans  des  difeours  que  nous  eufmes  de  Borri  2),  je  le  trouve  fort 
invaghito  de  la.  pierre  philofophale ,  qu'il  appelle  la  philofophie  par  excellence. 
Un  de  ces  philofophes  là  a  depefché  en  fort  peu  de  jours  la  mère  de  Biffchop  3), 
au  grand  contentement  de  fes  héritiers. 

Si  vous  auez  moyen  de  parler  encor  a  ce  faifeur  de  paftel 4)  je  vous  prie  de  me 
faire  auoir  efclaircifïement  fur  les  doubtes  que  je  vous  ay  propofés  en  ma  dernière 5), 
fur  ce  que  fignifient  ces  mots  de  Bice,  blacblew,  Ru/Jet6),  et  puis  de  feauoir  de  luy 
fi  auec  de  certaines  couleurs  il  ne  faut  pas  méfier  plus  de  Whiting  qu'auec  les  au- 
tres. Hanneman7)  m'a  promis  de  me  faire  auoir  de  l'indian  red,  et  dit  que  Whiting 
s'appelle  icy  Cryt-wit 8) ,  dont  j'ay  envoyé  quérir  et  vous  envoyé  un  petit  mor- 
ceau pour  voir  fi  c'efl  la  mefme  choie  dont  ils  fe  fervent  par  de  là.  Le  blac  blew 
Hanneman  croid  que  c'eft  de  la  Terre  de  Couloigne  QCeulfche  aerde^)  brufiée 
dans  un  creufet,  qu'il  dit  devenir  par  la  d'une  couleur  bleue  fort  brune  et  cou- 
verte. Il  faut  auffi  feauoir  au  vray  quel  eit  le  bleu  dont  il  fe  fert  d'ordinaire.  Ce 
Whiting  me  femble  fi  mol  que  fi  le  Tabax  aerde  9)  n'y  apporte  du  remède  je 
ne  puis  comprendre  d'où  cet  paftel  peut  auoir  de  la  dureté  autant  qu'il  faut.  Je 
vous  prie  de  m'efclaircir  fur  ces  fcrupules  et  de  m'envoyer  dans  une  lettre  deux 
ou  trois  petits  bouts  de  voftre  paftel  pour  voir  un  peu  comment  il  marque  et 
de  quelle  confiftence  et  dureté  il  eft.  Vous  dites  IO)  aufii  que  dans  le  Crayon  de 
Lilly  il  n'y  a  du  paftel  que  dans  les  vifages,  et  ce  fort  légèrement.  Ce  fort  légè- 
rement je  ne  le  comprens  pas  fort  bien ,  comment  cela  va  t'il.  ne  fuit  il  pas  tout 
le  colory  comme  il  eft  dans  les  ombres ,  le  mezze  tinte  et  par  tout  ?  ou  n'y  a  t'il 
que  du  noir  dans  les  enfoncements?  J'aurois  defja  efTàyé  la  compofition  du  paftel 
mais  je  n'ay  pu  auoir  icy  du  Tabackaerde.  Auffi  cela  ira  mieux,  quand  vous 
m'aurez  fait  refponfe  fur  toutes  ces  queftions  icy. 

La  mouleure  de  plaftre  nous  la  remettrons  à  voftre  retour.  Adio. 

Vander  Does  a  raifon  de  dire  qu'il  y  a  encor  trop  de  noir  dans  les  ombres  de 


2)  Sur  l'alchimiste  G.  F.  Borri,  voir  la  Lettre  N°.  881  ,  note  2. 

3)  Sur  Bisschop,  le  peintre,  voir  la  Lettre  N°.  790,  note  8. 

4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 143. 

5)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre,  qui  doit  avoir  été  la  réponse  aux  N°s.  1 125  et  1 130. 
*)  Consultez  la  pièce  N°.  1 131. 

r)  Sur  A.  Hanneman,  voir  la  Lettre  N°.  812,  note  6. 

8)  Traduction  :  blanc  de  craie. 

9)  Traduction  :  terre  de  pipe  à  tabac. 
10 ;  Consultez  la  Lettre  N°.  1  124. 

Œuvres.  T.  IV.  ^o 


394  CORRESPONDANCE.     1663. 

mon  pourtrak ,  je  l'ay  bien  reconnu  moy  mefme.  comment  fait  il  le  galand.  a  c  il 
encore  fa  collection  de  tableaux,  dont  on  nous  a  parlé  icy? 

Au  frère 


N=   1 143. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 

24    AOÛT     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   114;. 

A  Londres  ce  24  Aouft   1663. 

J'ay  encore  confultè  Monfieur  Lilly  ')  fur  vos  difficultez  n'ayant  pu  trouuer  le 
faifeur  de  paftel  qui  demeure  loin  d'icy  dans  Londres.  Il  dit  que  Bice  eft  chez 
nous  affche.  Blacblew,  Coolfwart.  RufTet  il  ne  fcait  pas  comme  on  l'appelle. 
Whiting  eft  Crijtwit  comme  Hanneman  vous  a  dit.  Le  Tabaxaerde  eft  ce  qui 
fortifie  le  plus  le  paftel ,  qui  toute  fois  eft  fort  mol ,  de  forte  que  fi  je  vous  en- 
voiois  des  bouts  comme  vous  délirez  ils  arriveroient  tout  en  poudre  auffi  bien  que 
voftre  morceau  de  Crytwit.  Lilly  ne  fe  fert  du  paftel  que  légèrement  comme  je 
vous  ay  dit,  et  dans  les  enfoncements  il  n'y  a  que  du  noir.  Le  mezzo  tinto  eft  la 
couleur  du  papier  mefme,  ce  qui  pourtant  ne  fait  pas  trop  bien  pour  les  vifages 
de  femmes  a  mon  avis ,  parce  qu'on  ne  voit  rien  de  la  beauté  du  teint  par  ce  moien 
la.  J'ay  commence  aujourdhuy  chez  luy  a  copier  le  portrait  d'une  des  grandes 
beautez  2)  d'icy,  fur  du  velin  avec  du  paftel ,  de  la  manière  que  j'avois  fait  le  gar- 
çon riant  de  Hanneman,  et  je  trouue  qu'il  tient  affez  bien.  Il  y  a  3  jours  que  le 
dit  Signor  Pittore  nous  traita  a  diner  fort  fplendidement. 

A  Monfieur 
Monfieur  de  Zeelhem 
A  la 

Haye. 


1      Sur  Lilly,  voir  la  Lettie  N°.  1  1  24,  note  7. 
Celui  de  Mistress  Middleton  [Reys-Verhael  j. 


CORRESPONDANCE.     1663.  395 


N=   1144. 

Constantyn  Huygens,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

24    AOÛT     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leïden ,  coll.  Huygens. 
Christ.  Huygens  y  répondit  par  le   No.   1145. 

A  la  Haye  le  24  d'Aouft  1663. 

Cela  eft  bien  horrible  que  vous  foyez  fi  auant  dans  le  Grefham  Collège 
qu'il  ne  vous  refte  pas  un  moment  pour  m'eferire  une  petite  lettre  et  y  mettre 
dedans  deux  ou  trois  morceaux  de  voftre  paftel.  Il  y  a  trois  ou  quatre  jours  que 
j'efTayay  d'en  faire  félon  la  recepte  d'Angleterre.  Je  ne  fcay  s'il  n'eft  pas  encor 
bien  fec,  mais  je  le  trouve  trop  mol  et  outre  cela  fort  fubject  à  fe  cafter.  Et  afin 
que  vous  le  voyiez  aufli  je  vous  en  envoyé  un  échantillon ,  et  deux  autres  de  celuy 
que  je  fis  dernièrement  auec  du  plaftre. 

Je  fuis  après  a  acheuer  en  miniature  le  pourtrait  de  la  Lady  Tufton  qui  eft 
cette  belle  brune  ')  parmy  les  portraits  del  Signor  Padre.  Ce  portrait  fera  meilleur 
que  les  autres  précédents  comme  Ion  apprend  en  faifant,  et  je  vous  l'envoyerois 
bien  pour  voir,  fed  me  veftigia  terrent 2)  du  premier. 

Monconis  a  voulu  à  force  apprendre  de  Borri 3)  a  faire  la  pierre  philofo- 
phale  et  l'en  a  follicité  auec  tant  d'emprefTement  que  Borri  en  eft  tout  fean- 
dalifé  et  dit  qu'il  n'a  point  de  diferetione.  Outre  cela  je  croy  qu'il  auroit  grand' 
peine  a  luy  apprendre  ce  qu'il  ne  feait  pas  luy  me  fine.  J'ay  leu  la  fentence  4)  de 
linquifition  contre  Borri  qui  eft  fort  longue  et  pleine  des  particularités,  et  fait 
voir  fi  tout  eft  vray  in  facto  qu'il  a  eu  des  defTeins  qui  ont  beaucoup  de  rap- 
port a  ceux  de  feu  Jan  van  Leiden  5).  Il  y  entre  beaucoup  d'apparitions  et  d'en- 
tretiens auec  les  Anges,  fur  tout  auec  l'Archange  Michel  qu'il  dit  de  fimple 


1  )    Consultez  les  Lettres  Nos.  1 1 18 ,  1 1 23 ,  1 125. 

2)  Constantyn  Huygens,  père,  s'était  approprié  le  premier  portrait  de  Susanna  Huygens,  en- 
voyé par  Constantyn  Huygens ,  fils.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 25. 

3)  Sur  G.  F.  Borri,  consultez  la  Lettre  N°.  881,  note  2. 

4)  Sur  cette  „Sententie  en  Executie",  voir  la  Lettre  N°.  1031 ,  note  16. 

5)  Jan  Boekelszoon  Buitenwegh,  nommé  aussi  jan  Beukelsz.  on  Jan  Bochelszoon,  et  plus  connu 
sous  le  surnom  de  Jan  van  Leiden,  naquit  à  Leiden  et  fut  exécuté  à  Munster  le  23  janvier 
1536.  D'abord  tailleur,  il  s'associa  au  boulanger  Jan  Matthijsen  de  Harlem  ,  autre  visionnaire 
fanatique;  ils  s'établirent  à  Munster  et  y  fondèrent  la  secte  des  Anabaptistes.  Ils  se  rendirent 
maîtres  de  la  ville,  et  y  instituèrent  une  sorte  de  régime  oriental,  qui  dégénéra  bientôt  en 
toutes  sortes  d'extravagances.  Après  un  siège  de  quinze  mois,  la  ville  fut  reprise  et  les  ana- 
baptistes furent  exécutés  ou  dispersés. 


396  CORRESPONDANCE.     1663. 


Ange  qu'il  eftoit  comme  les  autres,  pour  les  bons  feruices  qu'il  rendit  quand 
Lucifer  fut  chafle ,  avoir  elle  efleué  en  Archange ,  auec  de  femblables  bonnes 
penfées. 

Pour  mon  frère. 


N*  1145. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 

31     AOUT    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leitlen,  coll.   Huygens. 
Elle  est  la  réponse  ait  No.   1 1 44. 

Ultimi  Augulti    1663. 

Je  n'ay  rien  d'avantage  a  vous  mander  touchant  le  paftel  que  ce  que  je  vous  ef- 
crivis  par  l'ordinaire  pafle  *).  Un  peu  de  pratique  vous  enfeignera  le  refte.  le  le 
trouue  aufli  bien  que  vous  un  peu  trop  caflant,  et  outre  cela  le  crayon  noir  ne 
marque  pas  bien  la  ou  on  a  peint  avec  le  paftel  obfcur.  A  Paris  je  m'informeray 
du  Sieur  Nanteuil  comment  il  fait  le  fien. 

Le  portrait  de  la  belle 2)  que  j'ay  copié  chez  Lilly  a  fort  bien  reufli  et  ne  reïïem- 
ble  pas  feulement  a  l'original  mais  a  la  dame  mefme ,  avec  qui  je  dinay  l'autre  jour 
chez  Monfieur  Brereton  3).  Je  voudrais  que  vous  m'envoialliez  voilre  dernier 
ouurage 4)  pour  vcoir  fi  vous  aurez  mieux  fait  quant  au  colorit,  qui  a  la  vérité 
avoit  trop  de  noir  comme  je  vis  en  le  comparant  avec  quelques  portraits  de 
Couper  5). 


')    Consultez  la  Lettre  N°.  1 143. 

2)  Mistress  Middleton.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 .;  3. 

3)  Sur  W.  Brereton  ,  voir  la  Lettre  N°.  123,  note  1. 

4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 144. 

5)  Il  y  avait  deux  frères  de  ce  nom,  qui  faisaient  des  portraits  tous  les  deux;  ils  étaient  les 
élèves  de  leur  oncle  John  Hoskins. 

a)  Alexander  Cooper,  le  frère  aîné,  peignit  le  portrait  entre  1630  et  1660. 

/>)  Samuel  Cooper,  oncle  du  poète  Alexander  l'ope,  naquit  en  îrtoo  à  Londres,  où  il 
mourut  le  5  mai  1 6-2.  Il  était  bon  linguiste  et  musicien  ,  jouait  bien  du  luth  et  a  voyagé 
en  France  et  aux  Pays-Bas.  On  possède  nombre  de  miniatures  de  sa  main. 


CORRESPONDANCE.     1663.  397 


Si  vous  me  l'envoiez  fous  condition  de  le  r'avoir ,  je  me  fais  fort  que  le  Sig- 
nor  Padre  n'y  mettra  pas  la  main  defïiis  comme  aux  précédents  6). 

Nous  aurons  bientoft  la  fin  de  nos  affaires  en  cette  Cour,  et  je  croy  que  dans 
1 5  jours  nous  pourrons  partir. 

Hier  l'on  me  dit  que  Bart  van  Vlaerdingen  7)  m'auoit  eftè  demander  et  qu'il 
fe  tient  a  la  campagne,  de  forte  que  peut  eftre  je  n'auray  pas  le  bonheur  de  le 
veoir.  Monfieur  Swan  8)  eiT:  parti  ce  foir  pour  noftre  pais ,  et  de  la  s'en  va  a  fa 
Refidence  de  Hambourg. 


A  Monfieur 
Monfieur  de  Zeelhem 

A  la  Haye. 


N=   n  46. 

R.  F.  de  Sluse  à  [Christiaan  Huygens]. 
[août   1663]. 

La  Icllre  se  trouve  à  Le'uien ,  coll.  Huygens. 

Nobiliflime  Domine 

Apologiam  Timauri  Antiatis,  feu  potius  Clarifîimi  Caroli  Datj,  prioribus  meis  ') 
non  adiunxeram,  quod  an  illam  Florentia  accepiffes,  a  te  certior  fieri  expeétarem, 


")    Consultez  la  Lettre  N°.  1125. 

7)  Albartus  van  Ruytenburg  était  fils  de  Willem  van  Ruytenburg  van  Vlaerdingen.  Il  épousa 
Emilia  van  Nassau-Beverwecrt.  Sa  fille  fut  mariée  à  un  comte  anglais  et  devint  dame  d'hon- 
neur de  la  reine  d'Angleterre. 

8)  Sur  William  Swann,  voir  la  Lettre  N°.  1 1",  note  5  (Tome  II ,  Supplément). 


')   Consultez  la  Lettre  N°.  1  1 37. 


;q8  CORRESPONDANCE.     1 663. 


et  non  magni  referre  arbitrarer  hanc  modicj  tcmporis  moram,  cum  te  Hagae- 
Comitis  elfe  mihi  perfuaderem. 

Sed  aliquot  poftquam  ad  te  fcripferam  diebus,  tranlijt  hac  Nobilis  Vir  Do- 
minas Monconifius  2),  qui  et  Parifijs  nuper  fuiflè,  et  mine  Londinj  agere  te  mihi 
retulit;  multaque  adiunxit  de  praeclaris  virorum  literatorum  conatibus,  qui  Scien- 
tiam  Naturalem  experimentis  ftabilire  contendunr.  Anceps  itaque  eram  an  meas 
aceepifles,  cum  me  follicitudine  liberarunt  literae  tuae  datae  3a  huius  3),  qui- 
bus  leftis,  continuo  mittendam  cenfui  Apologiam  eadem  via  quà  priores  accepe- 
ras.  De  Celeberrimi  Pafcalij  obitu  4)  certiorem  me  reddidit  idem  Monconifius, 
non  fine  magno  animj  mej  moerore,  qui  viri  dodlrinam  et  humanitatem  maximj 
faciebam.  Sed,  vt  ait  ille,  ad  hoc  facramentum  adaéti  fumus  1ère  mortalia, 
y.cti  ry  ccva.yx.yi  avy^copsïv.  Non  ingratum  tibi  futurum  arbitrer  fi  adiungam  id 
quod  nuper  ad  me  Florentia  feriptum  efl,  primam  nempe  experimentorum 
phyficorum  in  Academiâ  Serenifîimi  Principis  faétorum,  partem  5),  iam  editi- 
oni  paratam  :  Eximium  Borellum  6)  breui  daturum  in  lucem  librum  Phyfico- 
mathematicum  de  motu  animalium  ");  Rinaldinum  8)  vero  artem  Analyticam  9)  : 
alium  denique,  opufeulum  de  Aquarum  fluxu  I0),  quibus  feientiarum  pomaeria 
promouenda  confido.  Nuper  etiam  Patavio  fcripfit  ad  me  Pater  Stephanus  An- 
geli  llj  Mathematum  illic  Profefïbr  et  celebris  Caualerij  difeipulus,  le  hac 
aeitate  Libellum  Geometricum  edidiffe  in  quo  Spatiorum  Spiralium  menfuras  I2) 


2)   Sur  Balthasar  de  Monconys,  voir  la  Lettre  N°.  765,  note  8. 

?)    Cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  de  Sluse,  du  3  août  1663,  ne  s'est  pas  trouvée  dans  nos  col- 
lections. 

4)  Biaise  Pascal  était  mort  déjà  le  1 9  août  1662. 

5)  Sur  cet  ouvrage  „Saggi  di  Naturali  Experienze.  1667 ,"  voir  la  Lettre  N°.  1000,  note  5. 
")   Sur  Giovanni  Alfonso  Borelli,  voir  la  Lettre  N°.  536,  note  4. 

7)  On  en  trouve  la  réimpression: 

Joli.  Alphonfi  Borelli  Ncapolitani  Matlieléos  Profeflbris,  De  Motu  Animalium,  Pars 
Frima  [et  secunda]  Editio  Nova,  a  plurimis  mendis repurgata, ac  Diflèrtationibus  Pliyfico- 
Mechanicis  de  Motu  Mufculorum,  et  de  Effervefcentia,  et  Fermentatione,  ClariMîmi  Viri 
Job.  Bernoullii  Mathefeos  Profeflbris  Bafileenfis,  aufta,  &  ornata.  Hagae  Comitum,  Apud 
Petrum  Collé.  MDCCXMII.  II  Vol.  in-40. 

8)  Sur  Carlo  Henaldini,  voir  la  Lettre  N°.  60"  ,  note  io. 

9     Ars    Analytica    Mathematum.    Authore     C.    Renaldino.    Tomus    I,    Florentine    1665. 

in-40. 

Les  Tomes  lier  III  parurent  „Pataviae"  1669  et  1668.  in-40. 
IO)  Nous  n'avons  pas  réussi  a  découvrir  cet  ouvrage,  ni  son  auteur. 
"    Sur  Stefanodegli  Angeli,  voir  la  Lettre  N°.  73a,  note  14. 

Voir  l'ouvrage  ciré  dans  la  Lettre  N°.  938,  note  6. 


CORRESPONDANCE.     1663. 


399 


oftendit,  et  Clariffimi  Vallifij  errores  I3)  notât.  Res  hoc  fchemate  explicari  po- 

teft.  Jntelligatur  centro  B  circulus  AVCG,  in  quo 
defcripta  Spiralis  ADB,  et  quilibet  radius  fecans 
fpiralem,  BDC.  Nunc  ii  fpiralis  ita  compofita  intel- 
ligatur,  vt  fit  eadem  ratio  CB,adDB,  quae  eft  cir- 
cumferentiae  ACGA ,  ad  arcum  CGA ,  fpiralis  erit 
Archimedis. 

Sin  autem  retentâ  eadem  ratione  CB  ad  DB,  in- 
telligatur  ita  e(Te  quaelibet  dignitas  circuniferentiae 
ACGA,  ad  homogeneam  arcus  CGA,  tune  produ- 
centur  illae  infinitae  fpirales  quas  Pater  Stephanus 
examinât,  et  afîerit  fpatium  fpirale  ABIDA  ad  circulum,  elfe  in  prima  feu 
Archimedis ,  vt  j  ad  3 ,  in  fecundâ  vt  j  ad  5  ,  in  tertiâ  vt  j  ad  7  et  fie  in  infinitum  in 
ratione  vnitatis  ad  numéros  impares.  Vallifius  vero  (fi  eum  redle  intcllexit)  pro- 
nunciat  primum  fpatium  efle  ad  circulum  vt  j  ad  3,  fecundum  vt  j  ad  4,  et  fie  femper 
in  ratione  vnitatis  ad  numéros  ternarium  fequentes.  Cum  vtriufque  Auftoris  librj 
non  efTent  ad  manum,  rem  ad  calculos  reuocauj ,  fed  generalius;  confiderando 
nempe  fpirales  ita  componj ,  vt  eadem  fit  ratio  cuiufiibet  dignitatis  CB  ,  ad  homo- 
geneam DB,  quae  eft  cuiufiibet  dignitatis  circuniferentiae  ACGA,  ad  homoge- 
neam arcus  CGA  :  et  regulam  facilem  invenj  quâ  totum  negotium  ablbluitur.  Eil 
enim  femper  vt  exponens  dignitatis  quae  confideratur  in  radio  et  eius  partibus,  ad 
eundem  exponentem,  vna  cum  duplo  exponentis  dignitatis  quae  confideratur  in 
circumferentiâ  et  eius  partibus ,  ita  totum  fpirale  ad  circulum ,  cuius  afTertionis 
veritatem.  . .  .  I4) 


'3)  Consultez  l'ouvrage  de  J.  Wallis  „de  Cycloide  Tractatns  [I."  Voir  la  Lettre  N°.  690. 
I4)  Le  reste  de  la  lettre  en  a  été  arraché. 


400 


CORRESPONDANCE.     1663. 


N=   1147. 

[G.  van  Gutschoven]   à  [Christiaan  Huygens]. 

[1663.] 

Appendice  au  No.   1146. 

La  pièce  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens  ')• 

Jnftrumentum  ad  vitra  minoris  fphaerae  terenda. 

Laminam  cream 
AB  fchamno  tornato- 
rio  affixam  excavabis 
fecundum  circulum 
CD  cuneo  parato  in 
formamcirculi  aequalis 
circulo  vitri  formandi. 
dico  aequalis  circulo 
maximae  fphaerulac 
cuius  lens  parciculam 
référât,  in  hoc  exca- 
bato  canali  CD,  artères 
vitra  capulae  affixa  et 
canali  apprefTa:  modo 
capulam  in  manu  con- 
tinuo  dum  vitrum  atter- 
tur  vertas  ,  ut  ex  omni 
parte  vitrum  aequa- 
liter  atteratur  :  conful- 
titfimum  autem  erit  laminam  AB  ita  difponere  et  tornatorium  (chamnum  ira  pa- 
rare,  ut  lamina  horizontaliter  circumagatur,  nam  hoc  modo  non  tam  facile  arena 
décider,  vltimam  autem  polituram  vitro  addes  fimili  lamina  fed  ltannea  terra  tri- 
politana  inferta:  vel  lamina  fimili  lignea  ex  ligno  aliquo  molliori ,  quale  cil  falicis, 
vel  populi. 

Lentes  cavas  formabis  fphaerula  ftannea  vel  plombea  BF  2)  fchamno  torna- 
torio  affixa  ut  vides,  polies  vero  eadem  fphaerula  vel  lignea  ut  fuperius  diélum 
terra  tripolitana  inferta. 


Cette  pièce  se  trouvait  incluse  dans  In  lettre  précédente.  Peut-être  que  de  S 1 11  se  l'avait  reçue 
de  van  Gutschoven  pour  la  transmettre  à  Chr.  I  luygens  et  qu'il  en  parlait  dans  la  partie  de  sa 

lettre  qui  s'est  perdue. 

<  'onsultez  la  première  figure  a  la  page  suivante. 


CORRESPONDANCE.     1663. 


4OI 


""^ 


Hoc  concavo  cono  fchamno  tornatorio  affixo,  fcabies  vitrorum  limbos  polies , 
ne  dum  ultimam  in  charta  inducimus  vitro  polituram,  particulae  tenuiores  vitri  ex- 
filientes  et  in  poros  chartae  fe{e  infinuantes  vitrum  deturpent. 


N°   1148. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 
14  septembre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
Const.  Huygens.  frère,  y  répondit  par  le  No.   1149. 

A  Londres  le    14  Septembre    1663. 

Voicy  voilre  Miftriss  Tnfton1)  que  je  vous  renvoie  après  l'avoir  mon  urée  a  Mon- 
iteur Couper  2)  et  a  Lilly  3),  qui  tous  deux  aufli  bien  que  moy  y  trouuent  a  redire 
que  vous  y  avez  mis  des  couleurs  trop  fortes,  tant  aux  ombres  qu'au  relie  du  teint, 
ce  rouge  des  joues  et  ce  jaune  li  éclatant  en  gaftant  toute  la  delicatefle.  Dans  le 
portrait  de  Miftriss  Limmon  4)  vous  l'aviez  mieux  ménagé,  et  il  n'y  avoit  de  l'ex- 
cès que  dans  les  ombres,  déplus  vous  avez  fait  le  nez  trop  gros  vers  enhaut  et  trop 
bofîii ,  les  yeux  un  peu  trop  rudes ,  parce  que  la  paupière  d'enhaut  s'ouure  trop , 
ce  qui  tout  enfemble  fait  que  voltre  copie  ne  reffêmble  pas  fort  a  l'original.  Les 
cheveux,  habits  et  tout  le  relie  font  très  bien  faits.  Monfieur  Couper  m'a  donné 
une  adreffe  pour  avoir  du  Carmin ,  mais  eftant  fur  noltre  départ  5)  et  ayant  encore 


')    Consultez  les  Lettres  N°s.  1 144  et  1 145. 
2      Sur  Cooper  ,  consultez  la  note  5  de  la  Lettre  N°.  1 145. 
3)    Sur  Lilly ,  voir  la  Lettre  N°.  1 1 24 ,  note  7. 
4      Consultez  la  Lettre  N°.  1 140. 

5>)    Chr.   Huygens  partit   vers  la  fin  de   septembre  de   Londres    pour  Paris,  où  il  arriva  le 
ier  octobre  1663. 

(Euvres.  T.  IV.  Si 


402  CORRESPONDANCE.     1 663. 

beaucoup  de  chofes  a  faire  je  ne  fcay  fi  j'auray  le  temps  d'y  aller.  J'ay  corrige  ma 
copie  d'après  Lilly  6)  par  i  ou  3  lois  fur  l'original ,  après  quoy  il  refïemble  beau- 
coup mieux  maintenant  que  le  lien.  Je  vous  recommande  cette  lettre  a  la  Confine 
Conftancia  r),  qui  vient  de  Miftriss  Faris. 

Mijn  Heer 
Mijn   Heer  van  Zeelhem 
In 

sgrauenhage. 


N?   1149. 

Constantyn  Huygens ,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

20    SEPTEMBRE     1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leideti ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1148.     Clir.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1151. 

A  la  Haye  le  20  Septembre   1663. 

Je  vous  remercie  beaucoup  des  leçons  et  corrections  que  m'auez  procurées  de 
Monfieur  Coopcr  et  je  trouve  qu'ils  ')  ont  raifon.  Je  fuis  tombé  dans  ces  inconvé- 
nients là  en  voulant  faire  que  le  pourtrait  cuit  de  la  force  auffi  citant  un  peu  ef- 
loigné  mais  je  fuis  allé  trop  auant  Soubs  un  maiitre  comme  Cooper  on  auroit  bien 
toft  fait  fans  doubte  mais  icy  nous  fommes  dans  un  malheureux  pais. 

Si  vous  n'auez  pas  eu  le  loilir  de  chercher  du  Carmin  à  Londres  je  croy  que 
vous  en  trouverez  aufll  à  Paris  ou  Blauct2)  m'a  dit  qu'il  en  auoit  achepté  autrefois. 
Je  vous  prie  d'y  regarder;  c'ell  une  chofe  dont  en  miniature  Ion  ne  fe  peut  pas 
palier  et  qu'il  n'y  a  aucun  moyen  d'auoir  icy.  Il  n'en  faut  qu'un  peu  comme  c'efl: 
une  couleur  qui  a  beaucoup  de  corps. 

Je  me  promets  que  vous  aurez  bien  la  curiofité  de  vous  informer  de  la  méthode 
de  faire  le  paftel  dont  le  fert  Nanteuil 3)  qui  apparemment  fera  le  meilleur  de  touts. 

6      ('clic  du  portrait  de  Mistress  Middleton.  Consulte/  la  Lettre  N°.  1  143. 
Il  •>  n^tt  de  (  'onstantia  le  Leu  île  Willieni. 

C'esl  i  lire  (  looper  el  Lilly. 

Sur  Blavet ,  voir  la  Lettre  N°.  i  io~  ,  note  i. 

Sur  Manteuil,  voir  la  Lettre  N°.  803,  nott 


CORRESPONDANCE.     1663.  403 


J'ay  fait  le  pourtrait  de  Moniieur  Maerten  4)  mais  rien  qu'auec  du  crayon  noir, 
et  il  reffemble  fort  bien.  Toot5)  alla  il  y  a  plus  d'un  mois  à  FEfclufe 6).  pour  deman- 
der nos  arrierages  des  Parentes  7~).  En  revenant  il  s'arrefta  à  Middelbourg  pour 
y  faire  la  cour  a  Mademoifelle  Tibout  8)  dont  il  elt  fort  charmé.  Cette  folie  dure 
encore,  et  Mademoifelle  de  Nieuveen  9)  efcrivit  l'autre  jour  de  là  qu'il  y  eitoit 
encore  en  bonne  fanté  quand  icy  nous  le  croyions  depuis  quelque  temps  defja 
au  Monnickelant.  Il  ne  m'a  efcrit  qu'une  feule  fois  il  y  a  environ  quinze  jours , 
et  je  ne  fcay  comment  faire  auec  ce  garçon  là  qui  ne  me  dit  rien  àmoy,eten 
revenant  aura  mangé  beaucoup  d'argent.  Si  nous  auions  beaucoup  de  ces  Maen- 
ders  1Q)  là  nous  aurions  fort  peu  de  revenu.  Je  ne  veux  pourtant  pas  Faccufer  au- 
près del  Signor  Padre  encor  qu'il  le  mérite  bien. 

Adieu. 

Quand  vous  ferez  a  Paris  je  vous  prie  de  n'oublier  pas  ma  perrucque  et  de  bien 
confiderer  les  cheveux  avant  qu'on  les  travaille ,  pour  voir  s'ils  font  naturellement 
frifés.  a  moins  de  cela  il  ne  vaudroit  pas  la  peine  d'en  faire  venir  de  fi  loing. 

Pour  mon  Frère 


N=   11 50. 

j.  "Chapelain  à  N.  Heinsius. 
11  septembre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Paris,  Bibliothèque  Nationale. 
Elle  a  été  publiée  par  Ph.   Tamizey  de  Larroque  dans  ses  Lettres  de  J.  Chapelain  II.   1883. 

Monsieur, 
je  refpons  à  vos  deux  dernières,  l'une  du  xxi  aouft  et  l'autre  du  xx  vin.  Ce 
qui   m'a  fait  différer  quelques  jours  à  vous  faire  fçavoir  de  mes  nouvelles,   a 
efté  l'efperance  que  Monfieur  le  Marquis  de  Montaufier  ')  m'avoit  donnée  de 

4)  Probablement  Martin  Suerius. 

5)  Lodewijk  Huygens. 

rt)  Il  s'agit  des  possessions  de  Const.  Huygens,  père,  à  Ysendyk,  portant  le  nom  de  Gatenisse 
on  Oranje-Polder.  Il  y  avait  beaucoup  de  difficultés  à  percevoir  les  revenus. 

r)  Joost  Parente,  qui  avait  succédé  à  son  père  Andries  Parente,  comme  receveur  des  biens  de 
Constantyn  Huygens,  père,  à  Ysendyke. 

8)    Sur  Mademoiselle  Thibaut,  voir  la  Lettre  N°.  910,  note  3. 

y)    Elisabeth  Maria  Musch.  Voir  la  Lettre  N°.  196,  note  5. 

,0)  Traduction:  porteurs  de  fommacions. 


x)    Voir  la  Lettre  N°.  596,  note  1. 


404  CORRESPONDANCE.     1 663. 


s'aquiter  de  la  mcfme  debte  envers  vous,  et  cette  efperance  n'a  pas  efté  trompée 
comme  vous  le  verres  par  la  lettre  qu'il  m'a  envoyée  de  Caen  pour  vous.  Quoy 
qu'il  vous  y  die ,  prenés  le  au  pied  de  la  lettre;  car  c'elt  le  plus  véridique  de  tous 
les  hommes  et  il  aimeroit  mieux  pafTer  pour  incivil  que  pour  flateur.  Je  me  remets 
à  luy  du  refte. 

Vous  me  ferés  relire  Silius  Italicus  2)  quand  il  aura  paru  avec  vos  notes  et  vos 
émendations,  tant  les  éloges  que  vous  luy  donnés  ont  fait  d'imprelfion  fur  moy. 
J'en  feray  autant  de  Virgile  de  voftre  édition  3). 

J'ay  veu  quelques  recueils  de  lettres  4_)  du  fçavant  Reinefius  5)  qui  ne  refpon- 
dent  à  fa  grande  réputation  ni  pour  les  chofes  ni  pour  le  langage.  Je  n'ay  rien 
d'Oétavius  Ferrarius  ")  que  le  panégyrique  7)  qu'il  fit  pour  la  reyne  Chriftine  et 


2)  Ces  notes  de  Heinsius  n'ont  été  publiées  que  plus  tard,  dans  l'édition  : 

Caji  Silii  Italici  Punicorum  Libri  Septemdecim,  cum  excerptis  ex  Franciici  Modii  No- 
vantiquis  Le&ionibus,  et  Cafp  Barthii  Adverfariis,  tum  Danielis  Heinfii  crepundiis  Silianis, 
et  poftumis  notis  Nicolai  Heinfii,  mine  primum  editis,  Curante  Arnoldo  Drakenborch,  Cujus 
etiam  annotationes  paffim  additae  funt.  Trajefti  ad  Rhenum,  apud  Guilielmum  van  de  Water, 
Aeadem.  Typogr.  cloloccxvu.  in-40. 

3)  Cette  édition  de  Virgile  parut  plus  tard.  Consultez  la  Lettre  N°.  108 1 ,  note  6. 

4)  Th.  Reinesl.  D.  ad  Viros  Claril's.  D.  Cafp.  HofFmannum,  Chr.  Ad.  Rupertum.  Profefs.  Nori- 
cos  lipiltolae.  Lipfiae.  Sumtibus  Johannis  Scheibii.  Imprimebat  Johannes  Bauerus.  Anno 
1660.  in-40. 

s)  Thomas  Reinesius  naquit  à  Gotha  le  13  décembre  1587  et  mourut  à  Leipzig  le  17  janvier 
1667.  Reçu  docteur  en  médecine  à  Bàle,  il  pratiqua  son  art  à  Altorf",  à  Hof,  en  1619  a  Bay- 
reuth,  en  1627  à  Alteribourg,  où  ensuite  il  devint  bourgmestre.  Plus  tard  il  se  fixa  à  Leipzig, 
comme  conseiller  de  l'Electeur  de  Saxe.  Il  était  bizarre  et  emporté,  mais  savant  antiquaire, 
ce  qui  lui  valut  une  pension  de  Louis  XIV.  * 

6)  Ottavio  Ferrari,  neveu  du  savant  Francesco  Bernardino  Ferrari,  naquit  à  Milan  le  20  mai 
1607  et  mourut  à  Padoue  le  7  mars  1682.  D'abord  professeur  à  Milan  ,  en  1634  a  Padoue, 
il  a  beaucoup  écrit,  surtout  sur  l'archéologie,  et  reçut  une  pension  de  Louis  XIV. 

7)  Cet  opuscule: 

a)  Pal  1  as  Svevica,  Panegyricvs  Chriftinae ,  Gothorvm ,  Vandalorum  ac  Suecorum  Reginae 
imperium  aufpicanti ,  dictus. 

ainsi  que  l'autre: 

/>)  Chriftina  abdicans,  Prolvsio  xxi. 

sont  réimprimés  aux  pages  253     298  du  Volume  1  de  l'ouvrage  : 

Oftavii  Ferrarii  Patricii  mediolancnfis,  Equitis,  &  in  Lycaeo  patavino  quondam  Profef- 
foris  celeberrimi  Opéra  Varia,  Prolufiones,  Fpiftolas,  Formulas  ad  capienda  Doftoris 
infignia,  &.  varias  [nferiptiones  comple&entia.  Omnia  illa  ex diverfis  auctoris  libris  col- 
legit,  in  ordinem  redegit,  &  (ingulari  lludio  eniendavir  Ioannes  Fabr ici vs,  D.&  Prof, 
emeritus,  Serenifs.  Dvcis  Brunfvic.  ac  Luneb.  Confiliarius  confiftor.  &  ecclefiaft.  Abbas 
llegiae  Luterae,  Scholarumque  per  Ducatum  brunfvic.  [nfpeétor  generalis.  Wolflfenbvt- 
telii.  Sumtibus Godofredi  Freytagii  Bibliopolae.  Anno  mdccxi.  Il  Tomi.  in-8°. 


CORRESPONDANCE.     1663.  405 


qu'il  vous  envoya  à  Paris,  mais  je  n'y  nrouvay  rien  d'extraordinaire  8).  Je  n'ay  pas 
laiiïe  de  les  nommer  plus  d'une  fois  fur  voftre  parole  comme  dignes  des  largeiïes9) 


8)  La  reine  Christine  pourtant  envoya  à  Ferrari  une  chaîne  d'or  de  la  valeur  de  mille  ducats. 

9)  Il  nous  semble  assez  intéressant  de  pouvoir  insérer  ici  la  première  liste  des  gratifications  de 
Louis  XIV  en  1663;. elle  est  tirée  de  l'ouvrage 

Comptes  sur  les  bâtiments  du  Roi,  sous  le  règne  de  Louis  XIV.  Tome  I.  Paris  1881.  in-40. 

Livres. 
Au  Sieur  De  la  Chambre,  médecin  ordinaire  du  roi,  excellent  homme  pour  la 
phyfique  et  pour  la  connoiflance  des  palïïons  et  des  feus,  dont  il  a  fait  divers 

ouvrages,  fort  eftimés,  une  penfion  de 2000. — 

Au  Sieur  Conrart,  lequel  fans  connoiflance  d'aucune  autre  langue  que  fa  ma- 
ternelle, eft  admirable  pour  juger  de  toutes  les  productions  de  l'efprit,  une  pen- 
fion de 1 500. — 

Av.  Sieur  Le  Clerc,  excellent  poé'te  françois 600. — 

Au  Sieur  Pierre  Corneille,  premier  poète  dramatique  du  monde 2000. — 

Au  Sieur  Defmaretz,  le  plus  fertile  auteur,  et  doué  de  la  plus  belle  imagina- 
tion qui  ait  jamais  été 1 200. — 

Au  Sieur  Mefnage,  excellent  pour  la  critique  des  pièces 2000. — 

Au  Sieur  abbé  de  Pure,  qui  écrit  l'hiftoire  en  latin  pur  et  élégant 1000. — 

Au  Sieur  Boyer,  excellent  poète  françois  800. — 

Au  Sieur  Corneille  le  jeune,  bon  poète  françois  et  dramatique 1000. — 

Au  Sieur  Molière,  excellent  poète  comique 1000. — 

Au  Sieur  Benferade,  poète  françois  fort  agréable 1500- — 

Au  père  Le  Cointe,  habile  pour  l'hiftoire 1500. — 

Au  Sieur  Huet,  de  Caen,  grand  perlbnnage  qui  a  traduit  Origène i5°°- — 

Au  Sieur  Charpentier,  poète  et  orateur  françois 1200. — 

Au  Sieur  abbé  Cottin ,  poète  et  orateur  françois 1 200. — 

Au  Sieur  Sorbière,  favant  es  lettres  humaines 1000. — 

Au  Sieur  Douvrier,  idem 3000. — 

Au  Sieur  Ogier,  comfommé  dans  la  théologie  et  les  belles-lettres 1500. — 

Au  Sieur  Vattier,  profeffant  parfaitement  la  langue  arabe 600. — 

A  l'abbé  Le  Vayer ,  favant  es  belles-lettres 1000. — 

Au  Sievr  Le  Laboureur,  habile  pour  l'hiftoire 1200. — 

Au  Sieur  de  Sainte-Marthe,  habile  pour  l'hiftoire 1200. — 

Au  Sieur  Du  Perrier,  poète  latin 800. — 

Au  Sieur  Fléchier,  poète  françois  et  latin 800. — 

Au  Sieurs  de  Valois  frères,  qui  écrivent  l'hiftoire  en  latin 2400. — 

Au  Sieur  Mauri,  poète  latin 600. — 

Au  Sieur  Racine,  poète  françois 800. — 

Au  Sieur  abbé  de  Bourzeys,  confommé  dans  la  théologie  pofitive  fcolaftique , 

dans  l'hiftoire,  les  lettres  humaines,  et  les  langues  orientales 3000.  - 

Au  Sieur  Chapelain,  le  plus  grand  poète  françois  qui  ait  jamais  été,  et  du  plus 

folide  jugement 3000. — 

Au  Sieur  abbé  Caftagne,  poète  orateur  et  favant  en  théologie I5°°- — 

Au  Sieur  Perrault,  habile  en  poéfîe  et  en  belles-lettres Koo. — 


406  CORRESPONDANCE.    1663. 


du  Roy  et  du  mefme  ton  que  j'avois  fait  ces  autres  Meilleurs  dont  vous  me  parlés 
et  qui  ont  elle  gratifiés  par  Sa  Majefté,  à  la  réferve  de  Monfieur  Chriftianus  Hug- 
gens  qu'on  n'a  pas  plus  trouvé  icy  quand  on  l'a  cherché,  pour  luy  remettre  le  pré- 
fent  en  main  propre  et  on  le  croit  en  Angleterre  avec  Monfieur  Ton  père,  lequel 
s'eft  retiré  IO)  de  cette  Cour  fans  prendre  congé  XI). 


Livres. 

Au  Sieur  Mézerai ,  hiftoriographe 4000.   - 

2-  juin  :  au  Sieur  Priolo,  par  gratification  et  pour  luy  donner  de  continuer  Ton 

aplication  aux  lettres 2500. — 

Au  Sieur  de  Comberville,  par  gratification  que  S.  M.  luy  a  ordonnée 1200.    - 

Au  Sieur  Varillas,  idem 1200.-  - 

Au  Sieur  Petit,  idem 800. — 

Au  Sieur  Godeffroy,  idem  en  confideration  de  la  profonde  connoiflance  qu'il 

a  dans  Thiltoire 3600. 

Au  Sieur  Viviani,  idem  par  gratification  et  pour  luy  donner  des  marques  de 

l'eftime  que  S.  M.  fait  de  fon  mérite 1 200.  - 

Au  Sieur  Quinaut,  idem 800. — 

6  décembre:  au  Sieur  Lheritier,  idem 1000. — 

9  avril  1665  :  au  Sieur  Vuangenfeil ,  idem 1500.  - 

21  septembre  1665:  au  Sieur  Brandon,  par  gratification  et  pour  luy  donner 

moyen  de  continuer  fes  études 400. 

Au  Sieur  Ollier  de  Befac,  idem 600.  - 

Au  Sieur  abbé  Olier,  bien  verfé  en  théologie,  et  pour  l'obliger  de  vacquer  aux 

belles-lettres 800.  - 

Au  Sieur  Carcavy ,  bien  verfé  dans  les  mathématiques 1500. 

Au  Sieur  Perrot  d'Ablancourt ,  bien  verfé  dans  les  lettres  et  principalement 

dans  les  langues 1 500. 

Au  Sieur  Gombault,  bien  verfé  dans  la  poéfie  rrançoife 1 200. 

Au  Sieur  Viliotto,  Savoyard,  bien  verfé  dans  la  médecine  et  dans  les  huma- 

nitez 600. — 

Au  Sieur  Gratiany,  bien  verfé  dans  les  belles-lettres  et  qui  excelle  dans  la  poéfie 

italienne 1 500. 

Au  Sieur  Corringius,  Allemand,  fameux  profcfîeuren  hiltoire  dans  l'Académie 

à  Helmeftad 900. 

Au  Sieur  Hevelius,  Flamand,  conful  vétéran  de  la  ville  de  Dantzic,  favant 

dans  l'aflronomie 1 200. — 

Au  Sieur  Beklerus,  bien  verfé  dans  l'hiftoire  et  dans  les  humankez 900.  -- 

Au  Sieur  lluggens,  Hollandois,  grand  mathématicien,  inventeur  de  l'horloge 

de  la  pendulle 1  200. 

Au  Sieur  Gevartius,  Flamand,  naguères  fecretaire  de  la  ville  d'Anvers,  en  con- 
sidération de  fa  profonde  érudition  1  200. 

Au  Sieur  Heinfius,  Hollandois, grand  poète  et  orateur  latin 1200.   - 

Au  Sieur  Voflîus,  Hollandois,  excellent  dans  la  géographie 1200. 

10  )  En  effet,  Constantyn  Huygens,  pere,  avec  Christiaan,  partirent  pour  l'Angleterre  le  7  juin 

1^)63  et  arrivéreni  à  Londres  le  10  juin  [Reys-Verhael]. 
")  Consultez  la  Lettre  N°.  1  134. 


CORRESPONDANCE.     1663.  407 


Monfieur  Voflius  i:)  m'a  tefmoigné  beaucoup  de  gratitude  de  l'office  que  je  luy 
ay  rendu.  Je  connoifïbis  bien  Daufquius  I3)  ex-jéfuite  qui  a  publié  un  volume  de 
Ortographia  I4)  très  curieux  et  que  je  conferve  entre  mes  meilleurs  livres,  mais 
je  ne  le  connoifTois  point  fous  le  nom  de  Daufqueius  I5).  J'ignorois  qu'il  euft  ja- 
mais eu  de  defmeflé  1<s)  avec  Monfieur  voftre  père  '").  Cela  fuffit  pour  le  mettre 
mal  avec  moy.  Je  feray  bien  aife  de  voir  comment  vous  le  traitterés  dans  voilre  Si- 
lius,  eflant  difficile  qu'il  ne  vous  ait  donné  fujet  dans  le  lien  lS)  de  luy  laver  la  telle. 

Vous  avés  fait  fagement  de  ne  pas  attendre  la  permiffion  de  Meilleurs  vos  pa- 
trons I9)  pour  marquer  au  Roy  et  à  Monfieur  Colbert  voftre  refTentiment  de  la 
grâce  2°)  que  vous  avés  receùe.  Ces  grands  hommes  qui  gouvernent  chés  vous  fça- 
vent  bien  qu'il  y  en  a  deux  en  vous ,  et  que  vous  elles  homme  de  lettres  avant 
que  d'eflre  homme  d'Eflat  et  leur  miniilre.  Us  n'ont  garde  d'interpréter  mal  les 
bonnes  intentions  de  ce  grand  prince;  au  contraire  ils  reputeront  à  honneur  pour 
leur  republique  que  Sa  Majeflé  y  cherche  et  y  trouve  des  fujets  de  fa  munifi- 
cence en  matière  qui  ne  regarde  aucunement  les  affaires  publiques. 

Le  fecretaire  des  commandements  21)  du  duc  de  Modène  22)  a  receu  la  mefme 


12)  Il  s'agit  de  Isaac  Vossius.  Voir  la  Lettre  N°.  444,  note  4. 

13)  Claude  Dausquey  (Dausqne)  naquit  à  St.  Orner  le  5  décembre  1556,  et  mourut  à  Rotterdam 
en  1644.  Entré  en  1585  dans  la  Société  des  jésuites,  il  la  quitta  en  1610  et  devint  chanoine 
de  la  cathédrale  de  Tournay.  Savant  érudit  et  bon  prédicateur,  il  a  eu  une  vive  polémique 
avec  les  cordeliers. 

14)  Antiqvi  Noviqve  LatI  Orthographica  aClavdio  Davfqvio  Sanftomario  Canonico  Tornaci  II. 
digefta  voluminibus.  Tornaci  Nerviorvm.  Ex  Typographio  Adriani  Qvinqvé.  [Typogr. 
Iura.  Sub  Signo  SS.  Pétri  &  Pauli.]  mdcxxxii.  Cum  gratia  et  Priuilegio.  in-folio. 

15)  Consultez  les  titres  des  ouvrages  des  notes  14  et  1 8. 
1<s)  Probablement  au  sujet  de  son  ouvrage: 

Conciliabuli  Dordraceni  Afeia  a  Claudio  Daufquio  Canonico  Tornacenfi.  Regiaci  Atre- 
batium.  Apud  Joannem  Baptillam  et  Guilielmum  Riverios,  lub  iigno  Boni  Partons 
m.dc.xxix.  in-8°. 

17)  Sur  Daniel  Heinsius,  consultez  la  Lettre  N°.  irf,  note  4  (Tome  I ,  Supplément^). 

18)  In  C.  Silii  Italici  Viri  Confvlaris  Pvnica,  fev  de  Bello  Pvnico  Secvndo  Libros  XVII.  Cl. 
Davfqveivs  Sanftomarivs  Canon.  Tornac.  Parifiis,  Apud  Davidem  Dovcevr.  Bibliopolam 
Iuratum,  via  Jacobaea,  fub  interfigno  rtantis  &  fixi  Mercurij.  m.vi.c.xv.  Cvm  Privilegio 
Régis,  in-40. 

19)  Les  Etats-Généraux  des  Provinces-Unies. 

2°)  Tout  comme  Chr.  Huygens,  Nie.  Heinsius  avait  reçu  une  régale  de  Louis  XIV  en  1663. 
Consultez  la  note  9. 

21)  Geronimo  Graziani,  comte  de  Saryana,  naquit  à  Pergala  (Urbino)  en  1604,  où  il  mourut 
le  10  septembre  1675.  Il  était  poète  et  fut  dans  les  grâces  des  ducs  de  Modène. 

22)  Alfonso  IV,  fils  du  duc  de  Modène  Francesco  II  et  de  Maria  di  Farnese  de  Parme ,  naquit  le 
i  3  février  1634  et  mourut  le  16  juillet  1662.  Il  épousa  en  1655  Laura  Marienna,  cousine 


408  CORRESPONDANCE.     1663. 


faveur,  fans  s'eftre  rendu  fufpect  à  fon  prince,  parce  que  c'eftoit  en  qualité  de 
lettré.  Léo  Allatius  23)  bien  qu'officier  domeftique  du  Pape  24)  n'en  a  plus  fait 
de  difficulté  25)-  En  effet  la  chofe  parle  toute  feule. 

Sa  Majefté  a  receu  voftre  compliment  par  les  mains  de  Monfieur  Colbert26)  qui 
m'a  tefmoigné  qu'elle  l'avoit  eu  fort  agréable.  Pour  celuy  que  vous  avés  fait  à 
luy ,  il  l'a  leu  attentivement,  en  a  efté  touché  et  l'a  fait  mettre  entre  les  chofes  les 
plus  curieufes  de  fa  bibliothèque.  Je  l'ay  afTuré  que  voftre  bon  coeur  n'en  demeu- 
reroit  pas  la,  et  que  s'il  eft  content  de  vous,  vous  ne  l'eftes  pas  vous  mefme ,  et 
ne  le  ferés  que  quand  vous  aurés  donné  de  plus  grandes  marques  de  voftre  recon- 
noifïance.  Il  me  femble  que  je  ne  vous  ay  engagé  à  rien  que  vous  ne  vouliés  et 
qu'en  cela  je  n'ay  agi  que  fur  vos  ordres. 

J'ay  beaucoup  de  joye  que  le  livre  de  Coronis  2?)  foit  venu  enfin  jufqu'à  vous  et 
que  vous  le  poflediés  maintenant  fans  plus  de  crainte.  J'en  ay  bien  davantage  que 
ces  manuferits  de  Meilleurs  Mentel  28)  et  Medon  2y)  ayent  efluyé  les  périls  de 
la  mer  et  foient  aufïï  arrivés  fains  et  faufs  à  Stokholm.  Voilà  de  quoy  bien  refjoùir 
ces  Meffieurs  qui  vous  les  ont  envoyés ,  particulièrement  ce  bon  Monfieur  Men- 
tel qui  le  fera  trouvé  plus  riche  qu'il  ne  penfoit ,  et  qui  tirera  un  notable  avantage 


du  cardinal  Mazarin  et  succéda  au  trône  en  1658;  il  le  laissa  à  son  fils  Francesco  III,  né 
le  6  mars  1660,  et  mort  le  7  septembre  1694,  qui  épousa  en  1692  Margaretha  Maria  di 
Farnese. 

Il  semble  que  Graziani  portait  alors  encore  le  titre  de  secrétaire  du  prince  décédé. 

23)  Sur  Léo  Allacci  (Allatius);  voir  la  Lettre  N°.  757",  note  9  (Supplément  du  Tome  III). 

24)  Fabio  Cliigi,  le  pape  Alessandro  VIL  Voir  la  Lettre  N°.  732,  note  6. 

25)  Cependant,  la  cour  Romaine  obligea  Allatius  de  refuser  „les  présents  d'Artaxerxès." 
2<s)  C'était  Colbert  qui  distribuait  les  «régales"  de  Louis  XIV. 

27)  Caroli  Pafchalii  Régis  in  Sacro  Confiftorio  Confiliarii,  et  apvd  Rhaetos  Legati  Coronae. 
Opus  quod  mine  primùm  in  lucem  editur  diftinctum  X.libris:  quibus  res  omnis  coror.aria 
è  prifeorum  eruta  &  collefta  monumentis  continetur.  Parifiis,  E  Typographia  Pétri  Cheva- 
lerii,  in  monte  diui  Ililarij.  MDCX.  Cvm  Privilegio  Régis,  in-40. 

L'auteur  en  est 

Carlo  Pasquali  (Paschal),  de  famille  noble,  qui  naquit  à  Coni  (Piémont)  le  19  avril 
1547  et  mourut  le  25  décembre  1625  à  son  château  de  la  Queute  (Abbeville).  Juriscon- 
sulte et  diplomate,  il  se  fixa  à  Paris  et  remplit  diverses  missions  et  ambassades.  Il  a  laisse 
plusieurs  ouvrages  diplomatiques. 

28)  Jacques  Mentel  naquit  en  1597  à  Château-Thierry  et  mourut  à  Paris  en  1671.  11  se  croyait 
descendant  de  Jean  Mentelin  ,  le  fameux  imprimeur  de  Strasbourg.  Il  fut  professeur  de  chi- 
rurgie et  d'anatomie  à  Paris,  et  avait  amassé  une  bibliothèque  très-renommée  et  surtout 
riche  en  manuscrits  précieux. 

:y)  Bernard  Médon,  magistrat  de  Toulouse,  était  grand  ami  de  Nie.  Ileinsius. 


CORRESPONDANCE.     1663.  409 


de  la  richefTe  de  fon  cabinet  quand  vous  alleguerés  fi  fouvent  Tes  vieilles  mem- 
branes et  que  vous  le  préfererés  tant  aux  autres. 

Pour  les  livres  nouveaux  on  a,  depuis  un  mois  icy ,  le  Cardan  3°)  en  dix  volu- 
mes in  folio31)  d'impreflîon  de  Lion  et  fort  augmentés  de  pièces  non  encore  veues. 
Monfieur  de  Valois  *-~)  l'aifné  a  fon  Socrate  33)  de  l'Hiftoire  ecclefiattïquc  preft; 
il  aura  fini  fon  Sozomene  34)  cette  année  et,  la  fuyvante,  il  efpère  les  donner  tous 
deux  35)  avec  36)  Théodoret  37).  Ils  m'ont  fort  prié  de  vous  confirmer  dans  la 


3°)  Geronimo  Cardano,  fils  du  médecin  Facio  Cardano  et  de  Clara  Micbezia,  naquit  à  Pavia  le 
24  septembre  1501,  et  mourut  le  21  septembre  1576  a  Rome.  Il  était  médecin,  devint  en 
1534  professeur  de  mathématiques  à  Milan,  en  1559  professeur  de  médecine  à  Pavie  et  en 
1562  à  Bologne  où,  en  1570,  il  fut  emprisonné  environ  un  an  pour  dettes.  En  1571  il  vint  à 
Rome,  où  il  reçut  une  pension  du  Pape.  La  résolution  des  équations  du  troisième  degré,  qui 
porte  son  nom,  est  due  à  son  compatriote  Tartaglia. 

31)  Hieronymi  Cardani  Mediolanenfis  Pbilofophi  ac  Medici  Celeberrimi  Opéra  Omnia:  tam 
haftenvs  excvfa;  hîc  tamen  au&a  &  emendata;  quàm  nunquam  aliàs  vifa,  ac  primùm  ex  Auc- 
toris  ipfius  Autographis  eruta:  Cura  Caroli  Sponii,  Doétoris  Medici  Collegio  Medd.  Lugdu- 
naeorum  Aggregati.  Elenchus  vniuerfalis  Operum,  ad  calcem  vitae  Autoris  habetur.  Lvg- 
dvni,  Sumptibus  Ioannis  Antonii  Hvgvetan,  &  Marci  Antonii  Ravavd.  m.dc.lxiii.  Cvm 
Privilcgio  Régis.  X  Vol.  in-folio. 

32)  Henri  de  Valois  (Valesiusj  naquit  le  10  septembre  1603  à  Paris,  où  il  mourut  le  7  mai  1676. 
Il  était  d'une  famille  noble  de  Normandie  et  seigneur  d'Orée.  D'abord  avocat,  il  se  voua,  dès 
1630,  entièrement  aux  belles  lettres,  devint  en  1660  historiographe  de  France  et  épousa 
en  1664  la  belle  Marguerite  Chesneaux.  Son  frère  était: 

Adrien  de  Valois  (Valcsius),  né  le  14  janvier  1607  à  Paris,  où  il  mourut  le  2  juillet  1692, 
comme  seigneur  de  la  Mare.  Il  poursuivit  les  mêmes  études  que  son  frère,  et  devint  aussi 
historiographe  en  1660. 

33)  Socrates  Scholasticus  vivait  au  5e  siècle  à  Constantinople. 

34)  Salamanes  Hermias  Sozomenus,  né  dans  l'île  de  Chypre,  vivait  au  5e  siècle  comme  avocat  à 
Constantinople. 

35)  Socratis  ScholafHci  et  Hermiae  Sozomeni  Hiftoria  EcclefiafHca.  Henricvs  Valefivs  Graecum 
textum  collatis  MSS.  Codicibus  emendauit,  Latine  vertit,  &  Annotationibus  illuftrauit. 
Adjeéta  eft  ad  calcem  difputatio  Archelai  Epifcopi  aduerfus  Manichaeum.  Parifiis.  Excude- 
bat  Antonius  Vitré,  Régis  &  Cleri  Gallicani  Typographus.  m.dc.lxviii.  Cvm  Privilcgio 
Régis,  in-folio. 

3<s)  Cet  ouvrage  a  paru  plus  tard  sous  le  titre: 

Theodoriti  Epifcopi' Cyri  et  Evagrii  ScholafHci  Hiftoria  EcclefiafHca.  Item  Excerpta 
ex  Hiftoriis  Philoftorgii  et  Theodori  Leftoris.  Henricvs  Valefivs  Graeca  ex  MSS.  Codicibus 
emendauit,  Latine  vertit,  &  Annotationibus  illultrauit.  Parifiis,  Typis  Pétri  le  Périt,  Régis 
Typographi:  via  Jacobaeà,  fub  figno  Crucis  aureae.  m.dc.lxxviii.  Cvm  Privilcgio  Régis,  in- 
folio. 

37)  Theodoretus  ou  Theodoritus  mourut  en  457  comme  évcque  de  Cyro  (Syrie).  Il  fut  des- 
titué en  43 1  par  le  Synode  d'Ephèse ,  mais  restitué  par  celui  de  Chalcédoinc  en  45 1 . 

Œuvres.  T.  IV.  52 


410  CORRESPONDANCE.     1 663. 


croyance  de  leur  amitié.  Monfieur  Ménage  38)  a  fait  réimprimer  les  poélies  en 
Hollande  3y)  pour  y  mefdire  de  moy  par  des  calomnies  très  impudentes  et  qui  le 
démentent  toutes  feules. 


De  Paris,  ce  xxi  Septembre   1663. 


Ns    1151. 

ClIRISTIAAN    HUYGENS    h    CoNSTANTVN    HlIYGENS,    frère. 
5    OCTOBRE    1663. 

Im  lettre  se  trouve  à  Laden,  coll.  Httygens. 
Elit   est  le  réponse  au  No.   1149.       Const,  Huygens ,  frère,  y  répondit  par  le  No.   1153. 

A  Paris  ce  5  Octobre   1663. 

En  arrivant  en  cette  ville  lundy  dernier  ')  j'y  trouuay  la  vollre  du  20  Septem- 
bre par  la  quelle  vous  tefmoignez  d'cllrc  fatiffait  des  corrections  que  je  vous  ay 
envoiees  de  Londres.  Il  y  a  bien  des  peintres  qui  ne  les  prendraient  pas  ainfi  en 
bonne  part,  parce  que  chafeun  cl  t.  aveugle  en  ce  qui  regarde  fon  propre  trauail , 
et  moy  autant  que  perfonne.  Je  ne  Pay  jamais  cogneu  plus  manuellement  que  ce 
matin,  en  comparant  de  mes  anciens  portraits  que  je  creus  cydevant  eftre  allez  bien 
faits ,  avec  ceux  que  j'ay  apporté  d'Angleterre,  dont  l'un  elt  la  copie  d'après  Lilly 
et  l'autre  le  pourfil  de  ce  mefmc  beau  vifage  ù)  dont  je  vous  ay  eferit  cy  devant, 
que  j'ay  l'ait  après  le  naturel  de  crayon  de  couleur.  Je  vous  allure  qu'il  y  en  a  de 


38)  Sur  Cilles  Ménage,  voir  In  Lettre  N°.  278,  note  4. 

Aegidii  Menagii  Poemata.  Quarta  Bditio  au&ior  et  emendatior.  Amftelodami.  Exofficina 
Elzeviriana.  [663.  in-120. 


')    C'était  le  [er  octobre. 

' )  Celui  de  Mîstress  Middleton.  Consultez  les  Lettres  Nos.  1 1 4 ■>, ,  114s.  1 1 4H. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  411 


ces  antiques,  comme  celuy  de  Miek  Z  3)  après  Mytens 4).  Mirtriss  Boilc  s)  après 
Hanneman  û)  et  Mademoifelle  Petit r)  après  elle  mefme,  qui  me  paroifTent  mainte- 
nant ii  horriblement  mal  faits  que  j'efclattc  de  rire  en  les  regardant,  ce  qui  me  fait 
veoir  que  fi  je  m'y  excrcois  un  peu  fouuent  je  pourrois  arriver  bicntoft  a  plus  de 
perfection  dans  cet  art,  m'eftant  amende  a  faire  ce  feul  vifage. 

Si  toft  que  nos  vifites  necefïaires  feront  faites,  et  que  je  pourray  me  fervir  plus 
librement  du  carofTe  je  fongeray  a  vos  commiffions  de  la  perruque  du  Carmin  et 
du  paltel.  le  Carmin  a  eftè  invente  en  cette  ville,  c'eft  pourquoy  il  ne  faut  pas 
douter  qu'on  n'y  en  trouue ,  et  a  meilleur  marché  qu'a  Londres. 

Je  croy  que  le  frère  Louis  a  tort  de  ne  vous  pas  communiquer  fes  deïïèins 8)  qu'il 
a  en  Zelande,  puis  qu'il  s'y  prend  tout  de  bon,  comme  vous  verrez  par  ce  Mon 
Père  vous  en  eferira.  J'ay  veu  toute  l'hiftoire  de  les  amourettes  dans  une  longue 
lettre  qu'il  luy  en  a  eferit,  ou  il  tefmoigne  avoir  bonne  efperance  de  venir  a  bout 
de  fes  prétentions.  Il  Signor  Padre  croit  qu'il  ne  fera  pas  mal  fes  affaires  s'il  peut 
reuffir  et  pour  cet  cffecl:  luy  envoie  les  lettres  au  parents  de  la  donzelle  y)  qu'il 
avoit  demandées,  tellement  que  vous  le  verrez  partir  bientoil  derechef  pour  s'y 
rendre.  Ne  dites  pas  que  vous  ayez  rien  feeu  de  moy.  Adieu. 

Dites  je  vous  prie  au  frerc  Louis  qu'il  faut  qu'il  faite  tenir  les  80  livres  que  Mon- 
fieur Chieze  luy  a  remis,  a  l'horologcr  au  Speuy  Monfieur  Severijn  LO),  et  qu'il 
le  veuille  faire  au  plultoft,  car  il  y  a  plus  de  4  mois  que  Monfieur  Bouillant 
m'a  donne  cet  argent  pour  cet  effect  et  que  je  l'ay  mis  en  main  a  Moniteur 
Chieze. 

Donnez  ordre  au  (fi  au  dit  Horologer  de  faire  une  horologe  a  pendule  de  3  pieds 


:')    Il  s'agit  probablement  de 

Maria  Suerius,  fille  de  Lenaert  Suerius  et  de  Constantia  van  Geel.  Elle  épousa  Mattheus 

HoeuflTt,  seigneur  de  Buttingen  ,  Zandvoort  et  Oyen. 

A  )    Sur  les  Mytens,  voir  la  Lettre  N°.  1118,  note  6. 

s)    Elisabeth  Clifford,  fille  unique  de  Henry  Lord  Clifford  ,  comte  de  Cumberland,  et  de  Lady 
Francis  Cecil.  Le  5  juillet  1635  elle  épousa 

Richard  Boyle,  second  comte  de  Cork  et  premier  comte  de  Burlington.  Il  naquit  le 
20  octobre  161 2  à  Youghal  et  mourut  à  Londres  en  Burlington  IIouse(Piccadilly)le  15  jan- 
vier 1698.  Militaire  et  homme  politique,  il  essuya  divers  revers  de  fortune,  mais  enfin  il 
devint  Lord-Lieutenant  du  West-Riding  de  Yorkshire  et  Custos  rotulorum. 

6)   Sur  Adriaan  Hanneman,  voir  la  Lettre  N°.  812,  note  6. 

")   Sur  ce  portrait  de  Marianne  Petit,  consultez  la  Lettre  N°.  878. 

8)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 149. 

9)  Mademoiselle  Thibault,  voir  la  Lettre  N°.  910,  note  3. 

10)  Sur  Severijn,  voir  la  Lettre  N°.  1 104,  note  18. 


412  CORRESPONDANCE.     1663. 


comme  la  miene  mais  qui  aille  une  fepmaine,  a  contrepoids,  et  Amplement  fans 
fonnerie.  Elle  ell  pour  Milord  Brouncker  en  Angleterre.  Je  vous  prie  de  ne  le 
point  différer 


Pour  le  frère  de  Zeelhem. 


N=  11 52. 

J.  Chapelain  à  Constantyn  Huygens,  père. 
5  octobre   [1663.] 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Monsieur 

j'enuoye  reconnoiftre  ii  c'eft  vne  vérité  ou  vne  illufion  que  ce  quon  me  dit  hier 
chés  moy  que  vous  auiés  pris  la  peine  d'y  pafler  et  d'y  demander  de  mes  nouuelles. 
Si  Fauis  cil  certain  je  n'en  pouuois  receuoir  de  plus  agréable  puis  que  j'eflois  par 
la  aflure  de  voftre  fanté  de  voftre  retour  et  de  voftre  amitié  que  vous  ne  doutés 
point  qui  mell  infiniment  chère.  Ma  joye  redoublera  (i  j'apprens  que  Monlieur 
voftre  Fils  ')  (bit  reuenu  auec  vous.  Il  cil  dvne  vertu  et  d'vn  mérite  ii  extraordi- 
naires quon  ne  peut  laimer  et  l'honnorer  médiocrement  Jattcns  auec  impatience 
délire  eclairci  de  ces  deux  choies  et  demeure  de  l'vn  et  de  l'autre  auec  beau- 
coup de  paffion 


Monsieur 


Trefhumble  et  très  obeiiïant  feruiteur 
Chapelain. 


Ce  5.  (octobre. 

A  Monlieur 
Monlieur  Huggens  de  Zulichem 


')    Christ  iaan  I  [liygens. 


CORRESPONDANCE.     I  663.  4  I  3 


NS1153. 

Constantyn  Huygens  ,  frère,  à  Christiaan  Huvgens. 

12  OCTOBRE  1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Le'ulen ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1151.     Clir.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   11 55. 

A  la  Haye  le   12  Octobre   1663. 

Jl  me  tarde  fort  de  voir  vos  paftels  qu'avez  fait  après  cette  beauté  Angloife  I). 
La  miniature  pourtant  eft  une  chofe  encor  plus  charmante  à  mon  avis  a  qui  la 
fcauroit  en  perfection.  Barlaeus  2)  m'a  prefté  une  telle  qu'a  fait  George  Hoefna- 
gel  3)  autrefois,  et  qui  eft  très-excellente,  il  l'a  acheptée  a  fort  bon  marché  n'y 
ayant  que  le  vifage  feul  d'acheué.  Blauet  4)  y  a  fait  le  relie ,  et  maintenant  il  l'ef- 
time  a  dix  piftoles  et  la  préfère  aux  ouvrages  de  Cooper  5)  dont  je  n'ay  jamais 
rien  veu  qu'il  me  ibuvienne  pour  pouvoir  faire  la  comparailbn.  En  cellecy  il  y  a 
une  delicatefle  extraordinaire ,  et  telle  qu'il  eft  quafi  impoflîble  de  remarquer  les 
points,  mais  pour  le  colory  il  me  femble  qu'il  eft  poffible  de  faire  encore 
mieux. 

Uylenburg  6)  a  porté  de  forts  beaux  tableaux  d'Italie  del  Palma  Vecchio  7)  et 
d'autres.  Barlaeus  en  a  trocqué  un  de  ceux  la  ou  il  y  a  une  femme  nue  qui  eft  en 
effet  très-excellent,  et  il  eft  li  aile  de  l'auoir  que  je  crains  qu'il  n'en  devienne  fol. 

A  la  fin  j'ay  eu  ouverture  de  l'affaire  de  Zelande  où  nofter  s-)  s'en  va  de- 
rechef vers  la  fin  de  la  fepmaine  qui  vient  eftant  fort  infuoeato.  Chieze  luy  en 
dira  bien  s'il  a  le  vent  de  fes  amours. 

J'ay  corrigé  le  pourtrait  de  la  lady  Tufton  fur  vos  admonitions y)  et  il  eft  mieux 
qu'auparauant. 

Je  vous  prie  d'auoir  foing  de  ma  perruque,  et  de  feauoir  de  Monfieur  Chieze 
qui  eft  celuy  qui  a  fait  la  perruque  a  callotte  de  Monfieur  van  Leeuwen  qui  eft 


1  1    Mistress  Middleton.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 143,  note  2. 

:)  Jan  van  Baerle,  fils  aîné  de  David  van  Baerle  et  de  Rachel  Godin. 

3)  Joris  Hoefnagel,  fils  de  Jacques  Hoefnagel  et  d'Elisabeth  Vezeler,  naquit  en  1  545  à  Anvers 
et  mourut  en  1610  à  Vienne.  Il  épousa  Suzanna  van  Vaesen  et  en  eut  7  enfants.  Savant  et 
poète,  il  devint  peintre  en  miniature  à  cause  de  revers  de  fortune.  Il  était  très  recherché 
et  entra  enfin  au  service  de  l'empereur  Rudolf  II. 

4j    Sur  Blavet,  voir  la  Lettre  N°.  1 107,  note  1. 

5)  Sur  les  frères  Cooper,  consultez  la  Lettre  N°.  1 145 ,  note  5. 

6)  Sur  Uylenburg,  voir  la  Lettre  N°.  819,  note  1. 

7)  Giacopo  Palma.  Voir  la  Lettre  N°.  803 ,  note  6. 

8)  Lodevvijk  Huygens. 

9)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 148. 


414  CORRESPONDANCE.     1 663. 


de  cheveux  frifés  naturellement,  où  il  ne  touche  jamais  et  pourtant  ils  font  touf- 
jours  bien  en  ordre,  de  ce  maiftre  je  voudrois  la  mienne,  mais  toute  entière  comme 
je  vous  ay  mandé  par  le  pafî'é  IO)  quand  je  vous  ay  prié  auffi  de  vous  faire  monftrer 
premièrement  les  cheveux  a  moins  de  quoy  nous  ferons  trompés  indubitable- 
ment. 


Pour  mon  Frère 


N=    I  154. 

Y.    CONRART    à    CHRISTIAAN    HlJYGENS. 
17    OCTOBRE    [1663.] 
La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Mécredy    17  Octobre. 

J'ay  appris,  Monfieur,  par  le  dernier  billet  que  J'ay  receu  de  Monfieur  Cha- 
pelain, que  vous  elles  dans  mon  voiiinage.  Si  Je  l'eufle  feu  pluftoft ,  Je  n'euflè 

pas  manqué  d'envoyer  (avoir  de  vos  nouvelles;  &  Je  vous  en  irois  demander  moy- 
mefme  aujourd'huy,  fans  la  crainte  que  J'ay  de  vous  détourner  de  vos  importan- 
tes occupations.  Si  néanmoins,  par  le  beau  temps  qu'il  fait,  vous  elles  d'humeur 
a  \ous  divertir  par  la  promenade,  &  que  vous  n'ayiez  point  de  voiture ,  Je  vous 
en  offre  vue,  qui  fera  prefte  h  toutes  les  heures  qu'il  vous  plaira.  Mandez-moy, 
s'il  vous  plaift  que  je  vous  l'envoyé  demain  matin  pour  venir  diluer  icy,  &  pour 
faire  en  fuite  tout  ce  que  vous  délirerez;  &  vos  ordres  feront  fuivis, 
Je  vous  donne  le  bon-Jour,  Monlieur,  &  fuis  tout-à-vous 

CONRART. 

Pour 
Monlieur  Huggens,  chez  Monfieur  Perraut  l) 

A  Viry. 


(  ..h  ultez  la  Letl  re  I\  .  1  1  4.;. 


')   Claude  Perrault,  fils  de  l'avocal  an  Parlement  Pierre  Perrault,  naquit  en  1613  à  Paris,  où 
il  mourut  le  9  octobre  t688.  D'abord  docteur  en  médecine,  il  se  voua  plus  tard  àl'archi- 
ture,  et  y  acquit  une  grande  réputation;  il  mourut  des  suites  d'une  blessure  qu'il  s'était 
faite  en  disséquant  nu  chameau  putréfié. 


CORRESPONDANCE.    1663.  415 


N°   1155. 

Christiaan  Huygens  à  Constanïyn  Huygens  ,  frère. 
19  octobre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  l.e'nlen ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  N<>.  1153-     Const.  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.  11 57. 

A  Paris  le   19  Octobre   1 663. 

Je  vous  envoie  aujourdhuy  voflre  perruque  par  la  porte  avec  deux  robbes  de 
watte  dont  le  frère  Louis  a  donné  commiffion  a  Moniieur  Chieze.  Vous  pourrez 
ouurir  le  pacquet ,  en  cas  qu'il  foit  défia  parti  ;  et  pour  faire  en  aller  les  mauvais 
plis  qu'elle  aura,  pour  avoir  elle  ainfi  prertec,  vous  la  mettrez  a  l'air  dans  la  fe- 
nertre  un  jour  durant,  bien  peignée,  et  elle  fe  remettra  comme  il  faut.  C'eft  ce 
que  le  mairtre  m'a  prie  de  vous  mander ,  qui  eft  le  mefme  qui  fit  la  calotte  pour 
Moniteur  van  Leeuwen,  et  m'a  afTurè  que  ces  cheueux  icy  font  des  meilleurs 
qu'on  puirte  avoir.  Moniteur  Chieze  les  a  veu  devant  qu'il  les  travaillai!,  et  dit 
qu'ils  ertoient  frifez  naturellement.  Il  vous  femblera  peut  ertre  qu'il  en  a  mis 
trop,  mais  feachez  qu'icy  on  les  porte  ainfi,  et  en  tout  cas  plullort  que  d'en  faire 
couper,  le  mairtre  fouhaite  que  vous  la  renvoyiez,  a  fin  qu'il  en  farte  une  plus 
petite.  J'en  ay  paye  4  louis  et  demy,  les  quels  ayant  redemande  al  Signor  Padre 
il  m'a  dit  qu'il  n'auoit  pas  de  l'argent  maintenant  l). 

Je  verray  s'il  me  les  voudra  rendre  fans  qu'ils  foient  déduits  de  voilre  pen- 
fion,  et  vous  donneray  avis  de  ce  qui  en  arrivera.  Je  fais  faire  au  mefme  ou- 
urier  une  perruque  pour  moy  par  ce  que  je  voy  que  le  tour  me  galle  tous  les 
cheveux. 

Le  Sieur  Borte  2)  me  donna  hier  une  adrertc  pour  avoir  du  Carmin,  mais  je 
n'ay  pu  y  aller  encore.  Il  me  parla  aulli  d'un  excellent  peintre  en  miniature  qui 
demeure  en  ce  quartier,  nommé  Werner  3),  que  j'iray  veoir.  11  croit  que  Jul. 
Clovio  4)  n'ert  pas  comparable  a  ce  Suide,  mais  le  bonhomme  ne  s'y  cognoit 
pas  trop. 

Il  femble  que  noller  5)  pourrait  reuflir  en  cette  affaire  6)  qu'il  a  entreprife  en 


x)    Ici  il  y  a  trois  lignes  biffées  dans  l'original. 

2)  Sur  A.  Bosse,  voir  la  Lettre  N°.  36- ,  note  i . 

3)  Joseph  Werner  naquit  en  1637  à  Bern,  où  il  mourut  en  1710.  11  partit  en  1654  pour  Rome, 
et  vint  à  Paris  comme  peintre  de  la  cour  de  Louis  XIV.  Tombé  en  disgrâce,  il  parcouru! 
diverses  cours  de  l'Europe,  retourna  à  Bern  en  1682,  devin!  de  1695  a  170;  directeur  de 
l'Académie  de  peinture  de  Berlin,  el  se  retira  de  nouveau  à  Bern. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  810,  note  5. 

5 )  Le  frère  Lodewijk. 

rt)    Consultez  la  Lettre  N°.  1151. 


41 6  CORRESPONDANCE.     1663. 


Zelande.  Le  feul  fcrupule  que  j'y  trouve  elt  le  mefme  que  vous  avez,  touchant 
les  biens  du  futur  bcaupcrc,  mais  la  quantité  et  qualité  des  rivaux  fait  que  j'en 
ay  meilleure  opinion. 


A  Monfieur 
Monfieur  de  Zeelhem 

A  la  Haye. 


N°=  II  56. 

J.  Chapelain  à  Christiaan  Huygens. 
20  octobre  [1663]. 

I,r.  lettre  se  trouve  à  l   :  'en,  coll.  Huygens. 

Monsieur 

je  n'ay  jamais  rien  fait  auec  plus  de  joye  que  de  vous  propofer  a  Monfieur  Col- 
bert  ')  comme  vn  des  plus  dignes  objets  de  lcftime  et  de  la  beneficence  du  Roy  lors 
quil  me  fit  lhonneur  de  me  conlulter  fur  les  Gens  de  lettres  eminens  auxquels  fa 
Majefté  cftoit  refoluë  d'en  donner  des  marques  folides.  Pour  voltrc  particulier  je 
vous  en  touchay  quelque  chofe  il  y  a  quatre  ou  cinq  mois,  et  vous  en  auriés  veu 
deflors  l'effet  (i  voltre  voyage  d'Angleterre  nen  eull  point  rompu  les  mefures. 
AuiTi  tort  que  j'ay  feeu  voftre  retour  j'en  ay  aucrti  Monfieur  Colbcrt  qui  a  or- 
donné a  Monfieur  Dumetz  lvn  de  fes  Premiers  Commis  de  vous  mettre  entre  les 
mains  le  prefent :)  qui  vous  attendoit  il  y  a  fi  long  temps.  Il  en  a  voulu  prendre  la 
peine  luy  mefme  fur  cet  ordre  et  fur  ce  que  je  luy  ay  rapporté  de  voltrc  vertu.  Car 
comme  il  n'en  a  pas  vne  ordinaire  il  a  cfté  bien  aile  dauoir  cette  occafion  de  voir 
vne  Perfonnc  aufli  extraordinaire  que  vous.  Vous  cites  fi  ciuil  qu'il  auroit  fujet  de 
fe  louer  de  vollre  bon  accueil  quand  je  ne  vous  aurois  point  rendu  de  tefmoignagc 
de  fon  mérite.  Je  ne  fuis  point  auffi  en  peine  de  la  façon  dont  vous  le  traitteres. 
Pour  le  remerciment  que  vous  aurés  a  en  faire  au  Roy  et  a  Monfieur  Colbert  il 

')  Jean  Baptiste  Colbert,  marquis  de  Seignelay,  neveu  d'Odart  Colbert,  négociant  opulent 
et  secrétaire  du  Roi ,  naquit  à  Reims  le  20  août  1619  et  mourut  à  Paris  le  o  septembre  16S3. 
Destiné  à  la  carrière  des  finances,  il  devint  le  successeur  de  Mazarin,  comme  ministre  de 
I  ,ouis  X  I  V.  (  l'est  a  lui  qu'il  faul  reporter  les  bénéfices  dont  Louis  XI  Y  gratifia  divers  savants 
français  et  étrangers;  c'est  lui  qui  érigea  l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  en 
1663,  L'Académie  des  sciences  en  1666;  qui  créa  l'observatoire,  le  jardin  des  plantes,  et 
in  l'on  truire  la  plupart:  des  monuments  et  édifices  qui  ont  illustré  le  règne  de  Louis  XIV; 
en  1671  il  perdit  son  influence  auprès  du  Roi  mais  resta  pourtant  ministre. 
Sur  ce  présent  de  Louis  XIV,  consultez  la  Lettre  N°.  1  [58. 


CORRESPONDANCE.     1663.  417 


eft  bon  que  nous  nous  voyons  au  pluftoft,  afin  que  je  vous  die  de  quelle  manière 
cela  fe  deura  faire.  Je  vous  diray  feulement  parauance  quil  faudra  commencer 
par  Monfieur  Colbert  comme  par  le  premier  moteur  de  cette  grâce  et  que  vous 
trouuerés  bien  préparé  par  moy  fur  ce  que  vous  valés.  Je  fuis  auec  paffion 

Monsieur 

Voftrc  trefhumble  &  très  obeiflant  (bruiteur 

Chapelain. 

Ce  20.  Octobre 

A  Monfieur 
Monfieur  Christianus  Huggens  de  Zulichem. 


N=   1157. 

Constantyn  Huygens ,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 
25  octobre   1663. 

La  lettre  se  trouve  h  Leiden,  coll.  Huygens, 
Elle  est  la  réponse  au   No.  1155.     Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1161. 

A  la  Haye  le  25  Oelobre   1663. 

Je  vous  remercie  beaucoup  de  la  peine  prife  en  me  procurant  ma  perrucque,  que 
vous  me  dites  auoir  envoyé  par  la  Porte  et  qui  ne  paroifl  pourtant  pas  encore.  Je 
croy  que  vous  l'aurez  adreffée  à  l'Unicus  *)  et  que  je  l'auray  par  le  batteau  d'An- 
uers  qui  vient  demain.  Si  il  Signor  Padre  la  paye  de  gré  je  luy  en  feray  beaucoup 
obligé,  aulïi  bien ,  foit  dit  entre  nous,  je  n'auois  pas  fait  grand  deffein  de  luy  rien 
rendre  quand  une  fois  il  aurait  donné  l'argent.  Je  prevoy  bien  que  ce  ne  peut  élire 
que  pour  une  fois,  et  que  quand  je  ferais  après  de  femblables  remifes  elles  ne  re- 
cevroyent  pas  grand  acceuil ,  mais  c'efï.  touf  jours  autant  de  gaigné ,  et  je  fais  citât 
de  vous  envoyer  de  l'or  dans  le  pacquet  s'il  faut  que  je  vous  importune  pour  d'au- 
tres emploittes;  comme  je  vous  prie  maintenant  de  m'achepter  deux  de  ces  petits 
liurets  ou  plniloft  enveloppes  qu'on  nomme  des  Agenda,  et  ou  Ion  met  du  papier 

")   Philips  Doublet.' 

Œuvres.  T.  IV.  53 


41  8  CORRESPONDANCE.     I  663. 


blanc  quand  le  premier  eft  reraply.  Ils  ferment  auec  deux  petits  fermoirs  et  au 
dos,  iî  je  m'en  fouviens  bien  il  y  a  pour  mettre  un  potloot pennetje  ;).  Monconis 
en  auoit  une  ou  il  y  auoit  du  papier  frofte  auec  du  Tripoly  ou  Ion  peut  efcrire  def- 
fus  auec  un  poinçon  d'argent,  mais  j'ayme  mieux  le  Potloot.  Je  defire  qu'il  y  ait 
le  moins  de  façon  qu'il  ert  poffible,  et  vous  prie  de  me  les  mettre  dans  le  pacquet 
le  prochain  ordinaire,  fans  papier  dedans  qu'icy  j'y  peux  faire  mettre,  dites  moy 
ce  qu'ils  couftent  et  je  vous  le  renvoyeray  dans  ma  lettre.  Il  me  vient  dans  la  pen- 
fee  que  fi  Ion  en  pouvoit  auoir  une  de  chagrin  ,  auec  des  petits  fermoirs  d'argent 
maflifs  j'en  aurois  afTez  d'une ,  ce  cuir  la  durant  beaucoup. 

Severyn  3)  trauaille  dcfja  depuis  quelques  jours  à  la  monftre  que  vous  luy 
avez  commandée  pour  le  lord  Broncker.  mais  par  ce  que  vous  dites  qu'elle  doibt 
eftre  comme  la  voftre  et  que  vous  en  avez  deux  dont  la  dernière  eft  avec  deux 
cercles  je  ne  feayde  la  quelle")  vous  entendez  parler,  et  il  vous  plaira  vous  expli- 
quer la  defîus  le  pluftoft  qu'il  fera  poffible.  Il  fera  en  forte  que  chafeune  des 
trois  cguilles  tourne  fur  Feffieux  d'une  grande  roue  ce  qui  fait  qu'elles  ne  branf- 
lent  point. 

Samedy  paiïë  il  noftro  inamorato  4)  partit  bonis  auibus  et  j'attends  feauoir  quel 
fucces  aura  l'entreprife. 

La  tefte  luy  en  tourne  et  il  fe  trefmouïïe  fort,  eft  chagrin  et  morne,  et  Cham- 
pagne eft  crié  encore  plus  que  de  couftume.  d'autres  accommodent  l'amour  à  leur 
intereft.  mais  luy  accommode  fes  interefts  à  ion  amour  et  fe  baftit  certains  caf- 
telli  in  aria  defquels  je  crains  qu'ils  ne  difparoiiïent  quand  l'amorofa  febbre  l'aura 
quitté.  Il  faut  efperer  le  meilleur,  et  attendre  les  événements. 


POUI*    MON    FRERE    HUYGENS. 


")  Comme  mon  vieux  horologe;  s'il  a  ertè  payé  [Chr.  Iluygens]. 


2)   Traduction:  un  crayon. 

■  1   Sur  Severijn  Oosterwijk,  voir  la  Lettre  IV.  1104,  note  18. 
Constantyn  désigne  son  frère  Lodewijk  Huygens. 


CORRESPOND. \NCF,.     1663.  419 


N°   1158. 

CllRISTIAAN    HUYGENS    h    CoNSTANTYN    HUYGENS,    frère. 
16    OCTOBRE    1663. 

La  lettre-  se  trouve  à   Leiden ,  coll.  Huygens. 
Cunst.   Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  Nu.    1159. 

Paris  16  Octobre    1663. 

Monficur  van  Loo  ')  le  Peintre  ce  matin  m'a  fait  prefent  d'un  peu  de  Carmin 
dont  je  vous  envoie  icy  la  moitié.  Je  croy  que  cet  échantillon  vous  pourra  fuffire 
pour  long  temps,  mais  fi  vous  en  defirez  d'avantage  je  vous  en  feray  avoir. 

Je  vous  avois  recommandé  de  faire  faire  un  horologe  a  pendule  de  3  pieds. 
Souvenez  vous  en  je  vous  prie. 

Van  Dalen  me  demande  l'argent  d'un  compte  de  85  livres.  Je  vous  prie  de  luy 
payer  70  livres  op  rekening  ") ,  après  qu'il  vous  aura  eferit  le  dit  compte  et  la  qui- 
tance  de  70  livres.  Je  vous  devray  de  l'argent  de  refte  en  rabattant  celuy  de  la 
perruque,  et  je  l'employeray  a  ce  que  vous  m'ordonnerez.  Mon  prefent  du  Roy 
de  1 200  livres  m'a  elle  aportè  il  y  a  quelques  jours  3). 

Adieu,  l'on  attend  cette  lettre. 

A  Moniteur 
Moniteur  de  Zeelhem. 

A  la  Haye. 


')    Sur  Jacob  van  Loo,  voir  la  Lettre  N°.  1 104,  note  16. 

2)  Traduction:  pour  acompte. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 150. 


420  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N*   11 59- 

Constantyn  Huygens,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

31     OCTOBRE     1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  11 58.     Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.  1164 

A  la  Haye  le  31   Octobre   1663. 

Du  Carmin  grand'  mercy ,  comme  vous  dites  cela  feruira  pour  long  temps  auec 
un  peu  que  j'ay  encore  de  Blauet  '). 

Touchant  l'Horologe  je  vous  ay  efcrit  par  l'ordinaire  païïe  2)  et  attends  ref- 
ponfe.  quand  je  l'auray  il  fera  fait  en  peu  de  temps. 

Je  payeray  van  Dalen  de  l'argent  del  Signor  Padrejufqu'a  70  francs  comme 
vous  ordonnez  et  vous  s'il  vous  plaift  luy  en  rendrez  la  valeur  à  Paris,  une  des 
raifon  pourquoy  je  ne  le  paye  pas  du  mien  vous  l'aurez  allez  comprife  dans  ma 
précédente.  Qui  cft  que  par  la  feroit  deftournée  l'eftouade  que  je  prétends  de 
luy  tirer ,  et  qu'en  e  fie  et  il  ne  devroit  pas  vouloir  parer  auec  obltination,  veu  que 
quand  nous  adjultames  auec  luy  noftre  penfion  annuelle  la  chevelure  ne  fut  pas 
mile  en  ligne  de  compte,  et  maintenant  on  ne  feauroit  s'en  pafïer. 

La  féconde  raifon  eft  que  quand  j'aurois  payé  pour  vous  70.  ffi  il  en  rerteroit 
30.  entre  vos  mains  d'oififves,  et  l'oilivité  elr.  une  faute  dont  mon  argent  n'eft  pas 
capable ,  cela  efl  bon  a  vous  autres  riches  penlionnaircs  du  Roy  d'auoir  ainfi  de 
greffes  fommes  in  banco,  mais  nous  autres  en  ufons  d'ordinaire  à  l'exemple  du 
fage  Bias.  Apres  tout  il  faut  qu'il  Signor  Padre  donne  ces  quatre  et  demy  louis 
d'or  pour  ma  perrucque  ou  comme  don  gratuit,  ou  comme  par  forme  de  prell , 
et  puis  nous  verrons  de  la  reftitution. 

Je  viens  d'auoir  auis  de  l'Unicus  3)  que  le  Courrier  luy  auoit  remis  les  Wattes 
et  ma  perrucque  et  qu'il  les  envoyeroit  le  lendemain. 

Je  vous  prie  de  me  dire  ce  que  faifoit  en  Angleterre  vander  Does  4)  et  s'il  eft 
vray  ce  qu'on  a  dit  icy  qu'il  auoit  une  bouticque  fermée  dans  Withehall  ou  Ion 
alloit  jouer  a  la  Rafle. 


Vous  parlez  bien  laconiquement  du  Prefent  Royal,  eft  ce  une  penfion  pour  touts 
les  ans,  ou  n'eft  ce  que  pour  cette  fois  icy  ? 

Pour  Mon  frère  I  Iuyokns. 


1     Sur  Blavet ,  voir  la  Lettre  N°.  1 107,  note  1. 
2)  Consultez  la  Lettre  N  .  1 1, s'- 
il s'agit  de  Philips  Doublet. 
1     Consultez  la  Lettre  N°.  807,  note  13. 


CORRESPONDANCE.     1663.  421 


N=  1160. 

J.  van  Vliet  à  Christiaan  Huygens. 

31  OCTOBRE  1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  cuil.   Huygens. 

Illuftri  Viro  Christiano  Hugenio  Janus  Vlitius  S.  P. 

Humanitas  femper  tua  tanta  crga  me,  et  novifîlme  iterumfuit,  ut  verbis  eam 
velle  redhoftiri,  prima  ingrati  nota  fuerit.  Res  meac  Principi  Dominae1)  fatis  pla- 
cere  mihi  videntur,  ex  eo  quod  Bellimontium  :)  Senatorem  nuper  hic  ftudia  mea  et 
confuctudinum  cditionem3)  criminantem,  fatis  acriter  refellerit;  et  data  pafîim  oc- 
cafione  diligentiam  meam  approbaverit,  teftc  praefcnti  Rompfio4)  ejus  Archiatro. 
Scd  intérim  pendent  opéra,  interrupta,  minaeque  unius  atque  alterius  male- 
voli  KOi)  à[j,oô<rwv  obftant.  Gothica  et  Anglofaxonica  Euangelia  5)  propemodum 
typis  abfpluta  funt,  fecuturo  ea  GlofTario  Gothico,  cui  ftrenuam  operam  navat 
gnarifTimus  iilarum  Linguarum  optimufque  Senex  Junius 6).  Ejus  Nepos  Voffius 7) 
pro  lxx  fuis  ultimum  depugnat  certamen  8),  quo  obtreftatores  y)  omnes,  ceu  una 


'")    Van  Vliet  indique  ici  Amalia  von  Solms,  la  princesse  douairière. 

2)  Sur  Herbert  de  Beaumont,  voir  la  Lettre  N°.  240,  note  3. 

3)  Sur  cet  ouvrage,  consultez  la  Lettre  Nc.  1 120,  note  1. 

4)  Sur  Christianus  Constantims  Rumphins,  voir  la  Lettre  N°.  jjj ,  note  1. 

5)  Voir,  sur  cet  ouvrage,  la  Lettre  N°.  1120,  note  10. 

rt)    Sur  Francisais  Junius,  voir  la  Lettre  N°.  903  ,  note  5  :  il  était  alors  âgé  de  72  ans. 

7)  Isaac  Vossius  était  le  fils  cadet  de  Gerardus  Johannes  Vossius:  et  celui-ci  avait,  en  1607, 
épousé  en  secondes  noces  Elisabeth  junius,  fille  de  Francisais  Junius. 

8)  Ifaaci  Voflîi  Appendix  ad  Librvm  de  LXX  [nrerpretibus.  Continens  Refponfiones  ad  ob- 
jecta aliquot  Theologorum.  Hagae-Comitis.  Ex  Typographia  Adriani  Vlacq,  mdclxiii. 
in  -40. 

y)    Dans  l'ouvrage  de  la  note  8,  il  s'agit  d'abord  du  professeur  de  Leiden  : 

Johannes  Coccejus,  fils  de  Tyman  Cock  et  d'Elisabeth  Baken;  il  naquit  le  9  août  1603  a 
Brème,  et  mourut  delà  peste  a  Leiden  le  4  novembre  1669.  Après  avoir  fréquenté  plusieurs 
universités,  il  fut  nommé  en  1630  professeur  de  théologie  à  Brème,  en  [636  à  Franeker 
en  1649  a  leiden.  Fn  1635  il  avait  épousé  Katryna  Deichmann  de  Brème  11  était  théolo- 
gien militant,  polémisa  contre  Gijsbert  Voet,  Samuel  Maresius  et  Is.  Vossius,  et  avec  son 
collègue  A.  Ileidauus  défendit  contre  Hoornbeek  et  Essenius  la  liberté  religieuse.  Il  a  laissé 
un  grand  nombre  de  pamphlets  et  d'ouvrages,  parmi  lesquels  celui  dont  il  est  question 
dans  notre  lettre: 

Defenfio  altéra  auctoritatis  Verbi  Divini  Veteris  Teflamenti,  quod  et!  in  Hebraico  Codiee, 
et  eius  lectione  recepta ,  adverfus  appendicem  Hagienfern  Libri  de  LXX  interpretibus.  Am- 
llelredami  apud  Cafparum  Commelinum.  1664.  in-4  . 


422  CORRESPONDANCE.     1663. 


fidelia,  dcpingere,  et  conficere  fperar.  Quod,  cum  hominum  iftorum  loquacita- 
tem  cr  irrcquictos  fpiritus  confidero,  vereor  ut  illi  fuccedat.  Principes  craftino 
mane  hinc  Geertrudenbergam ,  navibufque  inde  Hagam  proficifcentur.  Princeps 
A  via x)  totam  penc  aeftatem  et  hic  et  Turnhalti  [cujus  aeque  ac  Salehemij  IO),  quod 
mine  ad  Ampli flîmum  Fratrem  tuum  pertinet  talis  in  Lege  Saliea  mentio  fit]  maie 
fe  habuit,  adeo  ut  pauciffimis  contigerit  eam  aecedere;  quod  et  mihi  faepius 
tentanti  denegatum.  Buriledij  Burftediaeque  ")  Illuftrem  Parentem  cuumteque 
mecum  plurimum  falutant.  Vale  Aftrorum  Coelique  decus,  et,  ut  facis,amare 
me  perge.  Dabam  Bredae  e  Senaculo  noflro,  quod  Ilaufmanni  12j  defunéti  loco, 
caeteris  manentibus,  Zuerius  13)  tuus  meufque  afïinis  adauxit.  Pridie  Kal.  Novem- 
bres cIdIdclxiii. 

Optimae  indolis  Juvenem  ,  Bouartij  Chirurgi  I4)  filium  qui ,  ut  operam  Ana- 
tomico  iludio  navet,  Parifios  abit,  et  hafee  tibi  tradet,  quoad  ufus  illi  i'uerit, 
commendatum  tibi  volo;  et  ut  mei  memineris,  ii  forte  in  Diéïionarium  Aremo- 


Puis  d'Ant.  Ilulsius  (voir  la  Lettre  N°.  63,  note  3).  qui  écrivit: 

Antonii  Hulfii  Linguae  S.  Profeflbris  Authentica  abfoluta  S.  textus  Hebraei  Vindicata 
contra  criminationes  CI.  Viri  Isaaci  Voflîi  in  libro  recens  edito  de  tranflatione  LXX.  Inter- 
pretum.  Addnntur  Epiltolae  binae.  Vna  ad  Cl.  Colvivm  de  Parallelifmis  textualibus.  Altéra 
ad  Cl.  Vofliuni  de  periculo  fuae  fententiae.  Roterodami.  Ex  oflicinà  Arnoldi  Leers. 
cIdIdclxii.  in-40. 

Enfin  de  l'ouvrage: 

Diatribe  de  Authoritate  verfionis  Graecae,  quae  dicitur  LXX.  interpretum.  Cui  praemill'a 
defenfio  pro  veritate  &  calcnlo  Hebraei  hodierni  codicis,adverfus  Virnm  Eximium  [faacum 
Voffium,  Item  expofitio  fententiae  Auguftini  de  canonicà  authoritate  dictae  verfionis.  Av- 
thore  Chriftiano  Schotano  SS.  litt.  Doftore.  Franequerae.  Ex  Typographico  Johannis  Wcl- 
lens,  Academiae  Typographi  jurati.  1663.  in-40.  • 

dont  l'auteur  est 

Christianus  Schotanus  à  Sterringa,  fils  du  pasteur  Bernardus  Schotanus  et  d'Alethea  Wil- 
sing;  il  naquit  le  10  août  1603  à  Schingen  et  mourut  à  Franekcr  le  12  novembre  i6~\. 
D'abord  pasteur,  il  devint  en  1639  professeur  de  grec  et  de  théologie  à  Franeker,  quoiqu'il 
restât  pasteur  en  même  temps.  II  épousa  successivement  Aletta  Culemborg,  Lssca  van 
Coehoorn,  veuve  de  Tanno  van  Oosterzee,  et  Ililtje  lierons  van  Felsum,  veuve  de  Obbe 
Sjoerds. 
IO)  C'est   la  seigneurie  de   Zeelhem,  dont  Constantyn    Huygens,  frère,  portait  maintenant 

le  nom. 
")  Voir  la  Lettre  N°.  1 120,  note  9. 

I2)  Sur  Jan  Jacob  Ilausman,  voir  la  Lettre  N°.  cfi,  note  6. 

IJ)  Samuel  Suer ius,  fils  dejoris  Suerius  et  de  Johanna  Becker;  il  naquit  le  y  août  1633,  devint 
receveur  des  domaines  des  princes  d'Orange  à   Breda,  et  fut  échevin  de  cette  fille  de  1664 
à  167]  ;  il  épousa  Elisabeth  de  Schildere  (qui  mourut  le  30  août  1680),  puis  Elisabeth  van 
der  Does. 
'4)  Comelis  BouartS,  médecin  à  Breda,  fut  de  [64X  &  16-4  membre  du  conseil  municipal. 


CORRESPONDANCE.     1  663. 


ricum  IS),  aut  id  genus  alios  libres  incideris.  Impreflum  illud  in  4to circa  anno 
1566  Parifijs,  nifi  fallor. 
Iterum  atque  iterum  vale. 

Monfieur 

Monficur  Chrestjen    de  Zulichem 

;i   Paris, 
par  amis. 


N=  ii(5i. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 

2    NOVEMBRE    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huyqens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1157.     Const.  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.   1162. 

A  Paris  ce  2  Novembre   1663. 

Quoyquc  je  vous  aye  prié  par  ma  précédente  *)  de  payer  pour  moy  a  van  Dalen 
les  41  livre  que  j'ay  debourfè  pour  voftre  perruque ,  et  encore  29  livres  d'avan- 
tage cela  n'empefehera  pas  que  vous  ne  l'ayez  de  la  manière  que  vous  avez  fait 
eltat,  pourveu  qu'il  Signor  Padre  y  confente  comme  je  ne  doubte  point  qu'il  ne 
fafTe.  Mais  jufqu'icy  je  n'ay  feeu  avoir  ny  la  reftitution  de  mes  4  piltoles  et  demie 
ny  de  l'argent  pour  moy.  lors  que  je  les  auray  receues  je  vous  les  feray  avoir  par 
lettre  de  change  fi  vous  voulez  avec  le  relie  de  ce  que  je  vous  devray.  Cette 
après  dinee  je  vous  chercheray  des  tablettes  de  chagrin  comme  vous  les  defirez  et 
vous  les  envoyeray  par  Monfieur  Elvefton  gouverneur  des  Meilleurs  de  Gent  :), 
qui  part  demain  pour  Hollande. 


I5)  l'Auteur  ne  peut  désigner  que  l'ouvrage  suivant: 

Le  Catholicon  en  troys  langaiges,  feavoir  eft  breton,  francoys  et  latin,  félon  l'ordre  de 
l'a  b  c  d.  Didionarius  britonum  conftruens  tria  ydiomata  videlicet:  britannicum  ,  fecundum 
ordinem  alphabeti,  gallicum  et  latinum  fuperaddita  a  M.  J.  Lagaduel,  Diocefis  Trecorenfis 
compofitusad  utilitatem  clericorum  novellorum  britanie. 

La  première  édition  est  de  1499,  Tréguier,  eu  1501,  Yves  Quellivéré  en  donna  une  se- 
conde édition  à  Paris  in-8°. 


')  Consultez  la  Lettre  N°.  1 158. 
2)    Probablement  il  s'agit  ici  de 

a)  Johan  van  Gent, 

è)  Otto  van  Gent, 

c)  Willem  Joseph  van  Gent, 

lils  de  Nicolaas  van  Gent  et  de  Johan na  van  Oyen. 


424  CORRESPONDANCE.     1 663. 


Il  faut  que  l'horologe  pour  Monfieur  Brounker  fou  comme  le  vieux  que  j'ay, 
c'eft  a  dire  pour  la  forme  et  cercle  unique.  Les  indices  eftoient  bien  ordonnez 
dans  celuy  qu'il  3)  vendit  a  Monfieur  Bouillant 4)  a  long  pendule,  et  qu'il  imite 
ceftuy  la  en  tout,  fi  ce  n'eft  qu'il  (bit  bien  aflurè  de  pouuoir  faire  mieux.  J'efpere 
qu'a  la  fin  il  aura  elle  paye  de  l'autre  horologe  qu'a  eu  Monfieur  Bouillant  s).  Le 
frère  Louis  avoit  promis  de  le  faire,  et  je  ferois  bien  aife  de  feavoir  s'il  s'en  eil 
acquitè. 

J'ay  trouvé  le  Palais  et  toutes  les  boutiques  fermées  a  caufe  du  jour  de  ferle  rt), 
quoyqu'on  m'euft  dit  que  l'apres  dinee  elles  feroient  ouvertes.  Vous  n'aurez  donc 
les  tablettes  que  par  l'ordinaire  prochain. 

A  Monfieur 
Monfieur  de  Zeelhem 
A  la 

Haye. 


N2   1162. 

Constantyn  Huygens,  frère,  a  Christiaan  Huygens. 
8  novembre  1663. 

/.(.•  lettre   se  trouve  à  Laden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  1161.     Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.  1166. 

A  la  Haye  le  8  Novembre   1663. 

Je  vous  dis  dans  ma  dernière  l)  que  j'allois  payer  van  Dalen  de  l'argent  del  Sig- 
nor  Padre  et  que  vous  pourriez  luy  en  faire  la  reilitution.  Si  vous  aymez  mieux 
pourtant  que  moy  je  le  donne,  pourveu  que bientoft  vous  me  le  laflicz  rauoir  ici 
par  lettre  de  change  ou  en  efpece  dans  un  pacquet  un  peu  gros,  je  le  veux  bien, 
mandez  le  moy.  Le  payement  de  ce  fripon  n'ell  pas  ii  prefïë. 


"'     Severyn  Oosterwijk. 

1     Lors  de  la  visite  de  Isiru  Bouiliaii  aux  Pays  Bas  en  1662.  Con  su  liez  la  Leti  re  N°*  1015. 

s     Voir  la  Lettre  N°.  [079. 

La  \  eille  avait  été  la  fête  de  la  Toussaint. 


')  Consultez  la  Lettre  N°   1 159. 


CORRESPONDANCE.     1663.  425 


L'horologe  de  milord  Brouncker  fera  bien  toft  fait,  a  qui  faut  il  le  configner, 
et  qui  en  fera  le  payement? 

L'horologe  de  Mon  (leur  Bouillant  n'eft  pas  encor  payée.  Toot 2)  a  négligé 
jufques  icy  de  faire  receuoir  l'argent  à  Arafterdam,  et  dit  quelques  jours  devant 
fon  départ  qu'il  y  auoit  un  compte  entre  Chicze  et  luy  et  que  de  ce  qu'il  îuy 
devoit  il  auoit  defïein  de  le  payer,  mais  ayant  la  telle  pleine  de  vent  de  Zelande  3) 
il  n'en  a  rien  fait,  cela  n'eft  pas  bien  pourtant. 

J'attendray  donc  cet  Agenda  par  l'ordinaire  prochain,  j'efpere  qu'il  fera  tel 
comme  je  l'auois  demandé  c'eft  a  dire  pour  mettre  du  papier  dedans  et  non  pas 
auec  des  fueilles  pour  efcrire  auec  de  l'argent  deftus. 

Mademoifelle  vander  NifTe  4)  eft  icy  depuis  fept  ou  huiél  jours.  Watervliet 5) 
et  Monfieur  d'Odyc  6)  s'évertuent  fort  dans  fa  Cour  et  ce  dernier  auec  tout 
l'emprelTcment  et  toute  aiïiduité  pollible,  et  neantmoins  fes  affaires  font  encore 
fort  incertaines. 

La  Confine  Eiberg  7)  a  ce  dit  on  un  galand  8)  qui  luy  en  veut  tout  de  bon. 
Il  eft  de  Groeningue  et  député  icy  dans  la  Chambre  des  Comptes. 

Pour  Mon  frère  Huygens. 


2)  Toot  est  le  nom  familier  de  Lodewijk  Huygens. 

3)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 147. 

4)  Cornelia  van  der  Nisse,  dame  de  Waarde  et  Nisse,  fille  de  Gillis  van  der  Nisse,  seigneur  de 
Waarde  et  Heinkenszand,  échevin  de  Goes,  député  à  la  chambre  des  généralités,  et  de  Geer- 
truyd  van  Alteren.  En  octobre  1669  elle  épousa  Emmery  van  Watervliet. 

5)  Sur  Emmery  van  Watervliet,  voir  la  Lettre  N°.  835,  note  16. 

6)  Sur  Willem  Adrianus  van  Nassau,  voir  la  Lettre  N°.  909,  note  8. 

7)  Probablement  il  s'agit  ici  d'une  Demoiselle  Eyckberg,  fille  de  Johan  Eyckberg  (voir  la 
Lettre  N°.  230 ,  note  3)  et  de  Petronella  van  Campen  (voir  la  Lettre  N°.  234.  note  1 1). 

8)  Sicco  Eeck,  fils  de  Johan  Eeck,  seigneur  de  Lappersum  et  Wirdnm  et  curateur  de  l'Uni- 
versité de  Groningue,  naquit  en  1626  à  Groningue  et  étudia  le  droit  à  Leiden  en  164-.  Il 
remplit  diverses  charges,  entre  autres  à  la  Haye. 

Œuvres.  T.  IV.  54 


426  CORRESPONDANCE.     1663. 


N°  ii(53. 

R.  Morav  à  Christiaan  Huygens. 

8    NOVEMBRE    1663. 

La  lettre  se  trouve  a  Le'iden ,  coll.  Huygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1167. 

A  Whitehall  ce  29.  doétobre  63. 
Monsieur 

Voycy  un  abbregé  ')  du  Journal  que  m'a  donné  le  Capitaine 2)  qui  a  eu  le  foin  des 
horologes  a  pendule  pendant  un  Voyage  d'icy  a  Lifbonne.  Vous  l'entendrez  auflî 
bien  de  cette  façon  comme  fi  l'euffiez  eu  tout  au  long.  J'en  attendray  vos  fenti- 
mens  auec  quelque  forte  d'impatience,  n'y  perdez  point  de  temps,  pour  vous  y 
obliger,  Je  vous  diray  qu'  hier  Monfieur  Boile  rapporta  dans  noftre  AfTemblee  3), 
qu'il  auoit  tellement  epuifé  l'air  du  Mercure ,  fans  autre  façon  ,  que  la  feule  répé- 
tition de  l'expérience  de  Torricelli  en  y  mettant  tant  foit  peu  d'eau,  que  le  mer- 
cure demeura  fufpendu  a  la  hauteur  de  75.  4)  poulces,  dix  ou  douze  heures  de 
fuitte.  faites  nous  part  de  ce  qui  fe  fait  là  ou  vous  elles,  de  curieux.  Je  fuis  de  tout 
mon  coeur 

Monsieur 

Voitre  trefhumble  trefobeifTant  et  treiaffectionné  feruiteur 

R.  Moray. 

Monfieur  Brouncker  et  Boile  vous  baifent  les  mains. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem. 

Au  petit  Moyse,  rue  de  petit  Bourbon 
io/3  A   Paris. 


')    Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  pièce  dans  nos  collections.  Consulte/,  la  Lettre  N°.  1167, 
note  1. 

2)    Le  capitaine  Holmes. 

R.  lioyle  a  communiqué  le  résultai  de  cette  expérience  dans  une  lettre  à  1 1.  Oldenburg  (con- 
sultez la  Lettre  N".  1  171  ).  On  ne  le  trouve  pas  mentionné  dans  les  Proceedings  de  la  séance 
du  28  octobre  (V.  st.). 

4)    Consultez  la  Lettre  N".  1  171. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  427 


N=   1164. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 
[9  novembre   1663]  '). 

Le  sommaire  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 
La  lettre  est  la  réponse  au  No.   1 1 59. 

Sommaire  :  Tablettes  bonnes  un  Louis  d'or  2). 
Horologe  depcfchè  pas  payé  :). 
Van  der  Does  3). 

Prefent  Royal  quadruple,  quelques  uns  penfion.  Point  de  Venife  4)  pour  M  ad  émoi  le  lie  de  Dona  5). 
S.  Rijckaert  6). 


N°   1165. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 

II     NOVEMBRE     1 663. 
La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
Sommaire     Mieux  fcj  °.,Broncfcer,  Telefcapes  <J> . 

A  Paris  le   11   Novembre   1663. 
Monsieur 

Je  vous  fuis  fort  obligé  des  bonnes  nouuelles  ')  qu'il  vous  a  pieu  me  communi- 
quer touchant  le  comportement  des  pendules  par  mer,  et  j'en  ay  beaucoup  de  joie 


')  Ce  sommaire,  écrit  sur  le  revers  de  la  Lettre  N°.  1 1 59 ,  appartient  à  une  lettre  de  Chr.  Huy- 
gens à  Const.  Huygens  du  9  novembre,  qui  s'est  perdue. 

2)    Consultez  la  Lettre  N°.  1161. 

3  )    Sur  Jacob  van  der  Does,  voir  la  Lettre  N°.  807 ,  note  1 3. 

4)    Consultez  la  Lettre  N°.  1 166. 

s)  Cbristophorns  Delphicus,  comte  von  Dhona,  fils  du  stadhouder  de  la  principauté  d'Orange, 
Christoffel,  comte  von  Dhona  et  d'Ursula  von  Solms,  naquit  vers  1620  et  mourut  à 
Londres. 

Il  épousa  Anna  comtesse  d'Oxenstierna,  qui  lui  donna  deux  filles: 
a)  Carolina  Eleonora. 
b")  Amalia  Lndovica. 

C'est  l'une  de  ces  deux  qui  est  mentionnée  dans  la  lettre. 

6)    Sur  Susanna  Rijckaert,  voir  la  Lettre  N°.  820,  note  14. 


*)    Nous  ne  possédons  pas  cette  lettre  de  R.  Moray  à  Chr.  Huygens. 


428  CORRESPONDANCE.     1663. 

ne  m'ayant  pas  ofè  promettre  qu'elles  auroient  un  fi  bon  fucces.  Ne  manquez  pas 
je  vous  prie  à  m'en  envoier  au  plus  toft  la  relation  du  Capitaine  tant  pour  m'ef- 
claircir  entièrement  en  ce  qui  regarde  cette  importante  expérience  qu'a  fin  que  je 
m'en  puifie  fervir  ou  il  fera  befoin.  Car  je  fuis  d'au  is  ainfi  que  vous,  et  ceux  de 
la  Société  Royale ,  qu'il  faut  commencer  a  agir  tout  de  bon  dans  cette  affaire ,  et 
qu'il  y  a  affez  de  fondement  pour  demander  fans  hefiter  les  Privilèges. 

Mon  lieu  r  l'Abbè  de  Beaufort 2)  avec  quelques  autres  de  mes  amis,  a  qui  j'en 
parlay  hier  par  occafion  d'une  promenade  que  nous  fifmes  enfemble  hors  delà 
ville,  me  confeillerent  tous  de  demander  pluftoft  une  recompenec  icy  au  Roy 
qu'un  Privilège,  et  propoferent  mefme  les  moiens  dont  il  faudroit  fe  fervir  pour 
l'obtenir.  Pour  moy  je  crois  que  ce  ne  feroit  pas  mal ,  mais  je  délire  d'en  feauoir 
voftre  auis,  et  j'en  confulteray  cependant  auec  d'autres  perfonnes  encore,  que 
je  fcay  m'y  pou uoir  fervir.  En  Hollande  le  meilleur  fera  de  demander  le  privi- 
lège, et  l'affaire  reufiiffant  bien  ,  le  pris  qu'on  y  a  deftinè  ne  pourra  pas  nous  man- 
quer. Pour  l'Efpagne,  le  Dancmarc  et  la  Suéde  je  fcay  des  gens  que  j'y  pourray 
emploier. 

Ayons  donc  voftre  Journal  par  ce  que  par  tout  il  faudra  l'alléguer.  Monfieur 
le  Conte  de  Kincairdin  3)  fera  bien  rejouy  aflurement  quand  il  verra  voftre  lettre, 
et  il  me  tarde  que  vous  me  communiquiez  fa  refponfe  pour  entendre  fon  avis  fur 
le  tout.  Je  luy  fuis  bien  obligé  de  ce  qu'il  a  toufjours  eu  meilleure  efperance 
touchant  cette  Invention,  que  moy.  Toute  fois  fi  mon  voyage  ne  fuft  pas  furvenu 
je  Pavois  défia  fi  bonne,  que  je  me  ferois  embarqué  auec  deux  horologes  que  j'ay 
fait  faire  pour  cet  effeét,  et  qui  m'attendent  maintenant  a  la  Haye.  Je  n'entens 
pas  bien  ce  que  vous  dites  de  la  différence  de  15  degrez  qu'on  a  trouuée  :  eft  ce 
entre  la  longitude  trouuée  par  la  voye  ordinaire,  et  par  celle  des  pendules?  Ce 
feroit  un  peu  beaucoup ,  et  j'aurois  peur  que  les  pendules  n'auroient  pas  eftè  mis 
a  la  jurte  longueur,  a  quoy  il  faut  prendre  garde  fur  tout,  et  je  vous  prie  de  le  re- 
commander bien  a  celuy  des  voftres  qui  aura  foin  d'accorder  les  horologes  quand 
ils  s'en  iront  aux  Indes4).  Il  faudra  bien  auffi  donner  inftruction  au  Capitaine,  pour 
ce  qui  eft  de  la  méthode  de  trouuer  l'heure  au  lieu  ou  il  eft,  par  le  moyen  de  deux 
égales  hauteurs  du  Soleil  devant  et  après  difner,  car  autrement  je  fcay  qu'ils  ont 


:)    Dom  Eustache  de  Beaufort  naquit  en  1635  et  mourut  !e  22  octobre  1709.  Nommé  à  19  ans 

abbé  de  Sept- Fonds,  de  Tordre  des  Clteaux,  il  ne  réussit  pas  d'abord  à  maintenir  Tordre; 

lorsque,  en  1  663,  il  voulut  introduire  des  régies  plus  sévères,  il  fut  abandonné  de  ses  moines; 

il  en  rassembla  d'autres,  qu'il  soumit  à  la  discipline  la  plus  dure. 
3)    Alexander  Bruce.  Voir  la  Lettre  N°.  1073.  note  3. 
1     Dans  la  séance  du  1  1  novembre  1663  (V.  st.),  sir  R.  Moray  annonça  que  les  deux  horloges 

à  pendule  seraient  reprises  par  le  capitaine  Holmes,  pour  servir  dans  son  voyage  aux  Indes 

<  >'•<  iden taies.  Consultez  !a  Lettre  N°.  1  173. 


CORRESPONDANCE.     1663.  429 


des  manières  d'obferver  le  midy  fore  peu  exactes.  Pour  l'aequarion  du  temps  je 
veux  croire  qu'il  y  aura  pris  garde  en  fe  fervant  de  ma  table. 

L'expérience  du  ^5  qui  demeure  a  55  pouces  fans  defeendre  eft  très  belle  5),  et 
eftablit  fans  contredit  le  paradoxe  qui  paroit  eftrange  a  ceux  que  j'en  ay  parlé  icy 
et  qui  font  des  plus  fubtils.  Je  vous  prie  que  je  feache  comment  ils  ont  pu  fi  bien 
purger  le  ^  de  tout  air,  s'il  n'a  fallu  que  le  laifler  comme  on  fait  a  l'eau ,  ou  s'il 
y  faut  autre  chofe.  Que  je  fâche  auffi  fi  les  55  pouces  font  demeurez  quoy  que  le 
récipient  fut  vuidè  d'air,  ou  feulement  auparavant,  car  c'eft  défia  un  miracle, 
puis  qu'il  ne  demeurait  ordinairement  qu'a  30  pouces  au  plus.  Les  obfervations 
des  changements  du  temps  que  vous  avez  ordonnées  6)  feront  afïurement  belles  et 
de  plus  d'utilité  que  l'on  ne  croit. 

Quand  je  feray  en  lieu  de  repos  je  vous  prieray  de  me  procurer  un  thermomètre 
comme  ceux  que  vous  avez  7),  ou  du  moins  que  vous  m'en  communiquiez  la  fa- 
brique, s'il  y  a  quelque  chofe  d'extraordinaire  a  ceux  que  fait  voftre  operateur. 
Je  vous  afTeure  que  toutes  ces  belles  expériences  et  occupations  de  voftre  Illuftre 
Société  a  tous  ceux  que  j'en  parle  font  avoir  grande  opinion  et  refpecl:  pour  elle. 
Je  vous  ecriray  un  autre  fois  ce  qu'on  fait  icy  en  matière  de  lunettes.  Mainte- 
nant je  fuis  contraint  de  finir  après  vous  avoir  affurè  que  je  fuis  de  tout  mon  coeur, 

Monsieur 

g 

Voftre  treibbeillkiit  teruiteur 
Chr.  Hugens  de  Z. 

J'ay  eferit  deux  lettres8)  a  Monfieur  Brereton  de  la  réception  des  quelles  je 
fuis  encore  incertain.  N'oubliez  pas  je  vous  prie  de  faire  mes  baifemains  a  tous 
les  amis. 


s)  Dans  la  séance  du  21  octobre  1663  (V.st.),  W.  Brouncker  communiqua  à!a  Société  Royale 
qu'il  avait  fait  demeurer  suspendu  le  mercure,  avec  un  peu  d'eau  par  dessus,  à  la  hauteur 
de  55  pouces.  Consultez  la  Lettre  N°.  1171. 

rt  )  Dans  la  séance  du  y  septembre  1663  (V.  st.),  H.  Oldenburg  annonça  que  Beale  s'était  offert 
pour  observer  les  changements  du  temps,  et  que  celui-ci  espérait  faire  participer  à  ce  travail 
d'auties  personnes  en  différents  lieux  du  pays;  il  pria  la  Société  Royale  de  lui  faire  parve- 
nir quelques  thermomètres  identiques,  pour  les  distribuer.  L'assemblée  ordonna  alors  à 
l'opérateur  R.  Hooke  de  procurer  une  douzaine  de  ses  thermomètres  à  esprit  de  vin,  qui 
seraient  envoyés  à  Beale  et  dans  différentes  parties  du  monde. 

7)  Dans  la  séance  du  22  octobre  1663  (V.st.),  R.  Hooke  apporta  de  ces  thermomètres 
ajustés,  dont  un  fut  donné  à  Mr.  Waterhouse  pour  Mr.  Childrey;  un  deuxième  au  Dr. 
Croune,  pour  le  Dr.  Power;  un  troisième  à  R.  Moray  pour  Mr.  Beale;  tandis  qu'un  qua- 
trième fut  gardé  par  la  Société,  pour  servir  d'étalon. 

8~)    Nous  n'avons  pas  trouvé  les  minutes  de  ces  deux  lettres  de  Chr.  Uuygens  à  W.  Brereton. 


CORRESPONDANCE.     1 663. 


N°=  1166. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 

l6    NOVEMBRE    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.  1162.     Const.  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.   1168. 

A  Paris  ce   \6  Novembre   1663. 

De  vous  envoier  des  piftoles  en  Holande  c'eil  à  quoy  j'aurois  trop  de  peine  a 
me  refoudre,  payez  en  7  à  van  Dalen  fans  fcrupule  de  l'argent  del  Signor  Padre 
et  je  le  luy  diray  a  fin  qu'il  me  les  rabatte  fur  les  premiers  fublîdes  qu'il  me  don- 
nera, s'il  ne  m'en  veut  pas  faire  prefent,  comme  il  devroit  bien  puis  qu'il  vous 
en  fait.  Une  de  plus  que  vous  me  devez  font  8. 

Vous  ne  me  mandez  rien  touchant  voftre  perruque ,  que  vous  devez  pourtant 
avoir  reçue,  puis  que  nous  avons  nouvelles  du  point  de  Venife  ')  qui  a  eftè  dans  la 
mefme  boete.  Je  veux  donc  croire  que  vous  en  eftes  fatiffait. 

J'efcris  en  Angleterre2)  pour  fcavoir  a  qui  il  faudra  adrefTer  l'horologe  de  Mi- 
lord  Brounker.  Il  faut  que  Maître  Severijn  dife  quel  en  eiï  le  pris,  a  fin  que  je  le 
faïïe  fcavoir  au  dit  Milord.  Moniteur  Bouillant  n'a  payé  d'une  femblable  que  72 
livres,  mais  je  croy  qu'il  n'en  voudra  pas  moins  que  80. 

Chez  le  Sieur  Pafcal 3)  il  y  a  1  horologes  a  pendule  que  Monfieur  Chieze  a  fait 
faire  pour  la  Signora  Anna  et  un  autre  Italien  de  nos  amis.  Ils  font  défia  achevez 
et  le  frère  Louis  s'eftoit  chargé  d'avoir  foin  de  les  envoier.  mais  eftant  abfent  je 
voudrais  bien  que  vous  les  addrefiaffiez  a  L'unicus4),  et  par  luy  a  Mademoifelle 
vander  Elit,  qui  les  envoyera  a  Paris  par  les  Rouliers.  Si  le  frère 5)  eftoit  à  la  Haye 
il  pourroit  bien  aufll  les  envoier  a  Rouen  par  mer  a  Monfieur  Cordier6)  mais  cette 
voye  ert  plus  longue. 

S'il  y  avoit  moyen  de  m'envoyer  avec  ces  horologes  une  livre  ou  demie  de  bon 
Te,  vous  me  feriez  grand  plaifir,  parce  que  depuis  quelques  femaines  je  m'en  fuis 


')    Ces  dentelles  étaient  destinées  à  Mademoiselle  von  Dhona;  consultez  la  Lettre  N°.  1 164. 

2)  Voir  la  Lettre  N°.  i  167. 

3)  Sur  l'horloger  Paschal,  voir  la  Lettre  N°.  955,  note  7. 

4)  Surnom  de  Philips  Doublet. 

•s)    Il  s'agit  de  Lodewijk  Huygens. 

6~)    Jean  Cordier  naquit  en   1597  à  Reims  et  mourut  à  Dijon   le  22  novembre  1673.   Il  était 

de  l'ordre  des  Jésuites  et  fut  recteur  à  Chàlons,  à   Dijon  et  a  Nancy;  enfin,  provincial  de 

Champagne. 


CORRESPONDANCE.     1663.  43  I 


trouvé  admirablement  bien  a  prendre  simplement  les  feuilles  dans  la  bouche,  lors 
que  je  me  fens  incommodé  du  mal  de  telle ,  car  cela  m'en  guérit  fans  faute. 
Le  nom  s'il  vous  plait  du  galand  7)  de  la  Coufine  Eiberg  8). 


Au  frère  de  Zeelhem. 


N=   1167. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 
18  novembre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1163.     R.  Moray  y  répondit  par  les  Nos.   1170  et   11 73. 

A  Paris  ce   18  Nov.   1663. 
Monsieur 

J'ay  confiderè  l'extrait  du  journal  :)  que  vous  m'avez  faiét  la  faveur  de  m'en- 
voier,  lequel  me  confirme  beaucoup  dans  l'efperance  que  voftre  précédente  let- 
tre 2)  me  donna  du  bon  fucces  de  nos  pendules  fur  mer.  C'eft  défia  un  grand  poinct 
de  fcauoir  qu'une  horologe  bien  faite,  comme  eft  celle  de  la  Haye, peut  fupporter 
les  plus  grandes  tempeftes  fans  s'arrefter ,  et  quand  a  la  juftefTe  il  n'y  a  rien  dans 
ces  obfervations  faites  au  retour  de  Lifbone,  qui  empefche  de  croire  qu'elle  n'ait 
eftè  exacte,  puis  que  les  longitudes  prifes  par  la  voye  ordinaire  fe  rencontrent  affez 
bien  avec  celles  qu'a  monilrè  l'horologe,  finon  en  l'obiervation  du  16  Aouft,  ou 
l'une  donne  9  degrés  11'  de  longitude  et  l'antre,  1 1  degrés  15',  dont  la  caufepeut 
eftre  attribuée  au  peu  de  certitude  qu'il  y  a  dans  la  manière  ordinaire,  ou  bien  plus 
toft  icy  a  quelque  erreur  qu'on  aura  commife  a  prendre  l'heure,  de  forte  que 
l'horologe  n'aura  devancé  le  Soleil  que  de  37'  ou  38'  minutes,  au  lieu  que  par  leur 
obfervation  il  y  en  euft  45',  car  ce  qui  me  fait  juger  ainfi  c'eft  qu'aux  trois  obfer- 
vations fuivantes  et  dernières ,  les  longitudes  de  l'une  et  l'autre  manière  s'accor- 
dent derechef  très  bien. 


7)  C'est  Sicco  Eeck.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 162  ,  note  8. 

8)  Voir  la  Lettre  N°.  1 162. 


*)    Nous  n'avons  pas  trouvé  cet  extrait  dans  nos  collections,  mais  nous  avons  inséré  un  autre 

extrait  dans  le  N°.  1 174. 
2)    Nous  ne  possédons  pas  cette  lettre  de  R.  Moray.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 165,  note  i. 


432  CORRESPONDANCE.     1 663. 


Pour  avoir  une  preuve  certaine  de  la  jufteflTe  des  horologes  il  faudrait  mefurer 
la  différence  des  longitudes  de  deux  lieux  en  allant  et  en  venant  pour  vcoir  fi  l'on 
trouverait  la  mefme.  Il  femble  que  voftre  Capitaine  3)  n'y  a  pris  garde  qu'au  re- 
tour, dont  peut  élire  j'aurais  appris  la  raifon  fi  vous  m'aviez  envoyé  le  journal 
entier ,  en  tant  qu'il  concerne  les  horologes.  Il  y  a  encore  d'autres  particularitez 
pour  le?  quelles  je  fouhaiterois  le  veoir ,  comme  de  ce  qu'il  parle  aux  obfervations 
des  longitudes  depuis  le  19  Augulli  jufqu'au  5  Septembris  des  deux  horologes 
conjointement,  quoy  qu'auparavant  il  ait  remarque  que  depuis  le  25  Augulli  juf- 
qu'au 4  Septembris  l'horologe  B  pafTa  devant  A  par  3  divifions  par  jour.  Je  vou- 
drais aufïï  fcavoir  pour  quoy  l'on  n'a  pas  continué  les  obfervations  jufqu'en  An- 
gleterre. Que  j'aye  donc  s'il  vous  plait  toute  l'hiftoire  a  fin  que  je  fois  mieux  ef- 
claircy.  Vous  voyez  par  les  premières  obfervations  qu'il  y  manque  encore  quelque 
chofe  en  l'exactitude  des  pendules ,  puis  que  les  excès  n'ont  pas  eftè  tous  les  jours 
de  mefme,  ce  que  j'ay  obfervè  aulfi  bien  fur  terre  avec  ces  mefmes  horologes ,  lors 
que  Monfieur  le  Comte  de  Kincairdin  4)  et  moy  eflions  après  a  les  ajufler,  et  je 
fuis  bien  aife  de  veoir  que  fur  mer  ils  ont  allé  tout  auffi  bien  que  dans  ma  chambre. 
Toutefois  ces  inegalitez  m'ont  toufjours  fait  juger  que  les  horologes  ne  nous 
donneraient  jamais  les  Longitudes  dans  la  dernière  perfection ,  mais  que  neant- 
moins  elles  ne  laifTeroient  pas  d'y  fervir  beaucoup ,  et  que  peu  a  peu  l'on  en  per- 
fectionnerait l'ufage.  Il  vaut  bien  la  peine  cependant  de  demander  les  Privi- 
lèges, et  qu'on  y  travaille  au  pluflofl.  Voftre  pais  et  le  noftre  font  ceux  ou  il  y 
aura  le  plus  de  profit  a  faire.  Pour  cettui-cy  l'on  me  fouftient  que  le  privilège 
doibt  eflre  mon  pis  aller,  mais  qu'en  tout  cas  jepourray  facilement  l'obtenir.  J'at- 
tens  ce  que  Monfieur  le  Comte  de  Cincairdin  fera  d'avis  que  l'on  face  5).  Il  feait 
de  quelle  façon  nous  fommes  convenus  entre  nous  touchant  le  partage  des  émo- 
luments, et  il  peut  s'afîurer  que  je  le  garderay  religieufement  de  quelque  manière 
ou  de  quelque  colle  qu'il  m'en  viendra. 

L'Kxpcrience  dernière  6)  de  Monfieur  Boile  me  plait  fort  par  ce  qu'elle  fe  fait 
fi  aifement  Je  voudrais  fcavoir  s'il  ne  laifïe  pas  ce  peu  d'eau  par  defïus  le  mercure 
fe  purger  d'air  pendant  une  nuict ,  car  autrement  je  ne  conçois  pas  que  par  la  feule 
répétition  de  l'experiment  de  Torricelli  le  ^  demeurera  fufpendu.  vous  m'en  in- 
formerez, s'il  vous  plait,  et  de  plus  fi  après  que  le  ^  ell  defeendu  dans  le  tuyau 
(ou  il  a  demeure  12  heures)  fi  difje  il  ne  s'arrelle  a  la  hauteur  ordinaire  de  29 
ou  30  pouces,  quand  je  feauray  cela  je  me  mettray  tout  de  bon  a  méditer  fur  la 
caufe  de  cet  ellrange  phaenomene. 


3)  Le  capitaine  1  lolmes. 

*)  Titre  d'Alexander  Bruce. 

s)  Voir  la  Lettre  N°  1  [87. 

6)  Consultez  la  Lettre  N°.  1  163,  note  3. 


CORRESPONDANCE.     1663.  433 


Ce  que  j'ay  a  vous  dire  touchant  les  lunettes  d'approche  que  les  curieux  d'icy 
fabriquent,  c'eft  que  dernièrement  nous  fUmcsTefTay  d'une  de  35  pieds  fans  aucun 
tuyau,  qui  reuffit  admirablement  bien.  La  façon  de  dreflèr  le  verre  objectif  eft  de 
Monfieur  Auzout,  et  confifte  en  ce  que  dans  un  petit  ais  de  2  pieds  environ  ou 
ce  verre  elt  enchafîe  il  ajufte  un  petit  tuyay  eftroit  jullement  a  angles  droits,  a 
trauers  le  quel  lors  que  celuy,  qui  eft  auprès  voit  l'eftoile  qu'on  veut  regarder, 
l'on  eft  afïurè  que  le  verre  objectif  eit  fituc  comme  il  faut  et  Ton  trouue  aifement 
après  cela  le  lieu  pour  mettre  l'oculaire  qui  eft  foutenu  par  un  pied.  Vous  enten- 
drez cecy  allez,  autrement  je  vous  l'expliqueray  plus  au  large,  comme  auffi  la 
manière  qu'on  a  propole  pour  élever  le  verre  objectif  a  la  hauteur  qu'on  veut. 
Monfieur  Auzout  a  un  verre  de  45  pieds,  qui  a  6\  pouces  de  diamètre  et  eft  très 
beau  et  bon. 

L'on  me  mande  de  la  Haye  que  l'horologe  pour  Milord  Brounker  eft  achevé  7), 
et  qu'on  délire  de  feavoir  quelle  adrefîe  il  y  faudra  mettre  pour  le  luy  faire  tenir, 
comment  eft  ce  qu'on  avoit  fait  pour  vous  envoier  la  voftre  ? 

Nous  avons  commence  de  faire  des  expériences  du  vuide  chez  Monfieur  de 
Monmor  avec  la  machine  qu'il  a  fait  faire  fuivant  mon  ordonnance,  mais  tout 
cela  ne  va  pas  de  l'air ,  comme  chez  vous. 

Je  tourne  ce  feuillet  pour  vous  dire  que  je  fuis 

Monsieur 


Voftre  très  humble  et  très  obeifiant  feruiteur 
Chr.  Hugens  de  Zulichem. 


r)    Consultez  la  Lettre  N°.  1 162. 

Œuvres.  T.  IV.  55 


434  CORRESPONDANCE.     1 66 


ô' 


N=   n<58. 

Constantyn  Huygens,  frère,  h  Christiaan  Huygens. 

2  2    NOVEMBRE     1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  ail.  Huygens. 
Elle  est  lu  réponse  au  No.  1166.       Chr.  Huygens  y  répondit  parle  No.  1 1  r  5  - 

A  la   Haye  le  22  Novembre    1663. 

Je  payeray  de  l'argent  del  Signor  Padre  8.  pilloles  à  van  Dalen  ne  pouvant  com- 
prendre de  quoy  je  vous  en  devrois  une  fi  ce  n'eit  que  vous  m'ayez  achepté  peut 
eftre  des  tablettes  dont  vous  ne  m'auez  jamais  rien  mandé,  dans  voûxe  penultielme 
du  2.  de  ce  mois ')  vous  dites  bien  que  vous  me  les  envoyeriez  par  l'ordinaire  pro- 
chain ,  mais  cet  ordinaire  là  ne  m'a  rien  apporté  de  voftrc  part 2)  ny  lettres  ny  ta- 
blettes. Si  vous  les  auez  acheptées  je  vous  remercie  de  la  peine,  fi  non  ne  le  fai- 
tes pas,  j'ay  trouvé  icy  un  homme  qui  relie  afîbz  bien  pour  m'en  faire,  faites  moy 
feauoir  de  quoy  je  vous  doibs  la  piitole  et  je  vous  l'envoyeray  incontinent. 

L'horologe  de  Milord  Brouncker eft  presque  faite,  je  luy  3)  ay  demandé  le  moin- 
dre prix,  et  il  me  dit  que  fi  un  autre  la  luy  auoit  commandée  il  n'en  feroit  pas  à 
moins  de  i  20.  francs  mais  que  pour  ne  vous  dégoutter  pas  il  donnera  cellecy  pour 
1  10.  et  que  c'eit  là  tout  le  dernier  mot.  Il  dit  de  plus  que  celle  de  monfieur  Boul- 
laut  n'eitoit  que  de  29  heures  la  où  cellecy  fera  de  8  jours  et  de  plus  fort  achc- 
uée  en  toutes  fes  parties  auec  la  boulle  ou  l'ancre  en  fa  place  dorée. 
Pafcal4)  a  apporté  les  deux  pendules  qu'on  luy  a  fait  faire  et  Toot 5)  les  envoyera 
par  Rouan. 

Severyn  3)  voudroit  bien  eftre  payé  de  l'autre  dont  vous  m'auez  eferit 6)  par  le 
pafîe.  Toot  a  renvoyé  la  lettre  de  change  qu'il  auoit  pour  cela  de  Chiczc,  difant 
que  luy  deuant  de  l'argent  il  la  payerait  de  cela.  Maintenant  que  je  l'en  fomme 
il  dit  que  Chieze  ne  luy  envoyé  pas  le  compte  qu'ils  ont  enfemble  et  qu'aupara- 
vant que  cela  foit  il  n'en  peut  rien  faire,  je  vous  prie  de  luy  en  faire  iouvenir 
cela  cil  honteux  de  faire  courir  les  pauvres  gens  après  leur  argent  pour  cette  forte 
de  marchandiié. 

Si  vous  m'envoyez  des  tablettes  je  vous  prie  que  ce  foit  entre  deux  pièces  de 
carton  afin  que  perfonne  ne  feache  ce  qu'il  y  a,  de  peur  de  tentation. 


')  Voir  la  Lettre  N°.  1  161  ,  du  2  novembre. 

1  )  La  Lettre  N°.  1 1(^4,  qui  ^esi  perdue.  Consultez  la  Lettre  N°.  1  175. 

3)  L'horloger  Severyn  Oosterwijk.  Voir  la  Lettre  N°.  1  104,  note  S. 

1  SurPaschal    horloger  à  la  Haye,  voir  la  Lettre  N°.  955,  note  7. 

s)  Toot  est  Lodewijk  Huygens. 

*3  Voir  les  Lettres  No*.  11 61, 11 62  ei  11^4. 


CORRESPONDANCE.    1663.  435 


J'efcriray  a  Amfterdam  pour  vous  faire  auoir  du  Té  et  l'envoyeray  auec  les 
horologes. 

Le  amant  de  la  Coufine  Eibergr)  s'appelle  Eeck8),  on  dit  qu'il  n'eft  pas  de 
fort  grande  extraction  ny  pas  trop  chargé  de  biens  perifTables. 

Pour  le  frère. 


N°   1169. 

Christiaan  Huygens  à  Constantyn  Huygens,  frère. 
23  novembre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à   Leiden,  cuil.  Huygens. 

A   Paris  ce   23  Novembre   1663. 

Je  n'ay  autre  chofe  a  vous  dire,  n'ayant  rien  receu  de  voftre  part,  finon  que  je 
fuis  très  marry  que  vous  n'ayez  pas  receu  mon  pacquet  ou  il  y  avoit  vos  tablettes 
avec  mes  lettres  a  vous  et  a  Monfieur  van  Leeuwen  et  encore  une  de  Moniteur 
Chieze  au  frère  de  Moggerfhil.  j'efpere  que  depuis  on  vous  l'aura  apporté,  car 
je  ne  puis  m'imaginer  comment  il  fe  feroit  perdu,  il  eftoit  dans  un  couvert  apart, 
avec  l'infcription  a  Monfieur  Vafixic ').  Quoyque  vous  ne  m'ayez  rien  eferit  de 
voftre  perruque  je  ne  doute  pas  pourtant  que  vous  ne  la  portiez  défia,  parce  que 
ma  Coufine 2)  eferit  entre  autres  choies  al  Signor  Padre  datter  nu  een  nieuwe  mode 
is  dat  de  jongeluy  al  haer  haer  doen  affnijdcn  en  fetten  dan  paruquen  op  die 
hacr  bijkans  het  heele  aenficht  bedecken ,  en  achter  op  ftaet  een  hoedtie3).  Je  voy 
par  la  que  nous  fommes  tout  de  mefmc. 

A  Monfieur 
Monfieur  de  Zeklhem 

A  la  Haye. 


7)  Sur  Mademoiselle  Eyckberg,  voir  la  Lettre  N°.  1 16a. 

8)  Sur  Sicco  Eeck,  voir  la  Lettre  N°.  1 162. 


x)  Hendrik  Vastric  était  un  riche  négociant  d'Amsterdam.  En  1650  il  devint  lieutenant  de  la 
garde  civile,  en  1666  capitaine. 

;)    Probablement  Catharina  Suerius, 

3)  Traduction:  que  maintenant  il  y  a  une  nouvelle  mode,  que  les  jeunes  gens  font 
couper  tous  leurs  cheveux  et  fe  mettent  alors  des  perruques  qui  leur  couvrent 
prefque  tout  le  vifage  et  font  furmontées  par  derrière  d'un  petit  chapeau. 


4,^6  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N=   11 70. 

R.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 
16  novembre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.   Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   11 67.     Chr.   Huygens  y  répondit  par  le  No.    1178. 

Grefham  Colledge   \6  Novembre    1663. 
Monsieur 

Nayant  point  reçeu  la  refponce  que  J'attendois  de  Monficur  le  Comte  de  Kin- 
cairdin1)  touchant  les  montres  Je  n'ay  pas  voulu  diferer  d'auantage  a  vousenuoyer 
la  copie2)  dune  lettre  de  Monficur  Boile  eferitte  a  Moniteur  Oldenbourg  touchant 
l'expérience  qu'il  auoit  faite  par  lordre  de  la  Société  en  fuitte  de  celle  que  vous 
m'auez  communique  autrefois,  &  dont  Je  vous  ay  parle  dans  mes  précédentes. 
Monficur  Oldenbourg  Ta  mile  en  latin.  Vous  la  trouuerez  belle,  il  vous  baife  les 
mains  comme  font  tous  nos  Meilleurs  qui  font  du  Confeil  en  prefence  defquels  Je 
me  foubfigne  de  bon  coeur 

Monsieur 
Voftrc  trefhumble  trefobeiflfant  &  trelaffeclionné  feruiteur 

R.  Moray. 
A  Monficur 
Monficur  Christian  Hugens  de  Zulichem 
Au  petit  Moyfe,  rue  de  petit  Bourbon 
18II.  A  Paris. 


')   Alexander  Bruce. 

2 )   Voir  l'Appendice  N°.  1 171, 


CORRESPONDANCE.     1663.  337 


N=   1171. 

R.  Boyle  à  H.  Oldrnburg. 

8    NOVEMBRE    1663. 

Appendice  au  No.   1 1 70. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Roberti  Boylij  Epiftola  ad  Henr.  Oldenburgium  feripta 
de  Novo  Expérimente)  Mercurialj. 

Domine, 
Ut  obfecundem  tuae,  quam  heri  vefperi  apud  me  prodebas  enriofuati,  acci- 
piendi  a  me  Occafionem  et  ProgrefTum  Novi  iftius  Experimenti  Mercurialis,  quod 
attonitos  adeo  habuit  fatigavitque  Philofophos  et  Mathematicos  noftros;  meum 
efle  arbitrer,  paucis  te  informare  (prolixitatem  enim  feftinatio  mea  non  admittit) 
quod  fuo  merito  illuftris  Dominas  Chriftianus  Hugenius  de  Zulichem ,  poitquam 
conftrui  curaffet  in  Hollandia  unam  ex  machinis  meis  Pneumaticis,parum  a  mea 
diferepantem,  inque  ea  complura  rumfinet  Expérimenta  ex  iis,  quae  commemo- 
raveram  in  eo  libro  '),  ubi  eam  deferipferam,  et  inter  alia,  decimum  nonum,  in  quo 
Aqua  in  brevi  Tubo,  ad  incumbentis  Aeris  exantlationem,  fubfidit:  deprehendit, 
fibi  aeque  ac  mihi  Experimentum  fuccedere,  fi  uteretur  Aquâ  communi  ;  at  fi  illius 
loco  adhiberet  Aquam ,  quae  diutinâ  fuâ  in  eadem  machina  morâ  effet  ab  Aère 
purgata,  Aquam  non  defeendere,  etiamfi  dimidiaeUlnae  Anglicanae  longitudinem 
Tubus  non  excederct.  Plaeuit  ipfi,  pro  fuetahumanitate,  inliteris2)  adlngeniofiffi- 
mum  Amicum  noftrum  Dominum  Robertum  Moray,  Equitem,  Experimentum 
hoc  mihi  communicare  3);  ad  quas  cum  Refponfum  meum  in  Collegio  Grefcha- 
menfi  videris,  fupervacaneum  erit,  quae  repofui4),  tibi  hic  narrare.  Exinde 
filuimus,  donec  ipfo  Domino  Hugenio,  aellate  adultâ  nos  invifente,  Experimen- 
tum illud  coram  Societate  Regia,  cum  ab  ipfo,  tum  a  meritiflimo  ejufdem  Societa- 
tis  Praefide,  Nobiliffimo  Vice-Comité  Brounckero,  repetereturs),  idqueTubis  ad- 
hibitis  tripedalibus,  fuccerTu  tamen  felici.  Quo  facl:o,memineris  me  innuiffe  quod, 
quandoquidem  explorandi,  quoufque  Aerem  recipientis  exhauiïffent,  meniurâ 
dertituebantur ,  conjeftura  non  videretur  abfurda,  reftitare  fatis  Aeris  in  Reci- 
piente ,  qui  très  quatuorve  pedes  Aquae  in  tubo  furtentaret  (fiquidem  iftius  longi- 
tudinis  Cylindrus  Aquae  pondère  fuo  non  aequat  Cylindrum  Mercurialem  totidem 


!)    Voir  l'ouvrage  décrit  dans  la  Lettre  N°.  873,  note  4. 

2)  Consultez  les  Lettres  N<'s.  963  et  1033. 

3)  Voir  la  Lettre  N°.  1032. 

4)  Voir  la  Lettre  N°.  1056. 

s)    Dans  la  séance  du  16  juillet  1663  (V.  st.)  R.  Hooke  lit  un  rapport  sur  ces  expériences,  qui 
furent  reprises  avec  de  plus  longs  tubes  dans  les  séances  du  1  9  août  et  du  9  septembre. 


438  CORRESPONDANCE.     1663. 


pollicum)  quando  Aquae,  aëre  purgatae,  defcenfus  non  juvebatur  (uti  juvari 
(blet  Aqua  non-purgata)  Bullarum  aërearum,  ad  (uperiorem  tubi  partem  evefta- 
rum,  Elaterio.  Et  quoniam  ex  dcfcétu  menfurae  difficile  crat,  conjeéturam  hanc 
lufficienter  vel  evincere  vel  convellere,  Illuftxium  Virorum  iftorum  pari  propone- 
bam,  Experimentum  ut  fieret  cum  Argcnto  Vivo,  loco  Aquae;  quandoquidcm, 
fi  fufpenfus  teneri  poïïet  Mercurius  in  infignioris  longitudinis  Tubo,  pateret  inde, 
non  e(Te  Acrem  externum  folum,  qui  eum  fuftentaret,  cum  Experimentum  Tor- 
ricellianum  determinaverit,  totam  Preïïîonem  ipfius,  Preffioni  Cylindri  Mercurialis 
non  nifi  30  digitorum  aequivalere.  liane  propofitionem  adeo  ampleftebantur 
Vice-Comes  Brounckerus  et  Dominus  Hugenius,  ut  horum  priori  et  mihi  deman- 
data  provincia  tuerit  a  Societate  Regia  eam  exequendi,  ipfofque  de  fucceïïu  cer- 
tiores  reddendi.  Eum  autem  Ambo  conjectabant  iîmilem  fore  Experimento  faélo 
cum  Aqua  purgata:  quod  ideo  commemoro,  ut  unicuique  fuum  tribuam.  Lubens 
quippe  fateor,  quod  cum  defuerit  mihi  ob  machinarum  mearum,  vel  abfentiam 
vel  defeétum,  opportunitas  Expérimenta  faciendi  cum  Aqua  in  diverfarum  longi- 
tudinum  tubis,  uti  ipfi  faepius  et  fedulo  fecerant ,  vifa  mihi  fuerit  altorum  Cylin- 
drorum  Mercurialium  in  machina  pneumatica  fuftentatio  tara  parum  habere  Ana- 
logiae  cum  Experimentis  omnibus,  hactenus  circa  Torricelliana  illa  factis,  ut, 
licet  ipfe  eflèm  author  propolitionis  fubftituendi,  loco  Aquae,  mcrcurium ,  ex 
oblervantia  inprimis,  qua  par  illud  virorum  profequor,  de  eventu  valde  diffide- 
rem.  Verum ,  cum  tanti  apud  me  valerent  viri  illi ,  Regiaeque  Societatis  mandata, 
ut  ipfîs  refragari  nequirem ,  ut  primum  domum  revertcbar  ad  experiendum  nun 
quid  fieri  poïïet,  adhibita  Viri  tibi  noti 6)  opéra,  me  accingebam  et  mecum  expen- 
dens  parum  ad  rem  fore  Machinam  adhibere  nid  prius  conftaret,  pofle  in  Acre  li- 
bero  fufpenfum  teneri  Mcrcurium  in  Tubo,  30  pollicibus  longiori,  tentabamus 
aliquoties  efficere,  ut  Mercurius  iftâ  ltationc  altius  fubfifteret  :  ibi  vero  Aquam 
adhibebamus,  ut  tanto  melius  Aeris  dignofeeremus  particulas,  quae  délite feere 
in  Mercurio  folent,  ab  iifque  cum  vacuaremus.  Verum  parum  amplius  primo  at- 
que  etiam  fecundo  die  praefiare  potuimus,  quàm  Mercurium  et  Aquam  a  Bullarum 
copia  liberare ,  utrumque  in  Tubo  fufpenfum  relinquendo.  Ac  tertius  quartufvc 
dies  agebatur  priufquam  rem  co  reduccre  poïïèmus,  ut  Mercurius  et  Aqua,  fachi 
tubi  inverfione  et  deobturatione,  non  fubfideretlt  (minima  quippe  Bulla  in  liinimo 
reiiôta,  vel  intra  20.  vel  25.  abinde  pollices  émergeas,  impedire  effeétutn  illum 
valcbat).  Nobiliffimus  Dominus  Brounckerus  (imili  (uccellu  idem  Experimen- 
tum ,  eademque  ut  cadebat  via  perfecerat;  (ic  ut  in  proximp  dehinc  Societatis  con- 
feflu7)  uterque  Hiftoriam  lacti  ipfis  exponeremus;  narrante  ipfîs praediéto  Domino, 
eo  fefe  Cylindrum  Mercurialem  reduxijje  ut  ad  34  pollicum  altitudinem  (  quae  tota 
erat  tubi  longitudo)  fufpenfus  refîitaret ,  me  vero  ipfis  referente ,  ad  52  pollicum 


6)  Boyle  désigne  R..  Hooke. 

7)  Dans  In  séance  du  -  octobre  1663  (V.  st.). 


CORRESPONDANCE.     1663.  430. 

altitudinem  me  eum  fufpenfum  tenuijfe praeter  aliquantum  Aquae,  quae  a  furomi- 
cate  Mercurii  ad  fummitatem  Tubi  porrigebatur.  Verum  femper  obiervabam 
(quod  primarium  eil  phaenomenon)  quando  tancillo  motu  faclo,  vel  émergente 
aliquâ  prope  fummitatem  Bullâ  Mercurius  fubfidere  inciperet,  cecidifTe  eum 
(quantilla  etiam  effet  bulla,  quae  generabatur  vel  emergebat)  ad  ufitatam  inter 
29.  et  30.  pollices  ftationem.  Quibus  omnibus  uti  Nobiliflimus  ille  Dominus  me  con- 
vincebat,  non  efTe  folum  pondus  externi  Aeris,  quod  fufpenfum  tenebat  Mercu- 
rium  in  maxima  altitudine;  ita  perfuafum  eidem  videbatur  effe  Aerem  externum, 
qui  Mercurium  praepediebat,  quo  minus  infra  30.  pollices  decideret.  Adeo  ut, 
haud  rejeftâ  Hypotheli ,  quae  tam  commode  folvit  omnia  Experimentorum  Mer- 
curialium  phaenomena ,  uterque  lentiremus ,  quod ,  etfi  novum  hoc  et  mirabile 
phaenomenon ,  priorem  noftram  hypothefin  non  convellat ,  attamen  nos  urgeat , 
ut  quid  aliud  adoptemus  adfcifcamufque  ad  ihipendam  hanc  circumftantiam  fol- 
vendam,  et  ad  explicandum  ,  quid  fit,  quod  tantum  Mercurii  fuftentet,  quantum 
ultra  30  pollicum  altitudinem  fufpenfum  tenere  valemus:  quemadmodum  exhibitis 
novis  in  Machina  noftra  Experimentis  haud  aequum  judicabamus,  Hypothefin  de 
Aeris  gravitate,  a  Torricellij  Seétatoribus  propugnatâ,  rejicere,  fed  ei  fuperad- 
dere  Aeris  Elaterium ,  ad  excolendam  Theoriam ,  quam  novae  haec  Deteftiones 
non  oitendebant  falfam ,  fed  infufficientem. 

Exinde,  Nobiliffimus  Brounckerus  et  Ego  conati  fuimus  Experimentum  pro- 
vehere  longiùs,  atque  etiam  curavimus,  ut  eum  Mercurio  folo  fuccederet ,  abfque 
aâmïniculo  Aquae.  Atque  uti  praedicïus  Dominus  jam  eifecit,  ut  Mercurius  fufpen- 
fus  maneat  ad ^55. pollicum  altitudinem^  ;  ita  Ego,  qui  tubis  utor  longioribus,  rem  eo 
redegi ,  non  fine  taediofa  fatis  afliduitate  ut  ille  ad  feptuaginta  quinque  9)  pollicum 
et  amplius,  altitudinem  fufpenfus  maneat ,  et  (quod  ipfum  exiftimamus  notatu 
dignum)  in  prodigiofa  hac  altitudine  (excepto  tantillo,  quod  intercidere  ei  poteft, 
parieti  innitendo)  per  integros  4  dies  no&efque  ipfum  fufiinuimus.  Et  quamvis  hic 
illîc  interior  Tubi  fuperficies  irrorata  videatur  guttulis  Aquae,  dignofeere  tamen 
aliud  non  poffum,  nifi  quod  fummitas  Mercurij  tam  arfte  contigua  fit  fummitati 
Tubi ,  ut  nulla  Aqua  quoad  fenfum  inter  eas  irrepferit.  His  adjiciam ,  quod ,  ut  de 
notabili  circumrtantia,  ad  Mercurij  fufpenfionem  fpecfante,  fatiffacere  poffem 
aliis  potius,  quam  mihi  ipfi,  excogitavi  Experimentum  aliquod,  quod  nonnulli 
memoratu  forte  non  omnino  indignum  exiftimabunt;  eftque  hoc:  Quod  cumjuf- 
fiffem  Tubum  leniter  fublevari,  verjus,  at  non  penitus  adufque  Mercurij  ftagnan- 
tis  fuperficiem  ingeiïi  digitum  meum  inter  vafis  fundum  et  Tubi  orificium,  quod 
ejufdem  pulpa  obturabam  :  tunique,  eum  Tubum  omninô  extra  Mercurium  levari 
curaffem ,  deprehendi,  prout  exfpeftabam ,  fcnfibilem  non  effe  Cylindri  Mercu- 
rialis  contra  digitum  meum  Prefîionem,  vel  fi  mavis,  nullum  fenfibilem  conatum 


8)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 165,  note  5. 

9)  Consultez  1;:  Lettre  N".  1163. 


44°  CORRESPONDANCE.    1 663. 


repellendi  digitum  ab  orificio,  quod  ille  claudebat;  quod  arguit,  fuperiorem  Mer- 
curij  partem,  quae  45  valet  pollices,  miro  modo  ab  alia  aliqua  fe  fuftentari , 
quàm  externi  Aeris prefftone;  quandoquidem  alibi  oftendi  fimplicem  iltam  (am- 
bicntis  Aeris)  preffionem  efficere,  ut  digitus  co  modo  pofitus,  quo  erat  meus, 
nonnifi  30  pollicum  Mercurii  pondus  pofle  fuftihere,  non  autem  ut  ipfe  infenii- 
bilis  maneat  ponderis  vel  preffionis  iffi  fuperadditae.  Atque,  ulterioris  fatiffac- 
tionisergo;  fubdufto  licet,  dum  Tubus ,  qui  nonnifi  exilis  era\ f,itapenitus  extra 
Mereurium  tenebatur,  digito,  quo  hucufque  orificium  ejus  obturaveram,  com- 
perimus,  exfpeftationi  noftrae  congruenter ,  Mereurium  tamen  e  tubo  non  efffuere , 
fed  fufpenfum  in  eo  remanere. 

Quoulque  provehere  porro  Experimentum  hoc  poffimus,  melius,  procuratis 
Tubis  longioribus  conjicimus,  dummodo  ullos  nancifei  poffimus  fatislongos,  qui 
fummè  poflibilem  Mercurii  fufpenfîonem  nobis  oftendant.  Intérim  id,  quod  jam 
praeftitum,  Curiofis  exteris  (quibus  id  omninb  communicatum  velim)  gratum 
fatis,  abfque  dubio,  erit,  eofque  forte  nonnihil  attonitos  reddet;  mihique  fateor 
baftenus  adeô  videtur  explicatu  (quod  quidem  latiffecerit)  difficile,  ut  nequa- 
quam  aegré  feram,  praello  mihi  fuifle  exeufationem  Avocamentorum  me  diver- 
tentium,  qub  minus  addicere  animum  lerio  potuerim  ad  Hypothelïn,  quae  id  ex- 
plicaret,  invelligandam  &c. 

Londini  Octobris  29.   1663. 

Roberti  Boylij  de  Novo  Expérimente» 
Mercuriali  Epiitolaris  Narratio  ad  Henricum 
Oldenburgium  lcripta  29  Oétobris  1663. 

Pour  élire  communique  à  Monficur 

Christian  Huygens  di<:  Zulichem 
à    Paris"). 


")  Viri  illi  Kegiae  Societatis  mandatabar ,  ad  experimendum  nunquid  fieri  pofle , 
mecum  expendens  parum  ad  rem  fore  |  Chr.  I  luygensj. 


CORRESPONDANCE.     I  663.  44  1 


N£   1172. 

Ph.  Doublet  à  Christiaan  Huvgens. 
29  novembre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Amsterdam ,  Archives  Municipales. 

le  19  Novembre   1663. 

Si  ma  femme  ')  n'euft  eu  defTein  de  vous  efcrire  par  cet  ordinaire  et  repondre  a 
la  voltre  2)  qui  nous  a  efte  très  agréable  je  vous  aurois  moij  entretenu  un  peu  plus 
amplement  que  je  ne  pourray  faire  altheur  fur  le  fujet  de  nos  amoureux  et  prin- 
cipalement de  laine,  mais  il  ell  défia  tard  et  ma  femme  a  elle  occupée  tout  le  ma- 
tin auprès  de  ma  mère  3)  qui  ne  fe  porte  point  du  tout  bien  depuis  quelques  jours 
d'un  catharre  fort  dangereux  de  ceux  que  les  médecins  appellent  fufFoquants  qui 
luy  eftant  tumbé  fur  les  poulmons  luy  empêcha  prefque  tout  a  fait  la  refpiration 
a  diverfes  reprifes  et  luy  auroit  pu  avoir  courte  la  vie  s'il  fuft  tombé  a  deux  doits 
de  la  fur  le  coeur,  mais  Dieu  mercy  aijant  efté  faignee  quoy  qu'un  peu  tard ,  s'ef- 
tant  fort  opiniaftree  a  ne  vouloir  point  qu'on  Mil:  venir  d'abord  le  médecin  s'jmagi- 
nant  que  c'eftoit  de  ces  battemens  de  coeur  aux  quelles  elle  eft  quelque  fois  fujette 
et  qui  paffent  fouuent  fans  qu'on  y  faffe  rien,  elle  fe  trouva  en  quelque  façon  fou- 
lagee.  Le  lendemain  on  la  faigna  encore  une  fois  et  on  luy  donna  un  lavement 
qui  pourtant  ne  fift  point  l'effet  qu'on  en  avoit  defiré,  non  plus  que  celuy  qu'on 
luy  a  donné  ce  matin ,  mais  cepandant  il  nij  a  plus  beaucoup  de  danger  et  nous 
efperons  qu  elle  s'en  pourra  remettre  dans  peu  de  jours. 

Vous  parlez  de  trois  maiftreffes  du  frère  de  Zeclhem  mais  ma  foy  nous  n'en 
cognoiffons  et  ne  feavons  prefque  pas  d'une  ou  plulroft  nous  en  cognoifïbns  cinq 
ou  fix.  il  eft  toufiours  le  mefme,  fait  parler  de  foy  par  tout  plus  qu'il  n'eft  befoing 
et  ne  fe  détermine  a  rien.  Sant 4)  luy  tient  fort  au  coeur  a  ce  que  nous  voyons  et 
il  y  va  plus  qu'en  aucun  autre  endroit  mais  au  jugement  de  tout  le  monde  elle  eft 
la  moindre  de  touttes  les  maiftreffes  qu  on  luy  donne  et  qu  il  fe  donne  luy  mefme, 
tant  pour  la  beauté  que  le  temporel. 

Celle  de  Delft  nous  ne  pouuons  comprendre  qui  ce  puiflè  eftre  finon  Ama- 
rante 5)  dont  il  femble  pourtant  a  nous  autres  qu  il  fait  le  moindre  cas  et  ne  la  voit 


')    Susanna  Huygens. 

2)   Nous  n'avons  pas  trouvé  la  minute  de  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  sa  sœur. 

3>)    Geertruid  Huygens.  Voir  la  Lettre  N°.  197,  note  6. 

4)    Suzanna  Ryckaerdt  qu  il  épousa  en  1668. 

s)    Amaranthevan  Vredenburgh,  fille  de 

Mr.  Adriaan  van  Vredenburgh,  né  à  Delft  le  27  septembre  160-  où  il  mourut  le  28  février 
1652.  Comme  son  fils,  le  bourgmestre  Jacob,  s'intitula  „à  Adrichem  ,"  il  est  probable  que  sa 
seconde  épouse  Sara  van  der  Graeff  était  la  veuve  d'Anthony  van  den  Burg  et  lui  apporta 
ce  titre.  Consultez  la  note  10. 

Œuvres.  T.  IV.  56 


442  CORRESPONDANCE.     1 663. 


prefque  jamais,  quoy  quelle  (oie  fort  jolie  pour  Pefprit  et  le  corps,  outre  l'on  bien 
qui  peut  monter  a  environ  80  mille  Livres,  il  la  voiioit  fou uent  pendant  que 
j'eftois  a  Paris  et  on  en  parloit  alors  mais  depuis  cela  a  cette,  tant  ij  a, nous  n'en 
feavons  rien  et  il  peut  avoir  repris  quelque  commerce  fecret  avec  elle.  Si  c'eil 
tout  de  bon ,  il  ne  trouuera  guerre  de  difficulté  auprès  de  la  donzelle  elle  le  voit 
de  fort  bon  oeil ,  et  parle  volontiers  de  luy  c'eft  ce  que  je  fcay  par  expérience ,  car 
je  la  vois  plus  fouuent  que  luy,  nij  moij  ni  qui  que  ce  foit  qui  la  cognoiffent  ne  balan- 
ceraient guerre  fur  le  choix  d'elle  ou  de  Sant  R.  4)  mais  il  eil  (ingulier  en  les 
amours.  Jl  n  y  a  pas  longtemps  qu  il  a  elle  revoir  fa  dulcinée  de  Rotterdam  6) 
dont  nous  n'avons  aufli  rien  feeu  que  quelque  temps  après  par  hafard.  puis  il  re- 
tourne chez  Beaumont  le  Secrétaire7),  et  journellement  chez  Belletie  8).  voila 
comme  il  agit. 

Mais  je  vous  ay  parlé  d'Amarante  de  Delft  (on  ne  la  cognoit  prefque  pas  au- 
trement ad  diftinét.ionem  de  celle  de  la  Haije,  car  touttes  les  bonnes  villes  en 
ont  une  a  prefent)  et  je  commence  a  doutter  fi  vous  la  cognoifTez  ou  non.  Sachez 
donc  qu'elle  s'appelle  Amarante  van  Vredenburg  foeur  Utérine  de  feue  fa  Maif- 
treiïe  Madeleentie  van  Adrichem  y)  auprès  de  qui  elle  demeure.  Je  m'eftonne  de 
ce  qu'il  en  fait  un  fi  grand  miftere  comme  vous  dittes.  ou  ce  devroit  élire  encore 
quelque  autre  dont  nous  ne  nous  fommes  du  tout  point  aperceus. 

A  l'autre  IO)  le  vent  et  la  marée  contraires  joints  a  cette  fièvre  qui  le  tient  fi  hors 
de  propos  en  un  temps  où  il  fen  pourrait  païïer  mieux  qu'en  aucun  autre,  femble 
ne  rallentir  que  peu  fon  arfee  fi  véhémente  qu  il  .a  tefmoignee  depuis  quelque 
temps  dont  tout  le  monde  ne  parle  pas  moins  que  du  prétendu  Hlacuwtie  IJ)  qu  on 
veut  a  toutte  force  qu'il  ait  receu.  Elle  ell  fatale  a  ces  galants  cette  redoutable 
Zelandoife12)  car  Bartelotti  I3),l'antagonilte  du  noftre  fe  porte  plus  mal  que  noftre 


")    Le  nom  de  cette  demoiselle  nous  est  reste1  inconnu    Nous  savons  seulement  que  J.  van  der 

[VIeyden  fut  son  oncle.  Consultez  les  Lettres  N°s.  1082  et  1088. 
7      I  lerbert  van  Beaumont.  Voir  la  Lettre  N°.  240,  note  3. 

Probablement  Isabelle  van  Aerssen.  Voir  les  Lettres  Nos.083  et  1051. 
'      Madeleine  van  Adrichem  était  probablement  la  fille  de  Anthony  van  den  Rurg,  seigneur 

d' Adrichem. 
IO)  Il  s'agit  de  Lodewijk  Huygens, 
")  Traduction  :  relus  de  mariage. 
,a)  Mademoiselle   Thibault   de   Middelburg.    Consulte/,  les   Lettres   Nos.  yio,    1149,  1151 

et  I  155. 
'    )  Guilielmus  Bartelotti  van  den  Heuvel.  Consultez  la  Lettre  N°.  700,  note  4.  Ses  deux  sœurs 
étaient    mariées  a   deux    messieurs   Thibault    (consultez   la  Lettre  N°.  010,  note  3).    Le 
1  -  mars  [665,  il  épousa  a  Amsterdam  jacoba  Sophia  Huydeeoper  (née  en  1640),  (ille  du 
chevalier  Joan  van  Huydeeoper  et  de  Maria  Coymans.  Il  mourut  en  1673. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  44; 


frère  et  court  danger  de  n'en  point  efchaper  a  ce  que  m'a  dit  Monfieur  IlafTc- 
laer  fon  tuteur,  mefme  il  crache  du  fang  auec  une  fleure  continue. 

Que  fait  on  ?  que  faittes  vous. 

La  machine  Rouanefque  I4)  fera  elle  bien  toit  en  eftat. 

Je  n'entens  plus  rien  des  carottes  a  trois  roues. 


NJ   1173. 

R.  Moray  à  Christiaan  Huygens. 

29    NOVEMBRE    1663. 

La  lettre  se  trouve  a  Leideu,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1167.     Clir.  Huygens  y  répondit  par  le  No.   1178. 

A  Whitehall  ce   19  Nov.  63. 
Monsieur 

Jl  eft  fi  tard  a  cette  heure  que  Je  me  mets  à  efcrire,  ayant  efté  employé  tout  le 
long  du  iour,  d'une  des  affaires  que  Je  n'ay  pas  pu  euiter,  que  Je  n'auray  pas  allez 
de  temps  pour  refpondre  à  tous  les  points  de  voftre  dernière  du  18.  du  moins  il 
le  faudra  faire  en  bref.  Jl  eft  certain  que  l'horologe  fait  à  la  Haye,  (qui  ertoit 
Marqué  A.)  eft  beaucoup  meilleur  que  l'autre  fait  icy  Marqué  B.  on  a  fait  un 
nouueau  refTort  pour  R.  et  ils  font  tous  deux  derechef  enuoyéz  auec  ce  mefme 
Capitaine,  en  la  Guinée,  et  de  là  iront  à  Jamaïque  comme  Je  croy  vous  auoir  défia 
marqué  dans  ma  précédente  0. 

Je  fuis  de  voftre  fentiment  touchant  la  différence  entre  les  nombres  de  degrez 
de  longitude  prouenus  de  la  computation  du  cours  du  nauire  et  ceux  qu'  ont 
marqué  les  horologes,  il  eft  fi  aile  aux  pilotes  de  le  mefconter  qu'ils  ny  manquent 
iamais.  L'obferuateur  qui  a  le  foin  des  horologes  fera  l'obferuation  que  vous  dé- 
lirez; c'eft  à  dire  tant  en  allant  à  Jamaïc  qu'en  reuenant  ce  qui  fera  une  excellente 
expérience.  Jl  eft  vray  que  pendant  le  dernier  voyage  on  n'y  a  pas  pris  garde  qu'en 
reuenant  de  lifbonne. 

Je  tacheray  de  vous  enuoyer  la  femaine  prochaine  une  Copie  du  iournal  entier. 


I4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1036. 


')    Consultez  la  Lettre  N°.  1  178,  note  2,  d'où  il  résulte  qu'une  lettre  de  R.  Moray  à  Chr.  Huy- 
gens du  15  novembre  1663  manque  dans  nos  collections. 


444  CORRESPONDANCE.     1663. 


Jl  femble  que  vous  n'auez  pas  bien  remarqué  que  les  différences  entre  les  2  I  lo- 
rologes  ont  elle  marquées  pour  tous  les  iours,  dans  l'abbregé  :)  du  Journal  que 
Je  vous  ay  enuoyé.  peut  cftre  n'y  auront  elles  pas  efté  bien  expliquées.  C'elt 
pourquoy  iufque  a  ce  que  vous  ayiez  tout  le  détail  du  iournal  Je  vous  en  enuoye 
icy  un  autre  extrait  3)  dans  lequel  vous  verrez  que  depuis  le  28.  d'Auril  iufqu 
au  3.  May  B.  a  gaigné  tous  les  iours  4.  diuilions  fur  A.  (onze  diuifions  fait  ans 
une  minute.)  depuis  le  18.  May  iufqu'au  24.  B.  a  gaigné  tous  les  iours  5.  Mi- 
nutes fur  A.  et  ainfi  de  fuite,  le  3.  Juin ,  l'obferuateur  approcha  B.  à  A  d'une 
diuifion.  le  1.  Juillet  d'une  autre  &c.  et  la  dernière  obferuation  du  5.  Septembre 
fut  faite  aux  Dunes.  Vous  voyez  par  ce  que  je  viens  de  dire  que  les  différences 
entre  A.  et  B.  n'ont  efté  inégales  que  parce  que  l'obferuateur  a  tafché  2.  ou 
3.  fois  à  les  mettre  plus  exactement  enfemble.  Seulement  il  aura  manqué  depuis 
le  13.  d'Aoufl  iufqu  au  25.  ou  la  diference  femble  eltxe  augmentée,  et  ne  con- 
Gfter  point  en  Diuilions  entières,  comme  vous  verrez  mieux  dans  le  iournal  que 
Je  prétends  vous  enuoyer.  de  forte  qu'on  peut  dire  que  les  horologes  ont  allé 
tout  auffi  bien  fur  mer  que  dans  Voftre  Chambre,  et  peut  eftre  mieux ,  et  puifque 
vous  voyez  bien  que  B.  n'eft  pas  fi  bien  fait  que  A.  vous  deuez  iuger  plus  auanta- 
geufement  que  vous  ne  faites  de  l'affiftance  qu'on  en  tirera  pour  les  longitudes, 
quoy  qu'a  les  trouuer  dans  la  dernière  exactitude  peut  eftre  cela  ne  fe  doibt  efpe- 
rer,  quand  mefme  les  horologes  allaffent  parfaitement  bien  enfemble,  pareeque 
l'Air  y  peut  caufer  quelque  erreur  &c. 

Quant  aux  priuileges,  aufli  tôt!  que  Je  receuray  l'ordre  de  Monfleur  le  Comte 
de  Kincairdin  4)  d'y  trauailler  Je  vous  en  aduertiray.  Cependant  perfonne  ne  nous 
y  peut  preuenir.  Et  quant  au  profit  vous  deuez  croire  que  Monfleur  le  Comte  ne 
manquera  point  aux  conditions  defquelles  vous  elles  conuenus.  Ma  dernière  5)  de 
lundy  paflé  vous  aura  fourni  le  contentement  que  vous  attendez  de  nos  obferua- 
tions  du  Tube  Mercurial.  pource  qui  efl  de  lufage  des  verres  fans  tuyau,  il  efl  vray 
qu'on  ne  l'a  pas  pratiqué  icy.  pareeque  pour  la  plus  grande  longueur  qu'on  a  en- 
cor  fait,  les  tuyaux  ne  font  pas  difficiles  à  faire,  ny  mal  propres  pour  s'en  feruir. 
Mais  il  y  a  long  temps  que  Monfleur  Wren  en  parlant  de  la  façon  de  tuyau  dont 
il  faut  fe  feruir  aux  lunettes  qui  requièrent  une  longueur  de  60.  80.  pieds  ou 
d'auantage  il  s'efl  propofé  la  mefme  choie  que  vous  me  deferiuez.  Voicy  qu'en- 
tre Monfleur  Neile,  pendant  que  J'efcris  ce  que  deflus,  et  me  dit  qu'il  y  a  10.  Ans 
que  Monfleur  Wren  et  luy  ont  parlé  de  cette  affaire.  Mais  ils  n'ont  pas  fongé  à 
employer  cette  inuention  pour  Fufage  ordinaire,  feulement  ils  fe  propofoyent  de 


2)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 163. 

3)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  pièce  dans  nos  collections.  Mais  comme  elle  se  trouve  dans 
les  registres  de  la  Société  Royale,  nous  l'avons  pu  intercaler  ici.  Voir  l'Appendice  N".  1  1  74. 

4)  Alcxander  Bruce. 

s)   Voir  la  Lettre  N°.  11-oet  l'Appendice  N°.  1171. 


CORRESPONDANCE.     1663.  445 


placer  un  verre  obieclif  fur  quelque  grande  hauteur  et  le  fixer  là  pour  obferuer 
et  comparer  les  altitudes  méridionales  de  quelque  eltoile  afin  de  tafcher  de  de- 
couurir  fil  y  a  quelque  paralaxe  &c.  Mon  (leur  Brouncker  vous  prie  de  donner 
ordre  a  la  Haye  qu'on  adreïïe  fon  Horologe  6)  ainfi. 

To  Alexander  Blair  at  the  ligne  of  St.  Andrews  Crofs  in  Rood  Lane.  London. 

Je  fuis  de  tout  mon  coeur 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  trefobeiflant  & 
trefaffectionné  feruiteur 

R.  Moray. 

Nous  auons  icy  un  Diamant  r)  lequel  cllant  frotté  fur  du  Drap  (et  plufieurs  au- 
tres chofes)  luit  comme  les  pierres  de  Boulognes,  à  peu  près,  on  vous  en  fera  tenir 
les  obferuations  8)  qu'en  a  fait  Monfieur  Boile,  fi  vous  le  defirez. 

J'auois  prefqu'oublié  de  vous  dire  qu'il  elt  arriué  une  plaifante  rencontre  entre 
Monfieur  Siluius  et  moy  touchant  la  nouuelle  innention  pour  aller  en  porte  &c. 
dont  il  vous  mandera  le  détail. 

A  Monfieur 

Monfieur  Christian  Hugens  de  Zulichem 

Au  petit  Moyfe,  rue  de  petit  Bourbon 

io/S  A  Paris. 


<5)    Consultez  la  Lettre  N°,  1 1 5 1 . 

7)  Cette  pierre  fut  montrée  par  R.  Clnyton  dans  la  séance  du  2 1  octobre  1663  (V.  st.\ 

8)  Consultez  la  Lettre  N°.  1  193,  et  V Appendice  N°..i  194. 


446 


CORRESPONDANCE.     1663. 


N=   n  74. 

[Holmes]   à  [R.  MorayJ. 
1663. 

Appendice  au  No.   1173. 

La  pièce  se  trouve  à  Londres,  Royal  Society  '). 

An  Account  of  the  going  of  two  watches  at  Sea, 
from  the  28th  of  April  to  the  4th  of  September  1663. 

The  watches  wcre  wound  up  every  day  at  1 2  of  the  Clock  at  Noon,  the  dillinc- 
tion  of  the  greater  watch  is  A;  the  leiïèr  B.  and  their  différence  was  always  obfer- 
ved  at  1 2  the  next  day. 


1663. 

At  Day. 

Minutes. 

Parts,  wherot" 
11   in    a 
minut. 

April  .... 

29 

30 
I 

2 

3 

4 

5 
6 

7 
8 

9 
10 
1  1 

1  2 

18 
19 

At  1 2.  B  before  A 

4 
8 

Mav 

I 
I 

1 

5 

5 
10 

B  ftood,    and    was   fet    by    the 

other. 
B.  before  A 

1 
l 

2 
2 

."> 

3 

1        0 


4 
9 

Q 

8 

2 

7 
0 

The  Bullet  l'ell  off  from  the  pen- 
dulum  of  B,&  could  not  be  ad- 
julted  till  the  18. 

whcn  it  was  fet  a  lïoinu; 

0      0 
\\.  before  A 

5 

1      Ce  rapport  fut  présenté  tlnn-.  la  séance  du  21  octobre  1663  (V.  st.). 


CORRESPONDANCE.     1663. 


447 


1663. 


A  t.  Day. 


Farts,  wherof 
Minutes.  11    in   a 

minut. 


May 


June 


20 
21 

22 

2  3 
24 

2  5 
26 

27 
28 

29 

3° 


4 

5 
6 

7 
8 

9 

10 

1 1 

12 

13 

14 

15 
16 


»7 

18 

20 
21 


24 


B.  beforc  A 

0 

1 

1 

0 

■  ■ 

0 

1 

B.  ftood ,  but  was  oyled   and  fet 
going  with  the  watch  A.  June  3 


B.  before  A 


B.  ftood  about  2  hours.  and  was 
fet  going  adjufted  with  A.  16 
June. 

B.  before  A 


10 

4 
9 

3 

o 

5 

10 

4 
9 
3 


4 
8 

1 
5 

9 

2 

6 

10 

3 

7 
o 

4 


4 
8 

1 

5 

9 

2 

6 
10 


44« 


CORRESPONDANCE.     1 663. 


1663. 

At   Day. 

Minutes. 

Parts,  wherot 
11    in    a 
minut. 

[une 

2  5 
26 

27 
28 
29 

30 

1 

2 

.•> 
4 

5 
6 

7 

8 

9 
10 

1 1 

1 2 

'3 

'4 

15 
16 

l7 

18 

19 

20 

2  1 

2  2 

-.■) 

*4 

25 

26 

27 

B.  before  A  

3 
3 

4 
4 
4 
5 
5 

n 

7 
0 

4 
8 

1 

Julv..... 

5 

0 

B.  ftood  a  littlc  in  thc  aftcrnoon , 
and  (et  a  going  again  at  6  of' 
clock  adjtirted  wich  A . 

B.  before  A.  at  12. 

5 
8 

1 
1 
1 
1 

2 
2 
2 
2 

à 
3 

4 
4 
4 
4 
5 
5 
5 

5 

6 

6 
6 
6 

0 

3 

6 

9 

1 

4 

7 
10 

2 

5 

8 

0 

3 

6 

9 

1 

4 

7 
10 

2 

5 
8 

10 

CORRESPONDANCE.     1663. 


449 


1663. 

At  Day. 

Minutes. 

Parts,  wherof 
1 1   in    a 
minut. 

July 

28 
29 

3° 

31 
1 

2 

3 
4 

5 
6 

7 
8 

9 

10 

1 1 

12 

13 

H 

15 
16 

l7 

18 

19 

20 

21 

22 

23 
24 

25 

26 

27 
28 

29 

B.  before  A.  at  12 

7 
7 

7 

7 

8 

8 

8 

8 

9 

9 

9 

10 

10 

10 

10 

1 1 

0 
0 
0 
1 

1 

1 
2 
2 
2 
2 

3 

0 
0 
0 
1 

0 

3 

6 

9 
1 

Auguft  .  .  . 

4 

7 
10 

52) 

5 
8 

0 

3 
6 

9 
1 

B.  adjuited  with  A.  at  Lifbone. 
B.  before  A 

3 

6 

91 

1 

4 

8 

0 

3 

6 

10 

2 

Watch  B.  ftood  from  9  of  clock 

at  night  till  10. 
B.  before  A 

3 

6 

9 

" 

1 

2)    Probablement  il  faut  lire:  2. 
Œuvres.  T.  IV. 


57 


45° 


CORRESPONDANCE.     1663. 


1663. 

At  Day. 

Minutes. 

Parts,  wherof 
11   in    a 
minut. 

Auguft .  .  . 

3° 
1 

3 

4 

B.  before  A 

I 
I 
1 

2 
2 
2 

4 

7 

IO 

September. 

0 

5 
8 

Auguft , 


n 


» 


22. 


26. 


20 


September .    i 


We  being  in  the  Latitude  of  39^  10m  and  diftant  from  our  de- 
parture  at  Lifbone  60  Leagues  or  180  miles,  which  makes  4  d 
45m  departure  of  Longitude ,  J  found  the  watches  to  be  a  quar- 
ter  of  an  hour  before  the  Sun. 

We  being  in  the  Latitude  of  41c!  7m  and  to  the  Weftward  of  our 
departure  78  Leagues  or  234  miles,  which  makes  5<1  2m  (45  mi- 
les making  one  degree) ,  the  watch  was  a  quarter  of  an  hour 
and  5  minutes  before  the  Sun. 

We  being  in  the  Latitude  of  43c!  00m  and  to  the  Weftward  of 
our  departure  1 1 2  Leagues  or  336  miles ,  and  44  miles  making 
one  Degree,  which  makes  yi  37m  and  then  J  found  the  wat- 
ches to  be  before  the  Sun  half  an  hour. 

We  being  in  the  Latitude  of  46^  om  and  from  our  firft  meridian 
136  Leagues  or  408  miles,  which  makes  9c!  22m  (44  miles  an- 
fwering  to  one  Degree),  J  found  the  watches  to  be  before  the 
Sun  three  quarters  of  an  hour. 

We  being  in  the  Latitude  of  47^  and  from  our  firft  mtridian  105 
Leagues  or  3 1 5  miles,  J  found  the  watches  to  be  before  the  Sun 
halfe  an  hour;  41  miles  making  one  degree  of  Longitude  in 
the  Latitude  of  47^  om  which  makes  jà  41m  différence  of  Lon- 
gitude. 

We  being  in  the  Latitude  of  4pd  6m  and  departed  from  my  firft 
meridian  22  Leagues  or  66  miles  (39  miles  making  one  Degree 
of  Longitude)  J  found  the  watches  to  differ  little  from  the  Sun. 
Jt  being  very  hazy  weather  chat  J  could  not  try  the  watches  with 
the  Sun  from  the  firft  untill  the  5th  September,  and  then  J  found 
the  watches  to  be  alter  the  Sun  almoft  halfe  an  hour;  the  Sun 
making  12,  and  the  watches  but  halle  an  hour  paft  11  ofthe 
Clock. 


CORRESPONDANCE.     1663.  451 


Augufl  1 3th  we  came  ont  of  Lifbone,  and  chère  J  adjufled  the  watches,  and 
fet  them  going  according  to  the  courfe  of  the  Sun  at  Lifbone,  and  thefe  Obferva- 
tions  J  took  coming  home,  being  far  Weflward,  with  a  Ring  Diall  when  the  Sun 
&  Opportunity  prefented. 


N=  1175.    ■ 

Christiaan  Huygens  à  [Constantyn  Huygens,  frère]. 
30  novembre   1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1 1 68.     Const.  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.   11 77. 

A  Paris  ce  dernier  Novembre   1663. 

Je  vous  ay  fait  fcavoir  par  ma  dernière  ')  l'interception  du  pacquet  ou  eftoient 
vos  tablettes  avec  deux  de  mes  lettres  :)  et  une  de  Monfieur  Chieze.  Nous  fufmes 
hier  enfemble  au  bureau  de  la  porte  pour  expofluler  fur  cette  mefchancetè  ou 
négligence  et  l'on  nous  a  promis  qu'on  s'en  informerait  en  efcrivant  a  ceux  qui 
en  pourraient  eflrc  coupables;  c'efl  tout  ce  que  je  puis  faire,  au  relie  vous  fcavez 
a  qui  appartient  le  rifico  des  chofes  acheptees  par  commiffion  quand  on  les  a  en- 
voiees,  fans  mcfme  obmettre  aucune  précaution  neceffaire. 

Je  ne  me  fuis  pas  fouvenu,  en  mettant  le  pris  de  l'horologc  du  Milord 
Brounckcr  a  80  livres,  qu'elle  eftoit  de  8  jours.  Je  luy  feray  fcavoir  celuy  de 
110,  et  attendray  qu'il  me  mande  par  quelle  voye  il  faudra  la  luy  faire  tenir, 
après  quoy  je  vous  le  manderay  auffi  coll.  Pour  ce  qui  efl  des  2  pendules  de 
Pafcal  3),  fi  elles  ne  font  pas  encore  parties,  je  vous  prie  de  ne  les  envoier  pas 
par  cette  longue  voye  de  Rouen,  mais  par  Anvers,  ou  il  ne  faut  que  les  recom- 
mander a  Don  Diego  4)  a  fin  qu'il  les  donne  aux  Rouliers  qui  partent  de  la 
pour  Paris.  Cela  vous  fera  tout  auffi  facile  ou  au  frère  Louis  que  de  les  adrefler 


')    Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  son  frère  Constantyn  ,  ni  la  minute  ; 
elle  doit  être  postérieure  à  la  Lettre  N°.  1 169  du  23  novembre. 

2)  C'était  la  Lettre  N°.  1 164  et  une  lettre  à  van  Leyden  van  Leeuwen. 

3)  Sur  Paschal ,  voir  la  Lettre  N°.  955 ,  note  7. 

4)  Duarte.  Voir  la  Lettre  N°.  38 1 ,  note  3. 


452  CORRESPONDANCE.     1 663. 

a  Rotterdam,  et  nos  amis  qui  ont  grande  impatience  de  les  tenir,  en  feront  trois 
fois  pluitoil  fervis.  Il  Signor  Padre  le  délire  aufli  ainfi  et  m'a  commande  de  vous 
l'efcrire. 

Monfieur  Chieze  et  moy  ne  fcavons  ce  que  veut  dire  l'exception  du  frère 5)  qui 
prétend  ne  pouuoir  payer  a  l'horologer  devant  qu'avoir  receu  le  compte  qu'ils  ont 
entre  eux,  car  toufjours  il  fcait  bien  que  mefme  après  avoir  paye  ces  80  livres 
pour  luy,  il  lu  y  devra  encore  bien  de  l'argent  de  refte.  Mais  afin  qu'il  ne  hefite 
plus  il  luy  envoyé  dans  ce  pacquet  ce  compte  qu'il  demande.  Qu'il  ne  retiene  donc 
plus  longtemps  l'argent  de  ce  bon  homme  6)  que  Monfieur  Bouillaut  m'a  compté 
il  y  aura  tantofr.  6  mois. 

Je  fuis  très  marry  de  ce  qu'avec  les  tablettes  s'eft  perdu  ma  lettre  afïez  lon- 
gue, dans  la  quelle  je  vous  avois  efcrit  entre  autres  choies  des  particularitez  des 
Lunettes  que  l'on  fabrique  icy;  de  la  façon  des  formes  dont  ils  fe  fervent;  de  la 
manière  de  doucir  les  verres  qui  efl:  plus  parfaite  que  la  noftre,  et  de  leur  gran- 
deur, qui  monte  a  6  et  7  pouces  pour  des  lunettes  de  45  et  55  pieds.  Je  vous 
avois  parlé  aufli  de  l'expérience  que  nous  avons  faite  chez  Monfieur  Thevenot  a 
Ifly  7)  de  drefler  une  lunette  fans  tuyau,  qui  reuiïit  trefbien  dans  celle  que  nous 
avions  là  de  35  pieds,  et  feroit  de  mefme  en  quelque  autre  longueur  que  ce  fuft.  La 
manière  dont  on  fe  fert  en  cccy  efl:  qu'auprès  du  verre  objectif  quelqu'un  fe  tient, 
qui  regarde  l'aflxe  propofè  par  un  petit  tuyau  eflxoit  qui  eil  fiche  à  angles  droits 
dans  le  mefme  ais  ou  efl:  enchaffè  le  verre  objectif  :  car  par  la  on  eil  aflurè  que 
ce  verre  eil  en  fa  due  fituation.  après  quoy  on  trouue  facilement  ou  c'eil  qu'il 
faut  arreiler  l'oculaire,  qui  eil  pofè  fur  un  pied  portatif. 

Je  vous  avois  mandé  encore  que  j'avois  receu  des  bonnes  nouuelles  touchant 
les  pendules  de  Monfieur  Brus 8)  qui  ont  fait  un  voiage  en  Portugal,  et  bientort  en 
vont  faire  un  autre  aux  Indes  Occidentales y).  L'on  I0)  m'a  envoyé  depuis  l'ex- 
traie!: ")  de  la  Relation  du  Pilote  qui  avoit  eu  le  foin  de  ces  monftres ,  par  le  quel 
il  appert  que  l'une  ne  s'eil  jamais  arreftee  en  chemin,  quoyqu'il  fe  foit  rencontré 
de  tempeftes  auiïi  grandes  qu'ils  en  enflent  veu  jamais,  et  que  l'autre  ne  s'eit  arref- 
tee par  fois  que  parce  que  la  boule  du  pendule  touchoit  a  la  boete  de  l'horologc. 
Que  tant  qu'elles  ont  marché  toutes  deux  elles  ont  elle  fort  bien  d'accord ,  et  qu'en 
fin  par  le  moyen  de  la  bonne  qui  n'arreila  jamais  qui  efl:  celle  que  fit  Severijn,  l'on 
a  fort  bien  marqué  les  longitudes  des  lieux  ou  l'on  s'eit  trouvé,  les  quelles  l'on  com- 

s)  Lodewijk  Huygens.  Consulte/,  les  Lettres  N"*.  1  162  et  1 1 68. 

<î)  Severyn  Oosterwijk.  Voir  la  Lettre  N°.  1  104,  note  18. 

7 )  Où  se  trouvait  la  campagne  de  M.  Thevenot. 

8)  Alexander  Bruce. 

Voir  la  Lettre  i\°.  i  173;  sur  les  observations,  laites  pendant  ce  voyage,  il  faut  consulter  la 

correspondance  de  1665. 
1       R.  jVloray.  Voir  la  Lettre  N°.  1  173. 
")  Voir  la  pièce  N°.  1174. 


CORRESPONDANCE.     1663.  453 


pucoit  en  mefme  temps  parles  voyes  ordinaires.  Sur  cecy  ceux  delà  Société  Royale 
de  Grefham  ont  conceu  des  efperances  certaines  du  fucces  de  cette  invention, 
et  m'en  ont  donné  aufll,  de  forte  que  nous  ne  délibérons  plus  finon  aux  mefures 
qu'il  faudra  prendre  pour  demander  les  Privilèges. 

Je  plains  le  frère6)  febricitant,  car  j'en  ay  aufll  taitè  une  fois  I2).  Il  peut  pourtant 
efperer  au  Kin  Kina  dont  nous  venons  de  veoir  un  bel  effecl:  en  la  Signora  Anna. 

N'oubliez  pas  ma  lettre  I3)  a  Moniieur  van  Leeuwen. 


N=   1176. 

[Susanna  Doublet]   à  [Christiaan  HuygensJ. 
6  décembre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Amsterdam ,  Archives  Municipales. 

Hage  den  6  December   1663. 
Cher  Frère 

Ick  wil  hoopen  dat  Ghij  mij  de  voorleden  weeck  ten  beften  fuit  gehouden  heb- 
ben  dat  ick  niet  geantwoort  heb  op  VE  vrindelijke  miffive  *)  die  mij  ommers  foo 
feer  verwondert  heeft  als  VE  felfs  geweert  lijdt  van  mijn  lang  llil  fwijgen.  want 
mij  dogt  dat  het  wat  wonders  was  van  VE  een  brief  van  vier  fijen  te  krijgen, 
daer  ick  felver  foo  lang  aen  mijn  devoir  gemanqueert  hadt.  mijn  Arme  Truijtie  2) 
geeft  mij  foo  veel  te  doen  dat  ick  qualijk  tijt  heb  om  mijn  goeije  vrinden  fom- 
tijts  van  mijn  goede  genegentheijt  ce  verfekeren.  ick  fchrijf  aen  Papa  hoe  fieck  iij 
nu  weer  geweeft  is.  en  evenwel  iffer  nu  weer  cnigfins  hoop  van  beeterfehap. 
Wij  moeten  verwagten  wat  onfen  Lieven  Heer  fal  willen  geeven.  maer  ick  dogt 
gifteren  dat  fij  geen  drij  uren  geleeft  fonde  hebben.  Mijn  man  heeft  je  goet  be- 
regtgedaen3)  heeft  hij  mij  gefegt  aengaende  al  de  Maiftrcflen  van  Broer  van  Zeel- 


,2)  Consultez  la  Lettre  N°.  998. 

I3)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  Christ.  Huygens  à  van  Leyden  van  Leeuwen ,  ni 
la  minute. 

')   Cette  lettre  de  Christiaan  Huygens  à  sa  sœur  n'a  pas  été  trouvée  dans  nos  collections;  elle 
doit  avoir  été  datée  du  23  novembre  1663. 

2)  Sur  sa  fille  Geertruid  Doublet,  voir  la  Lettre  N".  19",  note  6. 

3)  Voir  la  Lettre  N°.  1 172. 


454  CORRESPONDANCE.     1663. 


hem4)  CM!  dan  den  anderen  Amoureufen5).  dieu  outften  gaet  de  liefde  altoos  weijnich 
ter  herten  dunckt  mijn.  nu  ooek  ben  gans  niet  van  de  confidentie  en  ick  bender 
wonder  wel  op  geruft,  want  nergens  moeij  ick  mij  nooder  meede,  als  met  dierge- 
lijcke  faecken.  maer  ick  denck  dat  hij  noch  nae  een  vrijfter  foecken  fal  tôt  dat  hij 
vijftich  jaer  ouwt  is,  en  dat  hij  meent  dan  noch  heel  op  fijn  flag  te  koomen ,  dat 
meen  ick  niet  dat  foo  gaen  fal.  Sant  Rijckers6)  is  altoos  weijnich  in  mijn  abpro- 
batie.  die  van  Delft 7)  is  altijt  noch  mooij.  nu  den  Tijt  fal  leeren  vvatter  gebeuren 
fal,  Tibouttie  8)  is  ooek  een  lief  foct  Meyfie ,  foo  veel  als  dat  angaet,  daer  meen  ick 
niet  dat  den  Broeder  9)  over  te  klaegen  fou  hebben  maer  mijn  dunckt  niet  dat  die 
faeck  noch  foo  glat  gaet.  ick  wou  datie  altemael  al  getrouwt  waert.  want  ick  word 
moe  van  al  de  menichte  vrijfters  gehoort. 

hier  is  van  de  weeck  een  vrijftertie  gefturven  in  de  Buert  van  1 6.  weecken  ouwt. 
het  vvas  de  Infante  van  Hees  en  Leen IO),  enige  Dogter  van  den  Heer  van  Doreftadt  '  ?)• 
mijn  dunckt  dat  fijder  heel  wel  aen  is,  want  ick  was  feer  bekommert  dat  fij  fulcken 
grooten  Juffrouw  niet  gebleeven  fonde  fijn  als  fij  wat  ouder  geweeft  was.  haer 
Heer  vaeder  ftelt  het  foo  vrij  wat  bout  aen.  Krijgt  hij  noch  veel  Dogters  fij  fullen 
wel  rijcke  vrijers  van  doen  hebben.  dat  je  Don  Sebaftiaen  I2)  quijt  gaet  is  mij  leet, 
want  gelijck  ghij  fegt  fijn  gefelfchap  is  veel  weert.  't  is  een  droevige  Hiftorie  van 
fijn  klcet  dat  moet  m'en  feggen.  mijn  dunckt  dat  ick  hem  hoor  dat  hem  de  faeck  ter 
harten  ging.  Siet  toe  dat  wij  twee  Heeren  en  vrouwen  VE  niet  eens  en  koomen 
verraffen  tegen  de  Soomer.  Neef  van  Leeuwen  I3)  gaet  daer  foo  uijt  den  Huijs, 


4)  Le  frère  Constantyn  Huygens. 

5)  Lodewijk  Huygens.  Consultez  les  Lettres  Nos.  1 153,  1 157. 

6 )  Sur  Su/.anna  Rijckaert,  voir  la  Lettre  N°.  820,  note  14. 

Sur  Amarantha  van  Vredenburg,  voir  la  Lettre  N°.  1172,  note  5. 

8)  C'est  parce  que  Mademoiselle  Thibault  est  nommée  ici,  que  nous  avions  cru  qu'elle  était  une 
des  amies  de  Constantyn  Huygens  [Consultez  la  Lettre  N".  1082,  note  13].  Il  semble  cepen- 
dant que  Susanna  Huygens  la  nomme  ici  comme  la  bien-aimée  de  «l'autre  amoureux",  son 
frère  Lodewijk  Huygens.  Consultez  les  Lettres  Nos.  1 145),  1 151  et  1 155, 

y)    Lodewijk  Huygens. 

IO)  Hees  en  [et]  Leen  appartenait  aux  ducs  deBrabant,  qui  en  1646  le  donnèrent  à  Alexander 
van  llenesse,  comte  de  Warfusé;  en  1660  ce  lief  fut  vendu  par  exécution  et  acheté  par  le 
baron  van  Doorenstadt. 

")  Albert  Snouckaert  van  Scliouwcnburcli ,  baron  van  Doorenstadt,  qui  naquit  à  la  Haye  en 
1637  et  mourut  à  llee/.e  le  11  octobre  1678.  Il  fut  échevin  de  Bois-le-l)uc  et  capitaine  d'in- 
fanterie dans  l'armée  des  Provinces  Unies.  Il  épousa  en  1658  a  Harlem  Isabella  llataller 
Doubleth , qui  mourut  le  9  juillet  1650;  puis  le  28  mai  1662  Anna  Margriet  van  Rahdwyck, 
qui  lui  donna  six  fils  et  cinq  filles.  Il  acheta  le  lief  de  \W^  en  Leen  en  1660  le  3  septembre 
après  sa  mort  sa  veuve  garda  ce  lief.  entièrement  libéré .  pour  son  lils  mineur  Aclbert  Cari 
Snouckaert  van  Schouwenburch. 

I2)  Sébastian  Chieze. 

Sur  Diderik  van  Leyden  van  Leeuwen  voir  la  Lettre  N".  237,  note  1. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  455 


die  heefter  noch  wel  moet  toe,  en  wel  foo  veel  als  ick  dat  beken  ick  geern.  want 
veekijts  die  reijfen  die  foo  fwinters  bij  de  vier  geproponeert  werden  vallen  flegt 
uijc.  maer  wat  heerlijcker  inventie  is  dat.  de  courir  la  Polie  en  Chaife.  ick  won 
dat  m'en  die  practijck  hier  te  Lande  oock  in  't  werck  llelde ,  ick  vloog  te  poil  het 
heele  Landt  door.  maer  fchrijf  mij  toch  eens  of  m'en  Elck  alleen  fit  of  met  fijn 
beijen,  anders  dunckt  mij  fou  de  wechg  vrij  wat  lang  vallen  als  m'en  niet  te  prae- 
ten  fou  hebben. 

Veel  nieus  weet  ick  je  niet  te  fchrijven.  niemant  ifTer  de  Bruijdt  of  den  Bruij- 
gom  onder  ons  Parentage  dat  ick  weet,  als  een  Nichie  Staepel  I4)  dat  trouwt  met 
een  foon15)  van  Balfort  I(5)  of  van  Nicht  Hinderibm  ir). 

Marna18)  is  weer  veel  beter  als  iij  geweell  is  maer  fij  is  noch  heel  fwack  ter 
been,  dat  mij  gans  niet  en  verwondert,  want  het  is  een  herde  overval  geweell 
en  die  wel  dcgelijck  perijckuleux  was.  ick  ben  blij  dat  ailes  foo  wel  afgeloopen 
is.  was  ons  arme  Truijtie  oock  foo  ver  het  waer  mij  een  groot  vermaeck,  maer 
aen  dat  miferable  kindt  fien  ick  veel  Ellende.  Godt  wil  geeven  dat  het  eens  een 
goed  ende  mach  neemen.  t' Is  mij  lief  om  hooren  dat  je  onlangs  foo  merckelijck 
gefeegent  fijdt  I9)  met  Tijdelijcke  goederen.  aengaende  de  fchult  die  wij  met  mal- 
kanderen  uijtftaende  hebben  daer  fullen  wij  wel  eens  over  worden,  ick  wil  't  op 
rekening  houden ,  en  als  ick  foo  de  ene  vodderij  of  d'ander  van  doen  heb ,  dan  fal 
icker  wel  om  fchrijven.  Segt  mijn  eens  hoc  veel  je  prcfent  wel  geweell  is,  want 
tôt  noch  toe  heb  icker  geen  regt  befcheijt  van. 

Adieu  lieve  Broer.  ick  wenfch  wel  dufent  mael  bij  Papa  en  bij  VE  te  fijn.  ende- 
lijck  hoop  ick  fal  t'er  noch  al  eens  toe  koomen.  denckt  ondertufTchen  fomtijts  om 
je  goeije  vrinden,  en  gelicfje  voortaen  goeje  correfpondentie  te  onderhouden  mij 
fal  groote  vrintfchap  gefchieden.  Adieu,  al  de  vrinden  doen  haere  dienilige  ge- 
biedenis. 


14)  Anna  Maria  van  Stapele,  fille  de  Cornelis  van  Stapele  et  de  Maria  Marcelina  13ax.  Elle 
épousa  Patrick  Balfour  le  25  novembre  1663. 

15)  Patrick  Balfour  naquit  à  Breda  le  18  septembre  1641  et  mourut  en  1709.  Il  était  colonel 
d'infanterie  et  devint  commandant  de  Bergen-op-Zoom  en  1680;  sa  femme  (voir  la  note  14) 
était  morte  aiors,  il  se  remaria  avec  Elisabeth  Vlaming,  veuve  de  Nicolaas  Vrybergen. 

15)  James  Michael  Balfour,  tils  du  chevalier  David  Balfour  et  d'Anna  Bax,  naquit  en  novembre 
1621  à  Bergen-op-Zoom,  et  fut  tué  dans  une  bataille  en  novembre  1643.  Il  avait  épousé  en 
1627  Agathe  Stewart,  fille  du  Baronet  Patrick  Stewart  et  d'Anna  van  der  Leeuw. 

ir)  Probablement  cette  veuve  Agathe  Stewart  avait  épousé 

John  Hinderson;le  5  mai   1641   il  avait  épousé  en  premières  noces  Louisa  de  Houthain  , 
qui  mourut  le  jour  suivant  [Dagboek]. 

18)  Geertruid  Huygens,  veuve  de  Philips  Doublet,  père. 

19)  Allusion  à  la  gracilication  de  Louis  XIV. 


456  CORRESPONDANCE.     1 663. 


N=  1177. 

Constantyn  Huygens,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 
6  décembre   1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden ,  cuil.  Huygens. 
Elle  est  la  réponse  au  No.   1175. 

A  la  Haye  le  6.  décembre   1663. 

Puis  que  mes  miferables  tablettes  font  perdues  et  qu'autre  remède  n'y  a  je 
payeray  la  piftole  a  van  Dalen  auec  7.  autres  de  l'argent  del  Signor  Padre  comme 
je  luy  mande  dans  ma  lettre.  Si  vous  auiez  eu  foing  cependant  de  les  faire  mettre 
dans  le  pacquet  dudit  Signor  Padre  indubitablement  elles  n'euffent  pas  couru  le 
mefme  hafard.  Je  tiens  pour  chofe  tref-affeurée  qu'elles  font  allé  le  chemin  de  la 
monftre  et  que  le  Courrier  s'eft  volé  foymefme. 

Les  deux  pendules  feront  envoyées  félon  que  vous  délirez  la  fepmaine  pio- 
chaine  par  Anuers  auec  les  plumes  et  les  cordes  que  mande  mon  Père. 

Toot ')  a  promis  de  payer  la  monftre  2)  de  Bouillant. 

Je  fuis  très  fafché  de  la  perte  de  voftre  lettre  pour  les  particularités  que  je  fuis 
tant  curieux  de  feauoir,  tafehez  de  trouver  un  peu  de  temps  pour  m'en  faire  un 
autre  récit.  Vous  me  parlez  de  Lunettes  de  55  pieds  comme  fi  ce  n'eftoit  rien. 
Si  elles  font  bonnes  a  proportion  elles  devroyent  faire  de  grands  effets.  Mandez 
moy  un  peu  ce  que  l'on  en  découvre  de  plus  que  par  les  noftres  et  en  peu  de 
mots  quelle  forme  de  doucir  et  de  polir  ils  ont.  fi  vous  feauez  maintenant  ce  fecret 
que  d'Efpagnet  menageoit  3)  auec  tant  de  précaution  il  y  a  quelque  temps. 

Les  rapports  du  pendule  me  rejouiffent  fort  et  Seuryn  4)  aufii.  il  dit  qu'il  croid 
auoir  trouvé  quelque  chofe  pour  les  fufpendre  encore  mieux  que  ces  autres  ne 
l'ont  cité. 

N'apportez  vous  rien  de  beau  pour  le  deffeing  ?  dans  l'opulence  ou  la  largeffe 
Royale  vous  a  mis,  vous  devriez  mettre  quelque  chofe  en  de  femblables  curio- 
iités.  Touts  gueux  que  nous  fommes  icy,  vous  trouverez  ma  petite  collection , 
non  pas  aggrandie  mais  meliorée  vifiblement.  Vous  ne  devriez  pas  aufii  négliger 
de  voir  à  Paris  le  cabinet  du  Sieur  Jabach  5)  qui  eft  un  des  plus  beaux  du  monde 


')   Lodewijk  Huygens. 

;  i    Consultez,  sur  le  payement  retardé  de  cette  horloge,  les  Lettres  N"*.  i  168  et  1 175. 

3)   Consultez  les  Lettres  N"s.  1  108,  1  1  1  1  et  1  1  1  5. 

4  1    Severyn  Oosterwijk.  Voir  la  Lettre  N".  1  104,  note  18. 

\  Lverhard  Jabach.  lils  unique  du  riche  conseiller  d'Anvers  et  antiquaire  de  même  nom  ,  na- 
quit en  161  1  à  Cologne  et  mourut  le  6  mars  1605  a  Paris  dans  l'hôtel  de  la  rue  St.  Mcny 
qu'il  s'était  bâti  lui-même.   Après  avoir  beaucoup  voyagé,  il  se  fixa  en  1638  a  Paris  comme 


CORRESPONDANCE.     1 663.  457 


pour  les  tableaux  auiïi  bien  que  pour  les  defleins.  Je  le  voudrois  bien  pour  une 
raifon  particulière.  Il  a  ce  dit  on  entre  autres  chofes  environ  une  cinquantaine  de 
pafTages  defleignés  à  la  plume  d' Annibal  Caracci 6),  et  Uylenburg  7)  dit  que  parmy 
ceux  la  il  y  en  a  un  ou  il  y  a  beaucoup  d'eau  et  des  petites  figures  de  gens  qui 
fe  baignent.  Je  voudrois  que  fi  vous  voyez  cela  vous  en  fiffiez  viftement  un  petit 
brouillon  n'importe  quelque  mauvais  qu'il  foit  pourveu  qu'on  y  puiïïe  aucune- 
ment difcerner  ou  font  les  figures  et  combien  il  yen  a,  pour  fcauoir  un  peu  au 
vray  fi  celuy  qu'a  Rembrant  s)  a  Amfterdam  ou  il  y  a  femblablement  des  gens  qui 
nagent  du  melme  maiftre  n'elî.  pas  une  copie,  ce  que  je  ne  croy  pourtant  pas  pour 
l'hardiefTe  de  la  plume. 

Auez  vous  encore  nos  lunettes  et  le  microlcope  ? 


Al  Signor  fratello. 


banquier;  mais  sa  véritable  vocation  fut  celle  de  collectionner  des  choses  d'art  en  tout  genre; 
comme  il  était  fort  riche  il  sut  tenir  tête  à  tous  les  amateurs,  notamment  en  1650  dans  la  vente 
du  mobilier  du  roi  Charles  I.  Mais  il  dépassa  ses  forces  pécunières  et  dut  se  résigner,  en  [671, 
à  vendre  à  Louis  XIV  101  tableaux  et  5542  dessins  pour  200,000  francs:  puis  il  recommença 
à  collectionner.  Il  épousa  en  1648  Anna  Maria  de  Groote,  de  Cologne;  son  fils,  qui  porta 
le  même  nom  et  qui  revint  à  Cologne,  eut,  ainsi  que  ses  descendants,  la  même  passion  de 
collectionner  des  objets  d'art. 
rt)    Sur  Annibale  Carrache,  voir  la  Lettre  N°.  810,  note  1. 

7)  Sur  Gérard  Uylenbnrgh,  voir  la  Lettre  N°.  809,  note  i. 

8)  Rembrand  Harmens/0011  van  Rijn ,  le  célèbre  peintre,  (ils  de  Harmen  Gerritsz.  van  Rijn 
et  de  Neeltje  Willems  Zuytbrouck,  naquit  le  15  juillet  1607  à  Leiden  et  mourut  dans  les 
premiers  jours  d'octobre  1669  à  Amsterdam,  où  il  s'était  fixé  en  1630.  Il  épousa  en  1634 
Saskia  van  Uilenburgh,  fille  du  pensionnaire  de  Lecuwarden  Robertus  van  Uilenburgh. 

Œuvres.  T.  IV.  58 


458  CORRESPONDANCE.     1663. 


N=   11 78. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 

9    DÉCEMBRE    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres,  Rayai  Society. 
Elle  est  la  réponse  aux  Nos.   1170  et   1173. 

A  Paris  ce  9  décembre  1663. 
Monsieur 

Depuis  ma  dernière  ')  j'ay  receu  trois  2)  des  vortres,  auxquelles  je  m'en  vay 
refpondre  par  ordre  et  le  plus  fuccintement  que  je  pourray  pour  ne  vous  ennuyer 
pas  par  trop  de  Leclure.  Dans  la  première  qui  eft  du  5  Novembre3)  je  trouve  l'ex- 
plication du  pafîage  obfcur  qui  eftoit  dans  voftre  précédente  4)  touchant  ce  que 
vous  difiez  des  15  degrez  de  différence.  Il  eftoit  inintelligible,  mais  après  voftre 
interprétation  je  comprens  ce  que  vous  avez  voulu  dire ,  qui  fe  devoit  raporter  a 
l'obfervation  du  Pilote  lors  que  les  horologes  montrèrent  midy  et  45'.  quoy  que  le 
vaifïeau  ne  fuft  félon  fa  computation  que  9  degrés  22'  vers  le  Oueft  de  Lifbone  ;). 
Nous  fommes  d'accord  que  la  faute  n'a  pas  cftè  aux  horologcs  et  partant  cet 
article  du  Journal  ne  fera  pas  que  nous  ayons  moins  bonne  opinion  du  fucces  de 
l'affaire.  J'attens  avec  impatience  ce  que  Monfieur  le  Comte  de  Kinkairdin  rt)  vous 
mandera,  et  fes  raifons  pourquoy  il  defireroit  que  les  Privilèges  fe  demandaient 
au  nom  de  la  Société  Royale.  Je  croy  qu'en  Angleterre  cela  ne  feroit  pas  mal.  En 
Hollande  et  icy  il  vaudra  peut  eftre  autant  que  je  le  demande  au  mien  ou  conjoin- 
tement avec  Monfieur  le  Comte  de  Kincairdin  ,  de  quoy  il  me  laiffoit  le  choix  lors 
que  nous  en  parlâmes  a  la  Haye.  En  tout  cas  je  ferois  bien  aife  de  veoir  de  quelle 
façon  vous  drefferiez  la  Requefte  au  nom  de  la  Société. 

Pour  ce  que  vous  dites r)  de  rectifier  les  Longitudes  des  lieux  fur  terre  par  des 
obfervations  des  Satellites  de  Jupiter,  c'eft  une  entreprife  très  belle  et  utile  mais 
qui  confiera  bien  de  la  peine,  par  ce  que  fans  doute  ces  Lunes  ne  font  pas  fujettes 
a  moins  d'Anomalies  que  la  noftrc,  ce  qui  rendra  la  conftrucfion  des  Tables  afîèz 
difficile.   Monfieur  Wren  toutefois  fe  trouuera  fort  foulage  par  le  travail  de  Mon- 


')    La  Lettre  N°.  1 167,  du  18  novembre. 

;)    Nous  ne  possédons  que  les  Lettres  N«*.  1 170  du  16  novembre  et  N°.  1 173  du  20  novembre; 

la  première  des  trois,  du  i  5  novembre,  n'a  pas  été  retrouvée. 
:î)    Le  15  novembre,  Nouveau  style. 
4)    Cette  lettre  précédente  est  celle  a  laquelle  Çhr.  Huygens  répondit  par  la  Lettre  N°  1165, 

et  cpie  nous  ne  possédons  pas.  Consulte/,  la  Lettre  N°.  i  165,  note  1. 
s)    Consultez  la  pièce  N°.  1  174;  il  s'agit  de  l'observation  du  26  août. 

Atexander  Bruce. 
7)    Dans  la  lettre  qui  nous  manque. 


CORRESPONDANCE.     1663.  459 


(leur  Rook  8),  et  fi  vous  vouliez  y  emploier  encore  d'autres  perfonnes  il  faudrait 
leur  faire  part  de  ce  qui  en  a  défia  ertc  efcrit  par  luy.  Quand  je  feray  de  retour  en 
la  patrie  je  verray  fi  j'auray  le  loilir  afiez  pour  y  pouuoir  travailler  de  mon  coftè. 

Je  vous  rends  grâces  de  la  lettre  9)  de  Monfieur  Boile,  que  je  feray  veoir  aux 
fcavans  d'icy  a  la  première  afTemblee  chez  Monfieur  de  Montmor,  n'ayant  pu 
cllre  prefent  a  celle  qui  fe  fit  cette  fepmaine.  Je  voy  que  l'autheur  a  eu  la  bonté 
d'y  faire  mention  honorable  de  moy  dont  je  luy  fuis  redevable ,  auflî  bien  que 
de  la  relation  exacle  de  toutes  les  circonftances  de  cette  belle  expérience.  J'ay 
eilè  bien  aife  d'y  trouuer  entre  autres  celle  dont  j'avois  fi  fort  defirè  d'eitrc  af- 
furè  a  fcavoir  de  la  defcente  du  mercure  a  la  hauteur  ancienne  de  30  pouces,  lors 
qu'il  quite  le  haut  du  tuyau. 

Une  autre  très  notable  fera  fans  doute ,  fi  l'on  trouue  quelque  terme  prefix  à 
la  hauteur  qu'il  peut  fe  tenir.  J'avoue  que  je  ne  me  puis  pas  encore  fatiffaire 
pour  ce  qui  ell  d'une  hypothefe  fur  ce  nouueau  phaenomene,  et  j'ay  bien  de 
la  peine  a  croire  a  Monfieur  Rohaut I0),  qui  m'a  dit  qu'il  l'a  trouuée  IJ)  fans  pour- 
tant me  la  vouloir  communiquer.  Voftre  féconde  lettre  I2)  ne  contenoit  rien 
outre  l'envoy  de  la  dite  copie  9),  c'efr.  pourquoy  je  viens  a  la  3e  et  dernière  I3)  du 
19  novembre  par  la  quelle  j'apprens  le  fécond  embarquement  de  nos  monftres 
pour  la  Guinée  et  la  Jamaïque.  Je  fuis  bien  aife  de  ce  que  l'on  a  mis  B.  I4) 
en  eftat  de  faire  mieux  fon  devoir  que  par  le  pafîe ,  et  pourveu  qu'on  ait  bien  pris 
garde  de  mettre  les  pendules  correctement  au  point  qu'il  faut,  je  ne  doute  pas  que 
le  journal  qu'on  reportera  ne  nous  donne  encore  plus  de  fatiffaclion  que  l'autre. 
Il  ell:  vray  que  cettui  cy  I5)  de  Lifbone  me  contente  bien  plus  a  cet  heure  qu'il  ne 
faifoit ,  puis  que  vous  m'afTurez  que  les  différences  journalières  des  monitres  font 
eferites  fuivant  les  obfervations  qu'on  en  a  faites  chafque  jour,  car  par  voitre 
premier  extrait  j'avois  juge  que  lors  qu'il  difoit,  par  exemple,  que  depuis  le  16 
Juin  au  1  Juillet  B  gaignoit  journellement  4  divifions ,  qu'ils  avoient  pris  l'excès 
total  depuis  le  16  Juin  jufqu'au  1  Juillet  et  qu'en  le  divifant  par  le  nombre  des 
jours  ils  avoient  trouuè  4  divifions  pour  chacun.  Et  de  plus  j'ignorois  qu'a  tou- 


8)    Consultez  la  Lettre  IM°.  933,  note  4.  On  trouve  dans  „Th.  Sprat's  History  of  the  Royal- 
Society"  (voir  la  Lettre  N°.  1 1 14,  note  4),  pages  183 — 189,  la  pièce: 

Mr.  Rook's  Difcourfe  concerning  the  Obfervations  ofthe  Eclipfes  of  the  Satellites  of  Ju- 
piter. Appendix. 

y)    Voir  l'Appendice  N°.  1 1 7 1 . 

IO)  Sur  Jacques  Rohault,  voir  la  Lettre  N°.  823,  note  4. 

")  Consultez  la  Lettre  N°.  118-. 

,2)  La  Lettre  N°.  11 70. 

,3)  La  Lettre  N°.  1173. 

14)  C'est-à-dire  l'horloge  marquée  \)  dans  la  pièce  N°.  i  1-4. 

15)  Voir  la  pièce  N°.  1 174. 


460  CORRESPONDANCE.     1 663. 


tes  les  fois  que  B  s'eltoit  arreftée  ils  avoient  tafchè  a  l'accorder  mieux  en  re- 
muant le  petit  plomb.  Je  n'ofois  pas  m'attribuer  rien  a  l'imperfection  des  mon- 
tres ,  et  en  effecl  ce  fera  bien  merveilleux  fi  elles  font  plus  juftes  fur  mer  que  fur 
terre,  ou  je  ne  fcay  que  trop  bien  qu'il  s'en  falloit  quelque  chofe.  Cependant  s'il 
confie  du  faict  je  croy  que  j'en  pourray  dire  quelque  raifon.  J'ay  invente  depuis 
peu  quelque  chofe  de  nouueau  I<5)  aux  horologes,  qui  fera  qu'elles  feront  encore 
beaucoup  plus  exaer.es  qu'auparavant  et  c'efl  ce  qui  me  donne  entière  confiance 
de  venir  a  bout  de  cette  invention  des  Longitudes,  quand  mefme  nous  n'en 
aurions  pas  veu  de  fi  bon  commencements),  ou  que  le  journal  de  voflre  Pilote 
ne  feroit  pas  fi  ridelle  que  je  veux  croire  qu'il  l'eft.  Il  me  tarde  fort  d'eflrc  de  re- 
tour au  pais  pour  y  faire  travailler,  car  je  n'ay  pas  envie  de  confier  le  fecret  aux 
artifans  d'icy. 

En  ce  que  je  vous  manday  ir)  de  la  manière  des  lunettes  fans  tuyau  il  n'y  avoit 
rien  de  nouveau ,  fin  on  Finduflrie  de  tourner  le  verre  objectif  en  fa  due  affiete 
dont  je  ne  fcay  pas  que  perfonne  s'eft  avifè  devant  Monfieur  Auzout l8),  quoy 
que  ce  ne  fut  pas  une  invention  bien  difficile  a  trouuer.  Pour  ce  qui  efl  de  caffer 
les  tuyaux  il  y  a  auffi  plufieurs  années  que  je  me  l'ellois  propofè. 

J'ay  eferit I9)  a  mon  frère  qui  cft  a  la  Haye  qu'il  fifl  le  marche  avec  l'horo- 
Ioger  20)  pour  la  monflre  de  Milord  Brounker  au  plus  jufte  prix  qui  efl  a  ce  qu'il 
me  mande21)  de  1 10  livres  monnoyc  d'Hollande.  Je  luy  ay  fait  feavoir  l'addrefie 
que  vous  marquez  pour  la  faire  tenir,  et  qu'il  la  fafie  partir  au  plullofl. 

Envoiez  moy  je  vous  prie  les  obfervations  de  Monfieur  Boile  touchant  voftre 
merveilleux  diamant22).  Voila  un  phénomène  bien  ellrange,  et  je  m'ellonne  par 
quel  hazard  on  l'a  decouuert.  De  quelle  efpece  efl  ce  diamant  ?  a  qui  ell-il  ?  com- 
bien luifante  efl  la  clarté  qu'il  acquiert,  combien  dure  t  elle.  J'ay  grande  envie 
d'apprendre  tout  cela. 

J'avois  prie  Monfieur  vSilvius23)  de  ne  me  nommer  pas  dans  cette  affaire  delà 
Polie  mais  il  femble  qu'il  n'a  pu  s'en  défendre.  Il  m'a  mande  que  le  Roy  luy  avoit 
accordé  la  grâce  qu'il  demandoit  fans  me  parler  ^l'aucune  rencontre  avec  vous, 
dont  pourtant  j'ay  appris  quelque  chofe  d'ailleurs.  C'eft  une  affaire  dont  je  ne  fais 


"'  )  Dans  notre  correspondance  il  est  SOUVeill  fail  allusion  à  cette  nouvelle  invention.  On  pourra 

consulter  a  cet  égard  la  lettre  de  Chr.  Huygens  -a  K.  Moray  datée  du  29  août  1664. 
1      Voir  la  Lettre  N  ".  1 167. 

Consultez  la  Lettre  X  '.  1175. 
'•'    Consultez  la  Lettre  N°   1  166. 
Severyn  '  >osterwijk. 

'     Coin, lie/,  la  Lettre  N".  1  168. 

Cou  ultez  la  Lettre  X".  1  1  7.    n  la  pièce  N".  1  [94. 
■    Voir  la  Letl  re  \".  1  1    .;-.  note  <;• 


CORRESPONDANCE.     1663.  46 1 


pas  grand  eftat  et  de  trois  quarts  du  revenu  que  ces  Meflîeurs  icy  m'ont  donné  j'en 
ay  défia  fait  prefent  de  deux. 

Pour  fatiffaire  aux  ordres  du  Roy  je  m'en  vay  envoier  le  dcïïein  de  la  ma- 
chine 24)  au  dit  Silvius,  mais  devant  que  d'en  eftablir  l'ufage  par  de  la,  je  fuis  fort 
d'avis  qu'on  attende  de  veoir  premièrement  quel  en  fera  icy  le  fucces.  je  dis  poul- 
ies polies,  par  ce  qu'il  faudra  y  faire  des  frais  et  des  avances  :  n'eitant  pas  necef- 
faire  de  rien  hazarder.   Je  fuis  avec  palfion 

Monsieur 

Voftre  très  humble  &  obeiflant  ferviteur 
Christian  Hugens  de  Zulichem. 


Voyla  une  féconde  lettre  25)  de  Monficur  Silvius  qu'on  m'apporte  par  la  quelle 
il  me  donne  des  grandes  efperances  du  fucces  de  la  machine  en  ce  pais  la.  et  me 
raconte  l'avanture  arrivée  entre  vous  et  luy.  dont  je  fuis  ravy.  Le  defîéin  fufdit 
avec  autre  chofe  que  je  veux  luy  envoyer  ne  pourront  eftre  prêts  que  pour  mer- 
credy  2<s).  C'cft  a  dire  dans  3  jours  d'icy ,  ce  que  je  vous  prie  de  luy  dire  quand 
vous  le  rencontrerez. 


24)  Il   s'agit  des  nouvelles   voitures   dont    il   a   été  question   précédemment.  Voir  In  Lettre 

N°.  1036. 
2-s)  Nous  n'avons  trouvé  aucune  de  ces  deux  lettres  de  Silvius  à  Chr.  Huygens. 
2<J)  Le  12  décembre  1663. 


462  CORRESPONDANCE.     1663. 


N=   11 79. 

W.   Brereton  à  [Christiaan  Huygens]. 
9  décembre   1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Sir, 

J  hope  that  long  before  this  time,  you  hâve  receivcd  mine  ')  of  the  29  th.  of 
October  Styli  veteris  wherein  you  will  find  that  J  deale  as  freely  with  you  as  J  think 
a  True  Friend  is  obliged  to  doe  in  fuch  a  café,  And  that  although  J  doe  not  com- 
plément yet  J  doe  in  that  lctter  really  f hew  you  the  Truth  of  the  Café  ;  And  J 
make  no  doubt ,  but  if  you  can  not  yet  quiet  your  felfe ,  till  your  Admiration  hath 
produced  fomething  more  than  two  Good  Pictures :);  you  will  then  [but  perhaps 
with  Trouble]  find  that  there  is  as  much  Follie  for  a  Lining  within ,  as  Beautie 
for  a  Covering  without.  And  that  therefore  the  Doctrine  of  Praeexiilence  will 
[notwithflanding  that  Jnilance]  remaine  unfhaken.  Within  thefe  three  dayes  fhe 
utterly  denied  that  fhe  had  receivcd  any  Letters  from  Monfieur  H.  being  afked 
of  it  by  the  By,  and  not  being  told  that  he  had  at  ail  written  to  her  fince  he  lcft 
London. 

J  find  by  Sir  Robert  Moray  that  he  hath  given  3)  you  a  particular  accompt  of 
what  is  worth  your  knowing  from  the  Royall  Societie  wherc  J  hâve  not  beene 
able  to  attend  of  late ,  having  beene  hindered  by  Sicknes  and  domeflick  Affaires 
which  now  force  me  to  take  a  iourney  into  the  Countrey ,  but  if  you  direct  your 
letters,  as  in  my  former  J  defired  you  would,  to  Miller  John  Lindfay  Goldfmith 
at  the  Angell  &  Crowne  in  Lombard-ftreet ,  they  will  come  fafe  to  me.  The  Book 
J  promifed  you  is  not  yet  Publifhed,  but  by  that  time  J  returne  to  London,  J 
hope  J  may  be  able  to  give  you  a  better  Accompt  of  that,  and  of  the  Succefs  of 
the  Rcilorative  4)  J  told  you  of,  which  J  am  fo  little  afraid  of  (6k  that,  upon  fome 
grounds)  that  J  dare  as  readily  trie  it  upon  my  felfe  as  upon  a  Dog. 

J  hope  you  will  continue  your  Kindnefs  to  me  in  letting  me  heare  from  you 
when  you  have  leifure  &  J  hope  J  may  at  length  be  able  to  acquaint  you  with 


')    Nous  n'avons  pas  trouve  cette  lettre  dans  nos  collections. 

:)  Probablement  Brereton  parle  ici  de  Mistress  Middleton  (voir la  Lettre  N°.  1143,  note  2  | 
que  Huygens  avait  peinte  (consultez  les  Lettres  Nos.  1  148,  1  151),  et  qu'il  rencontra  souvent 
chez  son  ami  (Ileys-Verhacl  l. 

3  )    Consultez  la  Lettre  N°.  1  [73. 

!      '  >n  lit  dans  le  Rcys-Vcrhael  : 

Miller  Brereton  gitigh  aen  lich  felven  beproeven  de  recept  van  't  Ens  primum, 
om  nieuw  haer,  tanden  en  nagels  te  hebben.  [Miller  Brereton  allait  eflayer 
fur  foi-même  la  recette  de  l'Ens  primum,  pour  avoir  de  nouveaux  cheveux, 
dents  et  ongles. 


CORRESPONDANCE.     1663.  463 


fomething  which  will  give  you  fome  fatiffaétiôn ,  J  having  a  great  &  rcall  Honor 
for  you ,  and  fhall  allwaies  f hew  my  felfe 

Sir 

Your  moft  Faithfull  and  Devoted  Servant 
William  Brereton. 

November  29  th.   1663. 
Stvli  Veteris. 


N°   11 80. 

[J.  Chapelain]   à  [Christiaan  Huygens]. 
10  décembre  [1663]. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden  ,  coll.  Ilitygens. 

ce   10.  Décembre. 

Je  fus,  Monfieur,  tre [mortifié  auanthier  dauoir  a  vous  quiter  ches  Monfieur 
de  Monmor  par  la  violence  d'vne  affaire  qui  ne  fe  pouuoit  remettre.  En  fortant 
je  trou u ay  Monfieur  de  Sourdis  ')  qui  s'apprelloit  bien  adifputer  contre  vous  de  la 
Mechanique  fans  me  faire  peur  pour  vous. 

Au  refte  Monfieur,  j'ay  encore  recours  a  vous  pour  faire  païïer  fous  voftre 
feure  enueloppe  daujourdhuy  vn  paquet  a  Monfieur  Heinfius ,  dans  lequel  font 
les  Diuerfcs  leftions  des  Triftes  dOuide ,  recueillies  en  abondance  par  Monfieur 
Tennuil  2)  fur  le  MS.  de  la  Biblioteque  Chanccliere  que  noftre  Amy  attend 
aueque  impatience.  Pardonnes  moy  cette  liberté  et  ayes  la  bonté  de  bien  recom- 
mander ce  paquet  ches  vous  a  la  Haye.  Je  vous  en  enuoyeray  vn  autre  de  livres 
pour  mettre  dans  celuy  que  vous  enuoyes  auec  les  hardes  du  Fils 3)  de  Monfieur 
l' AmbafTadeur  4).  Mandes  moy  quand  ce  fera,  j'irai. 


')    Sur  Charles  d'Escoubleau ,  voir  la  Lettre  N°.  484,  note  3. 

2)  Sur  Samuel  ten  Nuyl  (Tennulius),  voir  la  Lettre  N°.  762*,  note  6  [Tome  III ,  Appendice]. 
Il  venait  de  passer  quelque  temps  à  Paris', où  il  avait  été  bien  reçu  par  Chapelain,  comme  il 
résulte  de  la  correspondance  de  celui-ci. 

3)  Sur  Jacob  Boreel,  consultez  la  Lettre  N°.  822,  note  3. 

4)  Sur  l'ambassadeur  Willem  Boreel,  voir  la  Lettre  N°.  63,  note  6. 


464  CORRESPONDANCE.     1 66 


.v 


N=   1 1 8 i . 

[Pu.  Doublet]  à  [Ciiristiaan  Huygens]. 

14     DÉCEMBRE     1 663. 
La  lettre  se  trouve  à  Amsterdam,  Archives  Municipales. 

a  la  Haije  le   14  Décembre   1663. 

Pour  cette  fois  ey  n'aijant  pas  grand  chofe  a  vous  dire,  puifque  vous  tefmoig- 
nez  ')  en  bon  neveu  vous  jntereffer  en  la  fanté  de  ma  bonne  mère  vous  icaurez  que 
Dieu  mercy  elle  s'eft  a  peu  près  tout  a  fait  remife  de  ce  fâcheux  accez  que  nous 
avons  fort  appréhendé  et  non  fans  beaucoup  de  fujet,  cepandant  Fjnclemence  de 
la  faifon  luy  fait  encore  garder  fa  chambre  a  quoy  elle  ne  perd  rien  pandant  ces 
vilains  jours  obfcurs  par  les  brouillards  froids  et  continuels.  Samedi  paflfé  2)  il  y  en 
eut  un  li  épais  a  Amfterdam  qu'en  plein  jour  plus  de  60.  perfonnes  font  tumbees 
dans  l'eau  dont  on  n'en  a  pu  retirer  que  vingt  en  vie.  Cepandant  la  pelle  y  dimi- 
nue de  jour  a  autre ,  et  il  en  meurt  des  feptante  et  foixante  moins  par  femaine  que 
par  le  paffé. 

Ma  panure  miferable  fille3)  ainee  fe  porte  un  peu  mieux  ce  qui  nous  redonne 
quelque  efperance. 

Les  Belleties  vont  et  reviennent  encore  toufjours  a  Delft  mais  fans  fucces,  comme 
elles  en  font  revenues  feulement  hier  au  loir  après  dix  ou  douze  jours  de  fejour. 

Vous  aurez  fans  doutte  defia  feeu  avec  quel  empreflement  le  Sire  d'Odijck 4) 
l'ait  l'amour  a  Mademoifelle  vander  Ni  (Te  s)  depuis  trois  ou  quattre  mois  ce  qui 
ne  donne  pas  peu  d'ambaras  et  de  Martel  en  telle  aux  frères  jumeaux 6). 

L'Jnfante  de  Doreftat 7)  eft  trepaffee  ces  jours  pailez  au  grand  regret  de  Mon- 
fîeur  et  Madame  fos  parens 8). 

Il  y  avoit  un  bruit  ces  jours  panez  que  Overfteijn  fe  feroit  battu  contre  le 
mary  de  Madame,  mais  n'a  point  eu  de  fuitte.  Le  dit  feigneur  DrofTart  dit  on 


')    Nous  n'avons  pas  trouvé  dans  nos  collections  cette  lettre  de  Chr.  Huygens  à  Ph.  Doublet. 

2)    Le  8  décembre. 

s)   Sur  Geertruyd  Doublet,  voir  la  Lettre  N°.  1 120,  note  10. 

4)  Sur  Willem  Adrianus  van  Nassau,  voir  la  Lettre  N°.  909,  note  8. 

5)  Sur  Cornelia  van  der  Nisse,  voir  la  Lettre  N°.  1 162,  note  4. 

rt)    Nous  savions  seulement  qu'  Emery  van  Watervliet  aussi  lui  faisait  la  cour. 

Consultez  la  Lettre  N°.  1 176.  Cette  demoiselle  Snouckaerr  van   Schouwenburgh   mourut 

très  jeune. 

Sur  Albert  Snouckaerr  van  Schouwenburgh ,  voir  la  Lettre  N°.  1  176,  note  10. 

Anna  Margrict  van  Kandwyck  naquit  en  juillet  1641,  et  mourut  le  3  septembre  1701.  Elle 
était  la  fille  du  colonel  Jacob  van  llandwyck  ,  seigneur  de  Kossum.  I  leselt  et  Cameren,  et  de 
sa  seconde  épouse  Geneviève  Maria  van  der  Noodt. 


CORRESPONDANCE.     1 663.  465 


veut  aller  faire  la  guerre  aux  Turcs  foubs  Monfeigneur  l'Ele&eur  *>):  des  fi  vail- 
lants defenfeurs  que  ne  peut  efperer  la  Chreftienté  ? 

Si  vous  voijez  quelques  fois  Monfieur  de  Blumenthal I0)  vous  m'obligeriez  fort 
de  luij  faire  refïbuuenir  en  parlant  que  fon  carofie  n'efl:  pas  encore  paijé  quoy  qu'il 
aije  promis  a  Monfieur  l'ambafiadeur  de  Bourgogne  il  y  a  plus  de  quinfe  jours 
ou  trois  femaines  qu'il  m'envoijeroit  lettre  de  change  pour  cet  effet,  cepandant 
les  ouuriers  que  je  renvoije  d'un  ordinaire  a  l'autre,  commenceront  a  s'imaginer 
je  croy  que  je  me  mocque  d'eux,  cela  n'eil  ni  bon  ni  beau  pour  un  Baron  Alle- 
mand de  fa  forte  a  mon  avis,  une  autre  fois  je  ne  ferois  pas  fi  promt  a  exécuter 
pareilles  commiflions. 

j'ay  fceu  ces  jours  pafiez  de  l'Amaranthe  lI)  mefme  que  le  Sieur  de  Zeelhem  I2) 
ne  l'a  veue  de  trois  mois,  dat  vrijt  niet  qualtjck13),  Je  fouhaitterois  bij  leeven 
en  bij  lterven  I4)  comme  on  dit  que  des  lettres  d'avis  comme  celle  I5)  que  je  vous 
envoyay  dernièrement  fu fient  jettees  au  feu  fi  vous  defirez  que  je  vous  en  efcrîve 
par  fois  de  pareilles. 

Quelle  couleur  de  drap  porte  t'on?  et  quelle  forte  d'habits  noirs,  car  je  me  vois 
dans  la  necefiité  d'en  faire  faire ,  j'avois  efperé  que  pour  le  moins  l'un  de  nos  deux 
enflammez  xfi)  m' auraient  fait  naifire  occafion  d'en  faire  faire  pour  leurs  nopces, 
mais  je  vois  bien  que  fi  je  voulois  attendre  fi  longtemps  je  ferois  fort  mal  couuert 
peut  eftre  pandant  quelques  années.  Manteaux  gris  doublez  de  panne  ?  Les  jult 
au  corps  font  ils  fort  longs  ?  Les  chapeaux  de  forme  fort  platte  ?  Un  poco  di  dif- 
fegno  s'il  vous  plaift  de  l'admirable  Machine  Roanefque  I?),  la  commodité  ne  feroit 
pas  moins  belle  pour  le  voyage  de  Hofwijck  et  Scheveling  que  par  la  France. 

Voicy  deux  paires  de  boutons  d'or  pour  des  manches  avec  un  petit  mot  de  lettre 
à  fon  Excellence  l'ambafiadeur  de  Bourgogne  que  je  vous  prie  de  luy  adrefier. 
Cognoit  on  une  Surcritique  de  la  Critique  l8)  de  l'Efcole  des  femmes  de 


9)  Ferdinand  Maria,  fils  aîné  de  l'Electeur  Maximilian  et  de  Maria  Anna  d'Autriche,  naquit 
le  31  octobre  1636  à  Munich  et  mourut  le  26  mai  1679a  Gleiszheim;  à  l'âge  de  141ms  il 
épousa  Henriette  Adélaïde  de  Savoye,  pour  laquelle  il  bâtit  le  luxueux  Nymphenburg. 

10)  Joachim  Friedrich,  baron  von  Blumenthal,  fut  ambassadeur  de  Brandenbourg  auprès  de 
divers  états. 

11  )  Sur  Amaranthe  van  Vredenburgh ,  voir  la  Lettre  N°.  1  172 ,  note  5. 
1:)  Constantyn  Huygens,  frère. 

13)  Traduction.-  cela  ne  fait  pas  mal  la  cour. 

14)  Traduction  :  par  vie  et  par  mort. 
'S)  Voir  la  Lettre  N°.  11*72. 

1<s)  Les  frères  Constantyn  et  Lodewijk  Huygens. 
17  )  Consultez  la  Lettre  N°.  1036. 
l8)  Molière  avait  écrit: 

L'Efcole  des  femmes  Comédie,  reprefentée  pour  la  première  luis  a  Paris,  sur  le  Théâtre 

Œuvres  T.  IV.  59 


466  CORRESPONDANCE.     1 663. 


Molière.  Arminvilliers  I9)  en  parle,  fans  doutte  ce  ne  fera  qu'une  petitte  bagatelle 
qu'on  pourroit  envoyer  dans  le  pacquet,  s'il  vaut  la  peijne  s'entend. 


N=  1182. 

Is.    DE    LA    PEYRERE  ')    à    CHIEZE. 
14    DÉCEMBRE    [i 663]. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

ce   14  Décembre. 

Je  vous  fuplie  tref humblement,  Monfieur ,  de  prefanter  le  papier2)  que  ie  vous 
enuoye,  a  Monfieur  Huguens,  fur  lequel  ie  le  fuplie  trefhumblement  aufTy  de 
ieter  les  yeux  a  quelque  momant  de  fon  loifir ,  Et  defcrire  a  codé  de  chaque  ar- 
du Palais  Royal,  le  26.  Décembre  1662.  Par  la  Troupe  de  Monfieur  Frère  Unique  du  Roy. 
Paris  1663.  in-8°. 

A  l'occasion  de  plusieurs  attaques  contre  cette  comédie,  il  écrivit: 

La  Critique  de  PECcole  des  femmes,  Comédie,  reprefentée  pour  la  première  fois  à  Paris, 
sur  le  Théâtre  du  Palais  Royal,  le  Vendredy  1.  Juin  1663.  Par  la  Troupe  de  Monfieur 
Frère  Unique  du  Roy.  Paris  1663.  in-8°. 

Ensuite  Jean  Donneau  le  Vizé  (1640—  17 10)  publia  sa 

Zélinde,  ou  la  véritable  Critique  de  PEfcole  des  Femmes  et  la  Critique  de  la  Critique.  Pa- 
ris. 1663.  in-8°. 

et  Edmes  Boursault  [1638 — 1701]  sa  comédie 

Le  Portrait  dv  Peintre,  ov  la  Contre-Critiqve  de  PEfcole  des  Femmes.  Comédie.  Repre- 
fentée fur  le  Théâtre  Royal  de  l'Hoftel  de  Bourgogne.  Par  le  Sieur  Bovrfavlt.  A  Paris,  chez 
Jean  Gvignard  le  fils,  en  la  grande  Salle  du  Palais,  à  l'Image  Sainct  Iean ,  m.dc.lxiii.  Avec 
Privilège  dv  Roy.  in-120. 

Cependant,  ce  ne  fut  qu'après  une  offense  brutale  laite  au  poète  par  François  d'Aubus- 
son,  duc  île  la  Feuillade  [1625—1691]  que  Louis  XIV  permit  à  Molière  de  se  venger;  il 
publia  alors  son 

L'Impromptu  de  Verfailles,  Comédie  Par  J.  H.  P.  de  Molière;  reprefentée  pour  la  pre- 
mière fois  a  Verfailles  pour  le  Roy  le  quatorzième  Octobre  1663.  &  donnée  depuis  au  Public- 
dans  la  Salle  du  Palais  Royal  le  4.  Novembre  de  la  même  année  1663.  Par  la  Troupe  de 
Monfieur  Frère  Unique  du  Roy.   Paris  1663.  in-8°. 
19    Sur  Maximilien  de  Berringau,  voir  la  Lettre  N°.  744,  note  17. 


1  Isaac  de  la  Pcyrere  naquit  à  Bordeaux  en  1594,  et  mourut  le  20  janvier  1676,  au  séminaire 
de  Notre-Dame  des  Vertus  près  de  Paris.  Il  était  juif,  se  lit  protestant,  puis  en  1656  ca- 
tholique et  devint  bibliothécaire  du  Prince  île  ('onde.  Enfin  il  se  retira  dans  un  couvent. 
Il  écrivit  beaucoup  sur  les  Préadamites. 

2 )    Voir  l'Appendice  N°.  1  1  84. 


CORRESPONDANCE.     1663.  46"' 


ticle.  Jl  eft  vray,  ou,  Jl  eft  faux.  C'eft  mon  Pitagore.  Jl  me  fuftt  qu'il  die  l'vn 
ou  l'autre.  Je  vous  enuoyeray  quérir  demain  matin  la  refponfe  que  ie  vous  de- 
mande ,  par  ce  me  fine  porteur  qui  vous  randra  ce  billet. 

Voftre  très  humble  feruiteur  etc. 

la  Peyrere  etc. 
A  Mo.nfieur 
Monfieur  Cheze  etc. 


N=   1183. 

Is.  de  la  Peyrere  h  Christiaan  Huygens". 

[?  décembre   1663.] 

Appendice  I  au  No.   1182. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 
C/ir.   Huygens  y  répondit  par  le  No.   il 85. 

Nobilifîimo  Viro;  et  fupra  annos  Mathematico  Excelfïflimo, 
Christiano  Hugenio,  Constantini  Illuftris  Filio. 

Noli  admirari,  Vir  admirande!  fi,  dicamne  femipaganus  an  paganus  totus  in 
Mathematicis,  ad  facra  Mathematicorum  (quae  tua  funt)  demonftrationem  hanc 
rudem  et  indigeftam  affero.  Et  fi  quid  in  illà  vel  erraui,  vel  diuinaui;  furentis 
animi  delirium,  aut  vaticinationem  interpretare:  aeituabam  enim  febre  ardentif- 
fimâ  cùm  haec  primum  cogitaui ,  vt  me  tibi  confefTus  fum.  Nefcio  quid  certe  me 
laétat  (videris  an  fpe  inani)  non  nihil  confecutum  effe  :  Et  fi  non  acu ,  faltem 
acutifllmo  circino  rem  cetigifle  mihi  videor.  Sed  tu  hoc  mcum  aes  Corinthium 
examina.  Fac  illud  fufile:  et  repetitâ  tua  analyfi,  tanquam  exploratore  camino 
coque  et  recoque;  dum  faex  in  fumos  et  cineres  abeat,  et  fi  quid  auri  in  illis  elt 
purius  elucefcat.  Inuenies  obfequentem  fi  me  intcr  cultores  virtutis  tuae  admiferis. 
Vale. 

Tu  us  fum 

ISAACUS    PeYRERIUS. 


468 


CORRESPONDANCE.     1 663. 


N=  11 84. 

Is.  de  la  Peyrere  à  Christiaan  Huvgens. 
[décembre   1663]. 
Appendice  II  au  No.   1 1 8a. 

La  lettre  se  trouve  à  Leïden ,  coll.   Huygens. 

Problema  ')• 

Duabus  datis  rectis  lineis,  duas  médias  proportionales  inuenire.  Oportet  autem 
vt  ratio  maioris  datae  ad  minorem  datam ,  non  fit  maior  duplâ. 

Sint  datae  duae  lineae,  AB  et  CD. 
AB  maior.  CD  minor.  Quibus  inue- 
niendae  lunt  duae  mediac  proportio- 
nales. 

Dncatur  linea  EF.  Sumaturque  in 
eâ  GH,  aequalis  maiori  datae  AB:  et 
GI  aequalis  minori  datae  CD.  Aufe- 
ratur  ex  GH  ,  GK  aequalis  GI.  Erit- 
que  refiduum  KH,  differentia  quâ 
GH  excedit  GI.  Diuidaturdiffèrentia 
KH  in  duas  partes  acquales  KL,  et 
LH.  Addaturque  LU  toti  GH  :  ita  vt 
HM  aequalis  fiât  LU.  Conttituatur- 
que  vna  diameter  MI,  ex  tribus  ad- 
unatis  lineis,  IG,  G  H  et  H  M.  Dcfcri- 
batur  circa  diametrum  MI,  circulus 
MNIO.  Seceturquc  diameter  ad  an- 
gulos  rectos  in  pun&o  G  ,  per  lineam 
ON  circulo  infçrjptam.  Inueniatur 
GP,  média  proportionalis  duabus 
GM  et  GN.  Inferibatur  média  GP 
inuenta,  a  punclo  G,  ad  punctum  P,  in 
portione  circuli  MN.  Extendaturque  in  direétum  linea  GP,  ad  oppofitum  punctum 
Q,  in  portione  circuli  01.  Dico  tactum  elle  quod  oportuit.  Hoc  eft,  lineas  GN  et 
GQ,  duas  eue  médias  proportionales  duabus  GPetGI.  Duas  autem  GP  et  GI, 
acquales  elle  duabus  datis  AB  et  CD.  Atque  adeo  GN  et  GQ ,  duas  eflè  médias 
inuentas  proportionales  duabus  datis  A\\  et  CD. 


')    Il  résulte  d'une  lettre  Je  Is.  de  la  Peyrere,  datée  du  10  avril  1665,  qu'il  avait  envoyé  ses 
„folies"  a  Chr.  Huygens  lorsque  celui-ci  se  trouvait  il  Paris. 


CORRESPONDANCE.    1663. 


469 


Confiât  enim  primb  ex  conftruétionc  ,  lineas  très  GM,  GP  et  GN ,  efle  conti- 
nue proportionales.  Reétangulum  autem  GP ,  GQ,  aequale  eft  quadrato  GN,  per 
35  tertij  2).  Erit  ergo  GN  média  proportionalis  duabus  GP  et  GQ,  per  17  fexti. 
Ac  proinde,  quatuor  lineae,  GM,  GP,  GN,  GQ  erunt  continue  proportiona- 
les. Jam  vero,  reclangulum  GM,  GI ,  aequale  eft  reclangulo  GP,  GQ,  per 
eandem  35  tertij.  Habebuntque  reélangula  illa  duo  aequalia,  latera  circum  angu- 
los  aequales  reciproca-,  per  14  fexti.  Erit  ergo  vt  GM  ad  GQ  ita  GP  ad  GI ,  Et 
alternando ,  erit  GM  ad  GP ,  vt  GQ  ad  GI.  Sed  vt  GM  ad  GP ,  ita  GN  ad  GQ , 
(demonftratum  enim  eft  quatuor  efîè  continue  proportionales).  Erit  ergo  GQ  ad 
GI ,  vt  GN  ad  GQ ,  per  1 1  quinti.  Et  quinque  lineae  GM ,  GP ,  GN ,  GQ  et  GI 
erunt  continue  proportionales.  Duae  autem  GN  et  GQ ,  mediae  erunt  proportio- 
nales duabus  GP  et  GI.  Facta  vero  fuit  GI ,  aequalis  per  conftructionem  minori 
datae  CD.  Probandum  reliât  lineam  GP,  aequalem  efîe  maiori  datae  AB:  vt 
demonltretur  eafdem  GN  et  GQ,  duas  efîe  médias  inuentas  proportionales  duabus 
datisABetCD. 

Quod  vt  fiât.  Diuidatur  differentia 
KM,  quâ  GM  maior  eit  GI,  in  duas 
partes  SM  et  KS.  Sitque  SM,  diffe- 
rentia rationis 3)  G  M  ad  GN.  Et  KS, 
differentia  rationis  GN  ad  GI.  Au- 
feratur  ex  SM  ,  HM,  vna  ex  tribus 
partibus  aequalibus,  in  quas  diuifa 
cil  per  conftruétionem  tota  differen- 
tia KM.  (Poterit  autem  auferri  HM 
ex  SM,  quia  SM  maior  eft  dimidià 
differentiae  KM).  Auferatur  ex  KS, 
RS ,  quae  fit  ad  HM  vt  KS  ad  SM. 
Eritque  refiduum  SH  ad  refiduum 
KR,  vt  totum  SM  ad  totum  KS.  At- 
que  adeo  quatuor  partes  HM,  SH, 
RS  ,  et  KR ,  erunt  proportionales. 
Demonftratur  efîe  continue  pro- 
portionales. Confiât  enim  ,  très  partes  aequales  H  M ,  LH  et  KL ,  in  quas  diuifa  cil 
differentia  KM  ,  refolui  in  quatuor  partes  proportionales ,  HM ,  SH ,  R  S  et  KR  : 
Quarum  quatuor  partium,  prima  HM,  facla  eft  per  conftruclionem  aequalis  HM, 
vna  ex  tribus  illis  partibus  aequalibus  differentiae  KM.  Duae  igitur  rcliquac  par- 
tes aequales  LH  et  KL,  eiufdem  differentiae  KM,  refoluentur  in  tres  reliquas  par- 


:)    L'auteur  se  sert  ici  de  la  notation  connue  oour  la  proposition  35  du  troisième  livre  des  Elé- 
ments d'Euclide. 
3)    Ratio  veut  dire  ici  :  différence. 


470 


CORRESPONDANCE.     1 663. 


tes,  SH,  RS  et  KR.  Quas  dico  efle  proportionales.  Eadem  enim  eft  ratio  totarum 
trium  partium  HM  ,  LH ,  et  KL,  ad  quatuor  totas  partes  H  M ,  SH ,  RS  et  KR; 
quae  ablatae  H  M,  ad  acqualem  eius  ablatam  HM.  Erunt  igitur  dnae  hae  reliquae 
partes  LH  et  KL,  ad  très  has  reliquas  partes  SH,  RS  et  KR;  vt  totae  très  illae 
partes,  ad  totas  illas  quatuor  partes.  Et  rcfoluentur  duae  hae  reliquae  partes,  in 
très  has  reliquas  partes,  eadem  ratione,  quâ  très  illae  partes  refoluuntur  in  quatuor 
illas  partes.  Sed  très  illae  partes  refoluuntur  proportionaliter,  per  quatuor  illas 
partes;  quae  demonftratae  funt  proportionales.  Ergo  et  duae  hae  reliquae  partes 
refoluentur  proportionaliter,  per  très  has  reliquas  partes;  ratione  eâdem  propor- 
tionales. At,  quâ  ratione  très  hae  reliquae  partes  funt  proportionales;  erit  SH  ad 
RS,vtRSadKR.  Sed  demonrtratum  eft  HM  efTe  ad  SH,  vtRSadKR.  Erit 
ergo  HM  ad  SH ,  vt  SH  ad  RS  ,  per  1 1  quinti.  Et  quatuor  lineae  HM ,  SH,  RS 
et  KR,  erunt  continue  proportionales.  Habebunt  itaque  quatuor  hae  lineae  ean- 
dem  rationem  ad  totam  differentiam  KM,  quam  habent  ad  totam  eandem  ,  quatuor 
differentiae  rationum  quatuor  harum  fimilium,  GM  ad  GP,  GP  ad  GN,  GN  ad 
GQ,  GQ  ad  GL  Quia  enim  KM,  tota  eft  differentia  quatuor  harum  rationum 
fimilium.  Et  per  7  quinti,  quatuor  hae  lineae,  aequales  erunt  quatuor  harum  ra- 
tionum differentiis.  Jmo  quatuor  hae  lineae,  differentiae  ipfiflnnae  erunt  quatuor 
harum  rationum  fimilium.  Quod  ex  appofitâ  figura  clarifime  apparebit. 

Erit  ergo  HM,  differentia  primae 
rationis  GM  ad  GP.  Nec  non  eadem 
HM,  exceffus  erit,  quo  GM  maior 
eft  G  P.  Sed  eadem  H  M  exceffus  eti- 
am  eft,  quo  eadem  GM  maior  eft 
GH.  Ablato  ergo  communi  ambabus 
GH  et  GP,  exceffu  HM:  fupererit 
GH  aequalis  GP.  Atqui  GH  faéta 
fuit  aequalis  per  conftruftionem,  ma- 
iori  datae  AB.  Ergo  et  GP  aequalis 
erit  eidem  maiori  datae  A  B. 

Demonftratis  igitur  duabus  lineis 
GP  et  GI,  acqualibus  duabus  datis 
ABet  CD.  Demonftratis  itidem  dua- 
bus GN  et  GQ ,  mediis  proportiona- 
libus  duabus  GP  et  GI.  Demonftra- 
tum  etiam  erit,  eafdem  GN  et  GO, 
duas  efTe  médias,  inuentas  proportionales  duabus  datis  AB  et  CD,  quod  fuerat 
propofitum. 


CORRESPONDANCE.     1663. 


47 1 


N^   1185. 

Christiaan  Huygens  à  [Is.  de  la   Peyrere]. 
[décembre  1663.] 

La  minute  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens  '). 
La  lettre  est  la  réponse  au  No.   1183. 


|GH22)ErgoKH.  10 
)GI    12)      etHM.     5 
etGM.  27| 
GI.   iaj 

54 

27 


m. 


324  quadrauim  GN 


')    La  minute  de  cette  lettre  se  trouve  sur  la  quatrième  page  de  la  pièce  N°.  1184;  elle  contient 
la  réfutation  du  raisonnement  de  la  pièce  précédente. 


472  CORRESPONDANCE.    1 663. 


ejus  radix    18 
GH.  11  ergoGN.    i8j 

22  GM.  27  i 

44  1 16 

44  .  36 

quadratum  GH  484  minas  quam  486  quadratum  GP 

Ergo  GM  minor  quam  GP. 


N=   1186. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

15    DÉCEMBRE    1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Paris  ce   15  Décembre   1663. 

Je  n'ay  pas  de  temps  pour  vous  efcrire  ny  au  frère  de  Zeelhem  ')  ayant  employé 
prelque  tout  le  jour  avec  Monlieur  Petit 2),  à  ajufter  la  machine  du  vuidc  de  Mon- 
fieur  de  Montmor  que  dans  quelques  jours  nous  devons  exhiber  a  Monfieur  le 
Premier  Prefident.  Toutefois  il  faut  que  je  m'acquitc  de  ce  que  le  dit  Sieur  du 
Portail  3)  m'a  prie  et  dont  il  me  perfecute  a  toutes  les  fois  qu'il  me  rencontre  qui 
ert  de  vous  faire  fouuenir  de  luy  faire  avoir  un  certain  livre  4)  de  Raimond  5)  et 
quelques  autres  imprimez  chez  6)  parmy  lelquels  il  (buhaite  celuy  des  amours 
d'Alcandre  qu'on  a  publié  il  y  a  quelque  temps  avec  d'autres  pièces  curieufes  7) 


')   Constantyn  Huygens. 

|    I. 'intendant  des  fortifications  P.  Petit. 
•')    P.  Petit  de  la  note  2. 
4  )    Peut-être  s'agït-il  ici  de  l'ouvrage: 

Délie  Caccie  di  Eugenio  Raimondi  Brefciano  Libri  Qvattro  Agginutoui  le  quefta  nnova 
imprelîïone,  il  Qvinto  Libro  délia  villa.  [In  Napoli,  Per  l.azaro  Scoriggio.  M.DC.XXvl. 
in -40. 
s)    Eugenio  Raimondi  naquit  vers  la  fin  du  seizième  siècle  et  s'occupa  surtout  d'histoire  na- 
turelle. 
'•  )    Intercalez:  vous. 

7)    Recueil  dediverles  Pièces ,  lervant  a  l'Hiftoire  de  Henry  III,  Roy  de  France  et  de  Pologne; 
dont  les  titres  fe  trouvent  en  la  page  fui  van  te.  A  Cologne,  chez  Pierre  Marteau,  [ce  sont 
des  pseudonymes  pour:  Amsterdam,  Elsevirii]  mdclxiii.  in-120. 
Cet  ouvrage,  assez  rare,  contient  les  pièces  suivantes: 


CORRESPONDANCE.    1663.  473 


Je  vous  prie  promettez  que  vous  le  contenterez  ou  dites  moy  ce  que  je  doibs  luy 
refpondre. 

Vous  aurez  fceu  du  frère  de  Zeelhem  8)  le  bon  fucces  de  nos  montres  au  voyage 
de  Lifbone  qu'ont  fait  les  Anglois  et  je  vous  diray  que  j'ay  trouuè  encore  un  chan- 
gement notable  dans  la  conftruétion  des  horologes  a  pendule  qui  le  fera  aller 
beaucoup  plus  jufte  qu'auparavant 9).  Monfieur  Moray  me  mande  une  chofe  allez 
curieufe  par  fa  dernière  IO),  c'eft  qu'ils  ont  en  leur  Société  un  diamant  grifeatre 
qui  eftant  frotté  fur  du  drap ,  reluit  dans  les  ténèbres  par  quelque  temps ,  comme  la 
pierre  de  Boulogne  calcinée  qu'on  a  mife  au  foleil  "). 

A  Monfieur 


Monfieur  L.  Hugens  de  Zulichem. 


I.  Tournai  du  Règne  de  Henry  III.  compofé  par  M.  S.  A.  G.  A.  P.  D.  P. 

Ces  lettres  désignent  : 

Monsieur  (Louis)  Servin  ,  Avocat  général  au  Parlement  de  Paris.  Il  était  fils  de  Madeleine 
Deschamps,  naquit  en  Vendômois  vers  1555  et  mourut  a  Paris  le  19  mars  1626  d'un  coup 
d'apoplexie  dont  il  fut  frappé  lors  d'une  dispute  avec  le  roi  Louis  XIII.  Il  devint  Avocat  gé- 
néral au  Parlement  en  1589. 

II.  Le  divorce  Satyrique,  ou  les  Amours  de  la  Reyne  Marguerite  de  Valois,  fous  le  nom 
D.  R.  H.Q.  M. 

On  attribua  cette  pièce  à 

Pierre  Victor  Palma  de  Cayet,  né  à  Montrichard  en  1 5 1 5 ,  et  mort  le  10  mars  1610. 
D'abord  pasteur  protestant,  il  devint  catholique  er,  en  1600,  prêtre.  Il  a  beaucoup  écrit,  sur- 
tout sur  l'histoire. 

III.  L'Alcandre,  ou  les  amours  du  lloy  Henry  le  Grand,  par  M  L.  P.  D.  C.  fur  l'impreffion 
de  Paris  de  l'an  1651. 

Ces  lettres  désignent 

Madame  Louise  (Marguerite  de  Lorraine),  Princesse  de  Conty.  Elle  était  la  fille  de 
Henri  1er  de  Lorraine,  duc  de  Guise,  dit  le  Balafré,  et  de  Catherine  de  Clèves,  naquit  en 
1574  et  mourut  à  Eu  le  30  avril  163 1.  Elle  était  de  mœurs  très-libres,  mais  spirituelle. 

IV.  La  Confeffion  de  M.  de  Sancy ,  par  L.  S.  D.  A.  auteur  du  Baron  de  Fenelle. 
L'auteur  en  est 

Le  Sieur  (Théodore  Agrippa)  d'Aubigné,  né  le  8  février  1550  à  Saint-Maury  (Saintonge) 
et  mort  à  Genève  le  29  avril  1630.  Protestant,  il  encourut  plus  d'un  arrêt  de  mort.  Ré- 
fugié à  Genève,  il  épousa  en  1626  Mademoiselle  Burlamaqui. 

8)  Consultez  la  Lettre  N°.  11 75. 

9)  Consultez  la  Lettre  N°.  11 78,  note  16. 

10)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 173. 
")  Voir  la  Lettre  N°.  1193. 

Œuvres.  T.  IV.  60 


474  CORRESPONDANCE.     1663. 


N=   1187. 

Christiaan  Huygens  à  R.  Moray. 

19    DÉCEMBRE    1663. 

La  lettre  se  trouve  à  Londres.  Royal  Society  '). 

A  Paris  ce   19  Dec.   1663. 
Monsieur 

Ma  dernière  a  elle  du  9e  de  ce  mois  2).  Depuis  j'ay  receu  la  voltre  du  26  No- 
vembre3) avec  le  journal  du  Pendule  dont  je  vous  rends  grâces  trcfhumbles.  Vous 
dites  dans  vos  notes  qu'a  toutes  les  fois  que  B  s'arreila,  l'on  avoit  altéré  le  petit 
plomb  coulant4),  ce  qui  pourtant  ne  femble  pas  avoir  lieu  depuis  le  3e  jufqu'au 
30e  May  car  quoy  qu'il  fe  foit  arreitè  par  2  fois  dans  ce  temps  la,  la  différence 
journalière  a  toujours  continué  de  mefme  a  feauoir  de  T5T  de  minute.  J'efpere  que 
pour  le  nouveau  voiage  de  Guinée  et  Jamaïque  vous  aurez  donné  ordre  qu'on 
marque  exactement  tout  ce  qui  arrive  aux  montres  et  tout  ce  qu'on  y  fait.  Je 
m'eftonne  fi  Monficur  le  Comte  de  Kincairdin  a  receu  voltre  lettre,  comment  il  n'a 
pas  encore  refpondu  a  de  fi  agréables  nouuelles.  Le  partage  que  nous  fi  fines  5) 
du  provenu  de  l'Invention  de  Longitudes  en  cas  de  fucces,  fut  qu'a  chacun  en 
appartiendroit  la  moitié  luy  l'ayant  propofè  ainli,  et  moy  ne  luy  voulant  rien 
concerter. 

J'attens  avec  impatience  les  obfervations  de  Monfieur  Boile  6)  touchant  le  Dia- 
mant. Quelques  uns  ont  dit  icy  qu'on  avoit  eferit  de  la  que  la  mefme  chofe  arrive 
a  tous  autres  diamants,  ce  qui  ne  feauroit  cftre  véritable  puifquc  l'expérience 
montre  le  contraire.  Nous  avons  efîaiè  de  faire  l'expérience  de  l'argent  vif  chez 
Monfieur  de  Montmor  mais  jufqu'icy  fans  fucces  ce  qui  arrive  par  ce  qu'on  n'y  tra- 
vaille qu'une  fois  chafque  femaine.  Hier  pourtant  le  tube  fembloit  eitre  très  bien 
purgé,  et  le  mercure  ne  laifla  pas  de  defeendre.  Il  y  en  a  icy  7)  qui  croient  que 
la  chofe  ne  peut  reuflîr  que  dans  des  tuyaux  fort  eltroits,  s'imaginant  de  feavoir 
la  caufe  du  phénomène,  c'eft  pourquoy  je  vous  prie  de  me  faire  feavoir  exaéte- 


')   R.  Moray  répondit  à  cette  lettre  le  28  décembre  ï 663:  mais  nous  n'avons  pas  trouvé  cette 
réponse. 

2)  Voir  la  Lettre  N°.  n 78. 

3)  Nous  n'avons  pas  trouvé  cette  lettre  de  R.  Moray  à  Chr.  Huygens:  Moray  y  ajouta  une 
copie  plus  détaillée  de  la  pièce  N°.  1  1-4.  ainsi  qu'il  Pavait  promis  dans  la  Lettre  N".  1 173. 

*)    Consultez  la  Lettre  N°.  1  173. 
5)    Consultez  les  Lettres  N"\  1  167  et  i  173. 

'■      Voir  la  pièce  N°.  1 194  et  consulter  la  Lettre  Nf°.  1  17K,  note  16. 
Entre  antres  Rohault.  Consultez  la  Lettre  N".  1 178. 


CORRESPONDANCE.    1663.  475 

ment  quelle  eft  la  grofleur  de  ceux  dont  fe  fervent  Milord  Brounker  et  Monfieur 
Boyle  8),  et  fi  l'orifice  eft  de  mefme  largeur  que  tout  le  refte.  Je  fuis 

Monsieur 

Voftre  trefhumble  et  trefobeiflant  Seruiteur 

Chr.  Hugens  de  Z. 


N=   1 188. 

Constantyn  Huygens,  frère,  à  Christiaan  Huygens. 

QO    DÉCEMBRE     1663. 

La  lettre  et  la  copie  se  trouvent  à  Leiden,  coll.  Ifyygens. 
Chr.  Huygens  y  répondit  par  le  Nu.   11 89. 

A  la  Haye  le  20  Décembre   1663. 

Tout  affairé  que  vous  elles  je  me  trouve  obligé  de  vous  charger  encore  de  la 
commiffion  d'une  perrucque  à  Calotte.  J'ay  différé  de  prendre  l'autre  jufqu'a  cette 
heure ,  mais  ayant  efté  fort  incommodé  du  mal  de  dents  depuis  peu ,  qui  m'amena 
en  mefme  temps  une  petite  fiebvre  continue  il  y  a  fix  jours  dont  je  ne  fuis  pas  en- 
cor  tout  a  fait  quitte,  j'ay  refolu  d'hafarder  le  pacquet  et  de  me  faire  rafer  des  que 
je  pourray  fortir ,  et  comme  Ion  n'a  pas  afTez  d'une  perrucque ,  et  que  pour  la  cam- 
pagne de  necefîité  il  en  faut  une  a  callotte,  je  vous  prie  de  m'en  faire  auoir  une 
comme  cela  du  mefme  maifixe  qui  a  fait  l'autre  0,  et  ce  qui  eft  le  principal  de  che- 
veux qui  ayent  de  la  frifeure  naturelle  comme  eft  la  callotte  de  Monfieur  van 
Leeuwen  et  comme  je  veux  efperer  que  celle  que  j'ay  eft  auffi,  car  quelques 
maiftre  perruquier  icy  me  la  garantit  telle,  et  un  autre  fe  donne  au  diable  fi  cela 
eft.  L'expérience  le  jugera.  Je  vous  envoyé  un  efchantillon  de  mes  cheveux  et  les 
trois  mefures  necefiaires.  Je  vous  prie  de  faire  hafter  le  maiftre  car  vous  voyez  que 
je  ferois  incommodé,  et  eftant  faite  de  l'envoyer  encore  par  la  polie  a  l'Unicus  2) 


8)   Consultez  la  Lettre  N°.  1  ï  71. 


*)    Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 55. 
2)   Philips  Doublet. 


476  CORRESPONDANCE.     1 663. 


ayant  fait  le  prix  auec  le  Courrier  et  dit  ce  que  c'eft;  afin  que  la  tentation  ne  luy 
vienne  pour  la  troifjefme  fois.  Si  vous  voulez  je  payeray  a  ma  foeur  3)  icy  ce  que 
vous  pourrez  auoir  dcbourfîe  pour  moy  fur  autant  moins  de  ce  que  vous  luy  devez 
pour  la  dentelle  qu'elle  a  payé  pour  vous,  ou  bien  ailleurs  ou  l'ordonnerez. 

Jl  me  tarde  extrefmement  de  feauoir  ce  que  vous  pouvez  auoir  adjoufté  à  l'ex- 
aftitude  de  l'horologe.  fi  cela  eft  le  fecret  des  longitudes  malayfement  feauroit 
vous  efchapper.  Vous  ne  devriez  cependant  nous  mander  4)  cela  fi  fuccinclement 
fans  dire  a  quelle  partie  de  l'horologe  cet  amendement  s'eft  fait  au  rouage  au 
pendule  aux  cornes  ou  a  quoy  enfin. 

Je  vous  prie  de  vous  fouuenir  ce  que  je  vous  ay  mandé  5)  du  cabinet  de 
Jabach  â)- 

Une  belle  compagnie  vient  de  fortir  de  la  chambre  deToot7);  Buat8),  Ca- 
bellau  9)  ,  l'aifnée  Dorp  I0)  et  mademoifelle  de  Nieuveen  I!)  en  habit  de  garçon, 
penfez. 

Dans  mes  précédentes  I2)  je  vous  ay  quelques  fois  prié  de  me  dire  un  peu  quel 
meftier  vander  Does  IS)  fait  en  Angleterre  et  s'il  tient  boutique  pour  les  honneites 
curieux,  dans  une  lettre  a  Biffchop  M)  il  luy  promet  de  vous  informer  par  le  menu 
du  fecret  qu'a  le  Prince  Robert  ISJ  pour  grauer  en  eau  forte  1<s)  comme  feauez,  et 
ce  afin  que  vous  le  monftraflîez  audit  BifTchop,  auquel  il  en  a  envoyé  les  inftru- 
ments  il  y  a  longtemps. 

Pour  mon  Frère. 


3)  Susarma  Huygens. 

4)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 186,  au  frère  Lodewijk  Huygens. 
s)    Consultez  la  Lettre  N°.  1 177. 

6)  Sur  Jabach  ,  voir  la  Lettre  N°.  1 1 77 ,  note  5. 

7)  Loden  y k  Huygens. 

8)  Henry  de  Flcury  de  Coulan.   Voir  la  Lettre  N°.  808  ,  note  7. 

'->)    Jan  Willem  Cabcljauw  était  militaire;  en  1674  il  devint  major  de  cavalerie. 
'"     Dorotheavan  Dorp.  Voir  la  Lettre  N°.  272,  note  4. 
1  '  |  Elisabeth  Maria  Musch.  Voir  la  Lettre  N°.  196,  note  5. 

Consultez  la  Lettre  N°.  1 159. 
'3)  Sur  Jacob  van  der  Does,  voir  la  Lettre  N°.  807  ,  note  23. 
'4)  Sur  Cornelis  de  Bisschop,  voir  la  Lettre  N°.  790,  note  8. 
"•  )  Sur  le  prince  Ruprccht  von  lîayern  ,  voir  la  Lettre  N°.  1046,  note  8. 
16    Consulte/,  la  Lettre  N°.  1046. 


CORRESPONDANCE.     1663.  477 


N=  11 89. 

Christiaan  Huygens  à  [Constantyn  Huygens,  frère]. 

28    DÉCEMBRE    [1663]. 

La  lettre  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

Elle  est  la  repome  au  No.   1188.      Const.  Huygens,  frère,  y  répondit  par  le  No.   1198. 

A   Paris  ce   28   Décembre   1663. 

Je  vous  prie  de  me  charger  d'aufîî  peu  de  commiffions  qu'il  fera  poffible ,  fur 
tout  de  celles  ou  il  faut  debourfer  de  l'argent,  autrement  je  m'en  vay  faire  ferment 
de  n'en  accepter  plus  aucune. 

Je  m'eftonne  que  vous  ne  fcauriez  trouuer  a  la  Haye  un  perruquier  afTez  habile 
pour  vous  faire  une  calotte,  puis  que  Monfieur  de  la  Lecque  ')  et  tant  d'autres 
gens  de  bonne  mine  s'en  contentent  bien.  Mais  pafTe  pour  cette  fois  icy ,  pourueu 
que  vous  ne  foiez  pas  fort  prefTè,  car  le  maiftre  eftant  devenu  indifpofè  depuis 
quelque  temps  j'ay  eftè  moy  mefme  il  y  a  plus  de  6  fepmaines  a  le  folliciter  pour 
une  femblable  calotte  que  je  n'ay  pas  encore.  Ayez  donc  auiïi  foin  de  ce  que  je 
vous  recommande  qui  eft  en  premier  lieu  de  procurer  une  bonne  horologe  a  pen- 
dule a  reflTort  et  fonnante  de  24  heures  pour  le  Marefchal  de  Grammont 2),  mais 
que  ce  foit  quelque  chofe  de  fort  bon  et  bien  trauaillè ,  et  que  le  reffort  ait  de  la 
force,  ce  que  vous  pouuez  juger  aifement  en  la  voiant  marcher.  S'il  y  en  a  de 
faites  chez  Severijn  3)  ou  Pafchal  4)  vous  pourrez  l'envoier  auffi  tofl,  autrement 
donnez  ordre  qu'on  en  fafTe ,  et  recommandez  la  bien ,  car  je  voudrois  en  avoir  de 
l'honneur.  Je  vous  avois  mandé  5)  de  faire  tenir  les  2  autres  a  Unicus  6J,  avec  ordre 
de  les  charger  fur  les  charrettes  qui  partent  d'Anvers  pour  Paris  et  cependant 
il  me  mande  de  les  auoir  envoiées  de  la  a  Bruxelles,  a  quoy  il  y  a  plus  d'em- 
baras,  c'eft  pourquoy  je  voudrois  qu'une  autre  fois  vous  les  fiffiez  aller  par 
l'autre  voie.  Secundo  je  vous  prie  de  dire  au  pluftoft  a  Severijn  qu'il  envoie  par  la 
première  occalion  l'horologe  qu'il  a  faite  pour  Milord  Brounckcr,  laquelle  il 
adrefTera  ainfi  To  Alexander  Blair  at  t fie  f igné  of  St.  Andrews  Crofs  in  Koodlane. 
London  r),  et  qu'il  vous  le  fade  fcavoir  quand  elle  fera  partie  a  fin  que  j'en  donne 


!)  Maurits  Lodewyk,  comte  de  Nassau  la  Lecq.  Voir  la  Lettre  N°.  863  ,  note  8. 

2)  Voir  la  Lettre  N°.  999,  note  13. 

3)  Sur  Severyn  Oosterwijk,  voir  la  Lettre  N°.  1 104,  note  18. 

4)  Sur  Paschal,  voir  la  Lettre  N°.  955,  note  7. 

5)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 175. 
rt1  Philips  Doublet. 

r)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 173. 


478  CORRESPONDANCE.     1663. 


avis  par  de  là.  Mandez  moy  aufïi  fi  le  dit  Severijn  a  eftè  paie  de  l'horologe  de 
Moniteur  Bouillant s). 

Pour  ce  qui  eft  de  ma  nouuelle  invention,  vous  me  permettrez  de  la  tenir  fe- 
crette  jufqu'a  ce  que  je  fois  de  retour  pour  y  faire  trauailler.  cependant  feachez 
que  je  ne  change  rien  au  pendule ,  et  que  cette  nouueautè  ne  pourra  pas  s'appli- 
quer aux  horologes  défia  faites. 

Je  ne  fcay  pas  encore  qui  me  pourra  mener  chez  Jabach  9)  mais  je  tafeheray 
d'en  trouuer.  Il  me  relie  encore  bien  de  chofes  a  voir  en  cette  ville,  mais  les  jours 
font  fi  courts  et  mes  defieins  fi  incertains  par  ce  que  je  ne  difpofe  pas  de  la  voi- 
ture, que  je  ne  puis  quafi  rien  effeéhier. 

Le  Sieur  van  der  Does  IO)  en  la  Cour  d'Angleterre  a  le  Priuilege  de  pouvoir 
fournir  luy  feul  des  marchandifes  que  l'on  y  joue ,  les  quelles  il  fait  venir  d'icy ,  et 
vient  par  fois  luy  mefme  en  faire  emplette,  l'on  dit  que  cela  luy  vaut  de  l'argent, 
mais  en  recompenfe  il  me  femblc  que  l'honneur  en  fouffre  beaucoup.  Il  ne  m'a 
jamais  parle  de  ce  trafficq,  mais  affez  d'autres. 

Je  croiois  qu'en  envoiant  les  inftruments  a  Moniteur  Bilïchop  ")  il  luy  avoit 
eferit  en  mefme  temps  de  quelle  façon  il  s'en  faut  fervir.  Le  Prince  Rupert  I2)  me 
l'a  enfeignè  luy  mefme  13)  et  la  chofe  principale  eft  de  feavoir  bien  manier  l'outil 
qui  hache  tout  le  fonds  noir  de  la  planche;  le  quel  l'on  remue  ville  de  ca  et  de 
la  en  le  tenant  prcfïc  avec  deux  doigts  contre  la  planche,  et  en  le  faifant  avan- 
cer peu  a  peu ,  ainfi  que  font  les  fweertvegers  als  fe  het  yfer  hacken  om  op  fnee 
te  vergulden  I4). 


N=    1 190. 

Christiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens. 

28     DÉCEMBRE     1663. 
La  lettre  et  la  copie  se  trouvait  à  Leiden,  coll.  Huygens. 

A  Paris  ce   28    Décembre  1663. 

Je  vous  félicite  de  voltre  reconvalefcence,  vous  en  elles  quite  a  afïèz  bon 
marché  pour  la  faifon  ou  nous  fommes. 


8)   Consultez  les  Lettres  N<».  1 175  et  1 177. 

y)    Voir  la  Lettre  N°.  1 177  ,  note  5. 

IO)  Voir  la  Lettre  N°.  807,  note  13. 

")  Voir  la  Lettre  N°.  790,  note  8. 

,2)  Voir  la  Lettre  N°.  1046,  note  8. 

IS)  Consultez  la  Lettre N°.  104^. 

,4)  Traduction  :  les  fourbi  fleurs  quand  ils  hachent  le  fer  pour  le  dorer  fur  tranche. 


CORRESPONDANCE.    1663.  479 


Je  vis  hier  le  bon  Seigneur  du  Portail  '),  qui  ne  manqua  pas  de  me  demander 
comme  toufjours  des  nouuelles  de  les  Hures2),  et  fut  paie  par  la  refponfe  que 
vous  avez  trouuée.  La  Mariane  3)  fe  porte  bien  depuis  quelque  temps,  et  n'ayant 
pu  ouurir  la  bouche  pour  parler  pendant  fa  maladie,  ny  quali  point  les  dents,  elle 
s'en  recompenfe  (i  bien  maintenant  par  une  loquacité  demefurée  qu'il  n'y  a  pas 
moyen  d'y  durer.  Elle  a  toufjours  cette  dévotion  en  tefte  et  le  deflein  du  nui- 
naftere ,  ce  qui  la  rend  fotte  et  lcrupuleufe ,  et  je  n'y  voy  point  de  remède. 

Il  feroit  mal  aifè  de  vous  expliquer  ce  que  j'ay  trouuè  4)  pour  amender  les  pen- 
dules, et  outre  cela  il  ne  feroit  pas  bon  que  l'on  y  travaillât  en  mon  abfence  mais 
je  m'aflure  que  vous  trouuerez  mon  invention  fort  jolie,  quand  je  vous  viendray 
l'expliquer. 

J'auray  foin  de  voftre  eferitoire,  mais  s'il  vous  plait  envoiez  moy  fi  peu  de 
commiffions  que  faire  fe  pourra.  Je  mande  5)  la  mefme  chofe  au  frère  de  Zeel- 
hem 6).  C'eft  mon  antipathie ,  et  le  Sieur  Sebaftien  7)  ne  fera  pas  longtemps  ab- 
fent,  qui  ne  peut  viure  fans  en  auoir. 

Je  croiois  vous  avoir  défia  mandé  que  Sorbiere  8)  en  arrivant  icy,  dit  avoir 
perdu  en  chemin  le  livre  des  Infeftes9)  s'eftant  araufè  a  y  lire  en  chemin  faifant, 
et  dans  les  hoftelleries.  Il  voioit  bien  que  je  n'eftois  gueres  fati  fiait  de  cette  ex- 
eufe  et  me  donna  en  fuite  une  lettre  a  fon  beauperc  Rcnaut  I0)  par  la  quelle  il  luy 
eferit  d'en  acheter  un  autre.  J'efpere  que  le  frère  de  Zeelhem  aura  fait  rendre 
la  dite  lettre,  et  vous  pourriez  bien  faire  demander  a  ce  voilin  s'il  a  quelque  chofe 
a  envoier  a  Sorbiere,  pour  l'en  faire  fouucnir.  Je  n'ay  pas  encore  vu  Monfieur 
Thevenot  qu'une  fois  a  IfTy  ou  il  fe  tient  jufqu'a  cet  heure,  des  qu'il  fera  revenu 
je  luy  feray  tenir  les  lettres  de  Coxinja  que  Sorbiere  m'a  données  pour  cette  fin. 
Sa  difgrace  J1)  s'eft  pafïee  tout  doucement,  les  raports  qu'on  auoit  fait  de  fes  extra- 

')  P.  Petit. 

2)  Consultez  la  Lettre  N°.  11 86, 

3)  Marianne  Petit. 

4S  Consultez  la  Lettre  N°.  1 178,  note  16. 

?)  Consultez  la  Lettre  N°.  1 1 89. 

6)  Constantyn  Huygcns,  frère. 

7)  Sébastian  Chieze.  Voir  la  Lettre  N°.  863 ,  note  4. 

8)  Sur  Sorbiere,  voir  la  Lettre  N°.  1  2  ,  note  5. 

y)    Sur  l'ouvrage  de  J.  Goedaert  „Metanu>rphosis  Naturalis",  voir  la  Lettre  N°.  1054,  note  10. 

IO)  Sur  Daniel  Renaud,  voir  la  Lettre  N°.  980,  note  1. 

1  ')  Sur  ce  sujet  on  trouve  le  passage  suivant  dans  les  Proceedings  de  la  séance  du  2 1  octobre  (V.  st.). 
At  the  meeting  of  the  Society,  an  account  was  given  by  Mr.  Oldenburg,  the 
fecretary,  of  a  letter  written  to  him  from  Paris  Oftober  12,  1663,  N.  S.  by 
Monfieur  Peter  Petit,  a  memberof  the  Montmorian  academy  at  Paris,  defi- 
ring  in  the  name  of  the  laid  academy  to  be  informed  from  the  fociety ,  what 
had  been  the  tranfaétions  of  Monfieur  De  Sorbiere  amonglt  them,  when  he 
was  prefent  at  their  meetings,  and  in  particular,  whether  he  had  pretended  to 


480  CORRESPONDANCE.     1663. 


vagances  en  Angleterre  ne  s'eftant  pas  trouuè  trop  véritables.  Le  beaufrere  I2) 
vous  aura  donne  défia  quelque  efclairciiïement  touchant  noitre  machine  déporte. 
Il  y  a  quelques  jours  que  je  n'ay  vu  aucun  des  intereflez,  mais  je  croy  que  celle 
qu'on  fait  pour  exhiber  au  Roy  doit  eflxe  achevée. 

L'on    m'a    dit    que    Moniieur    van    Rede   I3)    efpoufe   l'une    des    Somer- 


be  by  the  laid  academy  deputed  co  eftablifh  a  ltricler  correfpondence.  Mon- 
iieur Petit  obferved,  that  Monfieûr  Sorbiere  had  no  orders  from  the  academy  , 
having  gone  to  England  without  acquainting  any  perfon,  except  Moniieur  De 
Montmor,  with  his  intended  journey  thither;  and  that  the  academy  would  not 
hâve  been  guilty  of  fo  great  an  incivility ,  as  fending  him  without  a  letter  to  the 
fociety  and  the  prefident,  if  thcy  had  had  any  intention  of  deputing  Moniieur 
De  Sorbiere  for  the  ellablifhing  a  nearer  correfpondence:  nor  was  the  aca- 
demy pleafed  with  his  printing  a  difcourfe,  after  he  had  been  defired  and  had 
promifed  not  to  do  it.  The  fociety  upon  hearing  the  account  of  this  letter  decla- 
red,  that  the  faid  Moniieur  De  Sorbiere  had  pretended  to  no  fuch  deputation, 
nor  tranfafted  any  thing  with  them  in  the  name  of  the  Pariiian  academy;  and  it 
was  ordered ,  that  the  fecretary  fhould  lignify  this  in  his  anfwer  to  Moniieur 
Petit;  which  he  did  in  a  letter  in  Frcnch  of  the  30^1  of  this  month,  in  which 
he  obferved,  that  Moniieur  De  Sorbiere  had ,  at  the  meetings  of  the  fociety, 
behaved  himfelf  with  ail  pofTible  civility ,  and ,  in  his  private  converfation  with 
the  members,  only  teitiiied  his  zeal  toi"  the  advancement  of  folid  and  ufeful 
fcience;  on  which  account,  as  well  as  that  of  his  being  of  the  Pariiian  academy, 
he  had  been  admitted  into  the  Royal  Society  the  famé  day  with  Moniieur  Iluy- 
gens.  Mr.  Oldenburg  addcd,  with  regard  to  a  itrifter  correfpondence  between 
the  fociety  and  academy ,  that  it  did  not  appear  ro  him  to  want  the  being  in- 
forced  by  formai  deputations;  fince  the  nature  of  the  thing  required  it,  the 
objeft  of  fcience  being  of  fo  valt  an  extent,  that  it  derrianded  the  united  genius 
of  more  than  one  nation  to  exhault  the  fubjeét. 
Dans  les  mânes  Proceedings  on  trouve  encore  la  note: 
Moniieur  De  Sorbiere  being  informed  of  the  charge  againit  him  of  having 
allumed  the  character  of  deputy  from  the  academy  of  Moniieur  de  Montmor 
to  the  Royal  Society,  wrote  a  letter  to  Mr.  Oldenburg  from  Paris  on  the  5  th 
of  December  1  663  ,  N.  S.  appealing  to  him  for  his  juftification  in  that  article , 
expreffing  at  the  lame  time  his  high  fenfe  of  the  honour  doue  him  by  the  Royal 
Society,  in  electing  him  into  their  body  ;  ....  Mr.  Oldenburg,  in  his  anfwer, 
dated  at  London  January  3,  io"6^,  fent  him  the  fubftance  of  his  letter  to  Mon- 
iieur Petit. 
Philips  Doublet. 
!3)  Godard  van  Reede,  fils  de  Godard  Adriaan  van  Reede  et  de  IVIargaretha  Tnrnor,  comte 
d'Athlone,  baron  de  Reede,  Ginkel  et  Agrim,  seigneur  d'Amerongen  et  de  Licvendaele, 


CORRESPONDANCE.     1663.  481 


dycs  I4) ,  Moniieur  d'Odyck15)  Mademoifclle  van  der  Nifie  l6).  mandez  moy  s'il 
eil  vray,  et  ce  que  taie  Buat I7)  avec  l'amie  l8). 

Pour  le  frère  Inouïs. 


N°   1 1 9 1 . 

Is.    DE    LA    PEYRERE    à    [ClUUSTIAAN    HUYGENS]. 

[décembre   1663]. 

La  lettre  se  trouve  i:  Leiden,  coll.  Huygens, 

J'ay  repanfé  a  ce  dont  ie  vous  demanday  l'efclairciflemant  il  y  a  quelques  jours. 
Et  il  me  famble,  Monfieur,  que  ié  le  démontre  dans  Pefcrit  ')  que  ie  vous  en- 
uoyes.  Je  n'en  croiray  pourtant  rien  que  vous  ne  l'ayez  aprouué  2  ).  Et  fi  vous 
l'aprouuez,  ie  poufîeray  la  choie  plus  auant.  Et  vous  enuoyeray  au  premier  jour 
vu  Problème,  dont  la  demonftration  vous  furprandra  fi  ie  ne  me  trompe.  Je  luis 
abiblument  a  vous. 

1,\  PëyrerIe  etc. 

N°   1192. 

A.    AlJZOUT    h    ClIRISTIAAN    HlJVGENS. 

[décembre    i6f>3  1).'| 

La  lettre  se  /,■<>■  \>     i    I.  iden,  coll.   Huygens. 

Moniieur  I  Iugcns  eft  fupplié  damener  auec  luy  a  deux  heures  l'on  petit  chirur- 
gien2) auec  les  jnfirumer.s   neccïïaires   pour  erater  vu  chien  ou  deux  &  pour 


mourut  à  l'trecht  en  février  1705.   Il  était  militaire,  ami  intime  du  roi  Willem  [II,  et  devint 
général  de  cavalerie.  Il  épousa  Ursula  Philippina  van  Raesfeldt,  dame  de  Middagfen. 

M     Les  vieilles  demoiselles  van  Aerssen.  Voir  la  Lettre  N°.  829,  note  10. 

I5)  Willem  Adrianus  van  Nassau.  Voir  la  Lettre  N°.  909,  note  8. 

1<s)  Sur  Cornelia  van  der  "Nisse,  voir  la  Lettre  N°.  1 162  ,  note  4. 

l~ )  Sur  II.  de  Fleury  de  Coulan  ,  voir  la  Lettre  N°.  808  ,  note  7. 

I8)  Elisabeth  Maria  Musch,  Mademoiselle  de  Nieuveen,  épousa  Buat  le  3  mars  [664. 

')    Peut-être  la  pièce  Nn.  1 1 84. 

2 ,  D'une  lettre  de  1665,  dans  laquelle  de  !a  Peyrere  parle  de  ses  wfolies",  il  semble  résulter  que 
Huygens  était  parvenu  à  le  convaincre. 

1  1  Comme  il  s'agit  ici  des  assemblées  chez  Ilabcn  de  Monmor,  qui  avaient  été  interrompues 
par  des  décès  de  famille,  cette  lettre  doit  avoir  été  écrite  en  décembre  1663.  Consultez  la 
Lettre  N°.  1  186,  du  15  décembre. 

2)    Bruinsteen,  chirurgien  de  l'ambassade.  Voir  la  Lettre  N  .  1  104,  note  9. 

Œuvres.  T.  IV.  6\ 


482  CORRESPONDANCE.     1663. 


montrer  les  Glandules  Saliuâires  de  Warthon  3)  dans  vne  telle  de  beuf  ou  de  veau, 
ou  de  lenuoier  chez  Monfieur  de  Montmor  lil  ny  peut  pas  venir  parceque  nous 
ne  pouuons  pas  faire  auiourdhuy  les  expériences  de  chymie  que  Ion  auoit  refolues. 
nous  en  ferons  auflî  quelques  vues  dans  la  machine  fi  elle  va  vieil 4)  &  jenuoic  chez 
Monfieur  Petit  afin  quil  aporte  Ion  miroir  de  réfraction  pour  voir  i\  nous  pourrons 
faire  celle  de  la  Paitille.  il  faut  tacher  doccuper  les  aflèmblées  a  ce  recommen- 
cement et  ic  croy  Monfieur  que  vous  prendrez  plaifir  dy  contribuer 
ceft  votre  très  obeiflànt  l'erviteur 

Auzout. 

Nous  pourrons  aufly  faire  la  direction  dun  cil  de  beuf  pour  tacher  de  voir  fi  Ion 
peut  fe  parler  de  criftallin  comme  quelques  vus  croient. 

Pour  Monfieur  Hugens. 


N°  1193. 

R.    BOYLE    Ù    II.    MORAY. 

[décembre  1663.] 

La  lettre  a  été  publiée  dans  ^SoyWs  Works,  Vol.  II". 

A  Copy  of  the  Letter,  that  Mr.  Boyle  wrotc  to  Sir  Robert 
Morray,  to  accompany  the  Obfervations  ')  touching 

the  Shilling  Diamond. 
Sir, 

Though  Sir  Robert  Morray  and  Monfieur  Zulichem  be  perlons,  that  hâve  de- 
ferved  fo  well  of  the  commonwealth  of  learning,  that  J  fhould  think  myfelf  un- 

3)  Thomas  Wharton ,  d'une  famille  noble  de  Yorkshire,  mourut  le  [4  novembre  1673.  Apres 
avoir  étudié  la  médecine  à  Cambridge  et  à  Oxford  ,  où  il  reçut  son  degré  le  8  mai  1647  ,  il  se 
rendit  a  Londres,  s'y  créa  une  pratique  étendue  et  devint  lecteur  an  Gresham  Collège.  On 
lui  doit  la  découverte  des  conduits  salivaifes,  qui  reçurent  son  nom.  Voir  son  ouvrage: 

Adenographia:  five,  Glandularum  totius  Corporis  Defcriptio.  Authore  Thomâ  Whartono 
M.  I).  &  Coll:  Lond:  Socio.  Londini,  TypisJ.  G.  [mpenfis  Authoris.  m.dclvi.  in-H°. 

1      Lisez:  bien. 

1      Voir  la  pièce  N°.  1 194. 


CORRESPONDANCE.     1663.  483 


worthy  to  be  looked  upon  as  a  member  of  it,  if  J  declined  to  obey  them,  or 
to  ferve  them;  yet  ]  fhould  not  without  reluétancy  fend  you  thc  noces  ')  you 
délire  for  him,  if  J  did  noc  hope,  chac  you  will  cranfmic,  cogether  with  them, 
fome  accounc,  why  chey  are  noc  lefs  unworchy  of  his  perufal  :  which  chac  you  may 
do,  J  mu  il  inform  you ,  how  che  wricing  of  them  was  occafioned,  which  in  l'horc 
was  chus. 

As  J  was  jud  going  out  of  town,  hearing  chac  an  ingénions  gentleman  ofmy 
acquaintance- ),  lacely  returned  from  Italy,  had  a  diamond,  chac  being  rubbed,  would 
Chine  in  che  dark ,  and  chat  he  was  not  far  orT;  J  fnatched  cime  from  my  occafions 
co  make  him  a  vifit;  bue  finding  him  ready  co  go  abroad,  and  having  in  vain  cried 
to  make  the  ilonc  yield  any  light  in  che  day-cime,  J  borrowed  ic  of  him  for  chat 
night,  upon  condition  co  redore  ic  him  wichin  a  day  or  cwo  ac  furchcil,  at  Gref- 
ham  Collège,  where  we  appointed  to  attend  the  meeting  of  che  fociety,  chac  was 
then  to  be  at  that  place.  And  hereupon  J  hailed  that  evening  ont  of  town,  and  fin- 
ding afeer  fupper,  chac  the  llone,  which  in  the  day-time  would  aiford  no  difeer- 
nable  lighc,  was  really  confpicuous  in  che  dark ,  J  was  fo  taken  wich  che  noveley , 
and  fo  defirous  co  make  fome  ufe  of  an  opporcunicy,  that  was  like  to  lail  fo  little  a 
while ,  that  though  at  that  time  J  had  no  body  to  aifiil  me  but  a  foot-boy,  yet  fitting 
up  late,  J  made  a  fhift  that  night  to  try  a  preccy  number  of  fuch  of  the  things,  that 
then  came  into  my  thoughts,  as  were  not  in  that  place  and  time  unpracîicable. 
And  thc  next  day,  being  otherwife  employed,  J  was  fain  to  make  ufe  of  a  droufy 
part  of  the  night  to  fet  down  haflily  in  writing  what  J  had  obfervcd;  and  without 
having  the  time  in  che  morning  to  ilay  the  tranferibing  of  it,  J  ordered  thc  obferva- 
tions  to  be  brought  aller  me  co  Grefham  Collège;  where  you  may  remember,  chac 
chey  were.  cogecher  wich  che  ilone  itfelf,  fhown  to  the  Royal  Society  by  which 
they  had  che  good  fortune  not  to  be  difliked,  though  feveral  things  were,  through 
halle,  omicted,  fome  of  which  you  will  find  in  the  margin  of  che  inclofed  paper. 
The  fubftance  of  chis  fhort  narrative  J  hope  you  will  lec  Monfieur  Zulichem 
know,  chac  he  may  be  kepe  from  expecling  any  thing  of  finif hed  in  the  obferva- 
cions,  and  be  difpofed  co  exeufe  the  want  of  it.  J3ut  fuch  as  they  arc,  J  hope  they 
will  prove  (without  a  clinch)  luciferous  experhnents ,  by  fetting  the  fpeculations 
ofthe  curions  on  work,  in  a  diligent  inquiry  after  thc  nature  of  lighc,  cowards  the 


2j   Sir  Robert  Clayton,  fils  d'un  charpentier,  naquit  le  29 septembre  [629a  Bulwick    Nor 
thamptonshire")  et  mourut  le  16  juillet  1707  à  Marden  (Surrey).  11  devint  riche  en  février 
1682  par  la  succession  de  son  ami  l'alSerman  John  Morris;  cependant,  déjà  avant  ce  temps 
il  était  homme  d'influence  dans  les  corporations  de  Londres.  En  1671  il  fut  élu  sheriff  et  en 

1679  lord-mayor.  Chef  du  parti  protestant,  il  entra  comme  tel  dans  le  parlement  en  1678. 
Il  épousa  en  1659  Martha  Trott.  Souvent  il  assista  de  ses  richesses  la  maison  royale. 


4^4  CORRESPONDANCE.     1663. 


difcovery  of  which ,  perhaps,  they  hâve  not  yet  met  with  fo  confiderable  an  expe- 
riment ;  fince  hère  we  fee  light  produced  in  a  dead  and  opacous  hody ,  and  thac 

not  as  in  rottcn  wood,  or  in  fifhes,  or  as  in  thc  Bolonian  itone,  by  a  natural  cor- 
ruption ,  or  by  a  violent  deitruclion  of  the  texture  of  thc  body ,  but  by  ib  flight  a 
mechanical  opération  upon  its  texture,  as  we  feem  to  know  what  ic is ,  and  as  is 
imraediately  performed,  and  that  feveral  ways,  without  at  ail  prejudicing  the 
body,  or  making  any  fenfîble  altérations  in  its  manifeft  qualifies.  And  j  am  the 
more  willing  to  expofe  my  hafty  trials  to  Mon  lieu  r  Zulichem,  and  to  you,  becaufe 
he,  being  upon  the  conlkieration  of  dioptricks,  fo  odd  a  phaenomenon  relating  to 
the  fubjeft,  as  probably  he  treats  of,  Light,  will,  j  hope,  excite  a  perfon  to  con- 
fider  it ,  that  is  wont  to  confider  things  he  treats  of  very  well.  And  for  you,  Sir,  J 
hope  you  will  both  recruit  and  perfecl:  thc  obfervarions  you  receive;  for  you  know, 
that  J  cannot  add  to  them,  having  a  good  while  fince  reftored  to  Mijfter  Clay- 
ton  the  Itone,  which,  though  it  be  now  in  the  hands  of  a  prince  3j,  that  fo  highly 
deferves,  by  underitanding  them,  the  greateft  curiofities.;  yet  he  vouchiafes  you 
that  accefstohim,  as  keeps  me  l'rom  doubting,  you  may  cafily  obtain  lcavc  to 
make  further  trials  with  it,  of  fuch  a  monarch  as  ours,  that  is  not  more  inquiiitivc 
himfelf ,  than  a  favourer  of  them  that  are  fo.  J  doubt  not  but  thefe  notes  will  put 
you  in  mind  of  the  motion  you  made  to  thc  fociety,  to  impofe  upon  me  the 
tafk  4)  of  bringing  in  what  J  had  on  other  occalions  obferved  concerning  fhining 
bodics.  But  though  J  deny  not,  that  J  fometimes  made  obfervations  about  the  Bo- 
1  on i an  ltone ,  and  tried  fome  experiments  about  fome  other  fhining  bodics;  yet 
the  famé  reafons,  that  redueed  me  then  to  be  unwilling  to  receive  even  their  com- 
mands ,  mu  11  now  be  my  apology  for  not  anfwering  your  expectations,  namely , 
thc  abftrufe  nature  of  light,  and  my  being  already  overburdened,  and  but  too 
much  kept  employed  by  the  urgency  of  the  prefs ,  as  well  as  by  more  concerning 
and  diftrafting  occalions.  But  yet  J  will  tell  you  fome  part  of  what  J  hâve  met 
with  in  référence  to  the  Itone,  of  which  J  fend  you  an  account.  Becaufe  J  find , 
on  the  one  iide,  that  a  great  many  think  it  no  rarity,  upon  a  miltaken  perfualion, 
that  not  only  there  are  a  Itore  of  carbuncles,  of  which  tins  is  one;  but  that  ail  dia- 
monds,  and  other  gliltering  jewels ,  fhine  in  the  dark.  Whereas,  on  the  other  Iide, 
there  arc  very  learned  men ,  who  (  plaufibly  enough )  deny,  that  there  are  any  car- 
buncles or  fhining  ftones  at  ail. 

And  certainly,  thofe  judicious  men  hâve  much  more  to  fay  for  themfelves,  than 
the   others   commonly  plead;  and   therefore  did  defervedly  look  upon  Miller 


l  e  1  "i  <  harles  II  avaii  obtenu  ce  diamant  pour  ses  collections 
•;      Dans  la  séance  du  1  1  novembre  [663  1  V.  st.  - 


CORRESPONDANCE.    1663.  485 


Clayton's  diamond  as  a  great  rarity.  For  not  only  Boëtius  de  Boot s),  who  is  jud- 
ged  the  befu  author  on  this  fubjeét,  afcribes  no  lue  h  virtue  to  diamonds,  but  begins 
what  he  delivers 6)  of  carbuncles ,  with  this  pafïàge  ;  Magna  fama  eft  carbunculi. 

Is  vulgo  putatur  in  tenebris  car  bonis  inflnr  lucere;  for  ta/fis  quia  pyropus  feu  an- 
thrax appellatus  à  veteribus  fuit.  Verum  hn'clenus  nemo  unquam  verè  aller  ère 
au  fus  fuit,  Je  gemmant  no&u  lucentem  vidijje.  Gardas  ab  Horto  :)  proregis  In- 
cline meclicus  refcrt 8)  fe  allocutum  fuiffe ,  qui  Je  vidijje  afjirniarent.  Sed  Us  fidcui 
non  habuit")-  And  a  later  author,  the  diligent  and  judicious  Johanncs  de  Laety)  in 


5)  Ansehmis  Boethius  de  Boodt ,  (de  Boot,  Boethius),  fils  de  Guillaume  de  Boodt  et  de  Jeanne 
Voet,  naquit  vers  1550  à  Bruges,  où  il  mourut  le  21  juin  1632.  Docteur  en  droit,  il  devint 
conseiller  pensionnaire  de  Bruges,  puis  conseiller  et  médecin  de  l'empereur  Rudolf  II;  en 
1612  il  revint  à  Bruges.  Il  a  laissé  des  ouvrages  d'histoire  naturelle,  surtout  sur  les  pierres 
précieuses. 

fi)  Anfelmi  Boetii  de  Boodt  Brvgenfis  Belgae,  Rvdolphi  Secvndi ,  Imperatoris  Romanorvm , 
Perfonae  Medici,  Gemmarvm  et  Lapidvm  Hiftoria.  Qua  non  folum  ortus,  natura,  vis  & 
precium,  fed  etiam  modus  quo  ex  iis,  olea,  falia,  tincturae,  elfentiae,  arcana  &  magilleria 
arte  chymica  conlici  poflint,  oftenditur.  Opvs  Principibvs,  Medicis,  Chymicis,  Phyficis, 
ac  liberalioribus  ingeniis  vtiliiïïmum.  Cum  variis  figuris,  Indiceq;  duplici  &  copiofo.  Ha- 
noviae,  Typis  Wechelianis  apud  Claudium  Marnium  &  heredes  Ioannis  Aubrii.  M.DC.1X, 
in-40. 

")  Garcia  del  Orta  (Garcia  ab  Horto,  Garcia  de!  Ilucrto,  Garcie  du  Jardin";  avait  étudié  à  Sala- 
manque,  et  fut  professeur  de  mathématiques  à  Lisbonne,  En  1534  il  partit  pour  les  Indes 
Orientales  sous  le  titre  de  physico  mor  (médecin  en  chef)  du  roi  de  Portugal.  En  1  563  il  pu- 
blia à  Goa  les  résultats  de  trente  ans  d'observations  assidues;  son  ouvrage  a  été  souvent  réim- 
primé et  traduit  en  d'autres  langues. 

8)  Coloquios  dos  fimples,  c  drogas  he  cotisas  mediçinais  da  India,  e  affi  daignas  frutas  achadas 
nella  onde  fe  tratam  algûas  coulas  trocantes  amedipina,  praticao  e  outras  coulas  boas ,  pera 
faber  copoftos  pelto  Doutor  garçia  dorta:  fifico  del  Rey  noflb  fenhor,  viftos  pello  muyto 
Reuerendo  fenhor,  ho  liçençiado  Alexosdiaz:  falcam  defenbargador  da  cafa  da  fupricaçâ 
inquifidor  nellas  partes.  Com  priuilegio  do  Conde  vifo  Rey.  Impreilb  cm  Goa,  por  [oan- 
nes  de  endem  as  X.  dias  de  Abril  de  1563.  annos 

xn  pages  (non-numérotées)  et  217  feuillets  (numérotés  in  refto)  in-40. 
La  bibliothèque  de  Leiden  possède  un  exemplaire  des  mieux  conservés.  On  en  a,  entre 
autres,  la  traduction  latine  de  Clusius: 

Aromatvm,  et  Simplicivm  aliqvot  Medicamentorvm  apvd  Indos  nafcentivm  Hiftoria: 
Primùni quidem  I.ufitanicalinguaperDialogosconfcripta,  à  D.  Garçia  ab  Horto,  Proregis  In- 
diae  Medico:  Deinde  Latino  fermone  in  Epitomen  contracta  ,  &  iconibns  ad  viuum  expreflïs, 
locupletioribufq;  annotatiunculis  illuflrataà  Carolo  Clvfio  Atrebatc.  Tertia  Editio.  Ant- 
verpiae,  Ex  Oflicina  Chriltophori  Plantini,  Architypographi  Regij.  clo.Io.i.xxix.  in-;:  . 

'■>  )  Johanncs  de  Laet  naquit  à  Anvers  le  17  janvier  1593,  et  mourut  vers  la  fin  de  1649  à 
Leiden.  Etabli  à  Leiden  en  1624,  il  y  publia  son  ouvrage  sur  les  Indes  Orientales,  dont  il  y  a 
plusieurs  éditions  et  traductions;  puis  il  écrivit  une  série  de  monographies  géographiques. 
Contre  Golius  il  soutint  une  polémique  sur  les  peuples  aboriginaires de  l'Amérique.  En  [633 
il  était  devenu  directeur  de  la  Compagnie  des  Indes. 


486  CORRESPONDANCE.    1 66 


.-)• 


his  chapter  of  carbuncles  and  of  rubîes,  bas  this  paflkge  IO);  Quia  autan  carbun- 
cnli,  pyropi  &  anthraces  à  veteribus  nominantur,  vulgo  creditum  fuit,  carbonis  in- 
fini- in  tenebris  lucere ,  quod  tamen  nullâ  gemma  huBenus  deprehenfum ,  licet  à  qui- 
bujdam  temerè  jacictur.  And  thc  recentefl  writer  J  hâve  met  with  on  this  iubjcct, 
Olaus  Wormius11),  in  his  accounc13)  of  his  well-furnifhed  Mufaeum,  docs, 
where  he  creats  of  rubies ,  concur  with  the  former  writers  by  thefe  words  :  Sunt , 
qui  rubinum  veterum  carbunculum  effe  exiftimant,  fed  deeft  una  Ma  nota ,  quoa 
in  tenebris  injîar  anthracis  non  luceat:  Aji  talent  carbunculum  in  rerum  naturel 
non  inveniri  major  pars  authorum  exiftimant.  Licet  unum  aut  alterum  in  India 
apud  magnâtes  quofdam  reperiri  fbribant,  cum  tamen  ex  aliorum  relatioue  idha- 
beant  faltcm,  fedipfi  non  viderintb).  In  confirmation  of  which  I  fhall  only  add,  chat 
hearing  of  a  ruby,  fo  very  vivid,  chat  the  jewellers  themfelves  hâve  lèverai  times 
begged  leave  of  the  fair  lady,  to  whom  it  belonged,  that  they  mighc  try  their  choi- 
cefl:  rubies  by  comparing  them  with  that,  J  had  the  opportunity,  by  the  favour  of 
this  lady  and  her  hufband,  (both  which  J  hâve  thc  honour  to  be  acquainted  with) 
to  make  a  trial  of  this  famous  ruby  in  the  night,  and  in  a  room  well  darkncd,  but 


10)  loannis  de  Lact  Antvverpiani  De  Gemmis  et  Lapidibus  Libri  duo.  Quibus  pracmittitur 
Theophrafti  Liber  de  Lapidibus.  Graece  &  Latine.  Cum  brevibus  Annotationibus,  Lugduni 
Batavorum.  Ex  Officina  loannis  Maire.  Anno  cioiocxï.vh.  in-8°. 

<  !e  traité  se  trouve  à  la  suite  de  l'ouvrage  suivant: 

Gemmarum  et  Lapidum  Hiftoria.  Quam  olim  edidit  Anfelmus  Boetius  de  15oot,  Bru- 
genfis,  Rudolphi  IL  Imperatoris  Medicus.  Poftea  Adrianus  Tollius,  Lugd.  Bat.,  M.  D.,  re- 
cenfuit;  figuris  melioribus,  &  Commentariis  pluribus  illuftravit,  &  Indice  auxit  multo  locu 
pletiore.  Tertia  Editio  longe  purgatiflhna.  Cui  accedunt  loannis  de  Lact,  Antvverpiani, 
de  Gemmis  &.  Lapidibus  libri  IL  Et  Theophrafti  liber  De  Lapidibus,  Gr.  &  Lat.  cum  brevi- 
bus notis.  Lugduni  Batavorum.  Ex  Officina  loannis  Maire.  cIoIocxlvii.  in-8°. 
11  Olaus  Worm,  fils  d'un  bourgmestre  d'Arnhem,  issu  d'une  ancienne  famille  de  la  Gueldre , 
naquit  le  13  mai  1588  à  Arnhem  et  mourut  le  7  septembre  1654  à  Copenhague.  Ayant  fait 
ses  études  en  théologie  et  en  médecine,  il  voyagea  par  toute  l'Europe.  Il  fut  nommé  à  l'uni- 
versité de  Copenhague  en  1613  professeur  de  belles  lettres,  en  1615  de  grec,  en  [624 de 
médecine. 

Uufeiim  Wormianum,  Seu  Hiftoria  Kerum  Rariorum,  tain  Naturalium,  quam  Artilicia- 
lium,  tam  Domellicarum,  quam  Exoticarum,  quae  Hafniae  Danorum  in  aedibus  Authoris  fer- 
vantur.  Adornata  ab  Olao  Worm,  Med.  DocL  &,  in  Ilegià  Ilalhienli  Academià,  olim  l'ro- 
fefl'ore  publico.  Variis  &  accuratis  Iconibus  illuftrata.  Lugduni  Batavorum,  Ex  Officina 
Elzeviriorum,  Acad.  Typographi.  cIoIdclv.  in-folio. 

Cet  ouvrage  posthume  fut  publié  par  son  fils: 

Wilhclm  Worm,  né  le  1  1  septembre  1633  à  Copenhague,  ou  il  mourut  en  1.-04.  Ses  études 
vu  médecine  achevées,  il  voyagea  pendant  onze  ans,  e<  devim  en  ir>6?  professeur  de  physique 
puis  <!e  médecine ,  a  (  Copenhague.  Plus  tard  ,  il  fut  nommé  bibliothécaire  du  roi  et  historio- 
graphe, et  en  1600  président  du  tribunal  suprême. 


CORRESPONDANCE.    1663.  487 


not  only  could  non  difccrn  any  thing  of  light,  by  looking  on  the  ftone  before  any 
thing  had  been  donc  to  in,  but  could  not,  by  ail  my  rubbing,  bring  it  to  afford  thc 
leail  glimmering  of  light. 

But,  Sir,  thoughl  be  very  backward  to  admit  ftrange  things  for  truths ,  yct  J 
am  not  very  forward  to  rejeét  them  as  impoffibilities  ;  and  therefore  J  would  not 
difcourage  any  from  making  further  inquiry,  whether  or  no  there  be  rcally  in  rc- 
rum  natura  any  fuch  thing  as  a  truc  carbuncle  or  ftone,  that  without  rubbing  will 
fhine  in  the  dark.  For  if  fuch  a  thing  can  be  fonnd,  it  may  aftbrd  no  fmall  affiftance 
to  the  curions  in  the  inveftigation  of  light,  befides  the  noblenefs  and  rarity  of  thc 
thing  itfelf.  And  though  Vartomannus I3)  was  not  an  eye-witnefs  of  what  he  re- 
lates I4)  that  the  king  of  Pcgu,  one  of  the  chief  kings  of  the  Eaft-Indies,  had  a  truc 
carbuncle  of  that  bignefs  and  fplendour,  that  it  fhined  very  glorioufly  in  the  dark; 
and  though  Garcias  ab  Horto,  the  Indian  Vice-Roy's  phifician,  fpeaks  of  another 
carbuncle,  only  upon  the  report  of  one,  that  he  difeourfed  with,  who  affinned 
himfelf  to  hâve  feen  it;  yet  as  we  are  not  fure,  that  the  le  men,  that  gave  themfelves 
out  to  be  eye-witnefles ,  fpeak  crue,  yet  they  may  hâve  done  fo  for  aught  wc  know 
to  the  contrary.  And  J  could  prefent  you  with  a  much  coniiderabler  teftimony  to 
the  famé  purpofe ,  if  J  had  the  permiflion  of  a  perfon  concerned,  without  whofe 
leave  J  muft  not  do  it.  1  might  tell  you,  that  Marcus  Paulus  Venetus  I5)  (whofe 
fuppofed  fables  l6j  divers  of  oui*  later  travellers  and  navigators  hâve  fince  found 
to  be  truths)  fpeaking  of  thc  king  of  Zeilan ,  that  then  was,  tells c)  us,  that  he  was 
faid  to  hâve  the  beft  ruby  in  the  world ,  a  palm  long,  and  as  big  as  a  man's  arm , 
without  fpot,  fhining  like  a  fire:  and  he  fubjoins  ,  that  the  Great  Cham  ,  under 
whom  Paulus  was  a  confiderable  officer,  fent  and  offered  the  value  of  a  city  for  it; 
but  the  king  anfwered,  he  would  not  give  it  for  thc  treafure  of  the  world,  nor  part 
with  it ,  having  been  his  anceftors.  And  J  could  add ,  that  in  the  relation  made  by 


I3)  Luigi  Bar  them  a  (Vartema,  Vartomanus)  naquit  vers  1480  à  Bologne  et  mourut  à  Rome. 

S'étarit  voue  à  la  pyrotechnie  et  à  Part  de  fondre  les  canons,  il  alla,  en  1507,  voyager  en 

Afrique,  en  Asie  et  dans  les  Indes  Orientales.  11  publia  une  relation  de  ses  voyages,  qui  a 

été  imprimée  et  traduite  plusieurs  fois. 
'♦)  Itinerario  de  Ludouico  de  Yarthcma  Bolognefe  ne  lo  Egypte,  ne  la  Suria,  ne  la  Arabia  de- 

ferta  et  felice,  ne  la  Perlia,  ne  la  India,  et  ne  la  Ethiopia.  La  fede,  el  viuere  et  collumi  de 

le  prefate  prouincie.  Et  al  prefente  agiontoui  alchune  Ifole  nouamente  Ritrouatte. 

A  la  fin  ,  ou  lit  :  Stampata  in  Venetia  per  li  heredi  de  Georgio  di  Rufconi.  Nell  anno  délia 

incarnatione  del  nofïro  fignor  lefu  Cffrifto.  .m.d.xxii.  a  di  xvii.  de  Setembrio.  Regnâdolo 

inclito  Principe  Antonio  Grimano.  à  deux  colonnes  in-8°. 
I5)  Sur  Marcus  Paulus  Venetus,  voir  la  Lettre  N°.  772*,  note  16  (Supplément,  Tome  III). 
1<s)  Sur  l'ouvrage  „Delle  Meraviglie  del  Mondo'%  voir  la  Lettre  3N°.  24,  note  15. 


488  CORRESPONDANCE.     1663. 


two  Ruffian  Coflàcks  i:)  of  their  journcy  into  Cata\"0,  written  to  their  emperor  ,8), 
they  mention  their  having  been  told  by  che  people  of  thofe  parts,  that  their  king15*) 
h  ad  alloue,  which  lights  as  the  fun  bothday  andnight,  called  in  their  language 
Sarra,  which  thofe  Coffacks  interprct  a  ruby.  But  thefe  relations  are  too  uncer- 
tain  for  me  to  build  any  thing  upon  ;  and  therefore  J  fhall  proceed  to  tell  you , 
that  there  came  hither,  about  two  ycars  fince,  out  of  America,  the  governour  of 
one  of  the  principal  colonies  there,  an  ancient  virtuofo  -°),and  one  that  lias  theho- 
nour  to  be  a  member  of  the  Royal  Society:  this  gentleman,  finding  fome  ofthe 
chief  affairsof  his  country  committed  to  another  and  me,  made  me  divers  vifits; 
and  in  one  of  thcm,  when  J  inquired  what  rare  ftoncs  they  had  in  thofe  parts  of 
the  Indies  he  belonged  to,  he  told  me,  that  the  Indians  had  a  tradition ,  that  in  a 
certain  hardly  accefïïble  hill ,  a  pretty  way  up  in  the  country,  there  was  a  ltone , 
which  in  the  night-time  fhined  very  vividly ,  and  to  a  great  diftance;  and  he  afïu- 
rcd  me ,  that  though  he  thought  it  not  fit  to  venture  himfelf  fo  far  among  thofe  Pa- 
vages ,  yet  he  purpofely  fent  thither  a  bold  Englifhman,  with  fome  natives,  to  bc 
his  guides;  and  that  this  meflenger  brought  him  back  word,  that  at  a  diftance  from 
the  hillock  he  had  plainly  perceived  fuch  a  fhining  fubftance  as  the  Indians  tradi- 
tion mentioned;  and  being  ftimulared  by  curiofity,  had  flighted  thofe  fuperftitious 
fears  of  the  inhabitants,  and  with  much  ado,  by  reafon  of  the  difficulty  of  the 
way,  had  made  a  fhift  to  clamber  up  to  that  part  of  the  hill,  wherc,  by  a  very 
heedful  obfcrvation,  he  fuppofed  himfelf  to  hâve  feen  the  light.  But  whether 
'twere,  that  he  had  miftaken  the  place,  or  for  fome  other  reafon ,  he  could  not 
find  it  there;  though  when  he  was  returncd  to  his  former  dation,  he  did  again  fee 
the  light  fhining  in  the  famé  place  where  it  fhone  before.  A  further  account  of 
this  light  J  cxpcét  from  the  gentleman ,  that  gave  me  this,  who  lately  fent  me  the 
news  of  his  being  landed  in  that  country.  And  though  J  referve  to  my  felf  a  full 
liberty  of  believing  no  more  than  J  fee  caufe  ,  yet  J  do  the  lefs  fcruple  to  relate 
this ,  becaufe  a  good  part  of  it  agrées  well  enough  with  another  ftory,  that  J  fhall 
in  the  next  place  havc  occafion  to  fubjoin:  in  order  whereunto ,  J  fhall  tell  you, 
that  though  the  lcarned  authors  J  formerly  mentioned,  tell  us,  that  no  vvriter  has 


"7)  Clément  Oboskin  de  Tobolsk  et  Burnash  Nikomene,qui  le  6  juillet  1 6 19  partirent  de  (V 

thay  pour  Moscou. 

Michael  Feodorovitch  Romanow,  fils  du  patriarche  de  Moscou  Peodor  Romanow  cr  d'une 

religieuse,  Marthe,  naquit  le  12  juillet  1596  et  mourut  le  f  3  juillet  [645.  Le  21  févrieri6i3 

il  fut  proclamé,  le  premier,  tzaf  de  routes  les  Russies. 

Tambur,  le  „roi  d'or1'  de  Cathay. 
"    Sur  Francis  Willoughby,  gouverneur  de  Barbados,  voir  la  Lettre  N  .  r  126,  note  9.  Dans 

la  séance  du  4  décembre  i6Y>i    V.  st.  1  il  fui  admis  dans  la  Société  Royale. 


CORRESPONDANCE.    1663.  489 


affirmed  his  having  himfelf  feen  a  real  càrbuncle,  yet,  confidering  thelightof 
Miller  Clayton's  diamond,  it  recalled  into  my  mind,  that  fome  years  before, 
when  J  was  inquifitive  about  ftones,  J  had  met  wkh  an  old  Italianbook2I)highlyex- 
tollcd  to  me  by  vcry  compétent  judges;  and  that,  though  the  book  was  very  fcarce, 
J  had  purehafed  it  at  a  dcar  rate,  for  the  iake  of  a  few  confiderable  pafTages  J  met 
vvith  in  it,  and  particularly  one,  which  being  very  remarkable  in  itfelf,  and  per- 
tinent to  our  prefent  argument,  J  fhall  put  it  for  you  ,  though  not  word  for  Word  , 
which  J  fear  J  hâve  forgot  to  do,  yet  as  to  the  fenfe,  into  Englifh. 

,,Havingpromifed,  ffaysour  author22))  „to  fay  fomething  of  that  moft  precious 
fort  of  jewels ,  carbunclcs ,  because  they  are  very  rarely  to  be  met  with ,  we  l'hall 
briefly  deliver  what  we  know  of  them.  In  Clément  the  VHth's  2^)  cime  J  happened 
to  fee  one  of  them  at  a  certain  Raguiian  merchant's,  named  Beigoio  di  Bona:  this 
was  a  càrbuncle  white,  of  that  kind  of  whitenefs,  which  we  faid  was  to  be  found 
in  thofe  rubies ,  of  which  we  madc  mention  a  little  above,"  (where  he  had  laid 
that  thofe  rubies  had  a  kind  of  livid  whitenefs,  or  palenefs,  like  that  of  a  Calcido- 
nian)  „but  it  had  in  it  a  luftre  fo  pleafmg,  and  fo  marvellous,  that  it  fhined  in  the 
dark ,  but  not  as  much  as  coloured  carbuncles  ;  though  it  be  true,  that  in  an  excee- 
ding  dark  place  J  faw  it  fhine  in  the  manner  of  fire  almoft  gone  out.  But  as  for  co- 
loured carbuncles,  it  has  not  been  my  fortune  to  hâve  feen  any:  wherefore  Jwill 
only  Cet  down  what  J  learned  about  ihem  ,  difcourfing  in  my  youth  with  a  Roman 
gentleman  of  ancient  expérience  in  matters  of  jewels,  who  told  me,  that  one  Jacopo 
Cola  being  by  night  in  a  vineyard  of  his,  and  efpying  fomething  in  the  midft  of  it, 
that  fhined  like  a  little  glowing  coal ,  at  the  foot  of  a  vine ,  went  near  towards  the 
place ,  where  he  thought  himfelf  to  hâve  fcen  that  fire  ;  but  not  finding  it ,  he  faid , 
that  being  returned  to  the  lame  place,  whencc  he  had  firfl  defcried  it,  and  percei- 
ving  there  the  famé  fplendor  as  before  ,  he  marked  it  fo  heedfully,  that  he  came  at 
length  to  it,  where  he  took  up  a  very  little  ftone,  which  he  carried  away  with 


21)  Due  Trattati  di  Benvenuto  Cellini  Scultore  Fiorentino,  unodell'  Oreficeria,  l'altro  délia 

Scultura.  Firenzc.  Panizzi  c  Péri.  1568.  in-8°. 

22)  Benvenuto  Cellini  naquit  en  1500  à  Florence,  où  il  mourut  le  1  p,  lévrier  157t.  C'est  le 
célèbre  artiste  qui  travailla  d'abord  sous  le  pape  Clémente  VII.  Celui-ci  l'envoya  à  Charles- 
Quint:  mais  il  passa  à  François  1er,  nprès  avoir  été  emprisonné  par  le  pape  Paolo  III  sur  l'accu- 
sation d'avoir  détourné  des  pierres  précieuses  de  la  tiare.  François  [er  lui  donna  pour  atelier  la 
tour  de  Nesle.  Par  suite  d'une  intrigue  de  la  duchesse  d'Estampes,  il  dut  quitter  la  France. 

'  et  alla  se  mettre  sous  la  protection  de  Cosmo  de  Medicis.  En  1  558  il  se  lit  prêtre,  mais  en  1  5^0 
il  jeta  le  froc  et  se  maria, 

23)  Guiglio  de  Medicis  naquit  à  Florence  et  mourut  le  25  septembre  1534  à  Home.  Il  fut 
chevalier  de  Malte,  grand-prieur  de  Capone,  devint  en  1 5 1 3  archevêque  de  Florence,  car- 
dinal, chancelier  de  l'Eglise  Romaine,  et  en  1523  pape  sous  le  nom  de  Clémente  VIL 

Œuvres.  T.  IV.  62 


49°  CORRESPONDANCE.    1663. 


cranfports  and  joy.  And  the  next  day;  carrying  it  about  to  fhowit  divers  ofhis 
tïiends,  whilft  he  was  relating  after  vvhar  manner  he  fonnd  it,  there  cafually  inter- 
vened  a  Venetîan  embaflador  \  exceedingly  expert  injewels,  who  prefently  kno- 

wing  it  to  be  a  carbnncle,  did  craftily,  before  he  and  thc  laid  Jacopo  parted,  (fo 
chat  there  was  no  body  prefent,  that  underltood  the  worth  of  fo  precious  a  gem) 
purchafe  it  for  the  value  of  ten  crowns,  and  the  next  day  left  Rome  to  fhun  the 
being  neceffitated  to  reftorc  it;  and,  as  he  affirmed,  it  was  known  within  fome 
while  after,  that  the faid  Venetian  gentleman  did,  in  Conftantinople,  fell  that  car- 
bnncle to  the  then  Grand  Signior24),  newly  corne  to  the  empire,  for  a  hundred 
thoufand  crowns."  ") 

And  this  is  what  J  can  fay  conccrning  carbuncles;  and  this  is  not  a  little  at  lealt 
as  to  the  firll:  part  of  this  account,  where  our  Cellini  affirms  himfelf  to  hâve 
feen  a  real  carbnncle  with  his  own  eyes,  efpecially  iince  this  author  appears  wary 
in  what  he  deiivers,  and  is  inclined  rather  to  leïïèn,  than  increafe  the  wonder 
<  »f  it.  And  his  teftimony  is  the  more  contiderable ,  becaufe  though  he  were  boni  a 
fubjeft  neither  to  the  pope  nor  the  then  king  of  France,  (that  royal  virtuofo 
Francis  I.  2S)  )  yet  both  the  one  and  the  other  of  thofe  princes  imployed  him  much 
about  making  of  theirnobleft  jewcls.  What  is  now  reported  concerning  a  fhining 
fubftance  to  be  feen  in  one  of  the  iflands  2rt)  about  Scotland,  were  very  improper 
for  me  to  mention  to  Sir  Robert  Morray,  to  whom  the  firft  information  27)  was 
originally  brought,  and  from  whom  J  expeft  a  farther  (for  J  fcarce  dare  expert  a 
convincing)  account  of  it.  But  J  mnit  not  omit,  that  forae  virtuofi  queftioning 
me  the  other  day  at  Whitehall  about  Miller  Clayton's  diamond,  and  meeting 
amongft  them  an  ingénions  Dutch  gentleman  2,s)  whofe  fathcr 2y)  was  long  em- 
baflador for  the  Netherlands  in  England ,  J  learncd  of  him,  that  he  is  acquainted 
with  a  perfon,  whofe  name  hc  told,  (but  J  do  not  well  remember  it)  who  was 


24)  Sclini  II.  fils  du  sultan  Soliman  le  Magnifique  et  de  Roxelane,  naquit  en  1524  et  mourut  le 
i2  décembre  1574  a  Constantinople.  [1  succéda  à  son  pèreen  1566. 
François  [er,  fils  de  Charles  comte  d'Atigonléme  et  de  Louise  de  Savoie ,  naquit  à  Cognac  le 
1  2  septembre  [494  et  mourut  à  Rambouillet  le  31  mars   1547.   Il  protégeai!    les  arts  et  les 
sciences. 

'•    Cette  petit  aise,  tout  près  de  l'île  Conwall ,  appartenait  alors  à  Lady  lleay. 

1  Dans  les  séances  du  11  et  du  [8  novembre  1663  (V.  st.). 

Johan  Boreel,  chevalier-baronnet,  baron  de  Vreemdyke,Steelantet  Peereboom,  seigneur  de 
Duynbeke,  Westhove  et  Domburg,  fils  aîné  de  Willem  Boreel  et  de  JacobaCarels,  naquit 
,1  Amsterdam  le  29  octobre  1627,  et  mourut  le  10  mars  [691.  Il  appartenait  à  la  cour  des 
princes  d'Orange,  devint  colonel-lieutenant  d'infanterie,  en  iot!i  commandant  de  Putten, 
en  1685  commandant  de  lîrielle.  Il  épousa  Amarantlia  van  Vredenburght 
'    sur  Willem  Boreel.,  voir  la  I. élire  N  '.63,  note  6. 


CORRESPONDANCE.     1663.  4y  1 


admirai  of  the  Diuch  in  thc  Eaft-Indies ,  and  who'afliired  this  gentleman,  Mon- 
fieur  Boreel ,  chat  at  bis  return  from  thence  ,  he  brought  back  with  him  into  Hol- 
land  a  ftone,  which  though  it  looked  but  like  a  pale  dull  diamond  ,  fuch  as  he  faw 
Monfieur  Clayton's  to  be,  yet  was  it  a  real  carbuncle;  and  did  without  rubbing 
fhine  fo  much ,  chat  when  the  admirai  had  occafion  to  open  a  cheft,  which  he  kept 
under  deck  in  a  dark  place,  where  it  was  forbidden  to  bring  candies  for  fear  of 
mifchances,  as  foon  as  he  opened  thc  trunk,  the  ftone  would,  by  its  native  light, 
fhine  fo  as  to  illuftratc  a  great  part  of  it.  And  this  gentleman  having  very  civilly 
and  readily  granted  me  the  requeft  J  made  him  ,  to  write  to  the  admirai ,  who  is  yet 
alive  in  Holland ,  (and  probably  may  ftill  have  the  jewel  by  him) ,  for  a  particular 
account  of  this  ftone,  J  hope  ère  long  to  receive  it;  which  will  be  the  more  welcome 
to  me,  not  only  becaufe  fo  unlikely  a  thing  needs  a  clear  évidence,  but  becaufe  J 
have  had  fome  fufpicion,  that  (Tuppofing  the  truth  of  the  thing)  what  may  be  a  fhi- 
ning  ftone  in  a  very  hot  country,  as  the  Eaft-Indies,  may  perhaps  ceafe  to  be  fo  (at 
leaft  in  certain  feafons)  in  onc  as  cold  as  Holland.  For  J  obferved  in  the  diamond  J 
fend  you  an  account  of,  that  not  only  rubbing,  but  a  very  moderate  degree  of 
warmth,  though  excitcd  by  other  ways,  would  make  it  fhine  a  littlc.  And  it  isnot 
imporTible,  that  there  may  be  ftones  as  much  more  fufceptible  than  that ,  of  the  al- 
térations requifite  to  make  a  diamond  fhine,  as  that  appears  to  be  more  fufceptible 
of  them  than  ordinary  diamonds.  And  J  confefs  toyou,  that  this  is  not  the  only 
odd  fufpicion  ,  (for  they  are  not  fo  much  as  conjectures),  that  what  J  tried  upon 
this  diamond  fuggefted  to  me.  For  not  hère  to  entertain  you  with  the  changes 
J  think  may  be  erTcfted  even  in  harder  fort  of  ftones,  by  ways  not  vulgar ,  nor 
very  promilîng,  becaufe  J  may  elfewhere  have  occafion  to  fpeak  of  them,  and 
this  letter  is  but  too  prolix  already;  that  which  J  fhall  now  acknowlcdgc  to  you  is, 
that  J  began  to  doubt,  whether  there  may  not  in  fome  cales  be  fome  truth  in 
what  is  faid  of  the  right  turquois,  that  it  often  changes  colour  as  the  wearer  is 
fick  or  well,  and  manifeftly  lofes  its  fplendour  at  his  death.  For  when  J  found, 
that  even  the  warmth  of  an  afïriétion ,  that  lafted  not  above  a  quarter  of  a  minute, 
nay,  that  of  my  body,  (whofe  conftitution,  you  know,  is  nonc  of  the  hotteft) 
would  make  a  manifeft  change  in  thc  folideft  of  ftones ,  a  diamond  ;  it  feemed  not 
impofliblc  ,  that  certain  warm  and  faline  fteams,  ifluingfrom  the  body  ofa  living 
man,  may  by  their  plenty  or  paucity,  or  by  their  peculiar  nature  ,  or  by  the  total 
abfencc  of  them,  diverfify  the  colour  and  the  fplendour  of  fo  foft  a  ftone  as  the 
turquois.  And  though  J  admired  to  fee,  that  J  know  not  how  many  men,  other- 
wife  learned,  fhould  confidently  aferibe  to  jewels  fuch  virtues,  as  feem  no  vvay 
compatible  to  inanimate  agents,  if  to  any  corporeal  ones  at  ail;  yet  as  to  what  is 
affirmed  concerning  the  turquois  changing  colour,  J  know  not  well  how  to  reject 
the  affirmation  of  fo  learned  (and  which  in  this  café  is  much  more  confiderable) 
fojudicious  a  lapidary  as  Boetius  de  Boot-f)  who  upon  his  own  particular  and  re- 
peated  expérience  delivers  fo  mémorable  a  narrative  of  the  turquois's  changing 


4y2  CORRESPONDANCE.    1663 


.v 


colour,  chat  J  cannoc  bue  chink  it  worth  your  perufal;  efpecially  fince  a  much  la- 
rcr  and  very  experienced  author,  Olaus  Wormius  :,°),  wherc  hc  treats  of  that  ftone, 
confirms  it  vvith  this  teftimony  sj:  lmprimis  mémorandum  excmphmuquod  Anfel- 
mus  Bot  tins  de  feipfo  refert,  tam  mutati  coloris  quam  à  cafu  prefervathnis.  Cui 
Ci?  ipfe  haud  dijjîmile  ad  ferre  poffum,  nifi  ex  Anfhelmo  petitum  quis  putaret.  J  re- 
member ,  that  J  faw  two  or  three  years  fince  a  turquois  (worn  in  a  ring)  whercin 
there  were  fome  fmall  fpots,  which  the  virtuofoj  whofe  it  was ,  aflured  me  he 
had  obfcrved  to  grow  fometimes  greater,  fometimes  lefs,  and  to  be  fometimes  in 
one  part  of  the  rtonc,  fometimes  in  another.  And  J  having  encouraged  to  make 
pictures  i'rom  time  to  rime  of  the  ftone,  and  of  the  fituation  of  the  cloudy  parts, 
that  fo  their  motion  may  be  more  indifputable,  and  better  obferved,  he  came  to 
me  about  the  middleof  this  very  week  ,  and  aflured  me,  that  he  had,  as  J  wifhed, 
made  from  time  to  time  fchemes  or  pictures  of  the  differing  parts  of  the  ftone  ; 
whereby  the  feveral  removes  and  motions  of  the  abovementioned  clouds  are  very 
manifeft,  though  the  càufe  feemed  to  him  very  occult.  Thefe  pictures  he  has  pro- 
miied  to  fhow  me  ,  and  is  very  ready  to  put  the  ftone  itfelf  into  my  hands.  But  the 
ring  having  been  the  other  day  cafually  broken  upon  his  finger,  unlefs  it  can  be  ta- 
ken  ont,  and  fet  again  without  any  confiderable  beat,  he  is  loth  to  bave  it  meddled 
with,  for  fear  its  peculiarity  fhould  be  thereby  deftroyed.  And  poffibly  his  appre- 
henfion  would  hâve  been  ftrengthened ,  if  J  had  had  opportunity  to  tell  him  what 
is  related  by  the  learned  Wormius7')  of  an  acquaintance  of  his,  that  had  a  nephritick 
ftone,  of  whofe  eminent  virtues  he  had  often  expérience  even  in  himfelf,  and  for 
that  caufe  wore  it  ftill  about  his  wrift;  and  yet  going  upon  a  time  into  a  bath  of 
fair  water  only ,  wherein  certain  herbs  had  been  boiled ,  the  ftone ,  by  being  wet- 
ted  with  this  décoction,  was  deprived  of  ail  its  virtue,  whence  Wormius  takes  oc- 
calion  to  advertife  the  fick,  to  lay  by  fuch  rtones,  whenfoever  they  make  ufe  of  a 
bath.  And  we  might  expect  to  iind  turquois  likewife,  eafily  to  be  wrought  upon  in 
point  of  colour,  if  that  were  true,  which  the  curions  Antonino  Neri31),  in  his  ingé- 
nions Artc  Vetraria32)  teaches*)  of  it;  namely,that  turquois's  difcoloured,  and 
grown  white,  will  regain  and  acquire  an  excellent  colour,  if  you  but  kcep  them 
two  or  three  days  at  mort  covered  with  oil  of  fweet  almonds,  kept  in  a  cemperate 


■"    Voir  la  note  14. 

Antonio  Neri ,  né  à  Florence,  était  un  chimiste  du  seizième  siècle.  Il  se  lit  prêtre,  et  visita 
beaucoup  de  laboratoires  de  chimie,  où  il  travailla  comme  simple  employé.  Il  s'occupa  sur- 
tout de  la  verrerie  et  des  pierres  précieuses. 

1.  Vrte  Vei  aria  Diftinta  in  Libri  Sette.  Del  R..  P.  Antonio  Neri  Fiorentino.  Ne  quali  si 
feoprono ,  effetti  marauigliosi ,  &  s'infegnano  fegreti  belliflimi,  del  Vetro  ne!  Fvoco,  & 
ife  curiofe.  Air  [Ilvltmo  ei   Excellmo  Sig.  il  Sig.  Don  Antonio  rVTedici.  lu  Firenfe 
Nelia  Stamperia  de'  Giunti.  m.dc.xii.  Con  licenza  de  Superiori.  m -4". 


CORRESPONDANCE.     l66? 


3-  493 


beat  by  wann  afhes  :  J  fay ,  if  it  were  true ,  becaufe  J  doubt  whether  it  be  fo ,  and 
hâve  not  as  yet  bad  opportunky  to  fatiffy  my  felf  by  criais;  becaufe  J  find,  by  the 
confeffion  of  the  moft  f kilful  perfons ,  among  whom  J  hâve  laid  ont  for  turquoi- 
fes ,  chat  chc  crue  ones  are  great  rarities,  chough  oebers  be  not  ac  ail  fo.  And  chere- 
fore  J  fhall  now  only  mind  you  of  one  thing,  that  you  know  as  well  as  J,  namely, 
chac  che  rare  ftone,  wbich  is  called  Oculus  Mundi,  if  ic  be  good  in  ics  kind,  will 
bave  fo  great  a  change  made  in  ics  texture  by  being  barely  lcfc  a  while  in  che  lan- 
guideft  of  liquors,  comnion  water,  chac  from  opacous  ic  will  become  tranfparent, 
and  acquire  a  luftre ,  of  which  ic  will  again  be  deprived,  without  ufing  any  other 
arc  or  violence ,  by  leaving  ic  a  while  in  che  air.  And  before  expérience  had  fatif- 
fied  us  of  che  truth  of  this,  it  feemed  as  unlikely,  that  comnion  water  or  air  fhould 
work  fuch  great  changes  in  that  gem ,  as  it  now  feems  that  the  effluviums  of  a  hu- 
man  body  fhould  erTeér.  leiïer  changes  in  a  turquois,  efpecially  if  more  fufceptible 
of  them,  chan  ocher  ftones  of  che  famé  kind.  But  both  my  watch  and  my  eyes  tell 
me,  that  it  is  now  high  time  to  think  of  going  to  fleep;  matters  of  this  nature  will 
be  better,  as  well  as  more  eafîly,  cleared  by  conférence  chan  wricing.  And  tbere- 
forc  finec  J  think  you  know  me  too  well  to  make  it  needful  for  me  co  difclaim  cre- 
dulicy,  notwithftanding  my  having  entercained  you  with  ail  thefe  extravagaheies; 
for  you  know  well,  how  wide  a  différence  J  am  wont  to  put  betwixt  things,  that 
barely  may  be,  and  things  that  are;  and  beeween  thofe  relations,  that  are  but 
not  unworthy  to  be  inquired  into,  and  choie  chac  are  not  worthy  to  be  achially  be- 
lieved;  without  making  apologies  for  my  ravings,  J  fhall  readily  comply  with  the 
drowfinefs,  chac  calls  upon  me  to  rcleafe  you  :  and  the  racher  becaufe  Monfieur 
Zulichem  being  concerned  in  your  defire  to  know  the  few  things  J  bave  obferved 
about  the  fhining  ftone;  to  entertain  thofe  with  fufpicions ,  that  are  aceuftomed 
not  to  acquiefee  but  in  demonftrations ,  were  a  thing,  chac  cannot  be  looked  upon 
as  other  than  very  improper  by , 

Sir 

Your  moft  affeétionate  -and 
moft  faithful  1er  van  t 

R.    BOYLE. 


";   Note  marginale. 

Boëtius  de  Boot.  (rem.  &  Lapid.  Hijlor.  JJb.  i  Cap.  8  [Boyle]. 

b)  Note  marginale. 

Mufei  IVormiani,  Cap.  i~  |  Boyle]. 

c)  Note  marginale. 

Pure  Jim  Pilgrim,  l'ib.  i  cap.  ^,pag.  104  [Boyle]. 

L'auteur  désigne  ici  l'ouvrage,  maintenant  fort  rare,  ,.l  laklvytvs  Pofthvmvs,"  dont  le 
titre  est: 

Pvrchas  bis  Pilgrimes.  In  five  Bookes.  The  (irit,  Contayning  the  Voyages  and  Pérégrina- 
tions made  by  ancient  Kings,  l'atriarkes,  Apoftles,  Philofophers,  and  othefs,  to  and  tho- 


4y4  CORRESPONDANCE.     I  66 


.v 


row  the  remoter  parts  of  the  khowne  World:  Enquiries  alfo  of  Languages  and  Religions, 
efpecially  of  the  moderne  diuerfified  Profeffions  of  Chriltianitie.  The  fécond ,  A  Defcription 
ofall  the  Cireum-Nauigatiôns  of  the  Globe.  The  third,  Nauigations  and  Voyages  ofEnglifh- 
men,a!ongft  the  Coafts  of  Africa,  to  the  Cape  ofGood  Hope,  and  from  thence  to  thè  Red 
Sea,  the  Abafïïne,  Arabian ,  Perfian ,  Indian ,  Shoares,  Continents,  and  Ilands.  The  four t h 
Englifh  Voyages  beyond  the  Eait  Indies,  to  the  Ilands  of  Iapan,  China,  Cauchinchina, 
the  Philippinae  with  others,  and  the  Indian  Nauigations  further  profecuted:  their  iuft 
Commerce,  nobly  vindicated  againft  Turkifh  Treacherie;  victorioufly  defended  againft  Por- 
tugall  Hoftilitie;  glorioufly  aduanced  againft  Moorifh  and  Ethnicke  Perfidie;  hopefully 
reconering  from  Dutch  Malignitie;  iuftly  maintayned  againft  ignorant  and  malicious  Ca- 
lumnie.  The  ftfth  ,  Nauigations,  Voyages,  Traffiques,  Difcoueries,  of  the  Englifh  Nation  in 
the  Eafterne  parts  of  the  World:  continuing  the  Englifh-Indian  occurrents,  and  contayning 
the  Englifh  Affaires  with  the  Great  Samorine,  in  the  Perfian  and  Arabian  Gulfes,  and  in 
other  places  of  the  Continent,  and  Ilands  ofand  beyond  the  Indies;  the  Portugal!  Attempts, 
and  Dutch  Difafters,  diuers  Sea-fights  with  both;  and  many  other  remarkable  Relations. 
Vnus  Dcus  Vna  Veritas.  London,  Printed  by  William  Stanfby  for  llenrie  Fetherftonc, 
and  are  to  be  fold  athis  fhop  in  Pauls  Church-yard  at  the  ligne  of  the  Rôle.  1625.  in-folio. 
(/)   Note  marginale. 

In  the  year  1619.  |  Boyle]. 

e)    Note  marginale. 

Benvenuto  Cellini nell  Arte del  Gioiellare.  lib.  i.pag.  10.  [  Boyle]. 
•0    The  narrative  in  the  authors  own  words ,  is  this  :  |  note  de  Boyle] . 

Ego  (fays  he)  fanétè  affirmare  poffum  me  unam  aureo  annulo  inclufam  per- 
pétue geftare,  cujus  facultatem  (fi  gemmae  cft)  nunquam  fatis  admirari  potui. 
Geftaverat  enim  ante  triginta  annos  Hifpanus  quidem  non  procul  àpaternis 
aedibus  habitans.  Is  cum  vitâ  funélus  effet,  &  ipfius  fupellex  (ut  moris  apud  nos 
elt)  venum  expofita  elîet,  inter  caetera  etiam  turcois  exponebatur.  Verum  nemo 
(liect  complures  eo  concurriffent ,  ut  eam  propter  coloris  elegantiara,  quam 
vivo  domino  habuerat ,  emerent)  fibi  emptam  voluit ,  priftinum  enim  nitorem 
&  colorera  prorfus  amiferat,  ut  potins  malachites,  quam  turcois  videretur.  Ade- 
rat  tum  temporis  gemmae  habendae  defiderio  etiam  parens  et  f rater  meus,  qui 
antea  faepius  gratiam  &  elegantiam  ipfius  viderant,  mirabundi  eam  mine  tara 
efle  deformem:  émit  eam  nibilominus  pater,  fatifque  vili  pretio,  qua  omnibus 
contemptui  erat,  ae  praefentes  non  eam  efle  quam  Hifpanus  geftarat,  arbi- 
trarentur.  Domum  reverfus  pater,  qui  tam  turpem  geramam  geftare  fibi  inde- 
corum  putabat,  eam  mibi  dono  dat,  inquiens;  Quandoquidem,  fili  mi,  vulgi 
fama  elt,  turcoidem,  ut  facilitâtes  fuas  exercere  pollit,  dono  dari  debere,  tibi 
eam  devoveo:  ego  accepeam  gemmam  fculptori  trado,  ut  gentilitia  mea  infignia 
illi,  quemadmodum  fieri  folet,  in  jafpidechalcedonio,  aliifque  ignobilioribus 
gernmis  infculperet.  Turpe  enim  exiftimabam,  hujufmodi  gemma  ornatus 
gratia,  dum  gratiam  nuïïam  haberet,  uti.  Pàret  fculptor,  redditque  gemmam, 
quam  gefto  pro  annullo  fignatorio,  vix  per  menfem  gefterara,  redit  illi  priftinus 
color,  fed  non  ita  nitens  propter  fculpturam ,  ac  inaequalem  fuperficietn.  Mi- 
ramur  omnes  gemmam ,  atque  id  praecipue,  quod  color  indies  pulchrior  fieret. 


CORRESPONDANCE.     1663.  495 


Id  quià  obfervabam,  nunquam  fere  eam  à  manu  difpofui ,  ita  utnuncadhuc 

e  an  de  m  geftem. 
*Q    Note  marginale. 

Olaus  Wormïusin  Mufaeo.  iSpag.  186  [Boyle]. 
*)   Note  marginale. 

Mufaeum  Worm.  pag.  99  [Boyle]. 
'")    Arte  Vetraria,  lib.  7,  cap.  102  [Boyle]. 


N=   1194. 

R.  Boyle  à  R.  Morav. 

[1663]. 
Appendice  au  N°.   1193. 

La  pièce  se  trouve  h  Leiden ,  coll.  Huygens. 

Obfer varions  made  thc  27*  of  October  1663 
on  Mr.  Clayton's  Diamond. 

1.  Being  looked  on  in  thc  day-time,  though  in  a  bedd,  whofe  curtains  were 
carefully  drawne,  J  could  not  difcerne  it  no  fhine  at  ail,  though  wcll  rubb'd; 
but  about  a  little  after  Sun-fet  whileft  the  Twilight  yet  lafted,  nay  this  mor- 
ning  a  pretty  vvhile  after  Sun-rifing,  (but  before  J  had  been  abroad  in  the 
more  freely  inlightened  air,  of  the  Chamber)  J  could  upon  a  light  afl'riétion , 
eafily  perceiue  the  Stone  to  fhine  within  thc  Curtains  of  my  Bed. 

1.  The  Candies  being  removed,  J  could  not  in  a  dark  place  difcerne  the  Stone 
to  haue  any  light  when  J  looked  upon  it,  without  having  before  rubbed  or 
otherwife  prepared  it. 

3.  By  two  white  Pebbles,  though  hard  rubb'd  againfl:  onc  another,  nor  by  the 
long  and  véhément  aff'riclion  of  rock-Chryftall  againft  a  peice  of  red  Cloath, 
nor  yet  by  rubbing  two  diamonds  fet  in  a  ring,  as  J  had  rubb'd  this  Stone, 
J  could  not  produce  any  fenfible  degrec  of  Light. 

4.  J  found  this  Diamond  hard  enough ,  not  oncly  to  cnable  me ,  to  writc  readily 
with  it  upon  Glaffe,  but  to  graue  upon  rock-Chryftall  it  felfe. 

5.  J  found  this  to  haue  like  other  Diamonds  an  Eleélrical  faculty. 

6.  Being  rubb'd  upon  any  Cloaths,  as  is  ufuall  for  thc  Exciting  of  Amber, 
Wax ,  and  other  EleCtrical  Bodies,  it  did  in  the  dark  manifeftly  fhine  like 
rotten-wood ,  or  the  Scales  of  Whitings  and  other  putrified  fifli. 

7.  But  this  ConfpicuoufnefTe  was  faintcr,  thcn  that  of  thc  Scales  and  Slabber  (if 
J  may  fo  call  it)  of  Whitings,  and  much  fainter  than  the  light  of  a  Glow- 


4.96  CORRESPONDANCE.     1663. 


worme ,  by  which  J  haue  been  fometimes  ablc  to  read  a  fhort  word ,  whe- 
reas,  after  an  ordinary  affriélion  of  this  Diamond,  J  was  not  ablc  to  difcerne 
diftincHy  by  the  light  ofit,  anyof  the  neereft  Bodies.  And  this  Glimmering 
alfo,  did  very  manifeftly  and  confiderably  decay  prefently  upon  theCeafing 
of  the  affri&ion  though  thc  Stone  continued  vifible  fome  whilc  after. 

8.  But  it'it  were  rubbed  upon  a  convenient  Body  fora  pretty  while,  and  brifkly 
enough,  J  foundthe  light  would  be  for  fome  moments  much  more  confi- 
derablc,  almoft  like  the  light  of  a  Glow-worme,  infomuch,  that  immediatly 
after  J  ceafed  rubbing,  J  could  with  the  chafed  ftone  exhibit  a  littlc  luminous 
circle  like  that,  but  not  fo  bright,  as  that  which  Children  make  by  moving  a 
ftick  fircd  at  the  end,  and  in  this  cafc,  it  would  continue  vifible  about  feven 
or  Eight  times  as  long  as  J  had  been  in  rubbing  it. 

9.  J  found  that  holding  it  a  while  neer  the  flame  of  a  Candie,  from  which  yct  J 
was  carefull  to  avert  my  Eyes,  and  being  immediatly  removcd  into  thc  dark, 
it  difclofed  fome  faim  Glimmering,  but  far  inferiour  to  that,  which  it  was 
wont  to  acquire  by  rubbing;  and  afterwards  holding  it  necr  a  firc  that  had 
but  little  flame ,  J  found  the  ftone  to  be  rather  leffe  than  more  excited ,  than 
it  had  been  by  the  Candie. 

10.  J  likewife  endeavoured  to  make  it  fhine  by  holding  it  a  pretty  while  in  a 
very  dark  place  ouer  a  thick  plate  of  Jron ,  that  was  well  heated,  but  not  to 
that  degree  as  to  be  vifibly  fo;  and  though  at  length  J  found,  that  by  this  way 
alfo,  the  ftone  acquired  fome  glimmering,  yet  it  was  leffe  than  by  cither  of 
the  ôther  wayes  aboue  mentioned. 

11.  J  alfo  brought  it  to  fome  kind  of  Glimmering  light  by  taking  it  into  bcd  with 
me,  and  holding  it  a  good  whilc  upon  fome  warme  part  of  my  naked  body. 

1  2.  To  fatiffy  my  felfe ,  whether  the  motion  introduced  into  the  ftone,  did  gene- 
rate  the  light  upon  the  account  of  its  producing  beat  thcrc ,  J  hcld  it  necr  thc 
flame  of  a  Candie  till  it  was  qualified  to  fhine  pretty  well  in  the  dark,  and  then 
immediatly  J  applyed ,  to  it,  a  flender  hair,  to  try,  whether  it  would  attracl  it , 
but  found  not  that  it  did  fo,  though  if  it  were  made  to  fhine  with  rubbing, 
it  was,  as  J  formerly  noted ,  Electricall.  And  for  furthcr  confirmation, 
though  J  once  purpofely  kept  it  fo  neer  the  hot  Jron,  J  juft  now  mentioned, 
as  to  make  it  fenfibly  warme,  yet  it  fhined  more  dimly,  than  it  had  donc  by 
affriétion  ,  or  the  flame  of  a  candie,  though  by  both  thefe  wayes  it  had  not  ac- 
quired any  warmth  that  was  fenfible, 

13.  Having  purpofely  rubbed  it  upon  feverall  Bodyes,  difFering  either  as  to  Co- 
lour  or  as  to  Texture,  thcrc  feemed  to  be  fome  little  difparity  in  the  Excita- 
tion fil"  J  may  focal!  it)  of  Light.  Vpon  white  and  red  Cloathsit  feemed  to 
fucceed  beft,  efpecially  in  comparifon  of  black  ones. 

14.  But  to  try,  what  it  would  do  rubbed  upon  Bodies  necr  hand  ,  and  leffe  apt  to 
ycild  heat  upon  a  light  affriétion  ,  than  Cloath,  J  firft  rubb'd  it  upon  a  white 


CORRESPONDANCE.     1663.  497 


wooden  box,  by  which  it  was  Excited,  and  afterwards  upon  a  peicc  of  pu- 
rely  white  and  well  glafed  Earth,  which  feemed  during  the  attrition,  to  makc 
it  fhine  bctcer  than  any  of  the  other  Bodyes  had  done ,  without  excepting 
the  white  ones,  which  J  adde,  lealt  the  Effecl  fhould  bc  wholly  adfcribed  to 
the  diipolition,  white  Bodies  are  wont  to  haue,  to  reliée!  much  light. 

15.  Having  well  excited  the  Stone,  J  nimbly  plung'd  it  under  water,  that  J  had 
provided  for  that  purpofe,  and  perceived  it  to  fhine,  vvhilft  it  was  beneath 
the  furface  of  that  Liquor,  and  this  J  did  divers  times.  But  when  J  endea- 
voured  to  produce  a  Light  by  rnbbing  it  upon  the  lately  mentioned  Cover  of 
the  Box ,  the  ftone  and  it,  being  both  held  beneath  the  furface  of  the  water, 
J  did  not  well  fatiffy  my  f  elfe  in  the  Event  of  the  Tryall.  But  this  J  found, 
if  J  took  the  ltone  out,  and  rubbed  it  upon  a  peice  of  Cloath,  it  would  not, 
as  elfe  it  was  wont  to  doe,  prefently  acquire  a  Luminoufneffe,  but  needed 
to  be  rubbed  manifeftly  much  longer,  before  the  defired  Effeft  was  found. 

16.  J  alfo  tryed  feverall  times  that  by  covering  it  withmy  warme  Spittlc  (having 
no  warme  water  at  hand)  it  did  not  loofe  its  light. 

17.  Finding  that  by  rubbing  the  Stone  with  the  flat  fide  downward  J  did  by  rea- 
fon  of  the  Opacity  of  the  Ring,  and  the  fudden  decay  of  light  upon  the  cca- 
iîng  of  the  Attrition,  probably  loofe  the  fight  of  the  floues  greatelt  vividnefle, 
and  fuppofing  that  the  commotion  madeinone  part  of  the  Stone,  vvill  be 
eafily  propagated  ail  over,  J  fometimes  held  the  peice  of  Cloath,  upon  which 
J  rubb'd  it,  fo  that  one  fide  of  the  ftone  was  expofed  to  my  Eys,  whilfl  J  was 
rubbing  the  other ,  wherby  it  appeared  more  vivid  than  formerly ,  and  to 
make  Luminous  Traéts  by  its  motion  to  and  fro,  And  fometimes  holding  the 
Stone  upwards,  J  rubbed  its  broad  fide  with  a  fine  fmooth  peece  of  tranfpa- 
rent  home,  by  fuch  meanes,  the  light  through  that  Diaphanous  Subftance, 
did,  whilft  J  was  a&ually  rubbing  the  Stone.  appear  fobrifk,  that  fometi- 
mes, and  in  fome  places  it  feemed  to  haue  little  fparks  of  fire. 

1 8.  J  took  alfo  a  peice  of  flatt  blue  glaffe ,  and  having  rubbed  the  Diamond  well 
upon  a  Cloath,  and  nimbly  clapt  the  glaffe  upon  it,  to  try,  whether,  in  café 
the  light  would  peirce  it,  it  would  by  appearing  green,  or  of  fome  other 
colour  than  blew ,  affiil  me  to  gueffe ,  whether  it  felfc  were  fincere  or  no. 
But  finding  the  glaffe  impervious  to  fo  faint  a  light,  J  then  thought  fit  to 
try ,  whether  the  hard  Bodies  would  not  by  attrition  increafe  the  Diamonds 
Light  fo,  as  to  become  penetrablc  thereby.  And  accordingly,  when  J  rubbed 
the  Glaffe  brifkly  upon  the  ltone,  J  found  the  light  confpicuous  enough, 
and  fomewhat  dyed  in  its  pafiàge,  but  found  it  not  eafy  to  giue  a  Naraeto 
the  Colour  it  exhibited. 

Laftly  to  comply  with  the  fufpition,  J  had  upon  the  wholc  matter,  that 
the  cheif  manifeit  chang  wrought  upon  the  ltone,  was  by  comprefling  ol* 
its  parts,  rather  than  incallefcenfe  J  took  a  peice  of  white  Tyle  well  glaz'd , 

Œuvres.  T.  IV.  63 


49^  CORRESPONDANCE.    1 663. 


and  if  J  preflèd  the  Stone  hard  upon  ir,  it  feem'd,  though  J  did  not  rubb  it  to 
and  fro,  to  fhine  at  the  fides.  And  however,  it  did  both  very  manifeitly  and 
vigoroufly  Chine,  if,  whilft  J  fo  preft  it,  J  moved  it  any  way  upon  the  fur- 
face  of  the  Tylc,  though  J  did  not  make  it  draw  a  linc  of  aboue  a  quarter  of 
an  Jnch  long,  or  thereabouts.  And  though  J  m ade  it  not  moue  to  and  fro, 
but  onely  from  one  end  of  chat  fhort  line  to  the  other,  without  any  returne, 
or  any  laterall  motion.  Nay  after  it  had  been  often  rubbed,  and  fuffer'd  to 
loofe  its  light  againc,  not  onely  it  feemed  more  eafy  to  be  excited,  than  at 
the  beginning  of  the  night,  but  if  J  did  preiïe  hard  upon  it  with  my  finger,  at 
the  very  inftant  thàt  J  drew  it  brifkly  oflP,  it  would  difclofe  a  very  vivid , 
but  exceeding  fhortliu'd  fplendor,  not  to  call  it  a  litle  corufeation;  fo  that 
a  Carcefian  would  fearfe  fcruple  to  think,  hc  had  found  in  tins  Stone,  no 
flight  confirmation  of  his  ingenuous  Mafters  Hypothelis  touching  the  Géné- 
ration of  light  in  fublunary  Jiodics  not  fenfibly  hoc. 

Poft-fcript. 

So  many  particulars  taken  notice  of  in  one  night,  may  make  this  flone  ap- 
pear  a  kind  of  Prodigy ,  and  the  rather  becaufe  having  tryed,  as  J  formerly 
noted,  not  onely  a  fine  Artilicial  Chryftall,  and  fome  alfo  that  is  natural, 
but  a  Ruby  and  two  Diamonds,  J  did  not  find  that  any  of  thofe  difclofèd  the 
leaft  glimmering  of  light,  yet  after  ail  perceiving  by  the  hardnefTè,  and  the 
teftimony  of  a  fkillfull  Goldlmith,  that  this  vvas  rather  a  Naturall  than  an 
Artificial  ftone,  for  fear  leaft  there  might  bc  fome  différence  in  the  way  of 
fetting  or  in  the  fhape  of  the  Diamonds,]  made  ufe  of,  neither  of  which  was 
like  this,  a  fiât  Table-ftone,  J  thought  fit  to  make  a  further  Tryal  of  my  own 
Diamonds,  by  fuch  a  brifk  and  aiïiduous  affrittion,  as  might  make  amends 
l'or  the  difadvantages  abouementioned,  in  café  they  were  the  caufe  of  the 
unfucceflïullnefle  of  the  former  atterhpts:  And  accordingly  J  found,  that  b\ 
this  way  J  could  eafily  bring  a  Diamond  J  wore  uponmy  finger  to  difclofe 
a  light,  that  was  fenfiblc  enough  ,  and  continued  fo,  though  J  covered  it  with 
Spittle,  and  ufed  fome  other  tryalls  about  it.  And  though  this  will  much  leffen 
the  wonder  of  ail  the  formerly  mentioned  Obfervations,  by  fhewing  that  the 
Properties,  that  feem  fo  ftrange,  are  not  peculiar  to  one  Diamond,  but  may 
be  found  in  others  alfo,  and  perhaps  in  divers  other  hard  and  diaphanous 
Stoncs. 

N'et  J  hope,  that  what  this  difeovery  taketh  away  from  the  wonder  of 
thefe  Obfervations,  it  will  adde  to  the  inflrucfiucnefTe  ol'them  ,  by  aflording 
pregnant  hints,  toward  the  invelb'gation  of  the  nature  of  Light. 


CORRESPONDANCE.     [663.  499 


N"   1195. 

J.  Chapelain  à  [Christiaan  Huygens]. 
[1663.] 

La  lettre  se  trouve  à  Le'tden^  coll.   Iluy 

Je  vous  renuoye,  Monfieur,  l'Extrait  0  de  la  lettre  de  Pologne  auec  mille  re- 

mercimcns  de  la  communication.  La  choie  efl:  très  mémorable.  Vne  femblable 
pour  la  quelle  j'ay  efcrit  a  Monfieur  de  Beuning  2)  efl:  dans  :>)  vollre  Médecin 
Tulpius  4).  Je  ne  fcay  (î  auflîbien  attellée.  Je  vous  enuoyay  hier  le  Nuncius  Syde- 
reus  5)  joint  a  quelques  autres  Traittés.  Je  nay  point  la  Difîertation  de  Kepler 
mais  Monfieur  Theuenot  qui  me  vint  voir  hier  me  dit  quil  lauoit  et  quil  vous 
lenuoyeroit.  Je  fuis  a  vous  fans  referue 

Chapelain. 


'      Voir  la  pièce  N°.  1 196. 

2)   vSur  Koenraad  van  Beuningen  ,  voir  la  Lettre  N°.  743,  note  4. 

Nicolai  Tvlpii  Amftelredamenfis  Obfervationes  Medicae.  Editio  nova,  Hbro  quarto  auftior, 
et  fparfnn  multis  in  locis  emendatior.  Amftelredaini,  Apud  Ludovicum  Elzevirium.  \  . 
cIdIoclii.  in-8°. 

Chapelain  parle  ici  du  „Liber  IV.  Capvt  [X.  Juvenis  Balans". 

4)    .Sur  N'.colaas  Tulp,  voir  la  Lettre  N  '.  292 ,  note  ;,. 

s)    Sur  cet  ouvrage,  voir  la  Lettre  N°.  673*,  note  1 2  |  Tome  III,  Snpplémenl   , 


jOO  CORRESPONDANCE.    1  6  6  3 . 


N"   11 96. 

duchesne  x)  h  la  maréchale  de  gramont  2). 

[décembre   1663]. 
Appendice  au  No.   1195. 

/.,;  coph  se  trouve  à  Leiden,  coll.  Huygens3'). 

Extrait  d'une  lettre  eferite  de  Varfovie  par  un  gentilhomme, 

qui  eft  avec  Monfieur  le  comte  de  Guiche4)  et  fon  frère5). 

1663. 

Vous  ferez  furpris  d'une  hiftoire  que  je  vais  vous  raconter.  Monfieur  FEvefque 
de  Vilna  6)  ayant  fait  faire  une  grande  chatte  d'ours  depuis  peu  dans  fon  pais ,  on 
trouua  parmi  plufieurs  ours,  qui  broflbient  dans  les  bois,  un  jeune  enfant  tout 
nud  âge  environ  de  8  a  9  ans,  courant  a  quatre,  et  brodant  comme  les  autres  ours 
et  n'ayant  rien  de  l'homme  que  la  figure  du  corps ,  afièz  contrefaite  a  force  d'imi- 
ter les  alleures  les  geftes  et  les  grimaces  des  ours,  et  leurs  cris  mefme.  Il  Ta  en- 
voie icy  a  la  reine  ")  ou  il  eft  depuis  8  jours,  on  l'a  veftu  a  l'humaine.  Sa  joie  eft  de 
pouuoir  avoir  un  morceau  de  viande  crue  et  du  fang  pour  fon  breuuage ,  ce  que 
l'on  lu  y  interdit  pourtant,  s'il  entre  dans  un  jardin  il  fe  jette  fur  les  herbes,  dont 
il  mange  après  avoir  choifi  celles  qu'il  connoit  luy  eftre  propres,  et  les  auoir  por- 
tées a  fon  nez ,  comme  il  fait  toutes  autres  chofes.  on  luy  fit  venir  il  y  a  deux  jours 
un  ours,  vers  lequel  il  s'auanca  fans  crainte  pour  l'aller  flerer  et  flatter  a  fa  mode. 
11  marche  en  arrière  comme  en  auant,  et  a  les  bras  portez  par  habitude  fort  en  de- 
dans. Il  n'articule  aucune  lettre  ni  fillabc,  mais  commence  a  comprendre  ce  que 
l'on  luy  commande,  a  peu  près  comme  les  linges  ou  les  ours  mefmes  que  l'on 
dreffe.  On  juge ,  par  raport  du  temps,  que  c'eft  l'enfant  qu'une  femme  de  ce  païs 
la  a  perdu  depuis  6  ou  7  ans,  a  l'âge  de  deux  ans,  qu'il  faudroit  qu'une  ourle 


Duchesne,  gouverneur  d'Antoine-Charles  comte  de  Louvigny. 
I    Françoise  Marguerite  de  Chivré,  fille  de  Hector  de  Chivré  ci  de  Maria  de  Conan.    Elle 
épousa,  le  if!  novembre  [634,  le  maréchal  Antoine  III  de  Gramont. 
Celte  copie  est  de  la  main  de  Chr.  Huygens. 
1     Arnaud  de  Gramont,  comte  de  Guiche,  naquit  en  [637,  et  mourut  le  29  novembre  [673.  Il 
l'ut  lieutenant  général  des  armées  de  France,  maître  de  camp  du  régiment  des  gardes.  Il  fut 
exilé  a  cause  de  sa  conduite  envers  Madame. 

Antoine-Charles,  alors  comte  Louvigny,  fils  de  Antoine  III  de  Gramont  et  de  Françoise 
Marguerite  de  Chivré,  mourut  le  25  octobre  1721.  [1  devint  duc  de  Gramont  à  la  mort  de 

son  père,  en  1704. 

Georgius  III  Bialozor  devini  évoque  de  Smolensk  le  26  aoûl  1658,  et  de  Vilnaen  1661;  il 

mourul  en  1  <> 

Maria  Louisa  de  Gonzaga.  Voir  la  Lettre  N°.  448 ,  note  3. 


CORRESPONDANCE.    1663.  50 1 


moins  cruelle  ou  moins  affamée  eut  pris  en  amitié  pour  tenir  compagnie  a  (es  pe- 
tits, des  quels  encore  je  fuppofe  qu'elle  auroit  perdu  quelqu'un  qu'elle  auroit 
voulu  remplacer,  quoy  qu'il  en  foit ,  tout  ce  que  je  vous  en  dis  cft  vray  et  je  l'ay 
veu  moy  melme. 


N=   1197. 

A.   Bruce  a  Christiaan  Huygens. 

[?   1663]. 

La  lettre  se  trouve  à  Lcideu ,  coll.  Huygens. 

Monsieur 

Je  vous  prie  de  m'envoyer  le  livre  l)  de  Snellius  :)  ou  les  mefures  de  divers 
payis  font  marquées,  et  fi  vous  avez  quelque  autre  qui  fait  la  mefme  choie,  et  je 
vous  les  renvoyera  en  deux  ou  trois  jours.  Je  fuis 

Monsieur 

Voftrc  trefhumble  feruiteur 

A.  Bruce. 

A  Monfieur 
Monfieur  Christian  de  Zulichem. 


:)    L'auteur  désigne  l'ouvrage: 

Eratofthenes  Batavvs  de  Terra  ambitus  verà  quantitate,  à  Willebrordo  Snellio,  Ata  iù>i 
è|  u7to;//iiur«)v  jiezQaaiàv  dtonT^ùtv ,  Suleitatus  Lvgdvni  Batavorvm ,  Apud  Jodocvm  à  Col- 
lier. Ami.  clolocxvii.  in-40. 

On  y  trouve,  Liber  II,  Caput  IIII:  llhijnlandici  pedis  quantitas  etiam  alio  modo  exprefla. 
2)    Sur  Willebrordus  Snellius  à  Royen  ,  voir  la  Lettre  N°.  356,  note  8. 


SUPPLEMENT. 


CORRESPONDANCE.     1 637.  505 


I. 

CONSTANTYN    l  It'VGKNS  ,  père,    AV    COMTE    MAURICE    DE    NASSAU. 

17    NOVEMBRE    1 637. 
Lu  lettre  se  trouve  à  Amsterdam,  Académie  Royale  des  Sciences  '). 

J'ofe  paroiftre  devant  Vbilre  Excellence  fur  l'efpérance  que  j'ay ,  qu'à  faulte 
de  meilleur  entretien,  quelqu'un  de  pardeeà  aura  prins  la  peine  de  vous  notifier, 


1)  L'Académie  Royale  des  Sciences  d'Amsterdam  possède  une  collection  de  lettres,  tant  en 
original,  qu'en  copie  ou  minute,  reliée  en  trois  volumes  et  portant  comme  titre:  „Lettres 
Françoises  de  Constantin  Huygens,  Seigneur  de  Zuylichem,  Zeelhem  et  au  Monnikelant, 
Secrétaire  des  Princes  d'Orange,  Président  du  Conseil,  et  Premier  Maitre  des  Comptes  de 
Sa  Majesté  Britannique  Guillaume  IIP'."  Les  lettres  du  premier  volume  contiennent  plu- 
sieurs détails  au  sujet  de  la  maison  que  le  père  de  Christiaan  Huygens  se  fit  construire, 
de  1634  à  IO"37-  à  la  Haye,  sur  l'emplacement  actuellement  occupé  par  le  Ministère  de  la 
Justice,  au  Plein  ,  coin  du  Pooten.  C'est  dans  cette  maison  que  Christiaan  a  passé  une  grande 
partie  de  sa  vie. 

Aux  deux  Lettres  I  et  II  que  nous  publions  ici  nous  ajoutons  dans  cette  note  quelques  par- 
ticularités tirées,  soit  d'autres  pièces  de  la  collection  citée,  soit  de  quelques-uns  des  nom- 
breux écrits  qui  ont  paru  sur  Constantyn  Huygens,  père. 

Le  4  janvier  1633,  les  Commissaires  députés  des  Etats  de  Hollande  et  de  Westfrise  résolu- 
rent de  mettre  en  vente  une  partie  du  jardin  appartenant  au  Quartier  du  Stadhouder.  Il  est 
probable  que  cette  résolution,  qui  avait  pour  but  de  faire  construire  dans  le  voisinage  de  la 
Cour  un  nouveau  quartier  aristocratique,  a  été  inspirée  par  le  Stadhouder  Frédéric  Henri.  Ce 
prince  brillant  et  valeureux  ,  auquel  ses  nombreux  succès  guerriers  valurent  le  nom  de  Ste- 
dendwinger  (Dompteur  de  Places  Fortes"),  avait  un  goût  très  vif  pour  les  Beaux  Arts  et  a  puis- 
samment contribué  à  l'embellissement  de  la  Haye.  Ce  fut  par  son  intercession  que  les  deux 
lots  de  terrain  principaux,  attenant  directement  à  la  Cour,  échurent  à  deux  grands  Seigneurs  : 
le  Comte  Maurice  de  Nassau-Siegen  et  Constantyn  Huygens,  le  secrétaire  et  confident  dé- 
voué du  Prince.  Pour  la  somme,  à  cette  époque  assez  considérable,  de  4750  florins,  le  Comte 
Maurice  obtint  le  terrain  sur  lequel  il  bâtit  le  palais  bien  connu  sous  le  nom  de  Maurits- 
huis.  Par  autorisation  des  Conseillers  députés,  Huygens  reçut  le  sien  en  don  gratuit  du 
Prince  Frédéric  Henri.  La  situation  de  ces  terrains  se  voit  dans  la  planche  ci-contre,  re- 
production aux  2  5  d'un  dessin  que  M.  Arnold  Ising,  à  la  suite  de  recherches  qu'il  a  bien 
voulu  faire  pour  nous,  a  trouvé  aux  Archives  Nationales.  C'est  évidemment  le  plan  original  de 
l'agrandissement  de  ce  côté  de  la  ville  et  du  parcellemcnt  du  terrain  à  mettre  en  vente.  On 
y  trouve  indiqués,  à  droite  du  Houtstraat,  deux  bâtiments  déjà  existants,  savoir,  l'Hôtel 
des  Députés  de  la  ville  d'  Amsterdam,  et,  à  coté,  la  maison  du  Secrétaire  Huygens.  Cette 
dernière,  précédemment  la  demeure  de  Mademoiselle  van  Mechelen  (voir  la  Lettre  N°.  855, 
note  5),  est  la  maison  où  Christiaan  Huygens  naquit  le  14  avril  1629.  Constantyn  la  vendit, 
en  1637,  au  Conseiller  Schotte.  En  1642  ,  les  Députés  d'Amsterdam  en  firent  l'acquisition; 
ce  ne  fut  qu'en  1736  qu'ils  résolurent  de  démolir  les  deux  bâtiments,  en  même  temps  que 
deux  autres  situés  au  côté  sud  de  leur  résidence,  pour  faire  construire  à  leur  usage  le  Palais 
actuellement  occupé  par  les  Archives  Nationales. 

Œuvres.  T.  IV.  64 


506  CORRESPONDANCE.     163". 


quel  orage  dieu  a  envoyé  fur  mon  chef  depuis  votre  partement.  Aveq  voitre  per- 
mïflion,  je  m'abftiendray  d'en  parler,  ne  le  pouvant  qu' aveq  de  la  commotion 


Les  terrains  concédés  à  Constantyn  Huygens  pour  la  construction  de  sa  maison  sont  les 
n°.  7  et  n°.  8 ,  celui  acquis  par  le  Prince  Maurice  le  n°.  6  du  plan.  Par  une  laveur  parti- 
culière du  Stadhouder,  Huygens  put  encore  disposer  d'une  partie  du  terrain  intermé- 
diaire, nommé  Akerland,  attenant  directement  aux  bâtiments  de  la  Cour.  C'était  une  espèce 
de  parc,  dont  les  arbres  servaient  de  liéronnière  pour  les  chasses  du  Stadhouder.  Huygens  ob- 
tint la  partie,  de  forme  triangulaire,  située  entre  le  fossé  qui  traversait  le  terrain  et  la  nouvelle 
Place;  il  en  lit  un  jardin  au  bout  duquel  il  bâtit  une  écurie.  Le  reste  de  l'Akerland  fut  trans- 
formé plus  tard  par  le  Comte  Maurice  en  un  jardin,  orné  de  grottes  et  de  statues,  qu'il  mit 
en  communication  avec  son  palais  au  moyen  d'une  galerie  souterraine. 

Comme  le;  deux  édilices  furent  bâtis  en  même  temps,  Huygens  put  profiter  de  ses  rela- 
tions avec  le  Comte  Maurice  pour  participer  aux  avantages  que  ce  dernier  tirait  de  sa 
haute  position,  dans  l'acquisition  et  le  transport  des  matériaux.  On  en  trouve  la  preuve  dans 
le  fragment  suivant  d'une  lettre  écrite  par  Constantyn  Huygens.  La  copie,  sans  adresse, 
porte  dans  les  „Lettres  Françoises"  la  date  du  1 1  avril  1634. 

„ Après  ce  peu  d'advis  en  matière  publique,  je  vous  fupplie  me  permettre  de  vous  demander 
le  voflre  en  quelque  chofe  de  particulier  qui  me  concerne.  C'eft  que  monseigneur  et  maif- 
tre  vient  de  rendre  un  fïgnalé  témoignage  de  l'honneur  de  fa  bienveillance  très  particulière 
en  mon  endroict,  parla  concelhon  gratuite  d'une  très-belle  pièce  d'héritage  longue  de  360 
pieds  et  large  de  80, 90  et  moins  vers  l'un  des  bouts;  fi  tué  le  long  de  ce  que  nous  nommons  icy 
l'Ackerland,  ou  la  Héronniere,  derrière  celle  Cour,  et  s'eftendant  ainfi  depuis  le  logis  que  va 
baftir  M.  le  Comte  Maurice,  jufques  au  Sieur  Volbergen  ,  place  vrayment  digne  d'un  beau 
bâtiment,  comme  aulîi  j'y  en  defTeigne  un  de  90  pieds  de  front ,  avecq  la  bafïè-cour,  galeries, 
et  autres  appartemens  le  tout  à  l'inftance  de  Son  Excellence,  qui,  par  affection  naturelle 
qu'il  porte  â  l'Architecture,  ne  celle  d'animer  un  chafeun  à  l'embelliflèment  de  la  Haye,  et  à 
mefmc  intention  m'a  honoré  de  ce  beau  préfent.  La  defeription  que  je  vous  en  fay  avecq 
tant  d'importunité,  ne  tend  qu'à  me  frayer  le  chemin  vers  celle  quellion  :  s'il  n'y  auroit 
moyen  de  pécher  (1  bien  dans  les  eaux  troubles  de  vollre  quartier,  que,  moyennant  la  grâce 
de  Alonfeigneur  le  Landgrave,  on  s'en  pourroit  faire  pourvoir  d'une  centaine  d'arbres  de 
chefne,  à  le  foulager  d'une  partie  de  la  defpenfe  que  ce  bâtiment  me  va  jetter  fur  les  bras, 
et  li ,  outre  la  faveur  que  j'ofe  m'en  promettre,  Monfieur  de  vollre  collé  vous  eflimez  qu'il 
y  en  ayt  par  deçà  que  j'y  puifl'e  utilement  employer,  fans  celle  de  Son  Excellence  mefme, 
que  je  ne  voudray  pas  faire  defeendre  à  une  intercellion  de  fi  peu  de  valeur.  Monfieur  le 
Comte  Maurice  a  trouvé  des  expédients  bien  adroicts  à  de  femblables  négociations,  et  s'ell 
faicl  pourvoir  en  forte  de  tous  colle/.,  que  je  penfe  qu'il  payera  richement  fa  mailbn  en  bois 
de  chefne,  mais  je  neprétens  nullement  me  prévaloir  de  comparailbns  fi  inefgales:  ains  de  me 
veoir  fublever  tant  foit  peu  par  l'addreUe  de  mes  amiz.  Parmi  lefquels,  Monfieur,  li  je 
m'avance  à  vous  ofer  ranger  en  celle  occafion:  je  vous  fupplie  d'en  attribuer  la  fource  à  la 
démonstration  qu'il  vous  a  pieu  toufiours  me  faire  de  l'honneur  de  vollre  amitié,  comme  à 
celuy  qui  de  longue  main  révère  vos  vertu/,  infignes  et  chéris  le  bien  de  leur  cognoilfancc. 
<  obligez  moy  ,  s'il  vous  plaid  ,  de  m'y  confirmer  de  la  fuitte  de  voz  courtoilies,  et  de  me  dire 
franchement,  fi  je  m'émancipe  à  des  prétentions  delbrdonnées  et  defquelles  les  ellécts  doib- 
vent  revenir  a  charge  du  Prince  à  qui  j'en  veux  par  vollre  entremilé.  Car  cela  eflant  je 
renonce  a  toute  impudence  et  me  condamne  fans  ablblution.  Mais,  li ,  comme  je  difoy  d'en- 
trée, il  y  apparence  de  retirer  quelque  planche  du  débris  que  l'ont  les  torrents  de  la  guerre 
dans  ces  milèraMes  Ibrells,  je  retourne  à  VOUS  prier  île  m'en  enfeigner  vos  adrellès  et  après 


CORRESPONDANCE.     1 637.  507 


d'efprk  mais  en  fin  c'ell  ce  qui  en  partie  m'a  mis  en  iaultc  de  ce  que  je  debvoy  à 
Vollre  Excellence  fur  ce  qu'il  luy  a  pieu  m'honorer  de  la  lettre  et  de  Ion  fouvenir 


tout  vous  conjure  de  donner  de  l'interprétation  favorable  à  mon  effronterie  et  de  faire 
ellat"  etc. 

Pour  faire  entrer  ces  bois  dans  le  pays,  à  travers  les  lignes  ennemies ,  le  Comte  Maurice 
adressa  au  gouverneur  espagnol  de  laGueldre,  don  Juan  Verdugo,  la  lettre  suivante,  datée 
du  8  août  1634,  que  nous  trouvons  dans  la  même  collection: 

„Monfieur,  Ayant  donné  ordre  avecq  le  Seigneur  de  Zuylichem,  Confeiller  et  Secrétaire 
de  Moufieur  le  Prince  d'Orange  qui  lignera  l'a  préfente  quant  à  raoy,  à  nous  faire  couper  le 
nombre  de  trois  cens  chefnes,  tant  fur  le  Roer  que  fur  la  Lippe,  pour  des  baftiments  que 
nous  faifons  à  la  Haye  l'un  auprès  de  l'autre,  je  m'avance  à  vous  fupplier  par  cèdes  qu'il 
vous  plaife  me  favorifer  de  vos  pafl'eports,  pour  les  gens  que  nous  employerons  à  coupper 
ledit  bois  et  à  le  mener  jufqu'à  Wefel,  pour  de  là  le  faire  defeendre  vers  Hollande.  Et 
fera-ce  un  effect  de  courtoifie  qui  m'obligera  autant  que  le  dit  Seigneur  de  Zuylichem  à 
m'en  reflentîr,  comme  je  debvray ,  aux  occafions  de  voftre  fervice,  et  à  vous  témoigner  que 
je  fuis"  etc. 

D'autres  fois  ce  furent  les  licences  pour  faire  descendre  de  la  Meuse  ,,500  muidsdechaulx" 
ou  ,,4000  pieds  de  pierre  bleue  4000  livres  de  clouds  de  fer  et  80000  ardoifes"  que  Con- 
stantyn  Huygens  put  obtenir  dans  l'Intérêt  commun  des  deux  propriétaires. 

Pendant  plus  de  trois  ans  la  construction  et  la  décoration  de  sa  nouvelle  maison  a  été  l'ob- 
jet des  soins  constants  et  minutieux  du  père  de  Christiaan.  A  Wicquefort  il  manda,  le  5 
décembre  1634,  „Tout  ce  que  j'ay  de  loifir  de  relie  s'en  va  aujourdhuy  à  l'Architecture  pour 
le  baftiment  que  j'ay  fondé  et  doibs  achever  l'année  qui  vient  s'il  plaift  à  Dieu.  Le  Sieur  van 
Campen  qui  m'eft  venu  veoir  à  ce  dellèin  m'y  allille  en  Vitruve  très  parfaift." 

Quoiqu'il  eût  confié  aux  célèbres  architectes  Jacob  van  Campen  et  Pictcr  Post  la  tâche 
de  dresser  les  plans  et  de  surveiller  l'exécution  de  son  palais,  il  s'en  occupait  lui-même,  jusque 
dans  les  camps  où  il  dut  suivre  son  illustre  maître.  Il  prenait  conseil  d'amis  compétents,  tels 
que  Wicquefort  et  Rubens,  tout  en  les  avertissant  qu'il  ne  se  proposait  en  son  architec- 
ture „qu'unc  (implicite  de  bonne  grâce"  et  „à  faire  renaiftre,"  comme  il  écrivait  à  Ca- 
landrini,  „les  bonnes  régies  de  l'ArchitecUire  ancienne,  dépravée  et  aba'itardie  quasi  en 
touts  endroicts  de  pardeçà  vos  montagnes."  Constantyn  se  réservait,  en  effet,  à  l'égard  des 
avis  qui  lui  parvenaient,  une  entière  liberté.  C'est  ainsi  qu'il  répond  à  Wicquefort  que  la 
tonne  de  toit  proposée  par  ce  dernier  ne  lui  convient  pas:  „Je  trouve  le  chapeau  de  caftor 
que  vous  me  propofez  de  trop  de  prix  et  d'éclat  pour  la  brique  qu'il  debvroit  couurir.  .  .  . 
J'ay  defià  apprins  que  le  toict  ne  doibt  trop  peler  à  la  maifon." 

11  parait  même  que  la  mère  de  Christiaan,  pendant  que  le  père  se  trouvait  au  siège  de 
Breda,  a,  par  ses  conseils,  pris  une  part  active  au  couronnement  de  l'édifice.  Le  poème 
que  Constantyn  Huygens  a  dédié  à  ses  enfants  „De  vita propria inter liberos  libriduo"eu 
fait  foi  en  ces  vers: 

„Illam    domum) 
[ngenio  meditata  fuo,  qua  parte  probatur 
Maxime,  ad  extremum  perduxit  fedula  culmen  . 
Dum  caflris  allixns  ego  mea  défera  cadra 
Et  meus  ad  Bredam  magno  molimine  princeps 
Fulminât,  et  late  ejechtm  profligat  Iberum." 

L'achèvement  du  bâtiment  a  coïncidé  avec  le  plus  grand  malheur  qui  pût  affliger  Cou- 


5c8  CORRESPONDANCE.     1  637. 


a  plufieurs  lois,  et  à  fi  grand  intervalle  de  pais.  Depuis ,  l'armée  m'a  entraîné  et 
enveloppé  dans  les  occupations  que  vous  fcavez  Monfeigneur,  couftumières  à  ma 
profeffion.  S'il  vous  plaift  retourner  à  voftre  ancienne  bonté  et  me  tenir  abfouls 
fur  ce  peu  d'excufes  légitimes,  j'en  lairray  là  le  difcours  et  vous  diray  d'entrée 
qu'après  ceux  qui  ont  l'honneur  de  vous  appartenir,  il  n'y  a  perfonne  au  monde 
qui  prenne  plus  de  part  que  moy  à  l'honneur  que  vous  a  porté  cette  glorieufe  en- 
trée dans  voftre  commandement 2) ;  Dieu  profpere  ces  grands  commencements, 
et  vous  doue,  Monfeigneur,  de  la  grâce  d'aller  toufiours  abattant  l'orgueil  de 
noftrc  puifïant  enemy,  quy,  comme  vous  aurez  feeu,  a  aflez  honeftement  pati  en 
Europe  toute  celte  année,  et  ne  nous  en  fault  qu'un  peu  de  femblables  pour  venir 
a  chef  d'un  grand  ouvrage. 

Pour  ce  qui  regarde  les  contemplations  particulières,  Monfieur  van  Campen  3) 
et  moy ,  nous  joignons  journellement  nos  regretz  aux  voftres  de  ce  que  des  Chref- 
tiens  ayent  peu  refoudre  a  ravager  une  11  belle  ville  que  voftre  Olinda4), mais  il 
nous  confolera  de  veoir  arriver  le  débris  que  vous  promettez  pour  Pembellifïè'ment 
de  voftre  baftiment  et,  à  bien  confidérer  les  beaux  matériaux  que  vous  fpecifiez  à 
eelt  effeét,  tant  de  bois  qu'en  pierre  ,  il  nous  eft  advis  qu'un  petit  Temple  de  Salo- 
mon  doibt  refufeiter.  Mais,  Monfeigneur,  ceftuy-la  fut  eflevé  fans  bruiétde  feie 
ni  marteau,  obligez  nous  de  croire,  que  ceftuy-ci  ne  s'eflevera pas  ainfi  et , hu- 
meurs nouvellieres,  de  donner  quelqu'  ordre  a  y  travailler  peu  a  peu.  Je  fcay  bien, 
que  vous  y  avez  toutes  inclinations,  mais  fi  vous  aviez  veu  la  belle  vue  de  ce  magni- 
fique carrefour  où  vous  cites  logé,  il  ne  vous  feroit  poifible  d'en  retirer  la  main. 


stantyn.  Son  épouse,  Suzanna  van  Baerle,  celle  qu'il  célébrait  comme  son  „étoiIe,"  suc- 
comba, le  10  mai  1637,  après  qu'elle  eut  rempli  le  plus  cher  de  ses  vœux  en  lui  donnant 
une  fille.  Il  entra  seul  avec  ses  enfants  dans  sa  nouvelle  demeure: 

„Cum  grege  parvo 

Et  lachrymis  commigravi,  defertus  ab  illa 

Aeternum  mihi  deploranda  compare  turtuj." 

2)  Le  Comte  Maurice,  nommé  à  l'âge  de  32  ans  Gouverneur  du  Brésil,  y  débarqua  au  com- 
mencement de  1  637  avec  une  armée  de  3000  hommes.  Son  entrée  en  campagne  fut  brillante 
il  mit  en  déroute  les  forces  de  beaucoup  supérieures  du  comte  espagnol  Bàgnola,  et  s'empara 
de  Porte  Calvo,  capitale  de  la  province  Alagoas  au  sud  de  Fernambuc. 

3)  Jacob  van  Campen,  le  célèbre  architecte  de  l'Hôtel  de  Ville,  actuellement  Palais  Royal . 
d'Amsterdam,  naquit  vers  1505  a  Harlem  et  mourut  a  Randenbroek  le  13  septembre  1657. 
("est  de  sa  mère,  Gerritgen  Claas  Berends  de  Randenbroek,  qu'il  hérita  la  propriété  à  la- 
quelle il  dut,  le  titre  de  Seigneur  de  Randenbroek. 

En  [624  il  alla  étudier  la  peinture  a  Rome,  mais  sa  véritable  vocation  était  l'architecture. 
Il  a  bâti,  entre  autres,  le  Trippenhuis  a  Amsterdam,  actuellement  siège  de  l'Académie 
Royale  des  Sciences,  et  la  Maison  de  Rijswijk,  où  eurent  lieu  les  négociations  de  la  paix 
de  io~o.-. 

La  ville  Olinda,  conquise  sur  les  Espagnols  par  I  [endrik  Lonk,  le  15  février  1^30.  l'ut  aban- 
donnée et  brûlée  quelques  mois  plus  tard. 


CORRESPONDANCE.     1  637.  509 


Du  relie ,  maintenant  que  le  pave  eft  achevé  de  tous  collés ,  les  ordures  dehors ,  le 
Pooten  de  fa  jutle  et  fplendide  largeur,  et  (j'oie  adjoufter  cette  lbttife)  ma  maifon 
allez  honellement  rculîîe,  les  arbres  grandelets,  la  plaine  verte,  horfmis  une  belle 
croix  pavée  et  en  fin  touts  delbrdrcs  réglez,  il  y  a  de  quoy  amufer  la  veue  des  cu- 
rieux et  ne  m'en  puif-je  fort  faouler,  quoy  que  je  le  voye  tous  les  jours.  Que  li 
Vollre  Excellence  daigne  encor  entrer  chez  moy,  je  continueray  de  luy  dire  que 
je  me  trouve  grandement  fatiffaict  du  devis  de  mes  appartements.  La  BalTecour  pa- 
roift  belle  et  fpatieufe  à  merveilles,  au  prix  de  l'apparence  d'autrefois;  celle  vers 
le  jardin,  en  forme  de  terralTe  (où  on  delcend  par  une  forte  de  degrez  infenlibles) 
encor  plus.  Les  chambres  et  falons  de  grandeur  allez  ample  et  proportionnée, 
point  de  cheminée  qui  fume  et  femblables  petits  fuccez,  qui  n'arrivent  pas  tous 
les  jours.  Seulement  les  grolfes  pluyes  extraordinaires  qu'il  a  faiéles  ont  un  peu 
incommodé  mes  galeries  plombées ,  et  quoy  qu'il  y  foit  allez  bien  pourveu ,  je  dé 
libereray  l'année  qui  vient  s'il  ne  fera  bon  de  les  couvrir  d'ardoise.  De  tout  ce  fu- 
perbe  Palais  Poil 5)  me  marque  des  portraits 6),  en  diverlés  veues  et  ententes.  Sur 
l'on  delTein  je  les  feray  graver  d'eau  forte,  pour  en  envoyer  des  copies  à  mes  amiz,  et 
Vollre  Excellence  n'en  efchappera  pas  l'importunité  a  fon  tour.  Au  dedans,  tout  ell 
honellement  meublé  et  adjullé,  refervée  la  pièce  capitale  que  Dieu  m'a  enlevée, 
premier  que  j'y  entralTe.  Sa  volonté  foit  faicte,  mais  il  fçait  à  quel  point  cette 
playe  m'a  touché.  En  fin  cette  bonne  moitié  du  logis,  qu'une  fi  chère  moitié  de- 
vait occuper,  fert  a  prefent  à  ce  qui  me  relie  d'elle  de  plus  cher  au  monde,  ce  font 
quatre  fils  et  une  fille  de  fix  moiz.  En  cette  petite  république  je  m'évertue  a  enle- 
ver7)  ma  Bourgeoific  en  vertu  et  feience  et  auriez  vous  de  la  peine,  Monfeig- 
neur,  a  croire,  quels  progrez  y  font  mes  cfcoliers  depuis  48)  moiz,  qu'un  précep- 


5)  Sur  Pieter  Post,  voir  la  Lettre  N°.  829,  note  38.  Avec  son  frère,  le  peintre  Frans  l'os' ,  il 
accompagna ,  en  1636,  le  Comte  Maurice  de  .Nassau  au  Brésil,  où  il  dirigea  !a  fondation  de 
la  ville  Mauritsstad  et  bâtit  le  palais  Vryburg  du  Gouverneur,  ainsi  qu'une  église  protestante. 
De  retour  à  Harlem  en  1638 ,  il  y  épousa  Rachel  Ridders,  dont  il  eut  plusieurs  enfants, parmi 
lesquels  un  lils  Maurits,  qui  eut  pour  parrain  le  Comte  Maurice  lui-même,  devint  ar- 
chitecte. Après  avoir  fait  à  Harlem  les  plans  pour  l'agrandissement  de  la  ville,  il  se  fixa  a  la 
Haye. Parmi  les  nombreux  édifices,  bâtis  ou  décores  d'après  ces  plans  ou  avec  sa  collabora- 
tion, on  cite,  outre  le  Mauritshuis  et  la  maison  de  Huygens,  la  salle  des  séances  des  Etats  de 
Hollande,  actuellement  salle  des  séances  de  la  première  Chambre  des  Etats  Généraux 
il  dessina  les  plafonds,  la  salle  d'Orange  du  Palais  au  Bois,  la  maison  du  greffier  Buysero,  de- 
venue plus  tard  le  palais  du  Prince  Frédéric  des  Pays-Bas,  la  maison  de  faillirai  Tromp, 
l'établissement  de  bienfaisance  dit  Hofjc  van  Nieuwkoop,  la  Tour  des  Cygnes  à  Clèves,  la 
maison  Zwanenburg  à  mi-chemin  entre  Amsterdam  et  Harlem,  l'hôtel  de  ville  de  Maestricht 
et  le  Poids  public  de  Gouda. 

6~)    Voir  la  note  1  de  la  Lettre  suivante. 

")  lisez:   ellever. 

8)    Le  copiste  a  écrit  9  moiz.  La   même   erreur.    9  au  lieu  de  4.  se  rencontre  dans  la  date, 
1 1  avril  1634,  de  la  lettre  citée  dans  la  note  de  la  page  504. 


510  CORRESPONDANCE.  1637,  1639. 

tour 9)  exprès  les  gouverne,  mais  j'ay  honte  de  me  voir  deicendre  fi  bas,  et  que  le 
papier  me  manque  plus  toft:  que  je  ne  me  fuis  advifé  de  mon  impertinence,  en  vous 
ennuyant  de  mes  difeours  de  rien.  Pardonnez  Monfeigneur,  comme  vous  avez 
touiiours  faict,  à  celuy  que  voftre  bonté  a  rendu  recognoiffant  de  ce  qu'il  vous 
doibt,  et  aggreez  que  je  vous  aye  faict  repaffer  un  moment  à  la  Haye,  hors  des 
grandes  et  illuftres  occupations  qui  vous  exercent  par  de  là.  J'ay  accouftumé  de 
defennuyer  mon  maiftre  (comme  il  nous  en  fouvient)  par  des  difeours  d'Archi- 
tecture au  fort  de  lés  grandes  affaires  :  icy  je  pretens  avoir  faiét  la  mefme  chofe, 
car,  pour  avoir  un  feul  maiftre  à  qui  je  doibs  le  tout,  je  ne  laifle  pas  d'eftre  fans 
retour 

Monseigneur,  etc. 


A  la  Haye  où  il  nous  tarde  fort  de  voir  arriver  de  vos  portraits  Indiens  mais 
bien  plus  des  nouvelles  de  la  santé  de  Voftre  Excellence,  qui  avoit  cité  efbranf- 
lce,  félon  les  derniers  aduiz. 


17e  de  novembre  1637. 


IL 

CONSTANTVN    HuYGENS,    père,    à    P.    P.    RuBENS. 

1   JUILLET    Io"39- 

La  copie  si     roi  <■■   à  Amsterdam,  Académie  Royale  des  Sciences. 

Monsieur 

Je  penfe  m' acquitter  d'une  vielle  debte,  en  vous  offrant  ces  tailles  douces').  Au 
moins  ma  mémoire  me  femond  d'un  peu  de  mention  que  je  vous  ay  faiefe  autrefois 


y)   Abraham  Myrkenins,  qui  d'après  le„Dagboek"  entra  dans  [a  famille  le  17 juillet  \6y 


'  j    On  trouve  au  Musée  municipal  de  la  Haye  la  collection  complète  île  ces  tailles-douces.   Elle 
se  compose  des  pièces  suivantes: 
1.  Façade  do  la  maison. 
1.  Façade,  en  partie  enlevée  pour  faire  voir  l'intérieur. 

3.  Vue  de  coté. 

4.  Façade  postérieure. 


CORRESPONDANCE.    1639.  511 


de  ce  Bafliment.  Soit  obligation  anciene ,  ou  nouvelle  importunité,  voyci  le  mon- 
ceau de  Brique  que  j'ay  eflevé  à  la  Haye ,  en  un  lieu ,  que  j'ofe  bien  nommer  des 
plus  illuftres  du  Village.  Quand  je  l'entamay ,  la  main  de  l'Eternel  ne  s'eftoit  en- 
cor  appefantie  fur  moy.  Je  vivoy  doublement,  dans  la  Sainfte  compagnie  di  lei 
ch'è  lalita  Atantapace,e  m'ha  lafciato  in  guerra  et  d'où  je  ne  puis  feno  hauer 
l'aima  trilla,  Humidi  grocchi  fempre  ,  e'1  vifo  chino.  C'eft  ce  qui  me  porta  à  celle 
égalité  régulière  de  part  et  d'autre ,  que  vous  trouverez  en  ces  départements ,  que 
vous  fçavez  avoir  tant  pieu  aux  Anciens,  et  que  les  bons  Italiens  d'aujourdhuy  re- 
cherchent encore  avec  tant  de  foin  :  diftribuant  les  quartiers  des  deux  chefs  de  fa- 
mille en  deux  Sales ,  deux  chambres ,  deux  Garderobes,  deux  Cabinets  et  autant 
de  Galeries.  Le  tout  feparé  par  une  fale  d'entrée,  ou  veflibule,  et  couplé  fur  le 
derrière,  par  la  communication  d'un  paflage  privé.  Aujourdhuy,  ce  qui  auoit 
elle  defliné  pour  la  Mère,  fert  aux  Enfants,  et  a  ceux  qui  les  gouvernent,  ma 
portion  eil  du  collé  du  jardin ,  que  je  découvre  à  gauche  :  à  droiéle  tout  ce  qui  fort 
et  entre  par  la  BafTecour,  et  fur  le  devant  une  excellente  Plaine,  ceinte  de  Balle- 
mens ,  que  grands,  que  médiocres;  clofe  de  deux  rangs  de  Tilieux  au  croiflànt  de 
leur  aâge,  et  rebordée  d'un  pavé  de  Rue  de  36.  pieds,  dont  le  collé  que  Manquent 
les  faillies  de  mes  Galeries  s'eftend  en  ligne  droiéte  à  quelques  mil  pas. 

Je  vous  prie  de  jetter  l'œil  fur  le  relie ,  et  de  m'en  dire  franchement  voftre  ad- 
vis.  Si  vous  ne  me  donnez  que  l'approbation  que,  pollible,  j'auray  méritée  en 
quclqu'endroicl  j'ellimeray  que  vous  me  cachez  la  cenfure  qui  me  pourroit  fervir 
d'inilruélion  et  à  d'autres  d'advertiïïement.  Mon  defïéin  eiloit  d'adjoufter  à  ces 
Imprimez  (dont  je  garde  les  Planches  à  moy  feul)  une  forte  de  diflertation  latine, 
a  mes  enfants ,  par  où ,  après  moy ,  ils  demeurailènt  informez  des  raiions  et  jultifi- 
cations  de  monfaiél,  et  me  fulïe-je  laifTé  entraîner,  h  celle  occafion  en  des  confi- 
dérations  non  inutiles  fur  le  fubjeét  de  l' Architecture  anciene  et  moderne;  mais  les 


5.  Plan  du  rez-de-chaussée. 

6.  Vue  d'ensemble  de  la  maison  et  du  mur  du  jardin  avec  l'écurie. 

Nous  avons  pu  retrouver  le  cuivre  original  du  N°.  2.  M.  W.  J.  Huygens,  à  la  Haye,  a  en 
l'obligeance  de  nous  le  céder  pour  en  faire  tirer  la  planche  qu'on  trouve  à  la  lin  de  ce  Volume 
avec  une  autre,  qui  est  la  reproduction  photolithographique  du  N°.  6. 

En  tête  de  ce  Volume  nous  avons  placé  la  phototypie  d'un  dessin,  attribué  à  Abraham 
Rademaker  (1675 — 1725),  représentant  la  maison  de  Huygens ,  le  Mauritshuis,  et,  à  l'autre 
coin  du  Vyverberg,  la  maison  d'Odyk. 

Parmi  les  amis,  auxquels  Constantyn  Huygens  envoya  ces  tailles-douces,  nous  rencontrons 
de  Balzac.  Celui-ci  répondit  :  ,,En  dépit  du  démon  et  de  ("es  malices,  voicy  vos  faveurs  arrivées 
au  port,  après  (ix  mois  de  voyage,  et  j«  vous  donne  advis  que  j'ay  receu,  avec  voftre  belle 
lettre,  le  plan  de  voftre  belle  maifon.  Pour  juger  du  mérite  d'un  ouvrage  li  achevé,  il  tau- 
droit  avoir  des  yeux  plus  scavants,  que  je  ne  les  ay,  et  mieux  purgez  des  vapeurs  terrellres 
et  de  la  barbarie  de  la  province.   Il  faudroit  élire  de  Rome  et  non  pas  de  ce  village." 


12  CORRESPONDANCE.     1 639. 


divertiflèmens  de  mes  charges  occupent  jufques  a  prefent  la  plus  parc  du  loifir  que 
cela  requerroit.  Je  verray,  li  ces  moiz  de  campagne  m'y  fourniront,  ce  que  la  Gar- 
ni Ion  m'y  refufe,  et  en  ce  cas  retourneray  à  vous  faire  part  de  mes  reiveries; 
fâchant  combien  vous  avez  déféré  a  celte  eftude  par  lepaifé,  et  avecq  combien 
d'applaudiffement. 

Son  AltefTe  s'eft  refjouie  de  vous  feavoir  relevé  d'une  forte  maladie;  depuis  la 
quelle  apprenant  que  vous  avez  encor  ramené  la  main  au  Peinceau,  elle  m'a  com- 
mandé de  feavoir,  fi  vous  auriez  aggreable  de  luy  embellir  une  cheminée  dont  les 
mefures  vous  feroyent  envoyées ,  de  quelque  Tableau  ,  dont  l'invention  fuit  toute 
voftre ,  comme  la  façon  ;  qu'on  ne  défireroit  que  de  trois  ou  quatre  figures  pour 
le  plus,  et  que  la  beauté  des  femmes  y  fuit  elabourée  con  amorc,  ftudio  c  dili- 
genza.  J'attendray,  s'il  vour  plaift,  quelle  inclination  vous  y  avez  ,  et,  pour  toute 
la  miene  vous  affeureray,  qu'elle  bond  de  paillon,  a  vous  faire  veoir  aux  occaiions 
de  voftre  fervice,  que  je  fuis 

Monsieur 

Voftre  trefobeiflant  et  très  acquis  feruiteur 

Au  camp  foubs  Philippine,  le  2c  de  Juillet  1^39. 


CORRESPONDANCE.     I  658.  5  I  3 


Ns  455"- 

S.    DE    SORBIÈRE    à    Tll.    HûBBES  '). 
I     FÉVRIER    1658. 

La  lettre  a  été  publiée  dans  Sorbiere,  Lettres  et   Discours?). 

A  Monsieur  Hobbes. 

Reglemens  de  l'Affemblée  de  Phyficiens,  qui  fe  fit  à  Paris, 
chez  Monfieur  de  Montmor  l'an  1657. 


Monsieur 


Pendant  mon  feiour  à  Paris  ie  n'ay  celle  de  vous  y  fouhaiter,  pour  le  particu- 
lier aduantage  que  i'eufle  retiré  de  voftre  conuerfation  :  mais  maintenant  ie  vous 
y  fouhaitterois  aufli  pour  Pintereft  du  Public,  qui  auroit  occafion  de  fe  preualoir 
de  voftre  prefence  en  l'Aflemblée  dont  ie  vous  ay  parlé.  le  vous  ay  dit  en  mes 
Lettres  précédentes ,  que  Monfieur  de  Montmor  m'ayant  fait  l'honneur  de  me 
communiquer  le  deffein  qu'il  auoit  de  receuoir  chez  luy  vn  certain  nombre  de 
perfonnes  choifies  pour  s'entretenir  de  Queftions  naturelles,  ou  d'expériences  & 
de  belles  inuentions;  il  me  donna  charge  de  faire  vn  proiedl  de  la  manière  en  la- 
quelle on  pourroit  former  des  Conférences,  qui  tournaient  a  l'vtilité  publique, 
au  Ai  bien  qu'au  diuerriflement  de  ceux  qui  y  entreroient.  le  dreflay  auec  Monfieur 
du  Prat3)  quelques  Articles,  qui  furent  prefentés  à  la  première  Aflemblée  qui  fe 
trouua  formée  de  bon  nombre  de  perfonnes  curieufes.  Ils  y  furent  examinés,  auec 
quelque  conteftation  de  la  part  de  ceux  qui  ne  vouloient  pas  eferire.  le  vous  les 
enuoye,  puis  que  vous  me  les  demandés;  &  ie  feray  bien  aife  qu'ils  foient  veus 
de  tout  le  monde:  pource  qu'ils  tefmoigneront  noftre  bonne  intention,  &  qu'ils 
ne  feront  peut  eftre  pas  inutiles  a  ceux  qui  voudront  s'appliquer  aux  mefmes  re- 
cherches que  nous  nous  fournies  propofées.  Le  fiecle  de  fer  ne  durera  pas  ton  f- 
iours;  la  Paix  reuiendra  à  fon  tour  vifiter  la  Terre;  les  Mufes  ne  feront  pas  éter- 
nellement exilées;  les  Arts  refufeiteront;  les  Sciences  reprendront  leur  place; 


')  Nous  reproduisons  ici  le  premier  Règlement  des  assemblées  qui  eurent  lieu  chez  de  Mon- 
mor,  pour  pouvoir  le  mettre  en  regard  du  projet  de  règlement  que  nous  axons  l'a i !  con- 
naître dans  la  pièce  N°.  1105,  et  compléter  ainsi  les  données  historiques  qui  existent  au  sujet 
de  l'origine  de  l'Académie  des  Sciences  de  Paris. 

;)    Lettres  et  Difcovrs  de  M.  de  Sorbiere.  Voir  la  Lettre  N°.  980,  note  3. 

3)    Du  Prat  fut  conseiller  et  médecin  ordinaire  de  Louis  XIV. 

Œuvres  T.  IV.  65 


514  CORRESPONDANCE.    1658. 


&  vne  plus  douce  influence  des  Aftres,  que  celle  qui  ne  produit  auiourd'huy  que 
des  foldats  &  les  Capitaines,  produira  derechef  des  Gilberts  4),  des  Baccons, 
des  Haruaees,  des  Fra  Paolo5),  des  Galilécs,  des  Merfcnnes,  des  Defcartes, 
ce  des  GaflTendis.  Il  eft  de  la  gloire  de  noftre  age  que  ces  Illuftres  perfonnes 
apprenent  h  leur  retour,  que  malgré  la  barbarie  au  milieu  de  laquelle  nous 
auons  vefeu,  il  s'eft  trouuévn  aflfës  grand  nombre  d'honneftes  gens  qui  n'ont  pas 
laide  d'aimer  les  eftudes  Philolbphiques,  &  aufqucls  il  n'a  pas  tenu  qu'  en  fui  te 
des  grandes  ouuertures  que  ceux  que  ie  viens  de  nommer  nous  ont  faites ,  les  cho- 
ies ne  foient  mieux  allées  qu'elles  ne  vont  pour  Paduancement  de  toutes  nos  cog- 
noiflTances.  Quand  ie  vous  auray  nommé  vne  partie  de  ceux  qui  compofent  noftre 
Aflerablée  vous  m'aduouërés  qu'il  feroit  mal  aifé  d'en  compofer  ailleurs  vne  pa- 
reille, encore  qu'on  la  choifift  parmi  tout  ce  qu'il  y  a  de  curieux  hors  de  Paris,  & 
peut  eftre  hors  de  ce  Royaume.  Mais  il  vaut  mieux  vous  faire  voir  promptement 
ce  que  vous  délires. 

.  //•/.  /.  Que  le  but  des  Conférences  ne  fer/:  point  le  vain  exercice  de  Vefprit  à  des 
fubtilités  inutiles  ;  mais  qu'on  fe  propofera  toufiours  la  plus  claire  cognoiffance  des 
oeuures  de  Dieu,  cr'J  Faduancement  des  commodités  delà  vie,  dans  les  Arts  &  les 
Sciences  qui  feruent  à  les  mieux  ejlàblir. 

1  f.  Que  celuy  qui  prefule  établira ,  de  Vaduis  de  In  Compagnie ,  la  que  (non  pour 
la  conférence  prochaine ,  <£?  priera  nommément  deux  perfonnes  qu'il  en  iugera  des 
mieux  informées  de  rapporter  leur  fentiment,  laiffant  aux  autres  la  liberté  d'eu 
dire  leurs  peu  fées. 

ni.  Que  ces  aduis  feront  leus  &  donnés  par  efc rit,  en  ternies  courts  &  pleins 
de  r ai  f  ornement ,  fans  aucune  amplification  ny  authorités. 

IV.  Qu'ils  feront  leus  fans  interruption  ;  les  deux  perfonnes  choifies  ayans  les 
premières  produit  les  leurs. 

V.  Qu'après  toutes  les  le&ures  chacun  dira  par  ordre,  <£?  en  peu  de  mots ,  les 
obie&ions  ou  les  confirmations  fur  ce  qui  aura  efié  leu.  Et  qu'après  la  refponce,  on 


4)  William  Gilbert  naquit  en  1540  à  Colchester  et  mourut  le  30  novembre  1603  a  Londres. 
Après  avoir  beaucoup  voyagé,  il  s'établit  a  Londres  comme  médecin,  fut  admis  en  1573 
dans  le  Surgeon's  Collège  et  devint  médecin  de  la  cour.  Il  était  bon  observateur  ci  es( 
célèbre  par  son  ouvrage  „de  Magnete." 

s)  Pietro  Sarpi  Fra  Paolo,  Panlus  Venetus,  Paolo  Servita),  fils  d'un  négociant  ruiné  et  de  la 
r  de  Fra  Ambrosio  Morell,  naquit  le  14  août  1552  a  Venise,  où  il  mourut  le  15  janvier 
1023.  D'abord  professeur  a  MantOlie,  il  fut  rappelé  a  Venise,  y  devint  provincial  des  ser- 
vîtes, s'occupa  crérudes  diverses  et  fui  en  correspondance  avec  les  savants  de  son  temps. 
En  1600  il  devint  théologien  canonique  de  la  république,  dont  il  soutint  les  droits  contre 
l'excommunication  prononcée  par  le  pape  Paolo  V.    Il  a  laissé  nombre  d'ouvrages. 


CORRESPONDANCE.     1658.  5  I  5 


n'infiftera  pas  davantage,  fans  la  permifjion  particulière  de  celuy  qui  prefide. 

VI.  Que  l'on  pourra  envoyer  fon  aduis  fur  la  que  fini  propofée ,  quand  on  ne 
pourra  pas  venir  en  perfonne. 

VIL  Que  f  Ajfemblée  priera  ceux  qui  en  ont  occafion,  d?  entretenir  correfpon- 
danec  auec  les  fçauans  de  France  &  des  pays  efirangers  ;  afin  d'apprendre  d'eux  ce 
qui  fe  prépare ,  ou  ce  qui  eft  défia  publié,  ou  decouuert  dans  les  Arts  &  les  feiences; 
dequoy  V  Ajfemblée  fera  informée  en  fe  feparant. 

VIII.  Que  l' Ajfemblée  eflant  formée,  on  n'y  admettra  plus  perfonne  qui  ne  le 
demande,  &  par  le  confentement  des  deux  tiers  de  la  compagnie  pre  fente,  lors  qu'on 
en  fera  la  proportion. 

IX.  Qu'on  n'admettra  point  d'autres  que  les  Membres  de  V Ajfemblée  dans  le 
lieu  de  Conférence ,  qui  fera  toute  compofée  de  per formes  curieufes  des  chofes  natu- 
relles ,  de  la  Médecine ,  des  Mathématiques,  des  Arts  libéraux,  &  des  Mechani- 
ques;  fi  ce  n'efl  qu  auparauant  on  ait  demandé  per  mi ffion  d'y  amener  quelque  homme 
de  mérite. 

Sur  ce  plan  nous  auons  commencé  de  baftir  nos  Conférences  ,&  défia  nous  y 
auons  traifté  méthodiquement ,  &  auec  vue  parfaiéïe  exactitude  beaucoup  de  cho- 
fes importantes.  Mais  vous  nous  manques  au  befoin,  Monfieur,  auffi  bien  que  le 
bon  Père  Minime  6) ,  &  le  fage  Monfieur  Gafïendi ,  auquel  ie  m'adrefle  en  vnc 
Préface  que  ie  mettray  au  deuant  de  fes  oeuures  7) ,  &  en  laquelle  ie  parle  de 
noftre  Aflèmblée. 

Ad  lis  tu  quoque  praefens,  optime  Gafjende,  vt  modefliae  &  fapientiae  tùae  fem- 
per  omnium  animis  obuerfetur  imago!  Equidem  pofl  édita  opéra  tua nihil  décrit 
quominus  te  totum  videamus;  neque  tantum  vigilijs  luis  &  eruditione  tua  fruamur; 
fed  &  ocutts  perpetuo  in  fapientiam  tuam  defixis',  illà  potiore  tui  parte  imitemur 
veram ,  cuius  tam  clarum  exemplum  praebui/li ,  philo  fophandi  rationem.  Intercris 
quoque,  quà  Terrae  patent,  pofl  innumerabilem  annorum  feriem  (iudijs  hominum  ad 
bonam  mentem  contendentium ,  vt  fi  qui  reperiantur  olim  quos  iuuet  ad  hue  bar/ \ 
vel  meteoraticè  philo fophantium  lecfio,  vnum  illud  Ciceronis  in  redargutionem  v  fur- 
pari  poffit  ;  Quae  efl  autem  i/la  inter  hommes  tanta  dementia:  fru gibus  inuentis,  vt 
glande  vefeantur. 

Dieu  vucille  que  ie  fois  Prophète,  au  fouhait  que  ie  fais  qu'on  imite  la  Mo- 
dcltic  de  Monfieur  Gafïèndi,  que  fon  efprit  doux  &  tranquille  règne  dans  noftre 
Aflèmblée,  &  que  cette  nouuelle  Académie  ne  trompe  point  les  efperances  que 
peuuent  donner  les  reglcmens  que  ie  vous  enuoye.  Mais  il  eil  bien  à  craindre, 


Marin  Mersenne. 

Consultez  l'ouvrage  cité  clans  la  Lettre  N  J.  235 .  note  y. 


516  CORRESPONDANCE.    1658. 


comme  i'auois  commencé  de  dire,  que  vous  ne  nous  manquiés  au  befoin,  auili 
bien  que  les  deux  autres  Philofophës  qui  ne  font  plus  i:).  Nous  ne  fçaurions  nous 
preualoir  de  voftre  efprit  fubtil  &  pénétrant,  de  voftre  gayeté,  &  de  vos  pen- 
fées  toufiours  pleines  de  quelque  docte  allufion,  ou  de  quelque  nouueauté  fur- 
prenante;  non  plus  que  nous  ne  pourrons  point  profiter  de  la  douceur,  de  la 
modération,  6k  du  ingénient  exquis  de  celuy  que  i'ay  dépeint  &  propofé  en 
exemple,  ny  de  la  diligence  &  de  la  facilité  du  bon  Religieux,  que  vous  nommiés 
fi  galamment  le  bon  larron;  pource  qu'il  eftoit  continuellement  en  action  pour 
recueillir  les  raifonnemens  d'autruy ,  &  pour  en  faire  part  à  tous  ceux  qui  les  vou- 
loicnt  entendre.  Mais  il  me  relie  la  confolation  de  vous  efcrirc,  &  de  receuoir 
quelques  lois  de  vos  Lettres,  ou  de  voir  celles  qui  s'adreflent  à  nos  deux  chers 
amis,  Monfieur  du  Bofc  y)  &  Monfieur  du  Prat 3),  &  dans  lefquelles  ic  trouuc  touf- 
iours des  marques  de  voftre  fouuenir.  le  vous  fupplic,  Monfieur,  de  ne  vous 
point  lafler  de  m'en  donner  de  nouuelles ,  &  de  croire  que  la  pofîeflion  de  voftre 
amitié  nl'eft  fi  chère,  qu'il  n'y  a  rien  que  ie  ne  voulufle  faire  pour  me  la  conferuer. 
Je  fuis, 

Monsieur, 

Voftre  tres-humble  &  tres-obeïflant  &c. 
A  Paris  le   i.  de  Febrier  1658. 


Marin  Mersenne  mourut  le  1er  septembre  [648,  Pierre  Gassendi  le  26 octobre  1655. 
Dubosc  lin  conseiller  el  secrétaire  du  Roi,  gentilhomme  servant  delà  Reine. 


CORRESPONDANCE.    l66l 


517 


N°  828". 

Leopoldo  de  Medicis  à  Christiaan  Huygens. 

2  1     JANVIER     l66l    '). 
La  Litre  s<    trouy,    à   Florence,  Bibliotheca    Vazionale. 

11  medefimo  Signore  Principe  Leopoldo  Al  Signore 

Cristiano  Vgenio  li  xi  di  Gennaio  1660  Ab 

Incarnatione  [  1 66 1  ]. 

Havendo  io  intefo  che  Voftra  Signoria  non  fi  fia  partira  altrimenti  da  cotefte 
Parti  corne  mi  haveva  fignificato,  ho  ftimato  bene  mandarc  a  Voltra  Signoria, 
liante  l'occafione  molto  opportnna  e  ficura  che  mi  fi  porge  del  Signore  Marchefe 
Giovanni  Vincenzo  Salviati 2)  mandato  dal  Sereniffimo  Gran  Duca  mio  Signore 
fratello  in  qualità  di  fuo  Ambafciatore  ftraordinario  a  Sua  Majefta  Britannica,  un 
libro  dato  pochi  mefi  fono  alla  luce  3)  dal  noitro  Viviani 4)  Matematico.  Lo  invio 
al  Signore  Francefco  Ferroni  s),  accio  che  egli  fi  contenti  farlo  havere  a  Voltra 
Signoria  con  ogni  maggior  ficurezza.  Voglio  fperare  che  ella  fia  per  cortefemente 
gradirlo  et  riconofeere  anche  da  queflo  il  defiderio  che  io  ho  d'incontrare  ogni 
fuo  gulto.  Le  ne  mando  due  copie,  accioche  le  elia  voleffe  darne  una  al  Signore 
Golio  pofla  fodifïarfi.  Et  mentre  io  confermo  a  Vollra  Signoria  la  mia  efFettiva 
volonth  d'impiegarmi  iempre  in  fuo  fervizio ,  godero  che  da  lei  me  ne  fiano  porte 
le  occafioni,  et  reito  augurandole  ogni  profperità. 


')   Nous  devons  cette  lettre  à  l'obligeance  du  Prof.  Ant.  Favaro. 

2)   Giovanni  Vincenzo  Salviati,  de  famille  noble,  était  gonfalonier  et  majordome  en  chef  des 

ducs  de  Medicis  à  Florence. 
*)    Il  s'agit  du  traité  „de   Maxirais   et   Minimis  Divinatio."   Voir  sur  cet  ouvrage  la  Lettre 
N°.  739,  note  3. 

4)  Sur  Vincenzo  Viviani,  voir  la  Lettre  N°.  733  ,  note  3. 

5)  Ferroni  était  père  jésuite  et  disciple  de  Borelli.  Il  professa  les  mathématiques  a  Sienne. 


5  1  8  CORRESPONDANCE.     1  66  I . 


N2  830  0. 

Constantyn  Huygens,  frère,  h  Christiaan  Huygens. 

20    JANVIER     l66l. 

I.<:    '  .  /  -  -    /.'.    <    i       Mus    ■  ... 

\-i.  iiza.       Chr.  Huyg  No.  ^34. 

A  la  Haye  le   20  Janvier   166 1 . 

Apres  avoir  conftamment  attendu  voitre  Marquis  de  S.  Agathe  dans  une  terme 
efperance  de  le  voir  icy  d'heure  h  autre,  a  la  fin  nous  apprifmcs  il  y  a  iept  ou 
huit  jours  que  depuis  pareil  efpace  de  temps  il  le  rejouifïbit  a  Amllerdam ,  (ans 
le  foucier  de  nous  faire  avoir  nos  paquets,  pour  mortifier,  comme  je  croy ,  noftre 
impatience  et  curiofité.  A  la  fin  j'en  ay  efcrit  au  Coufin  Becker  de  luy  en  taire 
lbuvenir  et  de  nous  faire  avoir  nos  hardes  s'il  eft  d'intention  de  relier  encore 
d'avantage  par  de  là.  Si  vous  enfliez  donné  mon  livre  a  Moniieur  de  Seven- 
ter  il  y  a  plus  de  quinze  jours  que  je  l'aurois  eu  icy.  La  mort  de  la  Princefl'e 
eau  fera  encores  aparemment  du  bruit.  Le  Roy  qu'elle  a  nommé  Tuteur  à  fou 
fils ,  prétend  d'en  faire  la  charge  en  toutes  (es  parties,  et  par  confcquent  d'avoir 
en  celle  qualité  la  difpofition  de  la  moitié  des  charges  et  beneliees  dans  les  terres 
de  Son  Alteiïe,  et  c'ell  ce  qu'à  Clevc  l'on  entendra  pas  ainfi  félon  l'apparence, 
et  les  bruits  lourds  qui  en  courent,  bien  que  jufques  à  prefent  l'on  ne  fe  foit 
point  déclaré.  Madame  fait  efcrire  feulement  au  Confeil,  de  tenir  toutes  les  cho- 
ies en  l'eftat  ou  elles  font,  et  d'ufer  de  ces  premières  précautions  dont  on  fe  fert 
dans  les  maifons  mortuaires,  comme  de  mettre  le  feau  au  coffres  et  armoires  etc. 
Au  relie  la  Princelle  a  fait  fa  nièce  la  Reine  d'Angleterre  fon  héritière  avec 
charge  exprefle  de  payer  les  debtes ,  et  de  fat  i  (Taire  à  les  légataires.  Au  Prince 
fon  fils  elle  ne  laide  rien  ,  mais  ordonne  que  les  joyaux  qu'elle  a  eus  de  fon  Père 
luy  lovent  reftitués  (comme  fans  cela  ils  le  devoyent  élire  en  vertu  du  contract  de 
mariage;  et  délire  qu'il  donne  des  récompenses  a  (es  domefliques.  CeTeftament 
félon  nos  loix  (croit  Inofficiofum ,  et  par  confequent  fans  aucune  valeur,  mais  en 
Angleterre  l'on  dit  qu'on  en  peut  faire  des  femblables ,  et  que  les  pères  et  mères 
ne  font  pas  obligé  de  laiflèr  à  leur  enfans  plus  qu'ils  ne  veulent.  Elle  délire  encore 
que  le  Roy  veuille  avoir  foin  de  fa  Régence  d'Orange,  chofe  qu'on  trouve  icy 


Depuis  l'impression  de  la  Lettre  N  .  '<•:,>  -  publiée  d'après  la  copie  faisant  partie  de  la  col 
lection  Huygens  de  Leiden ,  on  a  trouvé  an  British  Vluseum  l'original  de  cette  lettre.  Nous 
le  reproduisons  ici  a  cause  de  quelques  différences,  en  supprimant  les  unies  du  Tome  III. 


CORRESPONDANCE.     I  66  I 


519 


hors  de  toute  raifon,  feavoir  qu'elle  difpofe  d'une  choie  comme  par  teftament , 
qui  ell  purement  perfonelle,  et  qui  luy  avoir  efté  déférée  comme  mère  du  Prince, 
de  mefme  comme  li  une  perfonne  pourveue  de  quelque  charge  publique  (prenez 
de  Pétitionnaire  d'Hollande)  la  laifîbit  par  teftament  à  un  autre  de  les  amys. 
Cependant  on  dit  que  le  Roy  y  a  defja  envoyé  h  Orange  pour  fe  faire  recognoitre 
Régent,  ce  qui  eitant  véritable  fera  du  bruit  afleurement,  fi  Dieu  n'y  met  la  main, 
car  a  Cleves  on  parle  auffi  fort  hau.lt.  Il  faut  voir  ce  qui  en  arrivera.  On  dit  que  le 
Prince  Maurice  va  en  Angleterre  de  la  part  de  Monfieur  l'Electeur ,  et  d'aucuns 
s'imaginent  que  ce  ponroit  eftre  pour  des  affaires  de  mariage  de  la  PrincefTe  Marie, 
mais  tout  cela  cil  fort  incertain  pour  ne  dire  pas  de  peu  d'apparence.  Mais  s'il 
y  va  il  y  fera  de  bons  offices  fans  doubte  et  empefehera  les  parties  de  s'aigrir. 
Pour  l'événement  de  toutes  ces  chofes  je  croy  que  vous  viendrez  l'attendre  icy 
avec  nous,  et  ferez  de  retour  avant  qu'il  foit  long  temps,  mon  Perc  qui  vous  en 
eferit  commence  a  en  parler  tout  de  bon,  et  mefme  je  croy  qu'il  vous  en  mande 
quelque  chofe  par  cet  ordinaire  2)  s'eftonnant  de  ce  que  dans  vos  deux  derniè- 
res s)  vous  ne  luy  en  dites  chofe  qui  foit. 

Monfieur  Navander  noftre  voyfin  et  amy  mourut  lundy  pâlie  d'une  maladie  de 
deux  jours,  et  eit  fort  regretté.  Mademoifelle  Scion  languit  encore  et  apparem- 
ment ne  la  fera  pas  longue.  Pour  réparation  de  femblables  pertes  pour  le  genre 
humain,  Meilleurs  de  Wevelinckhoven4),  de  Nieuwerkerk  5)  et  Droft ")  font 
l'amour  à  outrance  aux  demoifelles  Paeuw7),  l'aifnéc  des  Ryckert 8)  et  la  ca- 
dette y)  refpectivelyck.  Monfieur  Bifïchop  fait  encore  rage  de  defleigner,  et  cinq 
ou  fix  qu'ils  font  ils  ont  eftably  une  académie  de  peintres,  ou  quatre  fois  la  fep- 
mainc  ils  vont  defleigner  un  homme  nud  et  afin  que  connoifliez  leur  modelle, 
c'eft  un  grand  garçon  nommé  Antony,  et  dont  le  nom  de  guerre  eft  de  vliegende 
Platluijs. 


:)   Nous    n'avons  pas    trouvé    cette    lettre    de    Constantyn    Huygens,    père,   à    Christiaan 
Huygens. 

3)  Ni  ces  deux  lettres  de  Chr.  Huygens  à  son  père  Constantyn,  ni  leurs  minutes,  ne  se  sont 
trouvées  dans  nos  collections. 

4)  Sur  Joachim  van  Wevelinckhoven,  voir  la  Lettre  N°.  828,  note  13. 

5)  Sur  Adriaan  Pauw,  voir  la  Lettre  N°.  828  ,  note  7. 
rt)    Sur  Coenraad  Droste,  voir  la  Lettre  N°.  828 ,  note  8. 

")    Sur  les  demoiselles  Pauw,  consultez  la  Lettre  N°.  820,  note  13. 

s)    Sur  Margaretha  Rijckacrt,  voir  la  Lettre  N°.  828,  note  14.   Elle  épousa,  en  [661,  Adriaan 

Pauw. 
<>)    Sur  Constantia  Rijckaert,  voir  la  Lettre  N°.  820,  note  14. 


520  CORRESPONDANCE.     I  66  1 . 


Je  vous  prie  de  nie  mander  un  peu  ce  que  fait  Jan  van  Vlaerdingen  IO)  et  quelle 
vie  il  mené.  Je  fuis 

Voftre  frère  et  ferviteur 

C.    HUYGENS. 

11  faut  prendre  garde  de  parler  avec  circonfpe<5r.ion  des  affaires  de  la  Princefîe 
Royale  et  en  tout  cas  ne  produire  pas  cette  lettre. 


Sur  Jan  van  R.uytenburg,  voir  la  Lettre  N  .  8oi  ,  : 


TABLES. 


I.    LETTRES. 


948 
949 

950 
951 

952 
953 
954 
955 
956 
957 
958 
959 
960 
961 
962 

963 
964 

965 


4 

4 

1 1 

18 
2 1 
=5 
25 
28 
? 

1 
3 
3 


Janvier 


Février 


1662 


P.  de  Carcavy  à  ChrifHaan  Hnygens 

Appendice  I.  P.  de  Fermât  à  ChrifHaan  Hnygens 

(décembre  1661) 

Appendice  II.  P.  de  Carcavy  à  ChrifHaan  Hnygens 

(décembre  1661) 

Appendice  Ilf.    P.    de   Fermât  à    P.  de  Carcavy 

(décembre  1661) 

ChrilHaan  Hnygens  à  Lodewijk  Hnygens 

ChrifHaan  Hnygens  à  R.  Moray 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Hnygens 

ChrifHaan  Hnygens  à  Lodewijk  Hnygens 

J.  Hevelinsc)  ChrilHaan  Hnygens 

ChrifHaan  Hnygens  à  Lodewijk  Hnygens 

J.  van  Vliet  à  ChrifHaan  Hnygens 

N.  Heinfins  à  ChrilHaan  Hnygens 

M.  Thevenot  à  ChrifHaan  Hnygens 

Appendice 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Hnygens 

ChrilHaan  Hnygens  à  R.  Moray 

i\.  Moray  //ChrilHaan  Hnygens 

Appendice.   W.  Bronncker  à  ChrilHaan    Huygens 

(janvier  1662) 

Planche 


10 
1 1 
12 
13 
15 
W 
18 

19 

22 

23 
25 

28 
29 


5*4 


I.   LETTRES. 


966 
967 
968 
969 

970 

971 
972 

973 

974 
975 
976 

977 
978 

979 
980 
981 
982 

983 

984 

985 
986 

987 
088 
989 
99° 

99i 
992 

99.1 


10 
15 


'5 

>7 
"7 
22 

24 

28 
6 


Février   1662 


Mars 

'5 


«3 


N.  Heinfius  à  Chriftiaan  Huygens 31 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 32 

R.  Moray  à  Chriftiaan  Huygens 34 

Appendice  I.  B.  de  Frenicle  de  Befly  à  K.  Digby  (20 

décembre  1661) 37 

Appendice  IL  B.  de  Frenicle  de  Befly  à  Chr.  Wren 

(janvier  1662) 40 

Appendice  III.  J.  Wallis  à  B.  de  Frenicle  de  Befiy  l 

(décembre  1661) 44 

Appendice  IF.  B.  de  Frenicle  de  Befly  à  ).  Wallis 

(20  décembre  1661) 45 

Appendice  r.  W.  Brouncker  à  Chriftiaan  Huygens 

(1661) 46 

M.  Thevenot  à  Lodewijk  Huygens :  47 

Appendice.  E,  Maignan  à  M.  Thevenot  (  février  1662  48 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray [  50 

Chriftiaan  Huygens  #  Lodewijk  Huygens !  53 

Appendice  1 55 

„    // !  s? 

S.  de  Sorbière  à  Chriftiaan  Huygens j  58 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray 59 

J.  Chapelain  à  Chriftiaan  Huygens I  61 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens !  63 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray 65 

Appendice 67 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  1  [uygens 68 

Chriftiaan  Huygens  ri  N.  Heinfius 69 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens j  71 

P.  Petit  à  Chriftiaan  Huygens 72 

Appendice  I.  P.  de  Fermât  à  M.  Cuzcau  de  la  Cham- 
bre (1  janvier  1662) 75 

Appendice   IL    P.  de   Fermât  à   M.   Cuzcau  de  la 

Chambre  (janvier  1662) 80 

Appendice  1 1 1.    P.  de  Fermât  à  AI.  Cuzcau  de  la 

Chambre  (janvier  1662) 81 

K.  Moray  à  Chriftiaan  i  [uygens 82 


I. 


LETTRES. 


525 


N°. 


Page. 


994 
995 

996 

997 
998 

999 
1000 
1001 
1002 

1003 
1004 
1005 
1006 
1007 
1008 
1009 
1010 

IOI  I 

IOl2 
lOi;, 
IOI4 

101 5 
1016 
1017 

1018 
1019 

1020 
1021 
I022 
I023 
IO24 
I02  5 
IO26 


H 


15 
16 

11 

29 
29 

5 


I  2 
19 

=  4 
26 

30 
? 

3 
5 

I I 
16 
18 
18 
25 


27 
3° 
1 
? 

9 
15 
15 

22 
22 


Mars 


Avril 


5? 
>? 
»? 
» 

n 

Mai 

n 
5? 


Juin 


1662  j  R.  Moray  à  Chriftiaan  Huygens 

ippendice.   W.  Bronncker   à   Chriftiaan    Huygens 

(1662) 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

R.  Moray  à  ChrifHaan  Huygens 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

N.  Heinfîus  à  ChrilHaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Appendice.   Conftantyn   Huygens,  père,  à  C.  van 

Aerflen  (10  mars  1662) 

H.  Oldenburg  à  ChrilHaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

J.  Chapelain  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

J.  Chapelain  à  ChrifHaan  Huygens 

M.  Thevenot/i  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

P.  Petit  à  ChrifHaan  Huygens 

P.  Petit  à  Chriftiaan  Huygens 

R.  Moray  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  P.  Petit 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Appendice.  Chriftiaan  Huygens  à  P.  Petit  (25  mai 

1662) 

J.  Hevelius  à  Chriftiaan  Huygens 

N.  Heinfîus  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  J.  Chapelain 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

J.  Chapelain  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

M.  Thevenot  à  Chriftiaan  Huygens 


85 


91 
93 
96 

97 

100 
102 

104 
108 
109 
1 1  1 
1 12 
117 
118 
124 

1=5 
126 
128 
130 
132 

133 
136 

138 
142 
'43 
'44 
'45 
148 
152 
'54 
157 
160 


«6 


I.       LETTRES. 


N°. 


1027 

1028 
1029 
1030 
1031 
1032 
Jo33 

i°34 
i°35 

1036 
1037 
1038 
1039 

1040 
1041 
1042 

1043 
1044 

"045 
1046 
1047 


1048 


Date. 


26 
29 
6 
13 
H 


17 


20 

=5 
27 


10 
1 1 
12 
I." 
17 
18 


1049 

18 

1050 

24 

1051 

=  4 

1052 

? 

■053 

30 

1054 

3i 

'°55 

1 

Juin 
Juillet 


Août 


Septembre 


1662      Appendice.  M.    A.    Ricci  à    ChrifHaan    Iluygens 

(30  janvier  1662) 

ChrifHaan  Iluygens  à  N.  Heinfius 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Iluygens 

ChrifHaan  Iluygens  à  Lodewijk  Huygens 

ChrifHaan  Iluygens  à  Lodewijk  Iluygens..  ■ 

ChrifHaan  Huygens  à  R  Moray 

Appendice.  ChrifHaan  Huygens  à].  Chapelain  &  à 

R.  Moray  (juin  1662) 

R.  Moray  à  ChrifHaan  Huygens 

Appendice.  R.  Moray  à  Christiaan  Huygens  (juillet 

1662) 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

ChrifHaan  Huygens  à  J.  Hevelius 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Appendice.    ChrifHaan    Huygens   à    M.  Thevenot 

(juillet  1662) 

Ifm.  Boulliau  à  Chriftiaan  Iluygens 

ChrifHaan  Huygens  à  Lodewijk  Iluygens 

R.  F.  de  Slufe  à  ChrifHaan  Iluygens 

Chriftiaan  Iluygens  à  N.  Heinfius 

Chriftiaan  Iluygens  à  Lodewijk  Iluygens 

Conftantyn  Iluygens,  frère,  à  Lodewijk  Iluygens  . 

Chriftiaan  Iluygens  à  R.  Moray 

Appendice  1.    Chriftiaan  Iluygens  à  'l'h.  Hobbes 

(août  1662) 

Plane  lie 

Appendice  II.    Chriftiaan    Huygens  à    R.  Moray 

( 1 8  août  1 662) 

II.  F.  de  Slufe  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Iluygens//  Ifm.  Boulliau 

Chriftiaan  Iluygens  à  Lodewijk  Iluygens 

Lodewijk  Huygens  à  Chriftiaan  Iluygens 

II.  L.  11.  de  Moninor4  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

K.  Moray  à  Chriftiaan  Huygens 


Page. 


16] 
163 

165 
166 

107 

171 

L~4 
176 

178 

179 

181 

183 

184 
100 
192 
194 
196 

197 
199 

200 

203 
203 

205 
206 
208 
209 
21 1 

2  13 
216 


LETTRES. 


5*7 


1056 

1662 

1057 

1058 

7 

Septembre 

1059 

8 

55 

1060 

14 

55 

1061 

H 

55 

1062 

15 

55 

1063 

21 

55 

1064 

2  2 

5» 

1065 

=5 

55 

1066 

28 

55 

1067 

5 

Octobre 

1068 

6 

55 

1069 

13 

55 

1070 

19 

55 

1071 

26 

55 

1072 

9 

Novembre 

1073 

9 

55 

1074 

13 

55 

1075 

13 

55 

1076 

i/ 

55 

1077 

»7 

55 

1078 

28 

55 

1079 

1 

Décembre 

1080 

1 

55 

1081 

^ 

55 

1082 

H 

55 

1083 

20 

55 

1084 

1085 

20 

55 

1086 

28 

55 

1087 

? 

1088 

4 

Janvier 

1663 

1089 

1 1 

55 

1090 

12 

55 

Appendice  I.  11.  Boyle  à  R.  Moray  (juillet  1662).  . 
„         //.  R.  Hooke  à  R.  Boyle  (juillet  1662) .  , 

Chriftiaan  Hnygens  à  Lodewijk  Huygens 

R.  F.  de  Sluf'e  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Conltantyn  Huygens,  frère,  à  Lodewijk  Huygens . 

Ifm.  Boulliau  à  Chriftiaan  Huygens , 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

P.  Petit  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  F.  de  Sltife 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

R.  F.  de  Slufe  à  Chriftiaan  Huygens 

P.  Petit  à  Chrilliaau  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Conltantyn  Huygens,  frère.  . 
Chriftiaan  Huygens  à  Conltantyn  Huygens,  frère. . 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Conltantyn  Huygens,  frère.  . 

N.  Heinfins  à  Chriftiaan  Huygens 

R.  Moray  à  Chriftiaan  Huygens 

P.  Petit  à  Chriftiaan  Huygens 

P.  Petit  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray 

N.  Heiufius  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray 

Appendice.  Chriftiaan  Huygens  à  Th.  Hobbes  (?  dé- 
cembre 1 662)  

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Leopoldo  de  Medicis 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

A.  Bruce  à  Chriftiaan  Huygens 


217 
22  1 
223 
225 

2  2"" 

229 
231 

=33 
234 

241 

242 
246 

249 
252 
253 

254 
256 
258 

259 
261 
262 
266 
271 

274 
277 
278 
280 

281 
284 
284 
286 
287 
288 
290 


528 


LETTRES. 


Nc 


Date. 


Page. 


1091 

1092 
1093 
[094 

1095 

1096 

1097 

[098 

1099 

100 

101 

102 

103 
104 

105 
106 
107 
108 
109 
1 10 
1  1  1 
1  12 

"3 

114 

115 
116 

".- 
118 

lly 
I  20 
121 
1  22 
123 

I  124 


12 

18 

•9 

22 

26 

1 

2 

16 
•9 
25 


26 
6 

6 
12 

20 
20 
26 

4 
10 
1  1 

=4 
25 
25 
30 
30 
1 
6 

15 

20 
22 

23 


Janvier         1663 


Février 


Mars 

» 
Avril 

» 

Mai 

» 

» 
n 
r> 

Juin 

» 
» 
11 


11.  F.  de  Slofe  à  Chrilliaan  I  luygens 

Chrilliaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

11.  Moray  à  Chrilliaan  Huygens 

Chrilliaan  Huygens  à  N.  Heinfius 

A.  Bruce  à  Chrilliaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens//  Lodewijk  Huygens 

Chrilliaan  Huygens  à  II.  Moray 

11.  Moray  à  Chrilliaan  Huygens 

J.  Hevelius  à  Chrilliaan  Huygens 

Chrilliaan  Huygens  à  J.  de  Witt 

appendice 

11.  Moray  à  Chrilliaan  Huygens 

Planche 

Chrilliaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chrilliaan  Huygens//  Lodewijk  Huygens 

Appendice,  ?  //  Chrilliaan  Huygens 

11.  Moray  //  Chrilliaan  Huygens 

Conllantyn  Huygens,  frère,/-/  Chrilliaan  Huygens. 
Chrilliaan  Huygens  //  Conllantyn  Huygens,  frère.. 

Chrilliaan  Huygens  //  Lodewijk  Huygens 

Conllantyn  Huygens,  frère,  à  Chrilliaan  Huygens. 
Chrilliaan  Huygens /)  Conllantyn  Huygens,  frère  . 
Conllantyn  Huygens,  frère,//  Chrilliaan  Huygens. 

Chrilliaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

11.  Moray  à  Chrilliaan  Huygens 

Chrilliaan  Huygens  à  Conllantyn  Huygens,  frère.  . 

Chrilliaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

l'h.  Doublet  //  Chrilliaan  Huygens 

Conftantyn  Huygens,  frère,  //  Chrilliaan  Huygens. 

Chrilliaan  Huygens  à  11.  Moray 

|.  van  Vliet  à  Chrilliaan  Huygens 

Chrilliaan  Huygens  //  Conllantyn  Huygens,  frère.  . 

H.  (  Hdenburg  à  11.  Boyle 

Conllantyn    Huygens,    frère,    //   Chrilliaan   Huy- 
gens  

Chrilliaan  Huygens // Conllantyn  Huygens,  frère.  . 


291 
294 

295 
299 
301 
302 
3°4 
3°7 
308 

311 
312 
318 

319 
322 

32  3 
325 
33o 
331 
333 
334 
33o 
33« 
34o 
34i 
342 
344 
345 
348 
349 
35' 
352 
356 
357 

360 
361 


LETTRES. 


5a9 


125 

29 

126 

29 

127 

? 

128 

2 

129 

6 

130 

13 

131 

132 

13 

133 

15 

'34 

15 

135 

20 

136 

20 

137 

138 

139 

140 

141 

142 

143 
144 

145 

146 

HT 

148 
149 
150 
151 
152 
153 
154 
155 
156 
157 
158 


20 
? 

n-7 
3 

10 
10 
24 
24 
3i 


•4 
20 
22 
5 
5 
12 

1/ 
19 

20 

25 
26 


Juin 
Juillet 


Août 


Septembre 
Octobre 


1663 


Œuvres.  T.  IV. 


Chriftiaan  Huygens  <v  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

H.  L.  H.  de  Monmor  à  Chriftiaan  Huygens 

H.  Oldenburg  à  R.  Boyle 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  «  Conftantyn  Huygens,  frère.. 

Appendice.  P.  van  der  Faes  (Lilly)  à  Chriftiaan 
Huygens  (juillet  1 663) 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

H.  L.  H.  de  Monmor  à  Chriftiaan  Huygens 

P.  Petit  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Conftantyn  Huygens,  frère.. 

R.  Hooke  à  R.  Boyle 

R.  F.  de  Slufe  à  Chriftiaan  Huygens 

R.  Hooke  à  R.  Boyle 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Chriftiaan  Huygens ,?  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens. 

Chriftiaan  Huygens  à  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens.. 

Chriftiaan  Huygens^  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

R.  F.  de  Slufe  à  Chriftiaan  Huygens 

Appendice.  G.  van  Gutfchoven  à  Chriftiaan  Huy- 
gens  

Chriftiaan  Huygens  <i  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens. 

J.  Chapelain  à  N.  Heinfius 

Chriftiaan  Huygens//  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

J.  Chapelain  à  Conftantyn  Huygens,  père 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens. 

V.  Conrart^  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

J.  Chapelain  à  Chriftiaan  Huygens 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens. 

Chriftiaan  Huygens  «  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 


67 


362 
3^4 
365 
366 

369 

37° 

372 
373 
376 
377 
379 
3^ 
384 
385 
387 
389 
39° 
392 
394 
395 
396 
397 

400 
401 
402 

4°3 
410 
412 

413 
414 

4'5 
416 

4L" 
419 


53° 


I. 


LETTRES. 


X 


Page. 


«59 
160 
161 

16a 
163 
164 
165 
166 
167 
168 
169 
170 
171 

172 
173 
i/4 
175 
176 
177 
178 
179 
180 
181 
182 
183 

184 


3i 
31 

2 


9 
1  1 
16 
18 

22 

2.3 
26 


29 
29 

30 
6 
6 
9 
9 

10 

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186 

15 

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10 

188 

20 

189 

28 

190 

28 

191 

y 

Octobre 
Novembre 


1663 


Décembre 


Conftantyn  Ihiygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens. 

J.  van  Vliet  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Conftantyn  Huygens,  frère.. 
Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens  . 

11.  Moray  à  Chriftiaan  Huygens 

Chriftiaan  Huygens  à  Conftantyn  Huygens,  frère. . 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray 

Chriftiaan  Huygens  à  Conftqntyn  Huygens,  frère.  . 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens  . 
Chriftiaan  Huygens  à  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

R.  Moray  à  Chriftiaan  Huygens 

Appendice.  R.  Boyle  à  H.  Oldenburg  (8  novembre 

1663) ••• 

Ph.  Doublet  à  Chriftiaan  Huygens 

R.  Moray  à  Chriftiaan  Huygens 

Appendice.  I  lolmes  à  R.  Moray 

Chriftiaan  Huygens  à  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

S.  Huygens  à  Chriftiaan  Huygens 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens. 

Chriftiaan  Huygens  à  R.  Moray 

W.  lirereton  à  Chriftiaan  Huygens 

J.  Chapelain  à  Chriftiaan  Huygens 

Ph.  Doublet  à  Chriftiaan  Huygens 

Is.  de  la  Peyrère  à  S.  Chieze 

Appendice  I.  Is.  delà  Peyrère  à  Chriftiaan  Huy- 
gens   

Appendice  II.  Is.  de  la  Peyrère  à  Chriftiaan  Huy- 
gens   

Chriftiaan  I  luygens  à  Is.  de  la  Peyrère 

Chriftiaan  Huygens  à  Lodewijk  Huygens 

Christ iaan  1  luygens  à  R.  Moray 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens. 

Chriftiaan  Huygens  à  Conftantyn  Huygens,  frère.  . 

Chriftiaan  Huygens//  Lodewijk  Huygens 

Is.  de  la  Peyrère  à  Chriftiaan  Huygens 


420 

421 

4=3 

4-4 
426 

427 
427 

43o 
43' 
434 
435 
436 

437 
441 

443 
446 

45i 
453 
45<5 

45  « 
462 

463 
464 
466 

467 

468 

47' 
472 

474 
475 
477 
478 
481 


I.     Lettres. 


53  ! 


N°. 

Date. 

Page. 

i  192 

"93 
11  94 

1195 
1 196 

11 9." 

? 

Décembre 

? 

1663 

A.  Auzout  à  Chriftiaan  Huygens 

R.  Boyle  à  R.  Moray 

Appendice.  R.  Boyle  à  \\.  Moray 

J.  Chapelain  à  Chriftiaan  Huygens 

.  Ippendice.  Duchefne  à  la  Maréchale  de  Gramont.  . 
A.  Bruce  à  Chriftiaan  Huygens 

481 

482 
49. S 
499 
500 

501 

SUPPLEMENT. 


I 

i? 

II 

0 

455" 

I 

8  2  S" 

830 

20 

1 

Novembre 


Juillet 
Février 
Janvier 


1637  j   Conftantyn  Huygens,  père,  ««Comte  Maurice  de 

Naffau 

Planche 

1639     Conftantyn  Huygens,  père,  à  P.  P.  Rubens 


1658 
1661 


S.  de  Sorbière  à  Th.  I  Iobbes 

Leopoldo  de  Medicis  à  Chriftiaan  Huygens 

Conftantyn  Huygens,  frère,  à  Chriftiaan  Huygens.. 


5°5 
5°5 
510 
5  '  3 

5'7 
5i8 


II.  LISTE  ALPHABÉTIQUE  DE  LA 
CORRESPONDANCE. 


Les  cbi fifres  gras  défignent  les  numéros  d'ordre  des  lettres. 

Les  chiffres  gras  pourvus  d'une  lettre  italique  défignent  les  numéros  d'ordre  du  Supplément, 
page  503  —  520. 

Les  lettres  figurent  tant  (bus  le  nom  de  l'auteur  que  fous  celui  du  correfpondant.  Dans  le  pre- 
mier cas  on  a  indiqué  la  date  de  la  lettre. 

C.  van  Aerfl'en  (ConfLntyn  Huygens,  père,  a).  1662. 

A.  Auzout  à  Chriftiaan  Huygens.  1663,  ?  décembre  1192. 

lira.  Boulliau  à  Chriftiaan  Iluygens.  1662,  8  août  1646,  15  feptembre  1662. 

„  (Chriftiaan  Huygens  à~).  1656. 

R.  Boyle(R.  Ilooke  à).  1657, 1136, 1138. 

II.  Hoylert  11.  Moray.  1662  ,  ?  juillet  105G;  1663,  ?  décembre  1193,  ?  décembre  1194. 
„       à  H.  Oldenburg.  1663,  8  novembre  1171. 
„       (H.  Oldenburg  à).  1122,1128. 
W.  Brereton  à  Chriftiaan  Iluygens.  1663,  9  décembre  1179. 
W.  Brouncker  à  Chriftiaan  Iluygens.  1661,  ?  973;  1662,  V  janvier  965,  ?  995. 
A.  Bruce  à  Chriftiaan  Iluygens.  1663,  1  2  janvier  1099,  26  janvier  1695;  1663,  ?  1197. 
P.  de  Carcavy  (I\  de  Fermât  à  ).  951. 

„  à  Chriftiaan  Iluygens.  1661 ,  3  décembre  956 ;  1662 ,  1  janvier  918. 

|.  Chapelain  à  N.  1  leinfnis.  1663,  22  feptembre  1156. 

„  à  Chriftiaan  Iluygens.  1662,  1;  lévrier  982,  24  avril  1666,3oavril  1668, 

15  juin  1624;  1663,  20  octobre  1156,  10  décembre  1186,  ?  1 195. 

„  Chriftiaan  Huygens  à").  1621,1633. 

„  à  Coilftantyn  Iluygens,  père.  1663,  5  octobre  1152. 


II.       LISTE    ALPHABÉTIQUE    DE    LA    CORRESPONDANCE.  533 


S.  Cliieze  (Is.  de  la  Peyrère  à).  1183. 
V.  Conrart  à  Chriftiaan  Huygens.  1663,  17  oftobre  ll.VI. 
M.  Cuzeau  de  la  Chambre  (P.  de  Fermât  à).  990,  991 ,992. 
K.  Digby  (B.  de  Frenicle  de  Befî'y  a).  969. 

Pli.   Doublet  à  Chriftiaan    Hnygens.  1663,  30  mai  111?  ,  29  novembre  1172,   14  décem- 
bre 1181. 
Duchefne  à  la  Maréchale  de  Gramont.  1663,  ?  1196. 
P.  van  der  Faes  (Lilly)  à  Chriftiaan  Huygens.  1663,  ?  juillet  1131. 
P,  de  Fermât  à  P.  de  Carcayy.  1661 ,  ?  décembre  951. 

„  à  M.  Cuzeau  de  la  Chambre.  1662,  1  janvier  99©,  ?  janvier  991 ,  992. 

„  à  Chriftiaan  Huygens.  1661,  ?  décembre  919. 

B.  de  Frenicle  de  Befly  à  K.  Digby.  1661 ,  20  décembre  969. 
„  à  J.  Wallis.  1661,  20  décembre  972. 

„  (J.  Wallis  à).  971. 

„  à  Chr.  Wren.  1662 ,  ?  janvier  9?©. 

Gramont  (Duchefne  à  la  Maréchale  de).  1196. 
G.  van  Gutfchoven  à  Chriftiaan  Huygens.  1663,  ?  1117. 
N.  Heinfius  (J.  Chapelain  «).  1150. 

„  à  ChrilHaan   Huygens.  1662,  28  janvier  959,  4  février  966,  29  mars  ÎOOO, 

30  mai  1619,  13  novembre  1075,  2  décembre  1081. 
(ChrilHaan  Huygens  à'j.  987 ,  1628 ,  1013  ,  1091. 
J.    Hevelius   à  Chriftiaan    Huygens.   1662.  21   janvier  956,  27  mai  1018  ;  1663,   19   fé- 
vrier 1099. 
„  (Chriftiaan  Huygens  à~).  1©37. 

Th   Hobbes  (Chriftiaan  Huygens  à\  1047,1081. 

„         (S.  de  Sorbière  a).  155". 
Holmes  à  R.  Moray.  1663,  ?  novembre  1171. 

R.  HookeÀ  R.  Boyle.  1662,  ?  juillet  1057  ;  1663,  20  juillet  1136,  ?  juillet  1138. 
Chriftiaan  I  luygens  (A.  Auzout  c/).  1192. 

à  Ifm.  Boulliau.  1662,  24  août  1050. 
„  (Ifm.  Boulliau  a).  1010,1062. 

„  (W.  Brereton  à~).  1179. 

„  (W.  Brouncker  à).  965,973,995. 

„  (A.  Bruce  à).  1090 ,  1095  ,  1197. 

„  (P.  de  Carcavy  à).  918 ,  950. 

„  à  J.  Chapelain.  1662,  ?  juin  1021,  ?  juin  1033. 

„  (J.  Chapelain  *).  982 ,  1006  ,  1008  ,  1021 ,  1 156 ,  118© ,  1195. 

„  (V.  Conrart  a).   9  151. 

„  (Ph.  Doublet  à).  1117 ,  1172  ,  1181. 

„  (P.  van  der  Faes  a).  1131. 

„  (1».  de  Fermât^).  919. 


534  H-       LISTE    ALPHABÉTIQUE    DE    LA    CORRESPONDANCE. 


Chriftiaan  Hnygens  (G.  van  Gutfchoven~3).  1147. 

„  à  N.  Heiniius.  1662,  6  mars  981?  ,  26  juin  1028  ,  1  2  août  1043  ;  1663 , 

24  janvier  1094. 

„  (N.  Heinfius à).  959,966,1000,1019,1075,1081. 

„  à  J.  Hevelius.  1662,  25  juillet  1037. 

„  (J .  Hevelius  à).  956 ,  1018  ,  1099. 

„  à  Th.  Hobbes.  1662 ,  ?  août  1047 ,  ?  décembre  1084. 

„  à  Conftantyn  Hnygens,  frère.  1662,  16  octobre  1071 ,  9  novembre  1073, 

13  novembre  1074;  1663,  20  avril  1108,  4  mai  1111 ,  25  mai  1115, 
15  juin  1121,  23  juin  1134,  29  juin  1125,  13  juillet  1130,  20  juillet 
1135,  3  août  1140,  24  août  1143,  31  août  1145,  14  l'eptembre 
1148,  5  octobre  1151,  19  octobre  1155,  26  oétobre  1158,  2  novembre 
1161,  9  novembre  1164,  16  novembre  1166,  23  novembre  1169, 
30  novembre  1175,  28  décembre  1189. 

„  (Conftantyn  Iluygens,  frère,  a).  1107,  1110,1112,1118,1123, 

1142,  1144,  1149,  1153,  1157,  1159,  1162,  1168, 
1177 ,  1188  ,  830  (Suppl.). 

„  à  Lodewijk  Hnygens.  1662,  4  janvier  952,  11  janvier  954,  18  janvier 

955,  25  janvier  957,  1  février  962,  8  février  967,  15  février  977, 
978,979,  22  février  983,  28  février  986,  8  mars  988,  15  mars  996, 
22  mars  998,  29  mars  999,  5  avril  ÎOOI,  12  avril  1004,  19  avril 
1005,  26  avril  1007,  3  mai  IOIO,  r.8  mai  1014 ,  25  mai  1016, 
1  juin  1020,  15  juin  1023,  22  juin  1025,  29  juin  1029,  6 juillet 
1030,  13  juillet  1031,  20  juillet  1036,  27  juillet  1038,  10  août 
1041 ,  17  août  1©44,  24  août  1051,  31  août  1054,  7  feptembre 
1058,  14  feptembre  1060,  21  feptembre  1063,2  8  feptembre  IO66 , 
5  octobre  1067,  19  octobre  1070,  9  novembre  1073,  i  décembre 
1079,  14  décembre  1082,  20  décembre  1085 ,  28  décembre  IO86  ; 
1653,  4  janvier  10M8,  n  janvier  1089,  18  janvier  1092,  1  février 
1096,  iG  mars  1103,  6  avril  1104,  20  avril  1109,   11  mai  1113, 

25  mai  1116,  29  juin  1126,  6  juillet  1129,  13  juillet  1132. 
27  juillet  1139,  10  aoûl  1141,  15  décembre  11*6,  28  décem- 
bre 1190. 

„  (Lodewijk  Iluygens  «J.  1052. 

„  (Sufanna  Hnygens  à).  1176. 

„  à  Leopoldo  de  Mcdicis.  1662  ,  ?  1087. 

„  (Leopoldo  de  Mcdicis  à  \.  828". 

„  (H.  L.  H.  de  Monmor  à).  1053, 1 127  ,  1133. 

„  à  II.  Moray.  1662,  4  janvier  953,  3  février  963,  10  février  976,  17  lé- 

vrier 9H1,  24  lévrier  984,  9«5,9Juiu  l«22,?jtiin  1088,  [ 4 juillet 
1032,  18  août  1016,  1048,  1  décembre  1080,  20  décembre  1088 1 


II.       LISTE    ALPHABÉTIQUE    DE    LA    CORRESPONDANCE.  535 


1663,  2  février  1997,  1  juin  1119,   11  novembre  1165,  1  8  novembre 
1167  ,  9  décembre  1178,  19  décembre  1187. 
Chriftiaan  Huygens(.R.  Moray  a).  964,  968,  993,  991,997,1913,  1931,  1935, 
1955,     1976,     1993,     1998,     1193,     1196,    1111,     1163, 
1179,  1173. 
„  (H.Oldenburgrf).  1993. 

à  P.  Petit.  1662,  18  mai  1915,  25  mai  1917. 

(P.  Petit  à~).  989,  1911,  1912,  1961,  1969,  1977,  1978, 
1131. 

à  Is.  de  la  Peyrère.  1663 ,  ?  décembre  1185. 
„  (Is.  de  la  Peyrère  à).  1183 .  1181 ,  1191. 

„  (M.  A.  Ricci  à).  1927. 

„  à  R.  F.  de  Slufe.  1662 ,  25  feptembre  1965. 

„  (R.    F.    de    Slufe    à~).    1912,    1919,    1959,  1968,   1991,  1137, 

1116. 
„  (S.  de  Sorbière  à~).  989. 

„  à  M.  Thevenot.  1662 ,  ?  juillet  1939. 

„  (M.  Thevenot  a).  960 ,  961 ,  1999 ,  1926. 

„  (J .  van  V I  iet  à).  958 ,  1129 ,  1169. 

à  J.  de  Witt.  1663,  25  février  1199, 1191. 
„  (?<*)•  1195. 

Conftantyn  Huygens,  père,  à  C.  van  Aerflen.  1662,  10  mars  1992. 

„  à  Maurits  van  Naflau.  1637,  17  novembre  1  (Suppl.). 

„  à  P.  P.  Rubens.  1639 ,  2  juillet  II  (Stippl.). 

„  (J.  Chapelains).  1152. 

Conftantyn  Huygens ,  frère ,  à  Chriftiaan  Huygens.  1663,    12  avril  1197,   26  avril  1119. 

10  mai  1112,  30  mai  1118,  22  juin  1123,  io  août  1112, 
24  août  1111,  20  feptembre  1119,  1  2  octobre  1153,  25  octobre 
1157 ,  3  1  octobre  1159 ,  8  novembre  1162  ,  22  novembre  1168, 
6  décembre  117  7,  20  décembre  1188;  1661,  20  janvier  839 
(Suppl.). 

(Chriftiaan   Huygens  a).  1971,  1972,  1071,  1198,  1111, 
1115,    1121,   1121,    1125,  1139,    1135,   1119,   1113, 
1115,  1118, 1151, 1155,  1158, 1161, 1161, 1166, 1169, 
1175,  1189. 
„  à  Lodewijk  Huygens.  1662,  17  août  1915,  14  feptembre  1961. 

Lodewijk  Huygens  à  Chriftiaan  Huygens.  1662,  ?  août  1952. 

(Chriftiaan  Huygens  *>  952,  951,  955,  957,  962,  967,  977, 
978 ,  979,  983 ,  986 ,  988 ,  996 ,  998 ,  999 ,  1991 ,  1991 ,  1995 , 
1097,  1919,  1911,  1916,  1929,  1923,  1925,  1929,  1939, 
1931,  1936,  1938,   1911,  1911,  1951,  1951,  1958,  1969, 


536  II.       LISTE    ALPHABÉTIQUE    DE    LA    CORRESPONDANCE. 

1063,  IO66,  1967,  1979,  1973,  1979,  1982,  1985,  1986, 
1988,  1989,  1992,  1996,  UOS,  1194,  1109.  1113,  1116, 
1126,  1129,  1132,  1139,  1141,  1186,  119». 

Lodewijk  Huygens  (Conftantyn  Huygens,  frère^à").  1945.  1961. 

„  (M.  Thevenot  d).  974. 

Sufanna  Huygens  à  Chriftiaan  Huygens.  1663,  6  décembre  1176. 
E.  Maignan  à  M.  Thevenot.  1662  ,  ?  février  975. 
Leopoldo  de  Medicis  à  Chriftiaan  Huygens.  1661 ,  1 1  janvier  828". 

„  (Chriftiaan  Huygens  à").  1987. 

H.   L.   H.  de  Monmor  à  Chriftiaan   Huygens.  1662,  30  août  1953;  1663,  ?  juillet  1127, 

15  juillet  1133. 
II.  Moray  (  II.  Boyle  à~).  1956, 1193,  1194. 
„        (Holmes  <*).  1174. 

„        à  Chriftiaan  Huygens.  1662,  3  février  964,  9  février  968,  13  mars  993,  1  4  mars 
994,   16  mars  997,  16  mai  1913,  17  juillet  1934,  ?  juillet  1935,  1  feptembre 
1955,   17  novembre  1976;  1663,  19  janvier  1993,  16  février  1998,  1  mars 
1192,   6  avril  1196,  24  mai  1114,  8  novembre  1163,  26  novembre  1179, 
29  novembre  1173. 
„        (Chriftiaan  Huygens  à").  953,  963,  976,  981,  984,  985,  1922,  1932, 
1933,   1946,   1948,  1989,   1983,  1997,  1119,   1165,   1167,  1178, 
1187. 
Naflàu  (Conftantyn  Huygens,  père,  à  Maurits  van).  I  (Suppl.). 
H.  Oldenburg  à  R.  Boyle.  1663 ,  20  juin  1122  ,  2  juillet  1128. 
(R.  Boyle  à).  1171. 
„  à  Chriftiaan  Huygens.  1662,  8  avril  1903. 

P.  Petite  Chriftiaan  Huygens.  1662,  8  mars  989,  5  mai  1911,  1  1  mai  1912,  22  feptembre 
1964,   13  oftobre  1969,  17  novembre  1977,  28  novembre  1978;  1663,  15  juillet 
1134. 
„      (Chriftiaan  Huygens à~).  1915,1917. 
Is.  de  la  Peyrère  à  S.  Chieze.  1663,  14  décembre  1182. 

„  à    Chriftiaan     Huygens.    1663,     ?    décembre    1183,     1184,    ?   décembre 

1191. 
„  (Chriftiaan  Huygens  £).  1185. 

M.  A.  Ricci  à  Chriftiaan  Huygens.  1662,  30  janvier  1927. 
P.  P.  Rubens  (Conftantyn  Huygens,  père,  ci).  Il  fSuppl.). 

R..  F.  de  Slufe  à  Chriftiaan  Huygens.   1662,   n   août   1942,    18  août  1949,  8  feptembre 
1959,   6  octobre  1968;   1663,   12  janvier  1991,  20  juillet  1137,  ?  août 
1146. 
„  (Chriftiaan  Huygens  £).  1965. 

S.  de  Sorbièfe  à  Th.  Hobbes.  1658,  1  février  455". 

„  //  Chriftiaan  Huygens.  1662,  15  février  989. 


II.       LISTE    ALPHABÉTIQUE    DE    LA    CORRESPONDANCE.  537 

M.  Thevenot  à  Chriftiaan   Huygens.  1662,  ?  janvier  960,  961,   ?  avril   1009 ,   22   juin 
1026. 
„  (Chriftiaan  Huygens  àX  1039. 

„  à  Lodewijk  Huygens.  1662,  ?  février  974. 

„  (E.  Maignan  à X  975. 

J.van  Vliet  à  Chriftiaan   Huygens.  1662,  25  janvier  958;  1663,  6  juin  1120,  31  octobre 

1160. 
J.  Wallis  à  B.  de  Frenicle  de  Befly.  1661 ,  ?  décembre  971. 

„       (B.  de  Frenicle  de  Befly  à).  972. 
J.  de  Witt  (Chriftiaan  Huygens  à).  110©,  HOl. 
Chr.  Wren  (B.  de  Frenicle  de  Befly  àX  970. 
?  à  Chriftiaan  Huygens.  1662,  ?  avril  1105. 


Œuvres.  T.  IV.  M 


III.  PERSONNES  MENTIONNÉES 
DANS  LES  LETTRES. 


On  a  rangé  les  noms  dans  cette  lifte  fans  avoir  égard  aux  particules  telles  que  de ,  la ,  van ,  et 

autres. 
Les  chiffres  gras  délignent  les  pages  où  Ton  trouve  des  renfeignements  biographiques. 
Les  chiffres  ordinaires  indiquent  les  pages  où  les  per formes  nommées  font  citées. 

Adrichem  (Madeleine  van).  442. 
Aerffen  (  Amaranthe  van).   192  ,  210. 

„      (Cornelis  van).  103  ,  126,  290. 

„      (Ifabella  van).  64,  192,  210,  3 so,  442,  464. 

„      (Jeanne  van).  230. 

„     (Petronella  van).  350. 
Aefopus.  354. 

Agathe  (St.).  Voyez  Boreel  (Jacob). 
Agricola  Qohannes  ).  33!?,  338  ,  345. 
Ajax.  390. 
Albategnus.  38. 
Albemarle.  Voyez  Monk  (G.). 
Albert  de  Luynes    Charles  Honoré  d1  I.  301. 

„       „        „       (Louis  Charles  d'  .   361. 
Aleflandro  VII.  Voyez  Chigi  (F.). 
A  lion  In  [V.  407,  408. 

VI.  3«». 
Allacci  (  Léo).  408. 
Allatius.  Voyez  Allacci. 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  539 


Amato  fVincenzo).  71 ,  91,  96,  99,  103,  1 10,  112,  118,  126,  133 ,  136,  153,  157. 

„      (Mme).   136,  153,224- 
Ampiou.  23,  53,62,  çç>. 
Angeli  (Stefano  degli).  398  ,  399. 
Anne.  Voyez  Enclos  (Ninon  de  1'). 
Annetie.  214. 

Antiates  (Timaurns).  Voyez  Dati  (C). 
Antoine  (Cardinal).  Voyez  Barberini. 
Antonie.  519. 

Antonio  (Cardinal).  Voyez  Barberini. 
Apollonius  Pergaeus.   143  ,  161 ,  164,  165  ,  259,  278,  300. 
Archimedes.  399. 
Arel.  23,83. 

Arittoteles.  208,218,222,231. 
Armenvilliers.  Voyez  Berringau. 
Aften(van).  322,323,336,338. 
Aubigné  (Théodore  Agrippa  d').  473. 
Aubuflbn  (François).  466. 
Aumale  (d').  1 1 1 . 
Anzont  (Adrien).   1  1  ,  21  ,  23 ,  51 ,  53,  73,  99,  127 ,  228,  244,264,  268,333,334,338,339, 

357 ,  364,  365 ,  3^." ,  377  ■>  433  ,  46°- 
Baco  de  Verulani  (Francis).  514. 
Baerle  i  Ida  van).  279,337. 

„      (Jan  van).  413. 

„      (Snzanna  van),  nièce.  337. 

„      (Snzanna  van),  mère.  509  ,511. 
Bailly.  265. 
Balfour  f  James  Micbael  1.  455. 

„      (Patrick).  455. 
Baliani  (Giovanni  Battifta  1.  74,  134. 
Bail  (Peter  j,  père.  66. 

Balzac  (Jean  Louis  Guez ,  lèigneur  de).   1  1  i . 
Barberini  (Antonio  III).  72  ,  266,  289,  323  ,  345  ,  347. 
Bartelotti  (Jacobus).   11. 

„        (Willem).  229,230. 

(Mlle).  230. 
„        van  den  Ilenvcl  (Gulielmus  l.  442. 
Barthema  (Luigi  ).  487. 
Barthon  (Jean).  336. 
Baudry.  322. 
Baume  le  Blanc  (Françoife  Louife  de  la).  168,  183. 


54°  III.       PERSONNES    MENTIONNÉES. 


Bautru  (Guillaume).  33. 
Beale(John).  358,366. 
Beaufort  (Abbé  Euftache  de).  128. 
Beaumont  (Arnoudine  van).  337,  374. 

„  Herbert  van).  356,421,442. 

Beauplan.  Voyez  Vafl'eur  (le). 
Becanus  Qohannes  Goropius).  15. 
Becker  (David).  518. 
Bentivoglio  (Hippolito).  37?. 
Berchout.  Voyez  Teding  van  Berkhout. 
Berckenfhah.  131 ,  151 ,  307. 
Berkhout.  Voyez  Teding  van  Berkhout. 
Bernagien  (Pieter  van).  353. 
Bernhard  (Chriftoph).  232. 
Berringau  (Maximilien  de).   1 10,  167  ,  273  ,  288  ,  466. 

„        ,  frère.  167. 
Beuckelfz.  (jan).  Voyez  Buitenwegh  (J.). 

Beuningen  (Koenraad  van).  13  ,  22  ,  33,  92  ,  97,  99,  124,  125,  153,  159,  161  ,  164,499. 
Beverninck  (Hieronymus  van).  211,  245. 
Beverwecrt.  Voyez  Naflau  (Lodewijk  van). 
Bialozor  (Georgius  III).  500. 
Bias.  420. 

Bie  (de).  Voyez  Bye  (de). 
Bils  (Lodewijk  de).  234. 
Bifdommer.  16,  32. 
Bifichop  (Cornelis  de).  393 ,  476,  478 ,  519. 

„  (Mme  de).  393. 
Blaeu  (Joban).  251  ,  302. 
Blair.  52,445,460,477. 
Blavet,4  Bruxelles.  323. 

„     ,  /J  la  Haye.  331,332,402,413,420. 
Blondel,  à  la  Haye.  332. 

„      (François).   194,  [98. 
Blumenthal  (Joachim  Friedrich  von;.  165. 
Boekelfz.  Voyez  Buitenwegh  Q.). 
Boethius.  Voyez  Boodt  |  A.  Boethius  de  1. 
Boey  (Cornelis).  169,170. 
Boifrobert  (François  le  Metel  de).  1 83. 
Bonn  (Beigoio  de).  489. 
Bonadas  'Mme).  23. 
Boodt  (Anfelmus  Boethius  de  ).  485,  401  ,  492 ,  493. 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  54 1 

Boot.  Voyez  Boodt  (A.  Boethius  de). 
Booth  (George).  381. 
Boreel  (Jacob).  518. 

„     (Johan).  463,490. 

„     (Willem).  33,  99,463,490,491. 
Borel  (Pierre).  357. 
Borelli  (Giovanni  Alfonfo).  398. 

Borrhi  (Francefco  Giufepge).  169,  170,  351  ,  356,  393,  395. 
Bofle  (Abraham).  339,344,415. 
Bofc  (du).  Voyez  Dubofc. 
Bonarts  (Cornelis).  422. 

„      ,  fils.  422. 
Bouchon  (Henry).  166. 

Boulliau  (Ifmacl).  73,  134,  140,  151  ,  181,  272,377,411  ,424,425,430,434,452,456,478. 
Bourgogne  (Ambalïadeur  de).   Voyez  Chieze  (Seballian). 
Bourlemont  (de).  224. 
Bourfault  (Edmes).  466. 
Boxhorn  (Marcus  Zuerins).  15. 
Boy.  Voyez  Boey. 
Boyle  (Richard).  411. 

„  (Robert).  8,  9,  23,  24,  26,  28,  58,64,66,73,83,  84,85,94,95,  m,  124,  131  , 
149,  !5°,  i/1  >  l7~,  l76,  -ol  ,  202,  206,  207,  210,  216,  223,  225,  233,  239,240, 
248,  275,  276,  297,  298,  320,  321,  357,  367,379,426,432,436,445,459,460, 

474,475- 

„     (Mme).  Voyez  Clifford  (Elifabeth). 
Boym  (Michaelj.  2?9. 
Brahé  (Tycho).   73. 

Brandebourg  (Electeur  de).  Voyez  Friedrich  Wilhelm. 
Brader  (Govert).  341?. 

„      (Theodoor).  230. 
Brederode  van  Wieringen  (Cornelis  van).  168. 

„  „  (Mme  van).  Voyez  Hoorn  van  Leent  (M.  van). 

Bree  (Willem  van).  1661 
Brereton  (WilliamJ.  365  ,  396  ,  429. 
Bret (Edward).  375,392. 
Brienne  (de).  Voyez  Loménie  (H.  L.  de). 
Brittol  (Comte  de).  Voyez  Digby  (George). 
Brouncker  ( William).  26,  27  ,  28  ,  31  ,  35,  36,  50,  51  ,  60,  66  ,  86  ,  87  ,  93  ,  131  ,  176,  206, 

216,  233,  261,  274,  275,  295,296,297,304,318,319,321,382,412,418,424,425, 

426 ,  427,  430 ,  433  ,  434 ,  437  .  438  ,  439  ,  445  ,  45 1 ,  460  ,  475  ,  4-7. 
Brouwn.  Voyez  Brown.  (Th.). 


542  III.       PERSONNES    MENTIONNEES. 


Brown  'Thomas).  378. 

Bruerton.  Voyez  Brereton. 

Bruce (Alexander).  256,  261,  274,  275,  278,  280,  281,  284,  285,  287,290,295,296, 

304 ,  306 ,  3 1  8  ,  3 2 1  ,  42 8  ,  432  ,  436  ,  444 ,  45 2  ,  458  ,  474. 
Bruce  de  Kinglofs  (ChrifHana).  3175. 
Bruno  (Hendrik).   15,  16,  112. 
Bruyneftein.  Voyez  Bruynfteen. 
Bruynincx  (Gérard  Hamel).   183. 
Bruynfteen  (Johannes).  333,  336,  341 ,  375,  481. 
Bryas  (Charles  de).  72,  103  ,  266,  267,  324,  347. 
Buat.  Voyez  Coulan  (de). 
Buerftede  (Anthonis  van).  355 ,  422. 
„       (Jacob  van).  355,422. 
„       (Mme  van).  355,422. 
Buitenwegh  (jan  Boekelfz.).  395. 
Buyfero  (Adriaan).  71  ,  91,  96 ,  99 ,  1 10 ,  1 1 2  ,  1 33  ,  337  ,  338  ,  374 ,  387. 

„        (Laurens).  91  ,  99,  ^33,  136,  197,  38/. 
Bye  (Arent  de).  294. 
„    (Hefterde).  294. 
Cabeljauw  (Jan  Willem).  476. 
Calpernede.  Voyez  Coites  (de). 
Campani  (Giufeppe).  266,  267,  269. 
Campen  (Maria).  198. 

„      (Petronella).  198,335. 

„       (Sylvefter).  335. 

„       (Demoi(elles).  335. 

„       (Jacob  van).  508. 
Capellen  [  Hendrik  van  der).  153. 
Caracci.  Voyez  Carrache  (A.). 
Carcavy  (Pierre  de).  6,33,53,68,  112. 
Cardano  (Geronimo).  409. 
Caritius  (Sophie).  193. 

Caron  (François).  32,  124,  160,  165,  169,  210. 
Carrache  (Annibale).  457. 

Cartes  (René  des).  71 ,  75,76,77,  78,  79,  82,  146,  155,  159,  163,  238,  498,  514. 
Cafembroot  (Sophie  van).  7. 
CalTini  (Giovanni  Domenico).  236,  250,  251. 
Caftille     Villemarenil  (  Marie  Madeleine  de).  214. 
Cats  (Elifabeth).  230. 
Caumont  (Armand  de)    209. 
Cavajlieri  (Bonaventura).  39H. 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  543 


Cavendifh  III  (William).  3Ï1. 

„  (Lady).  Voyez  Bruce  de  Kinglofs  (Chriftiana  . 

Cayet  (Pierre  Viftor  Palma).  4i?3. 

Cellini  (Benvenuto).  189,  490,  494. 

Ch.  (Comte  de).   183,215. 

Chaife.  Voyez  Chieze  (S). 

Chambonnière  (André  Champion  de).  7,  157,  228. 

Chambre  f  Marin  Cnzeau  de  la).  367. 

Chapelain  (Jean).  6,  18  ,  22  ,  23,  31 ,  68,  70,  1 1 1  ,  1 17  ,  118,  128,  133,  135,  136,  144,  159, 

273 ,  a85s  4'4- 

Charles  II.  85,87,92,  176,275,296,  319,343,  358,  369,  380,  387,  388,391,  392,460, 
461, 480,484, 517, 518,519. 

Charles  de  rAflbmption  (Abbé).  Voyez  Bryas. 

Chauveau  (François).  6. 

Chefnelong (de).  213,233. 

Chevreufe  (Duc  de).  Voyez  Albert  de  Luynes  (C.  H.  d'). 
„        (de)*  Voyez  Lorraine  (Claude  de). 

Chieze  (Sebaftian).  10,  12  ,  13  ,  32  ,  33  ,  63  ,  65,  71 ,  91 ,  96,  99,  1 10  ,  1 12  ,  1 18  ,  125  ,  1  26, 
132,  136, 153,  157,  165, 166, 167,  179,  180,  193,  197, 209,  210,  213,  =14,  224, 233, 
234,241,243,244,252,253,257,263,264,  265,272,  280,  323,  33<s»337j338,3475 
348  ,  349 ,  350  ,  374 ,  377 ,411,413,415.  425  ,  430 ,  434 ,  435  ,  45 1  ,  452 ,  454 ,  465,  479. 

Chigi  (Fabioj    233  ,  408. 

Chivré  (Françoife  Marguerite  de).  500. 

Chloé.  346. 

Chriftine  (Reine).  13,  251  ,  404. 

Clairfillier.  Voyez  Clerfelier. 

Clarendon  (Comte  de).  Voyez  Hyde  (E.). 

Clayton  (Robert).  4=83,  484,  485,489,490,491. 

Clémente  VII.  Voyez  Medicis  (Guiglio  de). 

Clerke  (Gilbert  ).  118. 

Clerfelier  (Claude).  1 1  ,  76 ,  -9. 

Clitfins.  369. 

Clifford  (Elifabeth).  111. 

Clovio  (Don  Guilio).  415. 

Cobbault  (Johanna  Elifabeth).  221. 

Coccejus  (Johannes  ).  121. 

Cola  (Jacopo).  489,490. 

Colbertfjean  Baptifte).  407.408,116,41-. 

Colhans  Voyez  Kohlhans. 

Conrart  (Victor).   1 4 ,  303. 

Conty  (Princefle  de).  Voyez  Lorraine  (L.  M.  de). 


544  III-       PERSONNES    MENTIONNÉES. 

Cooper  (Alexandcr).  396,  401  ,  402  ,  413. 

„       (Samuel).  396,  401  ,  402  ,  413. 
Copernicus.  Voyez  Kopernik. 
Copes  (Hendrik).  360. 
Cordier(Jean).  436. 
Corneille  (Pierre).  34. 
Codes  (Gauthier  de).  117. 
Coulan  (Henry  de  Fleury  de).  476,  481. 
Couper.  Voyez  Cooper. 
Courvée  (Jean  Claude  de  la).  826. 
Coxinga.  187,479. 
Coyet  (Frederik).  169. 
Crabtree  (William).  309  ,  310. 
Crawford  (Charles).  366. 
Crequi  de  Blanchefort  (Charles  II  duc  de).  233. 
Crommon  (G.  van).  255  ,  257. 

„        (Mme  van).  Voyez  Geer  (A.  M.  de). 
Cromwell    Oliver).  369,  387. 

Crooke  (Andréas).  201  ,  203,  223,  274,  280,  291,  2 98,  3 18,  368. 
Dalen  (van).  419,  420 ,  423 ,  424 ,  430  ,  434 ,  456. 
Danckardt(Sebaftian).   279. 
Dati  (Carlo).  17,384,397. 
Daufquey  (Claude  de).  467. 
David.   144  ,  285  ,  375. 
Davies.  Voyez  RheCe. 
Dedel  (Johan).  163. 

„     (Mme).  Voyez  Vogelaer  (Ifabean  de). 
Delaincre  (Lord).  Voyez  Booth  f  George). 
Delbene.  Voyez  Elbina  (d'). 
Demmer  (Gérard).  176. 
Democritus.  113,  119,  155  ,  226,  293. 
Defcartes.  Voyez  Cartes  (des). 
Deufing  (Antonius).   28. 
Devonfhire.  Voyez  Cavendifh  (W.). 

„         (Lady).  Voyez  Bruce  de  Kinglofs. 
Dhona  ^Amalia  Ludovica  von).  427. 

„     (Carolina  Eleonora  von).  427. 

„     (Chriltophorus  Oelphicus  von  !.  427. 
Friedrich  von  ,.   20  ) ,  234. 
Digby (George).  380,391. 

„    (Kenelm).  25,39,59,62,145,296. 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  545 


Dille.  Voyez  Ifle  (Comte  d'). 

Diodes.  2. 

Divinis  (Euftachio  de).   17,  92,  98,  r 25  ,  134,  145  ,  156 ,  267  ,  286,  333  ,  334,  361 ,  392  ,  393. 

Does  (Jacob  van  der).  22  ,  34,  335 ,  389,  393  ,  394,  420,  427  ,  476 ,  478. 

Donneau  le  Vizé  (Jean).  466. 

Doorenltaclt.  Voyez  Snouckaert  van  Schouwenburgh. 

Doreftad.  Voyez  Snouckaert  van  Schouwenburgh. 

Dorp  (Anna  van).  284. 

„    (Arent  van).  388. 

„    (Arent  van),  fils.  388. 

„    (Dorothea  van).  476. 

„    (Frederik  van).   103,110,242. 

„    (Ida  van).  153,166,350,388. 

„    (Lodewijk  Wolphard  van).  93,  388. 
Doublet  (Adriaan).  224. 
(Conltantia).  384. 

(Geertruid).  324,370,453,455,464. 
„       (Philips),  fils.  93,  103,  110,  132,  137,  157,  192,  224,229,272,294,322,324, 

338  ,  341 .  344,  346,  347 ,  417  ,  420,  430 ,  435 ,  453 ,  475 ,  477 ,  4/8 ,  480. 
„       (Mme.   Voyez  Iluygens  (Geertruid). 
„       (Mme).  Voyez  Hnygens  (Sufanna). 
Douw  (Simon j.   16. 
Droite  (Coenraad).  519. 
Duarte  (Franciica).  322. 

„      (Gafpard).  322. 

„      (Jacques).  451. 
Dubofc.  516. 
Duchefne  (François).  500. 
Duhamel  (Jean  Baptifte).  HO. 
Dumetz.  416. 
Dupuy  (Jacques)  14. 

„      (Pierre).  14. 
Durazzo.  Voyez  Durtbrt  Duras. 
Durer  (Albrecht).  253. 

Durtbrt  Duras  (Gabian  de).  84,  107,  128,  134. 
„  „     (Guy  Alphonfede).   £4,  127, 

„  „     (Jacques  Henri  de).   83,  127. 

„  „     (Louisde).  84,127. 

Duyck  (Alida).  254. 

„     (Maria).  254. 
Duyn  (Adam  van  der).  33,63,  110. 
Œuvres.  T.  IV.  69 


54^  III.       PERSONNES    MENTIONNÉES. 


Eeck  (Sicco).  425,  431,  435. 

Eichrtadt  (Lorcnz).   138. 

Elbina  (Alphonfe  d').  242. 

Elfevier  (Daniel).   143,  164,  277,  278,  279,  300. 

„       (Louis).  143,164,195,277,278,279,300. 
Elft  (Mlle  van  der).  32  ,  430. 
Elvelton.  423. 
Emanuel.   245. 

Enclos  (Ninon  de  1').  183,184. 
Epicurus.  221  ,  275. 
Ernft  Auguft.  350. 
Efcoubleau  (Charles  d').  262 ,  463. 
Efpagnet  (Jean  d').  127,  134,  215,  224,  228,  232,  268,331  ,  332,333,  334»  337  >  338,  339, 

340,345,364,  456. 
lifte  van  (Don).  Voyez  Gamarra  (E.  de). 
Etats  Généraux.  285  ,  407. 
Fuel  ides.  80,  469. 

Evelyn  (John).  176,200,  201 ,  216. 
Evilyn.  Voyez  Evelyn. 
Ëyckbergh  (Johan).   198. 

(Mlle).  425,431,  435- 
„         (Mme).  Voyez  Campen  (Fetronella). 
Fabri  (Honoré).   17,92,  99,  126,  134,  156,  237,  286. 
Fabricius.  256. 
Faes  (Johannes  van  der).  33. 
„    (Pieter  van  derj.  33,  361,  362,  363,  370,  371,  372,   389,  393,  394,  396,  401, 
402 ,  410. 
Fare  (Charles  Augufte  de  la).  200 ,  336. 
Faris  (Miftr.).  402. 
Febure  (le).  Voyez  Lefévre. 
Ferdinand  Maria.  465. 
Fermât  (Pierre  de).  1,  3  ,  6,  25,  33,  68,  71,  75,  79,  99,  110,  1 1 1 ,  1 12,  136,  157,  159, 

270,367. 
Ferrari  (Ottavio).  404. 
Ferrier.    18. 

Ferroni  (Francefco).  517. 
Feuillade  'Duc  de  la).  Voyez  Aubuflon. 
Févre  (le  ).  Voyez  Lefêvre. 
Fioravanti  (Leonardo).  392. 
Firmicus  (Julius).  14. 
Fouquet  (Aime;.   Voyez  Callille- Villemarenil  ('M.  M.  de). 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  547 

François  1er.   ÎOO.  • 

„        (Maître).  350. 
Frederik  Hendrik.  510,512,518. 
Frenicle  de  Beiïy  (Bernard  de).  2 ,  3  ,  24 ,  25 ,  27  ,  34 ,  39 ,  44 ,  59 ,  62  ,  68 ,  8"  ,  95  ,  1 34  ,  1 45 , 

146, 150, 151, 155, i595367,377- 
Friedrich  Wilhelm.  92,  167,519. 
Friquet  ( J  ean).    143,1 64. 
Fuller.  378. 

Furftenberg  (Diederich  Cafpar  von).  245. 
Galilei  (Galileo).  42,  194,  514. 
Gamarra  (Eftevan  de).   193. 

Gafl'endi  (Pierre).   165,  181  ,  182,  226,  293,  309,  310,  514,  515,  516. 
Geer  (Aletta  Maria  de).  255 ,  257. 

„     (Mlle  de).  255. 
Genderen  (Jan  van).   10,168,179. 
Gendt.  Voyez  Ghendt  (J.  van). 
Gent  (Johan  van).  33  ,  ç)ç. 

„     (Johan  van)  Jr.  423. 

„     (Otto  van).  423. 

„     (Willem  Jofeph  van).  423. 

„     (Mme.  van).  Voyez  Ripperda  (E.  A.  A.  van). 
Gentillot  (de).  360,390. 
Ghendt  (Joris  van).  361. 
Ghifoni.  Voyez  Guifony.  (P.). 
Giannini  (Tommafio).  231. 
Gilbert  (William).  514. 
Girard  (Maître).  349. 
Glefer  (Daniel)     110. 
Goddard  (Jonathan).  84,  296. 
Goedaert  (Johannes).  214. 
Goes  (Willem).  164. 
Golius  (  Jacobus).   517. 
Gonzaga  (Maria  Louifa  de).  268,  500. 
Goris  (Lambertus).  353. 

Gouffier  (Artus).  7,  14,  25  ,  33  ,  53  ,  71  ,  180,  198,213,465. 
Goyer  (Pieter).  187. 

Gramont  (Antoine  III,  duc  de).  99,  1 10,  112,  136,  347,  477. 
„        (Antoine  Charles,  comte  de).  500. 
„        (Arnaud  de).  566. 
„        (Maréchale  de).  Voyez  Chivré  (F.  M.  de). 
Grat.  (Mlle).   137. 


548  III.       PERSONNES    MENTIONNÉES. 

Graunt  (John).  13©,  149. 

Gravemoer  ('s).  Voyez  Duyn  (Ad.  van  der). 

Graziani  (Gcronimo).  40î. 

Gregorius  à  St.  Vincentio.  286. 

Gregory  (James).  330 ,  342  ,  35 1 . 

Groot  (Cornelia  de).  336,  338. 

„     (Willem  de).  353. 
Gnericke  (Orto  von).  150. 
Guiche.  Voyez  Gramont  (Arnaud  de). 
Guilbny  (Pierre).  1  r  ,  161. 
Gutfchoven  (Gérard  van).  207  ,  237  ,  247  ,  249. 

Hall  (Francifcns).  73,  149,  171  ,  172,  218  ,  222,  275,  276,  298,305,  320,368. 
Hamel.  Voyez  Bruynincx  Hamel  (G.). 

„      (Mme).  Voyez  Suerius  (Sara). 
Hanneman  (Adriaan).  33 1 ,  334 ,  337  ,  344 ,  349 ,  362  ,  393  ,  394 ,  41 1 . 
Ilarel.  Voyez  Arel. 
Ilarvey  (William).  20,514. 
Haflelaer.  443. 
Haufman  (Jan  Jacob).  422. 
Heins  (Elifabetti).  164=. 
Heinfius  (Daniel).  407. 

„       (Nicolaas).  14,195,228,293,463. 
Hemony  (François).  193. 

„        (Pierre).  193. 
Henrichet  (Mme).  253. 
Henriette  Marie  de  France.  518. 
Herigone (Pierre).  76,80. 
1  lermana  (la).  Voyez  Huygens  (Sufanna). 
Ileuraet  (llendrik  van).  249. 

Hevelius  (Johannes).  25 ,  85 ,  127,  128,  129,  135,  143,  151  ,  159,  163 ,  173,  181  ,  208,  209, 
214,  232,  236,  251 ,  265  ,  278  ,  279,  280,  300,  306,  367. 
„        (Mme).  Voyez  Robef'chki  (Catbarina). 
llinderfbn  (John).  455. 
Hipparchus.  38 ,  225. 
Hippocrates.  226. 
Hobbes (Thomas).  94,  95,  149,  171,  176,  200,201,210,  217,  218,223,261,274,280, 

28 1 ,  282 , 283 , 291 , 295 , 298 , 304, 3 18,381, 415. 
Hoefnagel  Qoris).  413. 
Holcraft  (Mlle).  347. 
Holden  (William  ).  39. 
Molles    Daniel   .  389. 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  54y 

Hollis.  Voyez  Holles. 

Holmes.  426,428,432,443,452,  458,460,474. 

Honert  Qoharj  van  den).  64. 

Honnywood  (Robbert  ).  229. 

Hooft(Geertrnid).  23©. 

Hooke  (Robert  ).  218,221,  275  ,  320,  359,  366,  437,  438. 

Hoorn  (Anna  vanj.  3IO.  341. 

„     van  Leent  (Maria  van).  168,  179,  198,  254,  257,  2-3,  285. 
Hoorne  (Johan  van).  215. 

„       (Willem  Adriaan  van).  245. 
Horrox  (Jeremiah).    12,    13,    25,    27,    142,   151,   159,   173,   181,  262,  306,  309,  310, 

311 , 320. 
Horto  (Garcia).  Voyez  Orta  (G.  del). 
Hudde  (Johan).   191,208,292. 
Huet  (Pierre  Daniel).  62  ,  118,  1 45 ,  154,  1 55. 
Hnls  (Samuel  van).  95,  149,  171. 
Hnlfius  (Antonius).  422. 
Iluybert  Quitus  de).  33  ,  9^. 
Huygens  (ChrifHaan),  neveu.  388. 

„       (Conflantia).   126,166,273,356. 

„      (Conftantyn),  père.  6,  7,  14,  15,  22,  25,  33,  34,  48,  58,  61,  68,  69,  71,7a, 
75,   9-->  96,   99,    ico,    102,    110,    111,    124,    126,    133,  137,   146,    154,   158, 
164,     168,    179,    180,    183,    184,    190,    194,   197,   200,  209,  213,    215,  224, 
229,    234,    241,    243,  244,   245,   251,   252,   253,   254,  256,    257,  258,263, 
264,    265,    266,    272,  273,    274,   277,    278,   280,  284,    285,   288,   289,  294, 
300,    302,    324,    330,  331,    337,   338,  346,    349,   350,  353,  354,   355,  356, 
35*,    359,    3<5o,   361,   362,    365,    366,    375,    376,   377.   380,387,   388,390, 
395,    397,    4°3)    4°6,   4°7,    411,   4*5,   V7 i   420,422,  423,  424,  430,434, 
435,     452,    453,  455,    456,    5 1 9- 
„       (Conftantyn),  frère.  6,   11,  32,  70,  91,  99,  102,  103,  125,  126,  133,  137,  144, 
164,   168,   191,   193,  197,  210,  213,  215,  224,  228,  233,  245,  249,  260,  271, 
274,  277,    279,  280,  285,  288,  324,  345,35°,  364,369,  388,  422,  441,  442, 
453,  454,  460,   465,  472,  473,  479,  509,511. 
„        (Geertruid).  64,91,99,166,179,184,209,441,455,464. 
„        (Jacob).  335. 

„        (Lodewijk).   14,  15,  16,  18,  62,  70,  72,  73,  79,  112,  119,  129,  145,  147,  154, 
168,  234,  235,  236,  249,  251,  260,  264,  265,  274,  294,  300,  331,  333,  337, 
339,  35o,356,  4°3,  41',  4*3,  4'5,  4'8,   424,  425-43o,  434,  435,  44',  442, 
443,451,  452,  453,  454,  456,  465,476,  509,  5ii- 
„        (Martlia  Maria).  229,388. 
„        (Philips).  509,511. 


550  III.       PERSONNES    MENTIONNÉES. 


Huygens  (Sufanna).  167,  184,  224,  234,  294,  322,  324,  331,  337,  349,  360,  362,  369, 

37°-  3.-3  »  374'  389.  395  ,  44'  ,  4."<5,  5°9,  51 1. 
Hyde  (Edward).  380,  391. 
[quam.  187. 
Ifaac.  490 

Ifle  (Comte  d').  303. 
jabach  (Everhard).  456 ,  457  ,  476,  478. 
Jacques  (Maître).  110,209. 
Janfz  (Dirk).  168. 
Janus.  Voyez  Vliet  (J.  van). 
Jardin  (du).  Voyez  Orta  (Garcia  del). 
Johann  Caflmir.  226. 
Johnfon  (William).  378. 
Junius  (Francifcus).  15,  355,  421. 
Karl  Guflav.  259. 
Kepler  (Jobannes).  73  ,  499. 
Kerckhoven  (Karel  Hendrik  van  den).  273. 
Kerkwijk.  Voyez  Rivière  (J.  de). 
Kernifle  (Mme  de).  Voyez  Cats  (Elifabeth). 
Kettingh.  197. 
Keyzer  (Jacob  de).  187. 
Kilpatrick.  Voyez  Kirckpatrick  (J.). 
Kincardin  (Comte  de).  Voyez  Bruce  (Alexander). 
Kinglofs.  Voyez  Bruce  de  Kinglofs  (Chriftiana). 
Kircber  CAthanaiius).  225. 
Kirckpatrick  (Jobn).  176,  200. 
Kohlhans  (Johann  Chriltophj.  108,  109. 
Koopman  (Eli('abeth).  278,  300,  308. 
Kopernik  (Nicolas).   140,  141. 
Korlt  (Foppe).  Voyez  Vliet  (J.  van). 
Kuffler  fMUtr.).  387. 
Laet  ( Jobannes  de).  485,  486. 
Lanière  (Nicolas).  362. 

Laquintinie   Jean  de).  Voyez  Quintinie  l  J.  de  la  . 

Lecq  (de  la).  Voyez  Naflàu  (M.  !..  van).  ^ 

Leeuwen  (D.  van  Leyden  van).  Voyez  Leyden  van  Leeuwen  1  I).  van  >, 
Letèvrcf  Nicolas).  382. 
Leiden  (Jan  van).  Voyez  Buitenwegh  (J.). 
Lely.  Voyez  Faes  (  V.  van  der  . 
I, emans.  302. 
Leyden  r  Lucas  van).  253. 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  55  I 


Leyden  van  Leemven  (Diderik  van).    64,    110,   133,    179,    214,    223,    255,  338,  341. 
344,    346,    347.    348.    363,    374,    380,    381,    388,  413,  414,  415,  435.  453.  454, 

455 ^  475- 
Licungzu.   186. 
Lieberghen  (Diederik  van).  11. 
Lilly.  Voyez  Faes  (P.  van  der). 
Limmon  (Miftr.).  337  ,  349,  3*9>  4QI- 
Lindfay  (Lord).  Voyez  Crawford  (Ch.). 

„       (.John).  462. 
Linus.  Voyez  Hall. 
Loenen  (van).  258. 

Loménie  (Henri  Louis  de  j.  60,  277  ,  300. 
Long.  358. 

Loo  (Jacob  van).  321 ,  337  ,  344 ,  41 9. 
Lorraine  (Claude  de).  27©. 

„        (Louife  Marguerite  de).  4Ï3. 
Louis  XIV.   14,  100,   in,  158,  164,212,224,  275,327,364,367,406,407,408,416, 

419,420,428,  460  ,461. 
Louis  de  Touflaints.  32 ,  70. 
Louifon.  69,  252. 

Lonvigny  (Comte  de).  Voyez  Gramont  (Arnauld  ). 
Lower  (Richard).  383. 
Lucas.  Voyez  Leyden  (L.  van). 
Lunebourg  (Duc  de).  Voyez  Ernft  Auguft. 
Luynes  (Duc  de).  Voyez  Albert  de  Luynes  (  d'). 
Ly.  Voyez  Licungzu. 
Lycofthenes.  Voyez  Wolffhart. 
Madame.  Voyez  Solms  (Amalia  von). 
Maefdam.  Voyez  Dorp  f  Frederik  van). 
Maggiotti  (Raf'aelo).  225. 
Maignan  (Emanuel).  18  ,  47,  53,  j6. 
Mainard.  Voyez  Mefhard. 
Mambrun  (Pierre).  70,92,101. 
Manchefter  (Comte  de).  Voyez  Montague  (S.). 
Mancini  (Carlo  Antonio).  48,49,62,  118,  145,  154. 
Manfart.  Voyez  Maulde  (de). 
Marais.  Voyez  Marets  (des). 
Marcellus  (Claudius).  279. 
Marchefini  (Giovanni  Formola ).  290. 
Marets  (Daniel  des).  350. 

„      (Abigail  des).  350,356. 


552  III.       PERSONNES    MENTIONNÉES. 

Marets  (Anna  Catharina  des).  35U,  356. 

Marins.  Voyez  Mayr  (S.). 

Marlot  (Lodewijk  de).  2*3 ,  278. 

Martel    Jean  Pierre).  357,  366,  367,368. 

Martinet.  54,  94,  264. 

Martini  (Martin).  303. 

Marzelière  (Renée  de  la).  209,  232. 

Maulde  (Louis  de  1.  273. 

Maximilian  Heinrich  von  Bayern.  234,  244,  245. 

Mayr  (Simon).  270. 

Mazarin  (Giulio).  72. 

Medicis  f  Ferdinando  de).  517. 

„       (Guigliode).  489. 

„       (Leopoldo  de).   17,  18  ,  42  ,  43,  92  ,  1 01  ,  108  ,  134,  143,  161  ,  162  ,  164,  165  ,   227 , 
259,300,398. 
Médina  de  las  Torres  (Duc  de).  223. 
Medon  (Bernard).  4©8. 
Meflfert  (Pieter  ).  179. 
Ménage  (Gilles).  410. 
Mente!  -  Jacques ).   J08. 
Merfenne  (Marin).  514,515,516. 
JVJei'me  (Lawrence).  62. 
Mefnard.  289. 

Metel.  Voyez  Boifrobert  (François  le  Metel  de). 
Meyden  (Johan  van  der).  340,  341. 

„       (Leonora  van  der).  340,374. 

„       (van  der)    279. 
Micheli.   ni. 

Middleton  (Miftr.).  394,  396,  402,  410,  413,  462. 
Miremont  (Préfident  de).  78. 
Moggerfhill.  Voyez  Doublet  (Pli.). 
Molière.  Voyez  Poquelin  (J.  B.). 
Mombas.  Voyez  Barthon  (J.). 

„       (Mme).  Voyez  Groot  (Cornelia  de). 
Monconysi  Balthafar de).  98,  125,  134,  157,333,358,361,366,392,395,398,418. 
A'Ionk    George).  374. 

Monmor  (Henry  Louis  Habert  de).  34,  58,  64,  70,  92,  93,  96,  97,  99,  112,  117, 
118,  124,  233,  324,  334,  345,  357,  433,  459,  4^3,  472,  474»  4«o, 
482,  513. 

„        ,  fils.    193. 
Moufeigneur.  Voyez  Louis  de  Toufï'aints. 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  ^^^ 


Montagne  (Edward).  3174. 
Montaufier.  403 ,  404. 
Montbas.  Voyez  Barthon.  (J.). 

„       (Mme).  Voyez  Groot  (Cornelia  de). 
Montbrun  de  Sous-Carrière.  16G. 
Montery.  Voyez  Roger. 
Montpouillan.  Voyez  Caumont  (A.  de). 
Moray  (Robert).  31  ,  108,  210,  223,  233,  281  ,291,  301  ,  358,360,363,365,374,  382, 

383  ,  430 ,  43-  ,  452  ,  462  ,  473  ,  482  ,  490. 
Morienfart  (Deliane  de)    388. 
Morin  (Louis).  48. 

Motte — Houdancourt  (Henriques  de  la).  341. 
Moucheron  (Hendrik  de).  IOO,  163  ,  259. 
Munnickhovius.   17,31,  70. 

Mufch  (Elifabeth  Maria).   166,  230,  348  ,  403  ,  476,  481. 
Mydorgc  (Claude;.  268,269. 
Myrkenius  (Abraham).  510. 
Mytens  (Daniel),  le  vieux.  3dO. 

„       (Daniel),  le  jeune.  350,  41  1. 

„       (Ifaac).  350,411. 

„       (Johannes).  35©,  411. 

„       (Martinus).  35©,  411. 
Nanteuil  (Robert).  332  ,  334,  339  ,  396,  402. 
Nallau  (Lodewijk  van).   1 49  ,  245. 

„     (Maurits Lodewijk  van).  166.477. 

„      (Willem  Adrianus  van).   130,  1 48  ,  425  ,  464  ,  48  1 . 

„      Siegen  (Johan  Maurits  van).  519. 
Navander.  519. 

Neile  (Paul).  24,27,83,85,151,298,306,320,385,  444. 
Neri  (Antonio).  492. 
Neuré  (Michel).  Voyez  Mefme  (Lawrence). 
Nicolls.  383. 

Nieuwerkerk.  Voyez  Pauw  (A.). 

Nieuwveen  (Mlle  van).  Voyez  Mufch  (Elifabeth  Maria). 
Nikomene  (Burmal'h).  488. 
Ninon.  Voyez  Enclos  (Ninon  de  F). 
Nifle  (Cornelia  van  der).  425,  464,  481. 
Nolter.  Voyez  Iluvgens  (Lodewijk). 
Noyers  (des).  268. 
Nuyll  (Samuel  ton).  463. 
Obol'kin  (Clément).  488. 
Œuvres.  T.  IV.  70 


554  III.       PERSONNES    MENTIONNÉES. 


(  >dijk.  Voyez  Nad'au  (  W.  A.  van). 

Offenberg  (d').  Voyez  Marlot  (Lodewijk  de). 

OfFenburg  (Petrus  van).  6. 

Ogle  (Utricia).  375. 

Oldenburg  (Heinrich).  379,  383,  436,  479,  480. 

Oofterwyk  (Severyn).  324,  41 1 ,  418  ,  424,  430,  434,  452  ,  456,  460,  477,  478. 

Orta  (Garcia  del).  485,  487. 

Overfteyn.  464. 

Ovidius.   14,  32  ,  70,  195,  228  ,  260,  463. 

Oxenfrierna(Axel).  25». 

Ozou.  Voyez  Auzout  (A.). 

Paets  (Alida).  348. 

Palma  (Giacopo).  413. 

Panurge.  193. 

Paolo  (Fra).  Voyez  Sarpi  (P.). 

Parente  (Andries).  4=03. 

„  •   (Jooft).  4©3. 
Parrhafms.   163. 

Pafcal  (Blaife).  213  ,  292,  384,  398. 
Pafchal  (Carlo).  Voyez  Pafquali  (C). 

„      ,  à  la  Haye.  12 ,  25 ,  63  ,  65 ,  430 ,  434 ,451,  477. 
Pafquali  (Carlo).  408. 
Pater.   Voyez  Saint- Pater. 
Pauw  (Adriaan).  332  ,  335  ,  519. 
„    (Dirk).  230. 
„     (Defmoifellcs).  519. 
Pecquet  (Jean).  226. 
Peirerius.  Voyez  Peyrere  (de  la). 
Pell  (John).  381. 
Pels  (Philippe).    142. 
Pelfaert  (François).    158. 
Percheval  (Maria).  230. 
Perier.  150. 

Perrault  (Claude).  414. 
Petit  (  Anna)  V.  324,  346  .  430,  453. 
„    (Marianne).   1 2  ,  69 ,  74 ,  92  ,  96 ,  1 03  ,  1 28  ,  135,  137,157,159,183,199,215,251, 

252,271  ,272,  335,341  ,342,346,411  ,479. 
„    (Pierre).   12,  22 ,  25,  33,  68  ,  71  ,  78 ,  79,  92  ,  99,  100,  103 ,  110,  118. 

133,   [36,    137,    144,    152,  159,    165,  168,    199,  214,   215,   224,   228 

25-,  253,   254,    256,  272,   278,  279,  289,  303,  324,  331  ,  332,  333, 

4.~3-  479.  4«2- 


125. 

126, 

241 . 

,  243. 

335 , 

4.-2- 

III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  555 

Petit  (Pierre),  le  médecin.  335. 

„    (Mme).  68,74,128,135,252,2-1,335. 

„    (Pierre  le).  213. 
Petty  (William).  296,  297,  304,  307,  319,  330. 
Peyrere  (Ifaac  de  la).  466. 
Phaedrns.  354. 
Pifo  (Willem)-  160,  169. 
Plato.  248. 
Plutarchus.  78. 
Polo  (Marco).  487. 
Poquelin  (Jean  Baptifte).  391,  466. 
Portail  (du).  Voyez  Petit. 
Porte  (la).  59. 
Poft  (Frans).  509. 

„    (Pieter).  509. 
Poterie  (Antoine  de  la).  117. 
Power  (Henry).  382. 
Prat(du).  513,  516. 

Princeffe  Douairière.  Voyez  Solms  (Amalia  von). 
Princelîe  Royale.  Voyez  Stuart  (Mary  Harriet). 
Provenchére  (la).  350,  351. 
Ptolemaeus.  38,  140,  141,225. 
Purchas.  493. 
Puteanus.  Voyez  Dupuy. 
Pythagoras.  467. 
Quintinie  (Jean  de  la).  366. 
Raet  (Gualter  de).  290. 
Raimondi  (Eugenio).  472. 
Randwijck  (Anna  Margriet  van).  161. 
Ranelagh  (Richard  Jones).  379. 
Raphaël.  363,  372. 

Rebefchki  (Catharina).  142 ,  278 ,  308. 
Reede  (Godart  van).  480. 
Reeves  (John).  381. 
Reinerius  (Thomas).  404. 
Rembrandt.  Voyez  Rijn  (Rembrandt  van). 
Renaldini  (Carlo).  398. 
Renaud  (Daniel).  58,64,479. 
„      (Judith).  58,  64. 
„      (Mlle).  64. 
Rennes  (Evéquc  de).  Voyez  Motte  Houdancourt  (de  la). 


55^  III.       PERSONNES    MENTIONNÉES. 


Reynft  (Lambert).  169,  170. 

Rhaefius.  Voyez  Rhefe. 

Rhefe  (John  David).  354. 

Ricci  (Michael  Angelo).  160,  161,  165,225,227. 

Riccioli  (Giovanni  Baptifta).  181,  182,308,310. 

Rico.  Voyez  Rhci'e  (J.  D.). 

Ripperda  (Eggerik  Adriana  van).  193. 

Rivière  (Richard  de).  ÎO. 

Roannes  (Duc  de).  Voyez  Gouffier  (Artus). 

Robert  (Prince).  Voyez  Ruprecht  von  Bayern. 

Roberval  (Gilles  Perfonne  de).   1 28 ,  226 ,  247 ,  292  ,  36; 

Robin  Ion.  391. 

Rochefoucauld  (François  V,  duc  de  la).  214. 

Roger.  322,  323. 

„       ,  frère.  323. 
Rohault  (Jacques).  6,7,  11,69,367,459,474. 
Romanow  (Michael  Feodorowitch).  488. 
Rooke  (Lawrence).  84,  270,  297,  305,  459. 
Roquelanre  (Gallon  Jean  Baptifte  de).  1Î9. 
Rodum  (Adriana  van).  34?. 
Rotgans.  254. 

Ruraph  (Chriftianus  Conftantinus).  421. 
Rupert.  Voyez  Ruprecht  von  Bayern. 
Ruprecht  von  Bayern.  200  ,  201 ,  476  ,  478. 
Ruytenburgh  (Albartns  van  ).  397. 

„  (Jan  van).  520. 

Rijckaert  (Conftantia),  519. 

„         (Margaretha).  519. 

„        (Suzanna).  137,  427,  441 ,  442  ,  454. 
Rijn  (Rembrandt  Hermansz.  van).  4517. 
Sadler.  377. 
Saint-Pater.  288. 
Salomon.  508. 

Salviati  (Giovanni  Vincenzo  1.  ôlï. 
Sande  (Frederik  vnn  den).  353. 
Sandcrfon  (William).  332. 
Santen  (van).  193. 
Santorio  (Santorio).  226,  239. 
Sarpi    Pietro).  514. 
Scenaeus.  Voyez  Skene  (J.). 
Schall  (Johann  Adam).  189. 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  557 


Scheiner  (Chriftoffel).  182. 
Schickard  (Wilhelm).  251. 
Schilders  (Pierre  de).  224. 

„        (Mme).  Voyez  Cobbaulr.  (J.  A.). 
Schooten  (Frans  van).  23 H  ,  246. 
Schotanus  à  Sterringa  (Chriftianus).  422. 
Schott.  2*9. 
Scion  (Mlle).  519. 
Scipio.  279. 
Selim  II.  490. 
Sendivog.  Voyez  SenfophaX. 
Senfophax  (Michael).  226. 
Servin  (Louis).  473. 
Servita  (Paolo).  Voyez  Sarpi  (P.). 
Seurijn.  Voyez  Oofïenvijk  f  Severijn). 
Seventer  (de).   Voyez  Soete  de  Villers  (Philippe). 
Severijn.  Voyez  Oofterwijk  (S.). 
Silius  Italiens.  404,407. 
Silvius.  Voyez  Sylvius. 
Sirtnrns  (Hieronymus).  250. 
Skene(John).  16. 

S 1  vi le  (René  François  de).   161  ,  196,  260,  299,  390. 
Smith.  Voyez  Smitz  (Catharina). 
Smitz  (Caipar).  33. 

„     (Catharina).  33,63. 
Snellius  (VVillebrordns).  64,  501. 
Snonekaert  van  Schonwenburgh  (Albert).  454,  464. 

„  „  „  (Mme).  Voyez  Randwyck  (A.  M.  van). 

„  „  „  (Mlle).  454,464. 

Socrates  Scholafticns.  409. 
Soete  de  Villers  (Philippe).  518. 

SolmsfAmalia  von).  6,  213,  338,  349,  356,421,422,  518,520. 
Sommelfdijk.  Voyez  Aerrîen  (C.  van). 

Sorbière  (Samuel  de).  64,  99,  324,  358,  359,  366,  479,  480. 
Sonrd  (Simon  le).  244. 
Sonrdis  (de).  Voyez  Efcoubleau  (Ch.  d'). 
Southwell  (Robert).  7,  8  ,  9,  24,  51 ,  83  ,  94. 
Sozomenes  (Salamanes  Hermias).   109. 
Spierings  (Louis).  102. 
Spijk.  Voyez  Aerlien  (Cornelis  van). 
Stapele  (Anna  Maria).  455. 


558  III.       PERSONNES    MENTIONNÉES. 

Steen  (Nicolas\  270.  254. 

Sténo  ou  Stenonius.  Voyez  Steen  (N.). 

Stevin  (Simon).  88. 

Stewart  (Agatha).   455. 

Streete  (Thomas).  30  j. 

Smart  (Mary  Harriet).  518,  519,  520. 

Suerius  (Catharina).  166,  179,  435. 

„       (Jacob).   132. 

„       (Jacob  Ferdinand).   199,242,294. 

„       (Maria),  Jacobfdr.  255,  257. 

„      (Maria),  Lenaerfdr.  411. 

„      (Martin).   183,  193,403. 

„       (Martin  Chriftiaan).  7,842. 

„       (Samuel).  422. 

„       (Sara).   183. 

„       (Conful).  272  ,  279. 
Swann  1  William).  375,  397. 
Sylvius.  445,  460,  461. 
Taillefer.  93. 
Tambur.  488. 
Tamerlan.  Voyez  Timour. 
Teding  van  Berkbout  (Jacoba).  349. 
Tennullius.  Voyez  Nuyl  (ten). 
Teylingen  (Aegidia  van).  242. 
Thanmafte.  168. 

Theodoretus  ou  Theodoritus.  409. 
Thevenot  (Jean  de).  180. 

„       (Melchifedec).  6,  7,  12,  22,  32,  53,  54,  61 ,  62,  73,  92,  108,  109,  1 1 1 ,  1 18, 

127,143,    144,   153,  154,  155,   158,161,162,165,169,180,183,210,223,233, 

244,  270,  279,   287,   303,  324,  334,  335,  339,  341,  346,  347,  356,  357,  364,  365, 

367 ,   377 ,  452,  479 1   499- 
Thibault  (  I  lendrik).  416. 

„       (Mlle  Cobctjej.  403,411,416,442,454. 
Thielen  Qohannes).  33?. 
Thou  (Jacques Augufte de).  62,  154,245. 

„     (  Aime  de  ).  Voyez  Marzelièrc  (Renée  de  la). 
Thuret.  HO,  270. 
Tilenus  (J.).  337. 

„      .  Voyez  Thielen  (J.). 
Timour.  1K6. 
Toot.  Voyez  Huygens  (Lodewijk). 


III.       PERSONNES    MENTIONNÉES.  559 


Torricelli  (Evangelifta).  85,  150,  198,  ai  H,  225,  248,  384,  426,  432,  438,  439. 
Townley  (Richard).  2©!?. 
Trulli  (Giovanni).  225. 

„      (Giovanni),  le  jeune.  225. 

„      (Stephano).  225. 
Tufton  (Lady).  350,  360,  362,  395 ,  40 1  ,413. 
Tulp  (Nicolaas).  499. 
Unicus.  Voyez  Doublet  (Ph.). 
Uylenburgh.  372,413,457. 
Valelius.  Voyez  Valois  (de). 

Vallière  (Duchcfle  de  la).  Voyez  Baume  le  Blanc  (  F.  L.  de  la). 
Valois  (Adrien  de).  4=09. 

„     (Henri  de).  409. 
Vanderveecken.  Voyez  Veecken  (van  der). 
Varthema.  Voyez  Barthema. 
Vartomannus.  Voyez  Barthema. 
Valïcur  (Guillaume  le).  244. 
Vaftric  (Hendrik).  435. 
Veecken  (van  der).  207. 
Velaer  (Catharina  de).   192. 
Venetus  (Marcus  Paulus).  Voyez  Polo  (Marco). 

„       (Paulus).  Voyez  Sarpi  (lJietro). 
Verbeeck  (Gerardus).  33. 
Verdpré.  350,356. 
Vcrftraeten  (JohannesY  2Î3. 
Verzijl  (Gijsbert  Janiz.).   179. 
Vicquefort.  Voyez  Wicquefort. 
Vigne  (Adrien  de  la).  322. 
Villeloin  (Abbé  de).  253. 

Villemarenil.  Voyez  Caltille  Villemarenil  (M.  M.  de). 
Virgilius.  70  ,  277  ,  404. 
Viviani  (Vincenzo).  7,  18,517. 
Vizé  (le).  Voyez  Donneau  le  Vizé. 
Vlacq  (Adriaan).  348,387. 

Vlaerdingen  (Bart  van).  Voyez  Ruytenburgh  (A.  van). 
„  (Jan  van).  Voyez  „  (J.  van). 

Vliet  (Abiguel  van).  33,35. 

„     (Jan  van).   12,17,70,101,365,369. 
Vloofwijk  (Cornclis  van).  340. 
„         (Margaretba  van).  22». 
„         (Nicolaas  van).  340. 


5^°  III-       PERSONNES    MENTIONNÉES. 


Vloofwijk    Mme  van).  Voyez  Hoorn  (Anna  van). 
Vogelaer  Daniel  de).   192,  19-. 

„         (Ifabeau  de).  197. 

„         (Jacob  de).  192. 

„  (johannes  de).  192,  19-. 

„         (Su Canna  de).  197. 
Voort  (Cornelis  van  der).  373. 
Voflïolus.  Voyez  Voilais  (Is.). 

Voflîus    (Ifaac).  7,  12,  13,    ,8,  i9,  „,  47,  62,  92,   125,   ,43,   ,45,    ,49,   ,55,    I$6j 
158,   159.   163,   191,  208,  232,  244,  260,  279,  287,  290,  324,  335,  339,369,391, 
407,  421. 
Vredenburgh  (Adriaan  van).  4-11. 

„  Amaranthe  van).  111 ,  442 ,  454 ,  465. 

„  (Jacob  van).  441. 

Vren.  Voyez  Wren. 

Wallet  Iladrianus  van  der).    15,  102,143,  164,277. 
Waller  (Edmund).  385. 

Wallis  (John).  2,3,34,  39 ,  44 ,  87 ,  94,  1 12 ,  H9,  204,  343 ,  399- 
Warthon.  Voyez  Wharton. 
Warwick  (Miitr.).  364. 
Watervliet  (Emmery  van).  425 ,  464. 
Werner  (Jofeph).  115. 
VVernhout.  Voyez  Aerffen  (Cornelis  van). 
Wevelinckhoven  (Joachim  van).  5  1 9. 
Wharton  (Thomas).  182. 
Whir..  383 ,  386. 
Wicqueforl  |  Abraham  van).  103. 

(Joachim van).   10,  12,22,62,63,64,96,  103,  n-,  145,  i54. 
Wieflel  (Johan).   125. 
Wilhem  (Aegidia  le  Leu  de).   179 ,  388. 

„      (Conftantia  le  Leu  de).   [79,229,388,402. 

„  Conftnntyn  le  Leu  de).  388. 

„       (Mauritsle  Leu  de).  388. 
Willem  IL   518. 

„       III.  75,167,200,353,354,355,356,518. 
Willis  'Thomas).  367,  383. 
Willoughby  (Francis).  365,  488. 

(Miftr.).  365. 
Wïti    Johan  de).  159,  164,  234. 
Wolffhan  |  Conrad  ,   IOI. 
Worm  (  (  Haus  ).  18«,  492 ,  493 ,  495. 


III.       PERSONNES    MENTIONNEES.  56 1 

Worm  (Wilhelm).  486. 

Wotton  (Lord).  Voyez  Kercklioven  (K.  H.  van  den). 

Wren  (Chriftopher).  7,  23,  27,  34,  40,  41  ,  42,  43,  44,  51 ,  62  ,  83,  145,  146,  151,  155,296, 

343,  3<î9>  383,  444»  458- 

Wyk  (Johan  de).   391. 

Zeelhem  (de).  Voyez  Huygens  (Conitantyn),  frère. 


Œuvres.  T.  IV.  7 1 


IV.  OUVRAGES  CITÉS  DANS  LES  LETTRES. 


Les  chiffres  gras  défignent  les  pages  où  l'on  trouve  une  defcription  de  l'ouvrage. 
Les  chiffres  ordinaires  donnent  les  pages  où  il  cil  queltion  de  l'ouvrage. 

Aefopus,  Fabulae,  Graecè  &  Latine  ,  denuo  feleclae,  1632.  354. 

Steph.  de  .  ingelis ,  De  inlinitorum  fpiraliiim  fpatiorum  menfura ,  1660.  398. 

Tint.  Antiates  [pfeudonyme  de  C.  Datt],  Lettera  a  Filaleti.  Délia  Vera  Storia  délia  Cicloide,  e 

délia  Famofilhma  Efperienza  dell  Argento  Viuo,  1663.  384,  390  ,  398. 
Apollonius  Pergaeus,  Conicorum  Libri  V,  VI,  VIL  Ed.  Abalphatm  Afpahanenjts,  1661.  143  , 

161,  164,  165,  259,  278,  300. 
A.  Auzout,  Lettre  à  M.  l'Abbé  Charles.  [1663].  26». 
G.  B.  Ballant,  De  motu  naturali  folidorum  et  liquidorum,  1646.  74,  134. 
C  de  Beauplan ,  Defcription  d'Ukrainie,  1661.  244, 253  ,  272. 
./.  G.  Becanus,  Originum  Gentium  Libri  IX,  1569.  15. 
TA.  Birch,  Hiftory  ofthe  Royal  Society,  1756, 1757.  IV  Vol.  363. 
/'.  Blondel,  Quatrième  Problème  Refolu.  Premier  Difcours,  Epiftola,  1657.  194. 
„         Quatrième  Problème  Refolu.  Second  Difcours,  Lettre,  1661.  194. 
„  Refolution  des  quatre  principaux  Problèmes  d'Architecture,  1729.  194. 

.  Int.  Boetius  de  Boodt,  Gemmarvm  et  Lapidvm  Iliftoria,  1609.  485. 

„  Gemmarum  et  Lapidum  1  liltoria  ,  Ed.  Jdr.  Tollius,  a»  Ed.,  1647.  486. 

.7.   A.    Borelll,    De  Motu    Animalium    Ed.   nova    &   Difs.  Phylico-Mcchanicis  Joli.  Bernoulli 

au  a  a,  1743.  398. 
Abr.  Boffe,  Le  peintre  converty  aux  precifes  et  univerfelles  reigles  de  fon  art ,  1667.  339. 
IJ'vi.  linullitiu.  Voyez  Bullialdus. 

/,'.  Bourfault,  Le  Portrait  du  Peintre  ou  la  Contre  Critique  de  l'Efcole  des  Femmes,  1663.  466. 
M.'/..  Boxhornius ,  Epiftolae  ei  Poemata ,  1662.  15. 


IV.       OUVRAGES    CITÉS.  563 


R.  Boy  le ,  Nova  Expérimenta  Phyfico-Mechanica  de  vi  Aeris  Elaftica  ,  1660.  207 ,  225. 
„        Au  Examination  of  Mr.  Ilobhes  lus  Dialogus Phyficus  de  Natura  Aeris,  1662.  95. 
„     '  Chymifta  Scepticus  vel  Dubia  et  Paradoxa  Chymico-Phyfica,  1662.  23 ,  27 ,  83 ,  357. 
„        A  Defence  of  the  Doétrine  touching  the  Spring  and  tbe  Weight  of  the  Air,  1662.  171 , 

176, 202, 210, 218, 275, 368. 
„        Defenfio  Doftrinae  de  Elatere  et  Gravitate  Aeris,  1662.  171,176,202,210,218, 

275,368. 
„        Confiderations  touching  the  Ufefultiefs  of  Expérimental  &  Natural  Philofophy,  1663. 
367. 
.1/.  Boym,  Flora  Sinenfis,  fruclus  ilorefque,  1656.  279. 
Th.  Brown ,  Pfeudodoxia  Epidemica ,  1680.  378. 
Ifm.  Bullialdm ,  De  natura  lucis ,  1638.  190 ,  208  ,  23 1. 
„  Aftronomia  philolaica,  1645.   140,232. 

„  Ad  aftronomos  monita  duo,  1667.  191. 

La  Calprenède  (titre  de  G.  de  Coflei),  Faramond  ou  l'Hiftoire  de  France,  1661.  12  Vol.  117. 
//.  Cardanio,  Opéra  omnia,  1663.  109. 

F.  Caron ,  Redite  Befchrijvingh  van  het  Machtigh   Koningkrijck  van  Japan,  1661»  22,  32, 
124,  210. 

R.  Cartejtus,  Geometria.  Fd.  Fr.  à  Schooten,  Ed.  2a,  1659.  238. 

.7.  D.  CaJJtni,  Spécimen  Obfervationum  Bononenfium,  1656.  23?,  250. 

„  Epidolae  de  Obfervationibus  in  D.  Petronii  Templo  liabitis ,  1662.  237  ,  250. 

B.  CelUni,  Due  Trattati,  delF  Oreficeria,  délia  Scultura,  1568.  489. 
.7.  P.  de  Chambrun ,  (Les  Larmes  de),  1688.  161?. 

.7.  Clarke,  Proverbs,  Englifh  and  Latine,  1639.  15. 

G.  CIerke,De  Plénitude  Mundi,  1660.  118. 

„        Tra&atus  de  Reftitutione  Corporum,  1662.  130,  148. 
\ .hili.  Coccejus],  Defenfio  altéra  auftoriratis  Verbi  Divini  Veteris  Tellamenti ,  1664.  121. 
P.  Corneille,  Medée.  Tragédie,  1636.  31. 
G.  de  Coftes.  Voyez  la  Calprenède. 

,7.  Courveus,  De  nutritione  Foetus  in  Utero  Paradoxa,  1655.  226. 

S.  Danckaerts ,  Iliflorifch  en  Grondigh  Verhael  van  den  Stand  des  Chriftendoms  in  Amboina, 
1621.  279. 

C.  Dati.  Voyez  Tint.  Antiates. 

Cl.  Daufquius ,  In  C.  Silii  ttalici  Punica,  feu  de  Bello  Punico,  1615.  107. 

„  Conciliabuli  Dordraceni  Afcia,1629.  107. 

„  Antîqui  Novique  Latii  Orthographica ,  1632.  107. 

./.  Deufing,  De  vacuo ,  itemque  de  Attraetione ,  1661.  28  ,  04. 
Euft.  de  Divinis,   Brevis   Annotatio  jn   Syftema  Saturnium  Chr.    Hugenii,  1661.  99,   127, 

237»  36ï- 

„  Pro  fua  Annotatione  in   Syftema  Saturnium  Chr.  Hugenii,  1661.92,98, 

125,  127,  134,  156,237,286. 


564  IV.       OUVRAGES    CITÉS. 


.7.  van  der  Does,  Tragédie,  oft  ouregelmatige  liefde  van  de  Koninginne  Dido,  1661.  34. 

.7.  Donneau  le  Vizé,  Zélinde  ou  la  véritable  Critique  de  PEfcole  des  Femmes  et  la  Critique  de 

la  Critique,  1663.  466. 
Euagrius  Scholajlicm  (  Tkeodoritus  &)  ,  Hiftoria  Ecclefiaftica,  111.  //.  l'a  le /tu  s,  1678.  469. 
,/.  Evelyn,  Sculpture  or  the  Iliftory  and  Art  ot'Chalcography,  1662.  176,  201. 

„         Sylva  or  a  Difcourfe  of  Forreft-trees,  1664.  261. 
0.  Ferrari,  Opéra  Varia,  1711.  404. 
L.  Fioravanti,  Di  Cappricci  Medicinali,  1573.  392. 
Mme  Fouquet  au  roi  (Requête  de),  [1662].  214. 

„  (Sommaire  de  l'inltance  pour),  [1662  |.  214. 

Galileo  Galilei,  Sidereus  Nuncius ,  1610.  499. 
P.  GaJ/'etulus,  Mercurins  in  Sole  vifus  et  Venus  invifa  Anno  1631  Parifiis,  1632.  369. 

„  Opéra  omnia  ,  1658.  182,513. 

T.  Giantiini ,  Difputationes  Peripateticae  de  Lumine,  1618.  231.  - 
J.  Goedaert ,  Metamorphoiïs  Naturalis  ofte  Hiftorifche  Befchrijvinghe  der  wormen,  rupfen , 

maden,  enz.,  1662.  214. 
L.  Goris,  Adverfariorum  Juris  Subcifivorum  Tractatus  IV  ,  1651.  353. 
.7.  Graunt,  Natural  and  Political  Obfervations  upon  the  Bills  of Movtalitv,  1665.  94,  130, 

i49,378- 
.7.  Gregory,  Optica  Promota ,  1663.  330,  342,  351. 
H.  Groiius,  K'agoge  ad  Praxin  Juris  P»atavici ,  1694.  353. 
N.  Heinfîus,  Poematum  Nova  Editio ,  1666.  277. 
P.  Herigone,  Cours  de  mathématique  demonltré ,  1634 — 1655.  j6 ,  80. 
.7.  Hevelius,  Selenographia  ,  1647.  1 27 ,  1 29,  2 14 ,  236. 

„  Appendix  Selenographiae,  1647.   129,135,215,236. 

„         Epiftolae  11,1654.  127. 

„  De  Motu  Lunae  libratorio,  1654.   129,214,236. 

„  Epiltoln  de  utriuique  luminarium  anno  i654defectu,  1654.   129,  214,  236. 

„  De   nativa    Saturni  lacie,    1656.    127,    129,    135,  214,  236,  251,  265,  272, 

279,  280. 
„  Mercurins  in  Sole  vifus,  1662,  12,25,85,127,129,135,142,151,159,173, 

181  ,  214, 236, 251 , 265, 272, 279, 280, 298,306,  308. 
„  Machina  Coeleltis,  1673, 1679.   182. 

Th.  Hobbes,  Problemata  Phylica.  L'na  cum  Magnitudine  Circuli ,  1660.  176,  201  ,  203  ,  223. 
„         De  Duplicatione  cubi  ad  defenfionera  Problematum  Geometrîcorum  contra  C.  H. 
1662.  261,274,  298. 
./.  Fforrox,  Vernis  in  Sole  vif'a,  1662.   12,  25,85,  142,  151,  159,  173,  181,262,298,306, 

308  ,  320. 
/'.  /).  il  net,  De  optimo  génère  interpretandi,  1661.  62,  118,  145,  155. 
.  I.  Uulfius,  Authentica  abfoluta  S.  textns  I  lebraei  vindicata ,  1662.  422. 
C/ir.  J/i/ygens,  De  Circuli  Magnitudine  inventa,  1654.   204,  280,  283,  298  ,  304. 


IV.       OUVRAGES    CITÉS.  565 


Chr.  Huygens,  Problematum  quorundam  illuftrium  Conftruftiones,  1654.  247. 

„  Syftema  Saturninm  ,1659.  28  ,  62  ,  134,  154,  155,  156,  16a,  235,  237,251. 

„  Brevis  Aflertio  Syftematis  Saturni  fui ,  1660.  92  ,  98 ,  1 25  ,  1 27  ,  237  ,  286. 

G.  Johnfon,  Lexicon  Chymicum ,  1660.  37t. 

„  Lexicon  Chymicum  continens  Vocabula  chymica ,  1660.  3?8. 

F.Junius,  (Quatuor  J.  C.  Euangeliorum  Verfiones  perantiquae  dnae.  Ed.)  1665.  355,  421. 
„         Gothicum  Gloflarium,  1665.  355,421. 

F.  Korfi,  [pfeudonyme  de  .7.  l'Utius]  Bredaafche  Almanac.  Friefche  Spreeckwoorden,  1664.  15. 
J.  de  Laet,  De  Gemmis  et  Lapidibus  Libri  II ,  1647.  486. 

.7.  Lagaduel,  Le  Catholicon  en  crois  langaiges,  1499.  423. 

Fr.  Linus,  De  Corporum  Infeparabilitate,  1660.  73. 

Lycojlhenes,  Prodigiorum  ac  Oftentorum  Cbronicon ,  1557.  1©1. 

E.  Maignan,  Perfpettiva  Horaria  five  de  Horographia  Gnomonica  ,  1648.  48, 

„  CurlusPhilolbphicus,  IV  Vol. ,1652.  76. 

P.  Mambrun,  Opéra  Poetica.  Diss.  de  Epico  Carminé,  1661.  70,  92,  101. 
C.  A.  Mancini,  L'Occhiale  ail'  Occhio ,  Dioptrica  prattica ,  1660.  48  ,  62 ,  117,  1 45 ,  154. 
S.  Marins,  Mundns  Jovialis  Anno  1609  deteftus,  1614.  276. 
.7.  P.  Martel,  De  calore.  366. 
M.  Martini,  Nova  Atlas  Sinenlis,  1655.  363. 

„  Sinicae  Hiftoriae  Decas  Prima ,  1658.  363. 

„  Sinicae  Hiftoriae  Decas ,  1659.  363. 

„  Hiftoirc  de  la  Chine ,  Trad.  par  ÎAbhi  de  Pelletier  ,  1692.  363. 

G.  Ménage,  Poemata.  4a.  Ed.,  1663.  416. 

.7.  B.  P.  de  Molière ,  L'Efcolle  des  Femmes,  Comédie ,  1663.  465. 

„  La  Critique  de  l'Efcolle  des  Femmes ,  Comédie ,  1663.  466. 

„  L'Impromptu  de  Verfailles  ,1663.  466. 

\_L.  Moritf],  Remarques  sur  la  culture  des  rieurs,  1661.  48. 
A.  Neri,  L'Arte  Vetraria  diftinta  in  Libri  VI,  1612.  492. 
G.  DeP  Orto,  Colloquios  dos  fimplos  e  drogas ,  1563.  485. 

„  Aromatum  et  Simplicium  Iliftoria,  1579.  485. 

P.  Ovidius  Nafo,  Operum  III  T.  [Cur.  N.  Heinfîus],\6b2.  195. 

„  Operum  III  T.  Ed.  N.  Heinfins,  1658, 1659 ,  1661.  32  ,  195 ,  196. 

[Bl.  Pafcal'j,  Hiltoria  Trochoidis,  1658.  384. 

C.  Pafchalius ,  Opéra  X  Libris  quibus  res  omnis  coronaria  continetur,  1610.  468. 
.7.  Pecquet,  Expérimenta  Nova  Anatomica,  1651.  226. 

S.  Pelfaert,  Nieuwe  en  vermeerderde  Ongeluckige  Voyagie  van  't  Schip  Batavia,  1648.  158. 
„  Très  humbles  remontrances  aux   Diretteurs  de  la  Comp.  Hollandoife  des  Indes 

Orientales,  [1664].  158. 
P.  Petit,  Avis  et  Sentiments  fur  la  conjonction  des  mers  Oceane  et  Méditerranée ,  1662.  266. 
P.  Petit i,  Exercitatio  de  Ignis  &  Lucis  Natura,  1663.  335. 

„        Defenfio  Exercitationis  de  Ignis  et  Lucis  Natura,  1663.  335. 


$66  IV.       OUVRAGES    CITÉS. 


.1/.  Polo,  Délie  Merauigli  del  Mondo,  1640.  487. 

//.  Power,  Expérimental  Philofophy,1664.  382. 

Pure has,  His  Pelgrimes,  1625.  493. 

/:.  Raimondi,  (Délie  Cacci  di)  Libri  IV  ,  1626.  472. 

Th.  Reinefius,  Ad  Vir.  Clar.  C.  lloffmaiinum,  Chr.  A.  Rupertum  Epiftolac,  1660.  4©4. 

C.  Renaldînus,  Ars  Analytiea  Mathematum  ,  1665.  398. 

J.  I).  Rhaefius,  Cambro-brytannica  Cymraecac  Linguae  Inftituta  &.  Rudimenta,  1592.  354. 

./.  />.  Rica''///,  Almagefturo  Novura,  1651.  182,  308. 

De  Roberval,  Traité  des  indivifibles,  247. 

„  (  )uvrages  de  Mathématique,  1736.  247. 

[F.  de  la  Rochefoucauld'],  Mémoires  fur  les  brigues  à  la  mort  de  Louis  XIII ,  1662.  213. 
[  „  ],  Mémoires  de  la  Minorité  de  Louis  XIV,  1690.  213. 

L.  Rooke,  Difcourfe  conçcrning  the  Obfervations  of  the  Eclipfes  of  the  Satellites  of  Jupiter.  Ap- 

pendix,  [1663].  459. 
Fr.  à  Sande,  Commentarii  in  Gelriae  &  Zutphaniae  Confuetudines  Fcudales,  1674.  354. 
//'.  Sanderfon,  Graphice.  The  Ufe  of  the  Pen  and  Pencil ,  1658.  332. 
S.Santorio,  Mcthodi  vitandorum  errornm  in  arte  medica,  1603.  226. 
IF.  Schickard,  Aftrofcopium  pro  facillima  ftellarum  cognitione  excogitatum,  1655.  251. 
Fr.  a  Schooten,  Exercitationes  Mathematicae ,  1656.  238. 
Chr.  Schotanus,   Diatribe  de   Authoritatc  Verfionis  Graecae    quae    dicitur    LXX    interpre- 

tnm,1663.  422. 
[Sendivogius]  Cofmopolita,  Novum  Lumen  ehemicum  in  XII  Tractatus  divifum,  1682.  226. 
C.  Siliits  Italiens,  Pnnicorum  Libri  XVII,  Ed.  A.  Drakenhorgh ,  1717.  404. 
//.  Sir/ unis,  Telefcopium  ,  1618.  250. 
./.  Skene,  De  verborum  Significatione,  1661.  16. 
ir.Sueliiu.s,  EratofthenesBatavus,é617.  501. 

Sacrâtes  Scholafiicus  &  H.  Sozomenus,  1  li florin  Ecelefiaflica.  111.  11.  I  alefius,  1668.  409. 
S.  de  Sorbière,  Lettres  et  Difcours  fur  diverfes  Matières  Curieufes ,  1660.  58 ,  5 1 3. 
//.  Sozomenus  (Sucrâtes  Scholafiicus  &~),  Ililloria  Eecleliallica.  111.  //.  /  'ale/ius,  1668.  409. 
Th.  Sprat,  The  Hiftory  ofthe  Royal  Society  of  London,  1667.  343. 
Y.  Sténo,  Diss.  de  Cerebri  Anatome,  1671.  291. 

Theodoritus S  Euagrius  Scholafiicus,  lliftoria  Ecelefiaflica.  111.  H.  V alefius,  1678.  409. 
.1/.   Thevenot,  Relation  de  divers  Voyages  curieux,  lll  Vol.,  1663,  1664,1666.  158,233, 

?44>  367. 
V.  Tu/p,  <  >bfervationes  Medicae.  Ed.  Nova ,  1652.  499. 
L.  de  Varthema ,  ttinerario,1522.  487. 

G.  de  l  \-cr ,  Waerachtige  Befchrijvinghe  van  drie  Seylagien ,  1598.  101. 
P.  l 'irgilius  Maro,  (  >pera.  Rec.  A'.  Heinftm ,  1676.  2  7  7,  404. 
r.riviam,  De maximis et minimis Geometrica  Divinatio,  1660.  7,  18,517. 
,7.  van  Vliet^X  Recht  van  Succefîîe  volgens de  Coftumen  van  15reda,1663.  352,369,421. 
„        .  Voyez  Foptpe  Korft. 


IV.       OUVRAGES    CITÉS.  567 


Is.  FoJJius,  De  Septuaginta  Interpretibus ,  1661.  421. 

„         De  LucisNatura  et  Proprietatibus,  1662.   143,  149,  159,  163,260. 

„         Refponfio  ad  Objefta  Joli,  de  Bruyn  et  Pétri  Petiti,  1663.  335. 

„         Appendix  ad  Libmrn  de  LXX  Interpretibus,  1663.  42  J . 
./.  H'allis*  Tra&atus  II.  De  Cycloide  et  Epiftolaris,  1659.   1 1  a  ,  399. 

„         Hobbins  Heauton-Timorumenos,  1662.  94,149. 
Th.  fVharton,  Adenographia  five  Glandularum  totius  Corporis  Defcriptio,  1656.  482. 
Th.  Willis,  Diatribae  duae  Medico-Philofophicae,  1659.  367. 

„  Cerebri  Anatome  Nervoriinique  Defcriptio,  1664.  383. 

01.  JVorm ,  Mufaeum  Wormianum,  1655.  486. 

Sententie  en  Execntie  over  zijn  Exe.  Fr.  Jos.  Borri ,  1662.  169. 

Traduction  de  l'Afte  de  Renonciation  par  Mad.  Marie  Therefe  Infante  d'Efpagne,  1663.  34Ï. 
Recueil  de  diverfes  Pièces,  fervantà  l'Hiftoire  de  Henry  III,  1663.  472,  4Î3. 
|  Journal  du  Règne  de  Henry  III.  Par  M.  S.  A.  G.  A.  P.  D.  P. 

Le  Divorce  Satyrique.  Amours  de  la  Reyne  Marguerite  de  Valois.  Par  D.  R.  II.  ().  M. 
L'Alcandre  ou  les  amours  du  Roy  Henry  le  Grand.  Par  M.  L.  P.  D.  C. 
,  La  Confeffion  de  M.  de  Sâncy.  Par  L.  S.  D.  A. 
Het  Gefantfchap  der  N.  O.  I.  Compagnie  aen  den  grooten  Tartarifchen  Cham  van  China,  1665. 

II  Dln.  184. 
Saggi  di  Naturali  Efperienze  fatte  nelf  Accademia  del  Cimento,  1667.   17,  iH,  ÎOI ,  162, 

164, 227, 240, 398. 
Gereformeerde  Dyckrcchten  van  Tielre  en  Bommelrevveerden ,  1683.  ÎO. 
Land-regt  van  Thielre  en  B.ommelreweerden  ,  1721.  ÎO. 


V.    MATIÈRES  TRAITÉES  DANS 
LES  LETTRES. 


Dans  cette  Table  les  matières fcientifiques  traitées  dans  ce  Volume  ont  été  groupées  fous  divers 
articles  généraux,  (avoir: 


Algèbre. 
Anatomie. 
Arithmétique. 
Aftrologie. 
Aftronomie. 
Beaux- Arts. 
Botanique. 
Chimie. 
Chronométrie. 
Cours  des  études  des 
frères  Huygens. 


Géographie. 

Géométrie. 

Hydrodynamique. 

Hydroftatique. 

Mécanique. 

Médecine. 

Météorologie. 

Minéralogie. 

Mufique. 

Navigation. 

Œuvres. 


Optique. 

Philologie. 

Philofophie. 

Phyfiologie. 

Phyiique. 

Poids  et  mefures. 

Règlements  de  l'Académie  des 

feiences,  etc. 
Statiftique. 
Zoologie. 


Pour  connaître  tous  'es  endroits  de  la  Correfpondance  où  quelque  fujet  eft  traité,  on  cherchera 
dans  la  Table  l'article  auquel  il  appartient.  On  y  trouvera,  (bit  du  fujet  même,  (bit  d'un  fous- 
article  qui  devra  y  conduire,  la  nomenclature  adoptée  dans  l'ordre  alphabétique  de  la  Table. 

Le  '  chiffres  indiquent  les  pages  de  ce  Volume. 

On  a  marqué  d'un  aftérifque  les  endroits  qui  ont  été  jugés  les  plus  importants. 

L'article  Œuvres  fe  rapporte  aux  écrits  de  Huygens,  (bit  publiés,  ("oit  reliés  en  manu  ferit  ou 
fimplement  ébauchés.  11  pourra  fetvir  de  guide  a  ceux  qui  défirent  connaître  les  renfeignements 
que  la  Correfpondance  de  Huygens  peut  fournir  a  l'égard  de  l'origine  ou  de  l'hiltoire  de  ("es 
travaux. 


Aberration  sphbrique.  Elimination  au  moyen  de  lentH'es  hyperboliques  ou  elliptiques;  (  voir 
Lentilles  hyperboliques  et  elliptiques). 


V.       MATIÈRES    TRAITÉES    DANS    LES    LETTRES.  569 

Absorption  de  l'air.  Par  l'eau.  24*,  54,  98*,  115,  122,  240,  366*,  386*;  (voir  encore  T.  III, 
415*);  par  la  glace.  293*. 

Acoustique.   193*,  226,  239. 

Adhésion,  (voir  Retardement  de  la  formation  du  vide  de  Torricelli). 

Algèbre,  (voir  Logarithmes,  Maxima  et  minima,  Réfolution  par  conjlruction  des  équations 
algébriques*). 

Anatomie.   234*,  244*  270*,  2-1*,  325,3-4,382,383,387,  398,481*,  482*. 

Arcs  cycloïdaux  du  pendule.  12*,  27*,  51*,  65*,  154,  239*,  269,  270;  (voir  Ifochronifme 
de  la  cycloïde). 

Arithmétique,  (voir  Logarithmes ,  Machine  arithmétique.  Nombres,  Proportions*), 

Astrologie,  (voir  Horofcopes). 

Astronomie.  189,  190,  330*,  499;  (voir  Aflrologie,  Chronométrie,  Éclipfes ,  Équation  du 
temps,  Etoiles  fixes,  Globes  ce  le/les,  Longitude ,  Lune,  Navigation,  Obfervations  célefles,  Pla- 
nètes, Satellites ,  Soleil,  Tables  agronomiques]). 

Atmosphère.  Denfité de l'atmofphère à diverfes hauteurs.  150*,  172*,  173*,  198*5200,202*, 
205*,  206*,  217*,  220*. 

Atomistique.  (voir  Philofophie  de  Démscrite). 

Balistique,  (voir  Reçut). 

Baromètre.  150,' 198*. 

Bateau  de  brouncker.  176,  275*,  296*,  297*,  304,  318. 

Bateau  de  petty.  297*,  304*,  307  ,  319*,  320*,  330*,  351*. 

Beaux-arts.  96*,  125,  136,   157,  176*,  183*,  200*,  201*,  216,  224*,  253,  324*,  331*, 

332*,  334*,  337*— 34°*.  34*  >  344*-  34°",  347,  349*,  35°*,  35* ,  35<>*>  360*— 364*, 
369*—  373*,  379,  383,  387*,  389*,  390*,  393*- 396*,  401*— 403*,  410*,  411*, 41 3*, 
415*,  419,  420,  456,  457*,  462,  476*,  478*,  510,  519*;  (voir  Maifon  de  Conftantyn 
Huygens ,  père). 

Botanique.  47  ,  48,  54*,  214,  226,  227,  279,  358,  (voir  Fermentation). 

Boussole,  (voir  Déclinai/on  de  la  boujj'ole). 

Capillarité.  9*,  20,  21 ,  (voir  Syphon). 

Carrosses.  1 1  o ,  137*,  157,  1 80 ,  443 ,  445 ,  460*,  46 1  *,  465*,  480*. 

Centre  de  gravité.  Ciflbïde.  2*. 

Centre  d'oscillation.  60*. 

Cercle,  (voir  Quadrature  de  fur  faces  planes). 

Chaleur.  366,  368;  (voir  Congélation ,  Thermomètre). 

Chandeliers.  Invention  de  Conftantyn  Huygens,  père,  fur  les  chandeliers.  96,  102,  103, 
104* — 107*. 

Chimie.  23,  27,  83,  226,  248,  325,  326,  357,  367,  377-379,  3^2,  482;  (voir  Fermenta- 
tion, Matières  lumineufes). 

Chronométrie.  (voir  Arcs  cycloïdaux  du  pendule.  Équation  du  temps ,  Horloge,  Ifockronij rme 
de  la  cycloïde,  Longitude,  Obfervations  pour  déterminer  le  temps,  Pendule,  Poids  mobile  du 
pendule). 

Œuvres.  T.  IV.  72 


57°  V.       MATIÈRES    TRAITÉES    DANS    LES    LETTRES. 


Chute  des  graves.  8*,  26*,  35*,  36*,  46*,  47*,  60*,  87*,  93*,  108*. 

Cissoïde.  247*;  (voir  Centre  de  gravité,  Cubature  des  folides  de  révolution,  Quadra- 
ture de  furfaces  planes*). 

Compression  de  l'air.  366*;  (voir  Loi  de  Boy  le). 

Conchoïde.  (voir  Points  d 'inflexion). 

Conchoïde  de  de  sluse.  (voir  Points  d* inflexion). 

Congélation.  293*,  382. 

Coniques.  Les  coniques  d'Apollonius.  143,  161,  164*,  165*,  259,  260,  278,  300;  (voir 
Cercle ,  Parabole). 

Conjonctions  des  planètes.  Avec  les  étoiles  fixes.  231*,  232*. 

Construction  des  vaisseaux.  304*,  318*,  319*;  (voir  Bateau  de  Brouncker,  Bateau  de 
Petty). 

Constructions,  (voir  Problèmes  divers,  lléfolution  par  conflruùion  des  équations  algé- 
briques). 

Couleurs.  382. 

Courbe  de"  gutsciioven.  (voir  Cubature  des  jolides  de  révolution,  Quadrature  de  fur- 
faces  planes ,  Tangentes). 

Courbe  de  gutschoven  généralisée,  (voir  Tangentes). 

Courbes,  (voir  Cercle,  Ciffoide,  Conchoïde,  Conchoïde  de  de  Slufe ,  Coniques,  Courbe  de  Gut- 
fchoven,  Courbe  de  Gutfchoven  généralifée,  Courbes  diverfes,  Courbes  du  troifième  et  du 
quatrième  degré,  Cycloide,  Développées,  Parabole,  Spirale  d' Archimède,  Spirales  de  divers 
ordres). 

Courbes  diverses,  x3  -|-  y1  —  nxy  =  o.  tangente  238*,  246*;  (voir  Cubature  des  folides  de 
révolution). 

Courues  du  troisième  et  du  quatrième  degré.  312* — 317*;  (voir  Courbe  de  Cutfchoven, 
Courbe  de  Gutfchoven  généralifée,  Courbes  diverfes). 

Cours  des  études  des  frères  huygens.  509*,  510, 

Cubature  des  solides  de  révolution.  CHIbïde.  2*,  239*;  Courbe  de  Gutfchoven.  238*, 
239*,  247*;  Courbes  diverfes  autour  de  leurs  afymptotes.  248*. 

Cyci.oïde.  (voir  .  1res  cyclo'idaux  du  pendule,  Ifochronifme  de  la  cycloïde,  Problèmes  et  écrits  de 
Pafcalfur  la  cycloide). 

DÉCLINAISON  DE  LA  BOUSSOLE.    39,  327. 

DÉMONSTRATION  PAR  DE  FERMAT  DE  LA  Loi  DE  SNELLIUS.    7  l  *,  75* — 82*,  I  36  ,  I  57  ,  I  59*. 

Développées.  Théorie  des  développées  ,•  (  voir  Ares  cyclo'idaux  du  pendule  ). 

Dl  \  MÈTRE  APPARBNT  DES  PLANÈTES.    I  8  I  *,  182*,  308*  -  310*. 

Diamètre  et  inclinaison  de  l'anneau  de  saturne.  38*,  62,  377*. 

Duplication  du  cube.  176*,  200,  201,  203*,  207*,  223,  261*,  274*,  281*— 283*,  291*, 

295*,  298,304*,  318,  466*     4"-*,   481;  (voir  Réfolution  par  conftruftion  des  équations 

algébriques). 

Dvn  wiioik.  (voir  Baliflique,  Chute  aes  graves,  Hydrodynamique,  Ifochronifme  de  la  cycloïde, 
Pendule,  Principe  de  la  moindre  atlion). 


V.       MATIÈRES    TRAITÉES    DANS    LES    LETTRES.  57 1 


Éclipses.  127,  129,  135. 
Électricité.  495*,  496. 
Enfant  sauvage.  499,  500*,  501*. 

ÉQUATION  DU  TEMPS.    2"*,  52 ,  54*— 57*,  60,    71*— 73*,  p2   ,93*,  104,118,   I25—  127,  133, 

134*,  !3<5,  138*-  142*,  429. 
Équations  algébriques,  (voir  Réfolution  par  confîruàion  des  équations  algébriques). 
Étoiles  fixes,  (voir  Etoiles  nouvelles.  Étoiles  variables,  Parallaxe  des  étoiles'). 

ÉTOILES  NOUVELLES.     Ipl*,  2o8*,  209*,23I*. 

Étoiles  variables,  (voir  Étoiles  nouvelles). 

Expériences  de  physique.  17*,  73*,  101*,  162,  164,  227,  240,  262*,  327*,  329*,  343*, 

398 .  433*,  474- 
fata  morgan  a.   i  7  ,  3  i  ,  259  ,  260  ,  277  ,  299. 
Fermentation.  367,385. 

GÉOGRAPHIE.    7,22,32,92,  IOI,  I24,  153,  I57—I59,  165,    169,    183*— 190*,   2IO*,    233, 

244*,  272,  279*,  287*,  325 — 327,  385;  (voir  JonStion  de  F  Atlantique  et  de  la  Méditer- 
ranée, Longitude,  Marée,  Navigation). 

Géométrie,  (voir  Algèbre,  Centre  de  gravité,  Conjlruâions,  Courbes,  Cubature  des  folides  de 
révolution,  Développées,  Géométrie  Carte fienne,  Maxima  et  Minima,  Points  d'inflexion, 
Problèmes  divers ,  Proportions ,  Quadrature  de  furfaces  planes,  Tangentes). 

Géométrie  cartésienne.  398. 

Globe  lunaire  de  wren.  369*. 

Globes  célestes.  251*,  265*;  (voir  Globe  lunaire  de  IVren). 

Gravité.  Canfe  de  la  gravité.  248*,  292*,  293*;  (voir  Centre  de  gravité). 

Horloge.  Horloge  de  Breda.  16*;  horloges  à  grands  intervalles  de  remontage.  287*;  horlo- 
ges à  remontage  continuel  d'un  petit  contrepoids.  460*,  473*,  4"6*,  478*,  479*;  horloges 
de  Douw.  (voir  horloge  de  Breda);  horloges  de  Martinet.  264*,  265*;  horloges  de 
Petit.  73*,  127*,  134,  264*;  horloges  de  Thuret.  110*,  270*;  horloges  du  cardinal  An- 
tonio Barberini.  347;  horloges  fabriquées  à  Paris.  209*;  horloges  fabriquées  par  les  foins 
de  Chriltiaan  Huygens.  10*,  12*,  13,  14*,  27*,  32,  33,  63,  65*,  71*,  72*,  93*,  96, 
127*,  134*,  151*,  168*,  209*,  232*,  324*,  361,  411*,  412*,  418*,  419*,  420,  424*, 
425,  427,  430*,  433*,  434*,  451*,  452,  456,  460*,  477^478;  (voir  encore  horloges  ma- 
rines à  pendule  de  Chrijliaan  Huygens);  horloges  marines  à  pendule  de  Chriltiaan  Huy- 
gens. 68*,  72*,  93*,  94*,  131*,  151*,  153*,  244*,  256*,  274*,  275*,  278*,  280,  281*, 
284*,  285*,  287*,  288*,  290*,  291*,  296*,  301*,  304*,  306*,  318*,  426* — 428*,  431*, 
432*,  436,  443*,  444*,  446*— 453*,  456*,  458*— 460*,  473,  474*;  horloges  roulant 
fur  un  plan  incliné.  256*;  (voir  Chronométrie ,  Inégalité  dans  la  marche  des  horloges 
caufée  par  la  température,  Influence  de  la  réfiflance  de  F  air  fur  la  marche  des  horlo- 
ges. Œuvres:  Horologium  ofcillatorium ,  Privilèges  et  oârois  de  l'invention  de  F  horloge 
marine  à  pendule). 

Horoscopes.  23*. 

Hydrodynamique.  398  ;  (voir  Marée,  Roue  hydraulique). 


572  V.       MATIÈRES    TR  MTF.KS    DANS    LES    LETTRES. 

Hydrostatique,  (voir  Niveau,  Syphon). 

Inégalité  dans  la  marche  des  horloges  causée  par  la  température.  27,  65*,  73. 
i  nfluence  de  la  résistance  de  l'air  sur  la  marche  des  horloges.  86*,  87*,  93*. 
Instruments  astronomiques,  (voir  Globes  céleftes,  Niveau"). 

ISOCHRONISME  DE  LA  CYCLOÏDE.     26*— -3  1  *,    50*,    5  I  *,    66*,    85,    86*,    88*       9I*,    I  76*,    239*, 

248*;  (voir  Arcs  cycloidaux  du  pendule). 

Jonction  de  l'atlantique  et  de  la  Méditerranée.  266*,  270*. 

Jupiter.  Satellites  de  Jupiter.  99,  270*,  458*,  459*;  (voir  Diamètre  apparent  des  pla- 
nètes). 

Lanternes  magiques.  269*;  lanternes  magiques  fabriquées  par  Chriftiaan  Huygens.  102*,  109, 
m*,  125,  197*,  269*. 

Lentilles.  Fabrication  des  lentilles.  18*,  47,  48*,  49*,  53*,  144*,  145,  152*,  154,  159*, 
242*,  249*,  250*,  262*,  263*,  267*— 269*  331*,  333*,  334*,  337,  339*,  340*,  345*, 
364*,  377,  391,  400*,  401*,  452*,  456*,  460*;  (voir  Lentilles  et  lunettes  fabriquées 
par  Ckrifliaan  Huygens,  Lentilles  hyperboliques  et  elliptiques,  Oculaire  de  Campani ,  Ocu- 
laire de  Huygens). 

Lentilles  et  lunettes  fabriquées  par  christiaan  huygens.  12*,  14*,  53*,  92*,  108,  109, 
110*,  144*,  152*,  157*,  165*,  197*,  210*,  228  ,  233* — 235*,  241* — 243*,  254*— 256*, 
289*,  303*,  333*,  334*,  337* — 340*,  457;  Lunettes  à  miroir.  14*.  99*,  100*,  110*,  112*, 
118,  127,  128,  133*,  136*,  210*,  224*,  228*,  229*,  236*,  250*,  256*,  263*,  264*,  267*, 
272*.  289*  ;  (voir  Miroirs);  (voir  Oculaire  de  Huygens). 

Lentilles  hyperboliques  et  elliptiques,  ygi^,  103*,  268*. 

Logarithmes.  205,206. 

Loi  de  boyle.  85*,  111*,  150*,  171*,  177*,  178*;  (voir  .itmofphère). 

Longitude.  Détermination  de  la  longitude.  65*,  131,  15  1  *,  264*,  265*,  275*,  301*,  307*; 
(voir  horloge,  horloges  marines  à  pendule  de  Chriftiaan  Huygens;  Proportion  de  Galilei pour 
la  détermination  de  la  longitude  au  moyen  des  Satellites  de  Jupiter). 

Lune.  127,  129,  309,  458.  Correction  du  mouvement  de  la  lune  pour  l'équation  du  temps. 
141*,  142*;  (voir  Globe  lunaire  de  IVren). 

Lunettes.  74*,  98*,  125*,  127*,  128,  134*,  145,  152*,  154,  157*,  165*,  215,  224*,  227*, 
228*,  232,  235*,  236*,  241* — 244*,  249*,  250*,  252*,  253*,  256*,  262 , 263*,  266* — 
268*,  289*,  330,  331*,  333*.  334*.  337  ^  338*,  339*,  340 ,  344*,  352  ,  360,  377*,  386 , 
392*,  427,  452,  456*;  champ  de  vifion  des  lunettes.  152*,  165*,  1  81*,  243*,  253 ,  267*; 
grouillement  des  lunettes.  74*,  157*,  165*,  243*,  250*,  267;  (voir  Lentilles,  Lentilles  et 
lunettes  fabriquées  par  Chriftiaan  Huygens,  Lentilles  hyperboliques  et  elliptiques,  Lunettes 
à  miroir,  Lunettes  fans  tuyaux,  Montage  des  lunettes,  Oculaire  de  Campani ,  Oculaire  de 
Huygens). 

Lunettes  a  .miroir,  (voir  Lentilles  et  lunettes  fabriquées  par  Chriftiaan  Huygens.  Lunettes 
.1  miroir). 

Lunettes  sans  tuyaux.  227*,  228*,  235*,  236*,  241*,  377*,  4.33*,  444*,  445*  1 
45-*,  460*- 


V.       MATIÈRES    TRAITÉES    DANs    LES    LETTRES.  573 


Machine  arithmétique.  213*. 

Machine  roanesquk.  (voir  Carroffei). 

Machines.  325,  326;  (voir  Garroffes,  Chandeliers,  Machine  arithmétique.  Machine  Roanefque, 
Moulins  à  vent.  Pompe  à  poudre,  Pompe  pneumatique,  Roue  hydraulique'). 

Magnétisme.  69*,  326;  (voir  Déclinai/on  de  la  boufjole). 

Maison  de  constantyn  huygens,  père.  505* — 512*. 

Marée.  39. 

Matières  lumineuses.  484*,  488 ,  495 ,  496. 

Maxima  et  minima.  18*,  77*,  80*,  517;  (voir  Démonftration  par  de  Fermât  de  la  loi 
de  Snellius). 

Mécanique.  463;  (voir  Chute  des  graves,  Gravité,  Ifochronifme  de  la  cycloïde,  Machines, 
Œuvres:  Traité  du  mouvement;  Pendule,  Principe  de  la  moindre ad  ion.  Recul,  Ré fi/lance 
des  matériaux ,  Statique*). 

Médecine.  11,  14,  18*,  124*,  131,  160,  169*,  230,323,325,326,358,366,430,431, 
441,  462,464,491—493. 

Mercure,  (voir  Diamètre  apparent  des  planètes ,  Pajfage  de  Mercure  fur  le  Soleil). 

Mesure  universelle.  26*,  27*,  34*,  35*,  52*,  59*,  60*,  86*,  87*,  270*. 

Météorologie.  327*,  385,  429*,  464;  (voir  Œuvres:  De  Coronis  et  Parheliis). 

Microscope.  18*,  249*,  264*,  266*,  382*,  383;  Microfcopes  fabriqués  par  Chriitiaan  Huy- 
gens. 197,  334*,  337*,  457;  (voir  Ohfervations  microfeopiques). 

Minéralogie.  326,  327;  (voir  Phofphorefcence ,  Pierre  de  Bologne,  Pierres  précieufes). 

Miroirs.  14*,  267,  269,  361*;  Miroirs  d'acier  de  Petit.  100*,  1 10*,  118*,  127*,  128*,  134*, 
136*,  199*,  210*,  215*,  228*,  229,  236*,  241*,  250*,  253*,  264*,  303*;  Miroir  de  réfrac- 
tion. 482*;  (voir  Lunettes  à  miroir). 

Montage  des  lunettes.  12*,  14*,  152*,  227*,  228*.  235*,  236*,  241*,  289*,  377*;  (voir 
Lunettes  fans  tuyau). 

Moulins  à  vent.  301*,  302*. 

Musique.  184,  228*,  322  ,  365. 

Navigation.  326;  (voir  Conflrutîion  des  vai [féaux,  Déclinai/ou  de  la  boujfole,  Horloge,  Lon- 
gitude, Marée,  Tables  agronomiques). 

Niveau.  18*,  19*. 

Nombres.  Théorie  des  nombres;  2,  3*,  4*,  34,  39,  44*,  45*,  87,  211*,  215*. 

Observations  célestes.  181,  182,  327*;  (voir  Agronomie,  Ohfervations  de  Cafjini  dans 
Péglife  de  Bologne). 

Observations  de  cassini  dans  l'église  de  Bologne.  236*,  250*,  251*,  265*. 

Observations  pour  déterminer  le  temps.  428*,  429*. 

Observations  microscopiques.  Animaux  microfeopiques.  382,  386. 

Oculaire  de  campani.  266*,  267*.    . 

Oculaire  de  huygens.   152*,  242*,  243*,  250*,  263*,  267*. 

Œuvres.  18,  19,  251;  Theoremata  de  Quadratura  hyperboles,  ellipfis  et  circuli,  ex  dato por- 
tionum  gravitatis  centra.  69. 


574  V.       MATIÈRES    TRAITÉES    DANS    LES    LETTRES. 

De  circuli magnitudine  inventa.  204*,  280*,  282*,  283*,  293*,  304. 

flluftrium  quorundam problematum  conjlrucliones.  3.  Datis  duabis  redis  duas  médias  invenire; 
(voir  Duplication  du  cube)\  8.  In  conchoide  linea  invenire  confinia  flexus  contrarii  ;  247*. 

De  Saturni  luiui  obfervatiù  nova.  74,  98*,  151*,  165*,  235. 

Syftema  Saturnium.  7*,  20,  23*,  24*,  25,  27*,  28*,  34*,  37* — 44*,  59,  62*,  68*.  74,  83*, 
127,  129,134*,  135,  145*,  146*,  150*— 152*,  154,  155*,  162, 165*, 16^*,  200, 201 , 228, 
233->  235*?  24!*->  25i*->  289*,  303*;  (voir  Diamètre  et  inclinaifon  de  Vanneau  de  Saturne. 
et  pour  tout  ce  qui  f'e  rapporte  à  la  polémique  avec  Euftachio  de  Divinis:  Œuvres:  Brevis  af- 
fertio  Syitematis  Saturnii). 

Brevis  ajfertio  Syflematis  Saturnii.  92^98*,  99*,  125*,  126*,  127,134*,  156*,  237,  251, 
286*  361*,  392*,  393*. 

Traité  du  mouvement.  (Avant-projet  du  Horologium  ofcillatorium).  1,  26,  86*,  261,  298, 
299*,  306*,  320, 321. 

Horologium  ofcillatorium.  1,  26,  51*,  154,  207;  (voir  Arcs  cycloidaux  du  pendule,  Centre 
(F 'affiliation,  Ifochronifme  de  la  cycloide,  Mefure  univerfelle,  Œuvres.-  Traité  du  mouvement, 
Poids  mobile  du  pendule). 

Dioptrica.   1 ,  26,  1 18*,  182*,  244*,  261*,  299,  306*,  320,  321  ,  484;  (voir  Optique'). 

De  Coronis  et  Parheîiis.  13,  17*,  31*,  69*,  70,  100* — 102*,  135,  143,  159,  163*,  181, 
182*,  196,  232*,  259*,  260*,  277*,  299*,  300*,  31 1*. 

Commentarii  de  formai/dis  poliendifque  v'ttris  ad  telefcopia  (voir  Lentilles,  fabrication  des 
lentilles,  Lentilles  et  lunettes  fabriquées  par  Chrifliaan  Huygens). 
Optique. 62 ,  117,  118,  143,  145*,  149,  154,  159*,  163 , 164*,  190*,  191 , 208*,  231*,  260, 

325,  326,  330*,  335,  351,  381 ,  482;  (voir  Aberration  fphèrique .  Couleurs ,  Démonstration 

par  de  Fermât  de  la  loi  de  Sue/lins,  Fa  ta  morgana.  Lanternes  magiques.  Lentilles.  Lentilles  et 

lunettes  fabriquées  par  Chrifliaan  Huygens,  Lunettes,    Matières  lumineufes,  Microfcope , 

Miroirs,  Œuvres:  Dioptrica,  De  Coronis  et  Parheîiis,  Phofphorefcence ,  Réfraction ,  Vitefj'e 

de  la  lumière"). 
PARABOLE,  inx  —  x2  —  y2  —  2x3»  =  o.  tangente  247*;  (voir  Coniques'). 
Parallaxe  des  étoiles.  445*. 
Passage  de  mercure  sur  le  soleil.  12,  13*,  25,  85*,  127,  129,  135,  142 ,  159,  163 ,  173, 

1  î!  I  ,  262,  280,  298  ,  306,  308,  309*,  310*. 

Passage  de  vknus  sur  le  soleil.   12*,  13*,  25,  27,  85*,  127,  129,  135.142,159,173, 

181*,  214,  262,  298 ,  306*,  309*,  310*,  320*. 
Pendi  le.   Lois  du  mouvement  du  pendule.  74;  (voir  Arcs  cycloidaux  du  pendule  ,  Centre  tPof- 

cillation  ,  Horloge ,  Mefure  univerfelle ,  Poids  mobile  du  pendule'). 
Pesanteur  de  l'air.  64*,  66*.  94*,  108*,  202*. 
Philologie.   14*,  32  ,  62  ,  70*,  92,  101 ,  145,  155,  195*,  196*,  228*,  260,  277  .  354,  355, 

404,407,408,421,  463*. 
Philosophie,   (voir  Enfant  fauvage,  Philo fophie  Cartéfienne,  Philofophie  (TAriftote,  Phi- 

lofophie    de   Démocrite,    Philo  fophie   tPÉpicure,    Philo  fophie    de    llobbes,    Pierre  philo- 
l'haie). 


V.       MATIÈRES    TRAITÉES    DANS    LES    LETTRES.  575 


Philosophie  cartésienne.   146,  148,  155. 

Philosophie  d'aristote.  1 17*,  208*,  218*.  222*. 

Philosophie  de  dèmocrite.  i  13 — 117,  1 19* — 123*,  146*,  147,  155*. 

Philosophie  d'épicure.  172*,  221*,  222*,  275*,  298. 

Philosophie  de  hobbes.   149,  516. 

Phosphorescence.  Par  échauffement.  491*.  496*;  par  frottement.  445*,  460*,  473*,  482* — 
484*,  489,  490,  491*,  493*,  495* — 498*;  par  infolation.  484* — 490*,  495*,  496  ;  phof- 
phorefcence  chimique;  (voir  Matières  lumineufes). 

Physiologie.   12*,  19*,  20*,  108,  109,  125*,  226*,  239*,  392*, 

Physique,  (voir  Abforption  de  Pair,  Acouflique,  Atmofphère,  Atomiftique , Baromètre ,  Ca- 
pillarité ,  Chaleur ,  Comprejjion  de  Pair ,  Congélation ,  Eleâricité ,  Expériences  de  phyfique , 
Qravité,  Loi  de  Boy  le,  Magnétifme,  Optique,  Pefanteur  de  Pair,  Poids  spécifique  des  liqui- 
des, Pompe  pneumatique ,  Retardement  de  la  formation  du  vide  de  Torricelli ,  Thermomètre , 
Vaporifation  de  Peau ,  Ferres  explofifs ,  Vide). 

Pierre  de  bologne.  473*,  484*. 

Pierre  philosophale.  393 ,  395. 

Pierres  précieuses.  484* — 498*. 

Planètes,  (voir  Conjonctions  des  planètes ,  Diamètre  apparent  des  planètes,  Jupiter ,  Mer- 
cure, Saturne ,  Tables  aflronomiques ,  Vénus*). 

Poids  et  mesures.  64*,  501*;  (voir  Mefure  univerjclle~). 

Poids  mobile  du  pendule.  27*,  52*,  60*,  65*,  67*,  87*,  93*. 

Poids  spécifique  des  liquides.  359. 

Points  d'inflexion.  Conchoïde;  (voir  Œuvres:  Illuftrium  quorundam  problematum  con- 
ftruftiones);  conchoïde  de  de  Slufe.  247*,  292*. 

Pompe  à  poudre.  161. 

Pompe  pneumatique.  6*— 8*,  9,  11 ,  24*,  26*— 28*,  51*,  84*,  94*,  108*,  1  24,  131*,  144*, 
225,  240*,  245*,  275*,  289*,  294,  297*,  304*,  305*,  320*,  324,  334*,  345*,  361,  365*, 
377 1  379*>  433*,  437*,  47=*,  482;  (voir  Vide). 

Principe  de  la  moindre  action.  71*;  (voir  Démonftration  par  de  Fermai  de  la  loi 
de  Snellius). 

Privilèges  et  octrois  de  l'invention  de  l'horloge  marine  à  pendule.  278*,  280,  285*, 
288*,  301*,  428*,  432*,  444*,  453 ,  458*,  474*. 

Problème  déliaque.  (voir  Duplication  du  cube). 

Problèmes  divers,  (voir  Œuvres:  Ilhiftriuni  quorundam  problematum  conftruétiones,  Pro- 
blème déliaque ,  Problèmes  et  écrits  de  Pafcal  fur  la  cycloïde). 

Problèmes  et  écrits  de  pascal  sur  la  cycloïde.  384*,  390,  397,  398. 

Proportions.  Théorie  des  proportions.  204,205. 

Proposition  de  galilei  pour  la  détermination  de  la  longitude  au  moyen  des  satelli 
tes  de  jupiter.  458*,  459*. 

Quadrature  de  surfaces  planes.  247*,  292*;  cercle.  176*,  200,  201,  203,  204*,  217, 
223,  261*,   274*,  280* — 283*,  291*,  295*,  298,   304*,  318;  (voir    Œuvres:  Theore- 


576  V.       MATIÈRES    TRAITÉES    DANS    LES    LETTRES. 


mata,  De  circuli  magnitudine) ;  citlbïde.  1,  2*,  4* — 6*,  110,  ni*,  1 12*;  conique,  (voir 
Œuvres:  Theoremata)  ;  courbe  de  Gutfchoven.  238*,  247*;  cvcloi'de.  (voir  Problèmes  et 
écrits  de  Pafcal  sur  la  cycloide);  fpirale  d'Archiméde.  398*,  399*;  fpirales  de  divers  or- 
dres. 398*,  399*. 

Recul.  Expériences  fur  le  recul  des  canons.  35*,  60*,  87*. 

Réfraction.  71*,  78*,  137,  222*;  (voir  Démoujlration  par  de  Fermât  de  la  loi  de  Snellius, 
Miroirs:  miroir  de  réfraction). 

RÈGLEMENTS    DE    L'ACADÉMIE    DES    SCIENCES    OU    DES    ASSEMBLÉES  QUI  L'ONT  PRÉCÉDÉE.    324*, 

325*— 329*5  513*— 5  '6*. 

Résistance  de  l'air  à  la  chute  des  corps,  (voir  Chute  des  graves,  Influence  de  la  réfiftance 
de  Pair  fur  la  marche  des  horloges'). 

Résistance  des  matériaux.   194*,  198. 

Résolution  par  construction  des  équations  algébriques.  207*. 

Retardement  de  la  formation  du  vide  de  torricelli.  24*,  25*,  51* — 54*,  64,  66*,  83*, 
84*,  86*,  96,  97*,  98*,  108*,  109*,  m*,  112— 117,  119*— 124*,  128,  133,  135*,  136, 
144,  145*,  147*,  150*,  155,  156,  161  ,  172* — 175*,  202,  219*,  220*,  240*,  248*5276*, 
292*,  293*,  297*,  298*,  305*,  320*,  382*,  386*,  426*,  427,  429*,  432*,  436*-  440*,  444, 
459*,  474*,  475*  ;  (voir  encore  Tome  III ,  432*). 

Roue  hydraulique.  289. 

Satellites,  (voir  Jupiter,  Saturne). 

Saturne.  Conjonction  de  Saturne  avec  des  étoiles  fixes.  231*,  232*  ;  (voir  Diamètre  et  incli- 
nai/on de  Panneau  de  Saturne,  Œuvres:  De  Saturni  luna  obfervatio  nova,  Syftema  Satur- 
nium  ,  Brevis  alTertio  fyltematis  Saturnii ,  Planètes). 

Siphon.  Expérience  du  fiphon.  18*,  19*. 

Soleil,  (voir  Equation  du  temps ,  Taches  du  Soleil). 

Spirale  d'archimède.  (voir  Quadrature  de  furfaces planes). 

Spirales  de  divers  ordres,  (voir  Quadrature  de  furfaces  planes). 

Statique.  88  ;  (voir  Centre  de  gravité ,  lié  fi/lance  des  matériaux). 

Statistique,  (voir  Tables  de  mortalité). 

Surfaces  courbes,  (voir  Surfaces  de  révolution). 

Surfaces  de  révolution,  (voir  Cubature  des  furfaces  de  révolution). 

Tables  astronomiques.  23  1*,  232*,  270*,  458  ;  (voir  Jupiter,  Satellites  de  Jupiter). 

Tables  de  mortalité.  94*,  95*,  130*,  131*,  149*. 

Taches  du  soleil.   129,  135,  181. 

Tangentes.  207*,  237*,  238*,  246*,  292*,  311*  31-*;  courbe  de  Gutfchoven.  20-*,  23-*; 
courbe  de  Gutfchoven  généralifée,  20-*;  (  voir  Parabole,  Courbes  diverfes). 

Thermomètre.  327,  429*. 

Vaporisation  de  l'eau.  385,  386. 

Vénus.  Montagnes  de  Vénus.  74,  1  27  ;  (voir  Pajfage  de  Vénus  lui-  le  Soleil ,  Planètes). 

Verres  explosifs.  9*.  12*,  210*. 

Vide.  Expériences  fur  le  vide.  6* --y*,  11,20,21*,  24*,  25*,  28,51*-  54*,  58,  64*, 


V.       MATIÈRES    TRAITRES    DANS    LES    LETTRES.  577 

66*,  73*,  83*,  84*,  86*,  94*— 98*,  108*,  109*,  m*,  112 — 122,  123*,  124*,  (25, 
128*,  130,  131*,  133,  135,  144*— 150*,  155,  156,  161,  166,  171*  -  1,-6*,  202,  207, 
210*,  216,  218* — 223*,  225*,  226*,  227,  239*,  240,  245  ,  254*,  276*,  298*,  305*,  306*, 
320*,  433*,  482;  (voir  Pompe  pneumatique.  Retardement  de  ht  formation  du  vide  de 
Torricellf). 

Vitesse  de  la  lumière.  80. 

Zoologie.  214*,  228,  359,  366,  374,  479;  (voir  Ohferv  citions  microfcopiques)\  (voir  encore 
Tome  III,  296*,  307,  311,  389). 


Œuvres.  T.  IV.  73 


ADDITIONS  et  CORRECTIONS. 


AU    TOME    I. 

Page  Au  lieu  de  lisez 

$j  ligne     2  imitant  invitant 

88  „      il   Calvyu  Calepin 

89  N°.     49  Ajoutez:  Elle  est  la  réponse  au  N°.  47*. 
91    La  note  5  doit  être  supprimée. 

162     „     2  ligne  3   1640  1646 

164  „     1   en   1651  le  11  mai  1652 

„  2  Changez-la  ainsi:  ~^)  a)  Theoremata  Mathematica  Scientiae  Staticae  de  ducUi  pon- 
derum  per  planitiem  reeté  et  obliqué  Ilorizontem  deeufl'antem.  Defendenda 
ac  demonftrandain  CollegioSocietatis  Jefv  Louanij  aGualterovan  Aalfl  Ant- 
verpienfis.  Praefide  R.  P.  Gregorio  a  S.  Vincentio  Math.  Profefs.  eiufdem  So- 
eietatis  Religiolis,  die  29  Julii  ante  Mtridiem  [fiel  Anno  1624.  Lovanii , 
Typis  Henrici  Ilaltenii.  1624,  in-40.  oblong. 

b)  Theoremata  Mathematica  Scientiae  Staticae  de  ductu  ponderum  per 
planitiem  reftè  et  obliqué  Ilorizontem  deeuflantem.  Defendenda  ac  demon- 
firanda  in  Collegio  Societatis  Louanii  a  Joanne  Ciermans  Duciffilvio.  Prae- 
fide R.  P.  Gregorio  a  S.  Vincentio  Math.  Profefs.  ejufdem  Societatis  reli- 
giofis.  Die  29  Julii j^oft  Merid.anno  1624.  Lovanii,  Typis  Henrici  Ilaftenii. 
1624.  in-40.  oblong. 

165  ligne  10  imitaveris  Archimedcm  imitareris  Archimedem  s) 

et  ajoutez  la  note: 2)  Sarafa  désigne  ici  le  père  J.  C.  de  la  Faille. 


58o 


ADDITIONS    ET    CORRECTIONS. 


Page  Au  lieu  de  liiez 

170  ligne  12  certe  alterum  certe  alterum  ') 

et  ajoutez  la  note:  ')  Huygens  désigne  ici  le  père  J.  C.  de  la  Faille. 
185  note     1   ligne  5  Bouchove  Bouchovt 

216     „       2  du  Père  de  Gérard 

229  ligne:  2  cujus  copia  cujus  copia  I2) 

et  ajoutez  la  note:  i:)  Consultez  la  Lettre  N°.  150. 
299  note     2  en  161 1  en  161 1  à  Prague 

514     „       2  en  1633  (ou  1640)  en  1623 

610  ligne  25  Contributions     aux     Commen-      Illuftrium  quorundam  problematum  conftruc- 
taires  de  van  Schooten  tiones 


AU    TOME    II. 


Page  .  lu  lieu  de  lisez 

2  ligne  13  Le  pailleur  Le  Pailleur  6) 

et  ajoutez  la  note:6')  Le  Pailleur ,  fils  d'un  lieutenant  d'infanterie ,  mourut 
dans  un  âge  avancé,  en  1651.  Il  fut  intendant  du  comte  de  Saint- Brisse ,  puis 
de  la  maréchale  de  Tbémines;  il  était  connu  pour  sa  probité  et  sa  gaité.  Ami 
du  président  Pascal,  père  de  Biaise  Pascal,  il  était  mathématicien  autodidacte. 
Cependant  il  n'a  rien  publié  sur  les  mathématiques,  mais  bien  des  vers 
burlesques. 


71   note      1   Biffez:  Probablement 
215  ligne    1   oras 
454  note  ,  3  ligne  6  prêtre  Jésuite 


cras 


prêtre,  en  1692  évéque  d'Avranches;  en  1700 
il  s'installa  à  Paris  dans  la  maison  des  Jésuites 
petite-fille 


AU    TOME    III. 


Page  Au  lieu  de  lisez 

17  note  10  ligne  1    Pettre  Vettrc 

37     „     10  icerct  iccret  cum 

„     10  Ajoutez:  L'autre  poème  est  intitulé:  Ad  Aegidium  Menagium,  hominum  judicia 
nullius  esse  momenti. 
102     „       6  ligne   1    Lettre  N°.  510  Lettre  N".  310 


122 


1  1    viribus 


virili 


ADDITIONS    ET    CORRECTIONS. 


;8i 


Page  Au  lieu  de 

124  note     1    1627 

1 29  ligne  dernière  poca 

133 

•34 


lisez 


avril  1628 

poco 

advcrfariis 


3  adverfarios 
23  poterat  poterit 

„     10  d'en  bas  proficifcam  proficifcar 

153  „       1   ono  fono 

154  „     27  perloftrano  per  lo  ftrano 
165  note    2  arco                                                    aria 

181     „      11   Bijfez:  dont  elle  était  veuve 

208   Changez  la  note  ainsi:  lj  Israël  Henriet,  fils  du  peintre  Claude  Henriet ,  naquit  à  Nancy 

en  161 8  et  mourut  à  Paris  en  1665. 
219  note     5  «)  Constantia  a)  Constantia,  qui  épousa  Christiaan  Thibault 

(voir  la  Lettre  N°.  910,  note  3). 
248  N°.  843  Ajoutez:  Ricci  y  répondit  par  la  Lettre  N°.  1027. 


anticritique 

Sébastian  de  Laurens,  seigneur  de 
où  il 
meridie 
egerint 

Lettre  N°.  872 
cingere 
emineat 
Sol- 

[janvier  1662] 

Elle  a  été  publiée  dans  „Sprat  Historyofthe 
Royal  Society  ,  1702"  avec  quelques  variantes 
dans  la  table  des  expériences. 
1   Ajoutez  :  Le  rapport  sur  la  seconde  série  de  ces  expériences,  exécutée  à  Whitehall , 
fut  lu  le  29  janvier  1662.  La  copie  de  ce  rapport-ci,  la  pièce  889,  fut  envoyée 
par  Moray  avec  la  Lettre  N°.  968.  Consultez  la  Lettre  N°.  981. 
i  De  De  claris  interpretibus  et  de 

6  Louis  Luiz 

3  ,/)  Mademoiselle  Maria  Christina 

382   ligne  16  évôslé%si(tf  Ivielézemv 

390  note     5  et  passim  Cuzeau  Cureau 

301   ligne  \6  citurus  feiturus 

394     „       9  defideram  .  defiderabam 

416  N°.  933    Ajoutez:  Elle  a  été  publiée  dans  „Birch,  History  of  the  Royal  Society.  1756." 

424  ligne    3  confinnius  concinnius 

425  note     4  Cornelia  Comelia  Elisabeth 


note    7  anticrique 
263     „       5  De 
271      »        3  Hg"e  3  on  il 

3 1 4  ligne  1  o  meridio 

„       2  d'en  bas  agerint 

315  note     8  ligne  4  Lettre  N°.  874 
ligne    7  iPcn  bas  cingire 

„       3       „         eminiat 

316  „     13  Soli- 

323  N°.  889  [avril  1661] 
Appendice  au  N°.  888 


note 


365 


37° 


[82  ADDITIONS    ET    CORRECTIONS. 


Page  Au  lieu  de  lisez 

432  N°.  938  à  [Christiaan  Huygens]  à  [Pli.  K.  Vegclin  van  Claerbergen  I4)]  I5) 

et  ajoutez  les  notes:  I4)  Philips  Ernst  Vegelin  van  Claerbergen,  fils  d'un  père 
de  même  nom,  naquit  le  10  octobre  1613  et  mourut  le  6  février  1693;  il 
était  premier  conseiller  et  majordome  du  prince  Willem  Frederik  van  Nas- 
sau. Il  épousa,  le  22  janvier  1643,  Folkje  Ilessels  van  Sminia  (morte  le  13  avril 
1658)  et  puis,  en  1660,  Josina  Fredericks  Ruysch  van  der  Eng,  morte  à 
Leeuwarden  le  2  juillet  1700. 

'5)  En  effet,  dans  sa  Technica  Curiosa,  Liber  II,  Proemium,  pages  87  et  88, 
[Edition  de  1664]  Schott  parle  de  l'envoi  du  livre  de  Boyle  par  Ph.  E.  Vege- 
lin et,  page  234,  de  sa  correspondance  avec  A.  Deusing.  Par  conséquent  il  faut 
admettre  que  cette  lettre,  écrite  de  la  main  de  Schott,  fut  envoyée  à  Ph.  E. 
Vegelin  van  Claerbergen. 

432  et  434  II  faut  biffer  les  notes  ')  et  I3). 

454  ligne    1  (F en  bas  retentia  retenta 

456  note    3  N°.  135  N°.  133 

486     „       3  ligne  1  intrigant  intriguant 

521     „       9     „      6  dubio  dubito 

578  ligne   3   Ajoutez:  normales 

583     „       8   Ajoutez:  Zoologik.  296*,  307,  31 1  ,  389. 

AU    TOME    IV. 

l'âge  Au  lieu  de  lisez 

3  note  1    475,  476  et  475  ,  476  ,  479  et 

5  ligne  8  d'en  bas  Summam  Suinma 
8  N°.  953  Ajoutez:  R.  Moray  y  répondit  par  les  Nos.  093 ,  997. 

note  2  note  13  note  10 

15,,  2  Pro  erbs  Proverbs 

17  ligne  7  piftor  pic'tor  2) 

et  ajoutez  la  note:  2)  Munnickhovius.  Consultez  la  Lettre  N°.  987,  note  1. 

18  „       3  demandez3)  demandez 
„       8  d'en  bas  qu'il  nous  qu'il  nous 

„       6       „         en...  Heure  eu...  Heure 

„       2       „         Vuiani  Viuiani 

note       1    ligne  2  note  1 2  note  1  1 

19  N°.  961  Appendice  au  N°.  260  Appendice  au  N°.  960 
ligne  4  d'en  bas  jl  faut  jl  faut 

note     2  coinprendr  comprendre 

20  ligne   5  dans  le  dans  la 


ADDITIONS    ET    CORRECTIONS. 


583 


Page  Au  lieu  de 

2  1   ligne  1  o  fe  fera 

22  „  7  d'en  bas  Vicquefort 

v  1         ,,        si 

«o/?  5  exécuté 

23  ligne  2  A  m  prou 

„  3  nolte 


lisez 


te  fera 
Vicquefort 
si  d' 
exécuté 
Ampiou 
110  (Ire 


N°.  963  Ajoutez  :  R.  Moray  y  répondit  par  le  N°.  993 

28  N°.  965   Ajoutez:  Elle  a  été  publiée  dans  „Birch  ,  History  oi'thc  Royal  Society"  6). 

et  ajoutez  la  note  :  5)  Mais  avec  des  changements  notables;  la  démonstration 
désapprouvée  par  Iluygens  dans  sa  Lettre  N°.  976,  y  est  remplacée  par  celle 
que  Brouncker  donna  dans  sa  Lettre  N°.  995. 

29  ligne  10  bythegreater  by  the  greater  r) 

et  ajoutez  la  note  :  ")  Lisez  :  lesser 

30  note    5  continuelle  continue 

31  „       2  Hendrik    de  Moucheron.  Con-      Munnickhovius.  Consultez  la  Lettre  N".  922. 
sultez  la  Lettre  du  29  mars  1662. 

34  N°.  968  y  répondit  par  le  N°.  983 

39  ligne  14  survernue 

50  N°.  976  y  répondit  par  le  N°.  995. 


y  répondit  par  le  N°.  98 1 

survenue 

y  répondit  par  le  N°.  994,  et  W.  Brouncker 

par  le  N°.  995. 

quoy  que 

Samuel  de 

y  répondit  par  le  N°.  102 1 

ce  temps 

note  9 

Gabian  de 

lettre  ») 


54  ligne  1  2  quoy 
58  note     1    Samuel 

61  N°.  982  y  répondit 

62  ligne    8  d'en  bas  le  temps 
note    7  ligne  1   note  1 

74  „       5  Gabian 

75  ligne    2  lettre s) 

et  changez  le  numéro  de  la  note  8  en  9 
78     „      12  propofitions  propofitions 9) 

et  ajoutez  la  note  ;  9)  Lisez  :  proportions 
80  N°.  991  et  page  81  N°.  992  La  copie  Une  copie 

Changez  l'ordre  des  notes  1)^/2) 
note     1   ligne  3  mains  moins 

'i'à  N°.  995  Ajoutez:  Elle  a  été  publiée,  avec  des  variantes,  dans  „Birch,  History  of  the  Royal 
Society"  I2). 

et  ajoutez  la  note:12)  Notre  pièce  contient  seulement  une  partie  du  mé- 
moire imprimé. 
note     1  de  la  page  de  la  page  28 

Changez  l 'ordre  des  notes  4)  et  5)  . 
90  ligne    2  d'en  bas  irom  rrom 


584 


ADDITIONS    ET    CORRECTIONS. 


Page  Au  lieu  de 

ç)\    ligne    i   '•)  &c.  ")  &c. 

et  changez  le  numéro  de  la  note  6  en  1 1 . 


lisez 


note     i   Prince, 
ioo     „      13  ligne  3   France 


103 


» 


1 1  mourut 

11    ligne  3    1653 


104  N°.  1002.  Appendice  au  N°.  1004 

1  10  ligne  14  Leuweti 

121 


Prince  Willem  III. 

maréchal  de  France 

naquit  en  1580  et  mourut 

1653.  11  épousa  Isabeau  de  Vogelaer  et  en  eut 

cinq  entants. 

Appendice  au  N°.  1001 

Leeuwen 

fois  J3) 


15   lois 

et  ajoutez  la  note  ;  I3)  Voir  l'objection  1. 
131     „       9  Jndien 4)  Jndien  5) 

et  changez  le  numéro  de  la  note  4  en  5. 
■33     »       3  d'en  bas  par  cité  pas  eftè 

137    „       4  Moggerl'hill 7)  Moggerfhill I3) 

„      10  d'en  bas  Marianc  8)  Mariane  14) 

et  changez  les  numéros  des  notes  7  et  8  en  13^/14 

147  ligne  1 1    foule  foule 

148  N°.  1022  par  le  N°.  1034  4)  par  le  N°.  1034 
154  ligne  13  d'en  bas  Tlieveuot  Thevenot 

„       3       „         Saturne  Saturne4) 

et  ajoutez  la  note  :  4)  Sur  le  „Systema  Saturnium"  voir  la  Lettre  N°.  640, 
note  2. 


158  note    6  ligue  3  prefente 

1 79  „        1    note  4 

180  „      11   G  ou  (lier 
183     „       3  note  10 

„        6  Bruyninx 
„      12   François 
186  traduction,  ligne  3   rende 
190  N°.  1040  répondit  par  le  N°. 
iyi    note     2   ligne   2  dour 

„  2  „  3  Keppler 
„  2  „  10  priuiuni 
„      2      „  1 1   Audromedae 

193  „     12  Constan tyn  Huygens 
„     13  Monmort 

„      1 5   van  Dhona 

194  „     21  ligne  4  d'en  bas  ou  J.  B. 
201     „       6    „     6  exprefs 


prefente 
note  5 
Gouffier 

note  15 
Bruynincx 

François 

rendu 

répondit  par  le  N°.  1050 

pour 

Kepler 

prinium 

Audromedae 

Philips  Doublet.  Consultez  la  note  1 

Monmor 

von  Dhona 

ou  Sr^B. 

exprefs 


ADDITIONS  ET    CORRECTIONS.                                                585 

Page                         Au  lieu  de  Usez 

204  note    5  ligne  4  que  que 

207     „       6  note  3  note  4 

214     „       9  ligne  5  tranquilles  tranquille 

219  ligne  17  finde  finde 

228  „       2  d'' en  bas  fois  10  fois 

229  «ote  10  Leu  le  Leu 
233  „  2  SurM.de  Sur  de 
235  ligne  11  figure  figure 
241     „      1 1  d'en  bas  Doelen  Doelen  8) 

et  ajoutez  la  note  :  8)  Voir  la  Lettre  N°.  1067,  note  3. 

251  note  12  excogitatam  excogitatum 

252  ligne    1  d'en  bas  Pucelle7)  Pucelle  5) 

253  note  10  note  4  note  6 

257  ligne    5  Minifires  Minières8) 

et  ajoutez  la  note:  8)    Probablement   Huygens   fait   allusion    ici   à   Joli. 
Agricola. 

258  note     3  N°.  1073  N°.  1072. 

259  »  3  et  969  et  966 
265  ligne   9  heuelius  4)  heuelius  9) 

et  changez  le  numéro  de  la  note  4  en  9. 

270  note  17  ligne  3  facilime  facillime 

„     17     „       5  in  Franconià  Franconiâ 

„     17     „       6  Nombengensis  Noribergensis 

272     „       6  note  4  note  6 

16  loscution  . . . . usistée  locution  ...  .usitée 

7  uit  quartier  int  quartier 

1 1    Changez-la  ainsi V  Peut-être  le  consul  Suerius.  Consultez  la  Lettre  N°.  1079,  note  8. 

1 3   Changez-la  ainsi  :  Consultez  sur  cette  bien-aimée  la  Lettre  N°.  1 1 72  ,  note  6. 

6  famille  de  famille  van 


273 

» 

279 

» 

» 

» 

285 

M 

292 

>J 

294 

M 

295 

JJ 

296 

» 

301 

» 

303 

9» 

3  note  2  note  4 

6  3  avril  1662  [Dagboek]  23  mars  1662,  [Dagboek],  il  y  arriva  le  3  avril 

7  1662  1662  [V.  st.] 
9  ligne  3  Sir  William  Lord  William 
2  note  14  note  4 

6      „         4   CI3ICCLVIII  CIDIDCLV1II. 

318  ligne  12  voyage  voyage5) 

e/  ajoutez  la  note:  5)  Dans  la  suite  il  n'est  plus  question  de  ce  voyage. 

319  note     8  ligne    4  26  janvier  28  janvier 

322  „       2  Changez-la  ainsi:  Les  carosses  de  Blavet.  Consultez  la  Lettre  N°.  1 104,  note  5. 

323  „       2  note  5  note  6 

Œuvres.  T.  IV.  74 


586 


ADDITIONS    liT    CORRECTIONS. 


Page  Au  lieu  de  lisez 

324  ligne    1   Montmor  y)  Montmor21) 

et  changez  le  numéro  île  lu  note  9  en  21. 
note     9  an  1642  a  en  1642  à 

325  ligne   4  particulicremt  particulièrement 
338     „       2  précédente  I2)                                   précédente  I3) 

et  changez  le  numéro  de  la  note  12  en  13. 

350  note   10  ligne  1   filles  soeurs 

et  ajoutez:  Ces  sœurs  sont 

tf)   Anna  Catharina  des  Marets,  baptisée  à  Bois-le-Duc  le  3  mai  1637.  Elle 

épousa  Pierre  Guerin  et  mourut  en  janvier  1697. 

li)  Abigail  des  Marets,  baptisée  à  Bois-le-Duc  le  29  octobre  1638. 

351  ligne   3  Borri  I2)  Borri  I4) 

et  changez  le  numéro  de  la  note  12  en  14 
363  note     5  note  7  note  8 

„       6  ligne  4  it...of  its....of 

365  N°.  11 27  L.  H.  de  II.  L.  H.  de 

367  note  18  Ufefulnefs  Ufefulnefs 

368  „     19  N°.  909,  note  1 1  N°.  1032,  note  2. 
370     „       1   note  7  note  8 

378  „       9  ligne  12   Welt-ich  Welt 

379  Hgne   6  voufupplye  vous  fupplye 
391     „     16  cet  cet  J4) 

et  ajoutez  la  note  :  I4)  Lisez  :  c'est 


403  N°.  11 50.  Chapelain  II  18  3 

421  note  4  Constantims 

„  5  note  10 

42  3  „  15  Ugn*  6,  en 

424  „  4  Bouiliau 

425  „  4  Cornelia 
434  „  3  note  8 

441  „  4  Ryckaerdt 

442  „  1 3  ligne  4  Joan  van 
449  „  2  Problablement 

453  ligne   5  frère5) 

454  note  7  Vredenburg 

„  1 1   ligne  1   et  7  Schouwenburcli 

455  »  16     „       3   l627 

459  »  «    „      3  Eclipfesof 

463  „  2  Appendice] 

4^4  „  8  note  10 


Chapelain  II  1883 

Constantinus 

note  1 1 

;en 

Bouiliau 

Cornelia  Elisabeth 

note  1  8 

Rijckaert 

Joan 

Probablement 

frère  5) 

Vredenburgb 

Schouwenburgh 

1637 

Eclipfes  of 

Supplément] 

note  1 1 


ADDITIONS    ET    CORRECTIONS. 


Page  Au  lieu  de 

465  ligne   2  cTen  bas  Bourgogne 
et  ajoutez  la  note: 
Nos.  1205  et  1212. 
491   ligne    4  Monsieur 
509  note     5  ligne  7  ces  plans 

„        8  page  504 
512  ligne  12  vour 
517  N°.  828"  21  janvier 


lisez 

Bourgogne  20) 
°)    Il  s'agit  ici  de  Sébastian   Chieze.  Consultez  les  Lettres 

Mifter 

ses  plans 
page  506. 
vous 
1  1  janvier 


SOMMAIRE. 


Correspondance.    Lettres  N°.  948 — 1 197 1 

Supplément 505 

Tables. 

I.  Lettres 523 

II.  Liste  alphabétique  de  la  correspondance 532 

III.  Personnes  mentionnées  dans  les  lettres 538 

IV.  Ouvrages  cités  dans  les  lettres 562 

V.  Matières  traitées  dans  les  lettres 568 

Additions  et  corrections x 579 


I     I     |     I     M     I     |     |     I 1 

Façade  et  Intérieur  de  la  maifon  de  CONSTANTYN 

d'après  le  deflî 


SENS,  père.  Epreuve  tirée  du  cuivre,  gravé  en  1637 

PlETER    POST. 


7,u    Je  (a° maison    et    9,tya,9in    \%     Cïn.lantyn    ëtâyj*,,.  f.ère    {■>„,,,;■,   „„  9eSs<7t  9e  &M>ost,yra&     en   /&{ 


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Date  Due 

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COLL   ROW   MODULE   SHELF   BOX  POS  C 

333     15       10         05      11     04  0